CHAPITRE 14 – DERAPAGES.

Enfin, c'était les vacances de Noël. Deux semaines sans cours, sans TD, sans la bibliothèque de la fac, en deux mots, sans Malefoy ! Hermione lisait au lit depuis 9 heures du matin, elle avait été réveillée par le jour qui passait par la fenêtre. Il était désormais 10h30, et la jeune fille décida qu'il était temps de se lever. Elle sauta hors du lit et fonça sous la douche. A peine en fut-elle sortie que la sonnette de la porte d'entrée retentit.

Chiotte, maugréa la jeune femme. Elle n'attendait personne ce matin, et Anna et Coralie étaient parties chacune dans sa famille pour le week-end. Hermione aurait vraiment aimé pouvoir être pénard une seule demi journée dans sa vie. Elle soupira et se dirigea vers l'entrée.

Hermione ouvrit la porte en peignoir, les cheveux gouttant sur le seuil.

-Malefoy ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais avoir été claire, j'ai pas envie de voir ta gueule en dehors des cours, des TD et des moments à la bibliothèque… ce qui en soi fait déjà trop.

Drago ne répondit pas, il la bouscula pour rentrer dans l'appartement, et une fois que ce fut fait, il tourna sur lui-même lentement, observant d'un air curieux le mobilier moldu.

-MALEFOY !! cria Hermione, excédée, t'es déjà venu, fais pas cette tête d'abruti ! Vas-tu enfin me dire ce que tu fous là, sale fouine, ou vais-je être obligée de te lancer un sort ?

Drago se tourna vers elle

-Du calme Grangie, je venais te faire une visite de courtoisie. Tu remarqueras que j'ai transplané dehors cette fois ! T'habites toute seule là-dedans ? Ne put-il s'empêcher de demander

Hermione, perplexe, lui répondit tout de même

-Non, je suis en colocation avec deux amies moldues. Qu'est-ce que tu fais là Malefoy ?

-Et en ce moment, tu es toute seule ? lui demanda-t-il gravement en se rapprochant d'elle, sans répondre à la question.

Hermione battit en retraite et s'enferma dans sa chambre, lui jetant à travers la porte :

-Oui je suis toute seule, les filles sont en vacances chez leurs parents. Attends une seconde, je m'habille.

Pas la peine, pensa Drago en souriant. C'était trop facile de la mettre mal à l'aise. Il allait s'amuser follement. Il s'assit sur le canapé du salon en attendant qu'Hermione daigne rouvrir la porte de sa chambre pour le rejoindre. Il fit passer le temps en feuilletant un magasine de mode qui appartenait sûrement à une de ses colocataires.

De son côté, Hermione s'arrachait les cheveux. Elle ne savait pas exactement pourquoi il était là, mais ce n'était certainement pas pour travailler… elle s'observa dans son miroir et respira profondément pour se calmer … du calme Hermione, respire, et analyse la situation. Pourquoi est-il là à ton avis ? Hein ? Pour finir ce jeu stupide qu'il a commencé depuis quelques temps déjà. Il veut te sauter ma fille, et toi tu réagis à chaque fois plus mal, tu l'encourages. Le cerveau de l'ex-Gryffondor tournait à toute vitesse. Il fallait qu'elle trouve un moyen de rabattre le clapet de cette fouine. Le seul moyen, se dit-elle finalement, c'est d'aller dans son sens, de l'étonner. Il n'ira jamais jusqu'au bout, il ne couchera jamais avec une fille de moldus, il a juste envie de m'humilier. Tu vas souffrir Drago Malefoy… tu me prends pour une petite fille timide ? Tu as tord. Prépare-toi, sale pervers, tu vas regretter d'avoir provoqué Hermione Granger.

Décidée à lui en faire voir de toutes les couleurs, Hermione alla fouiller dans le placard d'Anna à la recherche d'une tenue suggestive, mais correcte. Elle opta pour un jean taille basse de couleur claire, très moulant, et un débardeur de coton blanc qui mettait en valeur son décolleté. Simple, crédible pour une journée à la maison, et très efficace, pensa-t-elle en s'inspectant dans la glace. Elle laissa ses cheveux libres dans son dos (si je commence à les sécher je vais en avoir pour des heures…) et se maquilla très légèrement. Elle termina en se parfumant d'une eau de toilette discrète.

-A nous deux, Malefoy. Lança Hermione en rouvrant la porte de la chambre. Que puis-je faire pour toi mon cher ?

Drago manqua de s'étrangler en regardant la jeune fille. Elle était sublime. Il avala difficilement sa salive tandis qu'elle s'asseyait juste à côté de lui sur le canapé. Il fronça les sourcils et reprit rapidement contenance. Un Malefoy ne se laisse pas avoir par une fille. Un Malefoy mène toujours la danse, toujours … se répéta-t-il. Il sourit, narquois.

-Pas mal Grangie, mais tu n'aurais pas dû te faire belle pour moi, ajouta-t-il sur un ton méprisant.

Hermione lui rendit son sourire. Ca marche, pensa-t-elle. « Oh, ne te fais pas d'idées Malefoy, c'est juste que Ron doit venir plus tard, je voulais simplement être prête pour mon petit ami, tu comprends ? » elle le regardait dans les yeux sans ciller.

Grrr, il s'était fait avoir. Tu ne perds rien pour attendre Granger, je t'aurai …. Parole de Malefoy.

-Pour la belette, tu aurais dû rester en peignoir, lui assena-t-il méchamment, de toute façon il ne fera pas la différence. Il s'énerva en voyant Granger sourire encore

-Parce que toi tu la fais peut-être ? demanda Hermione d'un air innocent.

-Evidemment Granger, je sais reconnaitre une jolie fille quand j'en vois une, répondit-il avec une voix suffisante et un sourire charmeur. Ce n'était qu'un jeu, Hermione le savait. Mais elle ne put empêcher son cœur de s'emballer à ses mots. Il avait dit qu'il la trouvait jolie ! Oh Merlin, calme toi idiote, c'est Malefoy…il dit ça à toutes les cruches qu'il saute, et ça doit faire un paquet par semaine !

-Hé bien merci Drago, finit-elle, insistant lourdement sur le prénom. Elle le vit sursauter avant qu'il ne réponde d'un ton parfaitement neutre

-C'est un plaisir Hermione.

-Alors, que me vaut ta visite un samedi matin de vacances ? Enchaina-t-elle, curieuse malgré tout.

-C'est un secret. Il lui fit un sourire malicieux. Dis, c'est une coutume moldue de ne pas offrir à boire à ses invités ?

-Tu n'es pas un invité Malefoy… Qu'est ce que tu prends ? Drago remarqua qu'elle était revenue au « Malefoy », les vieilles habitudes sont tenaces…

-Un thé, par exemple, si tu as…

Elle se leva sans un mot et se dirigea vers la cuisine. Elle mit de l'eau dans la bouilloire et posa le tout sur la gazinière. Elle sortit deux tasses qu'elle posa sur le plan de travail, juste à côté. Elle allait chercher le sucrier lorsqu'elle sentit Drago se coller dans son dos. Encore, c'est une manie chez lui pensa-t-elle.

Le jeune homme l'embrassa dans le cou, caressant lentement son ventre, ses hanches, puis remontant ses mains jusqu'à venir palper ses seins à travers leur prison de tissu. Il sentit la jeune fille respirer plus fort et se coller contre lui, alors il s'enhardit et passa les mains sous son débardeur, effleurant la peau soyeuse de la Gryffondor. Hermione gémit si doucement lorsque ses doigts froids s'emparèrent des seins de la jeune fille, passant sous le soutien-gorge en dentelle blanche de celle-ci, que Drago cru avoir rêvé.

Je peux résister à tout, sauf à la tentation.
Oscar Wilde

Hermione se décida enfin. Toujours calée contre Drago, elle fit remonter ses mains le long des cuisses du jeune homme qui soupira de contentement, sa bouche toujours collée contre son cou. Passant les bras au dessus de sa tête, elle vint enfouir ses doigts dans ses cheveux, le décoiffant méthodiquement. Lorsque ses doigts effleurèrent son cou et sa nuque, Drago ne tint plus, il la retourna et l'embrassa passionnément. D'abord choquée, Hermione se reprit bien vite. Tu ne perds rien pour attendre mon coco, songea-t-elle, l'esprit de plus en plus confus. Elle lui rendit son baiser, écartant légèrement les lèvres pour qu'il puisse y passer la langue, ce qu'il s'empressa de faire dans un gémissement de plaisir non dissimulé.

Leurs langues se caressaient sensuellement un instant, puis furieusement quelques secondes plus tard, puis de nouveau délicatement, comme s'ils essayaient de tout tester, tout goûter, en seulement un baiser. Hermione, dans un sursaut de lucidité, réalisa que si elle ne mettait pas fin à ce petit jeu très rapidement, elle allait se faire prendre à son propre piège.

Drago ne pensait pas, il était beaucoup trop occupé à explorer le corps d'Hermione. Il se laissa faire avec plaisir lorsqu'elle déboutonna sa chemise et caressa son torse. Alors qu'elle posait ses mains sur la ceinture du jeune homme, sa bouche toujours collée contre la sienne, il sembla reprendre le contrôle. Il passa ses mains sous les fesses d'Hermione, la soulevant du sol. Elle enroula ses jambes autour de son presqu'amant et l'embrassa dans le cou tandis qu'il se dirigeait rapidement vers la chambre où la jeune fille s'était enfermée quelques instants plus tôt. Il la plaqua contre le mur le temps d'ouvrir la porte, puis s'engouffra dans la pièce sans même la refermer.

Il déposa Hermione délicatement sur le lit, et se détacha d'elle le temps d'ôter son pantalon, ses chaussures et ses chaussettes. Hermione l'observait, reprenant son souffle. C'est qu'il y croit vraiment, songea-t-elle avec satisfaction. Elle observa Drago. Il était vraiment beau, il n'y avait pas d'autre mot. Drago Malefoy était canon, et Hermione sentit un pincement de déception à l'idée qu'elle n'allait même pas en profiter !

Les pensées de Drago ne suivaient pas exactement le même cheminement. Il observait Hermione de ses yeux gris voilés de désir. La jeune fille était superbe, haletante, les lèvres gonflées par les baisers, allongée sur le lit, comme une invitation impossible à refuser. Il s'allongea à ses côtés et se colla contre elle, la rapprochant toujours plus. Hermione se sentait incroyablement bien dans les bras de son pire ennemi, et ce n'était pas normal. Il était temps de faire en sorte que cette attirance cesse.

Elle monta à califourchon sur lui, l'embrassant toujours fougueusement. Drago avait l'impression que jamais il ne pourrait être rassasié de ses baisers. Les lèvres d'Hermione étaient douces, pressantes, exigeantes, il en était fou. Il remonta ses mains le long de ses cuisses, à la recherche du bouton de son jean. Il la voulait nue, contre lui, et vite !

Hermione ne l'entendait pas de cette oreille. C'était le moment. Elle saisit ses mains et les plaqua sur le lit au dessus de la tête du jeune homme toujours allongé. Elle mit fin au baiser et plongea ses yeux dans les siens. Ils se fixèrent quelques secondes, haletants, décoiffés.

-Tu t'amuses bien Malefoy ? Démarra Hermione

Drago sursauta devant le ton de la jeune femme. Elle était froide, mordante, comme si les baisers qu'ils venaient d'échanger n'avaient jamais eu lieu, comme si elle n'était pas encore à califourchon sur lui, leurs doigts encore emmêlés, leurs souffles encore semblables. Il fronça les sourcils

-Euh … oui. Et toi aussi. C'est quoi cette question ?

Hermione lui lança un regard narquois. J'ai bien joué, Malefoy. Tu noteras l'emploi du passé. C'est fini, lui lança-t-elle en descendant du lit, ses prunelles chocolat toujours plongées dans les billes grises du Serpentard. Rhabille-toi, et dégage.

Elle tourna les talons et quitta la chambre, le laissant se rhabiller seul. Drago était perplexe, furieux, perdu… elle avait l'air d'en avoir envie pourtant… non, elle en avait envie, il le savait. Seulement, il était parti vainqueur trop vite, cette petite garce s'était bien foutu de sa gueule. S'il n'était pas si furieux contre elle et contre lui-même, il la féliciterait pour ça, une vraie Serpentarde la Granger, elle avait vraiment beaucoup changé. Il sortit de la chambre et claqua la porte.

Hermione était assise sur le canapé, elle leva les yeux vers lui.

-Je ne te raccompagne pas, tu sais où c'est. Lâcha-t-elle.

-Tu sais Granger, tu devrais faire très attention à toi. A vouloir jouer dans la cour des grands, il pourrait t'arriver des bricoles… susurra-t-il, menaçant.

-Tu ne me fais pas peur. Maintenant, tu sais que je ne rigole pas avec toi. Le défia-t-elle. Je ne suis pas comme toutes ces gourdes Malefoy, tu ne me sauteras jamais, mets toi ça dans le crane.

-Des mots Granger, des mots … On ne repousse pas impunément un Malefoy, fais bien attention. Tu me paieras ça, sois en sûre. Je t'aurai…

-Un Malefoy peut-être, rétorqua Hermione, mais en es-tu réellement un ? Tu es différent du reste de ta famille, tu le sais. C'est une autre chose que je t'ai prouvée aujourd'hui, Drago, sang-de-bourbe ou pas, je reste une femme, et je te fais même bander ! Alors mon grand, on se sent souillé ?

-Plus que tu n'imagines. A ces mots, il regarda Hermione avec un air de dégoût puis termina. En fait, je peux dire que tu m'as rendu un grand service. Je me serais vraiment sali si je t'avais baisée. Et il quitta l'appartement.

Hermione fondit en larmes une fois la porte refermée.

Pourquoi fallait-il toujours que tout soit si compliqué ? Elle se sentait coupable d'avoir été blessée par les mots de Malefoy. Elle savait qu'il dirait cela, c'était obligé. Mais pourquoi diable cela la touchait-elle autant ? Parce qu'elle s'était sentie bien dans ses bras, parce qu'elle avait apprécié ses baisers, ses caresses, le poids de son corps sur le sien, ses gémissements tout contre sa bouche.

Elle avait aimé être dans les bras de Drago, au moins autant qu'être dans les bras de Ron. Non, elle devait être honnête. Elle n'avait jamais ressenti avec personne ce que Drago avait été capable d'éveiller chez elle en quelques minutes. Elle n'avait jamais autant désiré un homme.

Elle se reprit. C'est normal, ce qui t'attire chez Malefoy c'est l'interdit, l'inconnu. C'est ça qui est excitant. Mais ce n'est pas une attirance saine, comme celle que tu éprouves pour Ron. Elle s'essuya les yeux et se promit de réparer tout ça. Ron devait passer la voir plus tard dans l'après-midi. Ils feraient sûrement l'amour. Cela devrait suffire à sortir Malefoy et son corps de Dieu de son esprit. Après tout, Ron était vraiment beau aussi, et elle avait toujours beaucoup de plaisir à faire l'amour avec lui.

Et surtout, se dit-elle, Ron m'aime et me respecte. Rien que ça me suffit. Ce sont deux exemples parmi les centaines de choses que Malefoy ne pourra jamais m'apporter, même avec tout son argent et son charme.