Voici la suite, pas de Castle et Beckett dans ce chapitre...ils seront présents dans le prochain. Dans celui-ci je "m'occupe" de Ryan et Esposito.

Comme toujours merci pour vos reviews et MP

Bonne lecture à tous!


13. Pris au piège

Esposito attend devant la porte. C'est Beckett qui vient lui ouvrir, il entre en évitant son regard. Il la 'sent' sur la défensive. Javier se dirige directement vers le salon. Il constate que son « tableau » s'est agrandi. Il y a maintenant une photo d'une femme noire et deux flèches qui la relient au tueur mort et au suspect en fuite.

- Je vois que vous avez du nouveau.

- Oui, Ryan a trouvé un lien entre Miriro Johnson, du moins ses orphelinats et les deux suspects. Castle lui expose rapidement les faits.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu as ? Demande Kate en prenant place à l'opposé de l'écrivain.

- Alors nos victimes, comme nous le supposions, sont toutes d'anciens militaires. Au début des années 80, ils se retrouvent tous en Afrique. Ils « travaillent » alors pour le gouvernement Sud-Africains. Bien sûr aucunes preuves ne les relient directement au gouvernement sud africain de l'époque. Néanmoins ils effectuent en même temps que les forces officielles de ce pays des raids au Zimbabwe contre des base de partisans de l'ANC. Les forces armées zimbabwéennes laissent faire impuissantes. D'autant plus qu'à l'époque un conflit interne entre les dirigeants des deux principaux partis politiques. Robert Mugabe pour le ZANU et Joshua Nkomo pour le ZAPU a débouché sur un conflit armé sanglant…

- Nkomo…j'ai lu ce nom quelque part, coupe Kevin. Il fait une recherche rapide, voilà c'est un ndébélé comme le père de Miriro, Kana Gabe, contrairement à Mugabe qui lui était shona. Lorsque Nkomo a été arrêté avec certains de ses partisans pour trahison, beaucoup de ndébélés ont été pris pour cible. A cette période la fortune personnelle de Kana Gabe était estimée à plusieurs millions, elle n'a jamais été retrouvée. Ses comptes ont été vidés pourtant.

- Ok ! Donc si je résume, d'un côté on a un conflit ethnique et on peut supposer que le père de Miriro est une victime potentielle du fait de son appartenance au même groupe ethnique que Nkomo considéré comme un traitre. D'un autre côté nous avons nos cinq mercenaires qui eux, font des raids réguliers contre les membres de l'ANC. L'une de ces situations, voire les deux aboutissent au massacre de la famille de Miriro et à la disparition de la fortune de son père.

- C'est un assez bon résumé Rick. Et, la seule personne qui peut nous en dire un peu plus, est cette Miriro Johnson.

- Et on fait comment pour l'interroger Beckett ? L'état de New York nous paye le voyage en Afrique ?

- Pas la peine Espo, il nous suffit juste d'aller à Brooklyn. Lance Ryan.

- Elle est ici ?

- Oui, pourquoi ? Tu as l'air surpris.

- Ça ne vous dérange pas cette coïncidence ? C'est vrai quelle chance y avait-il pour que justement la seule personne qui ait un réel motif de vengeance soit dans la même ville que les victimes ?

- C'est pour cela que toi et Kevin allez rendre visite à Miriro Johnson. Voilà son adresse, elle tend un papier à Esposito.

- Ok, c'est parti.

- Inutile que tu reviennes après. Ryan nous fera le compte rendu de votre entretien.

- D'accord.

Les deux policiers sortent de l'appartement et se dirigent vers l'ascenseur. Aucun d'eux ne fait attention à la paire d'yeux qui les observe depuis l'interstice de la porte qui mène aux escaliers. Esposito appuie sur le bouton d'appel et fixe son partenaire. Il a l'air préoccupé. Alors qu'ils entrent dans la cabine il demande.

- Tu n'as rien remarqué de bizarre avec Beckett et Caslte ?

- Non, ment-il, après tout il y a une cagnotte en jeu sur le moment de « l'évènement ». Il ne va pas tout lâcher à Ryan. Pourquoi, il y a un problème ? Pourtant Castle à l'air d'aller un peu mieux, non ?

- Si, il va mieux. Mais ce n'est pas ça. Becket et lui se sont tutoyés devant moi ! Et crois-moi c'était plutôt « normal » pour eux…ce qui est totalement anormal. Il s'est passé un truc, j'en mettrai ma main au feu ! En plus c'est Beckett qui l'a tutoyé en premier et il a répondu le plus naturellement du monde.

- Bon ok, je te dis tout mais on partage le pot. Il voit le visage de son ami s'éclairer.

- J'ai raison ?

- Oui.

Esposito lui raconte la même chose qu'à Lanie et Kevin a presque la même réaction. Ils se rendent respectivement à leur voiture et prennent la direction de Brooklyn.

Lorsque Bachia voit de quel appartement ils sortent, elle se précipite au cinquième étage dans l'appartement qui leur sert de QG. Les propriétaires sont en vacances. Elle y retrouve Ali, Noémi et Amandine. Les équipes de surveillances attachées aux deux policiers sont aussitôt averties. Ali compose le numéro de sa Maîtresse.

- Nous savons où ils protègent Richard Castle. Actuellement il est seul avec la femme.

- Parfait. Que Bachia et Noémi se préparent et attendent mes instructions.

- Bien, vous voulez toujours vous en occuper personnellement ?

- Oui, j'y tiens et … je le lui dois.

- On attend vos ordres Maîtresse.

- Alors ? Demande avec impatience Bachia.

- Toi et Noémi allez vous préparer.

Les deux enfants, Noémi n'a que 13 ans, ont du mal à réprimer leur joie. Surtout Bachia pour qui c'est la première mission importante. Noémi est à sa deuxième année d'apprentissage. Il a déjà accompli des « missions ». Durant la cérémonie d'initiation, il s'est beaucoup rapproché de Bachia. Ils sont devenus inséparables. Ils partent en courant dans une des chambres. Dix minutes plus tard ils en ressortent habillés tous les deux d'un costume d'écolier. Amandine de son côté a préparé deux paniers en osier avec à l'intérieur de petits animaux en peluche. Elle prend l'un deux dans sa mains. Il fait une vingtaine de centimètres et porte un short, un tee-shirt et de jolies lunettes de soleil. Elle s'adresse aux deux jeunes.

- Venez ici tous les deux. Je veux que l'on revoie ce que vous aurez à faire et comment le faire discrètement surtout.

- Nous pourrons voir leur mise à mort ?

- Je ne sais pas Bachia, c'est la Maîtresse qui décide…. Que ce passe-t-il Ali ?

- Abou vient de me dire que les deux flics se sont garés devant la demeure de notre Maîtresse. Reste avec les enfants, j'y vais. Je te tiens au courant.

- Parfait. Sois prudent. Voyant l'air inquiet des enfants. Ça va aller, juste un contretemps. Je suis sûre qu'une solution va être trouvée. En attendant la mission continue donc au travail.

Ryan enfonce le bouton de la sonnette et attend. Bientôt la porte s'ouvre sur un homme blanc d'une soixantaine d'années.

- Bonjour messieurs, que désirez-vous ?

- Lieutenant Esposito, il montre son badge, mon coéquipier le lieutenant Ryan. Nous aimerions parler à Melle Miriro Johnson.

- Certainement, je vais voir si elle peut vous recevoir. Il les fait entrer, si vous voulez bien patienter.

Sans attendre de réponse il les laisse dans le hall et se dirige vers le salon. Miriro sort de son bureau au même moment. Elle feint la surprise, car Abou l'a prévenu de l'arrivée des deux policiers. Après s'être informée pour la forme du motif de leur visite, elle les invite à la suivre dans le salon.

Elle s'installe confortablement dans un des fauteuils alors que les deux hommes prennent place sur le canapé. Elle les gratifie d'un de ses plus beaux sourires.

- Je vous écoute messieurs. En quoi puis-je vous aider ?

- Nous enquêtons sur plusieurs meurtres qui ont eu lieu récemment.

- Vous voulez parler de la mort de ces cinq hommes d'affaires à l'hôtel Excelsior ?

- Heu…oui. En effet.

- Voyons lieutenant Esposito, ne soyez pas surpris, la presse et les journaux télévisés en parlent depuis deux jours. Et, à la question qui est de savoir si je connaissais ses hommes. La réponse est oui. Ils étaient tous des donateurs réguliers de ma fondation les « foyers de Garikaï ». Mais je suppose que vous étiez déjà au courant ?

- En effet Madame. Nous aimerions aussi savoir si vous connaissez ces deux hommes. Ryan pose la photo du meurtrier et celle de l'employé de l'hôtel sur la petite table basse.

- Voyons ça, Miriro se saisit des photos et les regarde un instant. Je…

- Le thé de madame est prêt. Puis-je le servir ?

- Certainement Georges, autorise-t-elle avec le sourire. Messieurs en voulez-vous un tasse ?

- Non merci…nous sommes en service nous ne pouvons pas accepter.

- Dommage, il est excellent.

Le silence se fait le temps que son majordome lui serve son thé. Qui n'était absolument pas prévu mais, qui est une façon de la prévenir qu'une équipe est prête à intervenir. Elle a dû mal à cacher sa joie. Non seulement Castle est seul avec la femme ce qui fait d'eux des cibles plus faciles à atteindre. Mais, chose inespérée, les deux autres cibles sont venues d'elles-mêmes à la rencontre de leur mort. Elle remercie Georges et après avoir bu une gorgée de thé, reporte son attention sur les photographies.

- Oui, effectivement je les reconnais…tous les deux. Ils ont été élevés dans un des nombreux orphelinats que j'ai ouvert. Pourquoi ? Qu'ont-ils fait ?

- Celui-ci est l'un des meurtriers, et celui-ci est un complice. Explique Ryan.

- Oh mon Dieu ! C'est incroyable !

- Nous avons d'autres questions d'ordres plus personnelles, précise Esposito.

- A quel sujet ?

- Sur la mort de votre famille et la disparition de la fortune de votre père.

- Enfin, je ne vois pas ce que cela vient faire dans cette affaire. Elle joue les indignée.

- Nous comprenons que cela vous paraissent inadéquat, cependant nos recherches nous ont amené à penser que les victimes soient mêlées à ce malheur qui a touché votre famille….

- Si je vous comprends bien, je viens de passer de témoin à suspect ? Aucunes réponses des deux policiers. Dans ce cas messieurs je crois que l'entretien est terminé. Si vous voulez de nouveau me parler ce sera en présence de mon avocat ! Elle se lève brusquement, je n'ai pas besoin de vous raccompagner, vous trouverez bien la sortie seuls ?

Les deux policiers n'insistent pas. Ils se lèvent à leur tour et quittent le salon. Ils n'ont pas le temps de faire deux pas qu'ils sont attaqués et maîtrisés très vite. On leur attache les mains derrière le dos avec leurs propres menottes. De jeunes hommes noirs, à peu près du même âge les tiennent fermement. Miriro vient se placer face à eux.

- Félicitations messieurs, je ne pensais pas que vous trouveriez si rapidement le lien entre moi et ses monstres. Car oui c'étaient des monstres…tous les cinq. Ma famille est vengée désormais.

- Voyons vous êtes découvertes, même si vous fuyez, vous finirez par être prise ! Essaie de raisonner Esposito.

- Seulement si vos collègues savent qui chercher. Hors sans pistes, sans preuves et surtout sans témoins, ils ne pourront pas grand-chose contre moi.

- Le témoin est en sécurité et nous …

- Vous, vous allez mourir, très bientôt. En ce qui concerne Richard Castle, j'ai actuellement une équipe à Soho qui surveille l'appartement où il se trouve avec le lieutenant Beckett. Voyant leur mine se décomposer, elle imite une voix affolée. Oh monsieur je suis désolé, ma voiture a calé…

- Non ! Ryan est anéanti, il vient de comprendre qu'il s'est fait piéger.

- Ali, amenez-les en bas ! Ensuite tu viendras avec moi, j'appelle Amandine il est temps de passer à l'action.

- A vos ordres.

Les deux policiers sont amenés sans ménagement au sous-sol. Devant l'une des nombreuses portes on leur enlève les menottes tout en les maintenant. Puis, une fois que la porte est ouverte on les pousse violement à l'intérieur. Surpris, ils tombent tous les deux en avant. Ils n'ont pas le temps de se relever que la porte se referme, les plongeant aussitôt dans la pénombre.

Ils se mettent à crier. Essayant de mettre en garde leurs agresseurs contre ce qu'ils risquent pour s'en prendre à des policiers, en vain. Esposito distingue à peine la silhouette de Ryan, il pose sa main sur son bras. Il veut le rassurer car il sait qu'il doit s'en vouloir. Mais, il n'a pas le temps de lui parler un grognement mêlé à un rire aigüe retentit.

Quelques secondes après, le grognement s'intensifie et un hurlement de douleur lui succède.