Pour fêter l'arrivée d'une nouvelle lectrice et revieweuse, voici un nouveau chapitre, bien plus tôt que prévu! On remercie bien fort mnemosyne19! :)

Les choses s'accélèrent, vous voudrez bien sortir vos mouchoirs et ne pas me tuer, si vous me tuez, moi je peux pas me régénérer, il n'y aura pas de suite! *prépare quand même ses boucliers au cas où*

En parlant de suite, ma bêta m'ayant fait couper ma fic qui virait fleuve en parties, sachez que j'ai donc terminé d'écrire celle-ci depuis des lustres, et que j'ai déjà la fanfic suivante sous la main. La trois est en cours d'écriture, à vue de nez une dizaine de chapitres mais bon, comme ils m'échappent toujours.. Tout ça pour dire que oui, il y aura une fin, et une suite! :)

WARNING: violence, morts, beaucoup de poussière et pas mal de pleurs (on ne s'enfuit pas de ce bousier sans perte)


Chapitre 14


-Docteur ! Docteur vite ! Docteur !

-J'essaye !

-Ce n'est pas assez ! Téléportez-nous !

-Je ne peux pas ! Le signal est trop faible, il n'arrête pas de sauter ! Il faut que vous trouviez un endroit plus calme ! hurla le Seigneur du temps en tapant frénétiquement sur les boutons de la console.

Un flot de jurons en multi-langues émergea des hauts-parleurs. Étrangement, le TARDIS refusa de les traduire, pour le plus grand soulagement du Docteur dont la pointe des oreilles était devenue rouge.

-C'est la meilleure ! Ça pète des bombes de partout ! On dirait Nagasaki revisité en 3D ! Et je dois trouver un endroit calme ?!

-Harkness, cessez de gueuler et bougez votre cu, bon sang !

-Je fais ce que je peux, espèce de...

L'équipage du TARDIS n'eut jamais l'occasion de savoir à quelle nouvelle espèce Jack comptait comparer le Docteur, car la communication se mit à grésiller violemment, avant de stopper brutalement.

-Non ! Non non non non ! s'exclama le Gallifreyien en tentant désespéramment de rétablir le contact.


-Doc ? Doc ! Bordel! Abruti de Gallifreyien ! hurla Jack depuis la ruelle où le petit groupe s'était réfugié.

Le son de la pluie de bombes était assourdissant. Chaque parcelle d'air était couvert de poussière, le rendant irrespirable. Le ciel n'était que noirceur, empli de vaisseaux à en recouvrir le double Soleil de la planète.

Les Judoons.

Il avait été si stupide. Il aurait dû savoir que le Docteur n'était le seul à surveiller les écrans protecteurs. Taclos était le centre de tous les commerces sales et illégaux du quadrant. Elle devait être étudiée constamment, dans la vaine attente d'une faille des systèmes de défense.

Il la leur avait donnée.

Les bombes avait commencé à tomber alors que Kosh était en pleine discussion -comprenez, hurlements- avec son chef de la sécurité : le trafiquant savait que quelqu'un avait piraté les écrans, et il était bien décidé à se faire sa tête. Ceci, après avoir restauré le système, évidemment. Sauf que la police de l'espace ne lui en avait pas laissé le temps, attaquant à peine trente minutes après la découverte des fils arrachés. La panique qui avait suivi avait permis à Jack de s'enfuir, lui qui commençait à trouver l'air ambiant un peu trop oppressant à son goût.

Il avait retrouvées les filles terrorisées dans leur chambre, cachées sous le lit et la table. Taya, en particulier, semblait hors de contrôle : son apparence changeait constamment, sa teinte de peau variant d'une seconde à l'autre alors que son visage muait encore et encore. En cas de panique, le Catio peut perdre le contrôle sur ses transformations. Les mots du Docteur lui étaient revenus en mémoire alors qu'il attrapait sa main, l'entrainant avec lui. Le jeune homme se dirigeait vers la porte principale lorsque l'adolescente le tira en arrière.

-Qu'est-ce que tu fous ? Il faut partir !

-Il faut libérer les autres !

-Quoi ?! Non ! On n'a pas le temps !

-On ne peut pas les laisser mourir !

-Taya …

-Elle a raison, protesta également Tolia. Il faut les sortir de là !

-Cela nous tuera !

-Je ne peux pas les laisser enfermés ! Ils ne méritent pas ça ! cria la Phala, furieuse, avant de partir en trombe dans un autre couloir, suivie de près par sa sœur et Taya qui avait lâché la main de Jack.

Celui-ci poussa un juron, avant de partir à leur poursuite. Fichues Catio et leur empathie surdéveloppée. Elles allaient tous les tuer. Les couloirs étaient emplis de poussière et cris, chacun tentant de s'abriter en vain. Les murs tremblaient, prêts à s'écrouler à tout instant. Il leur fallut le double du temps habituel pour arriver à l'entrepôt, et ce alors que le groupe s'y était dirigé en ligne droite.

Un désordre indescriptible régnait dans le bâtiment à leur arrivée. Les gardiens couraient dans tous les sens, paniqués. Certains esclaves avaient réussi à s'enfuir, et se cachaient sous les tables dans les pièces environnantes.

-Attention ! Hurla Jack en poussant sur le coté Mar'y.

Un hurlement lui échappa lorsqu'un large morceau du plafond tomba sur son épaule droite, l'envoyant voler au sol. Il y resta immobile, à moitié assommé par la douleur.

-Jack !

Tolia avait fait demi-tour, l'attrapant par le bras et le forçant à se relever.

-Mar'y, aide-moi ! appela-t-elle en enveloppant l'épaule blessée.

-Oh...

-Allez Jack, sers les dents, tu peux le faire, murmura-t-elle alors que Mar'y le soutenait de l'autre côté.

-Je vais bien, grogna ce dernier en secouant la tête, les dents serrées. Continuez d'avancer. On y est presque.

-Qui se fait directif, maintenant ?

Seul un sifflement de douleur lui répondit. Le capitaine les mena jusqu'à l'étage, nettoyant le chemin sur leur passage, et ce malgré sa blessure. Les cadavres jonchaient le sol, leurs visages figés s'incrustant dans leur rétine. Les Catio se forcèrent à ne pas les regarder, mais elles peinaient à bloquer les flux d'émotions violentes les entourant. Peur. Rage. Incompréhension. Panique. Douleur. Tout se combinait en elles, les faisant vaciller.

Enfin, ils parvinrent au premier étage. Taya se jeta immédiatement sur la première cellule, tirant en vain sur la poignée.

-Ça ne marchera pas, il faut un code, pesta Jack.

-Donne-le-moi !

-Je ne le connais pas ! Je ne suis pas Dieu le père, putain ! hurla l'humain en envoyant voler un autre garde.

-Moi si !

Les fuyards se retournèrent dans un même élan pour faire face à Kim : le visage de ce dernier était noir de poussière, et son uniforme totalement déchiré laissait apercevoir plusieurs blessures à l'apparence plus qu'inquiétante, mais il se tenait debout.

-Kim ?!

L'interpellé ne répondit pas, préférant se jeter sur la borne de contrôle la plus proche et taper frénétiquement sur les boutons. Quelques instants plus tard, un déclic se faisait entendre, et les portes des cellules s'ouvraient.

-Dehors ! Vite ! hurla-t-il, alors que les esclaves émergeaient, terrifiés.

-Par ici ! S'exclama Jack en se retournant... pour faire face à un groupe de gardiens très en colère mené par Kosh.

Merde. Merde merde merde.

-Je le savais ! On ne pouvait pas te faire confiance ! Siffla-t-il. J'aurai dû te tuer après t'avoir sauté. Et toi ! Sale traitre ! grogna-t-il en regardant Kim.

Jack eut à peine le temps de repousser le jeune gardien avant que le coup de feu n'explose.

Kim s'écroula sur le sol, alors que Jack se jetait sur Kosh. Le criminel lui décocha un violent coup de poing dans la mâchoire, s'attirant un direct de la part de l'humain qui le frappa ensuite de sa botte dans le ventre, le repoussant en arrière.

-Putain ! Je rêve de faire ça depuis que je suis arrivé, siffla-t-il avant de lui sauter dessus, poignard en main.

-Bâtard ! Tu n'as pas changé ! Toujours des coups dans le dos !

-Non.. Je n'ai jamais été aussi honnête de toute ma vie. Et tu sais quoi ? Ça fait du bien d'être du coté des gentils pour une fois.

Les esclaves s'étaient terrés dans les cellules, terrifiés par les combats. Kim et les gardiens gravitaient autour du duo, échangeant coups de feu et autres banalités. Le jeune homme se battait avec férocité, semblant se défouler après des années de hargne sous contrôle. Il était seul contre tout le groupe, mais cela ne l'empêchait pas de les descendre les uns après les autres.

-Tu es sûr que tu es juste gardien ? cria Jack en esquissant le poignard de Kosh avant de l'attraper par les épaules pour le jeter contre le mur.

-Lui? siffla le trafiquant en se redressant. Ah ! C'est le responsable de l'entrainement au combat ! Le meilleur ! Petit fils de pute ! Ta tête me fera un joli tabouret !

Jack haussa un sourcil alors qu'ils reprenaient leur combat de lames.

-Responsable, hein ? Remarque, j'étais bien commandant à l'Agence. On a tous nos squelettes dans le placard. Ça ne change pas que tu – il plongea en avant- demeures – un coup de manche dans le visage- le pire -la lame s'enfonça dans son ventre- de toutes les ordures – elle déchira son visage- que j'ai rencontrées.

Kosh tomba à genoux, le sang giclant de sa gorge ouverte.

-Fum…

-Ta gueule.

Jack lui balança un coup de pied dans le visage, le faisant tomber sur le dos.

-Tu salis le couloir.

Se penchant, il cracha sur le cadavre, avant de se tourner lentement vers les gardiens qui semblaient s'être métamorphosés en statues. Sa voix n'était qu'un filet lorsqu'il murmura :

-Je vous donnerai bien une chance de fuir … mais je ne suis pas le Docteur.

Parmi les gardiens du départ, il n'en restait qu'un tout petit groupe encore debout, mais d'autres étaient entretemps arrivés en renfort. Aucun ne fut de taille lorsque le capitaine commença à tirer, les abattant un par un consciencieusement. De lui ou Kim, c'était un concours pour savoir lequel ferait le plus de victimes avec le moins de balles. Jack sentit un sourire sinistre étirer ses lèvres alors qu'ils se faisaient descendre comme des lapins. Les enflures ne méritaient pas mieux.

-Zone claire ! Hurla Kim en se redressant depuis la cellule où il s'était réfugié pour mieux viser.

-Vite vite vite ! cria son partenaire en l'imitant. On n'a pas beaucoup de temps ! Il faut partir avant que le bâtiment ne s'effondre !

Message clair et entendu. Les esclaves affluèrent dans le couloir, se dirigeant à toute vitesse vers l'escalier qui menait au rez-de-chaussée. Jack allait les suivre, quand il se rendit compte de l'absence de Kim.

-Qu'est-ce que tu fous ? hurla-t-il en se tournant vers lui. Kim ! Le jeune gardien était tombé au sol, sa main libre agrippant son ventre. Non non non ! Relève-toi, vite ! ordonna-t-il en courant vers lui.

Il se laissa tomber à ses côtés, et glissa sa main dans son dos, cherchant à le pousser vers l'avant, mais le gardien secoua faiblement la tête. Ses doigts étaient rouges du sang qui s'écoulaient à toute vitesse de sa plaie ouverte. Jack pressa sa main sur celle-ci, tentant de stopper le flot, mais déjà, le regard de l'autre homme se faisait vitreux.

-Trop tard.. Je n'y arriverai pas..

-Ne sois pas débile ! Lève-toi !

-Mes jambes ne marchent plus... Kosh m'a eu eu au ventre.. Ironie du sort, souffla Kim avec un faible sourire.

-Lève-toi ! hurla Jack en l'attrapant par les épaules.

-Laisse tomber.. Sauve ceux qui peuvent encore l'être.. qui le méritent..

-Tu le mérites !

-Je suis un gardien.. une enflure.. et pire que ça, un lâche. J'ai profité d'un système sans oser le fuir, parce que j'avais peur pour ma vie..

-Tu t'es racheté, pleura Jack en caressant son visage.

-Toi aussi.. Tu vas les sauver.. Fais ce que je ne peux pas.. Sois un homme bien.

-Kim ! hurla l'humain en le secouant. Kim ! Répond-moi! Non! sanglota-t-il en le serrant contre lui, alors que le plafond commençait à s'effondrer.

-Jack ! Jack !

Une paire de mains le saisit, tentant de le relever en vain. Il se dégagea violemment, pressant davantage contre lui le corps du jeune homme.

-Jack ! Il faut y aller ! Tu ne peux plus rien faire pour lui...

-Tais-toi ! hurla-t-il en fixant furieux Tolia, qui le dévisageait avec tristesse.

Il la détesta pour cela. Cela ne l'aidait pas. Cela n'allait pas sauver Kim.

-Il est mort, Jack..., murmura la Catio en le saisissant par les épaules. Je suis désolée.. Mais nous on vit et on a besoin de toi! l'implora-t-elle. Tu es le seul à pouvoir nous sauver !

Le jeune homme ferma les yeux. Avec douceur, il souleva le cadavre, avant de se hâter de le déposer dans la pièce la plus proche. Il plaça une table par dessus lui, cherchant à le protéger comme il le pouvait. Ses yeux s'attardèrent sur le regard sans vie du gardien. Se penchant, il déposa un doux baiser sur son front, avant de fermer ses paupières.

-Allons-y, murmura-t-il d'une voix sans émotion en se redressant.