Chapitre 14 : G-5

A peine eut-elle franchit la porte de sa chambre que Maria lui tomba dans les bras en pleurant.

- Je suis si heureuse que tout ça soit fini ! S'exclama la jeune femme aux cheveux mauves. Un moment j'ai cru que je ne te reverrai jamais !

- Tu as passé la semaine ici ? Demanda Sasha.

Maria hocha la tête contre son épaule. Elle était touchée de l'affection que lui portait l'autre jeune femme si bien qu'elle lui tapota maladroitement le dos avant de s'éloigner pour se rendre à sa salle de bain. Elle laissa l'eau couler dans la cabine de douche alors qu'elle retirait l'uniforme que lui avait fourni Kizaru la veille alors qu'elle allait passer la nuit dans les quartiers des amiraux sous haute surveillance. C'était vraiment un homme attentionné, chaque jour il avait veillé à lui fournir des vêtements propres.

Se glissant dans la cabine elle ferma les yeux en baissant la tête, cette semaine avait été bien plus éprouvante que prévue, elle avait le sentiment d'avoir été moralement torturée par Sengoku, elle ne savait pas combien d'heures elle avait chaque jour passé dans le bureau mais elle avait ressenti chaque seconde comme une privation de liberté, elle devait rester sur sa chaise et répondre aux questions en veillant bien à ne pas changer un seul fait, on lui donnait deux repas par jour certes mais seulement à heures fixes comme une prisonnière. Elle avait passé une semaine à se contenter de quatre verres d'eau par jour et à mettre sa fierté de côté en demandant à ce qu'on la conduise aux toilettes.

Le dos collé contre la paroi carrelée elle se laissa lentement glisser sur le sol, remontant ses jambes sur sa poitrine elle inspira profondément. Pour la première fois elle regretta vraiment de s'être enrôlée dans la Marine. Les coudes contre ses genoux elle passa ses bras autour de sa tête alors que l'eau coulait le long de sa peau comme de douces caresses apaisantes.

Maria remarqua que sa supérieure n'avait pas emporté de linge propre avec elle, elle ouvrit la commode pour en sortir un tee-shirt élimé et un vieux pantalon de coton avant d'entrer dans la salle de bain. Elle remarqua tout de suite à travers la paroi translucide de la cabine de douche que Sasha était mal en point, assise sur le sol, recroquevillée sur elle-même. La jeune sergent ferma les yeux un instant puis posa les vêtements sur le porte serviettes. Elle avança vers son amie.

- Sors-moi de là.

Ce n'était pas à elle que Sasha avait adressé cette requête avec des sanglots dans la voix, la jeune femme en était certaine. La voix habituellement froide et un peu rauque de Sasha n'était pas celle qui avait prononcé cette supplique, c'était une voix douce presque chantante, comme celle d'une enfant. Même après toutes ces années ce n'était pas elle que son amie réclamait dans les moments douloureux. C'était lui, ce pirate, cet homme aux mains tâchées de sang. Qu'avait Trafalgar qu'elle n'avait pas ?

Bien sûr Sasha et lui avaient été amis dès leur plus jeune âge mais Maria, elle, elle avait été là pendant dix-ans, veillant sur Sasha autant que Sasha veillait sur elle, c'était Maria qui avait passé toutes ses années de dur labeur auprès de la sous-lieutenant et qui lui avait ouvert son cœur, qui avait placé en elle toute sa confiance, ce n'était pas Trafalgar que Sasha aurait du appeler dans ce moment de détresse parce que Trafalgar ne viendrai probablement jamais aider la jeune femme, Maria, elle, était là coûte que coûte.

Sasha resta longuement sous cette eau presque brûlante pour chasser toutes ses angoisses qui semblaient s'être incrustées dans les pores de sa peau depuis quelques semaines, se savonnant doucement elle remarqua enfin à quel point elle avait envie de dormir, de se glisser dans son lit et de ne plus en sortir, quitter enfin toute cette folie qu'était la Marine. Peut-être aurait-elle du courir après Law et le rejoindre dans son équipage de pirates, au moins eux ils étaient libres, libres de leurs choix, de leurs amitiés, de leurs sentiments.

– Arrêtes de geindre.

Voilà ce que dirai Law si il la voyait dans cet état si lamentable et si peu habituel à la jeune femme. Elle se leva, renifla puis enfila le pyjama qui trônait sur le porte serviettes avant de rejoindre sa chambre. Maria avait déposé un plateau rempli de ragoût de boeuf et de pain de viande les repas favoris de Sasha.

– Merci, déclara la sous-lieutenant de sa voix habituelle.

– Tu veux en parler ?

– Non.

A peine eut-elle fini son repas que Maria emporta le plateau et lui conseilla d'aller au lit malgré l'heure si peu avancée. Quand Maria fut sortie de la pièce la sous-lieutenant se dirigea vers sa commode pour ouvrir le tiroir du bas et sortir un vieux pull miteux qui avait connu de meilleurs jours et qui était devenu bien trop petit pour elle. Elle le serra contre son cœur et sortit d'une des poches une ancienne photo aux coins abîmés. Deux jeunes adolescents s'y tenaient, fixant l'objectif d'un air d'ennui profond alors qu'ils mangeaient. C'était la seule photo que la directrice de l'orphelinat avait pu prendre d'eux sans avoir à se tirer les cheveux pour les garder en place plus de cinq-seconde.

Se couchant sous la couverture elle garda la photo contre sa poitrine avec le vieux pull que Law portait sur la photo, comme si il avait prévu qu'elle s'accrocherait encore à son souvenir après des années. Elle se demanda un instant si il faisait la même chose mais elle en doutait fortement, elle imaginait mal le grand capitaine pirate garder contre lui un objet ayant appartenu à une gamine qu'il avait laissé sur la ville enneigée.

Le point positif à tout ça était que Sengoku lui même avait enfin cessé de la voir comme quelqu'un de suspect, ça allait lui faciliter la vie de savoir que personne n'allait plus épier ses faits et gestes toute la journée, avec un peu de chance aucune catastrophe ne lui tomberait dessus avant qu'elle ait pu échafauder un plan en béton armé pour quitter la Marine le plus discrètement possible et cacher Maria avant que quelqu'un n'ait vent de ses origines.

Elle ferma les yeux et serra contre elle le pull miteux quand la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée. Paniquée elle se releva en prenant soin de cacher le pull et la photo sous sa couette.

– Les officiers sont demandés en salle de réunion C au plus vite ! Lui indiqua Tsuru. Dépêches toi !

Se demandant quelle merde allait encore lui tomber dessus Sasha enfila son manteau réglementaire par dessus son pyjama et suivit la vieille Tsuru dans le silence des couloirs sombres du bâtiment. Akainu présidait la réunion et Sasha aurait nettement préféré rester dans son lit, déjà qu'elle ne le portait pas dans son cœur la semaine qu'elle avait passée à cause de lui ne faisait que le rendre encore plus mauvais à ses yeux. Oser enquêter sur elle sans se demander pourquoi son passé ne retombait que maintenant sur le tapis.

– L'unité G-5 dirigée par Smoker est portée disparue, annonça l'amiral en chef.

Sasha se redressa sur son siège. Disparue ? Comment ça disparue ? Smoker n'était pas du genre à se faire battre par n'importe qui.

– Je me propose pour mener les recherches, déclara Tsuru.

– Les amiraux seront bien plus efficaces pour régler le problème, raisonna Garp.

Un brouhaha sans commune mesure s'empara de la salle de réunion, personne ne semblait vouloir se mettre d'accord ce qui agaça prodigieusement Sasha, dans un cas comme celui-là chaque minute comptait et quand bien même elle n'était pas la plus gradée ni la plus influente elle fit lourdement claquer ses mains sur la table gigantesque, Tsuru tourna son regard vers elle puis peu à peu les autres personnes présentes firent de même.

Ne se laissant pas démonter la jeune femme fixa ses yeux sur l'amiral en chef.

– Où étaient-ils quand le contact à été rompu ?

– En voilà une bonne question ! S'exclama Garp.

Il frappa Hermep et Coby tous deux assis à ses côtés.

– Pourquoi c'est pas vous qui l'avez posée ?! Leur hurla le vieil homme.

Akainu déplia une carte devant lui et sans attendre la permission Sasha se leva de son siège pour aller voir de quoi il en retournait. Elle avisa les tracés laissés sur le papier, normalement Smoker aurait du aller à Zou, elle ne comprenait pas pourquoi il avait eu un problème en chemin. L'île des hommes poissons était un passage normalement obligatoire mais pas pour les marines, son supérieur était sans aucun doute passé par le passage aménagé de Marie-Joie.

Elle entendit quelqu'un parler à sa droite mais elle n'y prêta pas attention, elle connaissait Smoker et en toute logique il avait prévu suffisamment de vivres pour se rendre directement jusqu'à Zou, une attaque surprise peut-être ? Mais qui aurait été capable de décimer ainsi l'équipage du G-5 ?

– Nous sommes certains qu'il n'est pas passé par Dressrosa ? Questionna Koby.

– Affirmatif, lui annonça un chargé de liaisons. D'après nos calcul le navire porté disparu devait se trouver approximativement ici.

Il pointa le cercle représentant le périmètre où aurait du se trouver le vice-amiral. Encore une fois les bourdonnement des conversations s'intensifia et Kizaru se leva pour se placer près de la sous-lieutenant.

– Qu'en penses-tu Sasha-chan ?

Elle lui répondit par un vague grognement. Smoker lui avait bien signifié qu'il allait fouiner de son côté, elle savait ce qu'il cherchait et la seule solution que son esprit avait pu assembler était bien trop effrayante pour être vraie. Elle posa son doigt sur Punk Hazard.

Akainu donna ses instructions et commanda à plusieurs unités de s'éparpiller dans le nouveau monde à la recherche des marines disparus. Kizaru se rendrait lui-même sur Punk Hazard accompagné d'un pacifista, Garp se rendrait jusqu'à Lubia Recia une île au climat peu clément qui se trouvait dans le périmètre établi par les unités de liaisons.

Dans le couloir encore surpeuplé Sasha prit son courage à deux mains, c'était le moment où jamais.

– Mon amiral ! Appela-t-elle.

– Oui, Pirès ? Demanda l'amiral en chef tout en continuant ses grandes enjambées.

– Je demande l'autorisation de me rendre à Zou avec mon unité pour m'assurer qu'il ne s'agit pas juste d'un problème de communication dû à de mauvaises conditions climatiques sur l'île. Je connais Smoker, ce n'est pas le genre à s'embêter pour contacter le QG.

– Accordée.

Sans perdre de temps Sasha couru jusqu'au dortoir sud pour tirer Maria hors de son lit.

– Réunis l'unité, ordonna Sasha. Je vais préparer le navire.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda la jeune femme aux cheveux mauves en enfilant ses bottes.

– Sur la navire, dépêches toi !

Puisque son amie lui donnait rarement des ordres aussi fermes Maria courut aux autres dortoirs pour récupérer les hommes qui faisaient habituellement partis de la flotte de sa supérieure. Ils ne posèrent pas de questions et se rendirent sur le Rush en moins de cinq minutes. Sasha était déjà sur le pont un eternal pose en main.

– La ferme ! Hurla la sous-lieutenant pour faire cesser les bavardages.

Ils se tournèrent tous vers elle, d'habitude elle était trop occupée à rêvasser et s'était le sergent Korpol qui s'occupait de la discipline.

– Je vais faire bref, commença la sous-lieutenant. L'unité G-5 dirigée par le vice-amiral Smoker est officiellement portée disparue depuis hier vingt-heures. Nous ne savons pas précisément où ils sont mais nous allons là où ils devaient se rendre : à Zou.

Elle jeta l'eternal pose à Adams, le navigateur le plus qualifié de l'équipage qui alla se placer à son poste sans aucun commentaire.

– Non seulement nous allons nous assurer qu'il n'y à pas eu de cas de force majeur qui aurait interrompu les liaisons mais nous allons également faire ce que notre devoir nous impose : nous occuper de la population comme aurait du le faire le G-5.

Les hommes se dirigèrent à leur poste sans oser prononcer un seul mot, leur supérieure semblait de très mauvaise humeur et il valait mieux pour leur matricule qu'ils la laisse seule avec le sergent Korpol.

– Tu es inquiète pour Smoker ? Demanda Maria une fois qu'elles furent seule.

Sasha ne répondit pas, bien sûr qu'elle était inquiète pour lui, pour Tashigi, pour leur équipage au complet, les membres du G-5 n'avaient pas la réputation d'être des tendres et elle trouvait quelque peu perturbant que quelqu'un ait pu les anéantir tout simplement. Smoker n'était peut-être pas à cheval sur le protocole et il avait bien pu oublier de contacter le QG mais Tashigi était une femme responsable et très organisée. En toute logique elle aurait déjà trouvé une solution pour contacter la Marine et signaler leur emplacement.

Qu'est-ce qui avait bien pu se passer ?

Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous à plu, vous pouvez toujours laisser une petite review. En attendant, comme cadeau, je vous dépose le chapitre suivant.