Lorsque je sortis de la douche, en sous-vêtements, Raphael avait encore un regarde dur.

-Léo. Je suis blessé, vraiment. J'ai envie de partir, là et de je ne sais pas si je reviendrais. Mais, ce week-end est l'occasion pour toi de retrouver ta place dans notre famille. Nous ne pouvons-nous permettre de nous disputer…J'aurai aimé que nous ayions un moment pour chacun de notre côté nous calmer, mais nous n'avons pas le temps. J'ai promis à April et Donatello d'être là à 15h et nous devons passer chercher Mikey. Je vais faire semblant de ne pas être furieux après toi et peut-être que je vais arriver à oublier dans quelques heures ton accusation insensée. En échange, je te demande, pour notre bien-être à tous, d'avoir l'air épris de moi. Et là, peut-être que je te pardonnerais. Mais pour le moment, je n'ai même pas envie de te regarder.

J'étais mort de honte et désespéré. J'avais blessé Raphael et soudainement, me savoir priver de son affection ne serait-que quelques heures me parut insupportable. Je me jetai en sanglotant dans ses bras. Il ne me rendit pas mes caresses. Je l'embrassai, il demeura de marbre, les poings serres. Je compris que Raphael essayant de canaliser sa colère, mais il n'était pas bon à ce jeu. Il devait l'extérioriser tout de suite car plus tard risquait d'être pire. De tout temps, Raph avait aimé se défouler sur moi. Ensuite, il redevenait calme. Cette fois-ci je le méritais. Je me tournai et m'appuya sur le lit.

-Punis-moi, Raphael. Venge-toi de tout ce que je te fais souffrir en une fois, vas-y.

Il ne répondit pas, mais je sentis que sa respiration était légèrement plus saccadée. Durant ma dernière journée au repaire, alors que Raphael déménageait ses effets dans ma chambre et avant qu'il ne trouve l'arme de Karai, j'avais trouvé plusieurs magasines de BDSM cachées. Raphael n'avait jamais essayé rien du genre avec moi, il avait toujours été doux. Je n'avais jamais parlé de ma découverte car ce n'était pas quelque chose que j'avais envie d'expérimenter. Mais en ce moment, je pouvais bien réaliser un fantasme de Raphael pour me faire pardonner.

Raph fit un pas vers moi. Puis il s'arrêta et souffla :

-Non.

-Vas-y, Raph, Je veux que tu le fasses, je sais que tu es meurs d'envie. Fais-moi mal.

Je le sentis frissonner des pieds à la tête.

-Tu ne sais pas ce que tu me demandes, Léo.

-Oui, je le sais, vas-y. Je veux ressentir ce que tu ressens, mais physiquement.

Raphael poussa un soupir et sortit quelque chose de sa poche. Il se pencha sur moi et embrassa et caressa mon cou et mes omoplates, puis je sentis une brulure froide qui déchira ma peau. Je sentis de nouveau un soupir enfiévré de Raph alors qu'avec sa langue, il lapait mon sang. Il continua à me couper à plusieurs reprises dans le dos, puis il me retourna brutalement. Avant que j'aie eu le temps de réagir il mordit mes lèvres au sang dans un baiser vengeur. Il but à nouveau mon sang à même mes lèvres. Je croisai son regard. Raphael était…alleurs….si plongé dans son fantasme que il ne devait plus avoir aucun souvenir en ce moment de ce qui s'était passé juste avant ni que nous étions pressés. Je vis la lame dans sa main qui commença à tracer des sillons sanglants sur mon torse. Raph était hypnotisé par la vue de mon sang, mais il réussit à détourner brièvement les yeux et à me tendre le canif.

-A ton tour.

Et il s'étendit près de moi

Je n'avais nulle envie de lui faire mal. Il remarqua mon hésitation

-Putain, Léo, tu manies des katanas. Tu peux bien tenir un canif. Et je te signale que tu m'as fait subir bien pire dans ma vie.

Je me secouai. Je voulais réparer le mal que j'avais fait à Raphael. Si c'était ainsi qu'il le souhaitait qui étais-je pour le juger?

Je traçai quelques motifs compliqués sur son torse et ses cuisses en léchant son sang. Je m'aperçus alors que Raph aimait encore plus souffrir que de faire souffrir. Je ne l'avais jamais vu aussi viscéralement excité. Il était couvert de sang et moi aussi.

-Léooo articula-t-il difficilement.

Je compris, je lâchai la lame et le pris dans ma bouche. Des que ma langue le toucha, il jouit a grands jets.

-Prends-moi…

Je le retournai et le pris sauvagement, émoustillé malgré moi. Au bout de quelques motions, je tombai complètement épuisé, Je me sentais anormalement vidé.

Raphael semblait dans le même état. Nous nous sommes tus durant de longues minutes puis Raphael parla.

-Comment as-tu trouvé cela?

-Je ne sais pas. Différent?

-J'ai toujours voulu avec toi…mais jamais osé. Mais si tu aimes cela, j'ai beaucoup de trucs chez moi…si tu veux aller plus loin. Je les apporterai.

J'avais envie de lui demande pourquoi il avait des jouets sexuels s'il avait été abstinent comme il le prétendait. Mais ce n'étais pas le moment de questionner et de remettre en doute Raphael.

-Je crois que nous devons reprendre une douche. Dépêchons-nous.

Le sexe dans la douche fut encore meilleur puisque nous semblions réconciliés. Cela dura tout le temps qu'il demeura de l'eau chaude. Lorsque l'eau glacée nous aspergea nous sortîmes en riant. Puis Raph vit l'heure :

-Merde! Il est est près de 14 heures, Mikey va me tuer. Dépêche, Léo arrête de te pomponner. Tu vas nous mettre encore plus en retard.

-Je ne me pomponne pas, Raph! Et ne me blâme pas, si tu n'avais pas voulu briser le record de la baise la plus longue dans une douche nous n'en serions pas là…répondis-je légèrement.

J'étais dos à lui en train mettre ma montre, donc, je sursautai quand je sentis sa main serrer mon poignet.

-Léonardo. Pour la dernière fois. Une baise signifie que notre cœur n'est pas impliqué. Nous nous aimons. Nous exprimons cet amour. Compris?

Je sentis un frisson me parcourir en sentant la brulure de ses yeux dans les miens. Je hochai la tête. Raph me lâcha pour consulter son cellulaire. Je remarquai que c'était le tout dernier modèle. L'information s'enregistra machinalement dans mon cerveau.

-Mikey ne vient pas finalement. Il a du travail. Nous n'aurons pas de détour à faire.

-Ah! Dommage, j'aurai aimé le voir.

-Bah! Tu as toute la vie.

-Je ne sais même pas de quoi il a l'air. A part qu'il est blond. Et mignon.

-Léo. Ne sois pas jaloux. Ça n'a rien à voir et tu le sais. Bon, partons.

Il me prit la main et de l'autre il prit mon sac. Il me tenait toujours la main devant le portier et je rougis de honte. En sortant de l'immeuble il me dit;

-Tu sais, tu n'as qu'à le virer.

-Pourquoi ferais-je cela?

-Léo. Ton malaise est évident. Engage une autre personne qui n'a pas connu ce qui s'est passé avant. Je le ferais si tu ne veux pas.

-Raphael, laisse-moi gérer mes employés moi-même. Mes portiers sont professionnels et respectueux. Je veux les garder.

-Comme tu veux.

Raph m'ouvrit la portière passager de ma voiture et mis mon sac dans la valise. Le premier quinze minutes du trajet se passa en silence. Puis, le cellulaire de Raphael vibra. Ce qu'il lut sur son cellulaire dut lui faire plaisir, car il sourit. Machinalement, il redéposa son téléphone.

-Et alors, Léo, fait un bail que tu n'as pas vu April et Don. Tu ne les a jamais vus ensemble. Ils forment un couple adorable. Bon, pas autant que nous, mais bon… Tu sais qu'ils vont se marier aussi?

L'humeur de Raphael avait fait un 180 degrés après avoir reçu le texto. Si c'était une si bonne nouvelle, pourquoi ne m'en parlais-t-il pas?

Au même moment, son cellulaire reçut encore un message. Son visage s'éclaira encore davantage à la lecture du second message.

Qui donc pouvait rendre Raph aussi heureux! Malgré moi, je sentis la jalousie me mordre.

-Qui est-ce? essayais-je de demander avec nonchalance.

Je vis alors Raphael se raidir de façon imperceptible.

-Mikey. Il a obtenu un contrat très payant. Il me blague sur le fait qu'il fera plus d'argent que moi bientôt.

C'était plausible. Mais je trouvais qu'il prenait vraiment la réussite de Mikey à cœur. Et pourquoi avait-il fallu que je le questionne pour qu'il m'en fasse part? Mike était mon frère aussi. Je n'osais approfondir le sujet, alors je posais une autre question au hasard.

-Et toi, à ton travail, ça va bien?

Raph se raidit encore :

-Bien.

J'attendis des détails qui ne vinrent pas.

-Tu n'as pas eu de problèmes à cause de moi, j'espère?

-Non.

Le silence qui suivit devint oppressant. Je décidai de poursuivre ou Raph avait laissé.

-Donc, ils se marient? Quand?

Le soulagement de mon frère fut flagrant.

-En juillet. Nous avons soulevé hier la possibilité d'un mariage double, mais April et Don ne sont pas d'accord. Nous avons donc pensé que ce soir pouvait être à la place un genre de souper de fiançailles pour nous quatre.

-Ah. Dommage que Mikey ne puisse pas venir. A-t-il une petite amie? Ou un petit ami?

-La vie sentimentale de Mikey est compliquée. Disons que c'est plus une vie sexuelle enfiévrée. Mikey a beaucoup de gens autour de lui en tout temps. Il n'a pas de préféré.

-Pourtant, Mikey est du genre affectueux.

-Léo…je n'ai pas vraiment envie de parler de cela.

-Y a-il quelque chose dont tu as envie de parler, Raphael? De toute évidence, non.

Le silence qui suivit ma phrase était à couper au couteau.

-Je n'ai pas envie de me disputer avec toi, je t'ai clairement fait comprendre que je voulais donner à April et Don l'image d'un couple unis et heureux. Je n'ai pas envie de parler de sujets qui pourraient amener un malaise entre nous ou une dispute. Il me semble que c'est normal.

-Mais, Raphael…Tu veux que nous nous mariions. Et je ne connais rien de toi.

-Léo. Nous avons passé seize années à vivre ensemble. Je suis la même personne. J'aime la bière, le sport, les bagarres, les motos, la pizza, ma famille et toi. Je déteste les insectes et le fait que tu refuses de t'abandonner totalement à moi ainsi que les questions. Tu te souviens quand je voulais sortir avant et que tu me demandais toujours ou j'allais, faire quoi, avec qui, etc. Je devenais fou? Cela n'a pas changé.

-Raph…ce n'est pas pareil…je…

-J'ai besoin de mon espace, Léo.

-Je veux seulement te connaitre plus intimement. Je ne vois pas ce que j'ai fait mal. Je t'ai seulement demandé si cela allait bien à ton travail et pourquoi Mikey n'avait pas de relations sérieuses. Je m'intéresse aux gens que j'aime, c'est tout.

-Je comprends. Je ne veux juste pas parler de rien qui est passé. Je veux partir sur une nouvelle base. Aucune question en rapport avec un évènement qui s'est passé à avant midi aujourd'hui. J'ai oublié ton accusation ridicule. Je ne veux que l'on que parle que du moment présent ou du futur.

-Bien.

Il mit ses lunettes de soleil. Il ne voulait pas que je lise en lui. J'étais mal à l'aise. Nous avions encore pour plus d'une heure de trajet à faire selon le GPS. Je ne voulais pas me sentir ainsi avec mon frère et futur conjoint ajoutais-je mentalement. Je devais alléger l'atmosphère. Lui redonner le sourire. Petit à petit, je gagnerais assez sa confiance.

-Alors, tu sais tout à l'heure, je n'ai pas détesté l'expérience avec le canif.

Raph me sourit.

-Vraiment?

J'aurais voulu lui demander s'il l'avait déjà fait avant, mais c'était une question trop personnelle et une question à propos du passé.

-Pour répondre à ta question muette, je ne l'ai fait qu'à moi-même, pas avec un partenaire. En fait, oui, j'ai fait quelque petites choses dans le passé quand j'étais tortue, mais c'était avant toi. Depuis toi, je ne me fais mal qu'à moi-même. Et ne me demande pas pourquoi j'aime ça, car je ne le sais pas. Il y a plein de choses que j'ai envie d'essayer que je ne croyais pas possible, puisque je veux être avec toi et je ne croyais pas que tu accepterais.

-Comme quoi?

-Hummm. Beaucoup de scénarios se déroulent dans ma tête en ce moment. J'adore le bondage. Je crois que c'est quelque chose que tu pourrais apprécier pour commencer. Si tu veux, nous pourrions essayer dimanche soir, mes cordes sont à la maison et de toute façon, Don ne veut pas que l'on fasse l'amour chez-lui.

Naturellement, je pensai tout de suite au fait de pourquoi il a des articles de bondage chez lui puisque il ne peut s'en servir sur lui-même et qu'il ne comptait pas de prime abord me fait part de ses fantasmes. Mon instinct me criait que Raph ne me racontais pas tout. Mais je saurai bien attendre le moment opportun.

-Ah? Mais de toute façon, tu ne m'avais pas dit que tu ne voulais pas de sexe d'ici le mariage?

-Oui, je sais. Je n'ai aucune volonté quand il s'agit de toi. J'ai présumé de mes forces. Nous trouverons bien quelque chose pour rendre cette seconde nuit de noces spéciale. Déjà, si tu ne bois pas de saké, ça devrait être mieux que la dernière fois.

-Je ne me souviens pas que tu te fusses plaint.

-Non. Peu importe, c'est toujours extraordinaire avec toi, car je t'aime.

Un silence encore suivi ses mots, mais un doux silence.

-Raph. Pourquoi est-ce que tu m'aimes?

-Il n'y a aucune raison et il y en a mille. Nous n'aurions pas assez du trajet pour que je t'explique, ça ne s'explique pas en fait ça se ressent. Je pense tu es la personne la plus courageuse et généreuse que je connaisse. Tu te sacrifies toujours pour les autres. Une telle abnégation est admirable. Tu es le meilleur combattant que je connaisse. Rapide, agile, tenace et stratégique. Tu es aussi très beau à regarder. Tout ce que tu le fais, c'est avec grâce et efficacité. Tu es parfait au dehors comme à l'intérieur. Comment ne pas t'aimer? J'ai commencé par t'admirer….puis insensiblement à te désirer….puis à t'aimer. Puis cet amour a grandi….a pris des proportions dévastatrices. J'ai dû l'admettre. Tu m'as embrassé et j'ai su que ma vie n'avait plus de sens sans toi. En fait, il n'y a qu'une chose que je déteste en toi. En fait, plusieurs petites choses. J'espère qu'elles s'en iront avec le temps.

-Comme quoi?

-Tu es le ninja ultime. Donc, tu as des qualités de ninja qui peuvent être des défauts dans une vie amoureuse. Par exemple, ta méfiance. Ton esprit analytique, cartésien. Tu pèses le pour et le contre avant de céder à une passion. Ta duplicité. Tes sens toujours en éveil même quand je suis avec toi pour te protéger. Tu ne te laisses pas aller, Léo. Ta curiosité. Ton acharnement. Ton orgueil. Ton insensibilité. Bon et sans compter que tu ne pourras jamais me faire mon repas le soir en bonne épouse puisque tu es nul en cuisine.

-Est-ce la journée du procès de Léonardo et je n'ai pas reçu le mémo?

-Hé! Tu voulais savoir! Et ce n'est pas comme si je me prétendais parfait. Tu veux demeurer mystérieux et moi aussi. Ca mettra du piment dans notre couple, non? J'ai décidé il y a longtemps que si j'avais la chance de recommencer avec toi, je te ferais confiance et je te laisserais de l'espace. Je ne fouillerais ni tes poches, ni ton cellulaire, ni tes courriels. Tu as fait enlever les caméras. Je travaille tous les jours, donc tu seras seul du matin au soir. Je veux que tu sortes et que tu t'amuses. Tu peux trouver un travail. J'ai ta mise de fond pour le dojo. Nous n'avons pas besoin d'argent, ce n'est que pour t'occuper. Donc, pour moi, te laisser seul près de douze heures par jour six jours sur sept, c'est une preuve de confiance. Je vais peut-être réduire un peu mes heures. Je ne veux pas que tu t'ennuies. Si tu veux, nous regarderons l'horaire que je peux faire, afin de passer du temps de qualité avec toi. J'ai seulement une condition, Léo. Si je t'appelle, je veux que tu me répondes dans l'immédiat. J'essayerais de faire de même. Bien entendu, je ne t'appellerais pas vingt fois par jour. Si tu ne réponds pas, je vais être inquiet et si je suis inquiet, je ne peux me concentrer au travail.

-Voyons, Raph, que veux-tu qu'il m'arrive?

-Je ne sais pas. Tu peux décider de fuir au Mexique car un cadavre a été repêché dans la rivière Hudson!

Je ne savais si je devais rire à cette dernière réplique, mais devant l'air sérieux de Raphael, je m'abstiens.

-Sérieusement, Léo, je sais que je t'ai encore un peu forcée la main. Mais si tu ne veux pas passer ta vie avec moi, dis-moi le maintenant et je te fais descendre de la voiture et tu ne me verras plus jamais. Mais dès que nous arrivons chez Donatello c'est final. Je ne serai pas humilié encore par toi devant nos frères.

-Raph. C'est ma voiture.

-Peu importe, Léo. Tu veux que je descende?

-Non.

-Bien, parce que Léo, cette fois-ci je suis sérieux. Je ne te laisserais plus me quitter.

Je ne me rappelle pas que Raph ait un jour manqué de sérieux à ce sujet mais je ne fis aucun commentaire.

-Nous serons là dans dix minutes. Je te mets au parfum. Ne parle pas de Casey. Ne me demande pas pourquoi. Personne ne m'a expliqué la vraie raison mais c'est un sujet tabou. En fait, ne parle encore du passé. Ne pose pas de question sur Mikey non plus. Tu peux parler à Don de son emploi et ses recherches. Tu peux parler à April de ses études et de ses projets. Tu peux leur poser des questions sur leurs rénovations de maison de campagne, leurs plans de mariage et de voyages. Tu peux lui demander sa recette de tartare et le nom de son esthéticienne mais demeure dans ces lignes-là.

-J'ai bien hâte d'être un jour assez grand pour que l'on m'explique.

-Je ne veux que te protéger, Léo. Il s'est passé beaucoup de choses durant ton absence. De mauvaises choses. Nous avons changé. Je veux te préserver de la laideur. Fais-moi confiance. Je ne veux pas que tu te sentes coupable ou triste. Je ne veux pas que tu vives des émotions négatives, c'est tout. Je sais ce qui est bien pour toi. Don est mitigé à ton endroit et je n'aime pas cela. Je veux qu'il t'apprécie. Pour cela, tu ne dois pas lui ramener au bout du nez ce qu'il s'efforce d'oublier. De même pour April. Donc, mes recommandations. Ne parle que de ce que je t'ai dit. Agis comme si tu m'aimais au moins la moitié de ce que je t'aime. Sois enthousiasme pour l'avenir de nos couples.

-Bien, j'essayerais de retenir le texte de mon rôle, répondis- je froidement. On ne croyerait pas que je vais visiter mon frère.

Raphael me maintient le poignet avant que je puisse descendre

-Fearless, Tu n'as rien compris. Tu n'as plus de frères. Tu les as perdus en quittant notre demeure. Ta place ici est celle de futur beau-frère de Donnie. Tu ne tiens à cette famille que par moi. Donnie et Mikey ne t'accepteront que par respect et amour pour moi, point à la ligne. Si demain il me prendrait la fantaisie de t'abandonner, ne compte pas sur eux pour se soucier de ton sort.

Ses mots me firent mal. Mais je refusais de me laisser impressionner.

-Pour quelqu'un qui prétend ne pouvoir vivre sans moi tu sembles avoir songé à cette possibilité. Et je tiens à te souligner que pour quelqu'un qui a promis de ne plus porter la main sur moi, tu sembles y prendre gout depuis ce matin. Pas de violence, Raphael, je ne le supporterais pas.

-Il y a des fois ou ta combativité m'impressionne, Fearless et des fois ou elle me lasse.

J'avais une envie folle de partir et de le planter là. Il le sentit car, il glissa les clés dans sa poche en me faisant un signe négatif du doigt.

-Non. Léo! Je t'ai donné une dernière occasion de te défiler tout à l'heure. Je t'ai dit qu'arrivé ici c'était terminé. Je ne te laisserais pas t'échapper encore. Ne brise pas mes résolutions de confiance en toi. Là, je vais descendre, t'ouvrir ta portière et tu descendras avec le sourire. Tu diras à April que le bonheur la rend ravissante. Tu serreras la main à Donnie et tu prendras l'apéro.

-Raphael, tu ne m'aimes pas vraiment…tu as seulement du plaisir à me contrôler et je…

Je ne pus finir que Raphael descendit de la voiture au même moment que Donnie et April sortaient sur le porche. Je sortis précipitamment de la voiture avant que Raph ne l'ouvre pour moi. Je ne suis pas une fille.

Je saluais chaleureusement April et Don. Je voulais qu'il m'apprécie pour moi comme avant tout ce merdier. Raph s'approcha pour me prendre la main et la porta amoureusement à ses lèvres. Ses yeux brillaient de tendresse. Je me dis qu'il avait vraiment un don de comédien. Je ne devais pas être en reste. Je complimentai April sur sa fraicheur et sur la beauté de ses fleurs. Elle me demanda si je voulais faire le tour de la propriété. J'approuvai avec joie. April était polie, aimable mais plus réservée que dans mes souvenirs. Elle agissait vraiment comme si elle me connaissait à peine. Don et Raph prenait un verre au salon. Je posai quelques questions à April. En quoi elle étudiait, s'il venait souvent à la campagne et si cette maison appartenait à sa famille. Elle rougit à cette dernière question.

-Non. Elle appartient à Don.

J'étais stupéfait. Comment Don à 16 ans pouvait avoir une maison de campagne ainsi qu'un appartement de trois chambres à New-York? April n'avait pas de revenus. Bien entendu, nous avions tous de faux papiers qui nous vieillissaient de cinq années, mais cela ne justifiait rien. Je compris que je devais avaler cette réponse et ne plus poser de questions.

Je parlai du mariage. Elle me répondit que ça serait vers la fin de l'été. Son enthousiasme me parut feint. Je lui parlai de voyage, cette fois-ci avec un peu plus d'entrain, elle énonça plusieurs destinations qui l'intéressaient. Lorsque nous revint au salon, je sentis Raphael nerveux. Lorsque je lui souris il m'ouvrit les bras, soulagé.

Le repas se passa mieux. Donnie fit presque toute la conversation. J'avoue que je comprenais mal son emploi. Il travaillait à la fois dans l'industrie pharmaceutique, mais il semblait plus suivre la bourse et spéculer que créer des médicaments. Pas étonnant qu'il est fait fortune aussi rapidement.

Alors que nous portions un toast, April poussa un cria d'admiration.

-Léo, c'est ton alliance? Elle est magnifique. C'est du platine, n'est-ce pas? La moitié de tes profits mensuels de placement ont dû y passer Raphael. Puis, elle se couvrit la bouche.

Un silence de mort suivit cette déclaration. Don le rompit en disant :

-April, ma chérie, je crois que le rôti doit être à point. Veux-tu aller voir?

April se leva précipitamment.

De toute évidence, Raphael m'avait menti. Je n'osais formuler la question avec ma bouche, alors je le fis avec mes yeux.

-Oui, Léo. Raph, a eu une bonne idée de me donner une partie ses épargnes il y a quelques semaines. Son trois milles dollars en a donné trente milles. Si tu veux, Léo, je peux également te proposer des placements pour multiplier tes revenus.

-Je suis soulagé, Raph, j'ai vraiment cru que tu avais vendu un rein pour moi!

-Oh, mais Léo, si Raph t'as dit cela, c'est surement vrai. Lorsque je lui ai remis son trente mille dollars, il m'a affirmé que ce n'étais pas assez. Raphael, je ne peux croire que tu as fait quelque chose d'aussi insensé sans m'en parler. Avec tout l'alcool que tu as bu dans ta vie, c'est du suicide!

Don était vraiment en colère.

April revint avec le rôti. Nous mangions en silence. Puis Don s'éclaircit la gorge se leva et nous annonça qu'April était enceinte. Celle-ci nous sourit et confirma le tout. Pourtant elle avait bu deux coupes de vin. Elle se leva, blâma son état pour son manque d'appétit et sa fatigue et se retira.

-April ne voulait pas l'annoncer tout de suite, elle voulait attendre la fin du premier trimestre. Naturellement, nous allons devoir repousser notre mariage.

-Pourquoi ne pas le faire immédiatement, alors? Proposais-je

-Parce qu'April tient à ce que cela soit parfait. Et le genre de cérémonie qu'elle souhaite prend du temps à préparer.

-La naissance est prévue pour quand?

-Vers le début de l'hiver.

-Tu dois être très heureux, Don. Tu as toujours voulu une famille.

Je me retournai vers Raph en souriant pour qu'il abonde dans mon sens. Je fis un saut en voyant sa physionomie sombre et torturée. Je su aussitôt a quoi il pensait. Alors que je cherchais à le tirer de ses souvenirs, il m'interrompit.

-Tu sais ce qui est arrivé à Baxter Stockman, Léo? Après l'avoir obligé à nous rendre humains Donnie et moi? Nous lui avions promis la vie si le faisait et je n'ai jamais trahi une promesse. Mais je devais savoir. Je lui ai demandé : L'autre tortue, notre frère aux yeux bleus, il y avait-il quelque chose de spéciale en elle? Il me répondit qu'oui qu'elle était fécondée. Elle portait trois œufs. Je lui ai demandé ce qu'il en fait. Il m'a dit que sur la demande de la tortue il les avait retirés. Puis ensuite ai-je demandé…ou sont ces œufs? Il m'a alors raconté les expériences auxquelles il s'est livré sur eux, Léo. Sur nos petits. Il me rappelait ma promesse alors que j'éclatais sa tête…Je n'aurais pas dû. S'il était vivant, il pourrait te rendre des organes reproducteurs de femme. Je n'oserai pas te confier à Donnie ici présent pour un autre fiasco.

-Raphael, tu as assez bu, lui reprocha Don. Et il est hors de question que tu me blâmes pour Mikey quand tout est de ta faute pour commencer.

-Mikey? demandais-je alarmé, qu'est-ce qui se passe avec lui? Tout le monde prétend qu'il est mignon, quel est le problème?

Don soupira en se prenant la tête entre les mains. Raph finit son verre et me répondit :

-Physiquement, rien à redire. En fait, est-ce vraiment la faute de Don? On a tous un grain, je pense, dans la famille.

-Mikey…ne va pas bien émotivement?

Raph éclata de rire. D'un rire malsain.

-Léo, c'est comme demander si la gangrène est désagréable.

-Mais tu m'as dit tout à l'heure qu'il avait eu un contrat payant et que ça allait bien pour lui.

Don fixa Raphael. Raphael fixa Don.

Je me levai abruptement.

-Je vais me coucher.

-Tout doux, beauté. Il n'est que neuf heures. Nous ne parlerons plus de Mikey. Don n'aime pas cela. Et je promets de ne plus revenir sur des choses sensibles du passé. Nous pouvons toujours adopter. Si c'est ce que tu veux, Léo. Don, ton spa est fonctionnel? Je crois que ça détendrais Léo.

Don se força à sourire.

-Bien entendu, Raph. Si vous promettez de ne pas avoir de relations sexuelles dans le spa.

-Je te le promets, Don. Tu peux venir avec nous, non?

-Non, merci Raph. Je vais rejoindre April.