Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi
L'heure du bilan à sonné. Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !
Chapitre 14
Bâtiment de la police, le lendemain matin.
L'heure du bilan avait sonné pour les services de police. Et Kisuke Urahara, au moment de l'exposer aux autres commandants comme à leur supérieur, en était plutôt satisfait.
Pas de morts de leur côtés, quelques blessés assez sévèrement mais aucun pour lequel le pronostic vital n'était encore engagé, et pas mal de petites blessures et commotions en tout genre.
Tous les otages connus avaient été libéré, tout le personnel de Kariya mis en garde à vue jusqu'à ce qu'on puisse définir qui l'avait été librement et qui l'avait été contraint et forcé. Ce qui allait prendre encore quelques jours, de multiples interrogatoires et de minutieuses fouilles dans la vie de ces personnes.
Les hommes de mains du truand, eux, avaient été directement placé en détention, enfin ceux qui en avaient réchappés ou s'étaient rendus.
Quand aux différents lieux où le truand avait exercé son influence, il faudrait encore pas mal de jours à la Brigade Scientifique, déjà à la tâche, pour récolter, analyser et trier les informations qu'ils leur livreraient.
Le commandant en chef précisa qu'il avait personnellement fait incarcérer Barrengan, confondu par ses appels téléphoniques et son train de vie, bien au-dessus de ses moyens, quant à la possible deuxième taupe, l'enquête était toujours en cours.
Bien sûr, la disparition de Jin Kariya à la tête de la pègre de la ville n'allait pas pour autant stopper tous les crimes et délits. On risquait même d'assister dans certaines branches à des guerres de successions pour reprendre le marché des activités illégales. Il était évident qu'il fallait rester vigilant. Mais dans l'ensemble le premier bilan était plutôt positif et chacun put s'en féliciter à un niveau ou un autre.
Le commandant en chef prit ensuite la parole pour aborder un sujet plutôt sensible, le suicide de Maki Ichinose.
- A-t-on trouvé quelque chose de probant à ce sujet ? demanda Byakuya.
- Pour l'instant, une seule chose, révéla leur supérieur, mais qui remet en question nos premières conclusions de l'époque sur sa mort.
Chacun attendit patiemment la suite, n'osant interrompre le commandant en chef dont le visage s'était fait quelque peu soucieux. Ce dernier repassa la parole à Kisuke.
- D'après les éléments que nous avons pu trouver dans le bureau de Jin Kariya, il s'est bel et bien suicidé pour ne pas avoir à répondre à l'odieux chantage dont il faisait l'objet.
- Il n'aurait donc pas trahi la police comme supposé à l'époque ? interrogea Jûshirô.- Non, tous les conversations enregistrées que nous avons pu analyser à ce jour tendent à prouver qu'au contraire, il a agit par loyauté envers nous.
- En ce suicidant ? C'est une plaisanterie ? s'insurgea Sosuke.
- Non. Pas d'après ce que j'ai pu vérifier mais j'aurais besoin de l'aide de l'équipe de la Brigade Financière pour avancer sur ce cas particulier, confirma Kisuke.
- Kaien t'aidera, accorda Jûshirô. Il sera le plus à même de le faire, ayant connu Maki.
- Bien, ce sujet est clos pour l'instant, dit encore le commandant en chef. Commandant Kuchiki, vous ferez monter Toshiro Hitsugaya dans mon bureau, j'ai à lui parler. Je sais que ce sujet lui tient à cœur.
- C'est le moins qu'on puisse dire, répondit Byakuya en se levant pour suivre ses pairs, la réunion étant terminée.
Le commandant en chef se réinstalla à son bureau tranquillement en attendant le jeune lieutenant de la Brigade Spéciale. Ce dernier allait forcément réclamer des comptes, il devait faire en sorte qu'il comprenne leur position extrêmement délicate dans cette affaire. La police ne pouvait revenir tout de go sur ses précédentes déclarations, révélant au grand public qu'elle s'était fait abuser par Jin Kariya. Il allait falloir trouver un compromis satisfaisant pour tout le monde. Mais est-ce que le jeune lieutenant allait bien vouloir accepter ce compromis ?
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Hôpital
Kira déambulait un peu dans les couloirs, un gobelet de café à la main. Le matin était déjà là mais Renji n'était toujours pas réveillé. Sa blessure avait nécessité une longue intervention et les médecins l'avaient averti qu'il n'émergerait très certainement qu'en milieu de matinée. Le jeune policier ne se décidait pas à rentrer bien que le sommeil menaçait de le submerger à tout moment maintenant que la tension était redescendue. Renji allait bien, il s'en sortirait avec sans doute une superbe cicatrice qu'il exhiberait fièrement à l'avenir. Il sourit à cette pensée, un peu rêveur en regardant dehors. Il savait qu'il aurait dû rentrer. Plusieurs fois, il avait vu la jeune Rukia Kuchiki venir prendre de ses nouvelles entres ses autres patients. C'était d'elle qu'il aurait besoin à son réveil et non de lui. Et pourtant, il n'arrivait pas à se décider à partir alors qu'il savait pertinemment que tout était perdu pour lui. Idiot qu'il était au final, il avait succombé… et avait au moins besoin de rester son ami. Alors oui, il allait rester là, vérifier qu'il se réveillait, qu'il allait bien avant de partir discrètement, comme le faisaient les amis. Epuisé, il retourna dans sa chambre et s'installa sur le fauteuil en le regardant dormir. Et finit par sombrer dans le sommeil, la tête posée tout contre la sienne, lui tenant la main.
Le docteur Unohana le trouva ainsi lors de sa tournée d'inspection et donna l'ordre de mettre une couverture sur ses épaules.
La nuit avait été dure pour tout le personnel, mais les choses semblaient rentrées peu à peu dans l'ordre, se satisfait-elle en visitant un dernier patient et pas des moindres puisqu'il s'agissait du commandant Kyôrakû qui avait obtenu une autorisation spéciale pour se rendre à la réunion prévue aux aurores au bâtiment de la police. Après elle aussi irait prendre un peu de repos. Retsu avait aperçu son patient un peu plus tôt alors que son ex-mari le faisait regagner sa chambre. Elle avait confié le jeune Ichigo à son père, une fois l'intervention finie, tout comme Renji Abarai. Quand à l'autre blessé grave, Shûhei Hisagi, c'était le docteur Ishida qui en avait la charge. La plupart des autres policiers, qu'ils n'avaient pas jugés utiles de garder en observation, avaient tous pu regagner leur domicile ou plutôt leur travail vu que ce qu'elle connaissait des forces de l'ordre. Pour les otages libérés, il n'était pas encore temps de songer à une quelconque sortie, les traumatismes étaient profonds, parfois accompagnées de blessures ou traces de tortures diverses. Il leur faudrait beaucoup de temps à tous pour se remettre, si toutefois c'était possible pour chacun d'entre eux, ce qui était loin d'être gagné. La femme soupira et entra dans la chambre du commandant Kyôrakû.
- Retsu, fit Jûshirô en se levant pour la saluer.
- Tu devrais aller te reposer, lui conseilla-t-elle. C'est un gaillard solide, ce n'est pas quelques petites blessures qui vont venir à bout de lui, dit-elle en l'examinant rapidement. Mais un peu de repos s'impose tout de même, n'est-ce pas ?
- Comptez sur moi…
- Combien de temps va-t-il rester ici ?
- Au moins jusqu'à demain ! Et c'est non négociable ! rajouta-t-elle en voyant son patient prêt à protester.
Elle finit son examen avant de les saluer et de sortir.
- Intraitable… commenta Shunsui quand elle eut disparut. Mais elle a raison sur un point, file te reposer, tu tiens à peine debout !
- Je peux…
- Jûshirô…
- Ok, ok ! Je capitule, concéda celui-ci en voyant son air sérieux. Mais je reviens dès que possible ! et pas de discussion !
- Embrasse-moi… et file !
Il croisa en partant Isshin Kurosaki qui partageait son temps entre ses patients, la chambre de ses filles qui finissaient de récupérer et de son aîné, encore revenu en piteux état. Mais cette fois, il l'avait fait pour protéger ses cadettes comme le lui avait expliqué dans la nuit le commandant Kuchiki. Et de ça, il ne pouvait que le remercier. Il s'en sortirait bien entendu, une fois encore. Mais la prochaine fois ?
- Comment va-t-il ?
Il se retourna pour découvrir Ryûken Ishida.
- Et le tien ?
- Quelques égratignures, rien de bien grave, il est reparti à la maison.
- Il s'en sortira, répondit enfin le médecin en regardant le visage de son fils à travers la vitre de la chambre. Pour cette fois…
- Dur métier qu'ils ont choisi… soupira Ryûken.
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Bâtiment de la police, Brigade des Mœurs
A la mi-journée, Inoue revint de l'hôpital où elle était allée voir Ishida qui heureusement n'était pas touché gravement. D'ailleurs, elle l'avait raccompagné jusqu'à sa ligne de bus quand on l'avait autorisé à rentrer chez lui après l'avoir soigné. La jeune femme souriait car enfin, le jeune homme avait osé lui voler un baiser, oh rapide, mais tout de même…
Elle monta à son étage avec le regard un peu rêveur. Elle avait hâte de le revoir, d'ici deux ou trois jours, lui avait-il dit en la quittant. Tout à ses projets, elle ne vit pas de suite la personne qui faisait les cents pas devant la porte de sa brigade et faillit presque le heurter de plein fouet, s'arrêtant juste avant :
- Bonjour, je peux faire quelque chose pour vous ? demanda-t-elle après avoir avisé son badge visiteur.
- Je cherche le commandant Aizen.
- C'est bien ici mais il ne doit pas être là… Vous avez rendez-vous ? demanda-t-elle en le faisant entrer dans les bureaux, qui comme elle s'y attendait à cette heure, étaient vides. Ils sont sûrement partis déjeuner, rajouta-t-elle. Je peux peut-être lui transmettre un message ?
- Je voulais… enfin, je souhaitais juste le remercier, répondit-il à voix basse avant de faire demi-tour. Merci… pour tout.
Inoue le regarda presque s'enfuir après avoir délivré son message. Elle l'avait reconnu et savait parfaitement qui il était. Haussant les épaules, elle prit note et retourna à son travail.
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Hôpital, chambre de Renji
La première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut la chevelure de Kira, toujours endormi près de lui. Puis il sentit la chaleur de sa main dans la sienne. Il sourit et tenta, difficilement de son autre main, de venir caresser les cheveux de son compagnon. Mais la douleur lui fit faire une grimace et abandonner alors qu'il l'avait à peine effleuré. Il se rapprocha alors un peu de lui pour embrasser cette tête enfouie dans le drap blanc.
Geste qui suffit à réveiller son collègue qui la releva et le regarda tendrement un long moment. Il y eut comme un instant de flottement avant qu'il se reprenne et lui demande :
- Comment tu te sens ? Tu m'as fichu une de ces peurs ! Je t'interdis de refaire ce genre de folies ! Tu m'entends ? Et ta jolie petite amie ? Tu y as pensé dis ?
- Ma quoi ? Mais de qui tu parles ? Et je me sens encore pas trop bien, alors arrête donc de me crier dessus et embrasse-moi !
Kira se recula brusquement, la bouche ouverte, incapable de prononcer un mot devant sa demande.
- Ben quoi ? Je suis devenu si repoussant que ça ? interrogea Renji devant son comportement plus qu'étrange à ses yeux.
- Mais… et Rukia ?
- Quoi Rukia ? Qu'est-ce qu'elle a Rukia ?
Kira n'arrivait pas à prononcer les paroles tellement il se sentait perdu, mais Renji le devança, comprenant subitement tout son discours du début.
- Ne me dis pas que tu as cru que Rukia était ma petite amie ? Mais où as-tu été cherché une idée pareille ?
- Mais… tu passes le plus clair de tes soirées avec elle ! Comment voulais-tu que je prenne ça ?
Le malade soupira longuement, comprenant enfin ce qui arrivait à son ami, d'où lui venait cette tête de déterré.
-Approche ! dit-il.
Ce qui fit sans réfléchir Kira :
- C'est toi que j'aime, idiot ! fit-il doucement en l'attirant à lui de son bras valide pour l'embrasser.
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Bâtiment de la police, laboratoire
Nell soupira longuement en finissant ses analyses :
- Fatiguée ? lui demandant Kisuke en souriant et en relevant le nez des siennes.
- Un peu oui, je l'avoue, répondit-elle en s'étirant tel un chat.
C'est vrai qu'avec toutes ces saisies, le boulot n'était pas près de leur manquer.
- Fais donc une pause, ça ne te fera pas de mal, lui suggéra son supérieur. La cafétéria doit encore servir à cette heure…
- C'est pas de refus, approuva la jeune femme qui enleva sa blouse pour quitter temporairement le labo.
Elle prit son temps pour monter à la salle de restauration et de repos. Depuis que l'opération s'était achevée, on leur ramenait sans cesse de nouvelles pièces à analyser, décrypter ou encore reconstituer. Son supérieur prenait ça très simplement, classant les priorités, les rassurant sur le temps que ça prendrait, ils feraient ce qu'ils pouvaient faire le plus rapidement possible mais sans toutefois risquer de bâcler le travail. Voilà ce qu'il leur avait dit, travaillez vite si possible, bien assurément. Elle soupira en s'asseyant dans un coin calme avec un thé et un gâteau :
- On joue les gourmandes ? l'interrogea une voix, la sortant de ses pensées.
- Oh, Grim ! Viens là, fit-elle en lui indiquant le siège en face d'elle. Comment vas-tu ? J'ai appris que tu t'étais bien battu.
- Et comment tu as appris ça ? plaisanta-t-il. Le bâtiment saurait-il déjà au courant de mes exploits ?
- Idiot va ! sourit-elle, attendant sa réponse.
- Je vais bien, rassure-toi ma belle, prêt à t'inviter au resto quand tu veux pour te le prouver !
- Tu as quand même un sacré paquet de pansements ! objecta-t-elle en montrant ses deux bras largement bandés.
- Des broutilles, tu devrais voir l'état de Renji !
- On m'a dit oui, tu as de ses nouvelles ?
- Kira est avec lui… on en saura plus quand il repassera ici.
- Et Ichigo ? demanda-t-elle.
- Là, c'est encore flou… mais le commandant passe le voir ce soir.
Ils discutèrent encore un bon moment des uns et des autres, mais l'heure passait et il devait rejoindre chacun leur poste de travail :
- Dis, ça tient toujours ton invitation ? demanda-t-elle en descendant de l'ascenseur à son étage.
- Bien sûr ! sourit-il.
- Je t'appelle dès que je termine alors, ne te sauve pas !
La porte se referma sur elle et Grimmjow sourit, un peu béatement. Peut-être allait-il enfin pouvoir passer à autre chose ? La jeune femme lui plaisait et visiblement c'était réciproque. A lui de faire en sorte de ne pas gâcher ce timide début de relation.
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Hôpital, chambre d'Ichigo
Le jeune homme se réveilla en fin d'après-midi. Il reconnut aisément le plafond de l'hôpital, se disant que, décidément, il allait finir par y prendre un abonnement. Il avait l'impression de souffrir de partout, bien qu'il ne soit pas forcément plus mal en point que la dernière fois. Ce qui ne se confirma pas vraiment quand il voulut un tant soit peu se redresser. Le mouvement lui arracha un gémissement de douleur.
- Ne bouge pas sans aide idiot ! fit une voix qu'il reconnut.
- Papa ?
Ce dernier se leva du fauteuil dans lequel il veillait en attendant que son fils sorte de sa torpeur :
- Qui d'autre ? fit-il en l'aidant remonter un peu dans son lit. Tu veux boire ?
Ichigo fit oui de la tête et il lui tendit un verre d'eau que le jeune homme avala avec délectation.
- Pas si vite !
- Comment vont les filles ? demanda Ichigo.
- Très bien, elles se reposent dans une chambre voisine. Tu aurais dû m'appeler Ichigo…
- Pour que tu te fasses un sang d'encre ? Et puis, ça s'est passé si vite, j'n'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir.
- C'est bien ce que je te reproche mon fils. Tu n'es pas seul au monde tu sais. Ton commandant…
- C'est la famille, ça ne le regardait pas ! coupa le jeune homme.
Son père haussa les épaules sans répondre, inutile de mettre en colère dans son état. Il pouvait s'avérer très têtu pour un gamin de son âge. Mais bon, un chat ne fait pas des chiens… songea-t-il.
- Pourquoi t'es là ? grogna encore le jeune homme. T'as rien d'autre à faire ?
- Que de veiller sur mes enfants ? Non.
Ichigo ne répondit pas mais soupira longuement. La question suivante de son fils le laissa sans voix :
- Papa, qu'est-ce que tu dirais si je décidais de ne plus être policier ?
Après un long moment il dit seulement :
- Et pourquoi donc ? Tu as toujours voulu faire ça d'aussi loin que je me souvienne !
Ichigo ne répondit pas. Il n'avait rien à répondre en fait, ce n'était pas tant son métier qu'il remettait en question mais ses relations personnelles avec un certain commandant. Et c'est la seule solution qu'il avait trouvé pour y mettre fin. Pas qu'il ne soit pas flatté de l'intérêt que ce dernier lui portait, simplement il ne s'en estimait pas digne.
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Appartement d'Ulquiorra
Un instant Sosuke hésita sur le seuil de l'appartement du jeune homme, un instant seulement. Il savait que s'il pénétrait là ce soir, rien ne serait plus jamais comme avant. En avait-il vraiment envie au point de remettre tout une partie de son mode de vie en question ? Il ne s'était jamais attaché à personne. Il n'avait souvent fait que jouer avec ceux ou celles qui avaient traversé sa vie. Pourquoi lui plutôt qu'un autre ?
Il frappa légèrement sur le battant de bois. Une voix cria de l'intérieur :
- C'est ouvert !
Il appuya sur la poignée et pénétra dans l'appartement. Comme souvent, ce dernier était plongé dans la semi pénombre. Il lui fallut quelques instants pour s'y habituer après la lumière vive du palier :
- Commandant Aizen ? Entrez, je vais vous préparer un thé.
Un bruissement de tissus et quelques pas étouffés par l'épaisse moquette qu'il savait recouvrir le sol de la pièce. Des bruits plus nets dans la cuisine attenante, le carrelage ayant remplacée la moquette. Il fit quelques pas, posa sur un fauteuil sa veste et s'installa sur le canapé. Ses yeux s'étant maintenant habitués à l'obscurité naissante des lieux, il tourna la tête vers son hôte :
- Comment va ta sœur ?
- Aussi bien qu'elle puisse aller vu les circonstances. Mes parents sont arrivés et ont pris le relais, elle sera transférée chez nous dès que possible.
Un long silence seulement troublé par les bruits de la préparation du thé. Ils n'étaient pas des bavards. Ni l'un, ni l'autre.
- Que vas-tu faire maintenant ? La suivre ?
- Non.
- Pourquoi ? s'étonna Sosuke.
- Parce que je ne serais pas le bienvenu… c'est peut-être mieux ainsi. Je vais tenter de reprendre une vie normale.
Ulquiorra revint dans la salle et posa le thé sur la table basse, juste en face du policier avant de demander :
- A moins que vous ne veniez m'arrêter pour trafic de drogue ?
- Tu n'étais pas seul, objecta Sosuke. Si j'arrête l'un, j'arrête l'autre également.
- Ne le faites pas. Il n'a fait que m'aider… je suis le seul responsable… le seul qui doit payer.
Sosuke porta la tasse à sa bouche et goûta la préparation. Très bon thé, plus que cela même, pensa-t-il.
- Excellent ! fit-il avant de répondre. Et gâcher ce talent ? fit-il en reposant sa tasse doucement, comme pour ne pas en perdre une seule gorgée. Non, je ne suis pas venu pour ça.
Ulquiorra leva un sourcil étonné mais ne demanda rien de plus et s'installa dans le fauteuil en face de lui, attendant qu'il se décide à parler. Devant son long silence, il se mit lui aussi à déguster le thé.
- Alors tu vas simplement t'arrêter là ?
- Que puis-je faire d'autre ? Son tortionnaire est mort, grâce à la police. Ma sœur est sauvée, grâce à vous. Me venger ? De qui maintenant ?µ
- Tu peux témoigner au procès qui va suivre pour tous ses sbires.
- Si telle est votre demande, je le ferai.
- Et si ma demande était autre ?
Ulquiorra le regarda un instant, à peine surpris, eut un petit sourire et se leva pour venir en face de lui. Très lentement, il se laissa tomber sur le sol, s'agenouillant en face de lui. Les yeux marron de son vis-à-vis ne la lâchaient pas. Il lui écarta lentement les jambes et posa ses mains sur ses cuisses, remonta lentement jusqu'à la ceinture de son pantalon pour le dégrafer.
- Qui te dit que c'est ce que je désire ? lâcha Sosuke d'une voix devenue rauque de désir devant sa docile soumission.
Les yeux verts croisèrent un instant les siens, se firent un rien moqueur avant qu'il ne se mette à la tâche. Mais, d'une main, Sosuke le releva et le projeta sur le canapé, à côté de lui :
- Pas de cette façon, dit-il avant de s'emparer sauvagement de ses lèvres en le plaquant sous lui.
Si le jeune homme en fut surpris, il n'en montra rien et répondit, au contraire, avec voracité à son baiser. Ce qui fit sourire intérieurement Sosuke et l'encouragea à poursuivre, si toutefois, il avait eu l'intention de s'arrêter là, ce qui n'était nullement le cas.
Les caresses, presque sauvages s'ensuivirent et si Ulquiorra ne cherchait pas à dominer son partenaire, il n'en demeurait pas moins aussi affamé que lui. Mais où était passé cet étudiant quasiment effacé, se demanda un instant le policier. Avait-il lui aussi attendu ce moment, ou bien était-ce pour lui une façon d'évacuer tous ces longs mois passés sous tension extrême ? Et au fond, était-ce si important ?
De baiser en caresses, ils se retrouvèrent bientôt à moitié nus, bataillant pour se débarrasser des derniers remparts de tissus qui couvraient encore leurs corps entremêlés. Ils haletaient, gémissaient au rythme de leur étreinte presque effrénée. D'une main Ulquiorra repoussa soudain le policier pour se soustraire à lui le temps de finir de se dévêtir puis entreprit de faire de même à celui qui allait devenir son amant. Les yeux marron le fixaient à nouveau comme pour l'y encourager et le jeune homme rampa sur le corps du policier allongé pour reprendre sa toute première tâche interrompue de façon brutale.
Sosuke ferma un instant les yeux quand l'écrin chaud et humide se referma sur son sexe. Un râle rauque lui échappa et il posa sa main sur la chevelure noire, imposant son rythme à son partenaire. Ce dernier lui jeta un regard et apprécia l'image ô combien excitante que lui renvoyait le policier, abandonné aux sensations qu'il faisait naître en lui.
Ulquiorra n'avait rien prémédité même si le commandant le troublait profondément depuis déjà un bon moment. Mais il était alors tellement empêtré dans ses problèmes qu'il lui avait fallu pas mal de temps pour qu'il le réalise vraiment. Il n'espérait rien en allant le remercier un peu plus tôt dans la journée que le voir une dernière fois avant de reprendre le cours de sa vie. Pour lui, ils n'étaient pas du même monde et évoluaient dans deux univers différents. Il l'avait surpris ce soir en venant jusqu'ici. Mais s'il s'était attendu à cela… Nul doute qu'il n'aurait pas de seconde chance alors autant profité au maximum de ce qu'il lui offrait.
Mais encore une fois, le policier l'arrêta avant l'inéluctable le faisant grogner de mécontentement. Ce qui fit sourire Sosuke :
- Tu crois peut-être t'en tirer à si bon compte ? lui demanda-t-il en inversant leur position.
Ulquiorra ne répondit rien et se contenta de lui montrer du doigt un tiroir du meuble voisin. Pas un muscle de son visage n'avait tressailli malgré le fait que le policier semblait vouloir le dominer maintenant.
Sosuke farfouilla un instant dans le tiroir en question et en sortit gel et préservatif :
- Prévoyant à ce que je vois…
- Il vaut mieux de nos jours, furent les seules paroles du jeune homme.
Etait-ce une allusion à la mésaventure de sa cadette ? Ou simplement un fait qu'il énonçait de sa voix presque monocorde, se demanda un instant le policier avant de reprendre ses caresses volontairement un peu brutales sur le corps maintenant à sa merci. Qu'espérait-il en venant ici ce soir ? Faire réagir enfin ce garçon si taciturne ? La seule fois où il l'avait vu exprimer une émotion avait été quand il avait découvert sa sœur encore en vie. Mais sous lui, Ulquiorra se contenta de refermer ses yeux.
Puis, presque malgré lui, il se laissa entraîner à la découverte de ce corps si blanc, presque trop pâle pour un être vivant. Ses doigts le parcoururent en tous sens, ses lèvres goutèrent à la peau satinée, qui elle, frémissait sous ses multiples attentions. Peut-être que pour la première fois de sa vie, il découvrait le plaisir de donner. Lui à qui on donnait tout habituellement, lui qui savait si bien manipuler et amener ses proies jusqu'à son désir, voir jusqu'à l'autodestruction parfois, avait découvert un trésor sous les traits impassible de cet étudiant.
L'échange s'intensifia sans que l'un ou l'autre ne l'ait vraiment décidé. Ce fut comme une montée en puissance de leur désir, de leur envie d'aller toujours plus loin. Une lente agonie vers les sommets du plaisir. Ulquiorra ne fut pas simplement passif. A plusieurs reprises, il reprit les rênes de l'échange, découvrant, goûtant lui aussi des parcelles du corps de son amant. Il n'était plus question de jouer et ils l'avaient tous deux devinés. Ou l'avaient-ils toujours su, qu'entre eux ce ne serait jamais un jeu ?
Le temps s'étira, disparut dans la saveur suave d'une transpiration enivrante, fondit sous une caresse devenue torture ô combien délicieuse et audacieuse sur une aine frémissante, d'un doigt mutin se frayant un chemin dans une intimité encore inviolée. Les gémissements s'accentuèrent, se transformèrent peu à peu en râles, voir en petits cris. Et le visage de l'étudiant impassible sembla prendre enfin vie sous les mains expertes du policier.
Le gel finit par être ouvert et étalé, le préservatif enfilé dans la foulée et Ulquiorra à ce moment ouvrit les yeux pour se perdre dans les pupilles sombres de ceux de son amant. Puis, d'une seule poussée, Sosuke le pénétra. La grimace de douleur n'échappa pas au policier mais l'étudiant ne ferma pas les yeux soutenant le regard chocolat mêmes si des larmes avaient envahi ses prunelles vertes.
Il y eut comme un instant de flottement, comme s'ils devinaient que quelque chose était en train de changer, que plus rien ne serait comme avant… puis Ulquiorra bougea. Et tout bascula. Leurs corps en fusion, sur lesquels ils exerçaient encore quelques minutes auparavant un minimum de contrôle, semblèrent agirent d'eux-mêmes. Instinctivement. Et la lave se déversant dans toutes leurs cellules les entraîna bien au-delà de ce qu'ils avaient imaginé. L'éteinte se fit sauvage et passionnée, les mains, les bouches se cherchaient dans une sorte de folie.
Sosuke plongeait et replongeait dans le corps chaud et souple qui se pliait, s'ouvrait sous ses coups de reins de plus en plus puissants, semblant vouloir l'engloutir encore et encore au plus profond de lui. L'apothéose le surprit tant par sa violence que par le plaisir ô combien enivrant qu'il en ressentit. La respiration saccadée, il se laissa retomber sur le corps de son amant dont les bras se refermèrent autour de lui.
Ulquiorra enfoui sa tête dans son cou et tenta à la fois de reprendre son souffle et ses esprits, savourant encore les parcelles de plaisir qui circulaient dans ses cellules.
Ce n'est qu'un long moment qu'ils ne purent pas définir que l'un comme l'autre bougèrent enfin. D'une main, Sosuke attrapa le plaid tombé à terre et les en recouvrit en disant :
- Repose-toi maintenant…
- On serait mieux dans mon lit…
- Pourquoi ? T'es pas bien là ?
L'étudiant ne répondit pas et se contenta de se lover dans la chaleur du corps contre le sien.
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Dans la nuit, hôpital
Sans un bruit, Byakuya Kuchiki traversa les couloirs déserts et à peine éclairé des différents services pour parvenir à la chambre d'Ichigo Kurosaki dans laquelle il se glissa.
Le jeune homme dormait ou tout du moins faisait comme tel. Sans un mot, le commandant sortit de sa poche la lettre de démission du jeune homme qui lui était parvenu dans l'après-midi par l'intermédiaire de son lieutenant :
- Je sais que tu ne dors pas Ichigo, dit-il, alors écoute-moi bien. Si tu tiens tant à démissionner, je n'accepterais ta décision que si tu viens la porter toi-même chez moi, dans la maison qui t'as accueilli et aidé à guérir et pour une véritable raison. Par pour ce ramassis d'excuses toutes plus idiotes les une que les autres.
Sur quoi, il déchira la lettre en petits morceaux qu'il laissa sur la table avant de sortir sans un mot et sans un regard en arrière.
A suivre…
