Auteur: Claire1663
Bêta : Vinnie
Disclaimer : Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.
Titre : Manipulations.
Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.
Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.
Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.
Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.
L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.
Note de l'auteur : Voici la deuxième partie de la rencontre tant attendue. On rentre dans la deuxième partie de la fic, j'espère qu'elle vous plaira, j'avoue être anxieuse à l'idée de vous décevoir. En tout cas, merci pour vos reviews, followers et favoris qui m'encouragent. Merci à vous.
Bonne lecture.
Chapitre 14 Rencontre partie 2
Harry s'amusait avec Teddy. Il faisait doux et il se sentait bien. Pourtant des mouvements l'interpellèrent. Il crut qu'il s'agissait de Fleur et d'Andromeda et ne fit pas plus attention mais quelque chose clochait. Il le pressentait. Ce n'était pas normal alors il porta son regard vers elles et il fut choqué. Se tenait là, devant lui, la famille Malefoy au complet ainsi que Tom Jedusor. Il n'arrivait pas à le croire et d'ailleurs, il ne bougea plus, tout comme eux.
Il remarqua parfaitement qu'ils ne le quittaient pas des yeux mais lui, non plus, ne pouvait le faire. Après tout ce qu'il avait pu penser ou faire, il avait en face de lui sa famille. Certes cela n'avait pas vraiment commencé dans les meilleures conditions mais ils l'étaient.
Puis les paroles de son père, James, et de Sirius lui vinrent en mémoire. Ils lui avaient, en accord avec les autres membres de sa famille décédée, donné leur bénédiction et incité à les rencontrer et profiter de la chaleur d'une famille.
Tous ses souvenirs de sa vie, de son enfance et de sa mort lui revinrent et il ne put s'empêcher de pleurer. D'abord de fines larmes puis un torrent, une véritable décharge émotionnelle qu'il avait si longtemps maintenue enfermée en lui. Il se retourna pour que personne ne puisse s'apercevoir de son malaise et seul Teddy fut témoin de ses pleurs. Le bébé gazouillait, ne comprenant pas réellement le changement d'humeur de son parrain.
Harry le serra encore plus contre son torse, s'imprégnant de la chaleur de son filleul, essayant de trouver la force de faire face à cette nouvelle épreuve mais il n'y arrivait pas. Il sentit alors une autre présence près de lui et remarqua Fleur. Elle semblait inquiète. Inquiète pour lui et inquiète de l'avoir peut-être déçu en invitant ceux qu'il désirait tant éviter. Harry ne put lui faire qu'un pauvre sourire pour la rassurer.
Elle lui sourit à son tour et prit la parole :
-Harry, je sais que tu ne voulais pas les voir mais…
-Non, non tu as bien fait. Il le fallait. C'est juste que les voir ça me perturbe un peu.
Fleur lui pressa gentiment l'épaule et fit un signe à Andromeda. Elle continua à parler avec Harry :
-Tu n'as pas à me remercier, c'est Molly qui a tout organisé.
-Molly ?
-Oui, je crois bien qu'elle s'est énormément rapprochée de Mme Malefoy et la perte de Fred a dû la secouer…
Le silence qui s'installa entre les deux fut celui de la peine d'avoir perdu un ami et un frère mais Fleur reprit avec un sourire plus malicieux :
-Mais ne t'inquiète pas, elle leur a fait la morale. Ils doivent bien se tenir sinon ils devront combattre Molly Weasley et tu sais comment elle est.
Harry sourit également à cette image. S'il pouvait avoir confiance en une mère, c'était bien Molly. Elle protégerait ses poussins jusqu'à la mort.
Fleur reprit la parole :
-Je vais prendre Teddy. Les autres sont partis, il ne reste que Mme Malefoy. On a pensé que cela serait mieux pour une première approche…
Harry la rassura avec un sourire. Il lui déposa Teddy dans ses bras et passa sa main sur son visage, effaçant les traces de son précédent désarroi. Il était soulagé de ne pas faire face à toute la famille Malefoy et Tom Jedusor en même temps. Le choix de Narcissa Malefoy le rassurait. Il n'avait jamais eu de réels contacts avec elle et cela serait peut-être plus évident pour discuter.
Il se tourna vers la maison et vit tout de suite que seule la matriarche de la famille Malefoy était toujours présente. Andromeda avait dû faire partir le reste des invités, laissant un peu d'intimité au fils et à sa mère.
Cette dernière était belle et avait fière allure mais sa présence n'était pas écrasante. Au contraire, elle restait proche, tout en lui laissant son espace vital. D'ailleurs elle ne faisait aucun geste vers lui, lui laissant le libre arbitre. Pourtant, elle ne le quittait pas des yeux. Harry remarquait que cette dernière faisait un énorme effort pour ne pas se jeter sur lui. De plus si l'émotion avait été intense pour lui, il n'avait pas été le seul. Narcissa Malefoy ne pleurait pas mais les larmes contenues dans ses yeux trahissaient les sentiments profonds qu'elle devait ressentir à cet instant précis.
Harry fit alors le premier pas. Il s'approcha doucement de celle qui était sa mère et s'arrêta à quelques pas seulement d'elle, leur laissant une certaine forme de distance, symbole du chemin qu'ils avaient à parcourir. Ils se regardèrent dans les yeux. Harry décida alors de prendre la parole :
-Bonjour.
Ce simple mot fut l'effet d'une bombe dans le cœur de Narcissa Malefoy, née Black. Elle le voyait enfin devant lui, son fils, et ce dernier engageait la discussion, lui laissant la possibilité de se connaître ou, en tout cas, de ne pas tout simplement lui demander de partir.
Elle lui sourit. D'un sourire si éblouissant que seule une mère pouvait faire qu'Harry en fut perturbé. Que n'aurait-il pas donné pour connaître cette sensation alors qu'il était enfant. Mais maintenant, cela lui était possible et il allait essayer. Oui, il allait leur donner une chance et peut-être se donner une chance à lui-même d'être heureux.
Harry s'avança alors et Narcissa ne put s'empêcher de lui ouvrir ses bras. Harry eut un instant d'arrêt, recherchant dans les yeux de cette mère une appréhension mais rien, elle continuait à lui sourire et ce dernier devenait engageant et doux, l'invitant à le réchauffer.
Il ne put s'arrêter et se retrouva dans les bras de sa mère qui referma ses bras autour de lui et s'accrocha, craignant de le perdre à nouveau.
Elle prononça doucement quelques paroles, représentant ce qu'elle ressentait. Un chuchotement qu'eux seuls pouvaient entendre :
-Je suis tellement heureuse de te retrouver mon chéri. Tu m'as tellement manqué.
Harry ne put lui rendre son discours. Il voulait lui dire qu'il était dans le même état qu'elle mais il ne la connaissait toujours pas.
Narcissa comprit tout de suite et le rassura :
-On va apprendre ensemble. Tout doucement mais sûrement. Tu ne seras plus jamais seul, je ne te laisserai plus jamais.
Ces paroles étaient celles qu'Harry avaient toujours eu envie d'entendre. Elle lui faisait comprendre qu'elle l'acceptait comme il était, avec ses doutes et ses défauts et surtout qu'elle serait là pour lui, pour l'aider, pour l'aimer.
Ils restèrent encore quelques instants dans les bras de l'un et de l'autre et puis reprirent leurs positions originelles. Toutefois, la distance qui les séparait s'était amoindrie.
Lucius Malefoy était complètement en extase devant son fils. L'émotion de le rencontrer enfin par ses yeux de père mais aussi de voir le merveilleux jeune homme qu'il était. Lorsqu'il le vit, il comprit aussitôt en quoi le rituel était fondé et une tristesse s'empara de lui. Une partie de son fils était morte mais son âme était là et il avait également gardé quelques traits de la famille Malefoy ainsi que des Black. Et ce mélange des familles était détonant. Harry était vraiment superbe et s'il y avait une chose dont il était sûr, c'est qu'ancien Seigneur des Ténèbres ou pas, il allait surveiller Tom Jedusor de près ainsi que tout être se collant d'un peu trop près de son fils.
Soudain il le vit trembler et il put voir quelques larmes tomber avant de se retourner. Il voulait se rapprocher pour le prendre dans ses bras mais Andromeda l'en empêcha. C'était dur pour lui de voir son fils dans cet état et de ne pouvoir rien faire. Il devait le laisser faire le premier pas et surtout lui laisser le temps d'assimiler la situation.
Fleur Delacour se rapprocha alors de son fils et lui parla. Puis, après un bref signe de tête, Andromeda leur demanda de retourner à la Maison aux Coquillages. Il serra quelques instants la main de sa femme, lui donnant toute la force qu'il pouvait et reprit le chemin inverse.
Lorsqu'il rentra dans la maison et il ne put s'installer dans le salon comme avait prévu la famille Weasley. Il resta dans la cuisine, tentant de garder un œil au travers de la fenêtre sur les deux membres de sa famille. Il ne nia pas qu'il était sur le qui-vive, prêt à se relever dès qu'un bruit ou quoi que ce soit rompait le calme de la maison. D'ailleurs sa réaction faisait rire sa belle-sœur qui n'hésita pas à l'asticoter. Il ne lui répondit que par un hochement de la tête hautain mais sa fierté disparut au moment où la porte s'ouvrit pour ne laisser place qu'à Fleur et Teddy, sous les ricanements d'Andromeda.
Toutefois, Fleur le rassura. Harry acceptait le dialogue. Maintenant, il ne fallait que leur laisser le temps de s'apprivoiser. Après être rassuré, Lucius but une tasse de thé pour se donner contenance mais ne put s'empêcher de regarder à nouveau vers la fenêtre.
Une autre personne était pensive. Drago n'avait pas dit un mot depuis leur retour dans la Maison aux Coquillages. Il faut dire qu'il s'était attendu à se retrouver en face d'Harry Potter. Un visage qu'il connaissait bien et qu'il avait appris à décrypter au cours de ces six années d'école. Mais aujourd'hui, il n'avait pas eu devant lui Harry Potter mais Harry, ou plutôt Altair, son frère disparu. Il avait gardé certaines marques des Potter qui d'ailleurs avaient fait sa renommée dans tout le collège mais ses traits s'étaient affinés, ses cheveux quelque peu assagis et surtout il avait hérité de la beauté des Malefoy et des Black. De là où il avait été, il n'avait pas pu voir la couleur de ses yeux. Intérieurement, il espérait que ce dernier avait toujours ces insondables yeux émeraude.
En tout cas, il avait eu devant lui un adonis qu'il devait avant tout protéger à Poudlard et plus particulièrement de certains camarades de chambres qui ne pourraient résister devant un tel éphèbe. Il était peut-être le plus jeune des frères mais actuellement c'est lui qui saurait au mieux protéger son frère.
Frère. Voilà un terme qu'il avait toujours eu l'espoir d'utiliser et maintenant qu'il l'avait eu en face de lui, cet espoir s'était fait possible, à portée de main. Son père ne cessait de guetter au travers de la fenêtre mais lui savait que si Harry n'avait pas voulu de contact ou tout simplement parler avec leur mère, alors cette dernière serait déjà là. Ces longues minutes de patience étaient bon signe.
De plus, il avait pu parler avec sa tante et connaître son petit-cousin. Ce dernier était également le filleul de son frère et il était donc important pour lui. Il savait que pour son frère, le jeune Teddy était une sorte de dernier trait d'union avec son côté familial des Potter. Il avait également appris que leur famille était proche puisque Sirius Black, le cousin de sa mère, était le parrain officiel d'Harry. Tous ces éléments le rassuraient. Ils lui donnaient une impression de véritable lien avec lui.
Ce qu'il redoutait maintenant, à part une possible haine à son égard, était de voir Harry l'éviter. Une chose qu'il ne supporterait pas c'est de voir son frère agir comme s'il n'existait pas. Cela serait insupportable pour lui mais également pour ses parents. Ils désiraient, par-dessus tout, une véritable vie familiale. C'était leur dernière rentrée à Poudlard et ses parents ne voulaient pas la manquer.
De même que les rituels familiaux deviendraient véritablement des moments de bonheur pour eux et non un éternel rappel de la perte qu'ils avaient dû supporter. Et si pour cela il devait se joindre aux Weasley, alors il le ferait. Et puis il avait appris à les apprécier et il savait qu'il pouvait toujours compter sur eux pour aider son frère.
Cela faisait maintenant une heure qu'il se trouvait dans cette maison et il n'avait toujours pas dit un mot. Lui, Tom Jedusor, celui qui pouvait galvaniser des troupes entières avait littéralement perdu la voix.
Son mentor l'avait prévenu que sa rencontre avec Harry serait perceptible d'un point de vue magique. Ayant déjà mis en place des prémices de lien lorsqu'il était bébé, sa magie le reconnaîtrait et le pousserait vers lui ou le disposerait à le connaître. Mais si cela n'avait été que cela, Tom aurait pu se contenir et contrôler sa magie. Malheureusement pour lui, son compagnon était magnifique.
La dernière image qu'il avait gardée de lui était celui d'un cadavre et elle était à jamais gravée dans sa mémoire. Chaque nuit avait été un supplice. Sachant qu'il avait été celui qui avait jeté le sort ne l'avait pas aidé à s'en remettre. Le professeur Dumbledore avait dû intervenir pour l'assister dans le renforcement de ses protections mentales.
Mais aujourd'hui, il avait tout oublié. Il avait pu admirer le jeune homme qui était son compagnon. Il savait qu'Harry Potter était un être d'une noblesse sans égale, un véritable Gryffondor. Il n'avait pas hésité à venir témoigner au procès pour sauver ceux qui l'avaient fait tant souffrir. Il s'était sacrifié pour le monde sorcier et malgré cela, il combattait toujours pour la justice. Si les hommes avaient été tous comme lui, de nombreuses catastrophes auraient pu être évitées.
Et de cet esprit si remarquable, son corps était également superbe. Harry Potter était un magnifique jeune homme mais aujourd'hui, il était vraiment attrayant. Son corps était fin, ses cheveux de jais semblaient si doux au toucher, sa peau veloutée, son visage, ses mains…Il en était fou. D'ailleurs il n'en revenait toujours pas. Il était littéralement sous le charme.
Il se rendit compte qu'il devrait être très attentif aux personnes qui allaient entourer le jeune éphèbe. Sa beauté et sa noblesse allaient attirer nombre de personnes et certainement pas pour des buts avouables.
Il ne laisserait jamais personne le blesser. Ce dernier avait trop souffert pour qu'un quelconque individu ne le détruise complètement pour une simple attirance que ce soit pour sa beauté, sa noblesse, son argent ou sa notoriété.
Mais cela provoqua une nouvelle panique en lui. Un tel jeune homme ne méritait pas un être comme lui, souillé par la mort et les ténèbres. Il méritait tellement mieux. S'il n'était que noirceur, Harry était une lumière, aujourd'hui vacillante, mais si douce et si forte. Il ne pouvait la détruire par sa seule présence.
Il en était rendu à cette triste constatation quand une tasse apparut devant lui. Il leva les yeux et vit Fleur Weasley lui sourire. Sa présence était réconfortante et il n'aurait pu trouver mieux pour qu'Harry se sente à l'aise.
Tom observa la pièce dans laquelle il se trouvait et surtout les personnes qui y étaient présentes. Il manquait le personnage central mais le spectacle était tout de même au rendez-vous. Andromeda s'occupait, avec beaucoup de bonne volonté, à ennuyer son beau-frère. Ce qui, il devait avouer, était assez amusant à regarder. Lorsqu'on avait connu le Lucius Malefoy qu'il était avant et le voir ainsi, perdu et tentant de faire abstraction de ce qui l'entourait ou en tout cas de faire abstraction d'une personne, valait le détour. D'ailleurs Drago prenait un malin plaisir à observer son père. Il semblait à la fois surpris et amusé de le voir dans cette situation.
Bill et Arthur Weasley semblaient en pleine discussion. Il arrivait à capter quelques mots comme ministère ou Shacklebolt. Il ne voulait pas intervenir. Il voulait continuer la politique mais par un moyen détourné. De plus, et comme le lui avait suggéré son mentor, malgré la preuve de son innocence, il devait encore montrer patte blanche et pour cela il devait prouver au monde sorcier qu'il avait changé. C'est pourquoi, en plus d'une véritable envie, il avait mis en place la Fondation.
Cela avait toujours été un rêve de voir un endroit pour que les enfants comme lui ou Harry puissent se retrouver et de ne plus souffrir de cette différence. Il l'avait créé pour eux et pour Harry.
Il continua à observer les personnes autour de lui et remarqua Molly Weasley dans la cuisine. Etant donné que Narcissa et Harry n'étaient toujours pas revenus, ils allaient certainement, et à son grand plaisir, rester à dîner.
Il chercha Fleur Weasley du regard et la trouva derrière lui, soutenant un enfant dans ses bras. Ce bébé aux cheveux roses était le filleul de son compagnon et il devait avouer qu'il était charmant. Ce dernier commença à lui sourire et à bouger entre les bras de la jeune femme qui le tenait et tendait les bras vers lui. Il voulait qu'il le prenne dans ses bras. Il était complètement paniqué.
Bien sûr, en ouvrant l'orphelinat, il avait eu des contacts avec les enfants et cela lui plaisait énormément mais ce bébé comptait beaucoup pour Harry et il devait avouer qu'il avait peur, peur de ne pas être accepté par un simple enfant. C'était risible, non ? Lui, un maître dans la magie noire, était effrayé par un simple bébé.
Son hésitation avait été perçue par Fleur et cette dernière se mit à sourire encore plus et s'avança vers lui pour lui déposer l'enfant dans ses bras. Elle ne put s'empêcher de faire une remarque :
-Je crois qu'il voulait rencontrer celui dont le cœur a été pris par son parrain.
Une légère rougeur se vit sur les joues de l'ancien Seigneur des Ténèbres mais ce dernier se reprit rapidement et porta toute son attention à l'enfant dans ses bras. C'était vraiment un beau bébé et son côté métamorphomage hérité de sa mère ne faisait qu'amplifier ce côté mignon. Ses cheveux, au début sombres, prenaient maintenant une couleur rose et bleu, témoin du plaisir de l'enfant à être là où il voulait. L'enfant s'amusa ensuite quelques minutes alors que Fleur et Tom discutaient ensemble et surtout d'Harry.
Tom voulait connaître le véritable état de santé de son compagnon avant d'envisager quoi que ce soit. Si Harry n'était pas en forme ou préparé à supporter le monde sorcier alors il ferait en sorte qu'il ne puisse souffrir et quitte à le cacher aux yeux de tous, il le ferait. Et si jamais il s'agissait de sa propre présence qui malmènerait le jeune homme alors il partirait. C'est pourquoi, il posa des questions à Fleur :
-Que pouvez-vous me dire sur Harry ?
Fleur allait répondre qu'elle ne dirait rien sur Harry mais elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que Tom l'arrêta :
-Ce que je voulais dire, c'est comment va réellement Harry. Je ne suis pas là pour connaître ses secrets, de vous utiliser ou utiliser n'importe quelles informations mais j'aimerais vraiment savoir…
Fleur hésita quelques instants et lui répondit :
-Il vous faudra du temps mais surtout laissez-lui sa liberté.
Ces quelques mots stoppèrent toutes discussions dans la pièce et trois hommes écoutaient avec attention les paroles de la demi-vélane :
-Ce qu'il regrette le plus, c'est de ne pas avoir été une seule fois maître de lui-même. Entre sa famille d'accueil, le monde sorcier et Dumbledore, il n'a jamais vraiment connu la liberté alors si je peux vous donner un conseil, c'est celui-là : du temps, du respect pour lui et sa liberté. Laissez-le à son rythme. Il apprendra à vous connaître et je pense qu'il en a l'envie mais ne le brusquez pas, laissez-le venir et surtout soyez présents lorsqu'il en aura besoin. Ne l'abandonnez pas. Soyez une présence peu envahissante mais bien là.
Et sur ces paroles, un silence méditatif régna sur la pièce. Soudain la porte s'ouvrit pour laisser place à Narcissa et Harry.
Narcissa était heureuse. Son fils acceptait sa présence et elle avait pu le prendre dans ses bras et s'engorger de son odeur. Cette odeur qui lui avait tant manqué. Son cœur de mère avait, à l'instant, recommencé à battre. Malgré la présence de Drago qui était, pour elle, son enfant chéri, il lui avait toujours manqué quelque chose ou quelqu'un et aujourd'hui elle l'avait retrouvé et elle ne comptait pas le laisser disparaître à nouveau.
Mais ce ne fut pas Narcissa qui prit la parole mais Harry :
-Je suis heureux de vous rencontrer, Madame Malefoy.
Le cœur de cette dernière se serra quelques instants à l'appellation de son nom de famille mais elle se reprit très vite et répondit à son fils :
- Narcissa, appelle-moi Narcissa. Je sais que l'on ne se connait pas mais pas madame ou lady. Je ne sais pas si un jour tu pourras m'appeler maman et j'ai tout à fait conscience qu'au fond de toi, c'est Lily Potter qui porte ce nom mais appelle-moi Narcissa. Tu n'es pas un étranger ou en tout cas, tu ne le seras plus…Puis-je t'appeler Harry ?
Harry avait écouté avec attention les paroles de celle qui était également sa mère et comprit qu'elle lui offrait son amour et sa présence mais doucement, ne le forçant pas et lui laissant son libre arbitre.
-Bien sûr, appelez-moi Harry.
-Et puis tu peux me tutoyer.
Harry hocha seulement de la tête, montrant ainsi son accord et tous les deux restèrent silencieux puis Narcissa reprit la parole :
-C'est très beau ici.
-Oui, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de voir la mer avant donc je profite de la vue. Et puis, Bill et Fleur sont très gentils.
-C'est vrai. Ils nous ont accueillis dans leur demeure alors que nous n'avions pas de très bons rapports précédemment.
-Mais les choses changent…
Narcissa fixa alors son fils et puis lui sourit :
-Oui elles changent.
Ils restèrent ainsi sur la plage pendant une bonne heure, s'apprivoisant petit à petit et appréciant la simple présence de l'autre. Narcissa ne voulait en aucun cas qu'Harry ressente un malaise ou toute forme d'obligation. Et ce dernier comprenait très bien cette volonté de la part de la matriarche de la famille Malefoy. Il en était ravi. Il avait eu peur qu'étant de cette famille noble, des principes et charges lui seraient incombés et il ne le voulait plus.
C'est pourquoi, lorsqu'il vit que le soleil commençait doucement à descendre, ils décidèrent de rentrer à la Maison aux Coquillages. La première chose qui le surprit mais qui fit rire Narcissa était de voir tout ce beau monde dans la cuisine. Il aurait pensé qu'ils les auraient attendus au salon. De plus, Lucius Malefoy semblait quelque peu nerveux et très proche de la fenêtre.
Un autre fait étonnant était de voir son filleul dans les bras de Jedusor mais le plus surprenant était de le voir ravi de cette situation à la couleur de ses cheveux.
Un silence s'installa dans la pièce à leur entrée. Harry était gêné des regards que les Malefoy, père et fils, et Jedusor portaient sur lui. Ce fut Molly qui le sauva en les invitant à prendre l'apéritif dans le salon. Malheureusement, sa tante s'approcha de lui avec un fin sourire :
-Harry, j'aimerais parler avec ma sœur quelques instants et Fleur va aider sa belle-mère, est-ce que tu pourrais te charger de Teddy ?
Harry accepta tout de suite mais maudit intérieurement sa tante quand il comprit que son filleul se trouvait toujours dans les bras de l'homme qui devait être son compagnon. Il souffla et se dirigea alors vers l'homme qui l'attendait debout près de la porte alors que les Malefoy les avaient déjà précédés. Il ne restait dans la cuisine que Molly et Fleur, occupées à tout préparer et, à première vue, ne prêtant pas attention aux deux hommes.
Harry se trouvait maintenant en face de son ancien ennemi et il ne pouvait qu'admirer la beauté de celui-ci. Et dire qu'il avait l'âge de son grand-père mais son corps avait repris celui d'un jeune homme, bien que son âge apparent devait être à peu près le même que celui d'Harry, âge où Jedusor avait créé son premier Horcruxe. Les évènements de sa vie l'avaient marqué et il semblait plus mature. Son regard ne faisait que prononcer cette impression et Harry comprenait parfaitement que personne ne remette en question son âge lorsqu'il développait ses idées publiques.
Harry devait se l'avouer, il était impressionné et se sentait quelque peu attiré par lui mais il ne pouvait oublier. Pourtant, il se décida à lui laisser sa chance et entreprendre une relation saine et sans a priori :
-Bonjour.
Harry vit que Tom le fixait avec une lueur dans les yeux qui le fit rougir avant d'entendre la réponse de son interlocuteur :
-Bonjour…Harry.
Ces deux mots, avec la sensualité dont avait fait usage Tom ? ne fit qu'accentuer son rougissement. D'ailleurs il vit de l'amusement dans le regard de ce dernier mais surtout de la tendresse. Et après avoir tenté de détruire cet homme en apprenant à le connaître, il n'avait jamais vu ce genre de regard dans les yeux du Seigneur des Ténèbres et cela était troublant.
Tom se pencha alors vers le bébé qu'il tenait et le donna à son compagnon :
-Je crois qu'il serait content de retrouver son parrain.
Alors que Tom déposa Teddy dans les bras accueillants d'Harry, au simple toucher de leur peau, une sorte de décharge agréable les parcourut. Et ils n'arrivaient pas à se détacher l'un de l'autre. Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que Teddy ne leur réclame de l'attention et surtout à manger.
Ils s'éloignèrent de quelques pas, surpris. Harry se reprit tout de suite et porta alors son attention vers l'enfant, le berçant. Fleur vint alors vers eux en déposant sur la table de la cuisine le repas de Teddy non sans leur adresser un sourire avec un brin de malice dans les yeux.
Teddy, remarquant la nourriture, se remit à se trémousser et à faire comprendre son impatience. Tom Jedusor prit alors la parole, d'une voix suave et amusée, tout en fixant avec tendresse le bébé et le jeune homme qui le portait :
-Je crois qu'il a faim. Vous pouvez l'amener dans le salon, je vous suis avec le repas.
Harry ne réussit qu'à bredouiller un petit oui et quitta de suite la cuisine pour le salon. Tom Jedusor, lui, s'acquitta de son travail et après avoir pris le repas du mignon petit bébé, il ne put empêcher de faire fleurir sur ses lèvres un sourire tendre. Il ne laissait pas indifférent Harry. Et son regard se fit plus prédateur en pensant à son compagnon et ses futurs plans de séduction.
