Bonsoir tout le monde,
J'espère que vous allez bien. Pour ma part, ça va. Je récupère peu à peu. Et je voulais d'ailleurs vous remercier pour tous vos messages suite à mes petits soucis de santé. Je suis très touchée. Ce n'est pas la première fois mais je suis toujours épatée par la gentillesse des personnes qu'on rencontre sur ce site. Et les mots me manquent pour vous dire à quel point je vous suis reconnaissante.
Alors ben je vais plutôt m'atteler à essayer de vous faire plaisir en écrivant. Voici un nouveau chapitre du Nouveau Monde, j'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de vos impressions.
Merci à Candyshy pour ses corrections, bisous Miss, t'es géniale.
Pour la suite, je ne vous ferai pas de promesses que je ne suis pas sûre de tenir mais je continue à faire de mon mieux pour vous éviter de trop attendre.
Bisous et à très vite
Puce
Chapitre 13:
Edward POV
Je m'apprêtais à passer ma troisième nuit à la belle étoile dans mon campement de fortune. J'en avais l'habitude, cela ne me gênait pas outre mesure. Et comme toujours lorsque quelque chose dérapait dans ma vie, j'avais ressenti le besoin de m'isoler… pour ne pas me laisser atteindre… pour me protéger.
J'avais été perturbé par la colère d'Isabella. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse de la sorte. Elle avait raison sur un point, j'ignorais tout d'elle tout comme elle ignorait tout de moi. Je devais lui reconnaître qu'elle avait fait beaucoup d'efforts pour s'adapter à sa nouvelle vie. Elle mettait de la bonne volonté à apprendre son rôle aux côté de ma mère, savait se montrer discrète et n'émettait jamais la moindre plainte.
Pourtant sa naissance ne l'avait pas prédestinée à devenir la compagne d'un modeste fermier, obligée de s'acquitter chaque jour d'un labeur pénible et usant. Force m'était de constater qu'elle n'était pas la pimbêche dont je pensais avoir hérité au départ.
Mes certitudes étaient quelque peu ébranlées. J'étais habitué à évaluer rapidement les personnes en qui je pouvais avoir confiance et les autres. Dans mon monde, la moindre erreur pouvait être fatale. Je n'aimais pas me remettre en question mais en ce qui concernait Bella, j'avais des doutes plein la tête. « Bella… tu l'appelles Bella maintenant ? » Foutue conscience.
Pour m'occuper l'esprit, je cherchais de quoi maintenir mon feu vivant toute la nuit. J'avais repéré des traces de loup un peu plus tôt dans la journée. Je devais me protéger un minimum même si ce genre de prédateur s'attaquait rarement à l'homme.
Le crépuscule tombait rapidement, j'installais mon lit pour la nuit. Il consistait à étaler le tapis de selle auprès du foyer, la selle posée à son extrémité. Je m'asseyais, jambes croisées sur ma paillasse de fortune et mangeais le reste de mes provisions sans réel appétit. Un peu de viande séchée, du pain de maïs et quelques fruits secs. Je n'avais pas emporté grand-chose en partant, je savais que je ne m'éloignerais pas trop. Il me faudrait de toute façon rentrer rapidement au ranch pour prêter main forte à Emmett et Jazz pour les jeunes.
La nuit était complètement tombée, je reposais alors ma tête sur l'assise de ma selle et vérifiait une nouvelle fois que mon pistolet et mon couteau étaient à portée de main en cas d'attaque. Puis j'abaissais mon chapeau sur mes yeux en espérant trouver quelques heures de repos. Le sommeil ne vint pas immédiatement, le visage courroucé de Bella s'imposait à moi, sa voix résonnait encore dans ma tête.
« Tu ne me connais pas »
« Je n'ai plus rien Edward, mon honneur, c'est tout ce qu'il me reste. »
Je ne pouvais m'empêcher de me sentir quelque peu coupable de l'avoir blessée. Je réalisais que j'avais mal compris ses intentions. Elle se souciait réellement de mon bien-être personnel et n'était clairement pas le genre de filles que je côtoyais d'habitude.
Demain, je devrais chevaucher encore un peu en direction du nord pour vérifier les enclos. Cette histoire de loups ne me plaisait guère. Puis je rentrerais chez moi et j'essaierais de faire amende honorable et de discuter avec elle. Elle avait raison, cette situation ne pourrait perdurer éternellement.
En y réfléchissant bien, je pourrais convertir la remise attenante à la pièce principale en deuxième chambre et prévoir un agrandissement de la maison vers l'arrière. L'été prenant fin, j'aurais certainement un peu plus de temps pour faire quelques travaux après les moissons et je savais pouvoir compter sur mes frères pour m'aider.
Il faudrait que j'en parle à Esmée également, elle avait un don inné pour l'emménagement et aurait certainement de bonnes idées à me proposer. D'autant qu'elle risquait de me tomber dessus à bras raccourcis après mon mauvais comportement envers Bella et ma petite escapade de ces derniers jours. Mes nouvelles résolutions plaideraient certainement en ma faveur.
Je trouvais alors enfin un peu de repos et fermais les yeux, l'oreille aux aguets. « Un cowboy qui dort profondément est un cowboy mort » disaient les anciens et le dicton se confirmait bien trop souvent.
Quelques heures plus tard, l'aube qui pointait faiblement me tira de mon demi-sommeil. Le temps avait tourné et je grimaçais en constatant les nuages sombres qui maculaient le ciel. Le gros temps n'était pas bien loin et j'avais intérêt à me dépêcher si je voulais vérifier les pâtures les plus au nord avant de rentrer me mettre à l'abri.
Je rassemblais mes affaires, sellais mon cheval et me mis en route rapidement. Il me fallut environ deux heures pour rejoindre la zone et des éclairs commençaient déjà à strier le ciel. La pluie n'était plus très loin, je devais vraiment faire au plus vite. Par chance, les clôtures étaient en bon état. Les troupeaux avaient de quoi manger et boire. Il n'y avait pas grand risque même en cas d'orage. Je continuais à longer les enclos, attentif au moindre signe inhabituel quand un mouvement suspect attira mon attention.
Je mis pied à terre pour m'approcher de plus près en sortant mon arme, prêt à parer à toute éventualité. Là, je n'avais pas fait trois pas que je compris vite ce que j'avais vu. Il était trop tard, un énorme éclair se fit entendre au moment où le loup me sautait à la gorge. J'eus le réflexe de protéger mon visage mais la bête réussit à me projeter à terre et je sentis une vive douleur à la tête.
Avec un coup de pied, je parvins à le rejeter en arrière mais il revint à la charge et me mordit férocement à la cuisse. Ma main restant libre, je pouvais cependant récupérer mon arme tombée près de moi lors de ma chute. Alors qu'il allait me mordre à nouveau, je visais et tirais. Il tomba raide mort à quelques centimètres de moi. Le tonnerre gronda et un éclair zébra le ciel au dessus de moi au moment où je sombrais dans l'inconscience.
Ce qu'il advint de moi durant les heures qui suivirent, je n'en sus jamais rien. Il faisait sombre, il faisait froid. J'avais la sensation d'être trempé jusqu'aux os sans pour autant connaître l'origine de toute cette eau. J'avais mal, à la tête, aux jambes et je ne savais trop où encore. Je serais bien incapable d'évaluer combien de temps je restais ainsi mais au bout d'un temps qui me sembla infini, l'atmosphère autour de moi se réchauffa sensiblement.
J'entendais au loin comme une mélodie. Une voix féminine fredonnait une sorte de berceuse. Je ne la reconnaissais pas. Ce n'était pas ma mère, je l'avais très peu connue et de toute façon, elle n'était pas du genre à chanter des berceuses. Ce n'était pas Esmée non plus. La voix était douce, apaisante, elle donnait envie d'aller vers elle.
« Bella »
La douleur était toujours là mais la sensation d'humidité disparut peu à peu. Je me sentais un peu mieux, en sécurité. Etais-je en train de mourir ? Non, j'étais convaincu que la mort ne serait pas si plaisante. Je m'abandonnais à la douceur de celle qui prenait soin de moi car j'en étais désormais certain, quelqu'un était en train de me sauver la vie et au fond de moi, je savais qui était cette personne.
Mon corps se détendit et je sombrais dans un profond sommeil. Quand je repris connaissance, je parvins à ouvrir les yeux. La lumière m'aveugla au premier abord et je dus prendre quelques minutes pour m'y habituer. Tout était calme autour de moi. J'observais attentivement mon environnement immédiat avant de réaliser que j'étais dans ma chambre, confortablement installé dans mon lit. La lumière filtrait à travers les rideaux et un beau soleil brillait à l'extérieur.
Un léger poids pesait sur mon ventre sans pour autant me faire mal. Machinalement, ma main se déplaça vers ce point et y rencontra la tête de quelqu'un qui s'était visiblement endormi. La douceur et la longueur des cheveux laissaient peu de doute sur le sexe de mon ou plutôt « ma » garde malade. Elle poussa un léger soupir et je fis un effort pour déplacer ma tête et observer son visage. Ce que je pressentais se révéla à moi dans toute sa splendeur.
Un ange dormait paisiblement près de moi, assise sur une chaise, sa tête appuyée sur mon flanc et ses bras repliés sous son menton. Cette position devait être terriblement inconfortable mais ses traits empreints d'une grande fatigue montraient qu'elle aurait, à ce stade, probablement dormi n'importe où.
Je prenais alors conscience de l'ampleur de mon erreur à son sujet. Parviendrais-je un jour à racheter ma conduite ? Dans tous les cas, je faisais le serment de m'y employer à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin de mes jours. Elle poussa un léger soupir et bougea un petit peu. La soie de ses cheveux glissa le long de mes doigts et je ne pus m'empêcher de les effleurer encore.
Mon autre main se déplaça d'elle-même pour se poser au sommet de sa tête et mes doigts bougèrent sensiblement pour lui prodiguer un geste que je n'avais jamais réalisé dans ma vie, une caresse. J'en fus le premier surpris mais tout ceci me semblait tellement naturel, presque évident. Elle soupira à nouveau et murmura quelque chose que je ne compris pas. Je craignais de la réveiller et pourtant je ne pouvais m'empêcher de continuer.
Elle remua peu à peu et je sentis qu'elle s'éveillait. Je retirais ma main pour ne pas l'effrayer mais son contact me manqua aussitôt. Elle ouvrit les yeux, affichant un air légèrement perdu. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'elle s'aperçut que je l'observais, quand elle réalisa totalement, elle fit un bon en arrière, affolée, et baissa les yeux aussitôt en rougissant.
« Edward, je… je suis désolée… je… je me suis assoupie… »
Je l'effrayais à ce point ? Mon cœur se comprima dans ma poitrine en constatant l'étendue des dégâts. Je grimaçais et elle se précipita aussitôt.
« Tu as mal ? Je t'ai fais mal, je suis vraiment désolée, je ne pensais pas m'endormir… je…
- Chut Bella, elle fronça les sourcils en entendant son diminutif dans ma bouche, je peux t'appeler Bella ? »
Elle hésita avant de me sourire faiblement :
« Avec plaisir.
- Merci.
- Tu as mal quelque part alors ?- Je grimaçais à nouveau en essayant de me redresser légèrement.
- Je dirais plutôt que la question est de savoir s'il existe un endroit où je n'ai pas mal.
- Essaie de ne pas bouger. Ton père ne devrait pas tarder, il s'est absenté pour faire ses visites mais il sera bientôt là. Je t'ai préparé une infusion d'écorces de saule, cela devrait te soulager un peu en attendant. »
Elle disparut de la pièce et revint quelques instants plus tard avec une tasse. Elle la déposa sur le chevet.
« Je vais t'aider à te redresser un peu, prends appui sur moi.»
Je me laissais faire surpris par la force qu'une si frêle jeune femme pouvait déployer pour manipuler un gars de ma trempe. Je n'avais pas la carrure de mon frère Emmett mais j'étais quand même bien bâti. Elle m'installa le dos contre la tête de lit sans presque me faire mal et me tendit la tasse.
« Comment tu as fait ça ?
- On m'a appris certains gestes pour soigner les blessés quand j'étais au couvent. J'allais souvent aider les sœurs à l'hospice.
- C'est donc toi qui t'es occupée de moi ?
- Jusqu'à ce que ton père arrive, oui.
- Merci.
- C'est normal.»
Je me sentais mal à l'aise devant sa froideur. Je savais que je ne pouvais espérer mieux et que c'était déjà bien joli qu'elle m'adresse la parole. Mais je n'étais pas doué pour aller vers les autres et ses réponses succinctes n'encourageaient pas vraiment mes efforts. Le silence embarrassant fut interrompu par l'arrivée de mon père.
« Tiens, notre marmotte est réveillée. Content de te voir de retour parmi nous, Fils. Cette petite va enfin accepter d'aller un peu se reposer. »
Le ton était un peu sévère mais au regard que Carlisle adressa à Bella, je pus lire beaucoup de tendresse et aussi de l'inquiétude pour la jeune femme qui rougissait abondamment à mes côtés. Elle s'excusa doucement pour laisser à mon père le soin de m'examiner et je lui fus reconnaissant de respecter ma pudeur même si je me doutais que je n'avais plus grand-chose à lui cacher à ce niveau.
Lorsqu'elle fut sortie, mon père s'approcha et s'assit sur mon lit, se saisissant de mon poignet.
« Tu te sens comment, Fils ?
- J'ai connu des jours meilleurs.
- Des douleurs particulières.
- Globalement endolori, c'est surtout quand je bouge que c'est difficile mais j'en ai vu d'autres. »
Il hocha la tête, sachant pertinemment à quoi je faisais allusion. Il reprit son auscultation, écoutant, palpant. Il défit le pansement de ma jambe et je pus voir que si la plaie était profonde, elle était parfaitement nettoyée et ne présentait aucun signe d'infection.
« On ne peut pas encore être certains que tu n'as pas contracté la rage mais les premiers signes sont encourageant et chaque jour qui passe améliore considérablement tes chances.
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Tu ne te souviens de rien ?
- Pas vraiment, je vérifiais les enclos des pâtures du Nord avant de rentrer et j'ai aperçu quelque chose de suspect, après tout est flou.
- Nous ne pouvons faire que des suppositions. Tes frères t'ont retrouvé sous un orage démentiel, un loup mort à côté de toi. On suppose qu'il t'a attaqué et que tu l'as abattu pour te défendre avant de perdre conscience. C'est Bella qui les avait convaincus de partir à ta recherche, elle s'inquiétait. Sans cela, tu ne serais probablement plus de ce monde.
- Je lui dois beaucoup je crois.
- Plus que tu ne le penses. Emmett et Jasper t'ont ramené ici. A ce qu'ils m'ont dit, elle a pris les choses en main avec une efficacité étonnante, digne des meilleurs hôpitaux militaires. Elle t'a probablement sauvé la jambe, entre autre. Quand je suis arrivé, je n'avais presque plus rien à faire. Tu es resté inconscient pendant cinq jours et elle n'a pas quitté ton chevet, te veillant jours et nuits. On a tous essayé de prendre le relais, elle n'a jamais voulu te laisser.
- Je suis un imbécile.
- Ecoute Edward, je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous et cela ne me regarde pas. Je ne sais pas non plus ce qui a emmené cette pauvre petite à faire un tel voyage mais après ce qu'elle vient de faire, je crois qu'elle a largement gagné notre confiance et notre affection. Tu fais comme tu veux mon fils mais cette enfant a besoin qu'on prenne soin d'elle et si tu ne veux pas le faire alors laisse nous la prendre chez nous. Elle mérite qu'on la rende heureuse.
- Ce n'est pas que je ne veux pas le faire. Je ne sais pas si je vais savoir m'y prendre.
- Tout peut s'apprendre mon fils et si c'est vraiment ce que tu veux, je serais toujours là pour t'y aider.
- Merci Papa.
- Mais attends toi tout de même à ce que l'orage de l'autre soir ne soit rien en comparaison des foudres de ta mère et là-dessus, je ne pourrai rien pour toi ! »
Je grimaçais à nouveau sachant parfaitement à quoi m'attendre. Mais Carlisle se mit à rire en voyant mon air déconfit et son hilarité fut contagieuse. Malgré les douleurs, je me laissais aller de bon cœur, ces moments là étaient si rares…
