Le magicien blanc

Hermione avançait péniblement, trébuchant régulièrement sur les racines massives qui sortaient du sol. La forêt était sombre, oppressante. Intérieurement, elle pensait à la forêt interdite à Poudlard. De multiples branches pendaient au niveau de son visage, couvertes d'humus et de toiles d'araignées. Tel un enfant, Gimli ne cessait de se coller à ses jambes, jetant des regards inquiets à chaque mouvement de feuilles. Boromir marchait, non loin de là, en décrivant des cercles tous les mètres. Devant elle, Aragorn avançait à pas légers avec une extrême prudence. Seul Legolas ne semblait pas s'inquiéter de l'apparence des arbres.

Le rôdeur inspecta un fort renforcement dans le sol: une trace étrange qui se répétait tous les cinq mètres. Hermione frissonna, cet endroit ne lui donna aucune confiance. Soudain un grognement grinçant se fit entendre. Elle sursauta regardant autour d'elle. Le bruit se répéta de différentes façons dans toutes la forêt. Par réflexe, Gimli brandit haut sa hache, prêt à frapper.

« Cette forêt est pleine de souvenirs, de colère! Les arbres se parlent entre eux! Ce sont les elfes qui les ont réveillés et enseigner le langage. » les informa Legolas.

Stupide! A quoi peut bien servir un arbre qui parle? Sauraient ils nous dire s'ils ont vu les hobbits?

Je ne connais pas leur langage. Leur dialecte leur est propre, nul ne le comprend!

C'est bien ce que je disais! Inutile en plus d'être stupide!

Gimli! »Intervint Hermione.

Le nain la regarda puis baissa les yeux devant le regard réprobateur qu'elle lui lançait. Boromir pouffa devant la mine soumise de son compagnon.

« Pouvons nous espérer qu'ils ne nous fassent rien? » demanda Aragorn.

Nous sommes des intrus, notre présence n'est pas souhaitée. Mais le temps que nous ne le menaçons pas, ils devraient ne rien faire! » Répondit l'elfe.

Rassurés, les membres de la communauté poussèrent un soupir de soulagement. Ils continuèrent à avancer en silence. Gimli ranga sa hache mais garda néanmoins la main sur le manche. Ils recommencèrent à marcher quand un léger bruissement se fit entendre. Hermione tourna la tête. Elle entrevit une silhouette blanche se glisser parmi les arbres. « Aragorn! » Chuchota t-elle.

L'interpellé se tourna vers elle. « J'ai vu quelque chose bouger là bas! Une grande silhouette blanche capuchonnée! »

Saroumane! Tenez vous prêt, il ne doit pas avoir le temps de nous jeter un mauvais sort.

Chacun dégaina ses armes. Nerveuse, la sorcière tremblait, sa baguette pointée en avant prête à agir.

Une éblouissante lumière blanche apparut devant eux. Legolas décocha une flèche mais celle sembla ricocher. Hermione et ses compagnons furent désarmés en quelques secondes, leurs armes projetées à plusieurs mètres derrière eux.

Soudain une voix s'éleva. « Vous êtes sur la trace de deux jeunes hobbits? Ils sont passés par ici, il y a quelques jours. Ils ont fait une rencontre qu'ils n'attendaient pas! »

Qui êtes vous? » demanda Aragorn en un souffle.

La silhouette sortit de la lumière et s'avança vers eux. Un grand magicien entièrement vêtu de blanc, les cheveux et la longue barbe argentée, les traits tirés, apparut. Hermione poussa un cri suraiguë avant de se jeter sur lui. « Gandalf! ». Le vieil homme rit doucement et sourit à pleines dents. Il lui tapota le dos avec douceur.

« Comment est ce possible? Vous êtes tombés! »

A travers le feu et l'eau! J'ai poursuivit le balrog et l'ai combattu. Quand enfin, je parvint à lui ôter la vie, j'ai sombré dans l'inconscience jusqu'à ce qu'un souffle me ramène à la vie pour achever ma quête.

Nous avons cru que vous étiez Saroumane.

Je suis tel que Saroumane le blanc aurait du être au lieu de devenir Saroumane le multicolore! » répondit le magicien en soupirant. « Je suis Gandalf le blanc! »

Boromir, Legolas et Gimli s'agenouillèrent tandis qu'Aragorn resta debout. Il semblait avoir pris un méchant coup sur le crâne. La bouche bée, il regardait Gandalf avec émotion.

« Je reviens vers vous en ce moment décisif! ».

Ses compagnons le rejoignirent et le serrèrent dans leurs bras. Boromir prit les devants. Il raconta au magicien; non sans honte; le départ de Frodon et Sam ainsi que la dissolution de la communauté. Gandalf lui posa une main sur l'épaule.

« Le pouvoir de l'Anneau a corrompu et pervertit nombres de cœurs aussi forts soient ils! Vous êtes restés unis à travers l'adversité et cela c'est plutôt encourageant! Le sort de Merry et Pippin n'est désormais plus de votre ressort. Leur présence ici va provoquer un événement qui n'a pas eu lieu depuis les jours anciens. Les Ents vont se réveiller! ».

Il se détourna et invita ses compagnons à le suivre. Il leur expliqua qu'ils devaient se rendre à Edoras, grande cité du Rohan. Ils devaient guérir le roi Théoden du mal qui le ronge. Gimli ne cessait de s'opposer au fait d'abandonner les hobbits dans la forêt de Fangorn, mais il semblait qu'ils soient indispensables au réveil des Ents.

Gandalf les guida à travers la forêt, les menant ainsi à sa sortie. Il avait revêtu une cape elfique portant la broche de la Lothlorien. La communauté arriva dans une grande plaine vallonnée, typique des terres Rohirrim. Le magicien s'arrêta puis émit un long sifflement profond et sonore. Après quelques secondes, un hennissement joyeux lui répondit. Au loin, un grand cheval blanc arriva dans un galop souple.

« C'est un des Mearas! » déclara Legolas admiratif.

Un cheval royal pour les Rohirrims. Je comprends désormais pourquoi vous êtes en disgrâce dans ce royaume, mon ami! » reprit Boromir.

Voici Gripoil, le seigneur de tous les chevaux et l'un de mes plus fidèles amis!

Hermione caressa l'encolure de Naurhûr. Elle aimait déjà beaucoup sa monture et espérait qu'il lui serait aussi loyal que Gripoil envers Gandalf.

Le magicien enfourcha son cheval à cru et le mena de la même façon que Legolas menait Arod: par de simples mots. Hermione et ses compagnons l'imitèrent, grimpant sur leurs montures avec agilité. Gandalf se tourna vers eux s'assurant que tout allait bien puis fit volte face. Il lança Gripoil au galop et les autres chevaux le suivirent dans une cadence endiablée.

Ils firent une brève halte pour la nuit. Ils dessellèrent leurs chevaux et les laissèrent brouter. Ils dinèrent dans la joie et la bonne humeur. Tous étaient très heureux de retrouver leur vieil ami. Boromir ne cessait de se moquer de Gimli dans la forêt de Fangorn et le mina avec exagération. Assise à côté de Legolas, Hermione ria aux éclats. Elle se plia en deux quand la nain ne cessait de répéter que tout cela n'était que foutaise. Aragorn semblait également avoir de grosses difficultés à préparer sa pipe, tellement son buste était saccadé de rire. Gandalf applaudissait avec enthousiasme tout en ricanant. Legolas appuyait régulièrement sa tête sur l'épaule de Hermione afin de reprendre son souffle entre deux crises de rire.

Tard dans la soirée, ils alignèrent leurs couvertures sur sol pour se coucher. Gimli s'emmitoufla au chaud et sombra rapidement dans un profond sommeil accompagné de forts ronflements. Hermione se coucha à l'autre extrémité aux côtés de Legolas. Rapidement agacée, elle murmura « silencio » et Gimli n'émit plus aucun son. Boromir la félicita puis râla qu'elle ne l'eut pas fait plus tôt. La jeune femme ria doucement et serra sa couverture autour d'elle. L' air était froid et dormir dehors au mois de mars n'était pas la meilleure chose. La sentant greloter, Legolas se rapprocha d'elle. Il prit les mains de la sorcière dans les siennes puis les frotta doucement. La chaleur lui monta plus vite au visage qu'aux mains. Elle fut satisfaite que l'obscurité cache le tien cramoisi qu'avaient prises ses joues. Elle fut prise de plusieurs bouchées de chaleur. Elle avait envie de lui serrer les mains, de les embrasser puis de se blottir dans ses bras protecteurs. Elle sentit le frottement devenir plus lent, plus calme, apaisant. Il lui lançait de tendres regards perçants. A cet instant, Hermione se dit qu'un iceberg fondrait devant de tels yeux. Elle se perdit dans se pupilles plusieurs minutes.

Quand elle revint à la réalité , il se contentait de lui tenir les mains. Il lui sourit sincèrement. Legolas posa sa main sur sa joue puis lui caressa les cheveux. Hermione ferma les yeux. Elle savourait cette caresse si douce. Elle soupira d'aisance et de bonheur. Un doigt lui releva gentillement le menton. Elle ouvrit les yeux. Elle rencontra le même regard que quelques minutes auparavant. Il approcha doucement son visage du sien guettant chacune de ses réactions. La sorcière se laissa aller. Ses lèvres étaient très proches. Mais à la grande déception de Hermione, il lui embrassa longuement le front.

« Dormez bien, mon amie! »

Vous aussi! » lui répondit Hermione en se forçant à lui sourire.

Elle se tourna de l'autre côté et ferma les yeux. Un sourire béat était accroché à ses lèvres. Elle plongea dans un délicat sommeil parsemé de tendres rêves.