*poste vite fait ce chapitre et part loin parce qu'elle avait dit qu'elle publierait rapidement*
Bonne lecture, et merci aux nouveaux lecteurs, ainsi qu'aux fidèles qui suivent cette histoire depuis déjà un bon bout de temps.
« Je me sens nulle part aussi étranger que dans ma famille et dans mon pays »
Vincent van Gogh
Le silence régnait dans la pièce depuis que James, Lily, Remus et Peter en étaient sortis. Tally se demanda ce qu'il convenait de dire à l'homme qui l'avait abandonnée alors qu'elle portait son enfant. Où était passé le légendaire courage des Gryffondors ? Elle se leva difficilement pour aller poser Théo dans son berceau.
« J'ai raté ton anniversaire. » lui dit Sirius.
Elle ne releva pas. C'était un constat. Il connaissait sa date d'anniversaire. Alors, pourquoi répondre ?
« Je t'ai apporté des fleurs. Des roses blanches. » poursuivit-il.
Encore une fois, elle ne répondit pas. Elle refusait de le regarder. Elle aurait voulu faire comme s'il n'était pas là. Elle lui en voulait, énormément. Elle refusa de relever. Elle pensa à cet instant que Lucius lui avait menti, et se demanda pourquoi. Le jeune homme lui avait régulièrement rendu visite pendant sa grossesse. Il savait où était sa mère, il tentait de la délivrer. Sans succès.
« Tu comptes m'ignorer longtemps ? »
« Oui. » répondit-elle simplement. « Aussi longtemps que je le peux. »
« Bien. »
Il déposa les fleurs et fit un pas vers le berceau.
« Ne t'approche pas. »
Talhiana se dressa entre lui et son fils, une lueur farouche dans les yeux, comme si elle allait exploser d'une minute à l'autre.
« C'est mon fils. » tenta-t-il.
« Ton fils ? Sûrement. L'enfant dont tu vas t'occuper toute ta vie ? Pour rien au monde. »
« Mais… »
« Écoute, Sirius. Je veux que tu t'en ailles. Retourne là où tu étais, pars, le plus loin possible de Théo et de moi. Je ne veux plus te voir. » lui assena Talhiana.
Le jeune homme avait l'impression qu'on lui enfonçait un pieu dans le cœur. Il comprenait à présent que le choix qu'il avait fait près de huit mois plus tôt n'était pas le bon.
« Je suis parti pour vous. »
« Parti pour nous ?! » ricana Tally. « Bien sûr ! C'est évidemment la meilleure manière de s'occuper de nous. Me laisser supporter une grossesse seule. Tu sais ce que j'ai subi ces huit derniers mois, sans toi ? » Sirius secoua la tête. « Les nausées matinales. Les regards en biais, les rumeurs, la crainte de voir mon père arriver et me tuer. Les contractions, les crises de nerfs, les pleurs. J'ai souffert. Et toi, qu'as-tu fait pendant ce temps-là ? »
Son ton était calme. Sirius pensa à cet instant qu'elle était le portrait craché de son père. Elle lui faisait peur. Il sentait l'air devenir électrique autour de lui tant sa magie saturait la pièce. Il ne savait plus quoi faire. Devait-il repartir ?
« Je… »
« Non. En fait, je ne veux pas le savoir. Je veux que tu sortes de ma vie. » Talhiana se détourna. « Maintenant. » ajouta-t-elle.
C'est ce qu'il fit. Il ne tenta pas de plaider sa cause auprès de la femme de sa vie. Il ne tenta pas de la récupérer, ni même de voir son fils, de pouvoir le tenir dans ses bras. Tout ce qu'il fit, c'est partir. Il passa sans un mot devant ses amis. James l'appela mais il ne répondit pas. A quoi bon ? Il avait tout perdu.
oO0o0Oo
Manoir Jedusor, cachots…
Depuis combien de temps était-elle là ? Natalie Jedusor n'était que le pâle reflet de la magnifique femme qu'elle avait été dans sa jeunesse. Sa beauté l'avait quittée en même temps que son envie de vivre.
Si elle avait su que cela faisait 17 ans qu'elle était dans cette cellule, elle en aurait pleuré. Elle l'avait supplié de la tuer, mais il ne l'avait jamais fait. Il l'avait torturé, il l'avait violé, il l'avait battu comme un vulgaire moldu. Elle n'avait pas tenté de se rebeller. Qu'aurait-elle pu faire face à lui ? Elle lui avait un jour donné un enfant. Il portait le nom de Nathan. Il le lui avait pris et l'avait éloigné d'elle. Elle se demandait si elle le reverrait un jour.
Beaucoup se demandent comment elle a pu en arriver là, elle qui était si aimée par Tom Jedusor. La réponse tient en un mot : adultère. Pourquoi ? Parce que Talhiana n'était pas la fille de Tom. Elle n'avait passé qu'une seule nuit avec un autre homme que son mari, et elle était tombée enceinte. Elle pensait qu'il ne le découvrirait jamais, puisqu'elle aurait dû mourir de son cancer quelques jours après la naissance, mais il l'a appris. Alors, il a cherché un moyen de la sauver de son cancer, pour pouvoir la torturer toute sa vie. Chaque fois qu'il vient la voir il lui affirme qu'il l'aime, mais elle n'y croit plus. Quelle définition avait-il du mot « amour » ? L'amour, c'était ce qu'elle ressentait pour ses enfants, Talhiana et Nathan, qu'elle n'avait pas eu le bonheur de voir grandir. Elle espérait seulement qu'ils allaient bien, qu'ils n'avaient pas trop grandi en son absence, et qu'elle les reverrait un jour. Mais elle savait que tout cela n'était que de faux espoirs.
Elle entendit le bruit de la porte qui menait aux cachots. Elle se roula en boule dans un coin du cachot, comme une pauvre bête trop souvent battue. Elle entendit des pas qui venaient vers elle. Elle trembla. Une chevelure blonde apparut alors. Si ce n'était pas son mari, c'était un de ses partisans venu tester un sort sur elle puis la soigner pour pouvoir recommencer. Elle trembla de plus belle.
« Madame Jedusor ? »
C'était un homme qui se tenait debout devant sa cellule, sa voix rebondissait sur les murs. Comme elle ne répondait pas, il ouvrit la cellule à - « Alohomora » - et entra. Il s'approcha d'elle et la toucha.
« Ne me touchez pas ! Ne m'approchez pas ! » hurla-t-elle.
oO0o0Oo
Lucius eut le cœur brisé de voir cette femme dans un état pareil. Le Maître avait raconté partout que c'était pour elle qu'il se battait contre les moldus, pour la venger, alors qu'il n'en était rien. Elle n'était pas morte, mais il se doutait qu'elle aurait préféré l'être.
« S'il vous plait, Madame, ne criez pas ! Je vais me faire repérer. » chuchota-t-il.
Comme elle ne se taisait pas, Lucius décida de lui jeter un stupéfix. Il aurait le temps de s'en excuser plus tard. Il fallait qu'il la sorte de là. Il la prit dans ses bras et sortit du manoir sous une cape d'invisibilité. Si quelqu'un perçut sa présence, il n'en émit pas le doute à haute voix. Il sortit, avant de transplaner au Manoir Malefoy. Il installa la femme dans une chambre d'ami et demanda à ses elfes de s'occuper d'elle. Il devait aller voir Talhiana et lui offrir le plus beau cadeau de naissance pour son fils.
Arrivé à Pré-au-Lard, il emprunta le passage de HoneyDukes pour rentrer dans Poudlard. Il se dirigea silencieusement parmi les couloirs jusqu'à arriver aux appartements de la jeune fille, toujours caché sous sa cape. L'accouchement avait eu lieu deux semaines auparavant, mais il n'avait pas eu le temps de venir la voir. Il tapa trois petits coups discrets, comme il avait pris l'habitude pour signaler sa présence.
Talhiana ouvrit la porte et il passa rapidement à l'intérieur. Une fois la porte refermée, il enleva sa cape.
« Talhiana. »
« Lucius ! Je suis contente de te voir, je me faisais du souci de ne pas t'avoir vu plus tôt. » le salua doucement la jeune fille.
« J'étais assez occupé. Comment vas-tu ? Et lui, se porte-il bien ? » questionna-t-il.
« Nous sommes tous deux en pleine forme. Veux-tu le voir ? »
« Avec plaisir. »
Elle l'emmena jusqu'à la petite chambre que Dumbledore avait aménagé pour l'enfant. Lorsque Talhiana le prit dans ses bras et le lui donna, il ne put contester qu'il ressemblait déjà énormément à son père.
« Il est magnifique. »
La jeune femme sourit. Elle avait l'air beaucoup plus mature désormais, plus sage.
« J'ai quelque chose à t'annoncer. »
« Je t'écoute » lui dit-elle.
« J'ai retrouvé ta mère. »
oO0o0Oo
Talhiana oublia toutes ses interrogations sur Sirius. Sa mère. Non seulement elle était en vie, mais Lucius l'avait mise en sécurité. Elle appela un elfe de maison et lui demanda de s'occuper de Théo. Ensuite, elle demanda à Lucius de l'emmener voir sa mère.
Se souviendrait-elle d'elle ? Se doutait-elle seulement à quoi elle ressemblait ? Pourrait-elle lui expliquer pourquoi son père l'avait ainsi rejetée ? Que lui dirait-elle ? Mais surtout, dans quel état était-elle ?
Trop occupée à se poser des questions, elle ne remarqua même pas que Lucius l'avait emmené au dehors, fait transplaner et qu'elle se trouvait face à la chambre où était sa mère. Que devait-elle faire ? Lucius l'invita à entrer.
Sa mère était là. Debout devant elle. Amaigrie, l'air bouleversé, apeurée, mais elle était là. Des elfes s'occupaient d'elle, la coiffait, la pomponnait. Elle se tenait face à un miroir. Leurs regards se croisèrent dans celui-ci. C'était une évidence.
« Maman. » dit simplement Tally.
