Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Persos: France/Francis, Angleterre/Arthur et beaucoup d'autres évoqués.
Paring: Aucun pour le moment...
Genre: Romance, Family, Friendship, Angst
Chapitre 13: Rêves
Il faisait nuit, et la seule lumière venait des hautes flammes qui brûlaient tout sur leur passage, la ville dont la grand empire était si fière était envahie par les barbares, les romains fuyaient, beaucoup déjà morts ou pris par les troupes venues de l'est.
Francis sentait les petites mains de Feliciano qui agrippaient à sa tunique, il gardait la sienne contre les yeux de son petit frère. Pour ne pas qu'il voit les scènes de destruction, Antonio faisait d'ailleurs de même avec son petit frère hispanique et aussi avec Lovino. Héraclès serrait son chat contre lui, tremblant de peur. Égypte restait à fixer la ville en flamme, les yeux dans le vague.
Veneziano pleurait, appelait Rome, demandait quand est-ce qu'il allait revenir! Romano criait des insultes aux germaniques jusqu'à ce que la seconde main de l'hispanique le bâillonne. Petit à petit les enfants s'étaient recroquevillés les uns contre les autres.
Ils attendaient, attendaient...mais seuls le vacarme parvenait à leurs oreilles, ils espéraient revoir la silhouette familière de celui qui les avait élevé pendant toutes ces décennies.
«Père...»
Des larmes leurs piquaient les yeux, des tremblements les agitaient, ils avaient peur, étaient paralysés par l'angoisse et aussi par le spectacle.
Seuls! ils étaient tout seuls!
Cette fois, personne ne vint les rassurer ou les sauver, ils ne comptaient que sur eux-même, entre frères certes mais quand même.
Francis baissa les yeux sur son cadet qui le fixait des siens, emplis de larmes «Où est Rome? Je veux le voir, où est-ce qu'il est?
- Il se bat avec Germania!
- Il...ne va rien lui arriver non?
- Bien...» Francis sourit faiblement, stoppant ses paroles et écartant une mèche du front de son petit frère «Il n'a jamais perdu, tu le sais, ce n'est pas ce barbare qui va lui faire peur!
- C'est vrai!» Feliciano semblait un peu plus rassuré mais tremblait toujours, niché contre son frère. Romano aussi s'était calmé, mais la pâleur de son visage laissait présager qu'il ne se sentait pas à l'aise lui non plus.
Mais Francis était lui-même pris d'une terrible angoisse, d'un sentiment de peur qui le prenait à la gorge et quand il échangea un regard avec Antonio et Héraclès, il comprit que ce sentiment était clairement partagé par eux, suffisamment vieux pour sentir que quelque chose avait vacillé.
Il se leva sur ses jambes, posant son cadet par terre et s'approcha du bord de leur cachette, pour regarder dehors.
«La ville brûle...il y a des germains partout!
- Et presque plus de romains, ils ont tous pris la fuite!» renchérit l'égyptien à côté de lui. «Père aurait du nous ramener dans nos terres, peut-être qu'on y aurait été plus en sécurité!
- Toi peut-être mais je te signale que les miennes sont en parties envahies!
- ….Je sais, je suppose qu'il y aura aussi des invasions chez moi sous peu!»Il lança un regard par dessus son épaule, regardant les deux hispaniques et le grec qui tentaient de rassurer les deux héritiers de Rome. «Tu as le même pressentiment que moi je suppose!
- Concernant notre père? Oui!»
Le regard lugubre qu'ils échangèrent montraient à quel point leur inquiétude était grande. Aucun d'eux, suffisamment grand pour comprendre, n'était rassuré. Ils comprenaient en partie que quelque chose venait de basculer...
Et que plus rien ne serait jamais comme avant...
Il fit quelques pas en avant et la voix d'un de ses frères l'arrêta «Attends, on ne peut pas y aller! Père a dit de rester là et de l'attendre!»
Mais il n'écouta pas, lancé vers un direction précise, ce sentiment en lui ne voulant pas disparaître, ne voulant plus...il s'en souvenait de cette impression, la même que quand Gaule Celtique avait disparue.
«Non...pas encore s'il vous plaît pas encore...»
A qui adressait-il ces prières? Il ne savait pas lui-même. Au dieu des chrétiens? Aux dieux romains tombés en désuétudes? Aux dieux celtes peut-être? Il ne savait pas.
Il passa en trombe entre deux germains qui restèrent figés sur place, sans doute surpris par la présence de cet enfant en un tel moment. Une flèche sombre passa près d'eux quelques secondes plus tard.
«Francius attends! Attends moi!» L'hispanique tentait de rattraper son petit frère, craignant pour sa vie, déjà que la Gaule avait été envahis, le blond pouvait se faire attraper par n'importe qui maintenant.
Enfin ils arrivèrent sur le forum en flammes. Antonius attrapa fermement le bras de son cadet pour tenter de le ramener à la cachette.
«Regarde! Ils sont là!»
C'était la première fois que Francius revoyait Germania depuis la conquête de la Gaule. Cet homme venait donc encore détruire sa vie? Après avoir abandonné sa mère à l'envahisseur romain, voilà qu'il allait tenter de tuer son père ? Une rage profonde l'envahit, l'envie de détruire ce barbare le frôla, même s'il n'en aurait jamais eu le pouvoir, mais l'éducation latine avait repoussé les racines celtiques au fond de lui, si bien qu'il ne se passa rien. Et tant mieux après tout, il aurait été impuissant et aurait attiré sur lui l'attention des nations adultes.
«Père...»
Ils étaient de toute façon trop loin pour que le romain les entende et tant mieux d'ailleurs. Sinon nul doute qu'il aurait été déconcentré.
Antonius plissa les yeux, comme prit d'un mauvais pressentiment. Son cœur se mit à battre plus vite et une angoisse terrible le prit. Son instinct le fit sauter sur son demi-frère et lui plaquer la main, sur les yeux.
«Hé qu'est-ce que tu fais? Laisse...»
Soudain tous les enfants de Rome, où qu'ils soient, se figèrent. Felicianius et Lovinius se mirent à hurler avant que leurs aînés, les larmes aux yeux tentent de les calmer et de les faire taire pour ne pas que les barbares les entendent, Égypte les serra dans ses bras, le visage enfoui dans leurs cheveux pour ne pas montrer ses sanglots. Le jeune grec berçait le second fils d'Hispania en tremblant, des larmes roulant dans la fourrure de son chaton, agrippé à son genou.
Gaule Romaine repoussa son aîné qui le lâcha sans discuter. Il ne voyait plus que la nation barbare debout, son épée pleine de sang et puis...
«Non...»
Des larmes roulèrent de plus en plus vite sur ses joues. L'hispanique le reprit dans ses bras, tentant lui même de se rassurer sans trop y parvenir.
Une seule vérité les frappait tous.
C'était la fin de l'Empire.
De leur famille.
Et le glas de leur vie heureuse tous ensemble.
Mais plus que tout...Ils n'avaient plus de père.
Rome était mort.
Francis ouvrit les yeux brusquement, se redressant d'un coup, le cœur battant et le souffle court. Il leva une main tremblante pour tenter d'essuyer les larmes qui roulaient sur ses joues. C'était la première fois depuis longtemps qu'il revoyait la mort de son père. Enfin, revoyait...il avait su ce qui s'était passé mais ne s'en était pas souvenu complétement jusqu'ici. Peut-être avait-il occulté ces souvenirs douloureux? De même qu'il ne s'était jamais rappelé de la disparition de la Gaule. En même temps, si le peu de souvenirs qu'il avait étaient exacts, il n'y avait pas assisté, c'était Rome qui le lui avait dit.
Il s'assit dans son lit, se massant les tempes avec un rictus douloureux. Il attrapa un mouchoir au la table de nuit et se sécha les yeux, refoulant la boule d'angoisse venue en même temps que ses douloureux flash-back. Il n'avait décidément pas de chance, vraiment pas...Arthur était revenu, et il aurait du dormir maintenant qu'il avait retrouvé le sommeil.
Sauf que ses réminiscences avaient décidé de lui pourrir la vie! Et maintenant ça alternait entre souvenirs celtiques et souvenirs latin. Sa mémoire était en fouillis ou quoi? Après les souvenirs de l'époque celtique, c'était ceux de l'époque latine, plus précisément la fin. Et ça n'était probablement pas près de s'arrêter. Génial.
Ce serait quoi le prochain flash-back? L'occupation Franque?
Il n'avait pas de chance, décidément.
Il se leva lentement et se dirigea lentement vers le bureau où il se laissa tomber. Vu comment c'était partit, il n'allait pas se rendormir si vite. «Quelle poisse!» Il inspira profondément et se passa la main sur les yeux en soupirant.
La conquête de la Gaule par Rome.
Souvenirs peu présents et presque effacés, mais qui revenaient de plus en plus souvent ces temps-ci. Le souvenir de sa vie à Rome, floue mais certains moments restaient gravés, instants de joie comme de tristesses par moment. La disparition de la Gaule Celtique, comme une douleur dans son cœur, un sentiment longuement refoulé, un moment dont il ne souhaitait pas se rappeler. Ca faisait trop mal.
Lars, son grand frère, qui avait été longtemps une grande puissance, les Pays-Bas... Lars qui voulait le rendre un peu ''moins sensible'', moins ''contemplatif'' et plus guerrier...ils avaient été très proches à une époque, comme deux frères. Comme Antonio et son cadet, comme Feliciano et lui-même.
Jolien, sa sœur, qui était désormais Belgique. Douce et joyeuse, elle prenait toutes les petites tâches que leur confiait leur mère avec bonne humeur, chantonnant doucement. Elle chantait souvent, et c'était elle qui lui avait appris à faire des couronnes de fleurs.
Erwin, son petit frère, l'actuel Luxembourg, tête en l'air, joueur, toujours accroché à leur mère ou à l'un de ses aînés. Il s'était fabriqué une petite fronde avec laquelle il tentait (sans succès) de chasser. Tous les deux passaient parfois des heures à ramasser des fruits des bois pour les ramener à leur mère, même des champignons et ils ne se trompaient jamais, contrairement à Lars qui avait été interdit de cueillette après avoir en trouvé un qui aurait tué net un humain, lui avait juste été bon pour une grosse indigestion et deux jours de lit .
Ces souvenirs, à la fois flous et heureux, mêlés d'un sentiment à la fois doux et amer. Souvenirs d'une époque révolue dont il avait trop peu de souvenirs. Pas assez en tout cas.
Gaule...grande et puissante, sans peur. Rome ait eu peur d'elle à une époque avant de devenir puissant et de la conquérir, le récupérant pour le coup. Et il n'avait plus vu ses frères et sœur après ça, en tout cas pas avant un long moment. Il en avait eu de nouveaux d'un autre côté, différents mais il les avaient tout autant aimé.
Rome poussa le petit garçon devant une petite bande de garçons aux cheveux bruns ou noirs. L'enfant distingua des femmes un peu plus loin, des nations aussi...les mères de ces jeunes pays devant lui. La sienne était en encore ''à l'écart'' pour le moment, Rome n'avait pas encore vraiment eu le temps de parler avec elle.
«Mes enfants, je vous présente votre nouveau frère: Francius!»
Ils ne dirent rien tout de suite, l'observant avec un mélange de méfiance et de curiosité. Enfin, l'un d'eux, rajustant sa tunique, s'approcha, tenant un chaton contre lui et fit un signe de tête, un sourire un peu rêveur aux lèvres. «Bonjour, je m'appelle Héraclès! Je suis la Grèce Romaine»
Parlant à peine le latin (et le dernier mot, le prénom, étant grec), le petit celte eut du mal à comprendre mais cru en saisir l'essentiel, et répéta le geste, timidement.
«Moi c'est Antonius! Je suis l'Hispanie Romaine» s'exclama un petit garçon aux yeux verts, à la peau mâte et aux mèches sombres. Il sauta carrément au cou du nouveau venu avant de montrer une des nations dans le fond, un grande sourire aux lèvres: «Regarde là! C'est mama Iberia!»
La femme fit un léger signe à l'enfant qui hocha la tête, mal à l'aise.
Un autre garçon, habillé de blanc, arriva devant lui, fit un rapide salut «Je m'appelle Hassan! Je suis l'Égypte, comme ma mère» Il lui fit un léger sourire auquel le blond répondit après une légère hésitation (1).
Un petit garçon, bien plus jeune se précipita vers lui et lui sauta dans les bras, ses cheveux de la même couleur que ceux de Rome, et ses yeux identique aux siens, montrait l'évidente parenté.
«Un nouveau grand frère! Je m'appelle Felicianus! Et là, là c'est mon frère Lovinius! On est le Nord et le Sud de toutes ces grandes terres des grandes montagnes jusqu'à l'île!
- Je peux me présenter tout seul idiot!» Cracha la copie en un peu plus vieux du petit, mais aux cheveux plus sombres. «Et toi le nouveau pourquoi t'as les cheveux blond comme Germania? T'es notre frère pourtant non?
- Ce n'est pas mon père!» Ces mots lui avaient échappé, fruit d'une douleur, d'un sentiment de trahison. Le germain n'avait sauvé que ses enfants, l'abandonnant avec sa mère aux griffes du romain. Le petit gaulois était désormais fier de ne pas être l'enfant de ce sale traitre.
«Rassure-toi Lovi!» Fit l'empire en caressant les cheveux de son fils «C'est bien ton demi-frère!»
Le jeune gaulois, peu habitué aux vêtements des latins, que tout le monde portait ici, n'osait pas bouger. Soudainement ses cheveux blonds lui semblait un poids lourd sur ses épaules. De même que ses yeux bleus.
Même sans lien de parenté avec lui...
...Il ressemblait TROP à Germania.
Il sortit de ses pensées avec un soupir. C'était un de ses souvenirs marquant. Le jour où tout avait basculer, où il avait perdu sa liberté de gaulois pour devenir une nation ''cultivée'', ''raisonnable'', et plus un barbare (selon les mots de Rome). Il s'en souvenait de ça, ses cheveux couleur des blés lui avaient causé des problèmes avec ses frères latins. Feliciano et Antonio s'en fichaient, de même pour Héraclès et Hassan. Surtout les deux premiers qui l'adoraient et avec le deuxième il avait enchainé les bêtises, les gaffes et les actes qui rendaient leur père fier. Une affection qui avait traversé les siècles, et résisté aux désaccords et aux guerres. Choses qui avaient déclenchés des tensions entre lui et Lars, mais là leur longue séparation avait causé des dommages également. Même si Antonio les avaient eu sous sa coupe quelque temps, il n'avait guère pu les voir souvent.
Ensuite Lovino avait toujours eu une certaine méfiance vis-à-vis de lui à cause de ça, et ne parlons pas de Marco. Mais l'italien ne lui déclarait pas une animosité totale, juste de la méfiance, puis de la peur, sans doute provoquée par le fait qu'il avait été plus ou moins élevé par Germania après la chute de Rome, même s'il n'avait rien demandé. D'un autre côté, s'il avait ressemblé à leur père ou s'il avait été une fille, l'italien aurait sans doute eu un comportement différent.
L'image d'un Romano, un sourire ''creepy'' aux lèvres, armé et soufflant à Arthur qu'il n'appréciait qu'on parle comme ça, ou qu'on regarde comme ça, à sa sorella lui traversa l'esprit et il eut un frisson de peur. Non finalement ses relations avec le napolitain étaient parfaites comme ça.(2)
Portugal l'avait harcelé, enquiquiné des siècles durant à cause de ça. Bizarrement il avait cessé, peu de temps après avoir passé une alliance avec Arthur, peut-être parce que justement, l'anglais était un des (nombreux) enfants du germanique ou peut-être parce que son rival n'appréciait guère ce genre d'attitude puéril, qui sait?
A penser à sa famille comme ça, il eut envie de les entendre mais c'était le plein milieu de la nuit, il allait les réveiller. Soupirant il attrapa un crayon qui trainait et une feuille blanche dans un des tiroirs du bureau, se mettant à dessiner tranquillement. Il laissa son esprit dériver et le laissa guider sa main tandis qu'il rêvassait. Au bout d'un moment il sortit de ses pensées et regarda mollement ce que son inconscient lui avait fait faire.
Une hutte dans les bois.
Une étrange fée lapin de couleur verte, terriblement familière. Mais en même temps si lointaine.
Un dolmen qui lui semblait très important, même s'il ne se souvenait pas pourquoi. Y avait-il un secret caché là depuis des siècles, voir des millénaires?
Lars, âgé d'à peine 5 ans physique, ses cheveux blonds ébouriffés et un lièvre dans les bras.
Un lys a moitié dessèche, il ne avait pas pourquoi mais ça lui semblait important.
Une pierre, une magnifique pierre, taillée dans une forme étrange...qui lui semblait d'une importance capitale.
Il se mordilla la lèvre. Le dernier dessin lui rappelait vraiment quelque chose mais quoi? C'était une chose vraiment importante pourtant, et il n'arrivait à se rappeler non seulement ce que c'était mais ce qu'elle était devenue ensuite. Le dolmen? L'avait-il caché? Mais quel âge avait-il? Vu les dessin ça devait être à peu près des souvenirs de la même époque donc avant Rome. Avait-il caché ce joyau sous le dolmen? Dans Brocéliande? L'avait-il récupéré ensuite? Il ne se souvenait plus et ça le frustrait étrangement.
Pourquoi?
Il ne savait plus...
Il se leva et fit quelques pas jusqu'à la fenêtre, pensif et mélancolique. Il fallait qu'il se change les idées où ses pouvoirs risquaient de se faire entendre à nouveau, c'était Arthur qui le disait, de même que ses frères. Il soupira et regarda à l'extérieur, un long moment, sans voir le temps qui passait. Finalement après un nouveau soupir, il retourna au bureau et saisit l'ordinateur portable qui y était, afin de voir s'il n'avait pas quelque chose à faire, question travail, histoire de passer le temps puisqu'il ne retrouvait pas le sommeil.
Dans une autre chambre, quelqu'un d'autre avait un souvenir dans son rêve, et avec le voyage qu'il venait de faire dans le temps, cela allait se révéler très important, même si pour le moment il ne le savait pas encore. Arthur dormait profondément, et ne sortirait pas aisément du sommeil, il allait revivre une scène de son passé avec Francis, une scène ou un souvenir qui jusqu'ici lui aurait semblé sans importance, presque banal.
Arthur pleurait, recroquevillé, caché pour tenter d'échapper à Elwyn qui le cherchait, accompagné d'Alister. Il retenait ses larmes, frottant son genou endoloris par la chute qu'il avait faite plus tôt. Ce n'était pas juste, il n'avait rien fait de mal pourtant, pourquoi ne le laissaient-il pas en paix maintenant? Pourquoi est-ce que ses grands frères le détestaient comme ça?
Il finit par se recroqueviller sur lui-même, s'endormant à moitié sous les buissons, épuisé par la poursuite.
«Arthur?»
Combien de temps s'était-il écoulé? Il s'en fichait, il avait juste sommeil...
Il ouvrit les yeux, le soleil se couchait et le ciel était parsemé de nuage, rosé ici et là. C'était très beau. Il se redressa en position assise, jetant un coup d'œil à l'intrus à ses côtés.
«Qu'est-ce que tu fais là? Arrête de faire comme si c'était chez toi chez moi!» il s'apprêtait à dire de multiples choses en plus, et sans doute quelques insultes bien senties (oui il se vengeait bassement sur France de ce que ses frères lui faisaient subir!) mais l'autre blond lui colla quelque chose de délicieux dans la bouche. Quelque chose de doux, qu'il ne mangeait pas souvent, surtout qu'il ne passait pas beaucoup de temps à la cours, en enfant sauvage qu'il était.
«Tais-toi et mange!»
Une moue agacé aux lèvres, il mordit dans sa tranche de pâté en croûte, se demandant si c'était Francis qui l'avait fait et se tâtant pour voir s'il devait critiquer pour la forme (et sa réputation de ''jamais content'') ou pas.
Après avoir pris le temps de savourer ce petit encas, Arthur regarda mollement son voisin, avant de froncer les sourcils dans une tentative quelque peu vaine d'être intimidant.
«Je te préviens, si tu oses venir t'en prendre à mon peuple!
- Arthur...
- Déjà que ton William fait dans la répression! Tu vas pas t'y mettre aussi!
- Arthur!
- Quoi? Tu veux faire comme mes abrutis de frè...
- Mon petit lapin ~
- M'APPELE PAS COMME CAAAAA!» Hurla le petit pays, enfin détourné de ses reproches (fondés) pour une disputes entre amis, face à une taquinerie de son auto-proclamé rival.
«Je suis désolé d'avoir été absent si longtemps, mon roi m'avait envoyé en terre sainte! Tu sais ce que c'est, les croisades, le long voyage pour y aller.
- …
- Sérieusement! Si tu ne me crois pas, j'ai une belle cicatrice, tu veux voir?
- NON!» Il croisa les bras et marmonna, de mauvaise foi «T'as réussi à revenir vivant, c'est déjà ça!» Non il ne s'était pas inquiété et non il ne s'était pas senti seul non plus! Que le français ne prenne pas ses rêves pour des réalités non plus!
«Tiens!»
Francis ouvrit la main d'Arthur, y déposant une magnifique pierre de couleur turquoise. Le petit anglais, émerveillé la leva pour regarder le soleil la traverser.
«Tu es sûr? Elle est vraiment belle!» Il était si surpris par ce cadeau imprévu (même si son voisin lui en faisait beaucoup en fait)et magnifique qu'il n'osa faire aucune critique sur le coup.
France attrapa son voisin, qui glapit de surprise, et le posa sur ses genoux, avant de chuchoter à son oreille, s'amusant de le voir rougir «Un cadeau assez spécial pour un petit lapin spécial pour moi! Comme ça tu auras quelque chose de moi quand je ne serais pas là pour m'occuper de toi!»
Il rit en entendant le grommellement de son ami qui n'aimait pas être appelé ''lapin'' mais l'autre ne se débattit pas pour autant, se nichant même un peu plus contre son conquérant (ou plutôt la patrie d'origine de ses conquérants)
«Merci, elle est vraiment jolie! Et tellement brillante!
- Ce sera un souvenir de moi! Et tu sais elle est magique!
- ….»
Devant le regard presque septique de son jeune ami, Francis précisa «Je crois que c'est ma mère Gaule qui me l'avait donné au début, et depuis qu'elle me l'a offerte, je ne peux pas la perdre. Le possesseur de cette pierre ne peut pas la perdre ou se la faire voler. J'en sais quelque chose!
- Mais alors elle ne risque pas de revenir dans ta poche ou dans ta main?» Arthur lui lança un regard méfiant, comme pour l'avertir de ne pas se moquer de lui.
L'autre rit doucement et fit: «Peu de chance, car je te la donne, elle est à toi maintenant! Elle n'est jamais retourné vers la personne qui me l'avait offerte donc...
- Elle a quelque chose de bizarre...» Murmura Arthur, d'une toute petite voix, en la levant à nouveau pour mieux voir l'éclat qu'elle libérait. Bizarre était le mot oui. Cette pierre n'avait vraisemblablement pas été faite par l'homme, et cela était plus que certain. Elle dégageait une vague impression de magie. Il demanderait à ses amis magiques tiens! Eux sauraient la vérité.
Il n'osa pas demander à Francis comment il avait fait pour la garder si longtemps, ce rubis qui brillait d'une lueur rappelant la magie celtique, comment le français avait-il fait pour la préserver de Rome? L'avait-il cacher pendant longtemps? Il n'osa pas demander non plus sur le coup.
«...Merci Frog!»
Arthur se réveilla dans coup, la surprise l'envahissant. Cette pierre...la même que celle que le petit Francis avait dans le passé.
Se souvenant de la discussion avec l'enfant, il se prit le visage dans les mains, soudainement abattu, avant de rougir.
«Il m'a donné ça...conscient de ce que c'était ou pas?»
Et d'ailleurs, où il l'avait mise cette pierre?
«Bloddy Hell»
Il allait devoir fouiller son grenier et son bureau...
A suivre
(1)L'Égypte était un protectorat romain à l'époque et pas une colonie. C'est pour ça qu'Hassan dit qu'il est juste ''L'Égypte comme sa mère'' pour le moment.
(2)Imaginez sérieusement Romano faire avec Arthur comme les corses vis-à-vis des étrangers qui ''regardent'' leur sœur dans «Astérix en Corse»; dans le cas où Francis serait une fille.
«Toi le bâtard buveur de thé!...Tu as regardé Sorella, tu lui as parlé avec le sourire ET ELLE TE PLAIT HEIN? AVOUE!»
