Chapitre XIV Death & Loneliness


Dans cette obscurité écrasante et étouffante, perdue dans l'infini, Ginny se raccrochait par réflexe à la seule chose familière qu'elle avait à sa portée. Ses mains fermement ancrées sur les deux bras qui l'enlaçaient, elle peinait à respirer correctement. A la fois submergée par l'angoisse de ne plus jamais retrouver la sortie et déstabilisée par la proximité dérangeante de son précédent interlocuteur, ainsi que son souffle qui lui chatouillait la nuque, la jeune femme battait des paupières à toute vitesse dans une suite de tics nerveux pourtant inutiles. Le cerveau en ébullition et son cœur à deux doigts de lâcher, Ginny du s'y prendre à deux fois avant de pouvoir prononcer les paroles qu'elle avait en tête. Après avoir inspiré longuement par la bouche, elle chuchota, comme par crainte d'être entendue par des entités invisibles :

- On peut peut-être ressortir, maintenant ?

Elle sentit le sorcier s'agiter, sans pour autant se détacher d'elle. Elle perçut une certaine satisfaction dans sa voix :

- Aurais-tu peur, Ginevra ?

S'il avait été en mesure de la voir, il aurait sans aucun doute remarqué la coloration prononcée de ses joues. Gênée, la rouquine balbutia :

- N-Non, pas du tout ! Est-ce que tu es en train de me tester, ou quelque chose comme ça ?

Il ricana près de son oreille.

- Quelque chose comme ça, oui.

- Est-ce que ça sera bientôt…

Elle ne put masquer son inquiétude : sa voix se brisa.

- Terminé ?

- Tu n'es pas très patiente.

Elle se tortilla, mal à l'aise.

- C'est juste que je ne vois pas l'intérêt de ce genre de test.

- Ce n'est pas parce que tu ne le vois pas qu'il n'existe pas.

Ginny se retint bien de lui faire part de son ressentiment. En cet instant, elle ne désirait qu'une chose : sortir au plus vite. Bien sur, si le contexte avait été différent, elle se serait sans doute laisser l'occasion d'apprécier à sa juste valeur cette étreinte inattendue. De plus, malgré son embarras, elle ne pouvait que ressentir une pointe de satisfaction, ainsi logée dans ses bras. C'était étrangement contradictoire avec le sentiment d'insécurité qu'il lui inspirait, mais c'était plus fort qu'elle. Il lui avait toujours procuré des sensations divergentes et c'était principalement en cela qu'il lui était aussi intriguant.

Elle resta longtemps silencieuse, à retenir autant que possible ses pensées débordantes et son imagination bien trop tournée vers la possibilité pour elle de sombrer dans le vide si elle esquissait le moindre mouvement. Elle ne savait pas combien de temps elle était restée immobile dans cette posture à la fois dérangeante et enivrante, mais elle était certaine d'avoir perdu toute volonté de s'en éloigner.

Au fur et à mesure, l'embarras et l'appréhension s'effacèrent et Ginny fut presque contrariée lorsque Tom se détacha enfin d'elle tandis que des coups contre une porte se firent entendre. Elle battit des paupières et laissa échapper une exclamation de stupeur. Elle pivota sur elle-même et observa avec consternation le néant laisser progressivement place à une pièce vide, toute simple, sans aucun ameublement. Alors qu'elle ouvrait sa bouche pour interroger Tom, celui-ci la contourna sans un mot pour aller ouvrir la porte, qui laissa apparaître le visage livide d'un Mangemort assez jeune, aux yeux si cernés qu'il semblait ne pas avoir dormi de la semaine. Le regard du partisan dévia rapidement vers elle. Il afficha une expression surprise, puis se reprit bien vite. Il s'inclina devant le mage et débita d'une traite, sans relever son nez :

- Mon Seigneur, le d-d-dîner est servi.

Le partisan se mordit férocement la lèvre, comme pour se punir d'avoir bafouillé. Il releva légèrement son menton afin d'étudier l'expression faciale de son Maître et réprima un tremblement lorsque ce dernier darda sur lieu un regard glacial.

- Vous venez me déranger simplement pour cela, Marvin ?

Le Mangemort s'inclina plus bas que terre, son front quasiment plaqué au sol.

- J-Je pensais que vous auriez faim étant donnée l'heure tardive…

Le mage croisa ses bras sur son torse et persiffla entre ses dents d'un ton venimeux :

- Ai-je l'air d'avoir faim, selon vous ? Ne pensez-vous pas que, si tel avait été le cas, je serais descendu au réfectoire de mon propre chef ?

Marvin, qui avait le visage rouge pivoine à cause de sa position penchée à l'extrême, se redressa brusquement et pâlit instantanément.

- Non, je… Bien entendu, vous êtes tout à fait capable de… Enfin, vous n'avez pas besoin de moi.

Il butait sur presque chaque mot qui sortait de sa bouche et était si mal à l'aise que Ginny ressentit un faible élan de compassion à son égard. Elle savait pertinemment que le fidèle, s'il ne trouvait pas rapidement un moyen de tourner la situation à son avantage, se prendrait la colère du mage de plein fouet. Le visage de ce dernier ne tarda pas à se tordre d'agacement, signe qu'il allait s'en prendre au dénommé Marvin. Ginny ouvrit sa bouche sans réfléchir :

- J'avoue que je commence aussi à avoir un peu…

Jedusor se tourna vers elle. La fin de sa phrase sortit avec beaucoup moins d'assurance :

- …faim.

Marvin lui jeta un regard en biais, reconnaissant. Ginny lui répondit par un sourire discret. La rouquine ne savait pas quelle en était la raison mais, contrairement à ce qu'elle avait ressentit en observant Barjow, le jeune partisan lui évoquait une véritable humanité sous-jacente. Même si leur angoisse face au Seigneur des Ténèbres était identique en tout point, qu'ils possédaient tous deux la même fragilité face à un Maître oppressant et surpuissant, Marvin avait quelque chose en plus : une étincelle dans son regard qui en disait long et qui donnait à Ginny l'impression qu'il n'était pas ici pour les mêmes raisons que son prédécesseur.

Barjow s'était prôné fidèle indétrônable du Lord, uniquement dans le but de sauver sa peau et avait eu cette hystérie caractéristique peinte sur l'ensemble de son visage… Marvin optait pour une expression douloureuse qu'il masquait avec peine. Ginny ne le connaissait certes pas, mais elle était néanmoins familière avec ce genre de dissimulation : elle-même avait maintes fois tenté de cacher sa douleur aux yeux des autres, et c'était à n'en pas douter ce que faisait actuellement le jeune Mangemort.

Tom la dévisageait désormais, les sourcils froncés sous la colère.

- Serais-tu en train de prendre sa défense ?

Ginny se mordit la lèvre et fixa un point imaginaire quelque part près du bras du sorcier, incapable de le regarder dans les yeux. Elle nia son hypothèse d'une voix légèrement chevrotante, déstabilisée par l'aura meurtrière que dégageait Jedusor et qu'elle sentait changer progressivement de cible :

- Non, c'est la vérité. Mais si tu le souhaites, je peux attendre.

Elle releva timidement le menton et s'étrangla : elle l'avait rendu furieux. Crispé et légèrement rouge, le mage se retenait probablement d'exploser. Il répondit d'une voix qu'il voulut calme, mais Ginny percevait nettement la différence.

- Seul moi peux décider de l'heure du repas de mes Mangemorts. Je t'ai accordé de rares privilèges jusqu'ici, mais tu te dois de suivre les mêmes règles que les autres. Tu dineras en même temps qu'eux, lorsque je jugerai utile de vous laisser manger.

Ginny se mordit la lèvre pour ne pas lui répondre. C'était totalement injuste mais, d'un autre côté, elle s'y était attendue. Elle ne pouvait pas suivre un mage noir d'un calibre tel que le sien sans se soumettre un minimum. Dans la mesure du raisonnable, bien entendu. Avec une frustration évidente, la rouquine se força à hocher la tête. Jedusor adopta un sourire suffisant et se tourna vers Marvin, qui sursauta légèrement. Il pointa son index vers la sortie et persiffla méchamment :

- Sors d'ici et rends-toi dans les Cuisines. Dis-leur de mettre la nourriture de côté pour plus tard, nous avons d'autres choses à faire en premier lieu.

Le partisan s'inclina et s'exécuta sans demander son reste, ses pas précipités raisonnant dans le couloir et disparaissant presque aussitôt. Ginny eut du mal à cacher sa déception. Tom ricana :

- Je n'ai même pas besoin d'avoir accès à tes pensées pour deviner ce qui se trame dans ton esprit. Tu caches mal ton jeu, Ginevra.

La jeune femme soupira et haussa ses épaules.

- Je sais, mais je meurs de faim.

Elle lui jeta un coup d'œil : son visage était dépourvu de toute émotion, si ce n'était pour le rictus supérieur qui ne le quittait presque plus ces derniers temps. Elle s'était pourtant attendue à attiser une nouvelle fois sa colère, mais ce fut l'opposé même de ses prévisions. Jedusor se massa la nuque en fermant ses yeux puis s'étira rapidement avant de passer le seuil de la porte. Il s'arrêta dans le couloir, pivota et fit signe à Ginny de le suivre.

- Comme je l'ai dit, ce sera pour plus tard. Nous avons à faire.

Perplexe, la sorcière s'empressa de le rejoindre et il n'attendit pas un instant de plus pour s'éloigner. Ginny s'élança à sa poursuite et tenta de suivre son rythme effréné. Tandis qu'il parcourait un enchainement de couloirs avec aisance et rapidité, elle trottinait derrière lui avec autant de grâce qu'une tortue de mer. Alors qu'ils s'engageaient dans une immense pièce circulaire, Ginny l'interrogea, essoufflée :

- Qu'est-ce qu'on fait ici ?

Il s'arrêta, dos vers elle. Ginny l'imita et fit rapidement l'état des lieux. Alors que son regard se posait sur les petits lavabos qui trônaient au centre de la salle et étaient disposés d'une façon bien trop familière, elle sentit ses bras se recouvrir de chaire de poule. Elle recula d'un pas, alerte. Sa voix vira dans les aigus tandis qu'elle s'exclamait avec horreur :

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Pourquoi est-ce qu'on dirait les toilettes du deuxième étage ?

Jedusor se tourna finalement vers elle, son expression totalement indéchiffrable. Il répondit d'une voix neutre :

- Il s'agit du projet auquel je me suis consacré ces dernières semaines. J'ai créé une réplique plus ou moins identique du passage sous-terrain qui menait des toilettes jusqu'à la Chambre. Sauf que, ici, le point d'entrée me sera toujours accessible.

Ginny manqua de tomber à la renverse.

- C'est impossible ! Un endroit aussi protégé que Poudlard… Tu n'as pas pu créer un nouveau passage comme ça…

Jedusor sourit, satisfait.

- Si, justement. Le passage de la Chambre des Secrets a été condamné. Personne n'y entre, personne n'en sort… Pourquoi se seraient-ils entêtés à protéger un tel endroit ? Ils cherchaient d'avantage à se protéger eux-mêmes de ce qu'elle contient. J'ai donc facilement pu y accéder.

Livide, Ginny prit son courage à deux mains pour poser la question qu'elle redoutait :

- Pourquoi ? Pourquoi as-tu besoin d'un accès à la Chambre ? Le passage des toilettes est condamné cette fois, tu ne pourras pas pénétrer dans le Château.

- Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai l'intention de m'introduire à Poudlard ? Ce n'est pas dans mes projets. Je désire simplement récupérer ce qui m'appartient.

La sorcière réfléchit quelques secondes, avant que l'évidence ne s'impose à elle. Elle pâlit.

- Le Basilic ?

Il acquiesça. Ginny sentit son cœur s'arrêter. Elle souffla :

- Pourquoi ?

Elle n'était pas certaine de vouloir entendre sa réponse, mais la curiosité l'emportait sur tout le reste.

- Il n'obéit qu'à moi… Et j'ai besoin de remplacer Nagini.

Ginny retint un rire nerveux.

- Tu as vraiment besoin d'un serpent ?

Le regard de Jedusor se voila légèrement un sourire étrange vint étirer ses lèvres.

- Pas un serpent, non. Un Horcruxe. Et quoi de mieux qu'une créature aussi rare et puissante qu'un Basilic ? Quoi de mieux qu'une créature immunisée contre l'arme principale qui saurait détruire mes créations ?

La rouquine sentit sa bouche s'assécher.

- Le venin serait inefficace. L'épée... L'épée de Gryffondor ne servirait plus à rien.

- Exactement. Si j'en profite pour l'entraîner, le doter d'une rapidité et d'une agilité supérieure à son prédécesseur, il sera quasiment impossible de s'attaquer à lui.

Ginny ne répondit pas. Sa tête lui tournait légèrement et elle avait du s'adosser au mur pour garder un semblant d'équilibre. Jedusor éclata d'un rire froid. Alors qu'il se laissait emporter dans une vague d'hystérie, elle lui demanda timidement :

- Ce sera… ton premier Horcruxe, cette fois ?

Lorsqu'elle le vit hocher la tête, le sang reflua de son visage. Elle s'efforça néanmoins de poursuivre :

- Tu vas à nouveau en créer sept ?

- Pas forcément. Je verrai en temps voulu. De toute manière, j'ai enfin compris…

Ginny se crispa.

- Compris quoi ?

- Je suis déjà immortel. Tant que je continuerai à diviser mon âme, ne serait-ce qu'en deux, je pourrais toujours revenir. C'est ce qui s'est passé la première fois. Mon retour prouve que j'ai réussi… Le fonctionnement des Horcruxes est bien plus sombre, plus bien complexe que tu ne pourrais l'imaginer, Ginevra. Mais cela en vaut la peine, tu ne penses pas ?

La concernée s'enferma dans un silence imperturbable. Elle n'avait pas l'intention de répondre, pas avant d'avoir pu réfléchir sur la question, pas avant d'avoir pu prendre pleinement conscience de ce que Tom affirmait. Elle n'avait jamais pensé à cela… Pas une fois depuis qu'il était revenu n'avait-elle réalisé ce que cela signifiait. Et c'était beaucoup trop à encaisser en l'espace d'une minute. Elle soupira et ferma ses yeux. Par chance, le mage n'insista pas et vint la rejoindre, dos contre le mur. Il croisa ses bras et laissa son regard vagabonder. Incapable de rester ainsi à ses côtés, la sorcière se détacha du mur et se dirigea vers les lavabos. Nerveuse, elle commença à jouer avec l'un des robinets et laissa ses doigts glisser contre les petits serpents gravés qui décoraient chacun d'entre eux.

Si elle avait été à sa place, jamais elle n'aurait pu s'en réjouir autant que lui. Le fait d'avoir mit fin aux jours de Barjow simplement parce qu'elle s'était laissée emporter revenait sans cesse s'imposer à son esprit, alors tuer volontairement, de sang froid, pour déchirer son âme… Elle secoua sa tête, horrifiée. Non, elle ne pensait pas que cela en valait la peine. Les sorciers étaient dotés de moyens variés et concluants pour augmenter leur longévité or, le meurtre n'en faisait pas partie. Elle s'estimerait heureuse de vivre un bon siècle sans encombres et n'en demanderait pas d'avantage. Qui voudrait voir le monde autour de soi disparaître ? Etre la seule personne restante ? Certainement pas elle.

Avec un mépris mal dissimulé, Ginny se consentit à poser ses yeux sur Tom. Elle avoua :

- Je ne suis pas d'accord avec toi. Je n'en vois pas l'intérêt.

Le regard de Jedusor s'assombrit. Il fronça ses sourcils dans un geste agacé :

- Tu n'es pas sérieuse ?

Ginny hocha la tête pour lui prouver le contraire.

- Je n'aimerais pas être la seule survivante de ma génération et voir les suivantes se succéder…

La rouquine se mordit la lèvre et hésita un instant à lui faire part du fond de sa pensée. Jouant avec ses doigts, elle commença timidement, se balançant d'un pied à l'autre :

- J'ai d'ailleurs du mal à te comprendre. Tu es clairement effrayé à l'idée de te retrouver enfermer seul dans le Journal…

Le mage serra ses dents pour montrer sa désapprobation :

- Effrayé, moi ?

Ginny poursuivit sans lui répondre :

- Pourtant, tu te retrouveras dans la même situation au bout du compte. Immortel, certes, mais totalement seul.

Elle le vit se crisper légèrement à l'entente de ce mot. Elle ne savait pas si c'était une manifestation de sa colère intérieure ou s'il était vraiment déstabilisé par la solitude qui lui pendait au nez, mais cela ne l'empêcha pas de conclure d'une voix confiante :

- Tous tes Mangemorts rendront l'âme sous tes yeux, tu perdras constamment tes serviteurs et tu devras en réunir à nouveau. Peut-être que ça ne te dérange pas, mais je n'apprécierais pas ça si j'étais toi.

Le concerné pointa un index tremblotant vers elle. Le teint légèrement rouge et le visage déformé par la fureur, il ne réussit pas à prendre la jeune femme par surprise lorsqu'il monta d'un ton :

- Justement, tu ne l'es pas. Tu ne sais rien !

Ginny croisa ses bras sous sa poitrine et, prise d'un courage soudain, argumenta en tapotant de plus belle du pied contre le sol :

- Au contraire, j'en sais beaucoup trop. Je te rappelle que nous avons, je te cite, échangé des informations… J'ai pu revivre certaines périodes de ton existence et s'il y a une chose que j'ai bien comprise, c'est que ton séjour dans le journal t'a rendu particulièrement sensible à la solitude. Ça n'avait jamais été ton cas, avant. Sauf que tu as contracté cette peur.

A la mention de ce nom, la jeune femme esquissa un mouvement de recul. Tom semblait prêt à lui sauter à la gorge. Lorsqu'elle vit qu'il gardait tout de même suffisamment de contrôle pour la laisser parler jusqu'au bout, elle se força à ajouter :

- Au final, tu ne crains que deux choses : la Mort… et l'abandon.

Elle lui jeta un coup d'œil craintif. Elle savait qu'elle aurait du garder pour elle tout propos qui lui serait déplaisant, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Souvent, elle oubliait qu'il n'était pas uniquement Tom, et elle cherchait à l'aider, involontairement, comme elle l'avait voulu lorsqu'elle était enfant. Parfois, le passé s'imposait avec plus de force qu'un présent trop douloureux. Alors, elle oubliait. Elle oubliait ce qui ne la ravissait pas. Et elle s'emportait.

En face d'elle, le sorcier avait retrouvé un visage impassible. Contre toute attente, il éclata d'un rire étrange, comme s'il était à mi-chemin entre amusement et frustration. Jedusor se passa une main dans ses cheveux dans un réflexe inconscient. Il s'adressa alors à elle d'une voix neutre, sans rancune dissimulée ou menace sous-jacente, mais plutôt teintée d'une curiosité avide qu'il ne pouvait masquer :

- Je t'ai caché beaucoup de choses, notamment au départ, concernant mon identité… Et finalement, il se trouve que tu es celle qui me connaît le mieux. Je ne sais pas si je dois considérer cela comme un affront ou une satisfaction.

Ginny pencha sa tête sur le côté, perplexe.

- Je dois partir en courant ou tu me fais comprendre que c'est une bonne chose ? J'ai du mal à départager.

Il haussa les épaules.

- Dès que j'aurai la réponse à cette question, je t'avertirai.

Ginny sourit faiblement. Il recommençait à lui procurer des sensations contradictoires : elle ne savait pas si elle devait se sentir inquiète ou amusée. Elle ressentait un mélange plutôt enivrant de ces deux opposés, et c'était presque devenu une habitude.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de changer de sujet, il le fit à sa place et retourna sur leur conversation précédente. Il avoua d'une voix à nouveau menaçante qui blessa légèrement Ginny :

- Je tiens tout de même à préciser que l'existence de cette pièce doit rester secrète. S'il s'avère que mes intentions s'ébruitent, je saurai que tu es coupable.

La sorcière agita ses mains avec empressement :

- Je ne dirai rien. Je ne vois pas à qui d'autre je pourrais parler, de toute manière.

A cette remarque, Jedusor sourit sadiquement :

- Tu devras te débarrasser de tes préjugés, si tu veux t'intégrer. Si tu ne le fais pas, en revanche, c'est ton problème…

Ginny déglutit.

- C'est simplement… Je n'ai pas l'habitude. J'étais toujours contre eux, tu comprends ?

Jedusor ricana.

- Tu t'étais bien incrustée en secret dans un groupe de futurs Mangemorts lors de ta sixième année…

La jeune femme s'empourpra et s'agita plus encore, si c'était possible.

- C'est différent ! C'était simplement par curiosité.

Il coupa court à ses excuses :

- Je suis sure que ta curiosité aimerait en savoir un peu plus sur eux. Tu meurs d'envie de savoir comment ils sont, si tu es vraiment différente d'eux… Ce qui vous sépare.

- Tu es sur d'avoir véritablement coupé la connexion entre nous ?

Il sourit.

- J'aurais très envie de laisser planer le doute…

Ginny ouvrit sa bouche, outrée. Jedusor acheva sa phrase avec un rictus narquois :

- ...mais oui, j'en suis certain.

Il sortit sa baguette de sa poche avec une rapidité impressionnante et son rictus s'agrandit, se transformant en sourire provocateur :

- Je pourrais en revanche user de mes dons de Legilimens. Ce serait une intéressante perspective, n'est-ce pas ?

Ginny se défendit poliment :

- J'espère que tu n'auras pas à en arriver là. Je serais navrée de devoir partir d'ici.

Il fronça ses sourcils.

- Tu comptes utiliser cette excuse à chaque fois ?

- Et jusqu'à la fin, oui.

Il se frotta légèrement le menton et se prononça d'un ton énigmatique :

- Intéressant.

Il se détourna sans laisser le temps à Ginny de poursuivre la conversation. Il se dirigea vers la sortie d'un pas lent et s'arrêta sur le seuil. Après quelques secondes de silence, il soupira et, sans se retourner, appela :

- Je dois te prendre par la main ou tu es suffisamment perspicace pour me suivre jusqu'au Réfectoire ?

Ginny battit des paupières. C'était formulé différemment, mais l'idée de base était la même. Comment une menace à l'encontre de Barjow et cette question qui lui était désormais adressée, pouvaient-elles être aussi différentes ? Elle y percevait certes un léger agacement, mais elle ne ressentait strictement aucun danger. Peut-être était-elle totalement inconsciente…

Avec une grimace pour retenir son sourire qu'elle considérait comme potentiellement malvenu, Ginny se précipita derrière lui sans un mot et entreprit de le suivre dans le sens opposé à auparavant, profitant de l'occasion pour mémoriser une nouvelle fois les lieux.

Lorsqu'ils redescendirent dans le Hall, Ginny sentit sa respiration se couper. Le corps du défunt Mangemort était toujours là, face contre terre. Elle n'avait pas besoin de le toucher pour l'imaginer froid et rigide sous ses doigts… Un haut-le-cœur la submergea et elle fut forcer de s'arrêter. Son nez la picotait, signe que ses yeux n'allaient pas tarder à répondre à l'appel. Bientôt, sa vision se brouilla et elle renifla. A quelques pas d'elle, Tom fit une moue coléreuse.

- Ginevra, c'en est assez. Barjow méritait son châtiment.

La jeune femme porta sa main à sa gorge. Elle respirait avec peine et avait l'impression de manquer à son tour d'oxygène, comme si elle subissait le même sort que sa victime. Elle ressentait presque son désespoir, entendait son appel à l'aide résonner au sein de son crâne. Elle avait envie d'hurler. Pourquoi avait-elle laissé le partisan agoniser ? Pourquoi l'avait-elle ainsi torturé ?

Elle posa un regard douloureux sur le corps inerte et sentit ses jambes trembloter. Tom vint à côté d'elle et l'attrapa par les épaules pour l'empêcher de fixer plus longtemps le cadavre. Il la retourna vers lui et l'obligea à relever sa tête. Il prit un air sévère mais confiant :

- Est-ce que tu comprends, maintenant ? L'Avada Kedavra a beau être un Sortilège Impardonnable, il ne mérite pas un tel classement. Pourquoi ? Parce qu'il provoque une mort instantanée. Et c'est un cadeau à quiconque ne mérite plus de vivre.

Les joues inondées de larmes, Ginny l'écoutait avec attention et se raccrochait désespérément à ses paroles. Elle savait qu'il n'avait raison qu'en partie, mais en l'état actuel des choses, son cerveau s'accordait avec l'ensemble et l'intégrait comme vérité immuable. Le Sortilège de la Mort ? Simple, précis, rapide. A utiliser sans hésitation sur quiconque le mérite. C'était facile à retenir…

La rouquine s'essuya le visage du plat de ses mains et hocha la tête. Jedusor en profita pour ajouter :

- Les autres sorts sont plus intéressants à exploiter, plus divers, mais surtout plus durs à maîtriser. Je t'apprendrai à garder le contrôle, si tu veux.

Comme Ginny ne répondait pas, il insista d'une voix forte :

- Est-ce que tu le veux, Ginevra ? Je suis le seul à pouvoir t'apprendre, mais je dois avoir ton accord et ton entière confiance. Je ne veux pas d'autre chose qu'une élève assidue. Si tu fonds en larmes à chaque échec, je n'ai pas l'intention de…

La concernée l'interrompit subitement.

- Non, je veux essayer. Je… Je ne me laisserai plus abattre aussi facilement.

Jedusor sourit et répéta une dernière fois :

- De plus, comme je l'ai dit, c'était mérité.

Mérité ? Ginny soupira intérieurement. Mérité, oui, probablement. C'était mérité… Elle se répéta cette information mentalement jusqu'à ce que ses yeux soient totalement secs, même si toujours légèrement gonflés. Jedusor exerça une faible pression de ses doigts contre son épaule et indiqua la double porte qui se trouvait derrière lui. Ginny s'éclaircit la gorge :

- Je ne suis pas sure de pouvoir y aller tout de suite.

- C'est bien dommage… Parce que je t'ordonne d'y aller.

Son ton acide lui fit l'effet d'une gifle. Elle ouvrit grand ses yeux pour le dévisager. Il ne prononça pas un mot et la fixa en retour d'un regard sombre. Les secondes s'écoulèrent et ce moment intense et tendu ne manqua pas de rappeler à la jeune femme la situation dans laquelle elle se trouvait : malgré tout, elle ne devait surtout pas oublier sa position.

Les lèvres pincées, elle inspira à fond et hocha la tête pour lui faire comprendre qu'elle le suivrait. Satisfait, le sorcier remonta légèrement sa cape noire sur ses épaules et s'avança d'un pas conquérant vers la salle, Ginny sur ses talons. Cette dernière s'arrêta brusquement et mit d'avantage de distance entre eux. La main sur la poignée, le mage se retourna, suspicieux.

- Qu'est-ce que tu fabriques ?

Ginny répondit, mal à l'aise :

- Question de… Respect ?

Jedusor adopta un rictus moqueur.

- C'est une affirmation ou une question ?

- Un peu des deux. Je ne sais pas trop quoi faire…

Il l'invita d'un geste de la main à revenir derrière lui.

- Rester derrière moi est en soi un signe de respect. J'exige une distance supplémentaire uniquement pour ceux qui ne méritent pas de m'approcher.

Ginny ne pu s'empêcher de se dire qu'il sous-entendait qu'elle méritait de rester près de lui et de s'en sentir flattée. Le cœur battant d'appréhension, elle s'exécuta et vint se placer légèrement moins en retrait. Elle l'observa discrètement du coin de l'œil. Etre aussi prêt de lui avait quelque chose d'impressionnant, presque terrifiant lorsqu'il se mettait dans des colères noires notamment, mais cela avait également un côté rassurant. C'était presque jouissif de se trouver dans cette position alors que d'autres étaient si mal traités. Elle était loin d'adhérer à ce comportement, certes, mais tout de même… C'était agréable de savoir qu'un sorcier de son envergure lui accordait un minimum d'importance.

Cela changeait grandement de ce qu'elle avait vécu par le passé. Cela différait totalement de tous ces gens qui n'avaient rien vu en elle de plus qu'une sorcière banale. Elle n'avait rien de particulier, mais elle y aspirait, c'était déjà amplement suffisant, surtout qu'elle savait qu'elle ferait son possible pour devenir quelqu'un. Cela impliquait de choisir un camp différent des autres, fréquenter un monde totalement étranger et souvent redouté… Mais si cela lui permettrait de se démarquer et de suivre le gré de ses envies, elle pourrait s'y faire.

Ayant regagné un brin de confiance en elle, Ginny eut la force de prendre son courage à deux mains et, lorsque la porte s'ouvrit et que Tom s'engagea dans l'allée, elle l'y suivit sans broncher. Des dizaines de fidèles étaient déjà présents, une quantité impressionnante de silhouettes encapuchonnées se succédaient, debouts de part et d'autre du chemin pour accueillir leur Maître. Tous étaient silencieux et gardaient leurs têtes baissées. Ginny eut l'impression désagréable de jouer l'intrus.

Le mage s'avança rapidement et pourtant sans un bruit jusqu'au bout de la Salle, où se trouvait une table si longue que Ginny du se tordre le cou pour en apercevoir les bouts. Il s'arrêta finalement, à quelques pas du mobilier et pivota pour faire face à l'assemblée. Ginny pâlit et lui jeta un regard interrogateur et paniqué. Avec un rictus ironique, il désigna un espace vide entre lui et le Mangemort le plus proche de sa gauche. Elle s'y précipita sans demander son reste, se cachant derrière sa longue chevelure, et retint son souffle.

Alors que la tension montait progressivement dans la Salle, le mage finit par prendre la parole d'une voix forte, confiante, et explicitement menaçante :

- Je suis pleinement satisfait de voir notre communauté s'agrandir chaque jour mais je tiens à vous rappeler que, bien entendu, si l'un d'entre vous en venait à me décevoir ou à désobéir, vous subirez le même châtiment que votre… petit camarade. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, vous aurez tout le loisir de visiter ce cher Mr Barjow après le repas. Il se trouve dans le Hall, vous ne pouvez pas le manquer.

Ginny releva sa tête par réflexe, effarée. Le Mangemort à sa gauche s'agita et lui jeta un coup d'œil curieux. La jeune femme s'en aperçut et s'empressa de se détourner légèrement, ses cheveux lui faisant à nouveau office de rideau. Le cœur battant, elle n'arrivait pas à croire qu'il mentionnait l'incident avec une telle facilité. Pire encore, il l'utilisait pour menacer ouvertement les troupes. A la fois déçue et énervée, elle se mordit la lèvre et se concentra sur les petits carreaux qui composaient le carrelage pour les compter. Si elle ne se focalisait pas sur autre chose que la mort de Barjow, elle risquait de perdre les pédales et sortir du Réfectoire en courant. Or, c'était la dernière chose à faire si elle ne voulait pas s'attirer les foudres d'un mage surpuissant.

Lorsqu'elle atteint son quatre-vingt-dixième petit carreau, il avait terminé son discours et avait déjà disparu en bout de table. Les Mangemorts se dissipaient pour se répartir aléatoirement dans toute la salle. Ginny déglutit faiblement et resta debout sur place, dansant d'un pied sur l'autre, nerveuse et irritable au possible. Elle parcourut l'endroit du regard, cherchant avec espoir une chaise qui lui ferait de l'œil ou un emplacement qui se révèlerait moins inquiétant que les autres et qui lui permettrait de prendre son repas en toute tranquillité… C'était peine perdue. Les chaises se succédaient, identiques ; les fidèles étaient si nombreux que toutes les places libres étaient forcément encadrées par deux d'entre eux.

Ginny se décida finalement à en prendre une au hasard. Elle verrait bien ce que cela donnerait… Le cœur battant à tout rompre, elle se dirigea mollement vers la droite et s'arrêta derrière la première chaise libre qu'elle trouva. Elle s'y assit à contrecœur, et riva directement son regard sur son assiette qui se remplit à peine ses yeux posés dessus. Elle attrapa fébrilement sa fourchette et commença à prier en silence pour qu'on ne l'aborde pas durant le repas. Elle réprima un fou-rire nerveux. Courageuse, elle ? Cela dépendait vraiment du contexte, finalement ! Elle se demandait parfois ce qui avait poussé le Choixpeau à l'envoyer à Gryffondor…

Alors qu'elle portait un morceau de viande à ses lèvres, elle manqua de le laisser tomber. Le Mangemort à sa droite lui tendait un verre de jus de citrouille. Elle tourna sa tête vers lui, surprise, et reconnu un visage familier. Le partisan posa son présent en face de l'assiette de la rouquine et lui chuchota :

- En guise de remerciement. Vous m'avez sauvé la mise, avant…

Marvin lui fit un mince sourire et retourna à son repas. Ginny continuait de le fixer, abasourdie. Pourquoi était-il aussi… aimable ? C'était courant, chez les Mangemorts ? Tous ceux qu'elle avait connus avaient été loin de l'être. Dès le départ, elle avait détecté chez lui quelque chose de différent. Etait-il, peut-être, un peu comme elle ? Voulait-il découvrir de nouveaux horizons mais avait quitté contre son gré une vie plus simple où était restée sa famille et ses amis ? Etait-ce la raison de sa douleur ? Plongée dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué tout de suite que le fidèle en face d'elle la fixait d'un air goguenard. Elle avala avec difficulté sa bouchée de pain et l'interrogea du regard. Le Mangemort, aux sourcils épais et à la peau mate, la dévisageait ouvertement. Le brouhaha des conversations avait désormais remplacé le silence, et il ne manqua pas d'en commencer une nouvelle avec elle. Il lança à Ginny d'une voix moqueuse :

- Tu as l'air un peu jeune pour le recrutement, petite. Pas que je me plaigne de voir de la chair fraiche arriver de temps à autre, mais as-tu vraiment ce qu'il faut pour être parmi nous ?

Des têtes se tournèrent vers eux. Les sorciers qui leur étaient le plus proche s'intéressèrent subitement à la réponse que Ginny était censée donner. Celle-ci s'humecta ses lèvres dans une tentative vaine d'ignorer sa gorge sèche et rétorqua avec une insolence automatique :

- Ne me sous-estime pas à cause de mon âge. Je suis une experte du Maléfice de Chauve-Furie. Tu ne voudrais pas m'énerver, crois-moi…

Le Mangemort haussa ses sourcils avant de partir dans un grand éclat de rire, bientôt rejoint par quelques confrères. De toute évidence, il ne la prenait pas du tout au sérieux. Ginny crispa ses poings sous la table. Si le contexte avait été différent, elle lui aurait sans doute fait une petite démonstration privée, à ce gros débile.

A sa droite, Marvin étouffa un ricanement. Ginny lui lança un coup d'œil furtif. Il s'expliqua d'une voix si faible qu'elle seule pu l'entendre :

- Honnêtement, je rêve de voir le visage de ce satané Grimm ravagé par des centaines de petites bêtes. Tu ferais de moi le plus heureux des hommes.

Ginny répondit à son sourire amusé par un petit rire discret. Grimm regarda Marvin de travers.

- Tu te moques de moi, le nouveau ?

Marvin lui décocha un sourire étincelant.

- Je n'oserais pas.

Son opposant serra ses dents, le visage subitement rouge sous le ton insolent qu'il avait adopté.

- Espèce de sale morveux. Si un jour on part en mission tous les deux, je me ferai une joie de te perdre accidentellement en court de route.

- Si ça t'amuse… Mais je ne pense pas que tu aies le niveau, Grimm. Tout le monde sait que tu n'es qu'une grosse brute sans talent. Tu es ici simplement parce que tu es un Sang-Pur et que tu as léché les bottes du Maître.

Le visage du concerné se décomposa. Pressentant le danger, Ginny attrapa la manche de Marvin et tira dessus. Elle chuchota à toute vitesse :

- Laisse tomber, ça va mal finir !

- Ne t'en fais pas. Aucun de nous n'oserait attaquer en présence du Seigneur des Ténèbres, ce serait du suicide.

A la mention du mage, Ginny ne put empêcher son regard de dévier vers le bout de table qui était à sa gauche. A une vingtaine de places de la sienne, se trouvait celle de Tom. Ce dernier, ses mains croisées devant lui, regardait avec une intensité palpable dans sa direction. Elle sentit ses joues s'enflammer. Pourquoi la dévorait-il ainsi du regard ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? Elle réprima un sursaut lorsqu'il se leva brusquement de table, stoppant ainsi net toutes les discussions. Lorsqu'il longea la table pour s'arrêter juste derrière Grimm, elle sentit son cœur s'arrêter.

Le mage se baissa légèrement jusqu'à ce que sa tête soit au même niveau que la sienne. Avec un sourire cruel et effrayant, il persiffla à son encontre :

- Moque-toi encore une seule fois de la jeune femme en face de toi et je t'arrache les yeux, avant de te les faire avaler. Est-ce que j'ai été suffisamment clair ?

Grimm devint livide. Il fut si terrifié qu'il répondit sans le réaliser en criant à pleins poumons :

- Très clair ! P-Parfaitement clair, Maître ! J-Je ne le ferai plus…

Sous le choc, Ginny en avait laissé tomber sa fourchette par terre. Elle s'empressa de plonger sous la table pour la ramasser, espérant éviter une confrontation directe avec Tom. Malheureusement pour elle, il attendit qu'elle refasse surface. Lorsqu'elle pointa le bout de son nez au dessus de la table, il désigna Grimm du doigt :

- Ton Maléfice de Chauve-Furie dont tu parlais ? Fais-le. Maintenant. Et ne t'arrête que lorsqu'elles auront fait suffisamment de dégâts pour qu'il soit méconnaissable.