Chap 14
Kyoko ne comprenait rien à ce qui se passait. Qui étaient ces gens ? Et que se passait-il à 19h ?Mais surtout pourquoi Tsuruga-san était en colère ? Il avait son faux sourire et cette aura meurtrière qui ne laissait rien présager de bon. Que s'était-il passé ? Lui avait-on fait des remarques sur l'incident du studio de TV ? Cela dit, elle pouvait aisément comprendre qu'il soit furieux si quelqu'un avait eu la bêtise de croire à ses rumeurs. Allait-il l'éviter dorénavant pour qu'elle n'entache pas sa réputation ? Elle se sentait un peu triste à l'idée de ne plus revoir Tsuruga-san en dehors du travail. Elle baissa la tête penaude... elle l'avait certainement mis dans une position désagréable. Toute à ses pensées noires, elle se laissait envahir par la déprime et ne remarqua même pas le regard du jeune acteur sur elle.
Ren cherchait un moyen pour se dépêtrer de cet engagement sans ne froisser personne. Il était persuader que le président lui avait collé cette inconnue sur le dos pour le punir d'avoir laisser partir Kyoko... Ah ! Il était le cobaye de cet homme, une marionnette qu'il poussait dans un piège puis dans un autre... et Kyoko que devait-elle penser de toute cette histoire ? Qu'il ne voulait pas d'elle près de lui ? Qu'il préférait la remplacer par une autre ? Allez savoir ce que cette jeune femme à l'imagination débordante allait pouvoir s'inventer ! Il reporta son attention sur la dite jeune, un nuage sombre l'auréolait. Elle avait sûrement très mal pris cette situation. Il se pencha vers elle et décala doucement les mèches qui retombaient sur ses yeux.
- « Mogami-san... » prononça-t-il avec un pincement au cœur en imaginant qu'elle le boudait.
Sortie brusquement de ses réflexions, elle releva la tête d'un coup, les yeux grands ouverts de surprise, et réalisa qu'il la regardait. Qu'allait-il dire ? Allait-il lui demander de partir sur le champ ? Elle attendait en retenant son souffle la sanction qui lui tomberait dessus.
- « Tu es magnifique !... je te remercie d'avoir la gentillesse de porter mon cadeau... ça me fait très plaisir » murmura-t-il avec son sourire innocent
Mieux aurait valu qu'il lui crie dessus ou qu'il lui sorte quelques méchancetés plutôt que cette phrase avec ce sourire. Mieux aurait valu ! L'assourdissant vacarme de son cœur tambourinant dans ses oreilles, complètement noyée dans ces grands yeux en amandes, elle était tétanisée. Rouge et tétanisée. Comment pouvait-il dire ce genre de chose de façon si naturelle ? Il devait sans doute faire ce type de compliment à tout va, sans même en penser un seul mot. C'est ça ! Tsuruga-san était le genre d'homme qui ne pouvait s'empêcher de remonter le moral de toutes les filles un peu en déprime par un mot gentil... une sorte de play-boy mélangé à un prince charmant. Elle se courba prestement.
- « Oh c'est moi qui devrait te remercier d''avoir eu la bienveillance de me faire d'aussi beaux cadeaux... » bredouilla-t-elle maladroitement.
- « redresse-toi, tu n'as pas à me remercier c'était tout naturel... allons déjeuner ! »
Le petit groupe se mit en route et grimpa dans l'immense limousine siglée LME. Un salon avait été réservée par le Président dans l'un de ses restaurants favoris. Niché tout en haut d'une tour, une baie vitrée intégrale donnant une vue imprenable sur Tokyo, ce restaurant était renommé pour la qualité de ses mets. Un maître d'hôtel en livrée blanc les accueilli avec tout le respect dû à des personnes de leur standing. Il les conduisit avec discrétion jusqu'à leur salon particulier et leur servis des boissons. Kyoko regardait admirative le somptueux décor. Jamais de sa vie elle n'aurait pensé manger un jour dans un endroit pareil... dans un endroit où les couverts étaient en argent et les verres en cristal. Tout n'était que perfection, luxe et raffinement. Un lieu dont les gens du commun comme elle ne peuvent même pas soupçonner l'existence. Elle était là, au milieu de tout ça, mal à l'aise d'être dépareillé par rapport aux décors et à ces gens qu'elle accompagnait. Eux... ces êtres au dessus des autres... Le président, Tsuruga-san... Tsuruga-san ! Cet homme ne devait pas être entièrement humain pour être si beau. Maria-chan s'était installé sur ses genoux et le couvrait de gestes tendres qui le faisaient sourire... ce sourire ! Il est des êtres dont la seule présence illumine les lieux. Peu importe où il se trouvait, peu importe ce qu'il faisait... Tsuruga-san était toujours Tsuruga-san. Elle aurait beau travailler, essayer de se perfectionner... Tsuruga-san était juste hors d'atteinte. C'était un peu comme vouloir apprendre à voler hors qu'on avait pas d'aile.
Yashiro était un peu perplexe devant le tour qu'avait joué le président à Ren. D'habitude, il était plutôt ravi des situations qu'il créait... mais ce coup-ci il ne comprenait plus rien. Que lui passait-il par la tête ? Coller une parfaite inconnue chez Ren à la place de Kyoko ! Pourquoi diable les séparait-il ? Son couple favori mit en touche... sa vie amoureuse par procuration au placard !Boudeur, il jetait des coups d'oeil mauvais en direction du Président comme s'il était un enfant qu'on avait privé de dessert.
Lory se pencha alors vers lui et chuchota suffisamment bas pour que personne n'entende ses propos
- « Ne trouve-tu pas que cette femme avait des manières de Kyoko ? Elle sera parfaite ! » souffla-t-il connaissant instinctivement les pensées du manager
- « Huh ? Qu'est ce que vous mijoter ? » murmura Yashiro
- « Regarde juste comment Kyoko-chan fixe Ren depuis tout à l'heure... Il est son centre d'intérêt et quelqu'un va le monopoliser à sa place... Que pourrait-il se passer ? » termina-t-il un sourire diabolique aux lèvres
Le maître d'hôtel apporta les différents plats sous des somptueuses cloche en argent et servi la table. Le président choisi un excellent cru de vin rouge français pour accompagner le repas et fit remplir les verres de Ren et Yashiro. Bien plus intéressé par le délicieux nectar emplissant son verre que la nourriture occupant son assiette, l'acteur porta la coupe à sa bouche, mais une petite main vint la lui arracher avant qu'il n'ait eu le temps de tremper ses lèvres.
- « Tu ne dois pas boire d'alcool... c'est fortement déconseillé avec les médicaments que tu prends » le sermonna Kyoko
- « Quelques gorgées ne me tueront pas ! » plaida-t-il
- « Non ! Tu devrais manger plutôt ! » dit-elle tout en lui coupant en petit morceau sa viande.
Elle était sur le point de remplir sa fourchette pour le nourrir comme elle en avait pris l'habitude lorsqu'ils n'étaient que tous les deux chez lui, lorsqu'elle réalisa que son geste était inapproprié dans un restaurant. Pas étonnant que Tsuruga-san ait été fâché contre elle si elle se permettait un comportement si familier en dehors du cadre de ses soins. Elle recula hâtivement sur sa chaise et reprit une posture plus adéquat pour quelqu'un comme elle. La tête baissée, elle se focalisa sur son assiette et ne remarqua pas que Yashiro et le Président avaient des yeux pleins d'étoiles à la voir se comporter comme si elle était la petite femme de Ren. Le jeune acteur avait le cœur sur une sorte de montagne russe, tantôt heureux des progrès évident entre eux, tantôt jeter dans le vide par cette barrière qu'elle dressait subitement. Tentant désespérément de camoufler ses émotions, il esquissa un semblant de sourire et se laissa nourrir par la petite Maria qui avait décidé de prendre le relais. La fillette était transportée de joie à chaque bouchée qu'il avalait.
- « Ren, quand je serai grande... on se mariera ? »
- « Je serai trop vieux pour que tu veuilles encore de moi Maria-chan ! »
- « Mais tu ne voudrais pas d'une petite femme qui s'occupe de toi ? »
- « Quel homme ne voudrai pas d'une femme qui prend soin de lui ?... je mangerai même sans faim par la main de celle que j'aime... »
- « Oooh ! J'aurai dû dire à grand-père que je m'occuperai de toi à la place de cette inconnue ! Il ne faudrait pas que tu tombes amoureux d'elle ! »
Kyoko tilta en entendant parler à nouveau de l'inconnue. Qui était-elle et que signifiait toute cette histoire ? Curieuse, elle leva le nez et s'incrusta dans la conversation.
- « Je suis sans doute bien indiscrète, mais qui étaient ces gens tout à l'heure ? » demanda Kyoko
- « L'homme qui était avec moi à la montagne et sa soeur » répondit simplement Ren
- « Ah... C'est gentil d'être venu prendre de tes nouvelles et donc le rendez-vous de 19h c'est pour dîner avec eux ce soir alors ? » répliqua-t-elle enthousiaste
- « Pas tout à fait... Je n'ai donné aucun rendez-vous, par contre une certaine personne s'est permise d'inviter quelqu'un chez moi sans ma permission ! » grommela Ren entre ses dents
- « Je ne pense qu'à ton bien mon petit... il faut bien que quelqu'un veille sur toi le temps que tu te rétablisses... je suis sûr que cette jeune femme fera ça très bien » argumenta fièrement le Président devant les reproches du jeune acteur.
Cette jeune femme allait s'installer avec Tsuruga-san chez lui, comme elle, à sa place... Cette femme allait s'occuper de lui. Réussira-t-elle à le raisonner pour qu'il se repose ? Saura-t-elle ce qu'il aime manger ? Portera-t-elle sa fourchette à sa bouche pour le convaincre ? Cette image lui serra le cœur. L'imaginer se faire nourrir par cette femme la peinait étrangement. Elle était comme un mouchoir usagé qu'on remplaçait voilà tout.
- « Je n'apprécie pas trop cette intrusion dans ma vie privée ! Je pense être suffisamment bien entouré pour ne pas avoir besoin qu'un membre du public entre chez moi » grogna Ren de plus en plus énervé à l'idée de se dépêtrer de cette situation
- « Voyons, cette jeune femme ne veut qu'exprimer sa reconnaissance pour les actes que tu as accompli. Et cesse un peu d'être égoïste ! Yashiro-san et Kyoko-chan ont le droit de se reposer. Tout le monde est content... J'ai quelqu'un pour s'occuper de toi et la dame repart heureuse d'avoir payé sa dette envers toi » plaida Lory.
« Egoïste » Il en était venu à devenir égoïste. Il ne voulait que Kyoko près de lui. S'il pouvait, il la garderait prisonnière juste pour l'avoir tout le temps avec de lui. Mais il n'en avait pas le droit... Il soupira.
- « Grand-père je ne veux pas qu'une femme tourne autour de Ren et qu'il tombe amoureux d'elle » pleurnicha Maria
- « En fait... techniquement... c'est plutôt elle qui risque de tomber amoureuse de lui... » intervint Yashiro
- « AARRRGGGHHH ! C'est vrai ! Elle va sûrement essayer de lui sauter dessus ! » paniqua la petite fille.
- « Ren est grand, il a l'habitude des femmes et saura quoi faire... Et s'il tombe amoureux.. eh bien, c'est tout le bien que je lui souhaite ! » conclu le président.
Lory jeta un œil à ses deux protégés. Hélas ses paroles avaient été vaines. Ni l'un ni l'autre ne semblaient écouter la conversation, ils étaient plongés dans un profond mutisme au bord de la dépression. Le président leva les yeux au ciel. Ces deux là étaient irrécupérable !
MERCI DE ME LAISSER UNE PETITE REVIEW, c'est important pour moi...
J'espère que mon histoire ne commence pas à vous assommer d'ennui
