Chapitre 14 : Désirs de Severus

Le vent soufflait dans sa fourrure grise. A son côté, Schwarz courrait aussi, ils se trouvaient dans les landes. Les landes natales, celles de la presqu'île du Cotentin, qui regorgeaient de magie. C'était le bonheur. La liberté de courir, le nez au vent, est ce qui réjouit le plus tout bon loup qui se respecte. Un grognement tout prêt d'eux les obligea à s'arrêter. Ils ne surent pas d'où il venait. Soudain, une douleur lancinante réveilla Ayla. Ah, je ne faisais que rêver !. Elle était au sol et baignait dans une mare de son propre sang. Ainsi, je ne mourrais pas d'un Avada Kedavra ?. Elle gémit doucement.

- Tu es réveillée, métis ?

- Hummmm !

- A peine ! En attendant… écoutes… je t'ai tellement bien "lacérée" que plus aucun homme ne voudra de toi, si tu survis ! Seul ton visage reste intact… mais peut-être vais-je m'y amuser aussi !

Toute à sa douleur, Ayla ne répondit pas. Pourquoi ne puis-je à nouveau sombrer dans l'inconscience ? . Il leva une de ses pattes et lui posa sur la cuisse où le plus de lambeaux de chair lui avait été ôté. Elle hurla de douleur et se mit à pleurer !

- Enfin, tu pleures ! Moi qui en rêvait !

Le "pop" typique d'un transplanage se fit entendre. Apparut alors la silhouette noire de Severus Rogue. Il avait l'air plus pâle que jamais. Il vit au sol le corps d'Ayla et fronça des sourcils.

- Fenrir… je ne suis pas sûr que cela Lui plaise !

- Eh bien, j'en avais le droit avec tous les miens qu'elle a tués !

- Comme tu as tué les siens, Fenrir…

- Je ne me priverais jamais de faire mal aux gens, c'est trop jouissif et le Seigneur des Ténèbres me comprendrais, Lui !

- En attendant, il veut la faire parler aussi ! Je dois lui amener ! Il va falloir que je la guérisse avant de le faire !

- Tu ne vas pas me la prendre ?

- Oh que si, et si tu m'en empêches, tu règleras cela avec Lui !

- D'accord, emmènes, cette garce de métis, loin de mes yeux !

Rogue s'approcha d'Ayla et à l'aide d'un sortilège stoppa l'écoulement de sang. Il l'enveloppa dans sa propre cape. Il la prit dans ses bras et transplana dans une petite maison de forestier.

Il va ma falloir des heures pour la guérir, il me l'a mit dans un sale état. Merlin, qu'elle est belle et si courageuse mais comment a t'elle fait pour survivre à ses exactions ? Personne n'y était jamais été arrivé. Déjà que pour sauver mon filleul, je lui avais trouvé un courage extraordinaire… Cette famille, ces animagus génétiques sont si courageux et ils ont déjà tant sacrifié à la guerre ! Qu'elle est belle ! Mais que m'arrive t'il ? Il y avait des années que je ne m'étais pas préoccupé d'une femme ! Aaah, ces françaises… même endormies, elles arrivent encore à nous séduire !.

Rogue l'avait déshabillée car ses vêtements étaient en loques. Il arrêta son geste quand il ne lui resta plus que ses sous-vêtements. Il n'arrivait pas à détacher ses yeux de ses courbes très généreuses. Elle était très musclée aussi, sûrement ses activités nocturnes d'espionne et de louve. Il se reprit et passa une charpie couverte de désinfectant sur l'ensemble de ses blessures. Elle se mit à trembler sous l'effet de la douleur. Elle souffrait c'était évident.

Une fois guérie, comment arriverais-je à la remettre au Mage Noir ? Cela m'a déjà été tellement difficile de tuer Albus et de ne pouvoir plus défendre Drago que cela ! Mais livrer un membre de l'Ordre du Loup Gris… Et elle est déjà dans un sale état, elle ne pourra pas survivre à la torture par Voldemort.

Il alla à la table recouverte d'ingrédients, de fioles et d'un chaudron. Il commença alors à fabriquer ce qu'il fallait pour la soigner. Il fabriqua tout d'abord une potion revigorante, puis une cicatrisante. Il lui tournait quand il l'entendit gémir. Il versa la potion revigorante dans un verre et revint à sa malade. Avant de s'approcher, il la regarda intensément. Greyback l'avait peut être lacérée mais son corps nettoyé paraissait toujours aussi désirable. Désirable, je suis fou, désirer une blessée ! Merlin, ces formes… oui, malgré tout, je la désire Il souleva sa tête et versa la potion entre ses lèvres entrouvertes. L'instinct la fit déglutir et avaler le liquide. Il alla chercher la potion cicatrisante qui elle était externe. Il entreprit de lui de lui passer sur ses blessures. Il devait aller lentement afin que l'onguent pénètre bien les tissus. Plus les minutes passaient, plus il avait l'impression que la chaleur de la pièce avait monté de plusieurs degrés. La jeune femme gémissait et se retournait dans tous les sens. En effet, l'onguent commençait à faire son effet, les cicatrices devaient la picoter quelque peu. Elle ouvrit les yeux et le dévisagea.

- Severus ?

- Oui, Ayla, c'est moi !

- Pour... pourquoi êtes-vous tout rouge ?

- Je je… il regarda alors sa poitrine puis ses hanches

Elle baissa ses yeux sur son corps et releva les yeux vers Severus, et le vit encore plus rougir. Un sourire éclaira son visage.

- Oh vous autres, anglo-saxons, vous êtes vraiment d'une pudeur qui frise le ridicule !

- Comment ?

- Vous m'avez déshabillée pour me soigner, non ?

- Oui !

- Alors… c'est normal…

- Oui, vous avez raison !

- A moins que vous n'en ayez profité pour me "peloter" ?

- Ayla !!! Cria t'il en rougissant derechef.

Il la vit sourire malicieusement et lui rendit ce sourire. Ils n'arrivèrent pas à se quitter les yeux. Il avait l'impression de se noyer dans le regard bleu. Quant à elle, elle eut l'impression de plonger dans le même type de regard que celui son défunt fiancé. Des yeux foncés anthracite qui luisaient comme ceux d'un loup. Et s'il était un animagus loup ? Il se redressa tout d'un coup.

- Je dois continuer à vous soigner !

- Pourquoi ? Si c'est pour me remettre à Voldemort ! C'est cela, non ?

- Oui, et cela me désole !

- Chacun sa mission ! J'ai échoué dans la mienne ! C'est un juste retour que ma "punition" vous aide à renforcer votre position !

- D'où vous vient cette abnégation ?

- Je pourrais vous retourner la question !

- Moi, faire preuve d'abnégation ?

- Oui, vous n'avez plus de vie privée, plus d'amis, plus de mentor, plus de collègues, seulement un Maître et le pire de tous ! Tout cela pour continuer la mission qu'Albus vous avez confié !

- Je MERITE tout cela ! Par ma faute, la femme que j'aimais est morte ! De toute façon, je n'avais déjà plus tout cela bien avant le début de ma mission!

- La femme que vous aimiez ?

- Je l'aimais depuis mon entrée à Poudlard… Elle était une des rares à me parler sans condescendance et mépris. L'amour s'est installé sans que j'y prenne garde. Pour mal faire, celui qui allait devenir son mari et le père de son fils était aussi un de mes pires ennemis ! Ma déception lors de leur union ainsi que sa maternité m'ont entraîné vers Lord Voldemort.

- Vous l'avez quitté !

- Oui, parce qu'à cause de mon "bavardage", cette femme a été tué par Lui !

- Severus, je jurerais qu'Albus vous disait de laisser le passé au passé !

- Comment avez-vous deviné ?

- Parce que mon oncle a beaucoup de points communs avec le défunt ! Quand je les voyais ensemble j'avais l'impression qu'ils étaient frères. Excepté que…

- que Guillaume est un géant musclé !

- OUI !!!

- Comment vous sentez-vous ?

- Moi ? Je vais bien grâce à vos soins !

- Vous sentez vous capable d'affronter Voldemort ?

- Oui, il le faut ! Allons-y Severus !

- Oui, mais pas avant que j'ai fait cela !

Il la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur celles de sa patiente. Elle l'enlaça et ouvrit sa bouche et le laissa entrer sa langue dans sa bouche. Vu de l'extérieur, il avait l'air si froid mais avait des lèvres si chaudes et torrides. Son étonnement laissa la place à la passion mais il calma le jeu et se recula.

- Veuillez m'excuser !

- De quoi ?

- J'ai profité de votre faiblesse physique !

- Vous rigolez, nous sommes deux adultes qui avons cédé à notre attirance mutuelle ! Personne n'a profité de personne.

- Je n'avais plus désiré quelqu'un comme je vous désire !

- C'est très flatteur mais c'était avant ou après m'avoir déshabillée ? reprit-elle en riant

Il écarquilla les yeux. Comment peut-elle rire ? Alors que sa vie est en danger ? Comment peut-elle aller jusqu'à admettre qu'il lui plaisait ? Quelle femme formidable mais pourquoi arrivait-elle si tard dans sa vie et à un si mauvais moment ?

- Je crois vraiment qu'il faut que l'on y aille maintenant

- Ne regrettiez rien Severus !

Il l'étreignit, baisa son front et transplana avec jusqu'à son "Maître". Celui-ci était assis dans un fauteuil qui tenait plus du trône qu'autre chose.

- Ah Rogue, voilà enfin, cette fameuse "Louve de Normandie" !

- Comme vous vous en doutiez, Greyback avait commencé à la torturer dans l'une de ses tanières des Pyrénées !

- Elle m'a l'air bien mal en point ! Répondra t'elle à mes questions ?

- Je ne sais pas monseigneur, je l'ai soigné du mieux que j'ai pu !

- Eh bien, laissez-là où vous êtes et reculez-vous ! ENDOLORIS

Ayla hurla à s'en casser la voix. La douleur irradiait l'ensemble de son corps. Vraiment, Voldemort méritait sa réputation. Aucuns Doloris lancés par les mangemorts n'étaient aussi efficace contre elle habituellement. Je vais mourir cette fois-ci ! La main décharnée du Mage Noir tenait à peine sa baguette en main et pourtant l'efficacité du sort était à son maximum. La jeune femme se sentait partir. Derrière son futur assassin, elle vit le regard torturé de Severus, elle put y lire ce qui ressemblait à de l'amour. Elle essaya une fraction de seconde d'occulter la douleur et lança une pensée au Legilimens : "Severus, ne tentez rien, votre mission est trop importante... l'Ordre du Phoenix a trop besoin de vous. " Elle eut l'impression que son cerveau et ses organes étaient en train de littéralement griller. Elle sombra alors dans l'inconscience.