Chapitre 14 – Retour.
PDV de Bellamy
Je sens que ma respiration commence à être bruyante et catastrophique. Mon dos me fait atrocement souffrir.
Cela fait 4 heures que je marche en portant Harper dans mes bras. Elle est toujours aussi faible... On a essayé de la faire marcher, mais au bout d'une heure elle allait beaucoup trop lentement. Nous sommes bientôt arrivés au camp, d'ici quelques minutes, mais je vais avoir besoin d'une pause. Je baisse mon regard et vois Harper dormir paisiblement dans mes bras. C'est un miracle, elle qui n'arrivait pas à dormir ces quatre derniers jours. Je tourne la tête et regarde Clarke, qui marche à mes côtés. Nous n'avons presque pas eu le temps de parler durant ces quatre jours. Nos tours de gardes étaient toujours décalés, pour que les deux leaders ne soient pas fatigués au même moment. De plus, on évite d'être proche depuis notre étreinte. Les 47 sont déjà assez choqués de nous voir parler calmement...
- Tu veux qu'on fasse une pause ? me demande Clarke.
- Non, je peux continuer une dizaine de minutes, lui dis-je.
- Lincoln pourrait prendre la relève, me dit-elle.
- Je sais.
Je me retourne et le vois main dans la main avec Octavia. Il est en train de lui parler et elle éclate de rire à ses propos.
- Il a l'air occupé, lui dis-je en soupirant.
- Jaloux ?
- De ma sœur ? demandais-je en riant. Ouais, totalement.
Son rire se joint au mien. J'aime l'entendre rire. C'est le plus beau son qui m'eut été donné d'entendre.
- Ce ne sont pas Octavia et Lincoln qui me choquent le plus, me dit-elle. Tu as vu Raven et Murphy ? Depuis quand est-ce qu'ils se parlent ?
- Je ne sais pas... je ne suis plus les histoires d'amour du camp. Ça part trop dans tous les sens.
- C'est clair, répond-elle. J'ai même un exemple. Il était une fois deux personnes qui se détestent, quitte à laisser l'autre mourir, et qui finalement deviennent comme les meilleurs amis du monde. C'est dingue, non ?
- Je connais cette histoire, dis-je en esquissant un sourire. Tu connais la fin ? lui demandais-je en tournant ma tête vers elle.
- Non, je ne suis jamais arrivée jusqu'au bout, me dit-elle en se mordant la lèvre.
- Alors tu as de la chance, puisque je la connais. À la fin, ils s'embrassent de nombreuses fois puis font une dizaine d'enfants.
- Ah oui, quand même... tu sais les prénoms ? dit-elle en riant.
- Bien sûr. Jupiter, Neptune, Saturne, Ma...
- Tu vas me citer toutes les planètes du système solaire ?
- Attends, je n'ai pas fini. Il y aura aussi Grincheux, Atchoum, Dormeur, Sim...
- Bellamy !
Elle éclate de rire et moi également. Mes conversations avec Clarke sont les plus improbables et les plus drôles de toutes. J'ai une douleur dans le bas du dos.
- Dis aux autres qu'on va faire une pause de quelques minutes, lui dis-je en m'arrêtant et en me retournant.
Elle acquiesce alors qu'elle crie ce que je viens de lui dire. Je vois toutes les personnes s'asseoir rapidement et soupirer. Ils sont aussi fatigués que moi. Je baisse le regard et écoute la respiration d'Harper. Elle est toujours endormie. Je me penche en avant et la pose délicatement sur le sol. Je me relève et vois la gourde d'eau que me tend Clarke. Je la remercie et bois longuement. Je suis épuisé, je ne sais même pas si j'ai assez de force pour rentrer au camp.
- Ça va, grand frère ? me demande Octavia à mes côtés.
- J'ai mal partout, lui répondis-je. Mais à part ça tout va bien.
- Bisou magique !
Elle prend mon visage entre ses mains et plante un baiser sur ma joue. Je ris après son geste. Octavia reste Octavia, alias ma petite sœur de toujours. Elle s'éloigne vers Monty. Je m'approche de Clarke et Jasper.
- Si tu as besoin de mon aide, n'hésite pas, entendis-je Clarke dire.
- Aide pour quoi ? demandais-je en arrivant.
- Jasper et Maya se sont embrassés, répondit-elle.
- Clarke ! s'écrie Jasper, en rougissant.
- C'est une bonne nouvelle, non ? dis-je.
- Oui mais je ne sais pas si elle le voulait, explique-t-il. C'était une technique pour ne pas se faire repérer.
- Va la voir, lui dit Clarke. Je vois dans son regard qu'elle est folle de toi.
Il rougit de plus belle et part. Je me retourne et le vois s'asseoir aux côtés de Maya. Je souris alors que celle-ci pose sa tête sur son épaule.
- On s'assoit ? dis-je en me tournant vers Clarke.
Elle hoche la tête à mes propos. Je me dirige loin du groupe. Je ne veux pas être mêlé à eux. Je veux juste parler tranquillement avec Clarke, sans risque d'être interrompu. Nous marchons quelques secondes dans la forêt jusqu'à ce que je trouve un tronc d'arbre renversé sur le sol. Je m'assois en m'appuyant dos à celui-ci. Je pose mes avants-bras sur mes genoux et laisse mes mains pendre devant moi. Clarke s'assoie à ma gauche. Je laisse passer quelques secondes sans parler.
- On a réussi, lui dis-je. On l'a fait.
- On l'a fait, répète-t-elle. Je ne sais pas pour toi, mais je suis vraiment fière de nous.
- Moi aussi. Personne n'est mort.
- J'aime tes paroles.
- Je suis désolé, dis-je en riant. C'est juste invraisemblable tout ça.
- Hey.
Je sens ses doigts emprisonner mon menton et elle tourne mon visage vers le sien. Elle est toute petite à côté de moi et je suis obligé de baisser la tête pour la regarder dans les yeux.
- Tout est réel. Nous avons réussi.
Je hoche la tête alors qu'elle tient toujours mon menton entre ses doigts. Je regarde ses jolis yeux bleus. Cette femme est l'une des plus belles femmes du camp. La plus belle femme. Je suis chanceux de l'avoir tous les jours à mes côtés.
Elle lâche mon menton alors qu'elle me regarde toujours. J'approche mon visage et pose mon front contre le sien. Je sens son souffle sur mon visage alors que je ferme les yeux. Je veux être près d'elle, c'est comme si je ne pouvais plus me passer de sa présence. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je n'ai jamais ressenti ce genre de sensations. J'ouvre les yeux et vois que les siens sont fermés. Je tourne ma tête et dépose un baiser sur sa joue gauche puis descends ma bouche. Je dépose quelques baisers sur sa ligne de mâchoire alors que sa respiration s'accélère. Je souris contre sa peau et vois de la chair de poule se former sur sa peau. J'aime le fait de lui faire de l'effet. Ce n'est pas n'importe quelle fille. C'est Clarke. Je descends de nouveau mon visage et commence à embrasser le haut de son cou.
- Bellamy...
Je souris de nouveau en entendant sa voix. Je sais ce qu'elle veut. Elle veut que je l'embrasse. J'écarte mon visage de son cou et plante mes yeux dans les siens. Elle avance son visage vers le mien et approche ses lèvres des miennes. Alors qu'elle les effleure, je me recule, un sourire au lèvre. Elle laisse échapper un long gémissement.
- Sois patiente, lui dis-je en riant.
- Je ne suis pas patiente.
Sur ces mots, elle attrape ma nuque et pose ses lèvres sur les miennes. Je pose ma main droite sur sa joue. Notre baiser, contrairement à l'autre, n'est non précipité. Il est doux et tendre. Ses lèvres se mouvent parfaitement contre les miennes, c'est la première fois que je sens une telle chaleur m'envahir le corps aussi rapidement. Le baiser que nous partageons semble durer une éternité.Je l'interromps en déposant un léger baiser sur le bout de son nez. Je l'entends rire et se reculer. Je lui souris et m'avance pour planter un léger baiser sur ses lèvres.
- Il faut qu'on aille retrouver les autres, lui dis-je.
- Pourquoi ? dit-elle en grognant et en s'avançant vers moi, quémandant un autre baiser.
- Parce que nous sommes les leader, et que nous devons nous comporter raisonnablement, lui dis-je en me séparant définitivement d'elle.
Je me lève et l'aide elle-aussi à se relever.
- Je pense qu'on ne devrait pas leur dire, me dit-elle.
- Dire quoi ? dis-je en feignant de ne rien savoir.
- Tu sais... dit-elle, les joues rouges. Que nous sommes... que nous... nous sommes...
- En couple ? demandais-je en haussant les sourcils.
- Peut-être pas en couple, dit-elle, exaspérée. Que nous sommes quelque chose de plus. Enfin, tu comprends.
- Quelque chose de plus... ça me va, dis-je avec un sourire.
Elle sourit et part au devant. Je la suis alors que je me mets à réfléchir. Je sais qu'elle allait dire les mots « en couple » mais qu'elle s'est retenue. Elle doit se dire que je ne veux pas être dans une situation de ce genre avec quelqu'un. Elle a tort. Je rêve de Clarke depuis des semaines déjà. Bien-sûr que je veux être en couple avec elle. Mais pour l'instant, être seulement « quelque chose de plus » me va. Elle se retourne sur le chemin et me fais un sourire éclatant. Nous arrivons devant le groupe. Ils arrêtent soudainement leurs conversations et nous fixent. Je jette un regard à Clarke. Ses joues sont toutes rouges et ses cheveux sont emmêlés. Je racle ma gorge.
- La pause est terminée. Rentrons chez nous.
Certains rigolent et d'autres sourient. Je secoue la tête et soupire. Je m'avance vers Harper, qui est toujours endormie sur le sol. Je la prends délicatement dans mes bras alors que Lincoln arrive à toute allure près de moi.
- Je peux prendre le relais pour le reste du chemin, me dit-il.
- Non, répondis-je. Ça va aller, je vais le faire. Reste avec Octavia.
- Tu es sûr ?
Je hoche la tête et il repart vers sa petite amie. J'aurais pu lui laisser Harper mais cela ne servirait à rien, puisque Clarke et moi ne sommes pas censés être affectueux l'un envers l'autre devant tout le monde. Je prends la tête du groupe et marche, sans bruit. La respiration de Harper me berce doucement et m'empêche de tomber de fatigue durant les dernières minutes du trajet. Je scrute la forêt devant moi et vois la barrière menant au camp proche de nous.
- Clarke ? appelais-je.
- Oui ? dit-elle en s'approchant de moi.
- On est arrivés, lui dis-je. Je veux que tu restes à mes côtés tout le long.
- Pourquoi ?
- Je ne veux pas que ta mère te saute dessus dès notre retour.
- Elle ne va pas me sauter dessus, dit-elle. Elle va peut-être vouloir me parler, c'est tout. Elle ne se pointera pas avec le bâton dans la main.
Je me raidis à ses paroles. Elle prend ça beaucoup trop à la légère. Je sens sa petite main se poser sur mon bras alors que je continue à regarder devant moi. Nous approchons du camp alors que des gardes nous aperçoivent. Ils crient des ordres que je n'arrive pas à comprendre et la barrière s'ouvre. Je m'avance et entre en premier. J'entends les autres me suivre. Les gardes sont autour de nous et sourient en voyant les 46 vivants. Je m'approche de l'un des gardes.
- Est-ce que tu pourrais l'emmener dans la tente d'infirmerie ? lui demandais-je en lui montrant Harper, toujours dans mes bras.
Il hoche la tête alors qu'il essaye de prendre Harper dans ses bras, délicatement. Celle-ci ne se réveille toujours pas mais émet un petit ronflement. Je souris légèrement et me tourne vers Clarke. Elle commence à me parler mais est soudainement interrompue par le bruit d'un raclement de gorge féminin. Elle se retourne et je la vois se raidir. Sa mère est devant nous. Celle-ci ne nous regarde pas mais regarde le groupe de rescapés.
- Je suis vraiment contente que vous soyez tous sains et saufs, dit-elle d'une voix chaleureuse. Je vois que certains ont quelques blessures, donc si c'est le cas je vous prie d'aller dans la tente d'infirmerie. Je vous soignerais du mieux possible. Sinon, allez vous reposer. Vous le méritez. Bon retour parmi nous.
La plupart sourient et se dirigent vers les tentes. Abby tourne son regard vers sa fille. Elle s'approche de nous, doucement.
- Je te remercie de les avoir ramenés, lui dit-elle.
- C'est tout ? demande Clarke, suspicieuse.
- Non, Clarke, dit-elle en soupirant. Ce n'est pas aussi simple que ça et tu le sais très bien. Tu as sauvé tes amis et je suis fière de toi. Le problème, c'est que tu as désobéis à mes ordre.
- Et heureusement, non ? lui dis-je. Sans elle, ils seraient toujours en train de croupir au Mont Weather.
- Je sais, dit-elle en me jetant un bref regard et le retournant vers sa fille. Clarke, je suis la chancelière. Je dois me faire respecter, surtout par ma fille.
- Qu'essayes-tu de me dire, maman ? demande Clarke, la voix brisée.
- Je suis obligée de te faire subir une punition. Tu recevra dix fois de l'électricité dans le corps. Ensuite, nous serons quittes. La punition se déroulera dans une semaine.
Elle s'éloigne sans se retourner une seule fois vers nous.
- C'est quoi cette histoire ? dit Monty.
- On te l'expliquera après, dit Octavia.
Je pose mes mains sur les bras de Clarke, qui appuie son dos contre mon torse. Je pose mon menton sur le haut de sa tête alors que je ressasse les paroles de sa mère. Enfin... si je dois continuer à l'appeler de cette façon.
Cha, merci beaucoup pour ta review ! Franchement, j'adore recevoir des reviews comme les tiennes, parce qu'elle est très longue et très constructive ! Je vais d'ailleurs parler de ma prochaine fiction :
Alors, pour Un nouveau départ, je fais par chapitre 2200 mots. Pour ma prochaine fiction, les chapitre feront au minimum 3400 mots. Il y aura beaucoup d'humour, beaucoup de piques entre Bellamy et Clarke, une belle amitié entre celle-ci et Raven et Octavia, et aussi pas mal de Taylor Swift... (et oui, c'est assez bizarre). Je ne sais pas quand je commencerais à la poster, j'attends juste d'avoir quelques chapitres d'avance pour être tranquille.
+ le prochain chapitre, comme vous l'aurez deviné, sera assez dur à lire. J'espère que vous n'allez pas m'en vouloir.
- Amandine.
