Titre : L'aube

Raiting : PG-13

Auteur : Potions et Botanique

Fandom : Harry Potter

Pairing : Draco/Neville


Mérope Black, épouse Gaunt (1394-1417) : Dernière des sept filles de Glaucos Black. Son décès si jeune pour une sorcière a longtemps été attribué à des complications suite à une nouvelle fausse couche, après cinq autres. Les études récentes tendraient à prouver que les six enfants dont elle a été enceinte étaient des Cracmols que son époux a assassiné, avant de faire de même avec elle à cause de cela.


Draco a... Cela fait longtemps qu'il n'a pas eu les nerfs aussi sensibles.

Il bondit littéralement à chaque bruit. Pourtant, c'est important pour lui. Il veut que ce soir soit parfait. Que Neville s'en souvienne comme d'un souvenir merveilleux. Il veut que leur premier anniversaire soit parfait.

Il a passé un accord les elfes -il est bien plus en odeur de sainteté que l'année d'avant- pour recréer la première nuit qu'ils ont passé ensemble, celle à moitié sur le palier de la Tour, à moitié à l'intérieur de la salle commune. Du jus de citrouille, de la tourte à la viande et de la tourte aux pommes. Rien d'exceptionnel… Juste leur passé commun.

Il lui a fait promettre de le rejoindre à 19h dans leur salle commune, alors que tous seront en bas en train de souper. Alors, il l'attend là, pour le faire rentrer dans leur chambre où il a tout arrangé -abandonnant ses révisions pour l'après-midi pour s'assurer que sa surprise sera parfaite- et disposé des bougies un peu de partout.

Il n'espère qu'une chose : que ce sera à la hauteur des attentes de Neville.

Le paquet pour Draco est caché dans la malle de Neville, entre deux gros pulls. Le jeune Gryffindor a changé quatre fois d'idées sur le présent idéal, a paniqué, et forcé Hermione à donner son avis, ses conseils, et finalement à lui tapoter la main d'un air exaspéré.

Il n'a pas voulu déranger Draco trop tôt, alors il a cassé les pieds à Zacharias pour pouvoir utiliser les salles de bains Poufsouffle et se débarrasse de sa journée d'une bonne douche. Vêtu de son uniforme le plus neuf, rasé de près, il passe la porte à l'heure promise.

Son amant de son côté a sorti un costume, gris anthracite. Il n'a jamais réellement réintégré l'uniforme et McGonagall a accepté cela. Ce n'est pas tant pour se singulariser, que… Ne pas porter les couleurs de sa maison est une façon de ne pas exacerber les rancœurs. La majorité du temps, ses costumes sont noirs.

Il tend la main à Neville dès que celui-ci passe le pas de la porte.

- Tu es très beau, murmure-t-il avant de l'embrasser.

Il passe doucement sa main contre la joue de son petit-ami, avant de continuer.

- Ferme les yeux et laisse-moi te guider, Nev, murmure-t-il avant de le guider jusqu'à leur chambre, de fermer la porte derrière lui. C'est bon maintenant. Tu peux ouvrir les yeux.

La vision de la chambre dans la lueur des chandelles fait tressauter le petit coeur guimauve dans la poitrine de Neville. A chaque geste aussi tendre et romantique de Draco, c'est un éternel renouvellement de joie et d'émerveillement, une surprise heureuse qui jamais ne s'estompe. Il saisit Draco par la nuque et l'embrasse, un peu brouillon vu le sourire qui refuse de s'estomper.

- Aurions nous pu voir aussi loin, il y a un an ? Murmure-t-il ensuite. Aurions-nous espéré être ainsi, heureux, vivants ? Merlin, un an...

Les mains de Draco se crispent dans le dos de Neville, sous ce baiser qui n'a rien de chaste et son soupir vaut toutes les réponses au monde.

- Chaque nouveau jour semblait inespéré. Et là… Ça fait un an. Merlin… Si tu savais combien j'ai eu peur que tu te rendes compte que je n'en valais pas le coup…

Draco embrasse à nouveau son petit-ami.

- Tu n'imagines même pas combien j'en ai eu peur, Nev. Et je veux en célébrer encore et encore. Que chaque année ne soit pas prise pour acquise, mais comme un cadeau.

Il penche un peu la tête, avant d'ajouter, tout doucement.

- Cadeau de tes Dieux.

Et seul Neville peut comprendre que parler de « tes Dieux » n'est pas péjoratif, que ce n'est pas que Draco les rejette. Il ne croit pas en eux, mais il croit en Neville. Ce qui équivaut plus ou moins à la même chose quelque part.

- J'ai eu peur que tu te lasses, que tu me trouves ennuyeux dans la paix, que tu ne sois pas intéressé par moi, mais seulement prêt à tout pour m'empêcher de me tuer bêtement et qu'ensuite… Et ce premier soir, je t'en ai tellement voulu, au début. J'avais les nerfs à fleur de peau, tu as été l'étincelle.

Et sans les réflexes de Draco, à l'époque, ils auraient chuté dans la cage d'escalier. Ils sont entrés un peu plus loin dans la chambre et Neville sourit, encore, en voyant les choix en matière de nourriture.

- Comme la dernière fois... Un toast ?

Quand ils lèvent leur jus de citrouille face à l'autre, il propose.

- A cette année, et à celles à venir...

Draco lui sourit, avant de trinquer.

- Notre première nuit ensemble, ajoute-t-il taquin, avant d'ajouter. A celles à venir que j'espère plus nombreuses que nous serons capable de compter.

Avant d'attirer l'autre contre lui, et de répondre finalement.

- Je ne risque pas de me lasser. Pas avec toi. Je t'aime et… Tu n'as rien d'ennuyeux et… Nev, Merlin, comment peux-tu imaginer que j'aurais pu être à toi, avec toi, juste pour t'empêcher de te tuer ? Comment as-tu pu imaginer que je ne pouvais pas être attiré par toi ?

Et d'embrasser Neville, avec toute la passion, tout l'amour qu'il ressent pour lui. C'est comme s'ils se consumaient tous les deux mutuellement, s'embrasaient, comme un bûcher gigantesque de désir, immense, trop gigantesque pour être contenu. Parfois, Neville se dit que leur amour a quelque chose de gargantuesque, d'hors-norme, loin de l'amourette qu'on est censé vivre à cet âge-là... Mais la guerre les a fait mûrir si vite et quand ils se jurent toujours, Neville sait que c'est un serment qui sera tenu.

Alors il se laisse emporter, par le baiser, par Draco, par le bonheur de leur anniversaire, et quand son amant rompt le baiser, il a les pupilles dilatées, les joues roses et un grand sourire…

Draco pose son front contre le sien, se mordant la lèvre, le souffle court.

- Si tu as envie, on peut faire l'amour maintenant… Ou on peut souper et…

Un baiser, doucement, sur les lèvres de Neville.

- Je t'offrirai ton cadeau et on reprendra après si tu en as envie. Qu'est-ce qui te fait le plus envie, Nev ?

La proximité l'empêche de reprendre son souffle correctement.

- Je n'aurais jamais imaginé que cela deviendrait aussi intense entre nous. Merlin… Avant toi, personne n'avait jamais été… Dans toutes mes pensées, toute mon âme, tout… Moi.

Il ne sait pas trouver les mots pour dire tout ce qu'il représente.

C'est tentant, vraiment et, pendant un instant, Neville pense entraîner Draco vers le lit le plus proche, mais il se gendarme. Son adorable et adoré petit ami a pris la peine d'organiser tout ça. Cela vaut la peine d'être savouré, d'en profiter. Ils auront encore des tas d'anniversaires, Neville en est sûr, mais un seul qui sera le tout premier...

- Dînons d'abord, si tu veux bien ? Nous avons toute la nuit devant nous pour faire l'amour... Et puis j'ai quelque chose pour toi aussi.

Avec un peu de trépidation quand même -a-t-il bien choisi ? Est ce que ça va plaire à Draco ?- il sort le présent de sa cachette dans la malle…

Le sourire du blond est très doux, quand Neville lui dit qu'il a quelque chose pour lui. Pas qu'il pensait qu'il ait oublié, mais, cela n'empêche pas que l'attention lui fait plaisir.

- J'ai quelque chose, mais… J'ai un peu peur de l'abîmer. Alors, si tu veux bien…

Il montre la boite posée sur sa table de nuit.

Il regarde avidement Neville, espérant que son cadeau lui plaira. Il est loin d'être un génie en botanique, mais il a cherché un plan rare qui pourrait lui plaire. Et celui-ci… Ses fleurs sont superbes au goût de Draco. Il espère que Neville sera du même avis. Le blond a l'impression d'avoir à nouveau trois ans et d'attendre la venue du Petit Jésus. Sauf que lui, ce n'était pas une montagne de cadeaux qu'il attendait aussi impatiemment, mais le regard heureux de son petit ami.

Si tous ceux que leur couple interpelle ou inquiète pouvaient les voir, tandis qu'ils échangent cadeaux et baisers ! Envolé le Slytherin froid et sur la réserve, parfois hautain. Envolé le Gryffindor inamovible, qui pouvait se montrer cruel envers ceux qui se sentaient gagnés par la peur. Ne restent que deux amants, tout sourire, qui redécouvrent ensemble ce qui ne peut pas s'enseigner, juste se découvrir : le bonheur d'être deux.

La plante offerte par Draco emporte d'ailleurs l'adhésion, Neville se lance dans une tirade complètement ravie sur le sujet, dont il se rend compte tout d'un coup que son amant doit comprendre un mot sur deux, et il décide donc de faire comprendre son enthousiasme de matière plus simple : par un long, long baiser...

Malgré le baiser, rien n'empêche Draco de rire. Ce rire heureux face à l'enthousiasme de Neville. Il n'a absolument rien compris à tout ce qu'il a dit, hormis qu'il était heureux. Et c'est tout ce qui compte à cet instant.

Il attire Neville sur ses genoux pendant le baiser, soupirant de bien être. Caressant sa joue, il murmure :

- Je suis heureux que ça te plaise.

Puis, il ouvre finalement le paquet que lui a donné Neville pour y découvrir un ancien nécessaire à potions japonais.

- Oh, Merlin, Neville !

Et l'embrasser de rechef, caressant encore et toujours sa joue. Parce que son cadeau est juste parfait. Il n'aurait pas pu choisir mieux.

- Tu es si merveilleux, si parfait pour moi, Nev… Murmure-t-il déposant mille et un petits baisers sur ses lèvres.

Cela donne l'occasion d'une de ces discussions ("non, toi tu es parfait. Non, c'est toi. Tu l'es plus.") qui horrifieraient Augusta et Lucius pour cause de guimauve. Ils s'embrassent, se sourient, se couvrent de compliments comme deux amants sûrs de leur amour victorieux, et finissent par basculer dans le canapé. Les sorts maintiendront le dîner au chaud, finalement, et ils sont jeunes : découvrir, pour la première fois, les possibilités offertes par un canapé quand on a la souplesse et la force des dix huit ans n'empêchera pas nos tourtereaux de rejoindre leur lit plus tard... Pour l'instant, murmurer à l'oreille de Draco qu'il est superbe à la lumière du feu, qu'il est aimé et adoré, et bien c'est le plus important !

Draco tend le cou pour embrasser doucement Neville.

- Merlin… Y'a-t-il quelque chose que tu ne pourrais pas me faire faire ?

Il caresse doucement la joue de son amant. Il y a dans ses yeux une douceur, une tendresse qui est loin d'être anodine, et ses mains descendent dans le dos de Neville, appréciant la douceur de sa peau nue sous ses doigts.

- Tu me laisses te nourrir ? Demande-t-il. J'ai pas du tout envie de te laisser t'éloigner.

L'aveu est d'une telle évidence, d'une telle simplicité. Mais d'une telle inconvenance dans le monde de Lucius et aussi certainement d'Augusta.

- Bien sûr, trésor.

Pour la première fois, le terme lui échappe, totalement naturel, tandis qu'il laisse Draco les installer sous un plaid dans une position un peu plus pratique pour dîner, quoique toujours emmêlée. le blond sourit au surnom de Neville. Un surnom tendre qui dit tant sur lui. Un surnom qui trahit la tendresse mutuelle entre les deux jeunes hommes. Un surnom qui trahit aussi combien ils sont essentiels l'un à l'autre, combien leurs vies s'entremêlent déjà. Caressant la main de son petit ami, il lui propose un morceau de tourte à la viande du bout des doigts.

Pendant qu'ils ont fait l'amour, les autres ont dû revenir car de l'autre côté de la porte, on entend un léger brouhaha dû aux étudiants.

- J'ai lancé un sort sur la porte. Ils vont tous nous oublier jusqu'à demain matin, promet le blond.

Draco frotte doucement sa joue contre l'épaule nue de son amant, avant d'y déposer un baiser, quand un geste de tendresse et d'amour mêlés.

Les autres ? Quels autres ? Neville aurait dû mal à se souvenir qu'il existe d'autres personnes qu'eux deux. Il faudrait au moins que le château brûle pour les convaincre de bouger. Il laisse Draco le nourrir, profitant de chaque occasion possible pour voler un baiser, se lover contre lui, caresser la taille nu et souple de son amant du bout des doigts... Et rendre ensuite la pareille, nourrissant sa moitié, embrassant une tempe blonde.

L'ambiance est bien différente de l'année précédente avec un Neville catatonique et un Draco inquiet !

Draco préfère mille fois l'ambiance de cette année à celle de l'année précédente. Même s'il ne la renierait jamais. C'était grâce à elle qu'ils étaient ensemble. Elle aurait pu très mal tourner mais au final, elle avait été une bénédiction pour eux deux.

Il aime l'intimité qu'il y a entre eux deux. Il n'a jamais connu cela avec quelqu'un d'autre, mais il ne le veut pas. Il est bien, qu'importe ce qu'ils font, qu'importe ce qu'il devrait faire selon la morale paternelle.

- Je sais qu'il est trop tôt pour le dire, commença Draco alors qu'il venait de donner à Neville la dernière bouchée de tourte aux pommes, mais... quand ils comprendront combien tu es heureux, combien tu m'es précieux comme compagnon, ce jour là, nous serons une évidence pour eux.

Avec un dernier baiser pour Neville, Draco lance un sort sur ses mains pour les nettoyer.

- L'an dernier, tu as fait quelque chose pour moi, ça a été une révélation. Une révélation sexuelle pour être honnête. Mon premier véritable émoi sur ce sujet. Est ce que tu as une idée de ce que c'était, Nev ?

Le sourire du blond laisse deviner combien le souvenir lui est cher. Neville a beau chercher, il reste incapable de trouver... Est-ce que Draco pense à quelque chose qui serait arrivé ce soir là ? Parce que même leur premier baiser date du lendemain.

- Je donne ma langue au Nifleur…, finit-il par avouer.

Néanmoins, parce qu'il est d'humeur joueuse, il ne peut s'empêcher de mordiller légèrement l'épaule de Draco en proposant…

- Mais tu pourrais toujours me dire si je chauffe ? Ronronne-t-il, alors qu'il remonte jusqu'à la bouche de son amant avant d'ajouter. Ou le mimer ?

Draco sourit devant son humeur joyeuse.

- Le mimer ? Oh, cela semble si... leste dans votre bouche, Monsieur Longbottom. Seriez vous d'humeur leste ?

Il commence à masser les épaules de Neville.

- Tu m'avais touché. Tu ne t'en souviens pas ? Demande Draco. Toucheriez-vous n'importe qui ainsi, monsieur Longbottom ?

Les mains de Draco se font plus douces, plus sensuelles sur les épaules de Neville.

- D'humeur leste ? Possible. Il faut dire que votre personne ainsi vêtue, juste de la lumière du feu, inspirerait des pensées lestes et des envies tendres à de plus tristes sires que votre amant, monsieur Malfoy...

Il embrasse les mains de son petit ami.

- Et pourquoi toucherais-je quelqu'un d'autre ? Quand je peux te toucher toi, ta peau pâle et douce, tes épaules, toute ta personne, comme on adore une idole.

- Merlin, dois-je t'avouer que ce premier émoi, c'était toi, me massant les pieds ? Chuchote-t-il Jamais personne ne m'avait touché. Encore moins ainsi, Nev...

Il enlace un peu plus Draco, couvrant sa gorge de baisers avec le dévouement qu'on a au pied d'un autel. La respiration de Draco est plus lourde. Il est difficile de ne pas se laisser porter par les douces caresses de son amant. Les mains de Draco se crispent sur la peau de Neville, soupirant, gémissant, suppliant qu'il le touche.

- Tant pis pour les autres. Ils ont raté leur occasion et n'en auront pas d'autre : je ne partage pas !

Il incite Draco, d'une main sur le torse, à s'allonger entièrement sur le canapé et envoie valser le plaid, cherchant à tâtons sa baguette pour lancer un sort à la cheminée et s'assurer que la température de la pièce reste suffisante.

Descendant le long du corps de son amant, l'occasion de déposer des baisers le long des membres élégants, il en arrive aux pieds en question, qu'il effleure doucement du bout des doigts, avant de déposer un premier baiser sur le coup de pied...

Le souffle de Draco est court, alors que Neville descend le long de son corps, parsemant celui ci de baisers.

- Nev, Nev, murmure-t-il comme un mantra.

Il se sait complètement exposé aux regards de son amant et la sensation est grisante, lui qui a toujours caché son corps à cause d'une trop grande pudeur, qui n'a jamais laissé quiconque voir plus que son visage et ses mains. Il est à Neville et cela lui plaît, mais quand celui-ci lui baise le pied... C'est au delà des mots. Il n'est plus l'adolescent qui veut se garder pour la nuit de noce, parce qu'on lui a dit que cela devait être ainsi. Il n'est plus le jeune homme vierge de tout contact charnel. Pourtant, il se cambre, il soupire, comme si c'était une première fois. Comme si Neville ne l'avait jamais emmené au septième ciel autrement.

De l'avis de sa moitié, Draco n'est jamais aussi délicieux qu'ainsi ; abandonné, renversé sur les coussins, à la merci du plaisir donné par Neville avec ce qui semblait une zone banale du corps et se révèle érogène, affolante. Neville presse les pieds de baisers, les caresse d'une main tremblante, murmurant à son amant d'une voix rauque à quel point il est beau, bouleversant, ainsi troublé...

Les halètements de Draco ne laissent aucun doute sur le plaisir que lui procure Neville.

Il est à sa merci et cela rend tout encore plus savoureux. Être l'objet du plaisir de Neville en sachant que jamais il n'abusera de votre confiance décuple le plaisir de Draco, le fait s'abandonner toujours un peu plus.

- Nev, Nev, halete-t-il ses mains se crispant et décrispant sur le tissu du sofa.

Par ce simple geste, Neville semble avoir ouvert un monde de plaisir où le blond ne serait que sa marionnette, quand lui serait le roi de ce pays enchanté...

La voix de Draco, ce ton bouleversé, Neville se sent le roi du monde d'être responsable du plaisir de cette créature féerique, superbe dans son abandon, puissante dans cette soumission : il n'y a rien que Neville ne ferait pour un battement de cil de l'homme renversé sous lui...

Les pieds sont déposés sur les coussins et Neville entreprend de caresser, d'embrasser les jambes fines, jusqu'à se trouver face à la question qu'ils n'ont jamais encore osé, agenouillé tout contre Draco, déposant une série de baisers le long d'une hanche…

- Puis-je ? Demande-t-il avec comme un tressautement dans la voix.

Ils n'ont encore jamais osé cela, mais ce soir il désire tellement offrir tout le plaisir possible à son amant… Les baisers, les caresses de Neville donnent à Draco la sensation que sa peau devient brûlante, électrisée par le simple contact de ses deux lèvres.

- Merlin, Nev, soupire-t-il ses mains se crispant, griffant certainement les épaules de son amant.

Les baisers de Neville le long de sa hanche, le font se cambrer, siffler de plaisir.

- Oui, oui, tout ce que tu veux, supplie presque Draco.

Si vous demandiez à Draco ce qu'il accepte réellement à cet instant, il ne serait pas capable de vous le dire exactement. Tout ce qu'il sait c'est que Neville le plonge dans les tourments du plaisir et qu'il est prêt à tout lui donner. Peu importe ce que Neville veut de lui. Draco se donne tout à lui que ce soit maintenant ou plus tard.

Alors, Neville pose fermement un bras en travers des hanches de Draco, histoire de le maintenir et de ne pas compliquer la chose, et guidant de l'autre main, il entrouvre pour la première fois les lèvres sur son amant… Draco le vit comme un coup au plexus. C'est pas douloureux. Oh, non. Juste… Merlin, il a l'impression de ne plus pouvoir respirer, de… Il y a tant de sensation. Et il ne parle pas juste des lèvres de Neville. Il croise son regard, il y a quelque chose. Il ne saurait dire quoi. De l'amour. De la confiance. Du bonheur.

Ils ont suffisamment fait l'amour pour que Draco arrive à reconnaître les prémices de ses orgasme.

- Nev, Nev, murmure-t-il, supplie-t-il.

Ne lui demandez pas s'il supplie pour que Neville le laisse jouir ou s'il le prévient qu'il va jouir. Draco est incapable de penser rationnellement. Il n'a plus qu'un seul mot en tête, « Nev ».

Gryffindor un jour... Neville reste, bien décidé à aller jusqu'au bout. Vu d'aussi près, c'est plus brusque qu'il ne l'aurait cru et quand il relève enfin la tête, c'est en toussant un peu et en grimaçant. Néanmoins, Merlin, Circée, l'expression de Draco en cet instant vaut tous les petits inconvénients !

Pendant quelques secondes, Draco n'a plus d'air dans ses poumons. C'est… Tel un coup de tonnerre. Et pendant ces instants où il n'a plus d'air dans les poumons, il ne bouge plus, ne pense plus. Neville l'a cassé. Et puis d'un seul coup, l'air entre à nouveau dans ses poumons, il entend à nouveau, il voit à nouveau. Le monde reprend d'un seul coup des couleur et de la vie.

Et il entend Neville tousser.

- Oh, Merlin, Nev, je suis désolé, murmure-t-il, alors qu'il baise son visage. Merlin, Nev…

Neville ne voit pas de raisons d'être désolé et l'affirme en riant à demi.

- Draco, si tu t'étais vu ainsi. Merlin, tu es délicieux, enivrant… Ne t'excuse pas, enfin, te voir comme ça...

Il embrasse une tempe aux cheveux plaqués par le sueur.

- Draco, tu es parfait…, murmure-t-il.

Draco rosit sous les compliments de Neville.

- Merlin… Nev… Et toi ? Tu…

Les mains de Draco tremblent encore de l'orgasme que Neville vient de lui offrir, alors qu'il encadre son visage de ses mains. Ses pouces caressent les joues de son amant.

- Tu… Oh, Merlin…

Draco était difficilement cohérent. Neville lui faisait ressentir tant de chose. C'en était difficile d'exprimer tout ce qu'il lui faisait ressentir.

- Dis-moi comment faire, Nev. Dis-moi ce que tu veux.

Avant de baiser ses lèvres et d'ajouter sur le ton de la confidence, comme seuls les amants savent faire.

- Je suis tout à toi.

- Je... Ta main ? S'il te plaît ? Je doute qu'il faille bien longtemps...

A vrai dire, s'ils n'avaient pas fait l'amour une première fois dans la soirée, il est probable que la vision de Draco ainsi aurait suffi. Neville embrasse son amant, sans réfléchir que se laver les dents avant aurait peut être été poli.

Draco se moque éperdument de ce qui aurait été poli ou non. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il veut embrasser lui aussi son amant et si d'une main sur la nuque, il attire fermement Neville pour continuer à l'embrasser sans aucune concession, de l'autre, il prend en main Neville.

Lentement, il va et vient entre eux, sans jamais cesser d'embrasser son petit ami. Il espère juste que ce sera aussi bon pour Neville que cela l'a été pour lui.

Une pensée absolument incongrue lui arrive à cet instant : une poignée de main se doit d'être ferme pour que son interlocuteur sache qu'il ne rigolait pas, qu'il n'était ni un lâche, ni un pleutre. Lucius lui avait répété cela des centaines de fois enfant et là… La seule pensée qu'il avait était qu'elle devait être ferme, parce que c'était ce qui ferait jouir Neville. Et que cela avait bien plus d'importance que tout le reste.

C'est une sensation tellement intime que d'être là, contre l'homme que l'on aime, à l'embrasser alors qu'il s'apprête à jouir. Neville gémit dans la bouche de Draco, emporté à son tour par le plaisir, rompant le baiser quand le souffle lui manque. Il finit par glisser contre lui, posant la tête sur le torse de Draco, pour le plaisir de sentir le coeur battre sous son oreille...

Plusieurs instants de calme, le temps de savourer la proximité de l'être cher, les frissons qui courent encore le long des nerfs, la main de Draco qui passe le long de son dos… Draco caresse le dos de Neville, lentement, presque paresseusement. L'avoir senti jouir contre lui est… Draco ne saurait pas le décrire. C'est comme si Neville avait joui… avec lui. Comme s'il lui avait transmis une partie de son plaisir à être ainsi.

Le blond embrasse le front de Neville, caressant ses mèches de cheveux de son amant. Les laissant tous les deux savourer leur plaisir, le bien-être d'être l'un contre l'autre, de jouir du plaisir simple d'être contre l'autre.

Et Draco de murmurer, un simple « je t'aime », alors que Neville lui adresse un sourire paresseux auquel il répond.

- Moi aussi, glisse l'autre sorcier dans le même murmure intime, les mots plus esquissés que prononcés.

Allongé tout contre son amant, butinant parfois la peau à portée de baisers mais préférant parfois simplement reposer là, alangui contre le long corps qu'il aime à caresser, Neville se sent en paix avec le monde.

C'est quand il se rend compte qu'il s'endort et qu'un réveil encore poisseux et plein de courbatures ne serait pas l'idéal, qu'il se redresse et lui tend la main.

- Une douche en ma compagnie t'intéresserait elle ?

Draco avait commencé à somnoler, le nez enfoui dans les cheveux bruns pour en respirer l'odeur. Quand Neville s'écarte de lui, il pousse un gémissement de protestation. Il aurait bien gardé contre lui son amant. Avant de comprendre ce qu'il lui dit et d'y répondre :

- Ai-je déjà dit non à ta compagnie ?

Draco attrape la main de Neville l'attirant contre lui pour un dernier baiser, avant de se lever d'un coup de rein et ils disparaissent de la chambre, main dans la main, en direction d'une douche brûlante et partagée.


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A dans deux semaines.