Que dire si ce n'est que je suis désolée pour la longue attente… Mais la vie étant la vie, il y a des choses plus prioritaires. (Même si je déteste laisser les choses trainer)

Je remercie ceux qui lisent et commentent et espère ne pas vous avoir fait fuir à cause de l'attente….

Voilà le nouveau chapitre…

Enjoy !

Dans les chapitres précédents :

Rick et Kate se disputent et des mots non pensés sont dits, mais le mal est fait

Après avoir été ordonné de sortir de la vie de sa muse, Rick décidera de quitter sa famille et New-York pour reprendre sa vie en main. Il se rendra en Allemagne chez un vieil ami mais la distance n'empêchera pas Castle de penser à Kate et il sombrera au lieu d'aller mieux. Et lorsque son ami partira pour son travail, Rick se retrouvera livré à lui-même. Peu de temps après, il pensera avoir trouvé la solution pour faire sortir Beckett de sa vie, mais il finira entre les mains d'hommes qui l'abattront en direct à la télévision….

Kate, de son côté, vivra très mal avec sa décision d'avoir exclu Rick de son existence. Elle se renfermera donc sur elle-même. Et plus les jours passeront, plus elle deviendra inaccessible pour ses amis. Et son état empirera le jour où elle assistera, comme des milliers d'autres personnes, à l'exécution de Rick via le petit écran. Elle tentera d'abord d'être forte pour Alexis, dont elle deviendra la tutrice, et pour Martha. Et pendant quelques temps elle parviendra à faire illusion et à laisser ses amis l'aider. Mais quand des cauchemars et des rêves plus vrais que nature apparaitront, déjà affaiblie par sa profonde dépression, elle perdra pied et s'accrochera à eux avec désespoir… Car ils seront son seul lien avec l'homme qu'elle aime.

Kate terminera à l'hôpital avec des symptômes de pneumonie et des hématomes venant de nulle part. Une infirmière entendra parler de sa condition et elle contactera une Dr qui s'est spécialisée dans les cas étranges. Après une acceptation difficile de Kate, la Doc la placera sous hypnose et la guidera. Après avoir obtenue quelques informations de Beckett, elle et son collègue feront des recherches qui, à leurs plus grandes surprises, aboutiront.

La Doc avertira Beckett qu'il est possible que l'homme qu'elle voit dans ses rêves ne soit pas Castle mais un homme qui se nomme Trévor... Nouvelles qui précipiteront Kate dans l'oubli inconscient. Elle tombera dans un coma profond où elle se retrouvera dans une salle sans mémoire de qui elle est. Jusqu'à ce qu'elle accepte l'aide d'une petite fille pour la lui rendre. Ensuite, elle se retrouvera dans une nouvelle pièce avec cette fois sa mère qui, après l'avoir conduit hors de la salle où Kate apercevra les visages de personnes chères disparues et un Rick qui n'a aucune mémoire, Johanna lui dira qu'elle doit faire un choix. Et Kate choisira Rick où qu'il soit

Les amis et la famille devront faire face à leur propre douleur due à la perte de Castle, mais aussi à la souffrance profonde de Kate. Ils feront tout leur possible pour l'aider à surmonter la disparition de l'écrivain, mais n'ayant aucune idée de comment le faire, ils se contenteront de la soutenir du mieux qu'ils le peuvent... Parce que c'est ce que fait une famille quand l'un des leurs est au plus bas….

Maintenant la suite !

Chapitre 14 Rick or Trévor

POV de Kate

Ma mère m'avait dit que là où j'irai il n'y aurait aucun retour. Mais ce qu'elle ne m'avait pas dit, c'est qui serait en face de moi. Rick ou ce Trévor... La voix était bien celle de Castle ainsi que le visage, mais en regardant bien, sa stature m'avait l'air moins large et plus petite... Alors, avais-je retrouvé juste son âme dans le corps d'un autre homme ou étais-ce bien lui ?

Rick, qui ne m'a ni vu ni entendu, continue de fixer le ciel étoilé au-dessus de lui. Je l'observe longuement et mon cœur et mon cerveau se livrent un combat sans merci en essayant de me faire savoir que c'est bien Rick pour l'un et un inconnu pour l'autre… Je ne sais pas quoi faire, quoi penser. Tout est tellement perturbant...

Heureusement ou malheureusement, je n'ai pas de temps pour réfléchir plus loin car je le vois se tourner sur son côté et par la même occasion me faire face. Quand je rencontre son beau regard azuré, éclairé par des bougies posées sur la table de nuit entre les 2 lits, les pulsations de mon cœur ne peuvent s'empêcher d'accélérer. Mais cette sensation de bien-être vire très vite à la douleur quand je le vois me tendre la main... Par réflexe j'ai reculé et, dû à mon rejet, la peine et l'incompréhension étaient maintenant visibles dans ses yeux… Ca faisait vraiment mal, mais comment lui dire que je n'étais pas sûre de qui était devant moi.

-« Kate ? Que se passe-t-il ? »

-« Rien, je… j'essaye juste de trouver 1 moyen de sortir d'ici. » Lui mentais-je.

Voulant échapper à son regard fixe et ses questions, je concentre, pour la 1ière fois, mon attention sur l'occupante du second lit. Je m'approche pour me tenir entre les deux couchettes puis me baisse vers la jeune femme pour poser ma main sur son front. Mais à ma grande stupéfaction celle-ci passe au travers. Je la retire précipitamment, comme brûlée, puis dévisage, ahurie, entre Rick et elle... Comment puis-je toucher Castle mais pas elle ? Et pourquoi ne s'est-elle toujours pas réveillée ? Est-elle morte ? Mais non me morigénais-je en remarquant sa poitrine monter et descendre. Alors, suis-je celle qui est morte ? Et pourquoi continuais-je à dire Rick ou Castle quand rien ne le certifiait ?

Je me tourne vers… Et Mer** ! Comment dois-je m'adresser à lui si je ne l'appelle pas Rick ou Castle? Trévor ? Lui ?... Me perdant, encore une fois, dans ses prunelles bleues, tous les autres noms et pronoms disparaissent… Il est Rick et il le restera jusqu'à preuve du contraire…. Donc je disais, je me tourne vers Rick qui me fixe avec un air d'incrédulité sur le visage.

Il se redresse doucement et sans aucun avertissement, me pince le bras

-« NON MAIS QU'EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ… !? M'écriais-je avant de me stopper puis de reprendre d'une voix normale « - Une seconde ! Si j'ai ressenti la douleur, cela veut dire que c'est réel. »

Je m'avance vers Castle et à mon tour fait de même. Celui-ci a un petit recul après mon pincement, mais ce à quoi je ne m'attendais pas, c'était de ressentir également une piqure sur mon propre bras exactement au même endroit.

-« Comment… ? »

-« Exactement ce que je me demandais… Comment peut-on ressentir la douleur de l'autre ?... Et pourquoi ne peux-tu pas la toucher alors que je le peux? » Demande-t-il en montrant la femme du pouce.

Sans répondre, je m'éloigne des deux.

-« Kate ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

-« Tu ne comprends pas ? Quelque chose cloche avec moi ? » Lui répondais-je en faisant volte-face.

-« De quoi tu parles ? »

Devant son regard interrogatif, je réalise que je ne lui ai encore rien dit. Qu'il ne sait pas ce qu'il se passe. Et je me rends compte aussi que maintenant est venu le temps que je lui dise les doutes qui pèsent sur son identité et ce que je vis quand je ne suis pas avec lui.

Je m'assieds, jambes croisées, sur le matelas face à Rick et, après une longue inspiration/ expiration, je lui raconte tout …..

-« J'ai décidé, que quoi qu'il arrive, je veux aller jusqu'au bout. » Concluais-je en descendant de la couche de Castle pour aller me tenir au pied du lit.

-« Comment ça ? »

-« Je vais vous emmener jusqu'à l'ambassade de Kaboul. »

-« Mais Kate, tu… ! »

-« Je ne sais pas ce qu'il va se passer une fois la tâche accomplie, mais j'ai besoin de le faire. S'il y a une chance que tout soit vrai et que tu es bien toi, je veux la prendre. Je veux que tu retrouves ta fille et ta mère et que Shirley retrouve sa famille. Dans le cas con… »

-« Et toi Kate ? Qu'est-ce qu'il se produira quand tout sera terminé ? »

-« Je ne sais pas, mais… »

-« Crois-tu vraiment que je voudrais vivre une vie sans toi dans elle ? »

-« Rick… »

-« Non Kate ! J'aime ma fille et ma mère… Mais je t'aime aussi et j'ai besoin de toi autant que j'ai besoin d'elles. »

-« Kate ! » Crie Rick, dans mon dos, alors que je quitte la pièce sans un regard ni un mot.

Une fois hors de vue, je m'adosse contre le mur et laisse couler mes larmes.

Tout ce qu'il venait de me dire était tout ce que j'avais toujours voulu entendre. Mais comment pouvais-je être certaine que cela venait de lui et non de ce que mon esprit désirait tellement entendre et, qu'inconsciemment, je lui mettais ces mots dans la bouche. Tout ce qu'il me disait et que j'entendais était plausible et sans aucun doute sincère si c'était bien Rick, mais je ne pouvais pas m'y fier. Parce que ce serait trop douloureux d'y croire pour, plus tard, découvrir que ce n'était pas lui. J'avais aussi pensé à le questionner pour vérifier son identité en lui posant des questions personnelles mais, soit je connaissais la réponse, soit je n'avais aucun moyen de vérifier si la réponse était exacte ou pas… Et toute cette histoire de si c'était lui ou pas me donnait mal à la tête. Et j'avais beau essayer aussi de me détacher de lui au cas où cet homme serait Trévor, mais je n'y parvenais pas. Il suffisait que j'entende le son de sa voix ou plonge dans ses iris pour ne voir que Rick. Et il en était de même pour la femme. Etait-elle réellement Shirley ou je l'imaginais parce que je voyais Rick ? Ne pouvait-elle pas être la collègue de Bradford qui avait disparu en même temps que lui ?... Seigneur ! Avec toutes ces interrogations, ma tête allait finir par exploser… Je jure, si je n'étais pas celle le vivant, je pourrais penser que tout cela n'était qu'une autre des histoires farfelues de mon acolyte. Et, pas pour la 1ière fois, j'étais surprise qu'il n'ait encore fait aucune remarque sur ça. Et c'était également dans ces moments-là que les doutes étaient plus fort, car le Castle que je connaissais aurait plongé tête la 1ière dans ce scénario insolite et se serait fait un plaisir de m'abreuver avec toutes sortes de raisons plus invraisemblables les unes que les autres…..

Lorsque je fais mon retour, après avoir séché mes larmes, je vois Rick sur le point de parler

-« On en rediscutera plus tard. » Lui dis-je en sachant pertinemment qu'il pourrait n'y avoir aucun plus tard. Et avant de m'éloigner mais également poussée par la curiosité, je finis par poser la question qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps

-« Castle ? Pourquoi n'as-tu pas fait une seule théorie depuis que tout ça a commencé ? »

-« Comment ça ? »

-« D'habitude, dès que l'on a un cas bizarre, tu pars dans des scénarios loufoques impliquant la CIA, les petits hommes gris ou le monde fantastique… Mais là, rien. Pourquoi ? »

-« Je ne sais pas... Peut-être que mon cerveau est trop fatigué pour concevoir une bonne théorie ou peut-être que je ne … » Il s'interrompt subitement avant de rebondir sur le début de la conversation « - Mais si tu veux vraiment que je le fasse et que tu me donnes quelques minutes, je pourrais probablement t'en trouver une belle. » Finit-il avec un petit sourire forcé.

Pas besoin d'être devin pour comprendre la fin de sa phrase laissée en suspens * Ou peut-être que je ne suis pas Richard Castle*

Une boule énorme s'installe dans ma gorge à cette idée. Je la déloge rapidement avec quelques puissantes déglutitions avant de répondre avec un sourire incertain

-« Fais donc ça. Pendant ce temps, je vais chercher un moyen de se barrer de ce trou pourri. »

Mettant mes pensées et mes questionnements dans un coin de ma tête pour plus tard, si l'occasion m'en est donnée, je fais le tour de la chambre en passant ma tête par chaque ouverture pour voir de quelle façon nous pourrions sortir de là, mais aussi pour m'assurer qu'il n'y a aucun danger proche. Après plus de 10 mn de recherches et observations minutieuses dans la semi obscurité, je finis par apercevoir à plusieurs mètres de notre position un groupement de voitures. Tout en évaluant la distance à parcourir et les risques encourus de sortir à découvert en pleine nuit, au cas où nous ne serions pas vraiment seuls, un plan se dessine dans ma tête. Et lorsque celui-ci est bien formé, je fais à nouveau face à Rick prête à le mettre en action.

-« On doit partir. Maintenant. »

-« Comment ? »

-« On va prendre une voiture. Nous sommes à 11 Km de Kaboul. Nous en aurons pour 30 mn voire 1 heure tout au plus. Vous serez alors en sécurité et tu pourras rentrer à la maison. »

-« Kate, je ne suis pas en état de voyager et elle est épuisée également.» Explique-t-il en lançant une œillade vers la femme toujours endormie « -On y ar… »

-« Tu ne vas pas abandonner maintenant, tu y es presque. Pense à Lex et ta mère. Elles ont besoin de toi. J'AI besoin de TOI... Tu ne peux pas vivre sans moi et bien moi non plus je ne peux pas vivre sans toi. Chaque jour loin de toi me tue un peu plus. Et c'est ma faute. Tout est de ma faute… Si je t'avais laissé entrer complètement, tu ne serais pas parti. Si je t'avais dit que je t'aimais, on serait en sécurité au loft. On serait heureux. Et je… je… » Déclarais-je alors que des larmes d'amertume roulaient sur mes pommettes et que ma voix se brisait aux images de moments perdus que mon esprit me montrait.

-« Kate… »

-« NON ! Tu sors tes fesses de ce lit et tu vas à Kaboul. Sinon, je te jure que je prends le 1ier avion et une fois que je t'aurai retrouvé, je te trainerai par les cheveux s'il le faut mais je te ramènerai auprès de ta famille… COMPRIS ? » Terminais-je avec fureur, frustration et angoisse…

Après quelques secondes de silence, je redresse la tête. Et quand mon regard tombe sur le corps allongé sur le lit, la réalité me frappe durement. Je viens de verser une partie de mon cœur à un homme qui pourrait en être un autre.

La honte et la tristesse remplacent rapidement mes sentiments précédents.

C'était effrayant la rapidité avec laquelle je perdais le contrôle de mes émotions quand j'entendais un soupçon d'hésitation ou de renonciation dans sa voix.

Gênée, je baisse mon regard vers le sol attendant qu'il dise ou fasse quelque chose.

Le bruissement de draps que l'on déplace m'indique qu'il est entrant en action. Je relève la tête en évitant consciencieusement de croiser son regard et le vois se décaler sur le côté pour faire face à la couchette de la femme

-« Euh... Shirley ? Vous… vous devez vous réveiller. Nous devons nous en aller d'ici. »

Aucuns sons ou mouvements ne viennent du lit.

-« Kate ? Tu dois lui parler. »

Je remercie silencieusement le ciel qu'il est décidé de laisser tomber le sujet avant de rétorquer

-« Je ne peux pas la toucher. Je doute donc qu'elle puisse m'entendre. »

-« OH ! »

Il se redresse entièrement puis sort lentement du lit pour aller s'installer auprès de la blondinette

-« Shirley ? Réveillez-vous. On doit partir. » L'informait-il tout en passant sa main droite sur sa tête et sa gauche sur son bras. »

-« Mmmm. » Viens enfin la réponse.

-« On doit rejoindre Kaboul puis l'ambassade. Alors nous serons en sécurité et on pourra nous soigner. »

-« Ka… boul ? »

-« Oui. Je ne sais pas où nous sommes exactement, mais Kaboul n'est pas loin. »

-« Com… ment le savez-vous ? » Lui demande-t-elle d'une voix sonnant toujours endormie.

-« Je… euh… je….. Pendant que vous vous reposiez, je suis parvenu à me trainer jusqu'à un des trous dans la bâtisse et à regarder au dehors… Et… et j'ai reconnu le nom de Kaboul… On est à 1 10aine de Km de la ville. » Lui expliquait-il tout en continuant ses va et vient sur son bras et le haut de sa tête pour la faire sortir de son état d'assoupissement.

Quand il avait commencé à expliquer ce qu'il avait soit disant découvert, sa tonalité vocale avait légèrement changé. C'était subtil, mais c'était là. Et je connaissais cette voix... Même si je ne me souvenais pas encore où, je savais que je l'avais déjà entendu... Et pendant que je l'observais lui dire qu'il s'était trainé vers une ouverture dans les murs, je parviens enfin à mettre un nom sur cette inflexion… La culpabilité… Et c'est exactement ce que j'avais entendu, malgré sa colère, dans son intonation après sa confession fortuite pendant notre dispute. Il culpabilisait. Il avait culpabilisé pendant des mois de ne pouvoir me dire la vérité. Mais pour ma protection, il avait vécu avec même si ça le rongeait et se doutait de ma réaction. Il avait été prêt à me perdre si ça voulait dire que je restais en vie... Alors que je le voyais essayer de se relever, tout ce que je lui avais fait subir tout au long de ces années me percute de plein fouet me rendant écœurante. Alors que beaucoup auraient pris leurs jambes à leurs cous pour moins que ça, Rick, lui, était resté contre vents et marées… Et c'est ce moment que choisit mon côté optimiste pour me dire que peut être Rick est vraiment Rick. Et, pour la 1ière fois depuis la mort de ma mère, je priais. Priais pour que lorsque toute cette histoire étrange serait terminée, ce ne serait pas la fin pour Rick et moi mais bien un nouveau commencement. Parce que si la chance m'était donnée de le revoir, je ferai tout dans ma puissance pour lui rendre tout l'amour qu'il m'avait donné et jamais, au grand jamais, je ne le laisserai à nouveau s'éloigner de moi.

Quand Castle réussi à se maintenir debout, je me rapproche de lui, passe mon bras autour de sa taille et lève la tête pour le regarder

-« Je ne peux pas t'aider avec Shirley. Alors, je vais supporter ton poids pendant que tu la soutiendras. Je sais que ce ne sera pas aisé, mais c'est le mieux que l'on puisse faire. »

-« Kate. Je suis plus lourd que toi et en plus tu devras subir le poids de Shirley. Tu ne tiendras pas le coup longtemps. »

-« Ca… »

-« A qui parlez-vous ? » Nous coupe la jeune femme qui se trouve maintenant sur son dos et qui dévisage Rick.

-« A Kate » Réplique Castle sans même détourner son regard de moi.

-« Il n'y a personne ici. »

-« Quoi !? »

Castle regarde de l'une à l'autre la bouche ouverte à plusieurs reprises et malgré la situation, je ne peux retenir mon rire

-« Ce n'est pas drôle. » Fait-il la moue.

-« Je ne peux pas la toucher et ne peux pas être entendue… Tu t'attendais vraiment à ce qu'elle puisse me voir ? »

-« Alors quoi !? Je ne peux plus te parler ? »

-« Dit-lui que tu as une amie imaginaire. » Lui conseillais-je en faisant une petite pose dans mon moment de ravissement.

-« Pour qu'elle me prenne pour un fou ? Non merci.»

-« Parce que tu crois que tu n'en a pas déjà l'air en ce moment ?… Regarde la tête qu'elle fait. »

Il fait comme demandé et aux yeux ronds comme des soucoupes et la bouche ouverte dans un 'O' silencieux de Shirley, les épaules de Rick tombent.

-« Génial ! » Marmonne-t-il dans sa barbe…

Il redresse ensuite la tête pour rencontrer à nouveau le regard de la malade

-«Je ne suis pas fou… C'est juste que je m'ennuyais et n'ayant rien à faire de mieux, je me suis en quelque sorte crée une amie imaginaire... J'avais aussi un ami mais il parlait trop. Alors je lui ai cloué le bec. » Termine-t-il avec un sourire timide tentant du mieux possible d'emprisonner le rire qui menaçait de s'évader. Et le fait que je me tenais à ses côtés pliée en 2 d'hilarité, ne l'aidait pas à garder son sérieux. A travers mes larmes, je distingue le visage de la femme se détendre et un sourire se former sur ses lèvres…

Une fois calmée, avec mon aide, Rick fait sortir Shirley du lit. De là, à la vitesse d'un escargot, nous nous dirigeons vers la sortie de la maison. L'avancée dans le couloir est assez facile, par contre lorsque nous arrivons devant les marches d'escaliers, il est très vite visible que la descente ne va pas être aussi simple. D'une part la cage d'escaliers est très étroite et ensuite, les marches sont très raides. Mais la plus grande difficulté sera de parvenir à tenir tous les 3 côtes à côtes, car dans l'état actuel des choses, aucuns des deux n'est capable de descendre les escaliers sans aide.

Je lève la tête pour remarquer que Rick me fixe et dans son regard fiévreux, je constate que ses pensées ont pris le même chemin. Je lui donne un petit sourire d'encouragement puis resserre mon bras autour de sa taille

-« Prêt à faire la descente de ta vie writer boy ? » Le questionnais-je goguenarde.

Il ne donne aucune réponse. Il se contente de me scruter avec une expression à la fois troublée et perplexe avant d'inspirer lentement et de raffermir son emprise autour de la jeune femme…..

4 marches descendues que déjà mes muscles me font mal de devoir supporter le corps des 2 personnes m'accompagnant. Et il y a Rick qui souffle bruyamment comme s'il venait de courir le marathon de New-York et la femme qui navigue entre l'éveil et la somnolence. La descente était au-delà de difficile, elle était périlleuse. Un faux pas et les 2 finiraient étalés au bas des escaliers et j'osais à peine imaginer les dégâts que la chute provoquerait sur leurs corps déjà malmenés. Je m'empresse de supprimer les images qui apparaissent devant mes yeux avec une secousse discrète de ma tête avant de serrer les dents contre la douleur hurlant dans mon corps et, avec toute la force qu'il me reste, je conduis le duo vers la délivrance…..

Avant d'ouvrir la porte qui donne vers l'extérieur, je jette un coup d'oeil sur le binôme et voyant la souffrance sur leurs visages ainsi que la fatigue, je décide de leurs donner une pause. Qui sans mentir me sera tout autant profitable car je ne sens plus mes bras et mon dos est en fusion

-« Rick, vous devez vous reposer. On n'y arrivera pas sinon. » L'informais-je, laissant volontairement de côté ma propre douleur.

-« Tu vas bien ? » S'enquiert-il après avoir assis Shirley, plus ou moins éveillée, dos au mur.

-« T'inquiètes pas pour moi. J'ai connu pire. » Répondais-je avec un sourire rassurant à son encontre. Mais en croisant son regard, j'avais la certitude qu'il avait eu la même pensée que moi lorsque j'avais dit avoir connu pire… Son esprit était reparti à ce jour de Mai lorsqu'une balle m'avait atteinte en pleine poitrine… Malheureusement, je ne pu me complaire dans ce moment car une voix me chuchotait

Le lis-tu réellement ou bien es-tu le lisant car tu le souhaites ?

Rien de pire que sa conscience pour briser vos illusions et vous ramener durement sur terre. Et même si cela faisait mal, une partie de moi savait que c'était vrai. J'avais beau tout faire pour agir comme l'homme me faisant face était Rick mais il y avait une possibilité pour qu'il soit un autre. Après un dernier regard dans sa direction, j'allais m'asseoir sur les marches en bois. Il fit de même mais alla s'adosser contre la porte, s'installant ainsi entre nous 2…..

Je savais que c'était insensé de ma part de traiter l'homme comme s'il était Rick. Mais le fait qu'il lui ressemble et que c'était sa voix que j'entendais… Oui, oui, je sais ce que vous allez dire* N'es-tu pas voyant son visage et entendant sa voix parce que c'est ce que tu désires ?*… Me donnais l'espoir que peut-être, par un grand miracle, il était toujours en vie quelque part et pourquoi pas juste devant moi. Je m'y accrochais désespérément car je n'étais pas prête à le perdre pour toujours. Appelez ça reculer pour mieux sauter, mais je n'étais pas mais alors pas du tout dans l'optique de vivre une vie entière sans lui dans elle. Et tant qu'il y aurait une minuscule, voire microscopique chance qu'il soit vivant, je continuerai à espérer. Qu'on me montre son corps et alors, seulement alors, j'accepterai de faire mon deuil.

-« Crois-tu que je sois Rick ? »

La question, faiblement posée, brise le silence qui s'était établi. Je le fixe quelques secondes avant de rétorquer

-« Je ne sais pas. Je veux y croire… Mais je ne suis pas de celles qui croient aux fantômes, aux anges, à la réincarnation, à… à toutes ces choses surnaturelles. Je suis une cartésienne. J'ai besoin de preuves, de concret pour pouvoir expliquer ce que je ne comprends pas. Pour moi, toute question ou problème a forcément une réponse tangible. Je ne pe…»

-« Je trouve ça triste. » Me coupe-t-il d'une voix chagrinée.

-« Pourquoi ? »

-« Crois-tu en l'amour ? »

-« Evidemment ! » M'exclamais-je ne saisissant pas où il voulait en venir.

-« Pourtant on ne peut pas le voir. Il n'est pas palpable. Ce n'est qu'un sentiment. Il n'y a aucune preuve effective qui confirme son existence et pourtant tout le monde y croit. Et il y a son contraire. Malgré plusieurs écrits et preuves matérielles, beaucoup ne croient pas en Dieu. Pourtant, dès que quelque chose ne va pas dans leurs vies, ils s'en prennent à lui ou le prient... Je ne sais pas si je crois en Dieu mais j'aime à penser qu'il y a plus. Pourquoi vouloir absolument expliquer l'inexplicable ? Pourquoi rejeter la réalité des anges parce qu'on ne les voit pas ? Pourquoi faudrait-il à tout prix prouver leurs existences pour commencer à y croire ?... A mes yeux, une vie sans mystère et croyance serait affreusement morne. Mais bon, ce n'est que mon avis. Chacun est libre de croire ou pas en ce qu'il veut. »

Je ne savais pas quoi dire. Ni comment réagir... Indirectement, il venait tout de même de remettre plus ou moins en question l'amour que j'avais pour mes proches. Mais pire, comme il l'avait si bien dit, à la mort de ma mère, j'avais exactement eu la réaction des gens qui s'en prennent à Dieu quand une catastrophe survenait dans leur vie. Et je n'ét…

-« Si ce que tu m'as dit c'est vraiment passé que je ou qu'il est mort ou seulement porté disparu, tu dois continuer à avancer. Tu ne dois pas chercher à retrouver les coupables ni à savoir ce qu'il s'est produit. Ca n'en vaut certainement pas la peine. Tu ne peux pas laisser cette tragédie définir ton avenir. Rest … »

-« Comment pourrais-je poursuivre avec ma vie alors que l'homme que j'aime pourrait être encore en vie ? Comment pourrais-je faire face à Alexis et Martha si j'abandonne les recherches ? » Objectais-je oubliant instantanément mon dépit de plus tôt pour ressentir un profond anéantissement à la simple notion de ne plus jamais revoir Rick.

-« Si tu… Attends une seconde ! Tu m'as dit que cette femme et cet homme avaient pu traduire ce que tu avais écrit pas vrai ? »

-« Oui et je… »

-« Pourquoi n'ont-ils pas envoyé quelqu'un pour nous retrouver ? Il aurait pourtant été facile de contacter l'ambassade et de leurs expliquer la situation. »

A mon plus grand embarras, je me rends compte que cette idée ne m'avait pas une seule fois traversée l'esprit… Mais à ma décharge, entre l'angoisse d'avoir perdu l'homme de ma vie, ma fatigue, mes douleurs et mes va et vient dans l'éveil et le sommeil, je n'étais pas en état de réfléchir correctement. Mais il avait aussi un point. Rien ne disait que l'ambassade n'avait pas été prévenue. Peut-être que finalement, partir était une erreur. Qu'il suffisait d'attendre. Que quelqu'un ne tarderait pas à apparaître… Ou personne n'y avait pensé car eux même étaient plus préoccupés par ton état. Se fait l'avocat du diable ma voix intérieure.

-« C'est possible, mais on ne peut pas risquer de rester plus longtemps ici. Quelqu'un pourrait revenir et ce pourrait être les mauvaises personnes. »

-« Et on ne voudrait pas que ça se produise. » Répondait-il avec une grimace.

-« Exactement… Te sens-tu prêt à continuer ? »

-« J'ai mal partout mais on ne peut pas attendre plus longtemps. »

Il se relève et s'avance vers Shirley avant de la saisir par le bras et de la remettre sur ses pieds. Je me précipite à ses côtés et le soutiens pendant qu'il aide la jeune femme à rester stable. On fait alors les quelques pas qui nous séparent de la porte d'entrée puis je pose ma main sur la poignée et la tourne avant de la tirer vers nous.

Les amis et la famille étaient partis et le changement de garde avait été effectué sans que l'occupante de la salle ne s'en aperçoive. L'effervescence de la journée avait laissé place au calme, qui n'était interrompu que par les infirmières qui passaient de chambre en chambre pour vérifier le sommeil ainsi que les constantes de leurs protégés… Mais là encore, la jeune femme ne le remarquait pas... Elle, qui était une personne très privée, ne soupçonnait pas qu'elle était devenue le sujet préféré du personnel soignant du service des soins intensifs... Enfin, presque tout le personnel. Justement, l'une d'elles entre dans la chambre. I heure, une infirmière était venue prendre la température de la jeune femme, qui stagnait à 39.7°, et n'avait rien trouvé d'inhabituel. La jeune interne, qui fait sa 1ière garde dans le service, sort son thermomètre auriculaire. En se penchant, elle distingue une légère marque sur le bras droit de la malade. En s'approchant d'un peu plus près, elle découvre que c'est un hématome. Elle ne s'en inquiète pas plus que ça et le noter sur la fiche ne lui traverse pas même l'esprit. Après tout, ce n'est pas la 1ière fois qu'elle voit un malade se blesser dans son sommeil... Oui mais voilà, cette patiente n'est pas ordinaire et il a bien été spécifié sur la fiche de liaison de tout inscrire... Après la prise de température, qui n'a pas bougée, et avoir contrôlée le contenu des poches IV, elle quitte la chambre.

Si elle avait été plus attentive ou avait pris quelques minutes pour lire les annotations de ses collègues, elle aurait agi différemment. Mais surtout, elle aurait remarqué le rictus de douleur intense sur le visage de la brunette. Et aurait ainsi évité à la jeune femme de souffrir jusqu'à la prochaine visite…...

1 heure plus tard, l'aide-soignante qui ausculte Kate repère immédiatement le bleu mais surtout le corps tendue à l'extrême de la patiente. Elle se saisie prestement de la tablette au pied du lit et consulte les dernières entrées... Mais il n'y en a aucune... Pas même la mention de l'hématome. Elle ressort de la chambre et va rejoindre ses collègues dans la salle du personnel.

-« Qui s'est chargé de Mlle Beckett i heure ? » Interroge-t-elle à la cantonade en pénétrant dans la pièce.

-« Kelmer, la nouvelle interne. Pourquoi ? » Répond une blonde rondouillarde vers sa gauche.

-« Parce que la patiente a 1 bleu sur le bras et elle ne l'a pas annoté. Et au vu de sa couleur, il a plus d'1 heure. Et si elle n'a pas pris la peine d'en faire part, qui sait si elle n'a pas oublié autre chose… Personne n'a pensé à la briefer ? »

-« C'est l'interne de Cameron, je suis sûre qu'elle a dû lui parler. »

Serena Cameron ?!... A part chercher à se taper tous les médecins de l'hôpital, le reste, elle s'en tamponne le coquillard. C'est à se demander ce qu'elle fait ici.

-« Où est la nouvelle ? »

-« Elle a pris sa pause. Elle ne devrait plus tarder à revenir. » L'informe une rouquine entre 2 âges tout en buvant son thé.

-« Envoyez la moi dans la chambre de Mlle Beckett quand vous la voyez. » Leur conseille-t-elle avant de se rendre au chevet de la détective…..

Elle termine d'écrire ses observations sur Kate lorsqu'une jeune femme d'à peine 20 ans franchit le seuil de la chambre. Elle reconnait à peine sa présence avant de s'adresser à elle

-« Vous avez lu le dossier de la patiente ? » Lui demande-t-elle sans détour et son attention toujours fixée sur son rapport.

-« Non. »

-« La fiche de liaison ? »

-« Non. »

-« Pourquoi ? » L'interroge-t-elle la colère montant en elle.

Elle a toujours détesté les incompétents. Mais plus que cela, l'état de cette patiente lui tient à cœur. Elle se revoit dans elle. Se souvient de l'impuissance que l'on ressent de ne pouvoir arrêter la peur et la douleur. De ne plus être capable de différencier le vrai du faux. De se demander si finalement la mort ne serait pas préférable.

-« Je… Elle… Elle était ma dernière visite et j'avais une envie pressante et… et je suis désolée. Elle était endormie et elle n'a pas bougé ni réagit quand je suis entrée alors je… j'ai pensé que tout allait bien. Je suis vraiment désolée et… et ça ne se reproduira plus. »

-« Pourquoi ne pas avoir mentionné le bleu sur son bras ? »

-« Je n'ai pas pensé que c'était important. J'avais déjà vu des patients se blesser par accident alors j… »

-« Cameron ne vous a pas parlé de la patiente ? »

-« Pas vraiment. Elle m'a dit de bien faire mon boulot et que tout serait parfait… Je… euh… Est-ce qu'elle va bien ? » Demande-t-elle en observant la personne allongée dans le lit.

-« Maintenant oui… Mais à cause de votre négligence, elle est restée dans la douleur pendant plus d'1 heure. »

-« Je suis dé… »

-«Ce n'est pas à moi que vous devez des excuses… Maintenant asseyez-vous ! » Ordonne-t-elle à la pauvre gamine affligée et soyons honnête, légèrement effrayée par le ton véhément de la femme plus vieille.

Celle-ci s'installe sans un mot sur la chaise près du lit de Kate puis attend.

L'aide-soignante lui tend alors un dossier assez conséquent ainsi que la tablette de soins

-« Etudiez le dossier. Apprenez à connaitre la patiente... » Elle lui présente ensuite *Frozen Heat* de Richard Castle qu'elle a récupéré sur la table de chevet« -Quand vous aurez terminé, vous lui ferez la lecture jusqu'à ce que je revienne vous chercher… Compris ? »

-« Oui Madame. »

Elodie sort de la chambre avant de refermer la porte derrière elle, avec l'intention de ne revenir que dans 1 heure.

Mais ses plans vont être changés

Et le calme sera remplacé par une grande agitation…

4 téléphones raisonneront dans la nuit

Et 7 personnes seront sorties précipitamment du sommeil….

A suivre.

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