Voici le chapitre du jour, Beckett va "légèrement" péter les plombs et Castle va subir une drôle d'expérience.
Prochain chapitre samedi.
Je voudrais remercier les lecteurs nombreux qui suivent ma fic, même s'ils ne mettent pas de review, les stats sont là pour me dire que cette histoire est lue. Et cela dans de nombreux pays, alors merci à tous les lecteurs étrangers.
Bonne lecture à tous!
Chapitre 14 : Vincit omnia veritas
Le lundi matin au 12ème.
Lorsque Beckett arrive ce matin-là, elle est plus déterminée que jamais. Avoir passé une bonne partie de la veille avec Lanie lui a fait du bien. Sans oublier Rick pour autant, cela lui a permis de se détendre et d'avoir enfin une nuit de sommeil réparateur. Elle s'installe à son bureau tout en notant que toutes les personnes en charges de l'affaire sont déjà au travail. Naturellement cela fait partie de leur travail, mais elle en éprouve cependant un grand réconfort.
Kate soupire en regardant vers la salle de réunion, en fait il manque bien un membre à cette équipe, Alexis. Elle s'est habituée à la présence de la jeune fille, d'autant plus que cette dernière s'est montrée perspicace et efficace dans ses recherches. Kate s'apprête à interpeller Ryan lorsqu'elle aperçoit Jordan venant vers elle.
- Bonjour Kate.
- Bonjour Jordan. Vous avez du nouveau?
- Non, rien pour l'instant, je viens de lire les rapports des agents qui surveillent les cyber-cafés. Ils n'ont rien, de plus l'activité de cette «Ishtar» est inexistante depuis le jour de l'enlèvement de Castle.
- Ce qui rend cette surveillance inutile, maintenant qu'elle a ce qu'elle veut, je ne pense pas qu'elle y retourne. Complète Kate en se levant et se plantant devant le tableau.
- Effectivement, cependant laissons-les encore sur place quelques temps, on ne sait jamais. Peut-être que la curiosité de savoir ce qui se dit sur les sites, sera la plus forte et elle se connectera.
Beckett ne répond pas, elle détaille les éléments fixés sur les surfaces blanches, en se mordillant l'ongle du pouce. Malgré les vidéos de l'enlèvement des victimes au zoo, à aucun moment le visage du conducteur n'est visible. La seule et unique piste valable est l'eau de la piscine prélevée dans les poumons des victimes. Kate se tourne vers les gars.
- Ryan! Du nouveau du côté des prélèvements d'eau?
- Je les ai appelés en arrivant, nous devrions avoir les résultats en fin d'après-midi. Désolé, ajouta-t-il comme pour s'excuser que ce soit si long.
- Merci. Il ne nous reste plus qu'à relire tous les rapports pour voir si l'on ne serait pas passé à côté d'un détail.
- On est déjà dessus Kate, les autres aussi, précise Esposito.
- Parfait.
- Vous avez une sacrée équipe.
- Je sais, mais elle est amputée d'un membre important.
- Castle?
- Oui, il peut parfois se comporter comme un gamin mais ses théories farfelues et son sens de l'analyse, nous permettent souvent de trouver, ou du moins, de nous aiguiller vers le chaînon manquant.
Cette simple constatation ne fait que renforcer l'angoisse de Beckett sur l'avenir incertain de Castle, un doute affreux et irrationnel s'insinue en elle. Et, si justement, sans ce qu'il apporte généralement à l'équipe, ils ne parvenaient pas à résoudre cette affaire. De plus, elle n'a que l'espoir que Rick déchiffre le message car il est peu probable qu'il puisse trouver un motif valable pour contacter son agent ou son éditrice pour leur faire passer un nouveau message. À l'heure actuelle, la seule façon de savoir s'il est toujours en vie sera le moment ou il «enverra» les chapitres du livre, que cette cinglée lui a demandé d'écrire, à Gina. Elle sent une main se poser sur son bras.
- Venez Kate, je crois que nous n'aurons pas trop de la journée pour relire tous les rapports.
Effectivement, lorsque les résultats d'analyses leur sont apportés par un agent, alors que Jordan, Kate, Javier et Ryan s'accordent une pause, il reste encore beaucoup de dossier à examiner. Beckett prend le dossier et passe directement à la conclusion, tous peuvent la voir blêmir.
- Non! C'est pas vrai! Crie-t-elle en le jetant de rage sur la table.
À sa réaction, ils comprennent que les résultats sont négatifs. Ils sont conscients que c'est un coup dur, retrouver la piscine où les victimes ont été noyées leur aurait certainement apporté de nouvelles pistes à exploiter. Ryan se baisse pour ramasser le dossier qui est tombé par terre, lorsque le capitaine Gates entre dans la pièce.
- Lieutenant Beckett, agent Shaw, veuillez me suivre dans mon bureau. Lieutenant Ryan donnez-moi ce dossier.
- Tenez capitaine.
- Merci.
- Un problème chef? Questionne Beckett.
- Allons en discuter dans mon bureau.
Sans rien ajouter de plus sa supérieure se dirige vers son bureau, suivie par les deux femmes et sous les regards interrogateurs des gars. Après que toutes les trois se soient installées de part et autre du bureau, Gates jette un œil aux résultats avant de leur demander.
- Où en êtes-vous?
- Pour l'instant nous en somme toujours au même point, commence Shaw pour laisser le temps à Kate de se ressaisir. Nous n'avons rien appris de plus en surveillant l'activité sur les sites et en interrogeant d'autres membres. La surveillance des cyber-cafés n'a rien donné non plus. Tant que cette «Ishtar» restera inactive nous n'avons aucune chance de la repérer. Grâce à Alexis Castle nous avons des créneaux horaires sur lesquels nous baser pour faire des recherches. Nous avons obtenu un mandat pour visionner les vidéos des caméras de surveillance dans les rues où ils sont situés et les rues adjacentes. L'analyse est en cours dans notre service technique, peut-être aurons-nous la chance de remarquer la même personne se rendant dans ces cyber-cafés.
- Et pour les trois victimes?
- Notre seule piste sérieuse s'avère négative, répond Kate presque comme un automate. Nous devons étendre nos recherches capitaine. Nous n'avons fait analyser que l'eau des piscines publics, il reste celles des hôtels, salles de sport et centres de remise en forme et les…
- Je vous arrête tout de suite lieutenant Beckett. Nous n'obtiendrons jamais de mandats pour les piscines privées…
- Mais chef! S'énerve Kate.
- Écoutez-moi Beckett, dit Gates d'une voix égale mais ferme. Ne croyez pas que le sort de Mr Castle ou le fait de retrouver la femme qui l'a enlevé et qui a commis ces meurtres ne soient pas une de mes priorités. Mais cela fait maintenant onze jours que cette affaire monopolise sept de mes hommes. Sans compter ceux qui se portent volontaires pour vous donner un coup de main de temps en temps. Malheureusement les criminels ne se soucient guère de nos problèmes d'effectifs lorsqu'ils commettent leurs méfaits. À partir de demain les équipes de Karpowski, Tobias, Crowley, Rothman et Connors seront affectés à d'autres affaires. Vous continuerez avec votre équipe et celle de l'agent Shaw. Mais si vendredi vous n'avez rien de nouveau, nous…
- Quoi! Vous voulez le laisser tomber! Clore le dossier sans suite! Vous n'avez pas le droit de lui faire ça! Rick ne nous a jamais lâché lui! Et il n'est même pas flic! Hurle Kate en se levant.
La jeune femme est tellement hors d'elle qu'elle ne fait plus attention à Gates qui lui parle. Furieuse contre sa supérieure elle sort du bureau, claquant violement la porte derrière elle. Et, c'est sous les regards abasourdis de ses collègues qu'elle récupère ses affaires et se dirige directement vers les escaliers, pressée de quitter le commissariat.
- Dans le bureau c'est le silence, jusqu'à ce que Shaw prenne la parole.
- Je vous en prie capitaine ne lui en tenez pas rigueur, elle est…
- Je sais ce que représente Mr Castle pour le lieutenant Beckett. Seul un aveugle ne verrait rien. Mais de mon côté je n'ai pas le choix, sans nouvelle piste d'ici à la fin de la semaine, cette affaire ne sera plus prioritaire. Mais, contrairement à ce que pense le lieutenant Beckett pas question de la clore. Quand est-il de la position du FBI, car l'enlèvement de Mr Castle relève de vos services.
- En effet, mais nous sommes tout aussi impuissant que vous actuellement. La seule chose que nous puissions faire c'est de continuer à surveiller les sites. Nous avons une cellule spéciale pour ce genre de travail. Nous remplacerons les hommes dans les cyber-cafés par des caméras de surveillances directement reliées à nos écrans de contrôle. Cela peut être long avant d'avoir un résultat quelconque, mais c'est une option à ne pas négliger. Nous en avons discuté et je suis d'accord avec le lieutenant Beckett, l'absence de Castle va finir par être remarquée par les fans ou des journalistes. Et, dans ce cas la femme qui l'a enlevé devra se connecter sous son nom pour apaiser ces derniers, donner de fausses raisons à son absence et à ce moment là, nous aurons une chance de la repérer.
- Surtout si elle baisse sa garde, croyant qu'on «laisse tomber».
- Oui, si nous attrapons «Ishtar» nous retrouverons Castle et nous aurons notre assassin.
- Je vous laisse le soin d'expliquer tout cela au lieutenant Beckett. De mon côté je vais contacter le juge Markway pour qu'il nous signe un mandat pour poursuivre les prélèvements dans les piscines des hôtels, salles de sport, club…. En espérant que cette fois cela donne un résultat positif. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître c'est Mr Castle qui est le plus à même de nous aider. Il est parfois, même souvent, agaçant et met ma patience à rude épreuve mais je dois reconnaître que son aide est précieuse. Et il a prouvé par ces messages qu'il a réussis à nous faire passer qu'il était plein de ressources. Donc s'il le peut, je suis persuadée qu'il essaiera de réitérer.
- C'est aussi mon opinion, tout comme le fait qu'il ne risque rien physiquement tant qu'il écrit ce roman…
L'agent Shaw laisse le capitaine et va directement rejoindre Ryan et Esposito qui ont l'air perdu, mais surtout très inquiet quant au sort de Beckett à la suite de son esclandre.
Kate se tient debout devant la tombe de sa mère, elle ne sait pas trop comment elle est arrivée là. Car, tout ce dont elle se rappelle, c'est d'être sortie du commissariat et d'avoir marché sans but un moment avant de monter dans un taxi. Mais, elle ne se souvient pas de lui avoir donné l'adresse du cimetière. Par contre elle se rappelle très bien avoir hurlé sur son capitaine, elle caresse le haut de la pierre tombale.
- Maman je crois bien que j'ai fait une grosse boulette. J'ai laissé parler mon cœur et à cause de ça je risque de perdre mon job… au pire. Mais, le plus étrange c'est que là, à cet instant précis, ça m'est complétement égal. La seule chose dont je sois sûre et qui est le plus important c'est que je l'aime, maman. J'aime Richard Castle et il a encore fallu un drame pour que je le comprenne et surtout que je l'admette. Lui aussi m'aime, il me l'a dit lorsque je me suis fait tirer dessus. Et moi, qu'ai-je fait? Je lui ai menti, je lui ai dit que je ne me rappelais de rien. J'ai eu trois longs mois pour réfléchir à un possible avenir ensemble et, c'est sans hésitation que j'ai accepté ce rendez-vous et maintenant… maintenant, ma pire crainte s'est réalisée, on m'a enlevé une personne à qui je tiens.
Kate ne se rend même pas compte qu'elle pleure maintenant sans retenue, elle est perdue dans ses sombres pensées. Bien sûr contrairement à sa mère, Rick est toujours en vie mais, si elle ne le retrouve pas avant qu'il est terminé ce maudit roman, qu'est-ce que cette folle va lui faire une fois qu'elle aura obtenu ce qu'elle désire? C'est à ce moment qu'une légère brise se lève faisant bouger le feuillage des arbres et les rayons du soleil viennent taper l'inscription latine de la tombe «Vincit omnia veritas». Malgré les larmes qui lui brouillent la vue Kate le remarque.
«La vérité vainc toutes choses» murmure-t-elle. Quelle vérité maman? Celle de reconnaître enfin mon amour pour Rick?
Alors qu'elle cligne des paupières, pour tenter de chasser les larmes et d'éclaircir sa vue, elle croit voir une autre inscription, ce sont presque les mêmes mots à l'exception d'un seul et dans un ordre différent : «Omnia vincit amor».
«L'amour est toujours vainqueur» Traduit-elle.
Même si Kate ne croit pas en la magie ni aux signes de l'univers et qu'elle sait que ce qu'elle vient de voir n'est que le fruit de son imagination, elle est persuadée qu'elle retrouvera Castle. C'est irrationnel, évidemment, mais c'est bien là, une certitude ancrée en elle. Tout comme l'était cette angoisse irrationnelle dix jours plus tôt. Son cœur aussi bien que son inconscient ne l'avaient pas trompée cette fois-là, alors pourquoi n'en serait-il pas de même cette fois-ci? Elle sourit et avant de partir, murmure :
- Merci maman.
Castle a écrit une bonne partie de la journée, la clef contenant son travail est prête, il est satisfait et il espère que Kendra le sera aussi. Il est sur le balcon de sa «cage dorée», il essaie de lire mais son esprit reste focalisé sur le message qu'il a réussi à décrypter dans la matinée. Il est confiant, sa situation n'a pas changé et il est toujours à la merci d'une crise de folie de Kendra mais maintenant il a un espoir d'être secouru. Kate a compris son premier message, a trouvé le second et elle ne l'a pas abandonné comme le lui prouve sa réponse. Et cela suffit à lui donner la force nécessaire pour affronter ce que cette cinglée pourrait encore lui faire subir sur un coup de tête. Un bruit assourdissant lui fait redresser la tête et il aperçoit un hélicoptère en approche.
Intrigué, il se lève et, se collant au plus près des grilles l'observe. L'altitude de l'appareil diminue au fur et à mesure qu'il arrive vers le manoir. Lorsqu'il vire sur la droite pour disparaître quelques secondes plus tard derrière l'aile ouest de la bâtisse, Rick entrevoit vaguement la silhouette du pilote. Au bout de quelques minutes il n'entend plus le bruit du rotor, la présence de cet hélicoptère éveille chez l'écrivain des tas de questions. Est-ce qu'il transporte les deux sœurs? Se rendent-elles à New York de cette façon tous les jours? Alors pourquoi est-ce la première fois qu'il le voit?
Puis une idée germe dans l'esprit de Castle, comme une évidence. Il va se servir de ce détail pour son histoire, seulement il va falloir qu'il fasse montre de prudence. Tout d'abord il faut qu'il se renseigne sur le type d'appareil dont il s'agit car il n'a reconnu aucun modèle courant. De plus il a distingué des inscriptions sur le fuselage, une partie doit être son immatriculation mais l'autre, est-ce le nom de l'entreprise que Kendra dirige avec Katiana? Seulement, même si c'est le cas et qu'il arrive à le lire il ne pourra ni le mettre dans un message, ni l'insérer dans son roman…trop évident. Par contre avec son numéro d'immatriculation, cette option est envisageable, à condition naturellement de le modifier et de le faire comprendre à Kate.
L'écrivain retourne s'asseoir avec le sourire, d'une part parce qu'il a la possibilité de faire passer une info essentielle à Beckett, mais également parce que si les deux femmes étaient à bord de cet appareil, cela veut dire qu'il va bientôt voir Katiana. La jeune femme lui a promis de venir le voir et il sait qu'elle tiendra parole. C'est donc avec une certaine impatience qu'il l'attend.
Castle est tranquillement en train de lire, installé sur le lit, quand il entend des pas et des échanges de mots dans le couloir. Il se lève aussitôt et se dirige droit vers la grille mais, lorsqu'il voit Ed franchir la porte, il se fige, déçu. Sa déception est de courte durée car Katiana est juste derrière lui, tenant un plateau. Rick lui sourit.
- Bonsoir Katia… vous êtes venue. Ne peut-il s'empêcher de dire, comme surpris qu'elle ait tenu sa promesse.
- Bien sûr Richard, tu en doutais?
- Non ! Non ! Pas du tout mais je…
Rick n'a pas besoin de continuer, un simple échange de regard avec Katiana lui suffit pour voir qu'elle a compris d'où venaient ses doutes. Après tout il est à la merci des sautes d'humeur de Kendra et tout peut basculer à tout moment pour lui. La jeune femme lui sourit tout en franchissant la grille, sans un mot Ed referme derrière elle et sort les laissant seuls. Du moins en apparence, car Castle ne doute pas un instant qu'il a dû se rendre dans une salle de contrôle pour les épier. Il se saisit du plateau que Katiana lui tend.
- Tiens, il fait encore bon, nous pourrions nous installer dehors.
- Bonne idée… hum ça sent bon, ce Ed est loin d'être un cordon bleu.
- Sandwiches?
- Oui et café tiédasse, dit Rick en s'asseyant. Alors votre journée? Tu peux me raconter pendant que je mange?
- Si tu me racontes la tienne.
- Oh moi… j'ai écrit, mangé, lu….écrit encore un peu et je lisais de nouveau quand tu es arrivée. Et toi?... enfin vous deux.
- Réunion mouvementé avec le Directeur Général et certains des membres du conseil d'administration… rien de passionnant.
- Des problèmes?
- Non, rien d'inhabituel, nous avons appris que l'un de nos concurrents est aussi en lisse pour un contrat avec le Gouvernement… nous sommes plus cher mais notre matériel est plus fiable et performant et il le sait. Le seul moyen, du moins l'un des moyens les plus simples de nous évincer est de tenter un OPA sur notre société et… mais ce n'est pas intéressant! Parlons plutôt de toi, comment te sens-tu?
- Bien… tu avais raison Katiana, écrire m'aide beaucoup.
- Tant mieux! Et, ça avance bien?
- Pas trop mal, vu les circonstances. D'ailleurs l'arrivée de l'hélicoptère m'a donné une idée! Lance-t-il d'un air qu'il espère le plus naturel possible.
- Ah! Le jouet de ma sœur!
- Le jouet de ta sœur? Je ne comprends pas, je pensais que c'était peut-être l'appareil de votre entreprise.
- C'est le cas! Au début nous faisions le trajet en Limousine, mais deux heures de route le matin et le soir ont vite agacé Kendra. Elle a donc passé son brevet de pilote et a demandé à nos ingénieurs de produire une version civile du Graham 47. Après tout la branche principale d'activité de l'entreprise fondée par notre père est l'aéronautique.
- Et toi aussi tu pilotes?
- Non… tu sais que nos parents sont morts dans un accident d'avion. Depuis j'ai peur de monter dans un appareil, quel qu'il soit…
- Mais alors pourq…
Rick se tait en voyant les yeux de la jeune femme s'embuer et alors qu'elle essuie rapidement une larme solitaire c'est tout naturellement qu'il saisit ses mains dans les siennes. Tout en les caressant avec les pouces il lui parle d'une voix douce.
- Je suis là si tu as besoin de parler. Je peux comprendre que tes parents te manquent, même après toutes ses années.
- Merci Rick, mais ce n'est pas ça… bien sûr ils me manquent mais quand je pense à eux je suis plus nostalgique que vraiment triste.
Peut-être ne s'en est-elle pas aperçue, mais le fait qu'elle l'appelle «Rick» n'a pas échappé à Castle. Alors il voit une opportunité d'en savoir plus et décide de poursuivre son «petit» interrogatoire. Cependant il note qu'au plus profond de lui, il éprouve de la peine pour la jeune femme et que les paroles qu'il échange avec elle sont sincères. Il veut l'aider, l'épauler, l'écouter, la réconforter s'il le peut. Il veut être là pour elle comme elle a été là pour lui dès le début.
- Il n'est donc pas difficile d'en déduire que c'est Kendra la cause de ces larmes. Qu'est-ce qu'elle te fait, ou t'a fait?
- Tous les matins et tous les soirs, elle m'oblige à monter à bord de ce maudit appareil. Je suis pétrifiée à chaque fois et ça l'amuse.
- Mais enfin Katiana, tu n'es pas forcée de faire tout ce qu'elle dit ! S'insurge Rick.
- Si… malheureusement et c'est bien là le problème.
En plongeant son regard dans celui noisette de la jeune femme, Rick comprend qu'il ne sera rien de plus ce soir, alors il n'insiste pas. Mais il est au moins certain d'une chose, c'est que Kendra doit avoir un moyen de pression sur sa sœur pour pouvoir la contrôler de la sorte.
- Katia, je suis là, je serais toujours là si tu as besoin de te confier. Ne l'oublie jamais, d'accord? Dit-il en lui caressant la joue du dos de la main.
- D'accord… merci Rick.
- Et maintenant goûtons ce café! Lance-t-il pour changer de sujet. J'espère qu'il est meilleur que les derniers.
- J'ai essayé de le faire moins fort, mais Kendra a décidé de prendre une autre marque, celui-là a plus de robusta…alors? Questionne-t-elle après que Rick en ait bu une gorgée.
- C'est mieux, il est beaucoup moins amer, répond-il en tentant d'étouffer un bâillement… excuse-moi, mais je me sens fatigué et pourtant je dors relativement bien… je ne comprends pas.
- Peut-être le contrecoup de ce que Kendra t'a fait subir, ça devrait passer assez vite. Entendant la porte s'ouvrir, je crois que Kendra a décidé que le temps de visite était arrivé à son terme.
- J'en ai bien l'impression en effet, il prend la clef USB dans sa poche. Tiens tu lui remettras ceci, c'est ce que j'ai écrit aujourd'hui.
- À demain Rick, bonne nuit.
- Bonne nuit Katia, à demain et… n'oublie pas, je suis là.
Deux heures plus tard alors que Castle dort à points fermés, Kendra, suivie par Ed qui pousse une chaise roulante, entre dans la chambre et s'approche de l'écrivain.
- Vérifie que la drogue fait bien son effet.
- Oui, répond l'homme.
Il secoue Castle sans ménagement et ce dernier n'émet même pas un grognement.
- Pas de doute, le Doc s'y connaît en drogue.
- Oui, mais dépêche-toi! On doit l'avoir installé avant qu'elle ne cesse de faire effet. Nous avons moins de quinze minutes.
Il ne leur faut pas longtemps pour mettre l'écrivain dans le fauteuil et le descendre dans une partie spécialement aménagé au sous-sol du manoir.
- Ah voilà mon patient! Attendez avant de l'installer, je dois lui injecter l'autre produit.
- Ça va marcher Doc?
- Nous le serons dans moins de dix minutes maintenant.
- Je vous paie assez cher pour que ça marche! Lui rappelle Kendra.
- Avez-vous eu à vous plaindre des drogues que je vous aie fournies pour l'instant?
- Non et j'espère pour vous que cela va continuer, sinon ce ne sont pas des billets verts que vous allez additionner mais les années de prison, menace Kendra, tout en regardant le Doc et Ed installer et sangler Castle sur une sorte de chaise d'examen.
