Relecture : Brynamon.

J'ai fêté mes 36 ans dimanche (28 nov), pas facile d'encaisser une année de plus.

Période : Fin Mai 2006


Chapitre 14 : Face cachée


POV BELLA

Le petit garçon me regardait comme si lui aussi me connaissait. Il était grand et mince, il devait avoir environ sept ou huit ans. Il était brun, ses cheveux étaient coupés très courts (à peine un cm), il avait les yeux marrons, son visage était doux. Il tenait Harry par la main donc ils se connaissaient.

-Qui es-tu ? Lui demandai-je.

-Je m'appelle Teddy.

-C'est le fils de Remus, me renseigna Harry. Comment vous connaissez-vous tous les deux ?

Il était extrêmement perplexe.

-J'ai rêvé de lui la nuit dernière.

Harry fronça les sourcils. Il s'était sûrement rappelé que je faisais des rêves prémonitoires.

-Tu peux nous détailler ce rêve ? Réclama-t-il.

-Et bien…

Je vis Edward faire un pas pour se rapprocher de Harry et de Teddy. A ma grande surprise, Teddy lui saisit la main. Il était maintenant entre Harry et Edward.

- Je fais des rêves prémonitoires en général, je vous en ai déjà parlé. Dans ce rêve, Jasper était cerné par trois vampires dont Irina. Alice m'a demandé de l'aider. Je m'apprêtais à y aller avec ma baguette quand ce garçon (elle montra Teddy du doigt) m'a retenue par la main en me disant que si j'y allais nous serions en danger tous les deux.

Harry se tourna vers Teddy.

-Et toi, comment la connais-tu ?

- Je fais des rêves prémonitoires moi aussi.

-Depuis quand ? Le questionna Harry, abasourdi.

-Je m'en suis rendu compte il y a quelques semaines. Je crois que j'ai fait le même rêve que toi Bella.

-Je me demande si c'est génétique ou héréditaire ? S'interrogea Harry, comme pour lui-même. Il faudrait que je me renseigne pour savoir s'il y en a d'autres dans notre famille.

Trois têtes dont la mienne fixèrent Harry, attendant une explication à ce qu'il venait de dire.

- Je dis ça parce que Bella fait partie de notre famille, Teddy, conclut Harry.

Je scrutai Harry comme une imbécile. Teddy semblait un peu perdu. Edward restait impassible comme à son habitude. Seul un léger haussement de sourcils trahissait son scepticisme.

-Harry, qu'est-ce que tu racontes ? Me décidai-je enfin à répondre.

Il commença à pleuvoir à verse. Edward nous proposa de rentrer à l'intérieur. Une fois installé dans le canapé du petit salon, Teddy se trouvant entre Harry et moi, je demandai des explications à celui-ci. Edward était debout près de la cheminée en face de nous. Harry m'expliqua notre lien de parenté et donc la confirmation que j'étais une sorcière. J'aurai explosé de joie si un point ne m'avait pas choquée.

-Black ?

-Oui tout comme moi et Teddy tu descends d'un Black.

Mon estomac se retourna. J'eu envie de vomir.

-Non ! Ce n'est pas possible !

-Laisse-moi finir, par Merlin ! Tu n'as aucune appartenance, ni nous d'ailleurs à la lignée des Black de la réserve.

Son ton était assuré, pourtant…

-Comment tu peux en être sûre ?

-Hermione a donnée à Rosella l'arbre généalogique des Black pour que je puisse te le montrer des fois que tu doutes de notre parenté.

Il sortit une feuille de la poche de son jean et me la tendit. Je la détaillai, à la recherche de certitudes. Elle confirma les dires d'Harry. Le soulagement s'installa et j'examinai alors avec précision cet arbre. Il apparut que c'était par mon père que j'étais liée à Harry et à Teddy.

-Jacob va se régaler avec ce fait nouveau, intervint Edward, contre toute attente.

Il était on ne peut plus sérieux. Il semblait même agacé. Il avait bien cerné Jacob en tout cas. Je pensai la même chose qu'Edward et cela me fit sourire.

-Qui est Rosella ? Demandai-je, me rappelant qu'il avait mentionné son nom.

-Ma collègue. Elle est venue avec Teddy, et elle travaille avec Carlisle en ce moment pour aider Remus à sortir plus rapidement du coma.

-Il est dans le coma ? M'exclamai-je, effarée.

-Oui, il a fait une chute, intervint Edward.

Je regardais Teddy, il était venu de si loin pour voir son père et il le trouvait dans le coma. Le pauvre. Il semblait subitement découragé. Je posai ma main sur son épaule en signe de réconfort.

-Aies confiance, Carlisle est un excellent médecin. Il va bien s'occuper de ton père.

Il se perdit dans une profonde réflexion, les yeux un peu dans le vague puis se redressa et retrouva son dynamisme d'enfant. Il m'observa avec attention.

-Tu es aussi belle que dans mon rêve !

Edward partit d'un grand rire ce qui m'interloqua. Ce n'était pas dans son habitude.

Malheureusement cela ne dura pas. Il se redressa, morose et sortit de la pièce brusquement laissant la porte ouverte. Des bribes de voix nous arrivèrent aux oreilles. Nous le suivirent, intrigués. Apparemment Jasper et Carlisle se disputaient à l'étage devant une des chambres. Edward était déjà en haut près d'eux. C'était très inhabituel de voir Carlisle en colère. Jasper un peu moins. Il y avait toujours eu quelque chose d'inquiétant chez lui. A première vue, il voulait partir et Carlisle le traitait d'égoïste.

-Tu m'as dit de t'écouter sans t'interrompre et ensuite de faire mon choix, c'est ce que j'ai fait. Maintenant mon choix est fait, je veux partir. Peu importe ce que tu diras, ça ne me blessera pas plus que je ne le suis déjà. Je n'aurai pas de repos tant qu'elle sera encore en vie. Il faut que j'y aille !

Son visage accablé me toucha au cœur violemment. Dire que tout ce gâchis était de ma faute !

Il sembla enfin se rendre compte de notre présence mais ce fut moi qu'il regarda. Ce fut comme un coup de poing en plein estomac. Je reculai instinctivement. Edward était déjà devant moi et Harry avait sortit sa baguette.

-Bella.

Ma peau se hérissa. Mon nom sortant de sa bouche résonna comme une menace. J'avais le cœur au bord des lèvres mais je ne flanchai pas. Je contournai Edward et avançai vers Jasper.

-Non Bella !

J'ignorai la supplique d'Edward et continuai mon avancée vers Jasper. Son visage sembla moins humain, plus vampire. Ses yeux d'habitude dorés étaient noircis par la soif. Il sembla ressentir une forte répulsion à mesure que j'avançai vers lui.

-Ta culpabilité est ridicule. Es-tu sûre de te sentir coupable car même Edward est capable de mieux.

-Tu as le droit de nous haïr Jasper mais je ne te laisserai pas partir vers une mort certaine.

-Tu as l'audace de venir me dire ce que je dois faire pour soulager ma peine.

-Non, je sais juste qu'Alice m'a demandé de te protéger.

Il s'immobilisa telle une statue grecque. Ses yeux se plissèrent.

-Tu oses prononcer son nom, siffla-t-il.

-Bella fait attention ! Cria Edward.

Carlisle posa une main sur le torse de Jasper pour le contenir. Ses yeux brûlaient d'un éclat meurtrier à la limite du supportable.

-Elle ne ment pas, j'étais là quand cette Alice lui a parlé, nous avons fait le même rêve. Elle a supplié Bella de vous aider car vous étiez en danger.

Jasper détourna son regard de moi pour se poser sur Teddy.

Harry, Edward et moi atterrirent devant Teddy pour former un bouclier.

-Tu as vu Alice ?

Le ton de la voix de Jasper avait changé. Il n'était plus agressif juste méfiant.

-Non, elle était dans la tête de Bella mais c'était réel. Elle est passée par Bella pour nous dire quelque chose. Elle vous aime et veut vous protéger et selon elle seule Bella peut le faire même si ça nous met en danger elle et moi.

Il nous poussa et s'approcha de Jasper malgré notre désapprobation. Celui-ci eut un rictus désabusé.

-J'aimerais croire à ton histoire… Mais Bella ? Me protéger ? Ce n'est pas crédible.

-Laissez-moi vous le montrer.

Il leva la main pour la poser sur son épaule. Jasper eu un mouvement de recul puis après quelques secondes accepta le contact. Teddy ferma les yeux et se concentra. Jasper ferma les yeux à son tour et resta immobile. Quand ils ouvrirent les yeux, Jasper paraissait sous le choc.

-Qu'est-ce que tu lui as fait Teddy ?

-Il a vu le rêve.

-Tu es vraiment très doué s'extasia Harry.

Comme si c'était le moment !

Jasper ne dit pas un mot, il était confus. Il préféra s'éloigner vers ce que je supposai être sa chambre. Quand sa porte claqua, l'atmosphère se relâcha.

Carlisle demanda plus d'explication concernant le rêve et ce que ça impliquait, Harry s'empressa de les lui fournir. J'étais encore très pâle et la pression retombant je chancelai. Sûrement le contrecoup. Edward m'attrapa et me serra dans ses bras. Je ne me sentais pas de le repousser. Pourtant une voix m'y força.

-C'est quoi tout ce raffut ? On ne peut pas travailler tranquille !

Je faillis m'étrangler tellement la personne qui apparut dans mon champ de vision était exceptionnellement belle. Je fus d'autant plus aigrie qu'elle me détailla sans vergogne de haut en bas sans aucune chaleur dans le regard comme si je n'étais rien. Je me sentis si minable comparée à elle que j'eus envie de pleurer. Et le comble fut le regard qu'Edward lui jeta : un regard ébloui, même s'il tentait de le cacher. Elle le subjuguait. Une bouffée de jalousie me prit à la gorge.

-Bella, je te présente Rosella Vance, la collègue de Harry.

Je lui fis un signe de tête très minimaliste.

-Rosella je vous…

-On a compris, le coupa-t-elle.

Quelle grossièreté ! Cet air méprisant et fier sur son visage, j'avais envie de le lui faire avaler. Comment Edward pouvait se laisser aveugler par sa beauté. Il n'avait même pas tiqué alors qu'elle l'avait coupé en pleine phrase. Il me regarda et me fit un signe de tête contrit comme s'il s'excusait à sa place. Le comble !

-Carlisle nous pouvons y retourner.

Elle s'adressait à lui avec un évident respect. C'était très déstabilisant ce changement d'attitude.

-Rosella, soit plus cordiale avec Bella, c'est l'une des nôtres maintenant, intervint Harry.

Il avait fini de discuter avec Carlisle. Elle ignora sa remarque.

-Etais-tu au courant des aptitudes de Teddy ?

-Oui, il m'en a parlé pendant le voyage.

Teddy s'approcha d'elle.

-Tu va bientôt guérir mon papa ?

-Je m'y attelle mon ange.

C'était le jour et la nuit. Elle lui sourit avec tendresse et son visage se métamorphosa, sa beauté n'en était que plus flagrante. Elle lui passa la main sur les cheveux et l'encouragea à retourner voir son père. Il s'exécuta et elle le regarda s'éloigner inquiète. Edward l'observait impassible. Elle s'en aperçut et se referma comme une huitre. Elle retourna dans la chambre qui leur servait de labo d'après ce que je pouvais en voir et Carlisle la suivit.

-Si tu veux aider Jasper, il te faut une baguette et quelques leçons de base, dit Harry.

-Ce n'est pas une bonne idée tu as entendu Teddy, ils vont être en danger…, intervint Edward.

-Tais-toi Edward ! Le coupai-je. Où va-t-on trouver une baguette Harry ?

Je ne voulais pas de la sollicitude d'Edward. Il n'avait qu'à la garder pour cette pimbêche. Oui je sais, je lui en voulais alors que je n'en avais plus le droit.

-J'ai une petite idée sur la personne qui pourrait nous aider, répondit Harry.


POV Edward

Harry et Bella était partis au café voir la serveuse qui l'avait reconnu hier soir. Pour lui, il était évident qu'elle pourrait les renseigner sur l'endroit où trouver une baguette. Ils n'avaient pas tenu compte de mon avis et je ne comprenais pas cet entêtement. Teddy avait voulu rester avec moi et j'étais soulagé, car m'occuper de lui me permettais de ne pas sombrer. Je lui servis à diner et il me montra une facette de lui-même que je n'avais pas encore vue. Il avait la capacité de changer d'aspect de façon innée, c'était de loin ce que j'avais vu de plus impressionnant depuis des décennies. Il était vraiment exceptionnel, sa présence remplissait mon cœur vide. Il voulut rester encore à discuter avec moi, je ne l'en empêchai pas même s'il était évident qu'il était fatigué. Je l'emmenai au lit et l'autorisai à m'interroger par la pensée. Les enfants étaient décidément très résistants.

« Tu es quelqu'un de spécial. »

-Non.

Je ne voyais pas ce qu'il trouvait de spécial en moi.

« Tu prends soin de ta famille et même des inconnus. »

-Ça n'a rien d'exceptionnel.

« Tu aimes toujours Bella ? »

J'avais du mal à suivre le cheminement de ses pensées. Il passait du coq à l'âne rapidement comme pour me tester encore plus.

-Que connais-tu de l'amour ? Et qui t'a dit que Bella et moi…

« Je suis un enfant mais je ne suis pas stupide et j'ai des yeux ! »

Et bien au moins il ne manquait pas de caractère.

« Tu réponds à ma question ? »

-Oui, je l'aime toujours.

« Et elle ? »

-Non, elle aime une autre personne.

« Tu es triste à cause de ça ? »

-Pas seulement.

« Mon père, tu crois qu'il va aller mieux ? »

Je ne voulais pas lui mentir.

-J'espère.

Il me sourit. Il bailla.

« Promets-moi d'être toujours franc avec moi. »

-…

« Je suis pas en porcelaine, j'ai déjà vécu plein de trucs horribles. »

-D'accord, je te le promets.

« Tes yeux sont différents »

-Comment ça ?

« Ils étaient dorés ce matin et là il deviennent noirs »

-C'est parce que je dois me nourrir.

« Tu es un vrai vampire alors? »

-C'est-à-dire ?

« Tu bois le sang des gens ? »

-Non, seulement ceux des animaux.

« Et ça te convient ? »

-Oui. Et toi tu devrais avoir peur de moi.

« Pourquoi ? Parce que tu es différent ? »

-Parce que je suis dangereux.

« Mon père aussi l'est et je n'ai pas peur de lui. »

Il était clairvoyant cet enfant. Si jeune et déjà si sage.

« J'ai vu comment tu regardes Rosella, tu l'aime bien. »

J'étais mal à l'aise.

-Il est temps de dormir jeune homme.

Il bailla à nouveau et s'étira. Je le bordai et il s'endormit en quelques secondes. Il était déjà vingt heures passées, que faisait Bella et Harry ? Ils étaient partis depuis plus d'une heure ! Je laissai la lampe de chevet allumée et sortis de la pièce sans faire un bruit. Jasper me fit sursauter, j'étais tellement concentré sur ce que m'avait dit Teddy que je ne l'avais pas senti arriver.

-Ça va ?

Question stupide, il me toisa pour réponse.

-Tu vas rester alors. Pourquoi as-tu changé d'avis ?

-Je vais attendre de voir ce qu'Harry et Bella ont à me proposer. J'ai bien compris que Bella est comme Harry et qu'elle est censée m'aider à vaincre Irina. Même si ça me répugne, j'accepte son aide uniquement parce que c'est ce qu'Alice souhaite. Elle ne veut pas que je meure, alors je ferai l'effort de vivre. Combien de temps ? Je ne sais pas.

-Tu ne devrais pas mêler Bella à tout ça.

-C'est toi qui l'y a mêlée en la faisant entrer dans nos vies.

Il marquait un point. Je ne pouvais rien répliquer.

-Je ne suis pas venu pour ça, continua Jasper.

Que se passait-il avec Rosella ?

-Va voir Rosella, elle va mal et ça ne m'aide pas ! J'ai essayé de la calmer mais son état est catastrophique et cela ne fonctionne pas.

-Comment ça elle va mal ?

-Vas-y !

Je me dirigeai, sceptique, vers la chambre du fond, celle de notre invitée. C'était l'une des rares chambres avec un accès à une salle de bain privée.

Les pensées de Rosella affluèrent violemment dans ma tête. Je vacillai, surpris par tant d'angoisse. Elle avait relâchée sa garde.

« Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Que ça s'arrête ! Il faut que je me calme, respire, respire ! »

Je frappai à sa porte. Elle ne répondit pas. Je frappai plus fort.

« Pourquoi ? Pourquoi tu m'as fait ça ? Je te hais, je te hais, j'aimerais te voir mort ! »

Des gémissements arrivèrent à mes oreilles. J'entrai, la salle de bain était ouverte. J'approchai lentement. Il y avait du verre brisé au sol avec un liquide répandu.

« J'arrive plus à respirer, il faut que je me calme, je ne vais pas y arriver, je n'y arriverais jamais seule ! »

Elle se mit à pleurer.

« Il faut que ça cesse, je veux mourir ! »

Affolé, j'apparus dans le chambranle de la porte. Elle était dans la douche assise sous un jet d'eau brulant, elle me tournait le dos. La porte coulissant n'était pas fermée, de l'eau tombait sur le sol. Je n'eu pas le temps d'être gêné pas sa nudité. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon gigantesque, son dos nue laissai apparaitre des marques rosâtres, c'étaient des cicatrices. Avec horreur, je constatai que tout son dos était balafré comme si elle avait reçu des coups de couteau. Elle serrait sa tête entre ses mains et la secouait de haut en bas. Son corps se soulevait par saccade au rythme de son souffle.

-Que quelqu'un m'aide, je vous en supplie !

Cette supplique exprimée haut et fort me bouleversa. Je m'approchais lentement et pris la serviette accrochée à la porte.

-Rosella, murmurai-je.

Elle sursauta en m'entendant, elle tourna sa tête vers moi, ses yeux reflétaient une immense panique. Elle me tendit la main avec désespoir comme quelqu'un qui se noie et qui voit une bouée. Elle poussa un hurlement. Ses magnifiques iris se levèrent, laissant apparaitre que le blanc de ses yeux. Elle se mit à convulser.

Je l'attrapais et l'enroulais dans la serviette comme je pus.

Carlisle arriva alerté par ses cris.

-A ton avis qu'est-ce qu'elle a ?

-C'est une crise de tétanie. Une violente crise d'angoisse si tu préfères, me précisa-t-il.

-Que fait-on ?

- Allonge-là. J'ai ce qu'il faut, j'arrive.

Carlisle quitta la pièce. Je l'allongeai sur le lit tout en la gardant serrée contre moi pour tenter d'apaiser sa crise. Ses yeux étaient maintenant hermétiquement fermés. Quelque chose la terrorisait. Mon regard descendit sur son cou. Il y avait là aussi une immense cicatrice horizontale. Je me sentis nauséeux. Comment quelqu'un avait pu l'attaquer et la torturer de la sorte ?

Carlisle revint, lui fit une piqûre d'anti-convulsifiant et une autre d'un puissant sédatif pour la calmer. Lui aussi avait remarqué la marque sur son cou. Il se posait aussi beaucoup de questions, il n'avait vu aucun signes avant-coureurs quand ils avaient décidé de s'arrêter il y a une demi-heure.

Je pris une autre serviette et sécha ses cheveux pour qu'elle n'attrape pas froid. Les soubresauts s'arrêtèrent progressivement et ses tremblements diminuèrent. Carlisle quitta la pièce passablement rassuré. Une demi-heure passa, je restai près d'elle. Elle s'apaisa et s'endormit. Je la recouvris avec sa couverture et quitta la pièce. J'avais besoin d'air.


POV Harry

Harry et Bella arrivèrent devant le café, Bella se gara sur le parking. Ils entrèrent avec l'espoir d'y trouver Allie, la serveuse qu'il avait rencontré la veille. Elle était effectivement là. Elle s'arrêta dans son action en voyant Harry entrer. Puis elle esquissa un timide sourire. Ils s'approchèrent d'elle.

-Salut Allie.

-Bonsoir, M. Potter.

-Appelez-moi Harry. Je vous présente Bella.

-Enchantée Bella.

-J'ai un service à vous demander.

-Tout ce que vous voudrez Harry. Je termine mon service dans une demi-heure, attendez-moi, on pourra en discuter.

Harry sortit à l'extérieur suivi de Bella.

-Tu ne veux pas prendre un café ? Lui demanda-t-elle.

-Je ne bois pas de café.

-Autre chose alors c'est moi qui invite.

Harry déclina son offre. Il n'était pas d'humeur.

-Dis-moi ce qui ne va pas.

-Ce rêve avec Teddy, j'ai peur pour lui et pour toi. Edward a peut-être raison, tu ne devrais pas aider Jasper.

-Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi. Je veux l'aider c'est le moins que je puisse faire. Et si tu me formes y'a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas. J'ai tellement hâte d'avoir ma propre baguette. Et puis, de toute façon, Teddy ne viendra pas avec moi quand j'accompagnerai Jasper.

-Tu es vraiment décidée à partir ? Et ton père ? Et Jacob ? Et tes cours ?

Elle accusa le coup. A croire qu'elle n'y avait pas réfléchi. Sa détermination sembla flancher quelque peu.

-Je trouverai une raison pour m'absenter.

-Réfléchis-y à deux fois. Et méfies-toi de Jacob, il ne te laissera pas partir comme ça !

Harry ne voulait pas la décourager juste lui montrer les tenants et les aboutissants. Elle se plongea dans une intense réflexion. Harry repensa subitement à Rosella. Son arrivée n'avait pas laissé Edward indifférent. D'ailleurs il faudrait qu'il lui en parle. Rosella trainait derrière elle un lourd passif. Etre belle ne lui avait valu que des ennuis, elle ne supportait plus le regard des hommes. Harry avait trouvé grâce à ses yeux car il n'avait pas du tout été attiré par elle. Leur lien d'amitié était réel. Il avait d'ailleurs payé cher son attachement envers elle. Il se rappela de cette fameuse nuit où Ginny les avait vus…

FLASHBACK

Dans la salle de repos des Aurors, il y a trois ans.

Harry rentra dans la pièce et fut surprit de trouver Rosella en pleurs. Elle sursauta à son arrivée. Gênée, elle essayait de se reprendre.

-Je pensais qu'il n'y avait plus personne, se justifia-t-elle.

Il était tard, déjà 23h.

-J'allais rentrer chez moi, j'avais juste un dernier dossier à examiner. Pourquoi tu es dans cet état ?

-C'est juste un peu de mélancolie. Je vais devoir partir Harry.

-Pourquoi ?

-Tu le sais bien ! Je n'arrive pas à trouver ma place ici, j'ai eu trop d'accrochages avec les Aurors masculins comme féminins. J'ai l'impression que personne ne me prend au sérieux.

-Moi si. Tu es excellente Auror malgré ton jeune âge.

-20 ans ce n'est pas si jeune. Et tu n'as que deux ans de plus que moi !

-Tu comprends ce que je veux dire.

Elle sourit tristement.

-Je veux un travail où mes capacités ne seront pas mises en doute et où mon physique n'aura pas d'utilité.

-C'est n'importe quoi ! Tu es l'une des meilleurs. La jalousie aveugle nos collègues mais ne te laisse pas faire.

-C'est trop tard, et puis je me sens si seule entourée d'hommes qui ont peur de moi à cause de ma froideur ou qui me prennent pour une fille facile tandis que mes comparses féminines me jalousent et me haïssent.

-Je ne suis pas comme ça.

-Tu es bien le seul.

Elle se leva et s'approcha de Harry.

-Tu me comprends et tu me soutiens. Tu sais ce que je vaux et tu m'acceptes comme je suis.

Harry se sentit mal à l'aise car l'ambiance avait changé. Sans crier gare elle se jeta sur lui et elle colla ses lèvres aux siennes. Tétanisé au départ, il finit par la repousser gentiment. Un raclement de gorge les avertit de la présence de quelqu'un. Harry ressentit un profond mal être en croisant le regard de sa Ginny. Elle les observait sans un mot mais son regard en disait long sur le sentiment de trahison qu'elle devait ressentir. Dans ses mains il y avait une gamelle. Elle tourna les talons et partit sans un regard en arrière. Harry en voulut à Rosella. Elle ne sut expliquer son geste mais s'excusa pour tout ça.

Harry décida qu'il ne valait mieux qu'ils ne se voient plus pendant un petit moment, et elle partit elle aussi avec un sentiment de trahison.

Le lendemain elle n'était pas venue travailler. Elle ne partait qu'à la fin de la semaine et ce n'était pas son genre de ne pas aller bosser. Inquiet, Harry était allé à sa demeure. Il l'avait trouvé baignant dans son sang, le corps lacéré, selon lui, par des maléfices. Seul son visage avait été épargné, Merlin seul sait pourquoi. Elle ne respirait presque plus, sa gorge entaillée avait laissé s'écouler un filet de sang. Il s'était retenu pour ne pas vomir et avait prévenu les secours. Elle avait été sauvée in extremis. Après quelques jours de convalescence, elle avait expliqué que des puissants mangemorts l'avaient attaquée, faisant sauter tous les sorts de protection qu'elle avait lancés sur sa maison. Cependant Harry avait compris que quelque chose clochait dans son récit.

Elle vivait seule depuis le décès de ses parents qui étaient morts assassinés l'année de ses 18 ans. Elle était devenue Auror en partie pour résoudre ce double magicide jamais résolu. Il était sûr qu'elle approchait du but quelques jours avant que cette abomination se produise. Elle lui cachait quelque chose, il en était persuadé, mais son état psychique ne lui permettait pas d'en savoir plus.

Elle n'avait plus de famille : ses grands-parents étaient morts il y a longtemps. Elle n'avait pas de frère ou de sœur. Sa mère était fille unique. Son père n'avait qu'une sœur, Emmeline Vance (membre de l'ordre du Phoenix) mais elle était morte elle aussi, assassinée par des mangemorts il y a dix ans et n'avait laissé aucune famille derrière elle. Il l'avait donc aidé à se remettre et ce malgré la désapprobation de Ginny ce qui n'arrangea pas leurs affaires.

FIN DU FLASHBACK

-Harry ?

-Quoi ?

-Allie est là.

Une demi-heure s'était déjà écoulée ? Apparemment oui. Elle s'assit près d'Harry et le regarda, curieuse.

-Alors en quoi puis-je vous aider ?

-Ma cousine Bella vient de découvrir son statut de sorcière.

Allie dévisagea Bella avec respect, comme si son statut de cousine d'Harry Potter lui donnait de l'importance.

-On aurait besoin d'aller lui chercher une baguette, éclaira Harry.

-Vous ne savez pas où aller, déduisit Allie.

-Vous avez tout compris, ajouta Bella.

-Il y a deux pôles magiques : un à l'est dans la capitale et un à l'ouest à San Francisco en Californie.

- C'est assez loin, fit remarquer Bella.

-Je serai honorée de vous guider, déclara Allie. Et vous pouvez me tutoyer.

Bella semblait au 7ème ciel, comme une enfant qui se rend dans un parc d'attraction

-Merci. Demain es-tu dispo ? La questionna Bella.

-Je travaille jusqu'à mercredi. Je suis en congés ensuite pendant une semaine.

-Et bien on va attendre samedi, décréta Harry. Si tu n'as pas d'autres projets Allie.

-Rien qui ne puisse être reporté, affirma Allie.

-Harry, tu plaisantes j'espère, s'enflamma Bella.

-Non. T'as ton exam dans un mois, hors de question de sécher.

-Tu ne pourras pas m'en empêcher !

Harry lui lança un regard qui ne lui était pas habituel, un regard implacable et froid.

-Essaies pour voir.

Elle était visiblement en colère mais le ton d'Harry semblait l'avoir calmée.

-De toute façon je travaille le week-end !

-Je vais vous laisser, intervint Allie, gênée.

Et Harry qui voulait rester calme sentit ses nerfs mis à rude épreuve.

-Attends Allie !

Il se tourna vers Bella et s'emporta.

-T'as qu'à prendre une journée ! Réfléchit un peu pour une fois ! Ce sera plus simple de camoufler ton absence vu que tu es censée travailler. Et arrête de ne penser qu'à toi ! Tu crois que ça m'amuse d'allonger mon séjour ici ? De voir Remus dans cet état ? De regarder Edward dépérir ? D'assister à la descente aux enfers de Jasper qui est rempli de haine et prêt à se tuer juste par vengeance ?

Elle ouvrit la bouche comme pour répliquer mais il ne lui en laissa pas le temps.

-Tu crois que je suis content de savoir que toi et Teddy êtes en danger, et de savoir que ma femme m'en veut à cause de la présence de mon ex collègue ? Je n'avais pas prévu de me retrouver au milieu de tout ça, et même si j'ai une furieuse envie de rentrer chez moi auprès de ma femme et de mon fils, je ne laisserai jamais tomber des personnes dans le besoin. Alors prends sur toi et sois patiente ! Tes capacités ne vont pas s'envoler. Il est tard, rentre chez toi maintenant.

Bella baissa les yeux. Serait-elle honteuse ? Il n'en sut rien car elle se dirigea vers sa camionnette, claqua la portière et partit en trombe. Harry s'excusa auprès d'Allie pour l'impolitesse de Bella. Elle ne s'en formalisa pas et proposa à Harry de se retrouver ici samedi matin vers dix heures.

-Si vous en avez marre et que vous voulez discuter, passez me voir au boulot je travaille de quatorze heures à vingt heures.

Harry la remercia de bon cœur car elle semblait sincère dans sa démarche. Elle s'éloigna en direction d'une voiture qui venait de se garer sur le parking. Sûrement le fameux Kevin. Il se demanda s'il elle lui avait parlé. Si Ginny avait été là, elle lui aurait reproché de toujours trop s'impliquer comme d'habitude. Il avait envie d'entendre sa voix mais il était trop tard pour l'appeler, elle dormait déjà depuis longtemps. Il transplana à la villa et pénétra dans la demeure. Il commençait à avoir faim. En allant vers la cuisine, il passa devant le petit salon. La porte était ouverte. Edward était assis et fixait la cheminée, l'air accablé. Harry hésita, il avait vraiment faim. Il rentra finalement dans la pièce et s'assit à coté d'Edward.

-Teddy dort ?

-Oui, il s'est effondré de sommeil, c'est sûrement dû au décalage.

Sa voix monocorde n'inspirait rien de bon. Il commençait à le connaitre.

-Et Jasper ?

-Il est parti chasser.

-Et Rosella ?

-Tu savais qu'elle faisait des crises de panique ?

Harry était mal à l'aise. Il avait déjà assisté à une crise au début de sa convalescence et ce n'était pas un bon souvenir.

-Oui, elle prend une potion qui la calme quand elle se sent mal, elle a vécu des choses difficiles.

-Elle a fait une crise ce soir. J'ai trouvé du verre brisée par terre, c'était peut-être son médicament.

-Effectivement, si elle n'a pas pu en prendre la crise s'est amplifiée. Comment tu l'as maitrisée ?

-Carlisle lui a administré un sédatif et lui a donné un médicament pour les convulsions.

-Elle va mieux ? S'inquiéta Harry.

-Elle dort.

Harry ressentit à nouveau le poids des responsabilités sur ses épaules. Un mal de crâne pointait. Il se frotta le front. Edward était silencieux et blafard comme quand il leur avait annoncé la mort d'Alice.

-Qu'est-ce que tu as ?

-J'ai vu ses cicatrices…

Harry se renferma. Il ne voulait pas aborder ce sujet. Ce n'était pas à lui d'en parler.

-Comment peut-on faire ça à une femme ? Comment peut-on faire ça à un être humain ?

Edward visiblement, supportait mal ce qu'il avait vu.

-Tu devrais en parler avec elle, moi je ne peux rien te dire.

-Mais tu sais ce qui s'est passé ? Demanda-t-il, perspicace.

-Pas vraiment…

Harry ne mentait pas vraiment. Edward qui fixait toujours la cheminée, recula et fronça les sourcils.

-Qu'est-ce que...

-Harry tu es là ?

Harry sursauta. Il fixa à son tour la cheminée et reconnut le visage tant aimé de sa Ginny. Il se leva promptement et avança vers son reflet. Elle lui sourit avec amour et il le lui rendit.

-Je n'étais pas sûre de te trouver ici, j'ai tenté ma chance.

-Tu ne dors pas ? Il est très tard.

- Il est déjà presque cinq heures du matin ici. Je dors mal sans toi. Et puis j'ai eu envie d'un verre de lait.

Elle détourna les yeux vers Edward. Harry fit les présentations.

-C'est très particulier comme système de communication. Mais cela a ses avantages, lança Edward, pragmatique.

Il observa Ginny un instant puis les laissa seuls en prévenant Harry qu'il allait lui aussi chasser assez loin et qu'il ne serait de retour que le lendemain matin.

-Tu sembles préoccupé ?

-Je ne veux pas t'embêter avec ça.

Il la contempla avec ferveur. Si plonger dans les flammes avait pu le rapprocher d'elle, il l'aurait fait.

-Harry… hésita-t-elle.

-J'ai peur de m'éterniser ici, la coupa-t-il sans faire attention. Il y a trop de faits inattendus et beaucoup de gens souffrent.

Elle s'assombrit quelque peu.

-Je te connais, tu veux aider tout le monde et c'est encore notre famille qui va en pâtir.

Elle était contrariée. Il préféra changer de sujet.

-J'aimerai tellement t'avoir près de moi. Tu me manques. Et James aussi. Il dort toujours je suppose.

-Oui. D'ailleurs je vais essayer aussi de me reposer car quand il se lève tu sais comment il est.

Harry hocha la tête. Son cœur se serra, il aurait voulu partager ces moments simples avec eux.

-Tu es toujours chez Ron et Hermione ?

-Oui. Ils m'ont invitée à rester et je t'avoue que je me sens moins seule.

-Tu m'en veux encore de la présence de Rosella ?

-Je comprends que c'est pour t'aider qu'elle est là mais j'ai du mal avec ça, je ne vais pas te mentir.

-C'est déjà un net progrès ma chérie.

Elle me sourit à nouveau.

-Quoi que tu fasses, essaies de relativiser. Bonne nuit Harry. Je t'aime.

Elle lui tendit la main. Il aurait voulu la saisir, sentir la chaleur de sa peau et l'apaisement que lui aurait procuré ce simple contact.

-Je t'aime encore plus.

Elle disparut des flammes.

Harry n'avait plus vraiment faim. Sur le trajet de sa chambre, il jeta un œil sur Teddy puis partit se coucher. La semaine allait être longue…


Alors, il y a assez d'action ?

Sachez que c'est en mode « j'ai la crève » que j'ai écrit ce chapitre. C'est dire si je vous aime ! Lol

Ce ne fut pas simple et le manque de sommeil de m'a pas aidée. Je peux remercier ma petite Neela et sa première dent !