On souhaite la bienvenue à elisabeth49, qui rejoint l'équipe à l'essai comme nouvelle traductrice.

elisabeth49 : Sur ce point, beaucoup de personnes semblent d'accord, et regretter que Gaius au moins n'ait pas parlé de son expérience. En ce qui me concerne je regretterai toujours que ni lui ni Merlin n'ait parlé, et que Morgane se soit tournée du côté obscur.

titesouris : C'est un point de vue intéressant, l'idée que Merlin aurait perdu Morgane de toute façon. Sans rester dans l'ombre de Merlin ou d'Arthur, je pense qu'elle aurait pu être un atout formidable pour eux, notamment pour aider à convaincre son frère que la magie n'est pas maléfique !

Colinou : On est deux, c'est aussi l'épisode que j'ai tendance à oublier quand je me fais la liste dans ma tête ! Et oui, Gaius aurait dû lui parler...

LPC : Je suis contente que tu t'intéresses tellement aux développements de l'auteur ! lol Et quand une question me paraît intéressante, je la transmets toujours !

Abeille/Guest : Décidément tout le monde s'accorde pour dire que c'est le "turning point" de Morgane, cet épisode !

vinie65 : Pauvre Gaius aucune de vous n'est tendre avec lui !

DAM : Et maintenant on le menace de violence physique ! Ayez pitié d'un vieux monsieur ! lol Moi aussi le Arwen me fait fondre ; et pour ce qui est d'Arthur... Je pense que c'est simplement qu'à cette époque on s'attendait à ce que les filles soient traitées différemment des hommes.

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Chapitre 14: Le cauchemar commence ~Partie 2~

Voulant toujours grogner dans sa barbe au refus de son mentor, même une heure après leur dispute, Merlin soupira pour lui-même alors qu'il grimpait les escaliers pour atteindre la jonction où les marches jusqu'aux appartements de Morgane se trouvait. Il avait été jusqu'à l'un des champs en dehors du château, revenant avec un gros bouquet de fleurs sauvages. C'était un pauvre substitut pour lui donner le réconfort dont elle avait besoin, mais c'était toujours mieux que rien. Elle saurait qu'on pensait à elle, et peut-être que ça l'aiderait à ne pas se sentir si seule et effrayée.

Il atteignit le haut des escaliers, traversant la pièce jusqu'aux escaliers plus petits seulement pour s'arrêter brusquement et fourrer les fleurs dans le derrière de sa ceinture. La raison ? Arthur.

Le prince l'aperçut, se dirigeant vers lui.

« Ah, Merlin. J'aimerais que tu… » Il remarqua les mains de son serviteur cachées derrière son dos, et fronça les sourcils. « Dis-moi ce que tu caches. »

Merlin semblait innocent, haussant les épaules et montrant ses mains.

« Rien, regardez. »

Arthur se précipita vers lui, voulant atteindre son dos, seulement Merlin se tourna pour l'éviter.

« Qu'est-ce que tu manigances ?

Merlin souriait maintenant.

« Rien, je vous assure, je ne vous mentirai jamais, Arthur. » Il prit une profonde inspiration, rendant clair le fait qu'il taquinait le prince. « J'ai trop de respect à votre égard pour cela. » Arthur lui donna un long regard, peut-être pas si impressionné par le fait qu'il jouait visiblement avec lui. « Vous vouliez que je fasse quelque chose ? »

Le prince le fixait toujours, répondant à la plaisanterie évidente par une corvée ennuyeuse.

« Ma cotte de mailles doit être nettoyée. »

Le sourire du serviteur s'atténua un peu, avant qu'il le remette bien en place. Génial, maintenant il devrait passer le restant de la matinée les coudes plongés dans un tonneau de sable. A polir des taches minuscules de rouille si petites qu'il devrait emprunter la magnifique loupe de Gaius pour les voir.

« Oh, d'accord, je vais le faire tout de suite. »

Le prince lui donna un autre long regard, chacun semblant attendre que l'autre bouge, jusqu'à ce qu'enfin il se dirige vers les escaliers que Merlin venait juste de monter. Et le serviteur, le croyant parti, attrapa les fleurs et filant vers les autres escaliers, inconscient qu'Arthur s'était arrêté pour le regarder et avait vu le bouquet compromettant et secouait la tête.

Merlin monta les escaliers, frappant sur la porte dans le petit couloir qui y menait.

Gwen l'ouvrit, souriant quand elle le vit avec les fleurs.

« Merlin. »

Il regarda au-delà d'elle, à l'endroit où Morgane dormait, agitée, dans son lit. La pupille du roi était revenue dans ses appartements et avait bu sa nouvelle potion de sommeil, cherchant un échappatoire dans le sommeil même si on était en plein milieu de la journée.

« Comment va-t-elle ? »

Gwen la regarda elle aussi, inquiète.

« Je ne l'ai encore jamais vue dans cet état. J'ai peur de la laisser toute seule.

- Si je peux être utile, n'hésite pas. »

Gwen sourit pour le remercier, un léger gémissement de Morgane attirant leur attention. Il semblait qu'elle commençait à se réveiller.

« Je vais retourner auprès d'elle. » Elle accepta les fleurs de Merlin. « Je lui dirai qui a apporté ces fleurs. »

Elle ferma la porte alors que Merlin partait, amenant les fleurs jusqu'à la table où un vase vide se trouvait. Elle avait planifié d'aller chercher des fleurs elle-même, mais il lui avait épargné le voyage. Et celles-ci apporteraient autant de réconfort.

Morgane ouvrit les yeux pendant que Gwen disposait les fleurs, s'asseyant doucement et regardant ce qu'elle faisait.

« Tu as été chercher des fleurs ? »

Gwen se tourna, souriant.

« En fait, elles viennent de Merlin. Il est passé avec il y a quelques minutes. Il voulait savoir comment vous alliez. Vous savez, Merlin. Il s'inquiète pour tout le monde. »

Morgana sourit faiblement, touchée par le geste. Merlin avait vraiment bon cœur.

« C'est vraiment gentil de sa part. Assure-toi de lui dire que je le remercie lorsque tu le verras la prochaine fois. »

Elle se glissa hors du lit, marchant à pas feutrés pour inspecter les fleurs. Etant des fleurs sauvages il n'y avait aucun travail d'art comme les fleurs cultivées fantaisistes, mais aller les cueillir au lieu d'être simplement allé au marché et les avoir acheté prenait beaucoup plus de temps. Et le temps libre était généralement quelque chose que les serviteurs avaient peu à moins d'avoir de la chance concernant l'identité de leur maître.

Gwen regarda Morgane poser une main sur les fleurs, baissant la tête en requête.

« Voudriez-vous que j'aille vous chercher quelque chose à manger ?

- Oui, merci. »

Gwen sortit, rapide, laissant Morgane seule, mais pas pour longtemps. Il lui faudrait seulement dix minutes pour aller chercher la nourriture si elle était rapide. Pour le reste de la journée, les yeux de Morgane se posèrent sur les fleurs à chaque fois qu'elle sentait une pique de peur dans son cœur. La visite d'Uther au milieu de l'après-midi l'avait plus effrayée que rassurée, même la visite d'Arthur la mit sur les nerfs. Mais Merlin avait été ami avec un sorcier, dans son village natal. Savoir cela faisait de son cadeau la chose qui la réconfortait plus que la présence de Gwen.

Lorsque la nuit vint enfin, Morgane insista pour renvoyer Gwen chez elle en dépit des protestations de la servante qui voulait rester. Gwen semblait épuisée, n'ayant pas été chez elle depuis la veille avant le feu. Si elle restait dans le château, elle savait que Gwen n'aurait que très peu de sommeil.

Gwen capitula, sortant et prenant la bougie avec elle lorsque sa maîtresse le lui demanda d'une voix tremblante. Avec la chambre maintenant sombre, Morgane se coucha dans son lit et ferma les yeux. Mais elle ne put pas les garder longtemps, pas avec une autre tempête faisant rage au-dessus d'elle. Elle les ouvrit, emplie de crainte, tremblante sous ses couvertures. Moins de dix minutes après que la servante soit partie, un coup de tonnerre massif secoua l'air, faisant se redresser en sursaut Morgane avec ses yeux qui cherchaient le réconfort du vase de fleurs.

Sauf qu'au moment où elle les regarda, elle sentit le même déferlement de pouvoir terrifiant que la nuit dernière. Ses yeux brillèrent d'or et le vase explosa en mille morceaux.

Elle sortit du lit, gémissant de terreur alors qu'elle attrapait sa robe de chambre et la jetait par-dessus sa chemise de nuit. Elle se rua hors de sa chambre, se dirigeant droit vers les appartements du Médecin de la Cour. Gaius devait lui dire ce qu'il se passait. Il le devait!

Merlin éteignait les bougies dans la chambre principale lorsqu'elle y entra brusquement, sa voix toujours secouée.

« Gaius est là ? »

Merlin la regarda, surpris, secouant la tête.

« Non, il s'est absenté, mais il ne devrait pas tarder.

- Je dois lui parler, dis-moi où il est. »

Elle avait les larmes aux yeux, l'expression désespérée, mais Merlin savait que la réponse ne l'aiderait pas.

« Il est allé voir le roi. » Morgane sursauta à la mention d'Uther, et Merlin sut que sa magie s'était manifestée de nouveau. « Que se passe-t-il ? Vous pouvez me faire confiance, Morgane. Vous le savez. »

Morgana hésita, partagée avant que le besoin de parler à quelqu'un l'emporte. Gaius était peut-être celui qui était le plus à même de lui donner des réponses, mais Merlin était plus probablement celui qui la soutenait.

« J'ai peur, Merlin. Je ne comprends plus rien, je suis perdue. Il faut que je sache ce qu'il m'arrive. Par pitié. »

Ce fut au tour de Merlin d'hésiter. Il voulait tant lui dire, tout lui dire, mais les avertissements de Gaius bloquèrent les mots dans sa gorge.

« Gaius ne va pas tarder, il pourra vous venir en aide. »

Elle secoua la tête, véhémente.

« Il n'en fera rien ! Je ne veux plus de potion, elles ne me font aucun bien… C'est la magie, Merlin. »

Merlin réagit, surpris. Il savait qu'elle lui faisait confiance, mais pas à ce point. En lui disant cela c'était comme si elle mettait sa vie entre ses mains.

« Quoi ? »

Elle fronça les sourcils.

« Je suis ton amie, alors je ne saurais te mentir. Tu le sais. »

Il commençait à se sentir mal à l'aise, tiraillé entre ce que sa tête lui disait qu'il devrait faire et ce que son cœur voulait.

« Oui, bien sûr.

- Tu me crois alors ? » Elle le regarda en suppliant, ses yeux plaidant. « Tu crois que c'est la magie toi aussi. Je t'en prie, Merlin, il faut que quelqu'un me le dise et je cesserai une fois pour toutes de penser que j'imagine cela. »

Le silence s'installa entre eux, jusqu'à ce que la tête l'emporte sur le cœur en dépit de la culpabilité que ça lui causait.

« … Je voudrais sincèrement pouvoir le dire. » Elle le fixa, blessée, et commença à reculer, avant de se tourner et de commencer à s'enfuir de la chambre. « Morgane. Morgane !

- Laisse-moi tranquille! »

Il n'hésita qu'un instant, avant de lui courir après et de la stopper à la porte en lui attrapant le bras. Sa voix était calme.

« Je ne sais réellement pas quoi dire, Morgane. Ce n'est pas que je ne vous crois pas, c'est que je n'en sais pas assez pour être capable de vous donner les réponses dont vous avez besoin. La seule expérience que j'ai dans cette matière, c'est… c'est Will. Et il n'y connaissait presque rien en magie, jusque quelques tours qu'il avait découvert. Et en ce moment, c'est possible que quelqu'un vous joue un tour, essayant de vous utiliser pour atteindre Uther. C'est mieux de ne pas sauter sur les conclusions. »

Morgane prit une inspiration tremblante, et elle le regarda, toujours blessée mais comprenant aussi. En dépit du fait qu'elle se sentait tellement sûr que c'était vraiment la magie, il marquait un point.

« Merci. Je réfléchirai à ce que tu as dit… Bonne nuit, Merlin. »

Elle partit, Merlin la regardant sortir. Mais même avec ce réconfort limité, son désir de l'aider se battait contre cette décision en lui-même. Il attendit jusqu'à ce qu'elle soit partie, se frayant un chemin à travers le château jusqu'aux niveaux inférieurs. Allant voir le dragon, cherchant des réponses comme elle l'avait fait en venant voir Gaius. S'il ne pouvait pas lui donner de réponses, alors peut-être que les druides le pourraient.

Mais tout comme il ne lui avait pas fourni de réponses, le dragon refusa de lui répondre. Refusant avec un présage de malheur s'il suivait ce chemin, un avertissement qu'on ne pouvait pas faire confiance à Morgane. Mais alors que le dragon avait eu raison avec certains avertissements dans le passé, Merlin ne pouvait pas ignorer sa morale en toute conscience. Il avait fait un choix avec Mordred, le choix de faire face à n'importe quelles conséquences de l'avoir sauvé. Il faisait confiance au cœur de Morgane, sa valeur bien arrêtée de chaque vie, et il lui devait la même chose.

~(-)~

La matinée suivante Merlin s'installa innocemment dans les appartements d'Arthur, ayant étalé l'armure du prince sur la table pour travailler ici plutôt que dans un endroit où il pouvait tricher et la nettoyer avec la magie. La raison était qu'il savait qu'Arthur devrait venir ici pour enfiler sa cotte de mailles fraîchement polie avant de sortir pour arrêter ceux qui étaient suspectés de fréquenter des pratiquants de la magie.

C'était un pari sûr, qui paya lorsque le prince finit par entrer avec Sire Léon et une liste de noms. Ce fut simple de garder Arthur occupé, suffisamment longtemps pour qu'un regard doré ouvre la liste sans que l'un d'entre eux soit trop proche d'elle, et qu'il la lise rapidement, même si ça voulait dire faire avec les taquineries du prince. Apparemment Arthur l'avait vu avec les fleurs après tout.

Il vit le nom d'une femme dans la ville basse, endura les taquineries jusqu'à ce qu'Arthur parte. Et aussitôt qu'il fut parti Merlin nettoya l'armure avec un sort rapide et fila en ville. Il aurait un peu de temps avant le début des arrestations, puisque le prince devait aller aider les gardes qui l'aideraient à le faire.

Merlin ralentit le pas une fois qu'il fut en ville, essayant de sembler normal. Lorsqu'il atteignit la maison en question, il se dirigea vers la porte. A ce moment il pouvait déjà entendre les cris des premières personnes arrêtées, faisant battre son cœur dans ses oreilles. Gaius lui donnerait sûrement une liste des plus horribles corvées possibles s'il découvrait qu'il avait risqué sa vie comme ça, mais encore une fois c'était la tête contre le cœur. Et lorsqu'on en venait à ça, en ce moment le cœur gagnait toujours.

La porte était verrouillée, les cris se rapprochant, et perdre son temps en étant poli alors qu'elle pourrait ne pas ouvrir la porte si il frappait, il l'ouvrit avec un sort prudemment murmuré. Il était à l'intérieur depuis à peine quinze secondes avant de sentir la pointe d'une épée pressée contre son dos.

« Bouge, et je te tue. »

Il se tendit.

« Foriden.

- Qui es-tu ? »

Il tourna un peu la tête, bien que pas assez pour qu'elle se sente menacée.

« Il va falloir vous passer d'explications. Il faut sortir d'ici. Les hommes du roi sont après vous. »

Il y eut un coup sur la porte, surprenant la femme blonde. Tous deux la regardèrent alors qu'elle baissait son arme, et avec un hochement de tête hésitant ils s'échappèrent par la porte arrière.

Espionnant prudemment d'une allée plus bas dans la rue, alors que sa porte d'entrée était défoncée par les gardes, elle questionna Merlin, sur la défensive.

« Ils venaient pour moi, comment le savais-tu ?

- Je suis le serviteur d'Arthur. »

Elle le regarda, toujours sur la défensive mais reconnaissante.

« Tu as pris un risque. Je t'en sais gré. »

Merlin regarda au-delà du coin, capable de voir plus de gens être emmenés.

« Je ne peux hélas secourir la plupart d'entre eux. »

Foriden commença à s'en aller, tendue.

« Viens, partons d'ici.

- Non, attendez, j'ai besoin de votre aide. » Merlin l'arrêta, sérieux. « Dites-moi comment voir les druides. »

Elle redevint immédiatement sur la défensive.

« Je ne sais rien à leur propos. »

Merlin grimaça, désignant la rue principale.

« Inutile de me mentir. Je vous en prie, sans moi on vous aurait arrêtée. » Elle hésita. « Je ne suis pas un espion d'Uther, mais un ami des druides. J'ai besoin de leur aide. Les druides me connaissent ; Nellan du clan Oristalla peut s'en porter garant. Je le contacterais bien, mais je ne sais pas où il est. »

Cela sembla la convaincre, et elle opina.

« Bien. Aide-moi à sortir d'ici, et je te dirai ce que je sais. »

Merlin n'eut pas besoin de se le dire deux fois, la guidant dans les tunnels sous la ville et dehors à nouveau aussi proche que possible des portes principales. Les gardes ici étaient en état d'alerte, mais la distraction de Merlin portant un sac de toile et leur faisant signe joyeusement les empêcha de voir Foriden parmi le reste du peuple sortant.

Les gardes hochèrent la tête pour lui, l'un d'entre eux gloussant même et secouant la tête. Il y avait des fois où être réputé pour être un idiot était un avantage majeur.

Tous deux sortirent de la cité, se dirigeant vers la sécurité des bois où Foriden se relaxa enfin.

Elle regarda Merlin, moyennement impressionnée.

« Bien joué. Merci. » Elle inclina la tête. « Et je dois dire que je suis surprise. Le serviteur du prince, fréquentant les druides. »

Merlin fronça les sourcils.

« Ce sont des gens bons et ils ne blesseraient jamais personne. Ils ne méritent pas d'être persécutés. »

Elle renifla.

« Pardonne-moi mon scepticisme, mais tu as juste eu de la chance de connaître un nom. Je n'aurais pas cru qu'ils te connaissaient autrement. Le clan avec lequel je suis en contact, ils échangent régulièrement avec le clan Oristalla donc j'ai entendu parler de Nellan. Tu dois être hautement placé si le frère du chef de ce clan peut se porter garant de toi. »

Merlin se tendit, devenant évasif.

« … On peut dire cela. »

Foriden sourit, soupirant.

« Je peux voir que je te mets mal à l'aise. Je ne poserai pas de questions. Bien que ce soit rassurant de savoir qu'il y a quelqu'un comme toi si proche du prince. Peut-être que tu pourras le pousser à réaliser un jour, contrairement à son père. » Elle pointa l'est. « Le clan que je connais vis au sud de la forêt d'Ascetir, où le pont d'Ascetir crée le sommet de vallées qui rend l'endroit si traître. Il y a une petite rivière qui sort de la forêt à cet endroit, et ça marque l'entrée dans la vallée où ils peuvent être trouvés. Suis cette vallée jusqu'à ce que tu trouves une paire de pierres, et attends ici. Ils viendront à toi. »

Merlin opina, soulagé.

« Merci. Vous avez été d'une grande aide.

- C'est la moindre des choses que je puisse faire en retour de m'avoir sauvé la vie. »

Elle lui fit un dernier signe de tête avant de se précipiter dans la forêt, laissant Merlin collecter des herbes pour se couvrir d'être sorti et d'être revenu seul.

Il le fit, ramassant les choses qu'il savait qu'il aurait été envoyé bientôt pour les collecter de toute façon. Gaius fut ainsi agréablement surpris avec lui, allant jusqu'à le complimenter de sa prévoyance.

Merlin se sentait coupable à cause de cela avec un nœud dans l'estomac…

Cependant, il ne laissa pas cela le dissuader, alors qu'il attendait que Gaius sorte avant de prendre une des fioles de potion de sommeil habituelle pour Morgane de l'étagère où quelques-unes étaient à sa portée. Avec les arrestations d'aujourd'hui, Uther avait maintenant placé des gardes près de ses appartements en cas de représailles. Ils n'accordèrent qu'un léger regard à Merlin une fois qu'il leur eut montré la fiole, puisqu'il les amenait régulièrement sur ordre de Gaius, et il arriva jusqu'à sa porte sans problème.

Il frappa, Morgane seule, ayant renvoyé Gwen à la maison comme elle l'avait fait la nuit dernière. Elle avait également sauvé les fleurs après être revenue des appartements de Gaius, en dépit de sa frustration parce qu'il ne lui avait pas dit ce qu'elle voulait entendre. Donc au lieu de les jeter elle avait trouvé un vase en métal où les mettre à la place, disant à Gwen dans la matinée que l'autre vase avait été brisé en étant renversé de la table par accident.

Merlin regarda les fleurs lorsqu'il entra, avant de tendre la fiole à Morgane.

« Gaius m'a demandé de vous apporter cela. »

Morgana, semblant tendue, pâle, et effrayée, secoua la tête.

« Merci, mais je n'ai pas besoin de potion ce soir. » Elle le regarda. « Merlin, oublie ce que je t'ai dit hier. J'ai fait un cauchemar, j'en ai été bouleversée. »

Il soupira.

« Je sais. Je ne dirais rien de cela à quiconque. »

Morgana continua de le regarder, avant que son contrôle se brise et qu'elle se précipite vers la table pour y mettre la fiole.

« Je suis désolée, c'est Guenièvre qui s'occupe de moi quand je suis dans cet état.

- Cela m'est égal… Je peux peut-être vous aider ? »

Elle se moqua, gardant le dos tourné.

« J'en doute fort. »

Merlin n'hésita qu'un instant de plus, avant de fermer la porte avec un soupir.

« Vous pourriez être surprise. » Elle fronça les sourcils quand elle l'entendit faire cela, se tournant pour lui faire face alors qu'il continuait. « J'ai conscience… J'ai conscience de l'effroi que vous devez éprouver, vous en particulier. »

Son froncement de sourcils s'accentua.

« Pourquoi moi en particulier ? »

Merlin resta là, maladroit.

« Vous êtes la pupille du roi, vous connaissez sa haine de la magie mieux que quiconque. »

Elle commença à le fixer.

« Tu crois que c'est ce qui s'empare de moi ? Les rêves, le feu, tu penses que c'est le fruit de la magie ! »

Merlin se mordit la lèvre, s'excusant silencieusement à Will, même si son ami aurait été heureux de savoir qu'il le protégeait toujours de cette manière. Heureux de savoir que son nom permettait à Merlin d'aider quelqu'un.

« Je me souviens à quel point Will était effrayé, même alors que nous vivions dans le royaume de Cenred, en dehors de l'endroit où la magie était bannie. Nous étions suffisamment proches de la frontière de Camelot pour que ça lui reste toujours en tête. Je reconnais les signes, Morgane. Je les ai vus en vous depuis un certain temps. »

La colère commença à teindre son expression.

« Tu suspectais déjà que j'avais des pouvoirs ? Avant que cela commence ? Pourquoi ne m'en as-tu rien dit ?

- Qu'étais-je supposé dire ? » Merlin jura dans sa barbe. « Ecoutez, je n'avais pas de preuves, juste des soupçons. J'aurais pu finir par vous laisser aussi terrifiée que vous l'êtes maintenant, si j'avais eu tort. Je ne pouvais pas vous faire cela, pas à une amie. Je sais que ce genre de peur peut briser quelqu'un de l'intérieur. »

La colère de Morgane s'évanouit et elle détourna les yeux.

« Et maintenant ? Et si tu as raison et que c'est bien de la magie ? Comment suis-je supposé savoir si c'est réel ou si quelqu'un joue simplement avec mon esprit ? »

Merlin s'approcha d'elle, solennel.

« Je ne saurais dire, mais certains le peuvent sans détour. Je pense aux druides, ils viennent en aide aux êtres comme vous. »

L'espoir de Morgane sembla se briser en amertume à cela.

« Aucun d'entre eux n'oserait se montrer à Camelot. »

Il secoua la tête, mais n'hésita certainement pas.

« Non… Mais je sais où ils se trouvent. »

Elle le regarda, surprise.

« Tu sais où je peux les trouver ? »

Il opina, furtif.

« Il y a un groupe qui me connaît et qui m'a aidé dans le passé. Je ne sais pas où ils sont, mais avec le nom de l'un d'entre eux pouvant se porter garant de moi, j'ai été capable de trouver l'emplacement d'un autre groupe. S'il vous plaît, gardez cela pour vous. Si jamais Uther découvre que j'ai fréquenté des druides ou leurs alliés, il me fera exécuter. Vous savez qu'il refuse de croire que c'est un peuple pacifique. »

Morgana lui retourna son regard, opinant.

« Je te le promets, je ne le dirai à personne. Tu risques beaucoup en m'aidant ainsi, plus que je le mérite. »

Merlin posa ses mains sur ses épaules, rassurant.

« Ne pensez pas cela. Vous avez bon cœur, et vous valez le risque. Si c'est vraiment de la magie, alors peut-être que vous pourrez aider à changer l'opinion d'Uther à ce propos un jour. Vous devez juste y croire. » Il soupira, conscient qu'il ne pouvait pas retarder plus longtemps ou les gardes le questionneraient sur le temps qu'il y passait. « Maintenant écoutez attentivement, et je vais vous dire où vous pouvez les trouver. »

Lorsqu'il quitta la chambre une minute plus tard, il n'avait aucune idée du problème que ces mots allaient devenir.

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Je vous conseille, pour finir, d'aller lire la formidable fic d'Abeille, intitulée "le destin est plus puissant qu'on ne le croit" !