Bon. Voilà un moment que je me suis absentée. Mais les quatre derniers textes qui terminent ce recueil sont enfin prêts ! Un par semaine à partir d'aujourd'hui. Celui-ci est moins centré sur les sentiments que les précédents, ainsi que le suivant. Je m'excuse par avance pour la qualité un peu moindre, c'est assez difficile de reprendre un recueil après tant de temps... Bonne lecture !
Fracas
C'était le fracas de la bataille, les rugissements et les cris, la souffrance et l'ivresse de la victoire. Les camps se faisaient face, se défiaient du regard avant de s'élancer dans le combat, faire couler le sang. Les armes, plus redoutables les unes que les autres, tourbillonnaient dans l'atmosphère, meurtrières. La danse des plus efficaces se transformait en un ouragan de dévastation.
Puissance mesquine, la magie crépitait dans l'air.
Levy serra brièvement le bras de Gajeel, désolée, blessée par tant de violence sans raison. Puis, son regard chocolat se détourna du massacre pour se fixer au-delà; majestueuses dans leur caractère sinistre, l'amalgame de tours, de pierre, de lierre et de métal s'élevait dans le ciel, surplombant la scène. Au sommet, elle imaginait parfaitement l'instigateur de cette comédie cruelle en train de contempler son œuvre, un marionnettiste dément qui se délectait de voir ces peuples s'entretuer.
Entre ses mains tremblantes, elle sentit les muscles de Gajeel se tendre à mesure qu'il serrait les poings. Elle leva la tête, porta les yeux sur lui, constata la fureur qui crispait son visage. Elle sentit les prunelles rougeoyantes glisser sur elle tandis qu'elle reportait son attention sur morbide divertissement. Il la jaugeait, avec précaution, analysait sa détermination, sa force.
Levy n'avait pas l'intention de flancher.
Gajeel comptait bien la protéger.
Ils échangèrent finalement une œillade, celle des héros épris de justice; leurs cœurs battaient à l'unisson, partagés entre risques et grandeur, colère et terreur. Pas celle de son propre sort, mais cette peur pernicieuse qui se glissait dans les entrailles, bien plus douloureuse. Pas une crainte instinct, pas un sentiment à l'égocentrisme duveteux, mais la véritable inquiétude pour l'autre. Le tout se teintait d'une détermination sans faille.
La décision était déjà prise, hors de question d'attendre plus longtemps.
Ils s'avancèrent d'un pas commun.
— Solid Script : Push Back !
Sous les inflexions du pouvoir de Levy, les lettres se matérialisèrent, grandirent, repoussèrent leurs ennemis en un large arc de cercle. Gajeel prit les devants, et d'un hurlement d'acier, entreprit d'écarter les combattants acharnés pour se frayer un passage dans les hostilités qui faisaient rage. Un léger moment de flottement laissa toutes les partis comme sonnés, comme si cette intrusion imprévue sur le terrain était une intervention des plus offusquantes. Puis ils revinrent à la charge, se jetant les uns sur les autres, certains essayant même de s'en prendre à Levy et Gajeel. Ce dernier parait tous les coups avec une efficacité redoutable pendant que le Dragon Slayer s'occupait de les garder saufs, Levy devait rédiger un sort qui garderait le marionnettiste prisonnier de son château, incapable d'user de sa magie malsaine.
C'était leur plan. Et leur détermination sans faille, leur confiance absolue en l'autre, cette harmonie singulière allaient les mener à la victoire. Levy se concentra sur son sort même dans le mugissement dément de l'affrontement, rassérénée par la tempête d'acier qui déferlait autour d'eux. Gajeel veillait sur elle.
