Auteur : Mimiko
Série : Just wild beat communication…
Genre : UA, OOC (meuh naaaan) et yaoi.
Couple : 2+1 (Shinigami se réveille !), 1+2 ????? 3+4+3????? 6X2 (sous entendu)
Disclaimer : Zut Flute, on le dira jamais assez, mais ces beaux jeunes hommes ne sont pas de mon invention
Mot de l'auteur : o' Ohoh, heureusement que personne ne lis ce qui est écrit au dessus du mot de l'auteur (comment ça vous lisez pas non plus ce mot ?!?!). J'avais écrit dans les autres chapitres 5x2 (sous entendu) au lieu de 6x2… (Wufei pardonne moi…). Je l'ai corrigé pour celui là ! Après… Oui, oui… J'ai vraiment pris mon temps pour ce chapitre ! chibi eyes Mais ne me tuez pas, je me rattraperais un jour ! (…ou pas !). Sinon… Encore une fois : MERCI POUR TOUTES LES REVIEWS /danse de la joie/ J'espère avoir répondu à tout le monde (je suis une tête de linotte) Voila ! Bonne lecture !
Chapitre 12 : Pour prendre une décision (Curiosité)
« La curiosité est un vilain défaut »
La maxime tant utilisée dans le reste du monde n'avait hélas pas beaucoup de supporters à Versailles. La curiosité était, en réalité, la seule chose qui pouvait être utile dans le château pour rester en vie.
Laisser traîner ses oreilles pouvait vous apprendre qui sera derrière votre dos pour vous poignarder à la moindre faiblesse, ou alors tout simplement vous éviter de mourir d'ennui sous un escalier.
Chacun se régalait de la moindre rumeur et du plus petit ragot comme des charognards affamés, sans aucun scrupule. Que ce soit la marquise Des Claux qui cachait un énorme bouton sous son éventail ou le marquis de Valois qui invitait des prostitués dans son château, chacun y allait de ses petites anecdotes.
Et quand il n'y avait rien à se mettre sous la dent, on ressortait des vieux placards poussiéreux, les scandales qui avaient autrefois nourris copieusement les soirées d'hiver.
Tout cela, Quatre l'avait compris très tôt. En réalité, il fit preuve d'une intelligence vive et précoce dés l'âge de cinq ans qui lui fit comprendre que, pour son propre bien, il devait la cacher. Il joua alors le gamin imbécile jusqu'à sa majorité et les ennemis de la Royauté furent ravi que le Dauphin se révèle être un enfant stupide qui serait manipulable une fois sur le trône. Les femmes n'avaient pas eu peur de jaser et jacasser devant cet enfant simple d'esprit qui grignotait silencieusement des gâteaux secs.
Ainsi, pendant dix ans, il avait emmagasiné de précieux renseignements, repéré la mauvaise graine et le jour de sa majorité, se révéla au monde entier et fit ce que la Cour se souvient comme une purge de Versailles.
Le bourreau n'eut jamais autant de victimes de sang noble que cette année là.
Depuis, Quatre était un homme craint et respecté, mais aussi aimé de la plupart de son château. Il avait su instaurer un climat de confiance absolu qui contrastait énormément avec ce qu'il avait fait et était capable de refaire. Sa curiosité avait toujours été sa plus fidèle amie et jusqu'ici, seule Dorothy avait été assez forte pour être son ennemie. Maintenant qu'elle était à terre, le prince se demanda s'il n'allait pas s'ennuyer.
Enfin, pour l'instant, il avait rendez-vous avec sa curiosité dans le jardin : un nouveau mystère s'offrait à lui. Où était passée la lettre de Duo ? Car il était sur et certain qu'Heero avait envoyé ses invitations pour sauver le nouveau marquis de la Cour, si ce n'est du Roi lui-même…
Sa curiosité était devant lui, elle avait un nom et un visage : Iria Winner, une jeune fille de quatorze ans blonde au teint blanc, dans une légère robe à collerette bleu pastel.
Ils avaient beaucoup de chose en commun : la première était qu'on leur donnait tout les deux le bon Dieu sans confession. La deuxième était qu'ils n'étaient pas ce qu'ils semblaient être.
Iria était une demi-sœur que le Roi n'avait jamais reconnue. Sa mère était malheureusement morte et Quatre l'avait recueillie auprès de lui en lui proposant de devenir une de ses ombres.
-Sais-tu quelque chose sur cette histoire de lettre ? Lui demanda-t-il alors qu'ils étaient appuyé chacun d'un côté d'un mur de sapinette peu épais.
-Pour l'instant, je sais juste que le coursier les a remis directement à Pagan… mais nul n'a put me dire combien il y en avait au départ.
-Je vois… Continu encore ton enquête.
-Bien Monsieur, mais j'ai du nouveau à propos de l'autre enquête… Souffla Iria.
-Ah oui ?
-Le Père Maxwell n'a jamais eu de frère, et aussi loin que l'on remonte dans la généalogie, il est impossible qu'il existe un Duo Maxwell. De plus, tout le monde peut assurer que sa famille était honnête et qu'il ne peut pas être le fruit d'une prostitué ou d'un adultère.
-…
Quatre resta songeur à ce que venait de lui apprendre Iria. Il ne s'était absolument pas attendu à ça quand il lui avait demandé de faire une petite enquête sur la famille Maxwell.
-Le notaire avait l'air louche quand je lui posais des questions sur le testament : il bégayait. Je crois que je vais retourner lui faire une petite visite, déclara la jeune fille.
-Très bien…
Oui, la curiosité pouvait parfois être un gros défaut.
Aujourd'hui, le petit Prince avait peur de perdre un ami en qui il avait confiance à cause d'elle.
oOOo
-Pourquoi tu pleurs ? Demanda un petit garçon aux cheveux blonds.
Il avait les cheveux blonds, mais ils étaient tellement sales de poussière et d'autres choses qu'on ne l'aurait pas deviné. Ses habits étaient vieux et déchirés, sa peau couverte d'hématomes et de croûtes de sang.
-Je pleurs parce que je suis toute seule !
-Les garçons ne pleurent pas ! Répliqua son ainé.
-Je ne suis pas un garçon ! Je suis une fille !
Son vis-à-vis resta circonspect un instant, avant de donner un coup dans son entre jambe avec un sourire goguenard :
-Me fait pas rire fillette, ce qui a là, ça ne se trouve pas sous les jupes des dames ! Et pas la peine de tirer tes cheveux, ils sont longs, mais les miens aussi !
Il sortit de derrière son dos une fine tresse couleur paille, se réjouissant de l'air étonné de son cadet.
-Comment tu t'appelles fillette ?
-… Je… Je ne m'en souviens plus…
-Bah alors tu seras fillette. Moi je m'appelle Solo !
-Solo…
-Et si t'as pas de maisons, tu peux venir avec moi ! Nous sommes les indésirables !
-Les indésirables ?
-Oui, des enfants de putains, enfanté dans un coin de rue et laissé sur place. La pourriture des égouts de Paris !
oOOo
La lumière entrait en grands rayons dans la chambre quand Duo se réveilla. Hier, après le départ forcé du Dauphin, de Chang et de Hilde, il avait gardé le lit, trop faible pour sortir. Heureusement d'ailleurs, car avec la frustration et la colère qu'il avait accumulé, il aurait probablement tué la première personne qu'il aurait eu sous la main.
Les garçons ne pleuraient pas. Mais à son grand étonnement, Heero Yuy avait réussi à briser son cœur une deuxième fois.
Il avait pourtant essayé. Il s'était répété et re-répété que c'était du passé, qu'il ne pouvait pas être amoureux de ce con qui avait un balai dans le cul et qui restait pétrifié sur place quand on avait besoin de son aide. Il ne pouvait PAS être amoureux de lui.
Solo, il avait été amoureux de lui : il était beau pour un gosse des rues, il avait de l'insolence, de la hargne, de la niaque et il parlait toujours avec tellement de fierté et d'éclats qu'il ressentait pour lui une admiration sans faille.
Bon, il était un peu injuste d'essayer de comparer Heero Yuy à son amourette d'enfance…
Mais il ne pouvait pas ressentir l'envie de rester à ses côtés. Avoir envie de le baiser, Ok, c'était compréhensible, tout être humain normalement constitué et étant au moins bisexuel, fondrait devant son corps d'Apollon grec réincarné. Mais de là à se supporter tout les jours ce caractère de… Enfin bref, il s'était fait une raison.
Alors pourquoi ressentait-il de la jalousie ???????
Jalousie parce qu'il avait été le seul oublié de la fête. Jalousie parce qu'il ne pourrait jamais faire partie de son monde ou être à ses côtés comme Quatre, Trowa ou ce marquis.
Non. Heero l'avait rejeté, peut être même oublié depuis le temps…
Dieu que ça faisait mal !!!
Duo se recroquevilla dans ses couettes, ses bras entourant son torse.
Son cœur lui faisait si mal !!!
C'était une autre sorte de poison que celui de Dorothy qui s'influait doucement dans ses veines pour arriver à son cœur, seul point sensible de son être.
On pouvait le blesser, on pouvait le violer, on pouvait l'utiliser, on pouvait le tuer. Il s'en foutait, il restait de marbre. C'était qu'un gosse des rues qui avait dû s'endurcir pour perdre le surnom affectif de « fillette » pour devenir Duo, « l'autre Solo ».
Un goût amer s'infiltra dans sa gorge. Penser à Solo n'allait pas le réconforter.
La double porte de sa chambre s'ouvrit brutalement et il fit un bond en arrière quand un missile blond monta sur son lit pour se mettre face à face. Œil bleu clair dans œil bleu cobalt.
Quatre avait une étrange expression sur le visage. Un mélange de contrariété, d'incertitude et… D'appréhension ?
-Il y a quelque chose qui ne va pas Quatre ? Demanda Duo, bien incapable de lâcher son regard.
Celui-ci finit par baisser les yeux. Il était décidément étrange, et surtout, il n'était pas honnête. Ca sautait aux yeux. Mais bon, Quatre restait le Dauphin et si le Dauphin désirait cacher quelque chose, ce n'était pas Duo qui s'en mêlerait…
Est qu'il venait bien de penser ça ? C'était lui qui n'était pas honnête : il ADORAIT se mêler de ce qui ne le regardait pas !
-Rien… Pour l'instant… Fit il à voix basse, avant de se reprendre : Et toi comment te sens-tu ? Est-ce que ton corps a fini de vaincre le poison ?
-Je crois… Je vais mieux en tout cas… Répondit le jeune homme t'un ton lointain.
Il voulait juste qu'on le laisse seul. Il commençait à étouffer ici avec tout le monde à ses petits soins, mais en même temps, il gardait l'excuse de sa santé pour ne pas sortir de sa chambre. Il n'était pas fou et il savait qu'on voulait toujours sa mort.
-Physiquement oui, mais à l'intérieur ? Reprit le blond d'une voix douce en soulevant quelques mèches de sa frange.
Duo leva la tête, exaspéré : pourquoi fallait-il que Quatre mette toujours le doigt à là où ça faisait mal ? Ce petit était démoniaque : derrière son sourire innocent, se cache des yeux qui voient tout. Duo s'apprêta à cracher le morceau, bien à contre cœur quand une voix le devança :
-Voici un spectacle bien contestable, remarqua Trowa, adossé contre la porte, regardant le plafond d'un air indéchiffrable.
Quatre tourna immédiatement la tête vers le nouveau venu, puis s'aperçut qu'il était à moitié à califourchon sur Duo et qu'il l'avait acculé contre le dossier de son lit, l'enfonçant dans la myriade de coussin qui le bordait. Il rosit de honte et descendit du lit d'un bond.
-Tu sais, il n'y a rien d'ambigu entre moi et Quatre ! Justifia Duo, mais Trowa ne l'écouta pas et s'approcha du prince, enfonçant sa main dans ses cheveux dorés :
-Tu devrais être plus sur tes gardes Quatre, imagine qu'à ma place, ce soit le Roi qui soit entré ? Tu tiens à rendre la vie de Duo plus impossible qu'elle ne l'est actuellement ?
Le ton sévère employé augmenta le fard de Quatre et le fit baisser la tête.
-Je sais ! Inutile de me le dire ! En plus mon père est en réunion à ce moment même ! Répliqua-t-il d'un ton excédé en évitant son regard.
-Excusez moi mon seigneur…
-Ne m'appelle pas comme ça !
-Pardonne-moi.
Quatre tourna le dos en soupirant. Il n'avait pas envie de faire une scène devant Duo et Hilde qui guettait d'un air inquiet depuis le salon. Depuis que Duo était arrivé dans sa vie, sa relation avec Trowa qui avait été jusqu'alors une mer plate, s'était transformée en tempête.
Il serra les poings de colère en regardant en biais l'objet de son amour aller s'enquérir de la santé de Duo. Trowa était quelqu'un de gentil, mais il n'était pas facile à approcher : pourquoi avait-il admit Duo aussi facilement ?
Otant ces idées de sa tête, il fit signe au baron de le rejoindre dans le salon. Celui-ci obtempéra et s'assit sur l'accoudoir d'un sofa :
-Qu'il y a-t-il ?
-Mon père a demandé à le voir… Est-ce que… Après…Euh… Tu pourrais… Réconforter Duo pendant que je m'acquitte de mes devoirs journaliers ?
-Réconforter ? En clair, tu veux que je fasse la nounou ?
-Eh bien… Pas tout à fait… Lui tenir compagnie… Il n'est pas encore tout à fait guérie et… Puis tu sais… Le Roi… et il y a Heero. Je crois qu'il a besoin de se changer un peu les idées. Rester dans sa chambre toute la journée à mâcher les mêmes pensées n'est pas sain pour lui.
Le brun réfléchit un moment et Quatre s'attendait à ce qu'il rechigne encore un peu, lui qui aimait tant son calme et sa tranquillité, mais à son grand étonnement, ce ne fut pas le cas :
-D'accord.
Il semblait même soudain content d'avoir à le faire. Pour qu'il l'accepte dans ses heures de travail, Quatre devait habituellement faire du forcing toute la matinée ! Pour Duo, c'était jusque quelques minutes de réflexion ! Etait-ce de l'inquiétude vis-à-vis du garçon ou alors ce que Quatre craignait ?
Il n'arrivait pas à savoir lequel des deux était la bonne réponse.
-Qu'est ce qui ne va pas ? Demanda Trowa en attrapant son regard consterné et vexé. Tu ne veux pas que le fasse ?
-Décidément… pourquoi est-ce que je n'arrive pas à te comprendre ?
Le brun ouvrit la bouche pour répondre, mais Quatre se détourna tristement avant qu'il n'ait put formuler une réponse et disparut derrière les portes des appartements de Duo.
oOOo
C'était la première fois depuis son empoisonnement que Duo mettait le nez dehors et il ne pouvait s'empêcher de regarder tout le monde en les suspectant d'y être pour quelque chose. Il gardait l'une de ses mains au niveau de la taille pour dégainer sa dague au moindre danger, bien qu'avec Pagan pour le guider, il ne risquait pas grand chose.
Finalement, après un dédale de couloirs et d'escaliers, ils arrivèrent dans le bureau du Roi. Toutes les pièces avaient à peu prés la même taille et des portes les rejoignaient en une série d'appartement. Le bureau ne faisait pas exception, et il était rare que Duo y reste plus de quinze minutes avant de passer dans la chambre d'à côté.
A son arrivée, le Roi leva le nez de ses papiers et lui adressa un grand sourire en l'invitant à rentrer, puis il congédia toutes les autres personnes présentes.
-Alors Duo, je suis ravi de te voir en bonne forme ! Commença le Roi en posant ses mains sur ses épaules. Je me suis fait un sang d'encre pour toi !
-Je suis désolé de vous avoir inquiété, ma santé va beaucoup mieux (et irait encore mieux si vous me laissiez tranquille !!!!!).
-Vraiment… As-tu tout ce que tu voudrais ? Le questionna le Roi en le fixant dans les yeux.
Son regard était glacé comme les glaciers de la mer du Nord, et Duo s'aperçut que les yeux d'Heero n'étaient peut être pas si froids que ça, juste sombres et réservés.
-…Oui Milliardo…
-Es-tu bien traité ?
-… Oui…
-Tes appartements te conviennent-ils ?
-…Oui…
-Es-tu heureux ici ?
-…Oui…
-Tu n'as pas envie de partir d'ici ?
-…Non…
-Très bien Duo… Tu es vraiment adorable, conclut Milliardo en caressant une de ses joues d'un long doigt d'albâtre. J'ai un cadeau pour toi !
Il le conduit jusqu'à une table et posa à plat sa main sur des plans :
-Regarde ! Je te construis un château ! Tu es content ?
-… Oui… Répondit Duo du même ton automatique que les autres fois, ce qui eu le don de faire froncer les sourcils de son monarque :
-Eh bien… Quelle réaction… Serais-tu encore fatigué ou le poison aurais-eu raison de tout tes neurones ? J'attendais plus d'enthousiasme de ta part, surtout que cela fait longtemps qu'on ne s'était pas vu en privé !
-Navré de m'être fait à moitié tué ! Répliqua Duo d'un ton acerbe.
-Eh bien voila ! C'est ta fougue que j'apprécie ! Déclara Milliardo en l'attrapant par les hanches et en le déposant sur la table.
-Mais ?!?!
-Aujourd'hui je veux le faire ici ! Ordonna le blond en commençant à déshabiller le jeune homme tout en taquinant de sa langue son cou.
-Et si quelqu'un rentre ?!?!
-Personne ne rentrera ! Et toi tu ne partiras pas !!!
oOOo
-Je crois que je me suis moi-même un peu laissé aller… Commenta Trowa en ajustant son instrument.
Les notes qui en sortaient se bousculèrent dans la salle de musique, qui a cette heure de l'après-midi, semblait nimbée d'une aura de paix. Duo, assis sur un canapé, les yeux fermés remercia mentalement le baron de l'avoir emmené ici. Il voulait oublier ce qui venait de se passer, tout comme les douleurs qu'il ressentait à l'intérieur de lui et qui l'obligeait à se tenir d'une certaine façon.
Il se sentait tellement plus à sa place que dans sa propre chambre ! C'était grâce à ce contraste qu'il s'apercevait qu'il se sentait comme un chien muselé tenu fermement en laisse.
-C'est pour ça que tu as été si vif avec lui ? C'est parce que tu été jaloux qu'il soit si proche de moi quand tu es entré ? S'aperçut Duo avec étonnement.
-Il était tout bonnement en train de te toucher les cheveux sans que tu réagisses… Grommela Trowa d'un air qui lui faisait ressembler à un gamin en train de bouder.
-Mais c'est parce que je suis habitué à la proximité des autres ! Quand j'étais tout petit, on dormait à six dans le même lit !
-C'est vraiment possible ?
-Oui ! On formait un tas compact pour avoir plus chaud !
-Mmh… Moi c'était plutôt le contraire…
-Ca ne m'étonne pas du tout ! Toi et Quatre êtes si distants ! Se moqua le jeune homme à la natte.
-Tu as la langue bien pendue aujourd'hui, ça se voit que tu vas mieux !
-Viiiiiiii ! Dis, puisqu'on est là pour un moment, pourquoi tu ne me raconterais pas comment tu as rencontré le Dauphin ?
-Tu es là pour me servir de public et ce n'est pas intéressant.
-Siiii ! Chuis curieux !
-Pourquoi ais-je l'impression que tu es passé en mode « infernal » depuis que tu es là ? Remarqua Trowa en grinçant les dents.
-De temps en temps, moi aussi j'ai besoin de décompresser ! Répondit-il en souriant.
-Très bien… La vérité c'est que depuis que mes parents ont découvert que j'avais un talent unique, j'ai été exhibé dans tous les salons possibles et inimaginables de l'Europe. La fortune des Barton est basée sur mes apparitions. Je n'avais cependant plus aucun contact avec ma famille, je les voyais juste de temps en temps avant leurs sorties. Ma mère arborait une nouvelle toilette tous les jours, toujours plus belle et plus coûteuse que les précédentes. Un jour, j'avais douze ans, je me suis trouvée à Versailles pour me produire dans le Salon de la Reine…
oOOo
Les applaudissements légers et les exclamations féminines suivirent les dernières notes de « l'envolée joyeuse en La majeur », mais Trowa trouvait que cela ne se mariait vraiment pas ensemble. Et dire que l'on comparait les voix des femmes à celle de sa flûte traversière… C'était une injure à son instrument ! Surtout cette jeune reine Réléna et son amie Dorothy… Trowa voulait s'éloigner d'elles au plus vite maintenant qu'on ne faisait plus attention à lui.
Il fouilla la pièce du regard à la recherche d'un coin tranquille, puis croisa deux yeux bleus et perçants. Un garçon d'à peu prés son âge, le teint blanc et des cheveux blonds soyeux, était assis, jambes repliés contre lui, dans un coin de la pièce.
-C'est le jeune Prince que vous regardez comme ça, seigneur Barton ? Demanda une des dames de compagnie.
-C'est le Prince ?
-Oui, il est plutôt mignon, mais quel dommage qu'il soit si lent et si idiot…
Lent et idiot ? Avec des yeux comme ça qui brillaient d'intelligence ? C'était elle qui était stupide ! En plus, il deviendrait certainement un très bel homme… Un Roi qui serait à la fois craint et admiré. Mais quel dommage qu'il est l'air si peu joyeux…
Le musicien s'approcha du garçon et tandis une main vers lui :
-Je n'ai pas la vivacité de Molière, le talent de Lulli ou même l'adresse de Boucher, mais je peux me venter de les réunir de moitié et de vous en faire les attraits.
Le petit prince le considéra un moment avant de sourire. Et quel sourire ! Il pétrifia sur place Trowa et lui cloua la bouche.
-Comme ceci est bien tourné, a moi il me serait grés de vous écouter… Répondit-il d'un air doux.
Une semaine plus tard, on offrit à Trowa de devenir le précepteur de musique du Dauphin. Il accepta la proposition immédiatement, trop heureux de pouvoir être aux côtés de ce petit être timide qu'il admirait.
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J'étais jeune à ce moment là, se fit remarquer Trowa en se souvenant de cette soirée. Maintenant Quatre n'était plus timide, ni renfermé et il fallait presque le contenir tellement il était machiavélique et calculateur… Trowa ne s'était pas étonné du fait que Duo et Quatre s'entendaient à merveille. Malgré les apparences, ils étaient pareils…
-Alors tu l'as rencontré pendant un salon… Songea Duo. J'avais imaginé un truc plus romantique…
-Je t'avais dit que ce n'étais pas intéressant…
Un silence suivit cette déclaration et Trowa en profita pour continuer à s'entraîner. Duo laissa vagabonder ses pensées au son de la musique et Trowa pouvait voir marqué sur son visage la chose à laquelle il pensait : Heero. Mais il ne pouvait jouer que de la musique pour apaiser son cœur, il n'était pas comme Quatre, il ne savait pas réconforter les gens…
-Hm Trowa… Je ne fais que me reposer sur les autres, n'est ce pas ? Demanda Duo quand la musique s'arrêta.
-C'est bien que tu le remarques, répondit simplement le grand brun en rangeant son instrument.
-Mais qu'est ce que je peux faire par moi-même ? Soupira Duo. Je n'ai ni le pouvoir, ni l'influence, ni l'argent…
-Tu as deux jambes non ? Alors marche comme un homme ! Répliqua Trowa.
Duo sourit tristement et tourna la tête vers la fenêtre.
-Alors comme ça… Je suis juste un gamin ?
-Mmh…
-… Ca doit changer ! S'exclama brutalement Duo en se levant. Tu as raison ! J'ai deux jambes et je tiens debout ! Si je tiens absolument à partir d'ici, je n'ai qu'à m'enfuir ! Et si je meurs d'envie de revoir Heero, je n'ais qu'à aller à cette fête ! Je n'ais pas besoin d'invitation pour ça ! Ni de permission du Roi ! J'ai toujours été libre ! Mon cœur et ma foi n'appartiennent qu'à moi ! Rien ne m'empêche de faire ce dont j'ai envie ! Je l'avais presque oublié à cause de ce château qui ressemble plus à une prison qu'à un tas de pierres entassé !!! J'ai pris ma décision ! Je VAIS à la fête des Vendanges !!!
Quelqu'un applaudit dans un coin de la salle et Duo tourna la tête vers les portes qui s'étaient ouverte sans bruit.
-Quel beau discours ! Mais tu vas quand même avoir besoin de nous !
Quatre, le marquis Wufei Chang, la marquise Sally Po et Catherine étaient là et Duo eut presque envie de pleurer à voir tous ces visages souriants et bienveillants lui être adressés.
-Comment ça ? Demanda Duo à Quatre qui avait parlé.
-J'ai un plan !
A suivre…
Le mot de l'auteur qui sert à rien : Fini le Duo tout mou ! Voici le Duo plein d'énergie ! Et le prochain chapitre… C'est le grand retour de Heeeerooooooooo (Heero : Merde… Et moi qui espérait que Duo se prendrait tout le sadisme de Mimiko quelques chapitres de plus…).
