NB : Tout d'abord un grand merci à vous tous. Nous avons dépassé les 100 reviews, nous en sommes à 103 plus précisément avec 113 Followers et 64 Favorites. Et attention, en tout, 33,776 views. Juste waou. Je suis vraiment heureuse que cette histoire vous plaise. En espérant ne pas vous décevoir, et réussir à garder votre intérêt malgré ma lenteur.

Je n'ai pas envoyé de message privé cette fois ci, pour vous mettre à l'honneur dans ce chapitre. Donc, un grand merci (oui,oui, je me répète) aux reviewer de ce chapitre : Mademoiselle Mimme (la conjugaison est ma pire ennemie, et lectrice de l'ancienne version), Mini Yuya (une fidèle de l'ancienne 3), DGM medieval, Seigneur claw, baronnis et la plume d'Elena. Mais aussi tant d'autres, Tetile62, Karozthor the Necromagus, Raspoutine66, Philou… La liste est longue, je ne peux pas tous vous citer mais je vous dédie ce chapitre.

NB2 : Maintenant le concours. Le gagnant est : DGM-medieval. Tu peux me demander des informations sur cette histoire, l'ajout d'un personnage OC, un accent particulier sur un élément de l'histoire…

Et un petit supplément pour Seigneur Claw, auteur de la centième review. Tu peux me demander quelque chose, tout comme le gagnant.

Maintenant bonne lecture /smile/


~ Chapitre XIV :

« Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ;

travailler ensemble est la réussite. »

Henry Ford

Harry était perdu dans ses pensées, ou plutôt il angoissait terriblement à l'idée de se retrouver seul avec les Maraudeurs et Lily. Ils allaient le cuisiner, il en était certain. Assis sur un appui de fenêtre en face du bureau de Rusard, le garçon à la cicatrice attendait, triturant ses mains dans tous les sens, les yeux perdus dans le vide. Comment allait-il pouvoir gérer tout cela ? Quelles explications allait-il pouvoir donner ? Il avait parlé de la carte du maraudeur, il avait trouvé le chemin grâce à la voix de l'oracle résonnant dans son esprit. Avec un gémissement, Harry remonta ses jambes contre sa poitrine et plongea sa tête au creux de ses genoux. Tout était tellement compliqué et l'espace d'un instant il regretta d'avoir fait ce voyage. Il aurait peut-être pu y arriver avec Ron et Hermione. A l'heure actuelle, il ne pouvait parler à personne de son secret, hormis Drago qui l'avait rejoint récemment… mais il n'était pas avec lui. Il n'était pas à Poudlard. Il y avait bien sûr Severus pour l'épauler dans sa quête, mais il ne connaissait pas sa position plus que délicate.

Des bruits de pas le sortirent de ses pensées défaitistes, remarquant alors l'arrivée d'une silhouette féminine à la chevelure flamboyante. Son visage exprimait une forme de dépression qui lui fit un pincement au cœur. Pourquoi une telle mine ? Elle se rapprochait et elle semblait, tout comme lui quelques secondes auparavant, perdue dans ses pensées. Finalement, elle le remarqua, seulement arrivée près du bureau du concierge.

- Oh, tu es déjà là.

Harry se contenta de hocher la tête avant de détourner le regard. Il n'aimait pas être comme ça, mais il était bien obligé s'il voulait continuer sa mission sans paraître louche aux yeux des autres.

- Je n'ai pas eu l'occasion de te remercier.

Surpris, le jeune homme tourna brusquement la tête dans sa direction, faisant craquer ses cervicales et lui arracha de fait une grimace de dégoût. Il massa son cou un instant, comme pour vérifier que sa tête tenait toujours sur ses épaules. Que dire ? Que faire ?

- Ce n'est rien.

Oui voilà. C'était bien. Neutre et concis. Cependant, plutôt que de l'inciter à l'ignora, cela eut le don de l'inviter à continuer.

- James m'a dit que c'était toi. Que tu savais…

En gros, comment tu savais… Lily arrivait à demander les choses avec subtilité, sans paraître trop agressive, c'était bien mieux que la méthode violente, les insultes et les menaces. Mais Harry ne se laissa pas prendre au jeu. Il ne pouvait pas lui raconter son histoire, pour son bien. Malgré tout, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

- Je traînais dans les couloirs et je t'ai vu partir dans la forêt interdite.

Lily sembla se contenter de cette explication. Tout du moins pour l'instant. Un silence s'installa entre, durant lequel Harry se sentit légèrement mal à l'aise. Ses doigts recommencèrent leur valse folle, s'entrelaçant et se séparant.

- Tu en fais une tête !

Et le voilà qu'il relançait la conversation. Etait-il bête à ce point ? Il risquait d'entamer une discussion et donc de devoir répondre à des questions et…

- C'est ma première retenue.

- Oh.

Ce n'était que ça ?

- Si ça peut te rassurer, moi aussi. L'avantage de commencer sa scolarité plus tardivement.

Un sourire fleurit sur les lèvres rosées de sa mère, baissant la tension entre eux. Harry sentit une vague de chaleur s'insinuer en lui, le laissant tout doucement baisser ses barrières et se laissait aller avec cette étudiante, avec Lily, avec sa mère.

- Pour un préfet en chef, ce n'est pas très glorieux comme image, tout de même.

- Il faut tout essayer dans la vie.

Ils discutèrent ainsi pendant quelques minutes, Lily relatant ses expériences et Harry l'écoutant à la dérobée en prétextant un désir d'en savoir plus sur cette vie à Poudlard, contée par ses frères mais pas assez. Il était loin, en cure, puis ils étaient morts. La mort, rien de tel pour faire taire les questions et aborder un autre sujet. Et puis, il en apprenait plus sur elle, sur sa vie ici. Tout cessa lorsque la porte du bureau de Rusard s'ouvrit en un grincement sinistre, annonçant le début de leur retenue. Le concierge haussa un sourcil en ne voyant que deux suppliciés.

- Je suppose que les autres seront en retard, comme d'habitude. J'y suis habitué, j'ai l'autorisation de prolonger la retenue.

Un sourire édenté et crasseux éclaira son visage d'une telle façon que cela leur donna des frissons. Enfin, il s'agissait des maraudeurs, les professionnels de la retenue. Ils devaient bien mieux connaître le système. Le concierge les envoya à l'infirmerie pour ranger les lieux, nettoyer et trier les potions médicinales. Lily et Harry soupirèrent de soulagement, ce n'était pas une retenue trop sévère… peut être réservait-il un sort plus cruel au Maraudeurs ! Ce ne serait guère étonnant, ce vieux fou ne manquait jamais d'imagination pour eux.

Les deux étudiants partirent donc en direction de l'infirmerie, grimpant la volée d'escalier menant au premier étage tout en continuant leur discussion. Harry était celui qui posait les questions, s'interrogeant sur la vie à Poudlard, comment elle avait fait pour s'intégrer, ce qu'il fallait savoir…

- Les Serpentards ne sont pas du genre à aider leur prochain, même s'il s'agit d'un membre de leur maison.

Harry pouffa en se remémorant de la froideur de Rogue et la hauteur des autres, comme s'il n'était qu'une vulgaire punaise bonne à finir écrasée sous une semelle de caoutchouc. Cependant, il cessa rapidement en remarquant la mine soucieuse et pensive de la rouquine. Avait-il dit quelque chose ?

- Pourquoi as-tu… je ne comprends pas. Tu semblais différent, tu me parlais à moi et aux autres sans gêne et puis…

Le jeune homme se sentit mal à l'aise devant ces paroles pleines de bon sens et surtout lui reclaquant une vérité qu'il ne voulait pas entendre. Oui, il avait retourné sa veste pour se rapprocher de ce groupe suspect de Serpentard qui n'hésitait pas à dire leur position sur les évènements récents du monde magique et insultait sans honte les personnes d'ascendance moldue. Harry préféra garder le silence. Que pouvait-il dire de toute façon ? Qu'il était désolé ? Cela ne changerait rien. Il ne pouvait pas quitter ce groupe sous peine de voir une mine d'information lui échapper. Il devait se rapprocher de Voldemort, infiltrer ses rangs pour mieux le détruire de l'intérieur.

- Haley nous en a parlé, tu sais. Quand tu les as rejoints.

Oui, Harry se rappelait bien de ce moment où il avait tourné les talons, la tête baissé et chuchotant à peine ce mot « désolé », honteux. C'était comme s'il trahissait les siens. Que dirait Ron, Hermione, Ginny… Ginny… Harry fut frappé par ce souvenir. Durant tout ce temps, il les avait presque oubliés, préférant vivre pleinement dans son temps, se détendre avec Severus, Regulus aussi depuis peu et Sofia… Sofia ! Harry se sentit troublé et perdu, si bien qu'il s'arrêta au beau milieu des marches, le visage pâle. Lily, inquiète, s'était également arrêtée. Il cachait quelque chose, elle en était certaine. En vérité, depuis leur première rencontre dans le train, elle le soupçonnait de quelque chose. Quoi ? Elle n'en savait rien mais son instinct la trompait rarement. Il avait certes une bonne raison de venir à Poudlard sans avoir passé les six précédentes années mais… Il y avait toujours un « mais » concernant Nathanël Drawkins. Un mystère entier qu'elle cherchait à percer… et elle n'était pas la seule.

- Le temps passe trop vite, souffla-t-il en reprenant ses esprits.

Le temps… il pensait le contrôler, avoir un certain pouvoir dessus en croyant connaître les évènements futurs. Il avait tort de croire cela.

- Tu sais, je n'ai rien contre les nés-moldus. D'ailleurs j'avais…

Une meilleure amie ? Nathanaël avait grandi chez lui et était parti en cure, comment pouvait-il se faire des amis ? Il devait faire attention avec de parler, au risque d'attiser la méfiance de Lily et surtout des Maraudeurs. De ce que Remus et Sirius lui avaient raconté, ils adoraient mettre leur nez partout et c'était bien la dernière chose qu'Harry souhaitait, qu'ils viennent troubler sa quête.

- Une nourrice, continua-t-il finalement. Elle s'appelait Hermione, une née moldue. Elle est entrée au service de ma famille à ma naissance. Elle avait une formation de médicomage.

Harry se força à adopter un visage triste tout en regardant Lily.

- Elle s'est occupée de moi, m'a quasiment élevé.

- Qu'est-ce qu'elle est devenue ?

Harry garda un moment de silence, jouant son rôle comme s'il se trouvait au beau milieu d'une scène de théâtre. Convaincre son auditoire. Le timbre de sa voix légèrement mélancolique avait certainement attiré son attention.

- J'ai… préféré couper les ponts. Après ce qui est arrivé à ma famille… Je ne voulais pas être responsable de sa mort.

Ils n'avaient plus qu'à traverser le long couloir, au bout se trouvait la double-porte de l'infirmerie.

- C'est très noble.

- A croire que le choixpeau s'est trompé de maison.

Harry lui offrit un sourire moqueur auquel elle répondit par un petit rire. Oui, Nathanaël n'avait pas sa place parmi les serpents. Par son caractère, elle l'aurait plutôt vu à Gryffondor, il se serait sûrement mieux épanoui. Il aurait peut-être même pu s'entendre avec James et les autres. Elle en était certaine, mais le chapeau de la répartition ne se trompe jamais.

/ … /

- Punaise ! Qu'est-ce que ça pue !

Rusard avait eu l'excellente idée, de son point de vue, de les faire travailler à la volière sous étroite surveillance. Il restait adossé à la porte, raclant la crasse de ses ongles avec ses dents. Dégoûtant. Peter tenait à bout de bras une écuelle remplie de graines pourries, germées et de fientes, son autre main tentait de faire barrage aux odeurs immondes, les doigts pinçant furieusement son nez. Parfois, son corps était pris de haut le cœur tant il était écœuré. James, Sirius et Remus n'en menait pas large et le concierge gardait précieusement leurs baguettes, empêchant donc la pratique de tout sortilège pour aider à la tâche.

- Je me demande ce que font Drawkins et Lily.

Jales était inquiet. Non pas qu'il croyait son amour en danger, mais quelque chose chez le nouveau le dérangeait. Il semblait à l'aise dans le château et pourtant il n'y était que depuis quelques mois. Il avait trop rapidement retourné sa veste, ignorant la rouquine mais aussi Haley qui était également chez les Serpentard.

- Ce type est vraiment bizarre quand même. Il débarque directement en septième année, portant un nom qu'on croyait disparu avec les attaques des mangemorts et il semble tout à fait à l'aise ici.

Les autres opinèrent tout en vacant à leurs occupations ragoûtantes. Le nom de Drawkins était dans toutes les discussions tant le mystère planait autour de lui. Pour les maraudeurs, ses intentions étaient pour le moins obscures et surtout inquiétantes.

- Comment pouvait-il savoir pour Lily ?

C'était la question qui tournait dans leurs esprits depuis le début. Comment ? Il savait que Lily était en danger, qu'elle était partie dans la foret. Il aurait très bien puis la voir depuis une fenêtre mais James n'y croyait pas. Et puis, il était au courant pour la carte. Personne n'avait découvert leur secret. Une autre question miroitait dans leur tête, faisant résonner une sonnette d'alarme dans l'esprit de tous, et plus encore dans celui de Remus.

- Vous croyez qu'il est au courant pour nous ?

Ils se regardèrent, inquiet que leur secret puisse être connu d'un pur inconnu.

- On n'est pas ici pour bavasser ! Au boulot et plus vite que ça !

/ … /

- Tu ne peux pas t'empêcher de jouer les héros !

Harry leva les yeux au ciel tout en retrouvant Drago sur le quai de la gare. Non loin de lui, les autres en faisaient de même avec leur propre famille, sauf Sirius qui habitait désormais chez les Potter. Il se souvenait de ses paroles « Les parents de James m'ont accueilli comme si j'étais leur propre fils. » Au moins, il était heureux. C'était un bonheur de le voir si… vivant !

- Je ne l'ai pas fait pour le plaisir. J'avais une bonne raison !

- Tu as failli disparaître je suppose…

Le sarcasme de Drago lui fit grincer des dents, mais c'était un aspect de son caractère. Les gens peuvent changer, mais peut-être pas autant qu'on le souhaite. Finalement, le coin de sa lèvre se souleva doucement. Ce n'était pas si mal que cela en fait. L'ironie, il la maniait à présent avec talent, surtout depuis son entrée à Serpentard. Et sans un regard pour les maraudeurs et Lily, ils quittèrent le quai 9 ¾ pour se retrouver dans le coté moldu de la gare King Cross. Ils marchaient à la même allure, l'un à côté de l'autre et dans un silence complet qui semblait leur convenir. Que dire de plus après tout ? Harry avait passé un excellent moment, malgré la retenue, avec Lily, discutant de tout et de rien. Ils avaient même eu un fou rire lorsqu'Harry s'est emmêlé dans les draps qu'il portait, s'étalant de tout son long aux pieds de la jeune femme. Son nez était d'ailleurs encore douloureux, mais ce n'était rien. Rien du tout !

Ils déambulaient de longues minutes dans le centre-ville de Londres jusqu'à se retrouver aux pieds d'un immeuble, toujours moldu. Harry haussa un sourcil moqueur auquel Drago répondit par un sombre regard des plus assassins. Ils grimpèrent une volée d'escaliers jusqu'à cinquième étage, et ce malgré l'ascenseur. Lorsque Harry lui demanda si ce n'était pas plus rapide de le prendre, il récolta un « non » ferme et sans appel. Le survivant l'imagina alors coincé dans cet espace de quelques mètres carrés, hurlant sa détresse au monde entier, coincé ! Le jeune homme se mit à tousser pour dissimuler son rire, chose inutile vu le regard noir que lui lança Malefoy. Oui, le blond s'était sûrement retrouvé coincé et il aurait donné n'importe quoi pour voir cela.

Ils arrivèrent finalement devant une porte en chêne, dissimulant un appartement modeste mais décoré avec goût. Harry fut surpris d'y découvrir une télévision ainsi qu'un poste de radio, n'était-ce pas des objets purement moldus ? Oui, c'était vraiment surprenant, surtout venant de Drago Malefoy mais il comprit rapidement lorsqu'une jeune femme fit son apparition, un ange tombé du ciel tant ses traits étaient doux et son visage souriant, encadré par des boucles blondes.

- Je te présente Vicky. Vic, voici… Nathanaël ! Un… ami.

Drago était hésitant dans ses propos et il est vrai qu'Harry n'était pas encore tout à fait certain de leur relation. Qu'étaient-ils ? Pour l'instant, des alliés mais cela serait sûrement trop long à expliquer pour les autres. Et puis, personne ne devait savoir.

- Enchantée ! dit-elle avec un sourire éblouissant.

Harry lui serra la main avec le même sourire. Ils discutèrent ensemble quelques minutes, dire de faire plus ample connaissance jusqu'à ce que Victoria retourne à sa préparation du dîner, laissant les deux autres entre hommes. Drago l'emmena dans son bureau où trônait cette fois-ci des objets purement sorciers.

- Elle est moldue, n'est-ce pas ?

Elle n'avait pas cette originalité vestimentaire propre aux sorciers, bien que certain fasse l'effort de se fondre dans le décor, comme Drago aujourd'hui. Jamais, au grand jamais, Harry n'aurait le voir un jour dans un tel accoutrement et surtout en compagnie d'une telle jeune femme. Ce dernier d'ailleurs ne lui répondit que par un simple hochement de tête, le regard fuyant.

- Je te comprends. Elle est vraiment très jolie.

A cet instant, Drago fut pris d'une quinte de toux pour dissimuler son malaise.

- Bon, si on passait aux choses sérieuses maintenant ?

Après un dernier regard victorieux, Harry consentit à reprendre son sérieux en s'installant en face du bureau. C'était un meuble très simple, loin du luxe auquel il aurait pu s'attendre de la part d'un Malefoy. Mais au vu de son histoire, c'était tout à fait compréhensible, il avait tout perdu. Drago, pendant ce temps, préparé deux verres de whisky pur feu, une bouteille que lui avait offert Tom.

- Je suppose que tu vas profiter des vacances pour partir à la recherche des… Horcruxes, c'est bien ça ?

Harry hocha la tête, son regard brillant de détermination. Il regarda un instant le liquide ambré tournoyer dans son verre, perdu dans ses pensées et rassemblant ce qu'il savait de sa mission.

- Comme je te l'ai dit à Pré-Au-Lard, il a morcelé son âme. Les fragments sont enfermés dans des objets. Cela peut être n'importe quoi mais avec Dumbledore on pensait que son égocentrisme le poussait à choisir des reliques comme le médaillon de Serpentard ou bien des choses lui ayant appartenu comme son journal.

Drago savoura une gorgée de whisky, plongé lui aussi dans ses pensées. Il avait beau de concentrer, il n'avait jamais appris l'existence d'une telle chose, que ce soit dans les réunions ou bien par ses parents. Rien.

- Et tu sais où ils se trouvent ?

- Je sais que la bague des Gaunt est cachée dans les ruines de leur maison. Et je suis certain qu'il s'agit d'ors et déjà d'un Horcruxe.

Drago fronça les sourcils, perplexe.

- Comment ça « il s'agit déjà » ? Tu veux dire que certains d'entre eux n'ont pas encore été créés ?

Le survivant hocha la tête d'un air grave et inquiet. Comment pouvait-il savoir s'il avait détruit tous les fragments de son âme ?

- Le médaillon de Serpentard n'en est pas encore un. Un certain RAB avait réussi à le subtiliser et je suis certain qu'il s'agit de Regulus Black. Il est encore à Poudlard et il n'en sortira que dans deux ans.

Un silence pesant et empli de stress s'imposa dans la pièce.

- Je pense… non, je suis sûr qu'il y en aura six. Dans sa jeunesse, Voldemort a demandé de plus amples informations à Slughorn concernant les Horcruxes. J'ai vu son souvenir…

- Six morceaux…

L'horreur se distinguait aisément dans le timbre de sa voix. Comment un homme pouvait-il diviser son âme autant de fois ? C'était… horrible. Inhumain !

- La bague de Gaunt, le journal de Jedusor, le médaillon de Serpentard et la coupe de Poufsouffle… Ça nous en fait quatre. Il en reste deux à trouver. Un objet ayant appartenu à Gryffondor et un autre à Serdaigle ?

Harry hocha négativement la tête.

- J'ai sorti l'épée de Godric du choixpeau lors de ma deuxième année. Et ce n'en était pas un, j'en suis certain.

Dumbledore s'en était d'ailleurs servi pour détruire la bague. Donc ça leur faisait un item ayant appartenu à Rowena Serdaigle et un autre inconnu. Ils poussèrent un soupir, empreint de lassitude et aussi d'inquiétude face à la tâche qui les attendait. Oui, « les », parce que Drago allait l'aider. Voldemort avait causé bien trop de mal dans le monde sorcier et sa disparition pourrait être bénéfique pour lui, pour sa nouvelle vie, mais aussi pour son futur lui. Pas de mission. Pas de futur mangemort. Rien. Une vie tranquille de petit prince.

La présence de Vicky éclaira cette sombre journée, chassant d'un revers de la main leurs soucis et leurs tracas. Les rires emplirent rapidement le petit salon. Oublier, l'espace d'un instant et profiter. Harry avait cette chance d'être monsieur tout le monde à cette époque, un simple étudiant où il n'était plus celui qui a survécu, où il n'avait plus le poids de la prophétie sur les épaules. Ou plutôt, si, il l'avait encore mais sans que tout le monde ne soit au courant. Et surtout, Voldemort ne savait rien de lui. Il n'était rien !

Un sourire tranquille reposait sur ses lèvres tandis qu'il regardait la ville de Londres, vivante, une véritable fourmilière. Victoria lui avait préparait des couvertures et un oreiller pour dormir sur le canapé. Elle semblait gênée de ne pouvoir lui offrir plus de confort mais Harry la réconforta rapidement. C'était toujours mieux que son affreux placard chez les Dursley. D'ailleurs, c'étaient-ils déjà rencontré à cette époque ? Vivaient-ils à Privet Drive ? Oh et puis, quelle importance ! Ils n'occupaient pas la première place dans ses pensées, loin de là. Les mains derrière la tête, le corps dissimulé sous une petite couverture de laine, Harry se laissa submerger par la fatigue.

/ … /

- Tu te souviens de l'endroit ?

Harry hocha la tête. Dumbledore lui en avait parlé tout en dévoilant le maléfice qui rongeait petit à petit sa main. Les Horcruxes ont leur propre volonté, il s'agit d'un fragment d'âme, et pas n'importe laquelle, celle de Voldemort. Il fallait faire extrêmement attention et ne pas se laisser envoûter. Il se souvenait parfaitement du journal intime et de son pouvoir sur Ginny. Le survivant ne manqua pas d'avertir son partenaire, lui répétant sans cesse de faire attention. Cela faisait quelques jours qu'ils préparaient cette sortie.

- Tu vas me saouler encore longtemps Potter ?

- Drawkins, c'est Drawkins ! Mets-toi ça en tête une bonne fois pour toute.

L'agacement se ressentait nettement entre les deux jeunes hommes, mais l'angoisse étincelait particulièrement dans leurs yeux. Ils ne savaient pas ce qui les attendait ! Et ils n'avaient rien pour le détruire, il faudrait donc le placer dans un endroit sûr, un écrin hermétique qu'il pourrait emporter à Poudlard en attendant de récupérer l'épée de Godric. Après avoir repéré les lieux sur une carte, ils transplanèrent près du village de Little Hangleton, au sommet d'une colline surplombant ledit village. L'endroit était sombre et il y régnait une atmosphère pesante. Harry repéra un cimetière non loin et reconnu alors immédiatement les lieux. C'était là ! Lors de la dernière épreuve. Des images du passé le submergèrent, il revoyait Cedric mourir de la main de Pettigrow et Voldemort sortir du chaudron… Un frisson fit trembler son corps l'espace de quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits et de descendre en direction d'une maison en ruine. Ce devait être ici.

- Alors c'est ça, la maison des Gaunt ! Je m'attendais vraiment à autre chose.

Harry eut un rire amer.

- Ils ont dilapidé leur argent avec leurs mariages consanguins. Ils voulaient préserver la pureté de leur incroyable lignée.

- C'était des fourchelangue, pas vrai ?

Harry hocha positivement la tête tout en commençant ses recherches, soulevant des pierres et des tuiles. Drago en fit de même.

- Alors comment ça se fait que tu es cette faculté ? Tu n'es pas un descendant de Serpentard à ce que je sache !

- Dumbledore pense que Voldemort m'a donné une partie de ses capacités le jour où il a disparu.

Instinctivement, il toucha du bout des doigts sa cicatrice en forme d'éclair. Elle était douloureuse mais ce n'était qu'une question d'habitude, à présent il n'y faisait plus attention. C'est dans un silence monacal qu'ils continuèrent leurs recherches, soufflant de temps à autre, exprimant leur stress et leur fatigue à la tâche. Rien, toujours rien. Ils passèrent une partie de l'après-midi dans les débris jusqu'à ce que Drago s'immobilise.

- Je crois que je l'ai trouvée.

Du bout des doigts, le jeune homme sortit la bague des Gaunt, l'approchant de ses yeux pour mieux la contempler. Un anneau d'or épais mais finement ouvragé serti d'une pierre aussi noire que l'ébène. Harry sentit aussitôt la magie noire emprisonnée dans cet objet. Oui, c'était bien un Horcruxe. C'était bien la bague des Gaunt. Rapidement, il sortit de son sac sans fond une boite en bois, l'ouvrant pour permettre à Drago de l'y enfermer. La bague tomba dans un bruit sourd au fond de l'écrin, pensant lourdement comme pour empêcher le porteur de lui nuire.

- Alors c'est ça, un Horcruxe.

Harry ne répondit pas. Ce n'était pas une question. Drago avait un air effrayé sur le visage. Il avait senti le danger lui aussi.

/ … /

Il était là, au centre de l'îlot, droit et fier, un sourire sardonique sur les lèvres et les yeux brillant de satisfaction. C'était parfait. L'elfe à ses pieds se tordait de douleur tout en buvant cette potion d'un vert émeraude provoquant le désespoir. Les larmes coulaient abondamment sur ses joues, provoquant alors son entière satisfaction. Replissant à nouveau la vasque, Voldemort tourna les talons, empruntant un bateau semblable à celui de Charon, conduisant les ombres errantes des défunts à travers le Styx vers le séjour des morts. L'elfe hurlait qu'il voulait de l'eau, il s'en roulait par terre. Le mage éclata d'un rire sombre. C'était fait ! Encore un. Il assurait sa vie, sa très longue et éternelle vie.

Plus loin, au cœur de Londres, Harry se réveilla en sursaut, la main sur sa cicatrice.


Dans le prochain épisode :

... Surprise ! J'hésite entre deux évènements donc vous verrez bien !