Cela faisait une semaine que je n'avais presque pas dormi, une semaine que je n'avais presque pas mangé et une semaine que l'on avait arrêté de parler lui et moi. Mon cœur souffrait, mon esprit souffrait, je voulais que la mort me prenne mais elle ne m'écoutait pas. Les rares fois où je croisais mon père, il préférait quitter la pièce que de me voir.

Je m'étais assise à la cuisine retenant mes larmes, aucune d'elle ne devait tomber pour elle. Je devais réapprendre à enfouir ma souffrance au fond de moi et ce devait commencer par ne pas pleurer.

- Mademoiselle va bien ? Demanda Wonka qui me sortit de mes pensées

- Oui ! Dis-je en le souriant qui aurait voulu être plus sûre de soi

- Mademoiselle veut quelque chose ? Demanda-t-il suspicieux

- Ne te dérange pas ! Dis-je en me levant

Je me dirigeais vers le réfrigérateur pour me prendre un verre d'eau. Cela faisait plusieurs jours que mes jambes ne me supportaient plus et que j'étais victime de vertige mais sans conséquent. Alors que j'étais sur le point d'empoigner la bouteille d'eau, tout devint noir et je me sentais chuter sur le sol dur avec beaucoup de violence. J'avais sombré dans une sorte de coma où je ne ressentais rien, où je ne pensais à rien. Lorsque je me réveillais, les souvenirs les pensées et j'étais toujours-là. En tournant la tête je vis mon père inquiet et apeuré. Il souffrait et tous cela par ma faute.

Il posa sa main sur mon front, me fit boire une gorgée de chaque fiole avant de se lever

- Ne partez pas ! Demandai-je pathétiquement

- Vous avez besoin de repos, dit-il en se maîtrisant, je repasserai tout à l'heure

Il tourna les talons me laissant seule. Dans toute ma vie je ne m'étais jamais sentie aussi seule que maintenant. Je me recroquevillais sur moi-même avec une seule idée en tête mettre fin à tout cela. C'est en regardant la fenêtre que j'eus cette idée. Je m'étais levée assez difficilement et je m'étais dirigée vers elle essayant de ne pas tomber.

Si telle était ma destinée alors je l'accepterai sans broncher. Après toutes les atrocités subis, sauter d'une fenêtre ne me faisait pas peur.

Je n'avais pas été assez rapide, les tableaux prévinrent mon père qui de retour me gifla. Je perdis l'équilibre et j'atterris au sol.

- Comment osez-vous petite imbécile, commença-t-il en laissant sa rage aller, après tous ce que j'ai fait pour vous. Je vous ai sauvé, je vous ai recueilli, je vous ai élevé comme mon propre enfant, dit-il

- …, mes larmes tombèrent une à une

- Pourquoi Lily ? Je ne comprends pas ! Pourquoi agis-tu de la sorte ? Demanda-t-il désemparé

- …, je plaçais une main devant ma bouche réprimant un cri

- Que t'ai-je fait ? Demanda-t-il pathétiquement

- Vous, dis-je en essayant de reprendre le contrôle, vous ne m'avez rien fait

- Alors pourquoi ? Réponds-moi ! Pourquoi agis-tu aussi stupidement ?

- Parce que … répondis-je plaçant ma main devant ma bouche

- Parce que quoi ? Insista-t-il

- Je ne veux pas que cela recommence ! Répondis-je en hurlant de colère

- Je suis ton père et j'ai le droit de savoir ! Répliqua-t-il sur le même ton que moi

- Et comment vous voulez que je vous dise que j'ai été violé ? Demandai-je en ne me rendant pas compte que c'était sorti

- …, je le vis faire quelque pas en arrière

- Ou … oubliez ce que je viens de dire, ordonnai-je en ravalant mes larmes

Il posa une main sur mon épaule que je repoussais.

- Oubliez ce que je viens de dire !

Je me levais tremblante, tenant à peine sur mes jambes répétant à tue-tête d'oublier ce qu'il venait d'entendre, de m'oublier moi. Je sortis de la pièce et en descendant l'escalier, je manquais une marche. Si mon père ne m'avait pas rattrapé de justesse je me serais retrouvé à l'hôpital.

- Pitié ! Pitié ! Pitié ! Suppliai-je, oubliez ce que j'ai dit !

- Comment peux-tu me demander une telle chose ? Demanda-t-il inquiet

- C'est, commençai-je en ravalant mes larmes, c'est ma douleur, mon fardeau, mes pêchés. Personne ne doit y … y être mêlé

- Maintenant ça suffit ! Dit-il en élevant la voix me faisant sursauter. Je suis ton père ta souffrance est aussi ma souffrance, ta joie est aussi ma joie, tes pleures sont aussi mes pleures

Je poussais un long hurlement. Je refusais de comprendre, je refusais de l'admettre. Je l'avais poussé de toutes mes forces avant de reprendre ma route vers la sortie. Je m'étais écroulée au pied de l'escalier criant toujours à plein poumon. Il me regarda de haut et là je vis une petite étincelle traverser ses yeux. C'était donc à grande enjambée qu'il descendit l'escalier, me porta et qu'il se dirigea vers la porte

- NON, hurlai-je désespéré en voyant ce qu'il allait faire. Ne … ne me renvoyez pas ! Je … je ferais tous ce que vous voudrez, ajoutai-je pathétiquement

Sans prendre en compte mes dires, nous disparûmes pour atterrir devant une petite maison assez accueillante. Je l'avais mordu et je me mise à courir dans l'autre sens mais d'un coup de baguette il me rattrapa et fit abattre sa main sur mes fesses avant de se remettre en route vers la maisonnette. Il frappa trois fois alors que je pleurais toujours pathétiquement.

- La chambre ? Demanda-t-il pressé

Sans perdre une minute, la femme qui nous avait ouverte lui montra le chemin. Il monta à une de ses vitesses me déposant sur un lit ou du moins il essaya. Je ne voulais pas me détacher de lui, je ne voulais pas qu'il m'abandonne lui aussi. Je pleurais désespérément comme une hystérique refusant d'écouter quoique ce soit

- Écoute-moi ! Supplia-t-il. Lily écoute-moi

- Ne me laissez pas ! Je ferais tous ce que vous voudrez ! Suppliai-je

- Je ne vais pas t'abandonner ! Dit-il alors que je me raccrochais à lui. Lily je ne vais pas t'abandonner. Tu vas aller prendre un bain, commença-t-il alors que je m'accrochais toujours à lui

Il m'obligea à le regarder pour cela il dut faire en sorte que je me décolle de lui une minute.

- Tu vas aller prendre un bain, mettre d'autre vêtement et te reposer ! D'accord ? Demanda-t-il tendrement

Je le regardais un moment avant d'hocher la tête. Il me conduisit à la salle de bain où il me fit prendre un bain, et me conduisit au lit. J'étais fatiguée mais je ne savais pas si j'allais parvenir à gagner le sommeil. Il me déposa sur le lit qui était vide avant de ramener la couverture sur moi et de m'embrasser.

Je m'endormis paisiblement, mon esprit était vide de tout émotion mais cela ne dura pas. « Chassez le naturel et il revient au galop » disait-on. De tous mes cauchemars celui-là était le plus concis, je n'avais pu me reposer qu'une trentaine de minutes voir 45 minutes pas plus. J'étais fatiguée, je n'en pouvais plus. C'était donc dans un élan ou un geste désespéré que j'essayais d'enfoncer la porte. Je savais qu'elle était ouverte mais j'espérais avoir mal, très mal pour que la douleur l'emporte et que je m'évanouisse

Je pris mon élan depuis le fond de la pièce fonçant l'épaule la première dans la porte. J'avais l'impression que le coup était plus puissant en criant. Je pris mon élan une fois encore criant à plein poumon avant d'abattre mon épaule qui était ensanglanté dans la porte. Lorsque la porte s'ouvrit, sur un homme qui avait l'air mécontent, je le vis remonter ses manches avant de me saisir le poignet et me faire asseoir.

- Ne bougez surtout pas ! Dit-il furieux

Il sortit de la pièce en colère avant de revenir avec un attirail. Il me fit enlever mon tee-shirt avant de lancer un sort de diagnostic. Il désinfecta la blessure avant de réciter une formule qui referma ma blessure à l'épaule. Il me fit boire une fiole qui apaisa ma douleur à l'épaule et une fois fait il prit sa revanche.

Il me bascula sans une once d'hésitation sur ses genoux, baissant pantalon et culotte pour m'appliquer une longue et douloureuse fessée. Je ne tardais pas à gesticuler sous les coups et à pleurer. La femme qui nous avait ouvert, accouru à notre rencontre

- Mais qu'est-ce … ? Demanda-t-elle sans avoir le courage de terminer sa phrase

- J'inculque à ma fille la notion de sécurité

- Mais ce n'est pas le moment ! Hurla-t-elle

- Au contraire ! Dit-il en accélérant la cadence. Je lui ai déjà dit qu'elle n'avait pas à subir tout cela seule donc si je n'arrive pas à la faire entrer dans sa petite tête, je suis persuadé que de cette façon j'y arriverai

- Pardonnnn ! Ajoutai misérablement

Lorsqu'il eut terminé, il me prit dans ses bras et je m'endormie sur lui rapidement à cause de la fatigue. Depuis une semaine, je n'avais pas aussi bien dormi même si mes fesses souffraient le martyr. Mes habituels cauchemars furent remplacés par une femme dont le visage m'était toujours caché mais qui me berçait tendrement, chassant mes idées noires. Je me mise à sourire bêtement dans mon sommeil lorsqu'elle passa la main dans mes cheveux. Je m'étais réveillée un bon moment plus tard sur mon père qui parlait au salon. Il se tourna vers moi quand je commençais à ouvrir les yeux

Tout me revint clairement, et la situation était assez gênante surtout qu'il n'avait pas l'air pressé ou plutôt qu'il n'avait pas envie de me laisser me lever

- Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il en replaçant une mèche derrière mon oreille

- Fatiguée ! Répondis-je

- Je vais voir où en est le dîner ! Prévint la femme qui voulait nous donner un moment seul

- Le soir où vous m'avez repoussé, vous avez fait un cauchemar ? Demanda-t-il subitement

- Ma première fois, avouai-je honteuse. Je ne voulais pas …

- Chut ! Dit-il tendrement, c'était la seule chose que je voulais savoir, dit-il en m'en lassant

- Vous ne m'en voulez pas ? Demandai-je surprise

- Bien sûr que non, c'est moi qui suis désolé de ne pas avoir su te protéger Lily

- Quoi ? Demandai-je sous le choc

- J'aurais dû te protéger mieux que cela et j'ai failli à ma mission, pourras-tu me pardonner ? Demanda-t-il tendrement

J'hochais la tête alors que je me serrais encore un peu plus contre lui. Le soir même, après m'avoir fait boire une fiole de potion de sommeil sans rêve, il me laissa me reposer et repartit. J'avais été surprise de l'entendre présenter ses excuses surtout aussi sincère. S'en était surprenant venant de sa part. La nuit se passa sans aucun encombre, j'avais bien récupéré la preuve, lorsque je me réveillais il était bientôt 12h00. Je descendis l'escalier lentement me rappelant que je n'étais pas chez moi. En arrivant dans le salon, je vis la femme qui buvait un thé, elle vint à ma rencontre alors que je reculais je casais un vase

Je plaçais ma main sur ma bouche confuse, je commençais à sortir des vaps, je ne me rendais pas encore compte de la situation.

- Ne t'inquiète pas ! REPARO, dit-elle en agitant sa baguette.

- Où … où est le professeur Rogue ? Demandai-je avec une voix tremblante

- Il est passé ce matin mais tu dormais, il passera ce soir, dit-elle confiante

- Je veux mon papa, réclamai-je en sentant les larmes monter

- Tu veux le parler ? Demanda-t-elle tendrement

J'hochais la tête timidement avant de prendre sa main. Elle me fit asseoir dans le salon avant de plonger sa main dans une sorte de pot et de balancer le contenu dans la cheminée. Je ne savais pas ce qu'elle avait fait, mais à l'autre bout j'entendais la voix de mon père qui s'empressa de prendre de mes nouvelles. Il me rassura en me disant que je n'avais rien à craindre, que j'étais en sécurité. Même si je savais tous cela, je voulais juste entendre sa voix.

Une fois la communication interrompu, nous nous mirent à table, le repas était vraiment exquis même les légumes avaient un gout différent.

- Le repas te plait-il ? Demanda-t-elle

- Beaucoup ! Répondis-je avec enthousiasme

- Lily, je sais que je n'ai aucun droit de me mêler de ce qui ne me regarde pas mais Severus avait l'air chamboulé, commença-t-elle pendant que je buvais un verre d'eau

- Je … je ne le savais pas, répondis-je en sentant ma main trembler

Elle s'était levée et vint s'asseoir prêt de moi avant de me prendre les mains.

- Je sais que tu as un passé douloureux mais tu ne dois pas tout garder pour toi, dit-elle tendrement

- Je … je n'y arrive pas, je suis désolée mais je n'y arrive pas ! Répondis-je avec une voix qui tremble

- De quoi as-tu peur ? Qu'il change ? Qu'il te rejette ? Qu'il te déteste ? Demanda-t-elle

- Je … je … je ne sais pas, un peu de tout je dirais, répondis-je en tournant la tête

- Ma puce, il est ton père et il t'aime, dit-elle en resserrant ses mains sur les miennes

- L'amour ne fait pas tout ! Rétorquai-je, il … il … va finir par me détester et … et je n'y pourrais rien, répondis-je en essayant de contrôler ma voix

- C'est là où tu te trompes ! Si tu veux vraiment faire une croix sur ton passé alors tu devras lui en parler, conseilla-t-elle

- J'ai peur !

- Il est normal d'avoir peur, mais je peux t'affirmer qu'il t'aime et qu'il serait prêt à donner sa vie pour la tienne, ajouta-t-elle

Elle essaya de me pousser à tout déballer mais c'était dur, très dur. Je ne savais pas vraiment quoi faire, elle m'encouragea à tous laissé sortir. J'avais pleuré dans ses bras, cette fois j'étais décidé, je voulais vraiment faire une croix sur mon passé et définitivement.


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