Les élèves retournèrent donc chez eux, laissant Kurt et Blaine seuls. Kurt se sentait très mal à l'aise. Blaine était si charmant et son sourire le faisait fonde. Il ne pouvait simplement pas y résister. Ils auraient dû partir en même temps que les autres et pourtant, aucun d'eux ne fit un mouvement pour s'éloigner de l'autre. Kurt savait qu'il devait s'éloigner de Blaine, mais il n'y arrivait pas. Il sentait ses jambes paralysées.
-Bon sang ! Pourquoi faut-il que Blaine soit aussi proche et… mignon ? pensa-t'il. Jamais personne ne m'a regardé ou parler comme ça avant…
Il fut sorti de ses pensées par Blaine qui lui murmura :
-Kurt, tu, tu accepterais de… de sortir avec moi vendredi ?
Kurt n'en cru pas ses oreilles. Ses yeux s'écarquillèrent pour devenir aussi ronds que des soucoupes et leur bleu clair se retrouva teinté d'un bleu plus foncé, de vert et de gris. Son visage devint blême. Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ?
-Mmoi ? bégaya Kurt en reculant de deux pas.
-Évidemment toi, lui répondit Blaine avec un sourire. Qui d'autre ?
Il n'y avait personne d'autre dans l'auditorium à part eux. Le corps de Kurt fut assailli par un si grand mélange d'émotions qu'il senti ses jambes lâcher. Alors, pour éviter de tomber, il se recula davantage et alla s'assoir sur le banc du piano. Il senti son intérieur dans un premier temps, envahi par une horde de papillon, puis dans un second temps, se torde violemment. Il ne pouvait faire autrement que de se replier sur lui-même. Comment Blaine pouvait-il jouer avec ses sentiments de la sorte ? Kurt devenait de plus en plus blanc et ses mains commencèrent à trembler. Il sentit alors Blaine s'approcher de lui et poser sa main sur les siennes.
-Blaine, dit Kurt d'un ton qui se voulait calme, tu… tu ne devrais perdre ton temps avec moi. Je, je ne suis qu'un loser. Je, je ne crois pas que je mérite de sortir avec toi. Tu as l'air de quelqu'un de bien et tu es séduisant. Je suis sûr que tu pourras trouver quelqu'un de beaucoup mieux que moi.
Kurt savait que ses mots pouvaient être dur, mais il n'avait pas le choix. Il ne devait pas laisser Blaine s'attacher à lui parce que dans quelques jours, il ne serait plus. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre ait de la peine pour lui. Il ne voulait plus sentir la pitié ou le chagrin des autres à son égard.
-Kurt… comment peux-tu oser penser ça de toi ? demanda Blaine. Comment peux-tu avoir une si mauvaise confiance en toi ?
-Je n'ai confiance en moi que sur la scène, lui répondit Kurt. C'est pour ça que je chante : ça me donne confiance en moi. J'aime beaucoup avoir les projecteurs braqués sur moi et la foule qui me regarde en attente de ma performance ou avec admiration à la fin quand tout le monde se lève pour m'applaudir. Dans ma vie de tout les jours, je ne suis que le pauvre petit gay qui fait l'erreur de s'assumer et qu'on balance dans la poubelle en me disant que ma place est là. J'en suis venu à penser tout simplement que… je ne méritais pas d'être heureux.
-Tu as tort ! Je… je trouve même pas les mots pour te dire combien tu as tort de croire ça. Si on suivait ta logique, ça voudrait dire que je mérite pas d'être heureux ou que tous les gais de la Terre ne mérite pas d'être heureux.
-Les autres, je n'en sais rien, mais toi, oui. Il n'y a qu'avec moi que ça cloche. Ici, les homosexuels ne sont pas accepter et martyrisés. Je, je ne veux pas t'entraîner dans cette spirale, Blaine. Tu es beau, jeune, gentil et séduisant. Tu trouveras mieux, mieux que moi. Je suis désolé, mais je ne pourrai jamais sortir avec toi… jamais.
À ces mots, Kurt se leva et voulu partir lorsque la main de Blaine le retint. Kurt sentait toutes les fibres de son corps lui crier de rester, mais il ne pouvait pas. Il ne devait pas…
-Attends… commença Blaine.
-Non, l'interrompit Kurt. Non, ça ne sert à rien, Blaine. Tu n'as rien à faire avec moi.
Kurt se dégagea de l'emprise de Blaine et courut vers la sortie laissant le fils de médecin seul.
Il couru hors de l'auditorium et du lycée jusqu'à sa voiture dans laquelle il monta. À peine avait-il fermer la portière que des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Il venait de refuser son premier rencard. En plus, il l'avait refuser a garçon qui l'a sauvé des griffes de son bourreaux et ses complices.
-Je suis désolé, Blaine, pleurnicha-t'il. Je suis désolé de te briser le coeur, mais, je… je ne peux pas te laisser t'attacher à moi alors que je vais bientôt disparaître. Je ne veux pas te faire mal.
Il resta quelques minutes sur le parking avant de se calmer et de reprendre une expression normale pour éviter que son père se pose des questions. Lorsqu'il arriva chez lui, il monta directement dans sa chambre où il pleura silencieusement encore quelques temps avant de se rendre compte qu'il avait perdu son foulard. Il ne se doutait pas du tout d'où il se trouvait maintenant…
