Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendance à traumatiser mes personnages.
Titre : Crossroads
Résumé : La vie est composée de chemins qui se croisent. Même la plus petite action peut chambouler la vie de dizaines de personnes sans que l'on s'en rende compte.
Note : Feux-follet a été la première à trouver la solution de mon énigme. Par conséquence, je vais répondre à sa question qui était : est-ce que Léna va finir par se rebeller. La réponse : peut-être pas de la manière dont elle pense. Pour ceux qui veulent plus de détail, j'ai dit que je répondrais, pas que ma réponse allait vous plaire.
Chapitre 14 : Regrets nocturnes.
Maura ouvrit les yeux dans la pénombre. Il lui fallut un instant pour réaliser où elle était et ce qu'elle avait fait. Les souvenirs de cette nuit affluèrent et elle se sentit rougir. Elle savait qu'elle n'avait aucun contrôle d'elle-même sous l'emprise de l'alcool. Alors pourquoi avait-elle autant bu ? La réponse était simple. Parce qu'elle avait peur et se sentait terriblement seule. Maintenant, elle se faisait horreur... Natalia était plus que sa colocataire, elle était son amie. Elle était même la marraine d'Ekaterina et elle venait de… De coucher avec son fiancé. Ça, c'était de l'erreur de première qualité et elle s'y connaissait. Une chance que ses parents avaient quitté New-York avant sa naissance, son comportement les tueraient à coup sûr. Bon, elle devait reconnaître que le fait qu'elle soit encore vieille fille les décevait, mais, ils supportaient le choc. Là, elle venait de trahir une personne qui lui faisait confiance. Par tous les démons de l'enfer, elle se sentait sale.
Elle savait qu'elle avait tendance à perdre le contrôle d'elle-même lorsqu'elle buvait trop. Et elle avait bu trop. Avec un homme pour lequel elle avait encore le béguin. Elle savait que ce n'était pas une bonne idée d'accepter de boire un verre avec lui sans personne pour la surveiller. Si son souvenir était bon, c'était elle qui avait fini par l'embrasser. Mais quelle Dorcus (1) ! Elle méritait des gifles. La bonne nouvelle était qu'il l'avait repoussée gentiment. Alors, la faute n'avait pas été plus loin qu'un baiser. Mais, elle savait qu'elle ne pourrait plus regarder en face Natalia sans le lui dire. Mais si elle lui disait… Une Russe n'est pas le genre de femme à pardonner une offense subie. Et elle avait embrassé Percival. Aux yeux de la blonde, elle avait peu de chances d'être pardonnée.
C'est vrai que son offense était moindre que celle de la belle-famille de la Russe qui l'avait chassée quand elle avait refusé de revenir dans son pays natal. Ou de celle de son père qui l'avait vendue contre de l'argent. Mais, c'était bien pire. Elle ne l'avait pas trahie pour une question d'argent ou de pouvoir. Elle l'avait trahie de la pire des manières. Elle se mordit la lèvre, prête à rompre la promesse qu'elle s'était faite en se réveillant d'arrêter de boire, mais, elle se retint. Il fallait qu'elle accepte de vivre avec les conséquences de ses actes. Il fallait qu'elle arrête de foncer dans les problèmes pour ensuite reprocher au monde d'être trop injuste. Elle le savait. Mais, il y avait cette part d'elle qui murmurait que c'était bien plus facile que d'accepter d'être tout sauf parfaite.
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Échange de mots entre Turquoise-Rose Oldfox et Ekaterina Lejova en cours de Divinations.
Kaya, tu as une petite mine. La solitude ne te réussit pas. TR
Mêle-toi de tes affaires, Rosie. E
Vu que non seulement nous sommes amies, mais qu'en plus, nous partageons la même chambre, ton état de santé me concerne. Sans oublier que tu as d'immenses cernes sous la poudre que tu as mis pour les cacher. Ta mère sait-elle que tu as du maquillage ? TR
Non. Et ne songe même pas à utiliser cette information contre moi. Si ma mère l'apprend, je suis bonne pour un aller simple pour le couvent le plus proche. Elle a gardé quelques réflexes de ma grand-mère. Avant que tu demandes, elle était une non-maj' et chrétienne orthodoxe fervente. Paix à son âme. E
C'est vrai qu'elle est née en Russie. A-t-elle déjà parlé de sa vie là-bas ? TR
Juste pour me dire qu'en Sibérie, il fait froid et qu'il était hors de question que je mette un jour un orteil à Durmstrang. Et qu'elle n'avait aucune envie d'y retourner même une seule heure. Pourquoi abordes-tu le sujet ? E
Pour rien. J'ai un cousin qui travaille aux relations internationales. Je sais que des sorciers américains sont allés en Europe de l'Est. TR
Comment va Léna ? E
Super changement de sujet, j'en conclus que tu le savais aussi et vu que tu es au courant, Léna doit également le savoir, ce qui veut dire que cela concerne au moins l'un de vos parents. Plutôt monsieur Graves vu que ta mère était en train de participer à un congrès à cette date. C'est donc un truc d'aurors, donc, il ne faut pas en parler, message reçu. Pour répondre à ta question, elle va mieux que toi. Arrête de faire l'enfant et va lui parler. Tu lui manques, elle te manque. Ça se voit comme un nez au milieu de la figure. Sans oublier que vous vous faites toute deux un sang d'encre pour son père. Elle parce qu'il l'a élevée, toi, parce que c'est ce qui est le plus proche pour toi d'une figure paternelle. TR
Maintenant, je sais qui aller voir si c'est besoin d'une séance pour analyser mes pensées. E
Tu me rembourseras en me lisant l'avenir. TR
Ne te moque pas, la divination est une véritable science. E
Dixit la fille qui a tiré les cartes pour savoir comment s'habiller ce matin. TR
Elles disaient qu'il allait pleuvoir, et il pleut. E
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Kaya se réveilla. Elle regarda autour d'elle. Des deux filles avec qui elle partageait cette chambre, seule une dormait dans son lit. Elle prit sa robe de chambre et descendit dans la salle d'études. Bien entendu, elle y était. Elle aurait voulu avoir fait erreur, mais elle la connaissait trop bien. Elle n'était pas du genre à avouer qu'elle allait mal, mais, il y avait tout un tas de signes qui le montraient si on y prêtait attention.
Selena s'était endormie sur son devoir. Cette image serra le cœur d'Ekaterina. Elle ne pouvait pas reprocher à Turquoise-Rose de l'avoir laissé faire. Comment l'amérindienne aurait-elle pu savoir que Graves pouvait s'épuiser juste pour être à la hauteur de ce que l'on attendait d'elle s'il n'y avait personne pour l'en empêcher ? Comment pouvait-elle savoir que Selena était morte de peur à l'idée de ne pas être à la hauteur de ce qu'on espérait d'elle ? Comment aurait-elle pu savoir à quel point elle espérait être libre, mais se l'interdisait ? Elle ne le pouvait pas parce que Léna ne montrait jamais à quel point elle pouvait être fatiguée une fois que le week-end venait. Avant, Kaya était là pour l'obliger à s'arrêter… Maintenant… Maintenant, elle n'avait plus personne de suffisamment proche ici pour la voir réellement et ne pas se laisser abuser par le masque qu'elle portait. Kaya mit une couverture sur les épaules de Léna. Ce n'était pas parce qu'elles étaient fâchées qu'il ne pouvait pas y avoir d'amitié entre elles. Elle eut un instant d'hésitation avant de déposer un baiser fraternel sur sa joue.
Elle s'apprêtait à tourner les talons lorsqu'elle réalisa quelque chose. C'était un devoir de potion sur lequel Léna s'était endormie. Elle rassembla quelques affaires et commença à travailler sur un complément au brouillon. Elle savait que c'était stupide, que par principe Selena ne l'utiliserait même pas, mais… Mais, c'était une perte de temps. Alors, elle arrêta. Elle rangea les affaires qui traînaient. Ekaterina se sentait responsable de la situation. Elle savait que Selena lui reprocherait rien. Ce n'était pas son genre. Cela rendait la situation encore pire. Léna se redressa légèrement. Kaya savait que c'était trop tard pour filer.
-Je suis désolée, murmura Selena. Je suis…
-Fatiguée ? Proposa Kaya. C'est normal.
Kaya savait pourquoi Léna s'excusait. Elle avait sans doute pensé à une réplique pour la repousser. Ce qui était normal au vu de la situation. Elle se mordit la lèvre au sang. Elle aurait voulu pouvoir lui dire que c'était fini, qu'elle revenait à ses côtés. Que même si elles n'avaient pas les mêmes parents, elles étaient sœurs. Mais, aucun mot ne sortait de sa bouche. Tout ce qu'elle entendait, c'était le silence de Selena qui disait à quel point elle lui manquait et à quel point elle se sentait seule même s'il y avait toujours quelqu'un pour lui tenir compagnie. Elles se regardèrent droit dans les yeux avant de briser le contact au même instant. Ce silence était trop pesant, trop plein de regrets et de non-dits, d'amertume. Elles n'avaient pas besoin de mots pour entendre tout ce qu'elles avait à se dire. Elles n'avaient pas besoin de mots pour remémorer leurs projets communs détruits par quelques mots de trop. Elles n'avaient qu'à se regarder pour voir que l'autre était au bord des larmes. Pourtant, elles ne bougeaient pas et ne faisaient pas le moindre geste l'une vers l'autre. À cet instant, la vérité les frappa en pleine face : il était plus facile de faire comme si de rien n'était que de demander pardon. Léna rangea ses affaires, eut un moment d'hésitation en passant près d'elle, puis retourna dans le dortoir.
Kaya attendit d'être sure que son ancienne amie était recouchée sans d'aller se rendormir. Elle n'aimait pas ce qui se passait. Sa mère lui avait envoyé un livre avec un mot. Rien sur sa situation avec Selena. Natalia ne pouvait pas ne pas être au courant. Elle travaillait avec des gens qui avaient des enfants à Ilvermorny. Quelqu'un avait forcément dû lui en parler. Si elle ne faisait aucune réflexion sur ce sujet, c'était qu'elle voulait laisser faire. Hors, ce n'était pas son genre. Sa mère n'était pas le genre de personne qui abandonnait facilement au sujet des choses importantes. Hors, son amitié avec Léna était plus qu'importante. Il fallait qu'elle arrange les choses. C'est juste qu'elle ne savait pas comment. Sans faire de bruit, elle se releva et écrivit une lettre à sa mère pour lui demander conseil.
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Grindelwald reposa la lettre qui avait été envoyée à Natalia Lejova le matin même. Il ne connaissait pas assez la potionniste pour pouvoir y répondre. Que dit-on à une gamine qui pleurniche ? Il n'en avait aucune idée. Il n'avait jamais su gérer les fillettes dès qu'elles se mettent à chouiner. Il pouvait faire des choses horribles sans sourciller. Il était un méchant mage noir, et un vrai. Oui, madame. Mais une fillette qui pleure… Il ne savait pas comment faire. Il ne pouvait même pas lui mettre sa main dans la figure pour la faire taire, il aurait l'impression eu de frapper un boursouf. Il savait que c'était pathétique. Il pouvait aussi bien tuer homme que garçon. S'attaquer à des femmes ne lui posait pas de problème. Lui ou ses hommes torturaient des gens régulièrement. Mais, les petites filles en larmes… Non. Il faut croire que même lui avait des limites. Tout ce qu'il fallait, c'était que personne s'en rende compte.
Tant que sa faiblesse ne serait pas connue, personne ne songerait à l'utiliser contre lui. Il n'avait pas menti à Graves quand il lui avait dit qu'il veillerait sur sa fille s'il devait rester suffisamment longtemps dans le coin pour devoir le faire. Il avait juste omis de dire qu'il serait bien incapable de lui faire autre chose qu'une grosse frayeur, sauf si elle se mettait sur son chemin d'une façon ou d'une autre. Et il risquerait même de se le reprocher. Parfois, il détestait sa vie. Ça aurait été bien mieux s'il avait été totalement le monstre décrit dans les journaux. Et bah, non. Il y avait des choses qu'il ne ferait pas parce que même lui pouvait avoir un instinct... paternel? Il ne touchait ni aux bébés, ni aux petites filles, s'il pouvait l'éviter. Et aussi bien Selena Graves qu'Ekaterina Lejova étaient encore des enfants. Certes, il avait déclenché un ou deux massacres… Mais, ces choses arrivaient déjà en Russie avant la Révolution. Il sentait qu'il allait au-devant d'un immense problème. Pour un peu, il se serait frappé la tête contre son bureau. Enfin, celui de Graves père. Mais, ça n'aurait servi à rien et le chêne, ça fait mal.
Pour en revenir à cette Ekaterina… Il allait falloir une bonne raison à sa « mère » de ne pas répondre. Ça tombait bien, il comptait faire son grand retour dans quelque temps pour couvrir ses traces. Il suffisait d'avancer un peu la date et changer le lieu… Oui, c'était ce qu'il allait faire. Il savait qu'il n'avait fait que gagner un petit répit avec Maura O'Brien. Dès qu'elle ne serait plus sous le choc de son propre comportement, elle reviendrait à la charge. À moins qu'elle ne décide d'écrire une lettre à Natalia pour tout lui avouer. En parlant de la potionniste, il pourrait en profiter pour lui parler du fait que sa meilleure amie avait profité de son absence pour draguer son « fiancé », mais, ça serait cruel de sa part. Et il avait encore suffisamment de temps devant lui pour utiliser d'autres méthodes que l'anéantissement total des espoirs sentimentaux de la blonde.
Sans oublier qu'il avait honte de lui sur ce coup-là. Il n'avait aucune hésitation à séduire quelqu'un, mais, là, il avait profité de l'occasion pour créer une situation plus que gênante pour masquer le fait que tous les proches de Graves se retrouvaient éloignés pour une raison ou une autre. C'était peut-être Maura O'Bien qui l'avait embrassé, mais, nettement moins ivre qu'elle, il avait hésité avant l'arrêter. Chose qu'il n'aurait pas dû faire en y réfléchissant. Il savait qu'au point où il en était, c'était un réflexe idiot de se reprocher de ne pas avoir dit non tout de suite à une superbe femme qui voulait coucher avec lui. Mais, ce n'était pas lui-même qu'elle voyait. Elle pensait qu'il était Percival Graves et elle avait bien trop bu pour réfléchir correctement. Il avait mal agi et il en était conscient. Il lui avait fallu une partie de la nuit pour se trouver des excuses qui lui semblaient bien fades.
Maura était belle, elle était intelligente et au fond d'elle, elle se sentait seule. Certes, elle flirtait à tout-va, mais, c'était une façon pour elle de faire comme si tout allait bien. Ce qui était faux. C'était une femme malheureuse au cœur brisé qui avait aimé deux hommes dans sa vie. Le premier, elle l'avait perdu à cause de sa famille et il avait refait par deux fois sa vie sans elle. Son second amour était mort. Ces peines la rendaient faible. D'habitude, il avait en horreur les plus faibles que lui, mais, là, il comprenait. Il comprenait parce que lui aussi avait aimé quelqu'un et l'avait perdu. C'était sans doute pour ça qu'il répugnait à jouer avec les nerfs de cette femme. Il allait demander à son espion au sein du MACUSA de le faire pour lui, comme ça, le travail serait fait et il se concentrerait sur quelque chose de plus important.
(1) Un Dorcus est un mot d'argot désignant une personne idiote ou inepte.
Je sais. Je n'ai pas pu m'en empêcher. Mais personne n'est tout blanc ou tout noir. Même les mages noirs peuvent avoir des remords quant aux méthodes qu'ils utilisent. Ce qui ne les empêche pas d'être des salopards complets quand même.
