Mary Copper, Nash : ne vous en faites pas pour Hermione, elle a son rôle dans l'histoire... patience...
Lunenoire : Severus gentil... ca fait rêver, oui.
phenix20 : voila donc la suite
Nash : Harry s'est fait avoir, c'est sur...
La suite de ce chapitre de transition...

Le carrosse sans cheval tanguait un peu comme ils traversaient le village. « Maman » dit soudain Harry, « est-ce que cela ne te semble pas étrange d'enseigner à Poudlard, quand les élèves nés de Moldus ne sont plus admis ? » Maintenant qu'il se souvenait de la fête de Noël de ses sept ans, il savait pourquoi le nombre de première année lui avait semblé si bas.


Sa mère eut l'air surprise, puis prudente. Ses lèvres ne faisaient plus qu'une fine ligne, puis elle serra ses mains. Les jointures étaient très blanches. « Parfois, mais… »


« Quand ont-ils arrêté de prendre des enfants de Moldus en tous cas, maman ? » coupa Jamie. Sa mère lui leva un sourcil. « Heu, désolée de t'avoir interrompue, maman. »


Elle soupira maintenant. « La dernière année où ils ont envoyé des lettres à des enfants de moldus. C'était en 1987. Mais ce n'était pas simplement… une exclusion. De nombreuses personnes du bureau des gouverneurs pensaient, avec tout ce qui se passe dans le monde des sorciers, que c'était plus sûr pour ces jeunes gens et leurs familles de ne pas être mêlés à cela… » Mêlé à cela, pensa Harry. Dans l'enfer dans lequel ils vivaient tous parce que Voldemort n'était jamais tombé. Parce que sa mère était encore en vie.


Harry la regarda. « Mais est-ce que la plupart ne l'ont pas fait parce qu'ils voulaient seulement des sang-purs à l'école ? »


Elle grimaça. « Nous n'avons pas encore cette règle, merci mon Dieu. Poudlard prend encore les demi-sang. » Maintenant, elle regardait ses mains. « Ne t'inquiète pas pour cela Harry. »


Harry était silencieux, digérant l'information. Où es Hermione ? Soudain, cette question consuma son être, accélérant son pouls, rendant sa respiration difficile. La sorcière la plus intelligente, née de moldus ou pas, à venir à Poudlard depuis des siècles, et elle était quelque part en dehors dans le monde, ne sachant même pas qu'elle était une sorcière.


« N'aurait-il pas été mieux de continuer à prendre les élèves nés de moldus ? Je veux dire, la pénurie de main d'œuvre est partiellement due aux, heu, pertes, mais elle provient aussi de la diminution de la population des sorciers. Sans élèves nés de moldus… »


« Harry. Fais-moi confiance. Il vaut mieux qu'ils ignorent. » Soit sa mère avait fini par accepter cette politique en neuf ans, soit elle sentait l'obligation d'éviter de prendre part en tant que professeur.


« Mais… » Harry fronça ses sourcils, essayant de trouver les bons mots. « Ils sont juste là, dehors, faisant de la magie, incapable de la contrôler, ne sachant peut-être même pas qu'ils causent les choses étranges qui arrivent parfois autour d'eux. Est-ce que les manifestations de magie accidentelle ne deviennent pas plus fortes quand une personne grandit ? »


Sa mère approuva à contre-cœur. « Techniquement, oui. Mais penses-tu que le ministère de la magie est à ce point négligent ? Ils savent encore qui sont les magiciens. Et ils gardent spécialement la trace des sorcières et des sorciers nés de parents moldus, afin que lorsqu'un accident magique arrive, la brigade d'intervention des accidents de la magie peut être sur site, et renverser la magie avant que quiconque, y compris le sorcier ou la sorcière, le remarque. Peut-être qu'un jour, se sera assez sûr pour le leur dire, mais jusque là… »


« De toutes façons, Harry, » intervint maintenant sa sœur, « qu'est-ce qu'il y avait entre toi et Tunny ? Je veux dire, être gentil avec un elfe de maison ! » Elle ignora sa mère la foudroyant.


Harry se hérissa, et partiellement parce que Hermione lui manquait soudain terriblement, il lui répliqua « Je suis gentil avec les gens qui sont gentils avec moi ! Je suppose que cela te laisse en dehors… De toutes façons, pourquoi devraient-ils trimer tout le temps et ne rien avoir pour cela ? Est-ce juste ? »


Il foudroya du regard sa sœur. Elle le fixait la bouche grande ouverte. Mais ensuite il vit que sa mère le fixait aussi. Il s'attendait à ce qu'elle soit aussi choquée et en colère que sa sœur, mais surprenament, elle retenait ses larmes, tirant un mouchoir de sa poche, et se mouchant. Les yeux de Harry s'ouvrirent d'inquiétude.


« Ca va maman ? Qu'est ce qui ne va pas ? »


Elle finit d'essuyer ses yeux et son nez, et rangea le mouchoir, ses yeux encore rouges. « Oh, rien. Je vais bien, vraiment. C'est juste que parfois… Tu me rappelles tellement ton père… »


Il la regarda avec étonnement. Il se souvint de son père et de sa mère se fixant dans le couloir en dehors de la tour Griffondor, pointant leur baguette l'un vers l'autre. Il se souvint de son père sauvant Severus Rogue, l'empêchant de devenir le casse-croûte nocturne de Remus lupin, et la voyant fixer son père dans l'aile de l'hôpital après cela. Il se souvint de James Potter lui disant doucement « … s'il était mort, cela t'aurait rendu malheureuse… », et la regardant avec ses yeux remplis d'amour. Et puis après, il y avait le match durant leur septième année, quand son père avait battu Severus Rogue, et que James Potter et Lily Evans s'étaient embrassés sur le terrain de Quidditch, aux yeux de toute l'école…


Ils continuèrent en silence. Finalement, les tours du château arrivaient en vue. Harry les fixaient avec appétit. Maintenant, il avait l'impression de rentrer à la maison. Sa poitrine se gonfla comme l'émotion familière jaillissait en lui. Il n'y avait aucun endroit comme Poudlard. C'était encore son endroit favori au monde.


« Nous y voilà » annonça inutilement sa sœur. Elle lui sourit, ayant de toute évidence pardonné ce qu'il lui avait dit en parlant des elfes de maison. Leur mère ouvrit la porte et descendit. Ils suivirent. Son père et ses frères se tenaient déjà dans l'allée. Les portes du hall d'entrée étaient ouvertes en haut des marches de pierre. Stuart et Simon apprenaient à tempérer leurs sorts de lévitation afin que les malles flottent gentiment jusqu'au château, au lieu de s'élever jusqu'au toit.


Harry eut soudain une image mentale de Jamie essayant cela en septembre dernier, et parce que sa malle n'était pas bien fermée et cadenassée, quand elle s'éleva sous un angle étrange dans les airs, tous ses habits, ses livres et son équipement de potions, tout ce qu'elle avait pris à l'école, avait dégringolé les ardoises glissantes du toit jusqu'aux gouttières de pierre. Une des gargouilles s'était soudain réveillée quand son chaudron lui était tombé sur la tête, et avait commencé à lui lancer un flot d'obscénités. Harry se trouva en train de rire à ce souvenir.


« Hey, Jamie », réussit-il finalement à dire entre ses rires. Elle le regardait comme s'il était idiot. « Tu te souviens de l'an dernier quand tu as fait léviter ta malle au-dessus du toit et que toutes tes affaires se sont éparpillées ? Et cette gargouille qui t'insultait… »


Elle grimaça. « Oh. C'est pour cela que tu ris. »


Maintenant ses frères se joignaient à lui. « C'était excellent, James ! » dit Simon. Harry pensa que c'était Simon en tous cas.


« Vous auriez du voir la tête de Binns le jour suivant quand il a vu un soutien-gorge pendre à l'une de ses fenêtres, agité par la brise ! » intervint Stuart (probablement). Jamie avait l'air à deux doigts de commencer à s'entraîner à envoyer des maléfices, plutôt que des sorts de lévitation.


« D'accord, d'accord » grogna-t-elle. « c'est tout ce que je peux avoir en n'ayant que des frères. Hey, maman ! Tu es encore jeune. Pourquoi ne pas me donner une sœur un de ces quatre, hé ? »


Leur mère déplaçait les malles de Harry et Jamie dans le hall d'entrée, son sort de lévitation sûr et maîtrisé. « Ne soit pas impertinente. Nous sommes à l'école maintenant. Tu vas m'appeler Professeur Evans. »


Harry pensa à cela. Oui, il se souvenait maintenant. Sa mère n'était pas Lily Rogue ou Lily Potter. Elle avait repris son nom de jeune fille. C'était le professeur Lily Evans. Ce n'était pas connaissance commune qu'elle et Severus Rogue étaient mariés, et encore moins que c'étaient les parents de Harry, Jamie, Stuart et Simon. Ceux qui demandaient à Stuart et Simon s'ils avaient des liens avec Rogue se voyaient répondre qu'ils étaient parents, mais rien de plus. La propre mère de Harry les appelait lui et sa sœur « Potter » (parfois Mr Potter et Miss Potter), et ses frères Mr Stuart Rogue et Mr Simon Rogue (Rogue ou Mr Rogue aurait été trop confus avec eux deux). Elle appelait toujours chaque jumeau par le bon prénom.


Harry regarda le château avec amour, se souvenant courir autour quand il était assez petit. Ils avaient vécu à Poudlard de septembre 1983 à septembre 1984. Le mariage avait eu lieu pour la St Valentin 1984. Exact, pensa-t-il. Cette carte d'anniversaire ressemblait à une carte de la St Valentin parce que c'était cela aussi. Et les jumeaux étaient nés à peu près trois semaines après son quatrième anniversaire…


Oh, pensa Harry, regardant sa mère et rougissant. Les jumeaux étaient nés six mois après le mariage. De plus, ils avaient tous vécu dans le château des mois avant le mariage. Il n'avait jamais vraiment pensé à cela avant. Le professeur Dumbledore devait l'avoir approuvé. Ils avaient des chambres dans l'aile du personnel, où les élèves n'allaient jamais. Il y avait un salon, une nurserie de jour où Harry et Jamie jouaient avec leur mère, une chambre pour Severus Rogue et leur mère, et une nurserie de nuit pour Harry et Jamie, leurs lits séparés par une petite table qui soutenait un globe enchanté lumineux qui leur servait de veilleuse. Ils jouaient dehors quand il faisait beau, dans une grande cour herbeuse qui était dominée par les autres chambres du quartier du personnel. Aucun élève à l'école n'avait jamais suspecté qu'un de leur professeur était marié, et encore moins qu'il élevait de petits enfants. La mère de Harry n'enseignait pas encore.


Harry avait adoré explorer le château durant l'été, quand il était vide et résonnait. Draco était venu rester avec eux pendant la plus grande partie de cet été, et ensemble, les garçons de quatre ans avaient trouvé de nombreux coins et recoins qu'ils avaient classé dans un coin de leur tête pour un usage futur, spécialement un passage secret qu'ils avaient trouvé au quatrième étage, derrière un miroir. Harry en avait assez peur quand il était petit, mais comme il était maintenant un élève, il avait appris que ce passage conduisait à Pré-au-Lard (Il avait finalement trouvé le cran de le suivre jusqu'au bout). Il ressortait à l'arrière des coulisses de la salle municipale où sa mère et son beau-père s'étaient mariés.


Maintenant, il se souvenait de Fred et George montrant ce passage sur la carte du Maraudeur, disant qu'il s'était éboulé. De ce que Harry savait, dans cette vie, ce n'était pas le cas. La carte, pensa-t-il. Est-ce que Fred et George ont trouvé la carte dans cette vie ? Il ne savait pas. Ils n'étaient même plus élèves à l'école, ils avaient fini leur septième année…


En fait, en essayant de savoir, Harry ne put se rappeler avoir jamais parlé à Fred et George dans cette vie. Il pouvait se les représenter dans sa tête, chahuteurs à la table des Griffondors, dans la grande salle, volant avec leurs robes de Quidditch claquant derrière aux, ou penchés sur un parchemin dans la bibliothèque, préparant une plaisanterie de quelque sorte et riant déjà d'avance. Mais ensuite, il se souvint que dans son autre vie, Fred et George l'avaient immédiatement reconnu à l'âge de onze ans grâce à la cicatrice en forme d'éclair qu'il avait sur le front. Il n'y avait eu aucune raison pour eux d'aller vers lui et de lui parler dans cette vie. Il n'était pas célèbre. Il n'avait même jamais pris le train pour l'école, réalisa-t-il avec un pincement. Tellement de choses étaient différentes. Il se souvenait de plus de choses maintenant…


Après que Stuart et Simon soient nés, ils avaient acheté la maison à Pré-au-Lard, et dès le jour suivant, ils avaient déménagé, et Harry avait commencé à aller à l'école du village. Son père allait au château à balai tous les jours, revenant pour prendre le thé avec eux à cinq heures. Puis il devait souvent revenir au château pour participer à des réunions ou surveiller des retenues. Parfois, il restait au château si c'était son tour de patrouiller dans les couloirs la nuit.


Deux ans plus tard, Jamie avait commencé à aller à l'école du village. Elle et Harry descendaient High Street ensemble, se tenant la main, tandis que leur mère marchait derrière eux, poussant Stuart et Simon dans une poussette double. Harry voyait encore Draco occasionnellement. Quand Stuart et Simon furent prêts pour l'école, deux ans plus tard, Harry fut choqué et ravi de voir son ami quand il rentra dans la classe des cinquième année le jour de la rentrée. D'une certaine manière, Jamie était sa meilleure amie, mais elle était aussi sa sœur, et avait deux ans de moins que lui. Draco était un garçon, et avait juste quelques semaines de plus que lui. Il pouvait vraiment être un copain.


Cette année-là, sa mère avait commencé à enseigner les potions à Poudlard, et son père avait changé pour enseigner les Forces du Mal. C'était aussi la première année que le bureau des gouverneurs n'envoyait pas de lettre aux sorciers et aux sorcières nés de moldus, et le directeur partit, par dessus tout.


Maintenant que ses deux parents enseignaient, la vie à la maison devenait trépidante. Sa mère et son beau père revenaient tour à tour à la maison sur leurs balais pour les retrouver à la maison après l'école. Puis l'autre revenait à la maison pour leur donner le thé tandis que le premier revenait au château….


Pendant ses trois dernières années à l'école du village, Harry avait l'impression de ne les voir tous les deux dans la même pièce que les week-ends et pendant les vacances. Cela continua jusqu'à ce que les jumeaux soient assez grands pour aller à Poudlard. Puis ses parents décidèrent de louer la maison, et de vivre dans les quartiers du personnel pendant le trimestre, tandis que Harry et ses frères et sœur vivaient dans les dortoirs. Harry souhaitait pouvoir retourner vivre dans les quartiers des enseignants (ils étaient assez luxueux), mais il n'était même pas sensé dire que deux de ses professeurs étaient ses parents. Draco savait, bien sûr, et une poignée d'autres élèves, mais la plupart des gens l'ignorait.


« Harry ! » Harry sursauta. Son père tenait des balais. « tu veux descendre au terrain de Quidditch pendant que nous attendons que les autres arrivent ? J'ai un souaffle et un vif ici. N'utilisons pas de cognards. »


« Aaa, papa » couinèrent les jumeaux à l'unisson. Leur père rit. Harry lui sourit. Il aimait quand son père riait. Il semblait rire beaucoup dans cette vie. C'était une personne heureuse ici, mariée, avec des enfants…


Harry acquiesça. « Je serai attrapeur. »


Son père leva les sourcils. « Tu es sûr ? Tu es capitaine cette année, mais j'espère que tu ne vas pas enlever Draco de la position d'attrapeur. Il serait dévasté. » Harry sentit son cœur bondir. Draco et moi sommes dans la même équipe ! Dans la même maison ! Et je suis le capitaine. Je joue… il pensa à cela… gardien ? C'est cela…


« Je ne change pas Draco. C'est juste pour maintenant. Comme cela, tu pourras être gardien et Stuart et Simon pourront essayer de marquer contre toi. Tu es meilleur que moi, de toutes façons. »


« Allons, Harry, tu n'es pas mauvais. Je t'ai enseigné à être gardien depuis que tu sais voler sur un balai… »


Harry savait que c'était vrai dès que cela sortit de sa bouche. Il se représenta son père en septième année, essayant d'empêcher le souaffle de passer dans les anneaux, et, si c'était James Potter jouant poursuiveur, échouer assez spectaculairement. Si mon père était vivant, m'aurait-il appris à être un poursuiveur ? se demanda Harry. Il sépara les deux hommes dans sa tête en pensant à son beau-père comme son papa, et à James Potter comme son père. De nombreuses fois, cependant, c'était juste James Potter. Une sorte de personne brumeuse, imaginaire, pas vraiment réelle. Une personne qui existait seulement sur des photos. Et dans les souvenirs que Harry avait de son autre vie, dans ce qu'il avait vu quand il était rentré dans la pensine de Severus Rogue.


Que se passerait-il, se demanda-t-il, si l'on essayait de mettre des souvenirs issus d'une pensine dans une autre pensine ? Que se passerait-il s'il essayait de mettre un des souvenirs de son autre vie dans une pensine ? Comme il approchait le terrain de Quidditch avec son père et ses frères, il frissonna. Une pensine est chère, il le savait. Et je ne suis plus riche, réalisa-t-il d'un coup. L'argent dans la voûte de la Gringott n'est pas à moi, c'est celui de mon papa et de ma maman. Et combien de cela a dû partir pour acheter la maison à Pré-au-Lard ? se demanda-t-il. Elle était immense. Il pouvait y avoir une hypothèque dessus, supposa-t-il, mais étant donné les taux d'intérêt ridicules que les Gobelins prenaient sûrement, qui voulait avoir une hypothèque quand on pouvait payer comptant ?


Quand ils atteignirent le terrain, Harry enleva son balai de son épaule et regarda la poignée. 'Éclair 500' était brûlé dans le bois. Éclair ? pensa-t-il, perplexe. Cela devrait être un Éclair de feu. Mais de ce qu'il se souvenait, il n'avait jamais entendu parler d'éclair de feu dans cette vie. Il haussa les épaules pour lui-même. Cela avait l'air d'être un bon balai. Il le monta et donna une poussée, sentant à nouveau l'excitation d'être en l'air, le vent faisant battre sa robe, ses cheveux bougeant autour de sa tête… Il n'y avait rien de tel. Bon, pensa-t-il. C'est une chose qui n'a pas changé.


Ses frères essayèrent vaillamment de se passer le souaffle de l'un à l'autre, mais à chaque fois qu'ils essayaient de marquer contre leur père il l'attrapait habilement. Harry riait de l'expression sur leurs visages à chaque fois que leurs tentatives pour marquer étaient interceptées. Il prenait du plaisir à simplement voler autour du terrain, filant dans les airs. Il prenait aussi plaisir à regarder l'habileté de son père en tant que gardien. Il était vraiment bon. Harry sourit. Cela signifiait, bien sûr, que son père avait été vraiment très très bon en tant que poursuiveur, pour avoir battu Severus Rogue.


Après que son père ait intercepté le souaffle pendant plus d'une demi-heure, Harry pensa voir un éclat doré près du sol. Il avait simplement pris plaisir à voler, tournant autour du terrain, laissant le vent le caresser, ses frères et son père devenant flous. Maintenant, il plongea directement. Il devait avoir été à une centaine de pieds d'altitude. Il sentit son estomac bouger de cette façon qui était si excitante, et donnait en même temps envie de vomir. Avant d'en être conscient, il avait la petite balle ailée dans sa main et il s'était stabilisé, volant à pas plus de quatre pieds du sol, souriant. Il n'avait pas fait cela depuis si longtemps. Il avait oublié à quel point c'était grisant ! Comme il revenait pour atterrir, rejoignant son père et ses frères sur l'herbe, il rencontra des visages choqués et incrédules.


« Simon, tu te tiens sur mon pied » se plaignit Stuart, comme Harry les rejoignait. Simon était bouche bée, tout comme Stuart le moment d'avant, avant que le douleur de son pied ne l'oblige à parler.


« Harry ! Je… Je ne t'ai jamais vu voler comme cela… » dit Simon. Il savait que c'était Simon seulement parce que Stuart venait juste de le dire.


Harry rougit, tendant le vif à son père. « Tiens » fut tout ce qu'il pensa à dire, déglutissant. Son beau-père le regardait appréciativement aussi, et Harry avait l'impression distincte que l'homme pouvait lire dans son esprit. Il se secoua. C'était ridicule. Seuls les enfants croient que leurs parents peuvent lire dans leur esprit…


Puis Harry remarqua une affreuse cloque sur le dos de la main de Stuart. « Stu ! » cria-t-il, la montrant du doigt, content de pouvoir trouver quelque chose pour détourner la conversation de son attrapage si peu caractéristique.


« Crotte ! » cira son frère en voyant la cloque.


« Surveilles ton langage… » l'avertit son père, mais pas très fort. Il sortit un tube de pommade de la poche de sa robe et le tendit à son fils. « As-tu pris la potion de Porphyrie ce matin ? » demanda-t-il sévèrement. Stuart l'ignora délibérément. Comme il se passait la pommade sur sa main, il foudroya son père du regard. Quand il parla, sa voix était chargée de larmes.


« Je ne sais même pas pourquoi tu as voulu des enfants. Tu savais que nous aurions ta maladie dégoûtante. »


« Stu ! » s'exclama Harry, surpris. Son frère se renfrogna et l'ignora aussi.


« J'en ai ras le bol des blagues de vampire, et pareil pour Si. » Simon regarda son père, avec de grands yeux innocents. « Nous n'avons pas demandé à naître… »


Harry retint son souffle. C'était un changement d'humeur tellement rapide. Mais bon, Stuart venait juste d'être frustré par son incapacité répétée à marquer contre son père. Harry se souvint que la porphyrie rendait les personnes plus susceptibles, et causait des changements d'humeur, puis dégénérait en démence… Bien, Stuart avait sans doute une saute d'humeur maintenant, pensa Harry. Il regarda son père. Harry ne l'avait jamais vu avec un air aussi dévasté.


« Je vous reverrai au château. » dit-il laconiquement, se retournant, sa robe tournant autour de lui. Harry et ses frères le suivirent à distance, Harry bouillant à cause de son frère sur tout le chemin du retour. Simon marchait derrière eux avec ses mains dans ses poches. Harry était derrière Stuart, creusant des trous dans sa tête avec son regard.


Quand ils furent près du château, Harry parla dans le dos de son frère, les dents serrées « C'était dégoûtant. Papa a vécu avec la porphyrie toute sa vie. Pourquoi t'en plains-tu alors que tu n'as que douze ans ? Tout ce que tu avais à faire était de mettre la crème dessus sans en rajouter. C'était dur à ce point ? »


Ils avaient presque atteint le château. Son frère se tourna et lui fit face, de la colère et du ressentiment plein les yeux, surprenant Harry. « Oh, oui, comme si tu savais comment c'est. Tu n'as pas à être son fils, juste son beau-fils. Tu es juste si heureux d'avoir un papa, n'importe quel papa, tu te moques de ce qu'il est. Tu n'as pas à t'en soucier. » Il se détourna encore de Harry, et continua à monter les marches jusque dans le hall d'entrée. « Tu sais, n'est-ce pas, que la mort de ton père a été la meilleure chose qui lui est jamais arrivée ? Je parie qu'il a dansé sur la tombe de Potter… »


Ils venaient juste de rentrer dans le hall d'entrée maintenant, et Harry lui asséna un coup, le mettant au sol. Stuart réussit à se retourner face à lui. Harry s'agenouilla sur son frère, ses mains autour de sa gorge.


« Il n'aurait jamais fait cela ! Retire ce que tu as dit ! » Puis il sentit Simon bondir sur son dos et passer son bras autour de sa gorge. Harry grogna comme la quantité d'air qu'il pouvait inspirer diminuait visiblement. Stuart tendit le bras et mit sa main sur les lunettes de Harry, les lui arrachant et les envoyant voler dans le hall. Puis il essaya de saisir le nez de Harry. Harry hurla comme ses frères l'assaillaient, et les jumeaux braillèrent comme il continuait à se battre contre eux.


« Harry Potter! Stuart et Simon Rogue ! »


Harry leva les yeux. Les jumeaux se figèrent aussi. Même sans lunettes, il pouvait voir que la personne qui avait crié leurs noms d'une manière si stridente était le professeur MacGonagall se tenant au pied de l'escalier de marbre, ses yeux leur lançant des dagues, ses lèvres ayant l'air plus fines qu'il ne les avait jamais vues. La directrice. Harry tourna légèrement sa tête. En louchant, il pouvait voir ses parents se tenir à l'entrée de la grande salle. Le visage de son père était plus pâle que pâle, ses yeux noirs brillants, tandis que sa mère était absolument furieuse. Harry pensa pouvoir voir quelques autres professeurs flous de l'autre côté des portes de la grande salle. Jamie se tenait à côté de sa mère, une expression joyeuse à peine masquée sur le visage. Elle essayait clairement très fort de ne pas rire. Harry n'avait pas envie de rire.


Simon descendit du dos de Harry, l'air penaud. Harry se leva aussi, tendant sa main à Stuart qui l'ignora et se leva tout seul. Severus Rogue avait ramassé les lunettes de Harry, et maintenant, il tenait son beau-fils par l'oreille. Harry vacilla comme il était tiré en haut de l'escalier de marbre et le long d'un couloir. Il lâcha finalement l'oreille de Harry et lui jeta ses lunettes quand ils atteignirent son bureau. Harry se souvint qu'il avait été le bureau de Remus Lupin, et celui de Gilderoy Lockhart, aussi. Il y avait aussi Maugrey… Les Maugrey, plutôt, le vrai et le faux. Cela semblait étrange que son bureau ne soit plus dans les donjons. Ce doit être le bureau de maman, maintenant, pensa Harry. Il remit ses lunettes et se frotta l'oreille. Elle était assez douloureuse.


« Nous n'avons pas été ici assez longtemps pour que les autres arrivent, et toi et tes frères y êtes déjà. Ce sont des deuxième année. Je m'attendais à cela d'eux. Pas que j'excuse leur comportement, loin de là. Mais tu es en sixième année maintenant, Harry. J'attends mieux de toi. Au moins, tu n'as pas essayer de lui lancer un maléfice. Qu'est-ce qui a bien pu te faire faire une chose pareille ? » Harry grimaça. Il ne voulait pas particulièrement dévoiler la raison de ce combat. « Hé bien ? » son père insista.


Harry se tortilla. « Stu a dit… » commença-t-il doucement.


« Quoi ? Parle ! » L'homme auquel il avait parlé dans l'office, à la maison, avait disparu. Ici, c'était le professeur familièrement sévère que Harry avait d'abord rencontré dans son autre vie, quand il avait onze ans. Il sentit le besoin urgent d'être obstiné venir en lui et il le combattit. D'accord, pensa-t-il. Essayons de voir s'il va continuer de me gronder quand il entendra ce qui est arrivé…


« Il a dit » dit maintenant clairement Harry, d'un ton calme « que la mort de mon père était la meilleure chose qui t'était jamais arrivée et que tu avais probablement dansé sur sa tombe. »


Son beau-père s'affaissa dans sa chaise, une expression consternée sur le visage. « Il a dit cela ? »


« Mais je lui ai dit que tu n'aurais jamais fait cela et qu'il devait le retirer. Bon, je lui ai d'abord sauté dessus, puis je lui ai dit cela. »


Il fut immédiatement désolé d'avoir dit quoique ce soit sès qu'il vit l'expression de son père : un air coupable, sans erreur. Harry compris. Il se souvint de Cédric Diggory et de Dudley…


Il essaya de ramener son père à la réalité. « Vais-je avoir une retenue ? Des points de la maison déduits ? » Il aurait dit n'importe quoi pour enlever cette expression du visage de son père. Son beau-père leva les yeux vers lui, surpris, comme s'il avait oublié pourquoi ils étaient ici.


« Quoi ? Oh, non. Je pense que tu devrais juste attendre ici jusqu'à ce que le train arrive et que les carrosses aient amené les autres élèves au château. Tu peux redescendre pour la répartition et la fête de bienvenue. Je vais m'assurer que ta mère garde les jumeaux dans son bureau pour attendre, si ce n'est déjà fait. Je suis sûr qu'ils se seront bien fait gronder par elle. » Harry se demanda s'ils avaient dit la vérité ou quelque version embellie et élaborée des événements qui le faisait passer pour l'instigateur.


« Peut-être… Peut-être que Jamie pourrait monter et attendre avec moi ? Si elle veut, je veux dire. A moins que ma punition soit sensée être en solitaire. »


Son père sourit tristement. « Non, ce sera bien, si elle veut monter. Et ce n'est pas tant une punition que … vous garder séparés, les jumeaux et toi. » Il se leva, brossant sa robe, même si elle avait l'air aussi parfaite que d'habitude.


« Papa ? » dit soudain Harry. Son beau-père se tourna, ne le corrigeant pas en lui disant de l'appeler « Professeur Rogue » comme sa mère avait fait avec Jamie.


« Oui, Harry ? »


« Je… Je pense vraiment ce que j'ai dit. Je ne pense pas que tu haïssais encore mon père quand il est mort. Je… je pense que tu étais aussi désolé qu'il soit mort que n'importe qui. Peut-être pas autant que maman, mais probablement personne d'autre… bien, tu vois ce que je veux dire. »


Il regarda suspicieusement Harry. « Je ne le haïssais plus ? Qu'est-ce qui te fait penser que je le haïssais ? »


« Bien, heu, parce qu'il t'a sauvé la vie. Et puis qu'après maman n'était plus ta petite amie, mais la sienne. Quand vous étiez tous encore à l'école. »


Sa suspicion semblait croître de minute en minute. « Comment sais-tu qu'il m'a sauvé la vie ? Comment sais-tu que ta mère et moi… bien, tout cela ? »


Harry déglutit. N'était-il pas sensé savoir tout cela ? Il essaya de se rattraper. « Tu sais, j'ai, heu, gardé mes oreilles ouvertes, pendant des années… Quand Sirius a essayé de t'attirer sous le saule cogneur, pendant la pleine nulle, et que Remus était… Tu sais. »


Son père marchait de long en large, l'air en colère… mais pas contre lui, bizarrement. « Alors tu es au courant de cela, n'est-ce pas ? De ce que Sirius a fait, au fait, professeur Black pour toi, et tu sais aussi pour Remus ? »


Harry acquiesça. Professeur black. Oh, c'est vrai, pensa Harry. C'est lui qui a pris les métamorphoses après que MacGonagall ait été nommée directrice. Le visage de son père s'était assombri en se rappelant ces jours moins que heureux à l'école.


« Pourquoi penses-tu qu'elle a rompu avec moi, en plus ? »


Harry était maintenant celui qui était confus. « Ce n'est pas le cas ? »


Il était à nouveau laconique et distant. « Non. J'ai rompu avec elle. Et c'est tout ce dont nous parlerons maintenant. Je vais voir si Jamie souhaite te tenir compagnie. » Et son père était parti.


J'ai rompu avec elle.


Quoi ? pensa Harry. Cela n'a aucun sens. Il était encore amoureux d'elle. Pourquoi aurait-il rompu avec elle ? Pas que cela compte. Ils sont ensemble maintenant. Mais bon… C'est très étrange cela.


Harry alla à la fenêtre pour regarder et attendre que les carrosses remontent la route depuis la gare de Pré-au-Lard. Il n'était pas sûr de quand cela serait, mais il commençait à faire sombre. Probablement bientôt. Presque une demi-heure s'était écoulée depuis que son père l'avait quitté, quand il entendit Jamie entrer. Il se tourna pour la voir s'élancer vers lui, souriante. Il grimaça. Oh, elle adorait probablement cela, pensa-t-il, attendant qu'elle commence à jubiler.


« Alors, tu me dois dix noises. » lui dit-elle, le tapant légèrement sur le haut du bras, et puis appuyant son menton sur ses mains, comme elle prenait position à côté de lui, à la fenêtre.


« Quoi ? »


« Notre pari. Sur qui aurait une retenue en premier quand nous rentrerions à l'école. Tu me les dois. »


« Mais je n'ai pas de retenue… »


« Voyons. Essaye de ruser en prétendant que tu n'as pas parié que tu aurais une retenue en premier. Simon et Stuart ont une retenue, comme j'ai dit qu'ils en auraient une. Tu aurais dû entendre maman les gronder. J'écoutais en dehors de son bureau. »


Harry tourna la tête, lui souriant. « Tu écoutes encore aux portes ? »


« Pas besoin. On pouvait entendre maman dans tout le donjon. C'est une bonne chose que personne ne soit ici à part nous et les autres professeurs . »


« Et les fantômes et les elfes de maison… »


« Tu vas encore repartir avec les elfes de maison ? Honnêtement, Harry, c'était tout simplement inquiétant. Tu es sûr d'être mon frère ? »


Harry déglutit. Non, c'était la dernière chose dont il était sûr. « Je ne suis pas ton oncle… »


« Bien, tu me les dois quand même. Je ne peux pas croire que je t'ai laissée parier que tu aurais une retenue avant Si et Stu. Je veux dire, quand je vous ai vu vous trois dans le hall d'entrée, j'étais sûr que tu avais mis cela en scène juste pour gagner le pari. »


« Je ne l'ai pas mis en scène. Stu a dit… »


Il s'arrêta en la regardant, et il déglutit. Elle lui fronça les sourcils. « Qu'a dit Stu ? »


« Hum… Peu importe. Mais je n'ai pas mis en scène le combat. »


« Bien, de toutes façons, je savais qu'une fois que papa t'avait prit et que maman avait pris les jumeaux, c'étaient eux qui allaient avoir la retenue. Tu es le favori de papa. »


« Je ne le suis pas… »


« Si, tu l'es. Je ne suis pas jalouse ou quoique ce soit. C'est juste un fait. Et je suis leur petite fille, alors cela me met à part par soi-même. Je ne dirais pas que les jumeaux sont les chouchous de maman, cependant. Elle les surveille de près, à cause de la porphyrie, mais c'est naturel, je suppose. Stu avait l'air un peu mieux ces derniers jours, n'est-ce pas ? Je veux dire, mieux que depuis qu'il est rentré de l'hôpital de toutes façons. Je me demande pourquoi c'est pire pour lui que pour papa ou Si ? »


Harry fronça les sourcils. L'hôpital ? Puis il se souvint. Stuart avait passé la moitié de ses vacances d'été à Ste Mangouste. Sa mère avait voulu le prendre à un hôpital moldu et essayer de le mettre sur une liste pour une greffe de foie, mais il y aurait eu trop de questions de la part des docteurs moldus auxquelles ils n'auraient pas pu répondre (sur la potion de Porphyrie, pour commencer), de plus, son père ne voulait pas en entendre parler. Les sorciers ne croyaient pas aux opérations chirurgicales. Les seuls soins acceptables étaient prodigués par sorts ou par potions. Il ne viendrait à l'idée d'aucun sorcier de subir une intervention chirurgicale (et avec un docteur moldu !) pour quelque raison que ce soit. Stuart avait grandi avec ces proscriptions comme n'importe quel autre sorcier. Sa mère avait hurlé que cette attitude était dangereuse et d'un autre âge, sans succès. Harry se souvint de Maugrey lui racontant comment il s'était fait amputer sa jambe par un docteur moldu en 1915. Sans rien contre la douleur… C'était probablement la conception qu'avaient les sorciers de la chirurgie. Une pratique barbare et dangereuse. Ils ne connaissaient pas les merveilles dont était capable la médecine moderne, comme les transplantations d'organes.


Stuart devait prendre la potion de Porphyrie plus souvent que son père ou son jumeau. D'une manière ou d'une autre, son corps n'y faisait pas aussi bien face que les leurs, et il avait aussi du caractère à revendre. Harry eut envie de se frapper maintenant pour avoir sauté sur son frère. Il espérait que sa mère n'avait pas été trop dure avec les jumeaux. Pas étonnant que Simon m'ait sauté sur le dos comme cela, pensa-t-il.


Harry haussa les épaules, il n'avait aucune réponse. Puis il loucha vers le crépuscule. « Regarde. » lui dit-il, montrant la direction du village. « Ils arrivent. »


Il n'avait jamais vu cela dans son autre vie. C'était une belle vue. Au-dessus des silhouettes noires des maisons du village, le ciel était une aquarelle pêche et abricot, s'assombrissant vers le jade, le aigue-marine, et finalement le bleu saphir, ponctué par les brillantes étoiles du ciel. Les carrosses en forme de citrouille étaient soulignés par de petits points brillants, de telle sorte qu'ils ressemblaient à une armée très organisée de lucioles en route vers le château. Il y avait aussi des lanternes accrochées à chaque carrosse, deux devant, et deux derrière, émettant une lumière dorée dans le paysage obscur. La procession des carrosses le long de la route et la lumière mourante coupaient le souffle et, Harry ne put s'empêcher de se sourire, étant donné qu'il ne pouvait penser à aucun autre meilleur mot pour cela, magique.


Lui et sa sœur ouvrirent les lourdes fenêtres aux cadres de métal, se penchant au dehors pour regarder les premiers carrosses arriver. Les élèves descendaient, bavardant ensemble, continuant leurs conversations du train. Harry sentit un pic de jalousie : il n'avait pas pris le Poudlard Express. C'était une transition merveilleuse du monde des moldus à ce monde. Bien sûr, pensa-t-il, je ne vis plus dans le monde des moldus…


Comme carrosse après carrosse, les élèves sortaient, il y avait de plus en plus de réunions devant les marches du château, brillamment éclairées par les énormes torches de l'autre côté de l'énorme porte d'entrée. Harry vit Liam Quirke, ayant le même air que ce matin à King's Cross (dans son autre vie), et il portait un badge brillant de préfet en chef sur sa robe. Bien, pensa Harry avec satisfaction, cela est pareil. C'est bien pour Liam. Sauf… Harry réalisa soudain que Justin Finch-Fletchley ne serait pas là si les nés de moldus ne recevaient plus de lettre. Il devait probablement être à Eton. Bien, pensa Harry, peut-être que Liam a trouvé quelqu'un d'autre. Il se sentit cependant un peu triste pour lui.


Quelques autres Serdaigles étaient dans le carrosse avec Liam. Harry vit Evan Davies et Mandy Brocklehurst, avec leurs badges de préfet en évidence. Puis Harry eut une pensée soudaine. Il regarda sa robe froissée, puis les autres élèves dehors. Je ne suis pas préfet. Je ne suis pas préfet ! pensa-t-il maintenant avec excitation, se souriant à lui-même. Plus de réunions de préfet ! d'un autre côté, considéra-t-il, Liam ne serait probablement pas aussi mauvais que Roger l'était. Et étant donné qu'il se souvenait que Cédric Diggory avait été préfet en chef durant l'année précédente, cela signifiait que Roger Davies ne l'avait pas été. Il sourit encore plus largement. Ha ! A toi, Roger Davies ! Il se demanda ce que faisait Roger maintenant qu'il était sorti de l'école. Qui embaucherait un tel crétin ? pensa-t-il.


Puis il se demanda qui était la préfète en chef, mais il eut très bientôt sa réponse quand Cho Chang sortit de son carrosse, son badge scintillant à la lueur des torches. Harry sourit. Bien. Elle le méritait ici autant que dans son autre vie. Puis il remarqua le garçon qui était sorti du carrosse en premier et l'avait aidé à en descendre. Plus un homme qu'un garçon avec ses larges épaules. Il était exceptionnellement grand, portait le badge d'argent des préfets sur sa robe noire sombre, et ses cheveux étaient comme du feu. Il se pencha pour donner à Cho un rapide baiser sur la bouche, puis marcha avec son bras autour d'elle vers les marches conduisant au château.


C'était Ron Weasley.


Harry sentit sa mâchoire tomber, puis il la referma abruptement, espérant que sa sœur n'avait pas remarqué. C'était le cas. Elle semblait scruter les carrosses avidement, à la recherche d'un visage particulier. L'ayant vu regarder la photo encadrée pendant qu'elle préparait ses paquets, Harry avait le sentiment de savoir qui elle attendait de voir.


Mais quelqu'un d'autre émergea du carrosse dans lequel Ron et Cho étaient montés. C'était Neville Londubat, mais un Neville Londubat que Harry n'avait jamais vu avant. Ce Neville surpassait même le garçon qui avait, avec l'aide des potions d'Eutharsos et de Mnemosis, battu Harry en duel devant toute l'école. Harry se souvint avoir pris du polynectar durant sa deuxième année, et de Ron lui disant à quel point c'était étrange de voir Crabbe (dont Harry avait pris la forme) réfléchissant. Regardant maintenant Neville, Harry ne pouvait pas s'empêcher de se demander si quelqu'un qui était sûr de lui et confiant avait pris du polynectar pour ressembler à Neville. Il tendit sa main à quelqu'un encore dans le carrosse, et aida une jolie fille à la peau crémeuse avec une généreuse distribution de tâches de rousseur sur le visage à descendre de l'intérieur. Comme son frère, elle portait aussi un badge de préfet. Ses longs cheveux roux –or tombaient jusqu'à sa taille, et ses grands yeux bruns brillaient joyeusement dans la lueur des torches comme elle souriait à Neville.


Harry ne fit aucun effort pour fermer sa bouche cette fois. Il n'avait jamais vu Ginny apparaître si mûre. Elle avait l'air heureuse aussi, même plus heureuse qu'elle avait été lorsque Draco Malfoy l'avait embrassée après que Harry ait mit à égalité Griffondor et Serpentard pour la coupe de Quidditch…


« Le voilà ! » cria Jamie avec excitation, montrant du doigt la ligne de carrosses vers l'endroit où se tenait Draco. Ses cheveux semblaient plus jaune que platine à la lueur des torches, et son badge de préfet brillait. Il riait de quelque chose dit par quelqu'un encore dans son carrosse, puis il tendit sa main et aida une fille aux cheveux sombres et frisés à sortir, et elle se cramponna à lui après qu'elle soit sur le sol, comme si elle risquait de tomber si elle ne le prenait pas pour support. Mariah Kirkner leva les yeux vers lui de la même façon que Jamie avait regardé la photo, mais plus avec une expression de propriété. Harry jeta un regard en coin à sa sœur, qui se renfrognait. Oh oh, pensa-t-il. Il y a compétition.


Puis il eut un souvenir qui lui fit penser que ce serait bien mieux si Draco ne considérait pas sa sœur comme du matériel pour sortir…


Il se faufilaient en silence dans les passages entre les étagères de livres poussiéreux, tenant allumées leurs baguettes haut au-dessus d'eux.


« On se rapproche, tu te reconnais ? » demanda Harry à Draco.


« C'est par là. Je l'ai caché avec les copies de l'histoire de Poudlard. Personne ne les a jamais lus, et un livre mélangé là sur les sorts de bouclier ne serait jamais remarqué… »


« Oui, hé bien, peut-être que si nous nous étions préparés plus tôt que la nuit avant les BUSEs, nous n'aurions pas besoin de rôder dans la bibliothèque à minuit, pour cacher des livres que nous ne voulons pas que les autres voient… »


« C'est bien de dire cela maintenant, mais dans neuf heures, Flitwick va s'attendre à ce que nous connaissions ces choses, et je compte là-dessus. Étudier à l'avance est une perte de temps. Il y a trop d'autres choses plus agréables à faire de mes jours… et de mes nuits… »


Harry pensa aux nombreuses filles que Draco voyait n'importe quand. Il savait exactement ce dont son meilleur ami parlait. Malheureusement, Harry n'avait pas de petite amie, alors il n'avait pas d'excuse réelle pour ne pas être préparé autre que de ne pas vouloir étudier seul. Juste au moment où ils atteignaient l'étagère avec ses nombreux exemplaires jamais ouverts de l'histoire de Poudlard, il entendirent le craquement de la porte de la bibliothèque s'ouvrant.


« Nox ! » chuchotèrent-ils rapidement tous les deux, éteignant leurs baguettes. Le cœur de Harry battait douloureusement dans sa poitrine, et il se pressa contre l'étagère à côté de Draco, fermant ses yeux comme si cela le rendait invisible à ceux de la personne qui venait de rentrer. Les pas résonnaient sur le sol dur. Harry retint son souffle comme la personne se rapprochait de plus en plus. Il pouvait entendre sa respiration. Était-ce l'un des professeurs ? Ils auraient de sacrés problèmes. Peut-être qu'on les empêcherait de passer leurs BUSEs. Il n'aurait jamais dû laisser Draco l'embarquer là-dedans. Il aurait dû étudier lorsque Draco était en haut de la tour d'astronomie, avec sa succession de petites amies…


« Lumos ! » fit une voix féminine. Elle ne se tenait pas à trois pieds d'eux. C'était Niamh Quirke. Harry grogna intérieurement. Une préfète en chef. Super. Presque aussi mauvais qu'un professeur. Elle avait autant d'autorité quand il s'agissait de donner des retenues et de déduire des points aux maisons. Le dessous de son nez et de son menton étaient éclairés de manière inquiétante par la lumière de sa baguette. Mais bien que Harry ait vu Niamh être sévère, donner des retenues et enlever des points, elle n'avait pas l'air comme cela maintenant. Elle ne faisait pas du tout attention à Harry en fait. Juste à Draco. Un sourire s'afficha lentement sur son visage…


Cela arriva si vite. Niamh était d'accord pour garder le silence sur leur escapade en dehors des heures autorisées. Elle les avait surpris discutant du plan quand ils étaient dans la bibliothèque durant l'après-midi, et elle était venue avec l'espoir qu'ils ne seraient encore pas partis.


« Bien, en fait, j'espérais que tu ne serais pas encore parti. » dit-elle à l'intention de Draco, ses yeux enflammés. Harry avait assez souvent vu les filles regarder son meilleur ami comme cela. Il savait ce que cela signifiait. Il regarda Draco : était-il intéressé ? Qui voyait-il en ce moment ? Susan quelque chose… ou était-ce Hannah ? Cela ne semblait pas avoir d'importance pour Draco. Devant lui se trouvait une fille plus âgée que lui de deux ans, et une préfète en chef, pas moins, lui offrant son silence et elle-même. Un sourire fendit lentement le visage de Draco Malfoy. Il y avait des opportunités qu'il ne fallait pas manquer.


Il lui tendit sa main, et ils allèrent dans un coin à l'arrière de la bibliothèque. Harry s'appuya contre les étagères, soupirant de soulagement qu'ils ne soient pas pris, mais aussi de frustration comme il n'avait pas de petite amie (bien qu'il n'envie pas réellement son ami pour ces rencontres d'amour purement physique qui semblaient être son passe-temps).


Harry entendit le froissement des habits que l'on enlevait. Il entendit les sons de baisers que l'on ne pouvait pas ne pas reconnaître, puis les gémissements et les grognements qui lui firent se couvrir les oreilles avec ses mains, et chantonner la chanson de combat des Holyhead Harpies. Quand cela fut fait, il compta dans sa tête, les oreilles encore bouchées et les yeux fermés. Après un moment, il ouvrit les yeux, voyant les rangées inquiétantes des rayons éclairées par la lune filtrant par les fenêtres. C'était très silencieux. Harry se faufila dans la direction vers laquelle il les avait vu partir, retenant son souffle. Il passa lentement sa tête de l'autre côté du dernier rayon, où Draco avait eu plus d'un rendez-vous durant les heures d'ouverture de la bibliothèque (il conservait alors ses habits). Draco était couché sur elle, essayant de reprendre son souffle, ses bras autour d'elle, et les jambes de Niamh autour de lui. Harry vit, sans erreur possible à la forte lueur de la lune, une poitrine nue, et un téton très sombre au bout…


Il se retira, gêné jusqu'à la moelle. Ils venaient juste de finir et étaient encore… encore…


Il ne pouvait former des pensées cohérentes, alors il arrêta d'essayer, et courut jusqu'à la porte de la bibliothèque. Il espérait qu'ils ne l'avaient pas vu. Il souhaitait avoir un meilleur ami différent, mais après tant d'années à l'école (et avant même qu'ils soient venus à Poudlard, aussi), tout le monde avait ses amis, son entourage. S'il se séparait de Draco, il serait seul. Jamie ne le rejoindrait probablement pas dans son exode de Draco. Il déglutit comme il s'enfuyait de la bibliothèque. Peut-être que ce ne serait pas une si mauvaise idée, pensa-t-il. Il valait mieux n'avoir aucun ami que quelqu'un qui utilise si ouvertement les gens, ou qui n'accorde aucune pensée au fait que son meilleur ami est dans la pièce quand il saute une fille…