Poésie (donné par Darkan)
On n'entendait que le bruit incessant du pendule accroché au mur de la petite salle d'attente. Le silence était pesant. Et on pouvait sentir une lourde tension émaner des deux hommes présents dans ladite salle. Une tension presque palpable. L'un des deux avait la gorge nouée. Il se retenait à grand peine de laisser s'échapper des larmes de tristesse.
Ils ne comprenaient pas ce qui avait prit à l'un. Ni si l'autre allait s'en sortir. Tout ce qu'ils s'avaient, c'était que ça les avait marqué.
L'ambiance dans un hôpital n'avait pas pour habitude d'être joyeuse. Mais la douleur ici n'était pas tant physique que psychologique. Toujours la gorge nouée par les larmes, il se demandait comment on pouvait pardonner à l'être aimé quand ce dernier nous a fait du mal. Certes, cette balle logée dans la chair n'était pas sans douleur mais en ce qui concernait la personne qui tenait l'arme. Pouvait-on accepter ça ? Même si le tireur était en proie à l'alcool ?
Il leva la tête vers son vis-à-vis. Les mains tremblantes, le visage fermé, les lèvres serrées. Il arriva enfin à ouvrir la bouche après de nombreux efforts pour ne pas montrer ce qu'il ressentait, pour ne pas que sa voix tremble.
- Kurogane...
Le brun leva à son tour les yeux vers Fye. Les iris rouges rencontrèrent les bleues pleines d'incertitude.
- Tu en penses quoi, lui demanda finalement le mage.
Dans un soupir, le ninja sembla chercher une tournure à sa phrase mais se tut en se mordant la lèvre inférieure.
- Il m'a dit l'autre jour en levant les yeux: "Le ciel est beau comme un ange", tenta Fye en serrant les poings.
Kurogane sembla surpris un instant puis soupira de nouveau.
- Il aurait dû faire attention... Ou ne pas lui faire confiance. Un homme ne peut en aimer un autre, conclut le ninja.
Le blond baissa le regard, ses pupilles commençant elles aussi à trembler.
- Tu le penses vraiment, demanda-t-il à son vis-à-vis, sa voix devenant plus dure.
- Cette amour n'était qu'ivresse et comme il le dit lui-même: "l'ivresse est le dérèglement de tous les sens". Il n'avait plus de quoi y réfléchir.
- Plus de quoi réfléchir à quoi, s'emporta le blond qui se leva de sa chaise dans un geste de rage.
- A sa vie, ses actes, tout ce à quoi il faisait attention. Il ne vivait que pour sa poésie avant. Là, il ne pouvait plus réfléchir, il était... Noyé dans son amour, continua Kurogane malgré le regard du mage qui se noyait lui aussi mais dans les larmes.
- Sa vie ? Ses actes ? Parce que toi tu es capable d'y réfléchir peut-être ?
Fye hurlait presque. Sa tristesse alourdie par les mots de son compagnon ayant prit le dessus.
- Je tiens à ma vie comme tout le monde, soupira le brun.
- "Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours", lança le magicien avant d'aller se rasseoir.
- Tu veux dire par-là que mon existence est stupide et sans intérêt, s'emporta le brun à son tour.
Le mage ne répondit rien. Il resta là, sans bouger, devant la colère naissante de Kurogane. Après quelques lourdes minutes d'un silence trop long, le blond se décida enfin à répondre à son interlocuteur.
- "Je n'aime pas les femmes, l'amour est à réinventer"... C'est une des ses citations. Il me l'a lu hier, avant que son amant ne lui tire dessus.
- Et tu le crois ?
- Oui, puisque je pense la même chose...
Le brun se calma d'un seul coup. Il replongea ses yeux dans ceux toujours pleins de tristesse du blond. En voyant les larmes qui en coulaient abondammant, il prit son vis-à-vis dans ses bras et le serra contre sa poitrine. Il frotta son nez contre les cheveux blonds et ferma les yeux.
- "Le monde a soif d'amour: tu viendras l'apaiser", souffla le ninja.
Fye se détacha de l'étreinte pour pouvoir voir le visage de son compagnon. Il lui sourit timidement pendant que ce dernier attrapa son menton entre son pouce et son index pour venir déposer un baiser sur les lèvres fines.
- Ce que Verlaine a fait à Rimbaud ne nous concerne pas directement. Nous quitterons cette dimension quand nous aurons retrouvé les gamins et nous n'en entendrons plus parler. Ce que Arthur va faire quand il sera rétabli, on s'en fiche, tenta Kurogane pour consoler son amour.
- Mais ?
- Il n'y a pas de mais. Tout ce que tu dois retenir de tout ça, c'est qu'il n'y a pas que le ciel qui est beau comme un ange.
C'est dans la salle d'attente d'un hôpital de Bruxelles en juillet 1873, que deux hommes s'enlacèrent en attendant que leur ami rencontré dans cette dimension ne se réveille enfin.
Merci à Darkan pour son thème auquel elle tenait assez je dois dire puisqu'elle me l'a réclamé une centaine de fois au moins. Je ne devais pas aller assez vite à son goût... Mais je plaisante chou, je ne t'en veux pas.
J'espère que ça t'a plut parce c'était pas une des plus facile. Mais je me suis amusée quand même.
J'aime les défis.
Oui, je vais quand même vous notez le défi en question: Ecrire un drabble sur le thème de la poésie en parlant de Rimbaud et mettre quelques-unes de ses citations.
Allez savoir si elle va trouver que j'ai réussi ou pas. On verra...
A plus !
