Aude77

Merci beaucoup pour ton soutien indéfectible et la pub que tu fais pour ma fic lorsque tu poste la tienne. Tu es, sans conteste, ma plus grande fan, et ce depuis le début. Pour cela, je te remercie infiniment.

Aulandra17

Merci pour tes reviews. C'est un réel plaisir pour moi que de partager mes écrits avec vous. C'est super si tu aimes les explications de Carlisle, il y en a d'autres de prévue.

A tous ceux qui lisent sans laisser de reviews

Merci de me lire. J'aimerai beaucoup avoir vos avis. Alors, n'hésitez pas.

Je sais, j'avais dit que je posterai toutes les 48h environ. Mais, cette partie est une de mes préférées. Alors, je n'ai pu attendre avant de vous la soumettre.

A vos reviews !

Chapitre 7, 1ère partie

Quelques jours s'écoulèrent. Chacun commençait à prendre ses habitudes. Je partageais mon temps entre la bibliothèque (où je dévorais littéralement la collection d'ouvrages de Carlisle, sous son regard bienveillant) et la télévision. Je n'avais pas eu l'occasion de la regarder depuis que j'étais vampire, et je rattrapais le temps perdu. En apprenant cela, Emmett avait éclaté de rire. Il semblait que Rosalie avait décidé de me prendre sous son aile. Nous passions du temps ensemble. Elle m'apprit comment coordonner les vêtements, choisir les colliers et les chaussures. Cela me semblait irréel. Comme une parenthèse de bien-être dans ma vie. Une parenthèse que j'avais de moins en moins envie de voir se refermer.

Je ne voyais que rarement Thomas et Carole. Ils retrouvaient des connaissances, échangeaient des histoires, des avis. Je me rendis compte, en les observant, que j'étais un peu comme Jacob. Cette comparaison me fit sourire. Oui, dans un sens, elle était tout à fait juste et appropriée. J'étais pour mes « parents » (le terme ne m'avait jamais semble si inapproprié) comme un petit chien qu'on emmenait partout, qu'on exhibait. Et si je partais, quelqu'un d'autre prendrait ma place, sans difficulté.

Après avoir regardé un match de base-ball à la télévision avec Emmett et Rosalie, je me décidais à profiter de l'offre que m'avait faite cette dernière.

- Rose. Et si on allait faire un petit tour en voiture ? Demandai-je

- Avec plaisir. Répondit-elle, enthousiaste. J'ai cru que tu ne le demanderais jamais.

- Je vous accompagne, les filles ! S'exclama Emmett. Histoire de juger des performances d'une novice !

- C'est ça. Avec toi à bord, je serais tentée d'encastrer la voiture dans un mur, juste histoire de vérifier que tu n'auras pas de bleus ! Rétorquai-je, taquine

- Je ne veux pas de rayures sur mon bébé. Nous interrompit Rosalie

- Et puis, tu ne peux pas venir pour une autre raison… Continuai-je en direction d'Emmett.

Il me lança un regard interrogateur. Tout sourire, je poursuivis

- On risque la surcharge. Je ne voudrai pas que les amortisseurs de Rose nous lâchent…

- Très drôle ! Fit Emmett, en me lançant une bourrade amicale

Nous éclatâmes de rire. Décidément, ces deux-là me plaisaient de plus en plus.

Toujours en rigolant, Rosalie et moi quittâmes le salon et nous dirigeâmes vers le garage. Sa superbe BMW nous y attendait.

- Alors, tu prends le volant de suite, ou tu préfères un peu plus tard ? S'enquit-elle

- Pour être honnête, je préfèrerais que tu commences. Histoire de voir comment elle réagit, la façon dont tu la conduis. En bref, mettre à jour ma base de données.

- Pas de problème. On est parties.

Nous nous installâmes. Rosalie démarra. Waouh !! Le bruit de ce moteur était un régal ! Rien à voir avec les vieilles guimbardes auxquelles j'étais habituée. Et quel confort !! C'était un véritable plaisir de se laisser aller contre les sièges. On était autant à l'aise que dans un fauteuil. En un clin d'œil, nous avions quitté la villa et nous nous trouvions sur la route. Rosalie accéléra. La voiture n'eut même pas un frémissement. Quelle souplesse de conduite !! Je regardai attentivement comment Rosalie conduisait. J'enregistrais tout : le passement de vitesse, la pression sur les pédales, les mouvements des mains sur le volant. Je jetais un regard à la belle conductrice. Cheveux au vent, elle me souriait. Je lui rendis son sourire. Après je ne sais combien de kilomètres, elle s'arrêta.

- A ton tour. Me lança-t-elle, d'une voix enjouée

- J'espère que tu es bien assurée. Déclarai-je, avec un sourire espiègle sur les lèvres.

Nous échangeâmes nos places. Tous les gestes de Rosalie en mémoire, j'accélérai. Mon sourire s'élargit. Le plaisir était intense. Je pressai plus fort l'accélérateur et la voiture répondit aussitôt à cette sollicitation. La vitesse me grisait.

- Tu devrai faire demi-tour, ou ralentir. M'informa ma passagère. On va arriver près d'une ville.

En élève obéissante, j'effectuai un demi-tour en dérapage, digne d'un cascadeur. Nos rires ponctuèrent cette manœuvre.

- Tu t'habitues vite. Me complimenta Rose.

- Je ne suis pas maladroite, en effet. Confirmai-je

J'accélérai encore. Le plaisir de la conduite s'accentua. Je n'avais jamais éprouvé ça au volant d'une voiture. C'était presque comparable au plaisir d'un bon repas. A cette pensée, je me rendis compte que cela faisait un moment que je ne m'étais pas alimentée. Il allait falloir que je remédie à cette situation. J'irai chasser ce soir. Je demanderai sûrement sa voiture à Rosalie. J'étais certaine qu'elle n'y verrait pas d'inconvénients. La sonnerie de son téléphone portable me tira de ma rêverie.

- Salut Carlisle…En voiture avec Rachel… Nous sommes sur le chemin du retour… Oui, pas de problème, ils pourront prendre ma voiture pour aller chasser… Oui, à tout de suite…

Ainsi, d'autres vampires allaient chasser. Et ils avaient besoin de la voiture de Rosalie. Normal, puisqu'on allait chasser le plus loin possible, pour ne pas causer des problèmes aux Cullen. Tant pis pour moi. Je me retiendrai. Ce ne serait pas la première fois. Sauf que je commençais à avoir réellement faim. Il faudra que j'emprunte une autre voiture, en espérant qu'il y en ait une de libre. Ou la moto que j'avais vue dans le garage. Ou, perspective moins réjouissante, que je me joigne à ceux qui partaient ce soir. Les chasses en groupe ne m'enchantaient guère, mais bon. Quand on n'a pas le choix. Quoique… Et si…Une idée germa dans mon esprit. Après tout, pourquoi pas ? Je stoppais la voiture. Rosalie me regarda, perplexe.

- Il y a un problème, Rachel ?

- Non, aucun. C'est juste que j'aie envie de marcher, un peu. Prétextai-je. Tu n'as qu'à rentrer, on se retrouvera là-bas. J'ai envie de prendre un peu mon temps, avant de rentrer. Ne m'attends pas pour tout de suite.

- Comme tu veux.

Elle me regardai comme si elle avait deviné quelque chose. Heureusement que je n'étais pas avec Edward ! J'appréhendais un peu ce que je m'apprêtais à faire. Je descendis de la voiture, et Rosalie se mit au volant. Elle démarra comme un pilote de Formule 1 et je ne vis bientôt plus sa voiture. Parfait. Je pénétrais dans la forêt.

Pourquoi ne pas essayer ? Je fermais les yeux et me détendis. Je me concentrais sur les odeurs. Je respirai le parfum de la forêt, ce mélange de verdure et d'humidité. Une odeur plaisante, mais pas celle que je cherchais. Je sentis des animaux, tous proches, mais beaucoup trop petits. Je devais trouver une proie un peu plus consistante que des écureuils. Puis, je perçus enfin ce que je cherchais. Un troupeau de cerfs. L'odeur n'était pas très appétissante. Carlisle m'avait prévenue. Le goût ne serait pas terrible, c'était des herbivores. Mais bon, je m'en contenterai. Aussitôt, je laissais mes sens me guider vers mon repas. Je parcourus très vite la distance m'en séparant. Ce n'était pas tout près, mais tant mieux. Au moins, je n'aurai pas de témoins en cas d'échec. Mon instinct me guida jusqu'à mes proie, infaillible. Je n'avais guère prêté attention au trajet. Rien ne m'aurait fait dévier. J'étais un vampire qui avait faim, et je sentais ma proie. Tout mon être était tendu vers ce seul et unique but : me nourrir.

L'odeur se fit de plus en plus forte. Je ralentis. Je ne devais pas les effrayer, ou j'en serai quitte pour un peu d'efforts. Et puis, je voulais prendre mon temps. C'était la première fois que je chassais ce gibier. Je les aperçus. Six cerfs. Je les regardais un instant, juste le temps nécessaire pour étudier leurs mouvements. Je repérai ma future proie. Un gros animal. Je m'accroupis, en position d'attaque. Je me concentrais sur mon objectif. A la pensée du sang frais dans ma bouche, mon venin afflua. Je le ravalai. Je laissai mon odorat s'emplir de cette odeur de nourriture fraîche. Je sentis la faim monter en moi. Quelle sensation délicieuse !! Et bientôt, très bientôt, mes dents allaient pénétrer de la chair, le sang jaillirait en flots réguliers. J'en salivais d'avance. Je passais ma langue sur mes lèvres. Puis, je ne pus me retenir, je m'élançai. En deux sauts, je me retrouvais à côté de ma proie. Elle tenta de s'échapper. Du coin de l'œil, je vis la panique faire son apparition dans le troupeau. Déjà, mes bras glacés avaient saisi le cerf par le cou et mes dents trouvèrent sans mal sa jugulaire. Le sang jaillit, inondant ma bouche. J'avais trop faim pour m'attarder sur le goût fade de mon repas. Je vidais l'animal rapidement. Je sentis mes forces revenir.

Carlisle avait raison ! Ce n'était qu'une histoire de goût !! Rien d'autre ! Cette révélation me choqua. Les Cullen n'étaient pas excentriques, ils avaient raison !! Bien qu'étant des tueurs, nous pouvions nous nourrir différemment. Nous pouvions épargner les humains ! Et vivre la conscience tranquille ! Je sentais le sang frais redonner toute sa force à mon corps. Mes capacités étaient à leur maximum. Comme après un repas traditionnel !! Il n'y avait que le goût qui différait. Souriant, je m'élançais à la poursuite du reste du troupeau, bien décidée à terminer mon repas ainsi.

J'en étais à mon deuxième cerf, quand je les sentis. Je me relevais, prête à repartir en chasse. Mais, je me rendis compte de ce que j'étais sur le point de faire. Cette délicieuse odeur que le vent m'apportait …ce parfum si doux qui affolait mes sens… cette fragrance qui m'ouvrait l'appétit… une seule proie pouvait avoir cet effet-là sur moi…des humains… C'était bien ma veine ! Je décidais d'essayer le régime des Cullen et il fallait que des promeneurs viennent me déranger. Ils étaient encore loin. Mais, excitée comme je l'étais par ma chasse, ils étaient déjà si tentants, … mes lèvres sur leur cou…leur douce chaleur entre mes bras glacés… leur sang dans mes veines… le doux bruit de leur cœur qui s'accélèrerait avant de s'éteindre définitivement… Avec un gémissement, je m'arrachais à ces pensées. Je me souvenais de l'avertissement de Jacob.

Je n'avais pas le droit de tuer des humains, ici. Sinon, les conséquences pourraient s'avérer terribles. Pour moi, s'entend. Je devais m'éloigner. Mais, je me rendis compte que tout mon corps était tendu en direction de cette odeur si affriolante. Avec effroi, je réalisai que je risquai de m'élancer vers eux. Je ne devais pas ! Je ne pouvais pas faire ça ! Si je bougeais, je risquais d'être incapable de me retenir de m'élancer vers eux ! Et là, rien ne m'arrêterait ! L'angoisse commença à me gagner. Que faire ? Je les sentais qui approchaient ! Dans une quinzaine de minutes, il serait trop tard ! Ils avaient réveillé ma faim, je ne pourrai sûrement pas résister à leur présence. Qu'est-ce qui m'avait pris ? Comment avais-je pu être aussi stupide ? Jamais je n'aurai dû tenter cela seule. J'aurai dû demander à quelqu'un de m'accompagner, faire part de mon projet à une personne compréhensive. Style Carlisle, bien sûr ! Je continuai de me morigéner. Cette fois, ma désinvolture allait vraiment m'attirer des problèmes !! Et de taille !

Mais, je devais tenir bon, je ne pouvais pas faire ça à Carlisle et à sa famille. Sa famille… un espoir germa dans mon esprit. Edward !! Voilà la solution !! J'aurai dû y penser de suite !! A condition que je ne me sois pas trop éloignée. Lui seul pouvait m'aider à sortir du guêpier dans lequel je m'étais fourrée avec tellement d'insouciance. Je me concentrais sur lui et pensais, le plus fort que j'en étais capable.

Edward !! C'est Rachel ! J'ai besoin d'aide ! Ramène tes fesses de vampire ici, et en quatrième vitesse !! Euh… s'il te plaît ?

Je m'accroupi sur le sol. Je me sentais ridicule. Avec un peu de chance, je venais de lui hurler dans la tête. J'espérais qu'il m'avait entendue. Et, surtout, qu'il arriverait à temps. Pour plus de sécurité, je renouvelais mon appel, encore et encore. Il fallait absolument qu'il m'entende. Je ne pouvais pas courir le risque de bouger ! Et dire que pendant ce temps-là, les promeneurs, inconscients du danger qu'ils couraient, continuaient leur progression dans ma direction.

Le petit espion se repose ? Ce n'est pas le moment de prendre des vacances sabbatiques ! J'ai vraiment besoin de ton aide, Edward !! Je t'en prie !! Je risque de faire une énorme bêtise !

Mais qu'est-ce qu'il fichait ? Il avait sûrement d'autres choses à faire que de voler au secours d'un vampire inconséquent… Mais là, il n'y avait pas que moi qui était concernée. Des vies humaines étaient en jeu !! J'avais eu suffisamment de temps pour réfléchir aux paroles de Carlisle et les trouver justes. En tout cas, assez justes pour me donner envie d'essayer. On ne pouvait pas dire que ce soit une réussite !!

Je commençais à paniquer. Ils se rapprochaient toujours ! Et comme un fait exprès, le vent m'apportait leur odeur si tentante ! Mon Dieu, faites qu'ils changent de direction ! Ne me laissez pas faire ça !! N'eut été mon état de panique, j'aurai ri. Un monstre qui suppliait Dieu ! Des paroles d'une chanson me revinrent à l'esprit : « ce n'est que quand je suis dans la m… que je prie Dieu. Il le sait, alors il me laisse dedans ».

La panique grimpa encore d'un cran quand je me rendis compte que l'issue de cette situation était inéluctable. Les humains arriveraient, je boirais leur sang et… je me refusais de penser à la suite. Je me sentais lamentable. Je m'assis, replia mes genoux, mis mes bras dessus et y enfoui ma tête. J'étais un monstre. Si des larmes avaient pu s'échapper de mes yeux, elles inonderaient mon visage. Je sentais mon pouvoir s'échapper et ne tentai même pas de le museler. J'étais trop abattue pour essayer. Des branches commencèrent à s'élever dans les airs. Non !! Je devais me maîtriser, reprendre le contrôle. Il fallait me battre, ne pas céder face à l'adversité ! Je devais au moins réussir cela. Je me concentrai et sentis la colère monter en moi. Il fallait vraiment que tout arrive en même temps !! Que je me trahisse entièrement !!! Je ne voulais pas perdre cette bataille-là également !! La fureur aidant, je réussis à juguler mon pouvoir. Bien. J'étais encore capable au moins d'une chose. Mon soulagement fut de bien courte durée. Une rafale de vent m'apporta encore les odeurs si délicieuses de ces promeneurs… L'odeur… Ce que j'étais stupide !!! Pourquoi est-ce que je respirai encore ? Aussitôt, je bloquai ma respiration. Mais je me rendis compte que j'avais agi trop tard. L'odeur était dans ma mémoire, je pouvais presque en sentir le goût dans ma bouche. Une autre erreur à ajouter au tableau. Il était déjà bien chargé !

Edward !!! Si tu tardes encore, il sera trop tard !! Accélère le mouvement, mets le starter, je ne sais pas, moi !! Ou envoie Jacob, si tu ne peux pas venir… s'il est encore temps…

Le désespoir m'envahit. Personne ne viendrait à mon aide. Je n'étais qu'un vampire isolé, seul. Je n'appartenais pas à une famille aussi soudée que les Cullen. Je me pris à le regretter. Pour aider l'un des leurs, ils se pliaient en quatre ! Et moi, je ne pouvais compter que sur moi-même. Cette pensée m'arracha un gémissement de désespoir. Je me sentais tomber dans un puit sans fond. J'étais seule, irrévocablement seule. Je ne comptais pour personne, et ma disparition n'affligerait quiconque. Et j'avais l'éternité à vivre ainsi. Une éternité d'isolement. Privée de la présence réconfortante de ceux qu'on aime. J'avais supporté de savoir que tous ceux que j'avais connus avaient vieilli et étaient sûrement morts, à présent et que plus rien ne subsistait de mon époque. Rien que moi et ma mémoire d'humaine défaillante. Quelques souvenirs vivaces persistaient dans mon esprit, scellés par ma mémoire vampirique. A part cela, j'avais tout perdu. Pourtant, je n'avais pas l'impression d'avoir déjà ressenti un tel sentiment d'abandon que présentement. Un autre gémissement m'échappa. La vérité était déprimante, absolument désespérante. Je n'avais que ma solitude pour me soutenir. Rien d'autre. Personne à qui me raccrocher. Personne à qui je manquerai, personne ne s'inquiétait pour moi. J'étais immortelle, et seule pour la fin de mes jours. Vivre une éternité dans la solitude la plus totale…