L'Assassin des Enfers
Auteur : Angelscythe
Genre : Mystère, science-fiction, romance
Couple : YuujiXNagisa, GakushuuXKarma
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Yusei Matsui je ne fais qu'honteusement jouer avec.
Chapitre 12 :
Gakushuu marchait rapidement vers la voiture alors que Karma tirait son capuchon sur son visage pour être sûr qu'on n'en voie absolument rien. Il avait beau être rapide, il ne pouvait pas être aussi vif que son amant. On aurait cru qu'il était poursuivi par une horde de guêpe ou de frelon affamé de sang humain.
Il avait un sourire aux lèvres lorsqu'il arriva à la voiture. Bien sûr, son compagnon avait déjà fait rugir le moteur et il n'attendait plus qu'une présence supplémentaire pour démarrer.
Ce fut donc tout naturellement que l'assassin ouvrit la portière, baissa la fenêtre en se penchant dans l'habitacle puis referma la portière pour se pencher par le trou béant. Les lèvres de Gakushuu ne purent que se comprimer de rage. Et Karma mettrait sa main à couper que, bientôt, des forficules sortiraient des lèvres de Gakushuu tant il était énervé.
- Ne fais pas l'idiot ! Rentre !
- Je me sens très bien ici.
- Ce n'est pas seulement stupide, c'est aussi complètement con ! Si les gens te voient…
- Si tu criais moins fort.
- « Tu ne disais pas ça hier ». Fit le jeune professeur en singeant bien les guillemets.
Le rouquin éclata de rire et se pencha un peu plus à l'intérieur.
- Tu sais comme moi que je ne risque rien. Qu'est-ce qu'il y a ici ? Juste des personnes que ton père a payées et qui ne diront rien de toute façon.
- On ne sait jamais. Ce n'est pas de l'argent qui empêchera les gens de parler de ce dont ils ont peur. Répliqua Gakushuu.
- Peur de moi ? Je suis adorable !
Le jeune professeur lui jeta un regard glacé.
- Sauf maintenant, de toute évidence. Titilla Karma.
Son compagnon soupira et donna un coup de rage dans le volant. Si mal que le klaxon sortit en un petit son. Ça ne manqua pas et l'assassin éclata de rire.
- Si tu savais à quel point je t'aime !
- Pas assez pour rentrer dans cette foutue voiture de toute évidence !
- Tu te prends la tête. Tu vois bien que ton père ne nous a pas suivis.
- C'était une catastrophe ! Ce dîner était une idée exécrable ! Nous ne sommes pas faits pour nous fréquenter !
- C'est ton père. Sourit Akabane.
- Et je donnerais tout pour qu'il se soit arrêté au niveau de la procréation comme beaucoup d'autres pères ! Pesta son amant.
L'assassin rit de plus belle.
- Allez, ça s'est bien passé. Calme-toi. Invita-t-il d'un ton doux.
Gakushuu soupira et se frotta le crâne.
- Rentre dans cette voiture.
Comme son téléphone sonnait, il lança un seul regard suppliant de trois secondes, à son compagnon. Après cela, il décrocha et discuta formellement avec quelqu'un que le rouquin ne savait pas identifier de la sorte.
Il estimait toutefois qu'il avait bien assez embêté son petit ami pour l'instant. Surtout qu'il reconnaissait volontiers les efforts qu'il avait dû faire pour supporter ce dîner. Et ce n'était pas qu'il ne s'était pas bien déroulé, plutôt que le froid entre les Asano était tel que Karma aurait juré que la banquise était plus chaude.
Ils avaient trouvé un moyen pour lutter contre le réchauffement climatique sans le moindre doute.
L'assassin ouvrit alors la portière pour s'installer à l'intérieur de la voiture. Il ferma la fenêtre puis s'attacha.
Son amant termina l'appel avant de raccrocher et d'élancer le véhicule sur la route, fuyant la maison qui avait pourtant été celle de toute son enfance.
- C'était…
- Karasuma-sensei. Il faut que je règle des choses pour lui… il revient de chez Nagisa et dit qu'il était bizarre.
- Coupable ?
- C'est toujours une possibilité. Lui répondit le jeune Asano.
- Je ne le pense pas capable.
- Je te crois. Mais il y a des choses qui doivent être faites.
- Tu préfères protéger Mini-moi. Sourit Karma.
Son amant lui répondit par un bref haussement d'épaule.
- Ça ne sert à rien de le harceler. On va laisser passer un peu de temps.
- Puis tu iras lui dire qu'il est en état d'arrestation ?
- Puis j'irai lui parler. Je l'aiderai autant que j'aide Mini-Karma.
- T'es mignon.
Karma ouvrit la boîte à gant pour en sortir sa console de jeu et, ainsi, se lancer dans une partie enfiévrée de Mario. Il songeait qu'il devrait vraiment se procurer de nouveaux jeux. Que ce soit en suppliant son compagnon de s'en charger ou en passant par internet.
µµµ
Même si on était le week-end, ça n'empêchait pas Protorma de se balader dans l'école. Il ne s'agissait pas de suivre des cours alors pourquoi ne pas être ici ? Pourquoi ne pas simplement faire le vide ?
Surtout que dans la maison, il y avait Gakushuu et Karma. Peut-être pas maintenant car ils devaient être chez Gakuho, mais ils pouvaient revenir n'importe quand. D'un côté, on pouvait croire qu'il avait la gentillesse de leur donner un peu d'intimité et, de l'autre, on se rendait compte que ce n'en était rien. En fait, il ne tenait pas du tout à les voir. Il ne voulait pas être là quand son autre lui flirtait avec son petit ami et plus si affinité.
Il avait quinze ans, quoique techniquement seulement quelques jours, et connaissait tous des choses de l'amour mais il ne tenait vraiment pas à savoir ce qu'il pouvait faire. Ce qu'il désirerait faire. Il n'éprouvait pas de mépris face à l'homosexualité mais bien à l'attachement de toute forme…
- Tu boudes ?
Protorma soupira.
Bien sûr, Koro-sensei l'avait suivi. Il tenait à le garder à portée de tentacule, comme il disait, pour le cas où quelque chose lui arriverait. Ou pour pouvoir prouver à Karasuma qu'il n'était pas dangereux puisqu'il aurait été là chaque seconde qui s'écoulait…
- Je ne boude pas. Je ne suis pas un gosse !
- Je trouve que tu l'es un peu ! Rit le poulpe.
Protorma se tourna vers lui à la vitesse de l'éclair et Koro-sensei se retrouva avec une lame anti-lui sous la gorge.
Un mouvement, un sursaut, une seconde de volonté et il mourrait…
Mais le rouquin rabaissa son arme. Même s'il avait été créé pour ça et qu'il avait les désirs de Karma enfoui en lui, ça lui importait peu maintenant. Ce n'était pas ça qui le ferait vibrer de joie.
- Personne n'est avec Nagisa, hein ?
- Tu éprouves du ressentiment pour lui ? À ce point-là ? Tu ne veux pas être son ami ?
Protorma soupira en secouant la tête.
- Pourquoi ? Il l'a fait, le « vrai » moi mais je ne serai pas aussi stupide que ça !
- Tu as quelque chose à lui reprocher ?
Les tentacules mous se posèrent sur ses épaules. Le rouquin ne fit rien pour les repousser même s'il soupira.
- Peut-être le fait qu'il a essayé de nous tuer ? De tuer Karma… Peu importe. Ce n'est pas quelque chose que je suis prêt à pardonner facilement, moi.
- Tu voudrais qu'il aille en prison ?
Cette fois-ci, il haussa les épaules.
- Je voudrais qu'il ne s'en sorte pas s'y facilement alors qu'on me met tout sur le dos. Supposa-t-il.
Un tentacule lui caressa cette fois-ci la tête.
- Je te comprends, tu sais. Et je suis là pour te tenir compagnie sans que tu te sentes chaperonner. Je veux que tu sois heureux, Karma !
Le rouquin leva les yeux vers lui.
- Est-ce qu'on vous a déjà dit que vous êtes chiant à essayer de toujours tout régler ?
- Oui ! Toi ! Rit le professeur.
Il le prit dans ses tentacules et le serra tout contre lui. Protorma savait qu'il aurait dû le menacer de mort, se débattre, hurler au viol pour le faire paniquer. Il devait reconnaître que cette dernière optique lui donnait envie d'essayer. Ça avait l'air marrant !
Mais il n'en fit rien.
Koro-sensei était probablement la seule personne, si ce n'était Karma peut-être, et encore, qui le voyait comme un individu seul.
Même s'il l'appelait Karma, qui pouvait lui en vouloir, il voyait en lui un être qui se détachait de la matrice. Il ne lui lançait pas du « tiens mais Karma, il »… Il essayait de le comprendre.
Il ressentait cette même chose qu'on avait distillée en lui. Le fait qu'un poulpe qu'il avait voulu tuer, qu'il avait détesté, était maintenant celui qui lui ouvrait les bras.
Quelle ironie.
Le fait qu'il avait une place dans l'univers.
Enfin.
Il la sentait cette place.
Et il ne voulait pas la quitter…
µµµ
Des coups à la porte forcèrent Nagisa à sortir des bras de Yuuji. Mais, heureusement, ça ne lui demandais pas tellement d'effort. Il appréciait le contact mais moins le fait qu'ils regardaient la télévision. Parce que c'était, encore une fois, des émissions culinaires. Et même s'il ne reprochait jamais à quiconque de manger de la viande, même s'il évitait, il n'aimait pas trop voir toutes ses préparations de viandes.
Ces coups lui permettaient donc de fuir et de se hâter de rejoindre la porte qu'il ouvrit.
Il ne put cacher sa stupeur de voir Gakushuu devant lui. Ce n'était pas son genre de venir ici. Dans cet endroit qui n'était sans doute pas à la hauteur de ce qu'il était. D'un autre côté, il avait vu où il vivait… il supposait donc que quelque chose d'important le faisait venir ici.
- Oui ? Sourit le bleu.
- Bonjour. Je n'ai rien amené, désolé.
- Ce n'est rien. Certifia Nagisa. On a vraiment beaucoup à manger ici. Et on n'aura qu'à dire que c'est professionnel. Rit-il.
- En effet. Dit le jeune professeur en entrant dans l'appartement.
Un « en effet » trop… sérieux.
Bien sûr, il était toujours sérieux mais son sérieux était trop sérieux cette fois-ci. Ce genre de sérieux qui lui faisait dire qu'il avait intérêt d'emmener le compagnon de son ami aussi loin possible que Yuuji.
Pour ne pas l'inquiéter.
Il sourit alors à Gakushuu et l'emmena dans la cuisine, prétextant avoir le repas de ce soir à faire.
- Tu as besoin d'aide ? Questionna Yuuji.
- Non ! Gakushuu va m'aider, il cuisine super bien !
- J'en serai seul juge !
Le bleu rit et n'eut pas besoin de donner des explications au jeune homme qui le suivit dans la cuisine étriquée.
- Vous avez eu de meilleurs lieux que ça.
- Comment le sais-tu ? Demanda poliment Nagisa.
- Karma. Il te tient à l'œil, il a remonté la chronologie, retracé vos gestes. Vous n'êtes pas si transparent que ça.
- Ou il est très doué. Rit l'assassin.
À ça, le jeune professeur ne répondit pas. Mais, lorsqu'ils commencèrent à découper la salade, les tomates et les morceaux de tofu, l'invité attaqua le sujet qui fâchait.
- J'ai discuté avec Karasuma-san.
- Moi aussi.
- Je pense que le mieux pour toi, c'est de montrer de bonnes intentions et de te présenter à la police.
- Pourquoi ?
- Pour t'y rendre. Pour prouver ta bonne foi.
Nagisa posa son couteau et se tourna vers lui.
- Et si les meurtres s'arrêtent mystérieusement, on ne me libérera jamais.
- Je ne peux pas te jurer qu'ils continueront. Je ne peux pas te dire que les meurtres continueront. Parce qu'on ne les commettra pas. Tu avais l'air de dire que quelque chose se passait pour toi, pas vrai ?
- Ce n'était rien. Répondit l'assassin. Des désagréments. Dit-il.
- D'accord. Réfléchis-y, c'est tout.
- À quel point tu aimes Karma ?
Le professeur soupira.
- Je ne suis pas mon père. Ce n'est pas mon genre de faire des machinations pour obtenir ce que je veux. Je suis venu te voir pour t'en parler comme un ami, pas un ennemi. C'est vraiment dans ton intérêt de te rendre à la police. Ça plaît toujours. Pas nécessairement en disant que tu es le coupable… Juste en te rendant. En acceptant une garde à vue.
- C'est trop court… Répondit Nagisa. Mais je suis vraiment touché que tu veuilles m'en parler. Est-ce que tu restes manger avec nous, au final ?
- Je sens bien que je ne suis pas le bienvenu. Navré d'avoir dit ce que je pensais. Fais ce que tu veux. À une prochaine fois. Et essaie de ne pas trop être un assassin. Il n'est pas dit que Blue Paralysia pourra continuer comme ça.
- Mais bien l'Assassin des Enfers ?
- Je peux être le meilleur avocat au monde si je le décide. Mais je n'ai pas de raison de mettre Karma en danger pour toi.
Sur ces mots, fort âpres, Asano rendit son couteau à Nagisa avant de parler, le pas sec. L'assassin se dit que c'était tant mieux. Ça c'était mal terminé, tant pis. Il n'avait pas besoin de son aide… Surtout si on le voyait tellement comme un monstre.
Un assassin, oui. Un monstre…
Il devait déjà supporter le poids de son physique…
