Bonjour!
Je vous retrouve pour le chapitre 13. Je vous préviens, il est très court. Mais il est nécessaire pour la suite, donc le voici!
Je vous retrouve en bas avec un petit coup d'gueule et les remarques habituelles!
Disclaimer: Toujours pas *soupir*
Enjoy!
Chapitre 13: Je n'ai pas pris de fleurs
- [Zoro & Law] -
*Zoro*
Le vent me fouette le visage. Il rafraîchit mes joues et s'engouffre partout dans mes vêtements. Je le sens sur ma peau, comme une caresse mordante. Je me concentre dessus. Pour oublier. Pour ne pas me rappeler. Pour ne pas réaliser. On fuit, encore. Toujours la même personne. La situation me ramène dix ans en arrière. Ça fait longtemps que je n'ai plus la douleur lancinante que provoque le décès d'un proche mais le gout amer de la culpabilité et des remords ne sont pas partis. Ils se sont encrés en moi, toujours plus profondément. C'est pour ça qu'on c'est séparés avec Law : on ne pouvait plus faire comme si de rien n'était. Alors il est parti à l'autre bout du pays chez son oncle : Corazon (1). Et moi j'ai fuis, encore je me suis caché, encore. On ne c'est jamais recontacté. On ignorait tout de l'autre. Il ne nous restait que les souvenirs, et on s'en contentait. Jusqu'à ce que cet enfoiré de Lucci décide de nous livrer tout simplement à Doflamingo sur un plateau. A une certaine époque on aurait fuit. On aurait tout abandonné, quitte a qu'ils détruisent tout sur notre passage. Mais pas aujourd'hui. On avait tout les deux une nouvelles vie, de nouveaux amis, et une dette à payer envers l'autre. Je ne les laisserais jamais toucher à mes amis. Kuina est morte par mes mains, je sauverais Law et épargnerait la douleur du deuil à mes amis. C'est pour cette raison que nous roulons vers une route déserte à l'opposé du refuge. On n'est pas assez bêtes pour croire qu'ils vont nous laisser fuir tranquillement. Vergo doit déjà nous traquer comme un chien avec sa proie. Et c'est ce que l'on est : une proie. Alors on respire à pleins poumons l'air glacial qui semble vouloir nous emporter loin. Le paysage défile vite, trop vite. On vit pleinement quelques minutes, car quelque soit l'issue de cette situation personne ne s'en sortira indemne. La vitesse décroit et la moto s'immobilise sur le bord d'une route vide et noire. On se fait face. Finalement Law tend une main vers moi et la pose sur ma joue :
« - Je ne t'en ai jamais voulu tu sais… Ce jour là, quand j'ai vu ton sabre la transpercer, j'ai bien cru que tu allais le retourner vers toi… Mais non. Tu as continué, fier et brave. Pitoyable et fou. Tu as continué à me sauver. Et je crois bien que tu es mort ce jour là Zoro, mais moi aussi tu sais. Je crois bien que Kuina n'a pas été la seule à perdre son âme dans cette salle. Mais le monde a continué à tourner. Comme pour nous rappeler à quel point personne n'est irremplaçable. Alors on a fait ce qui nous semblait juste : on c'est mutuellement abandonnés. Mais tu sais, je crois bien que le moment est venu d'accepter notre mort et de commencer une autre vie, -il sourit tristement-, je crois bien, Zoro, que le moment est venu d'arrêter de fuir. »
Une larme unique coule sur sa joue, reflet de celle qui coule le long de mon visage. Oui, le temps est venu d'arrêter de fuir. Alors il s'empare de mon visage et m'embrasse. Lentement, doucement, avec un gout de regret. Je sais que ce sera notre dernier baiser. On ne s'aime pas. On survit ensemble. Il a toujours eu ce besoin de se rappeler de ma présence, que moi je n'étais pas mort. Alors la manie qu'il avait d'être trop tactile avec moi c'est transformé en obsession.
Ses lèvres se séparent des miennes avec douceur. Comme on rompt un lien auquel on tient. Autour de nous la nuit nous observe, curieuse, elle regarde ces deux inconnus qui se disent adieux.
« - C'est nos adieux ?, je demande calmement
- Non, c'est notre enterrement.
- Je n'ai pas de fleurs.
- Ce n'es pas grave, on ne c'est jamais encombré de détails. »
Sa main quitte ma joue. Une voiture passe. Son regard reste encré au mien. La voiture s'arrête. Il esquisse un sourire en coin. Un homme sort de la voiture. J'adore ce sourire. L'homme se dirige vers nous. Je lui réponds avec un air insolent. L'homme se rapproche. La nuit nous enveloppe, protectrice. L'homme s'arrête derrière Law. Il ferme les yeux. Je reconnais Vergo derrière lui. Law rigole haut et fort, comme une libération. Vergo semble interloqué. Law ouvre la bouche pour parler. Rien ne bouge. « Sauve-moi : laisse nous renaître. Enfin. ». Le temps se suspend. Je ferme les yeux. Vergo lève la main pour frapper Law. « Oui, je vais te sauver, Law ». La main de l'homme redescend. Law se laisse tomber au sol, les yeux fermés, comme mort. La main de l'homme se retrouve dans le vide. Je prends une respiration.
Je vais nous sauver Law. Pour toi, pour elle, pour eux… pour moi.
Alors je saute sur l'homme en face de moi.
*Law*
Je n'entends plus rien. Le bitume est encore chaud sous mon corps. Toute la nuit s'est faite silencieuse. Comme un hommage. J'attends. Un signe, une parole, le bon moment.
Je n'entends plus les cris silencieux de Vergo et Zoro. La fin est arrivée. Aussi soudaine et violente que le début. Alors j'attends. La nuit m'enveloppe, et je perçois la démarche haché de quelqu'un qui se dirige vers moi. Je n'ai pas peur. De toute façon je suis déjà mort. Alors je ne bouge pas, l'esprit à la dérive. Un corps tombe à côté de moi et un chuchotement s'élève. Fruit de mon imagination ou glas de la fin d'une vie et du commencement d'une autre. Deux syllabes vont résonner entre les étoiles pour atteindre le paradis :
« Lala… »
Alors j'ouvre les yeux. En tournant le visage je peux voir Zoro fermer les yeux à son tour, le corps maculé de sang, mais l'air satisfait. J'en déduis que Vergo n'est plus. Mon ami me passe le flambeau : Il m'a sauvé, à mon tour de le sauver.
J'attrape mon téléphone dans la poche de mon blouson et compose un numéro. Deux sonneries retentissent avant que quelqu'un réponde :
« - Law, j'espère que tu as une bonne excuse pour m'appeler à cet heure, honteuse, de la nuit !
- Si je te dis que tu as l'occasion de me sauver, littéralement, la vie ça te suffit ?
- Ça ira pour cette fois. Qu'est-ce que tu as encore fait ?
- Je viens de célébrer mon enterrement… et celui de Zoro.
- Zoro ? Je n'ose pas imaginer dans quel état vous êtes…, grogne la voix au téléphone, vous êtes où ?
- Quelque part sur une route avec un mort, un blessé grave et un fou, au sud de la ville.
- Vu que tu peux parler j'en déduis que tu es le fou. Vu que tu es avec Zoro j'en déduis que c'est lui le blessé grave, et je ne veux pas savoir qui est le mort. J'arrive. »
J'éteins mon téléphone, étrangement serein. La nuit reprends ses droits autour de nous. Quelques bruissements retentissent, un animal effarouché ou un coup de vent joueur. Je sens mon cœur battre comme si s'était la première fois. Je ferme les yeux.
Un temps indéfinis s'écoule. Puis une claque me tire de ma rêverie :
« - Aide-moi à monter Zoro dans la voiture au lieu de roupiller imbécile ! »
Je souris. Les renforts sont arrivés.
(1) Ici j'enlève les liens de parenté entre Corazon et Dofflamingo
Alors: Je crois que c'est le 3 ème chapitre que je poste où je n'ai aucune review ou presque. Je n'en demande pas 20 par chapitre mais un minimum quand même... Je n'attends pas une dissertation avec introduction, développement, conclusion hein, juste un avis, une remarque, un petit mot qui me montre que vous appréciez, ou que vous y accordez un minimum d'intérêt. Je compte pas arrêter de publier pour ça, mais je trouve ça "pas cool"... Chaque auteur fait son possible pour pondre des fictions lisibles, qui tiennent la route ( à peut près) et les partagent avec vous (nous). Bien évidament c'est un plaisir d'écrire avant tout, mais comme tout être humain: ça fait toujours plaisir de voir que les gens prennent la peine de laisser une impression ou une remarque si quelque chose les dérange. Je répond à toutes les Reviews avec plaisir évidement!
Bref, maintenant: La musique aujourd'hui sera... Lescop - Dérangé
Je vous retrouve la semaine prochaine! En espérant que vous aillez aimé ce chapitre, et celon vous, qui est la personne qui viens en renfort?
Bisous Poutoux!
