Chapitre 14 :

Défis 1 et 2

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy appartiennent à Square Enix. Mais Kylie, sa mère Isabelle, son père Charles, son grand-père, Tommy, Max, Sora et Sylvain sont de mon imagination.


Des champs de fleurs, à perte de vue. Ce n'était pas les orchidées jaunes et blanches d'Aéris, mais des fleurs de toutes sortes, aux mille et une couleurs : bleu, blanc, rose, violet…

Kylie sentait le vent, elle pouvait voir le ciel. Il n'était pas blanc mais bleu, et saupoudré de nuages. La jeune fille se sentait bien ici, elle n'avait pas peur. C'était la première fois qu'elle voyait cet endroit et pourtant, il lui semblait familier.

« C'est magnifique, n'est-ce pas ? »

Kylie fit volte-face. Elle vit de grandes ruines romaines devant elle. Au bord d'une esplanade de pierre se tenait une femme. Elle était très belle. Vêtue d'une robe noire, ses longs cheveux châtain foncé flottaient librement dans son dos.

Son visage était doux, rassurant, mais ses yeux dorés inspiraient du respect, elle semblait dotée d'une grande sagesse. Elle lui rappelait un peu Lucrécia, mais il n'y avait pas la douleur et la tristesse résignée de la scientifique. Cette femme avait encore de nombreuses convictions qui lui permettaient de rester forte et fière.

« Heu… oui », dit Kylie.

La femme sourit devant sa timidité.

« Je savais que tu étais dans le coin ! Pourquoi t'es-tu cachée si longtemps, Kylie ? »

L'adolescente secoua la tête. Elle ne comprenait rien.

« Qui êtes-vous ? »

La femme perdit son sourire. Elle parut gênée, puis répondit avec douceur :

« Je suis Édéa, Édéa Kramer. Je suis… Non, j'étais comme toi. »

« Comme… moi ? »

La femme hocha la tête, un sourire las sur son visage.

« Pardon, c'est vrai, tu n'étais même pas née, et ta mère ne t'a jamais rien dit. Mais je voulais te voir. C'est si important… »

« De quoi parlez-vous ? »

La femme allait répondre, quand le ciel se couvrit de nuages. Le tonnerre gronda.

« Une menace approche. Je vois, tu es convoitée. Ne t'inquiète pas, tu n'es pas seule. »

« Hein ? Mais enfin, je ne comprends rien ! Expliquez-vous, Édéa ! »

La femme ferma les yeux. Son image se mit à disparaître, comme un hologramme diminuant d'intensité.

« Continue… d'attendre et… d'espérer, Kylie. »

« Non, attendez ! »

Kylie sentit soudain quelqu'un l'attraper aux épaules et la secouer. Elle ouvrit les yeux et vit le visage d'un homme au-dessus du sien. Elle prit peur et recula.

Tout portait à croire que cet homme était son père, pourtant il ne lui ressemblait même pas physiquement. Il avait la quarantaine, des cheveux et une barbe blond pâle, des yeux verts et il était assez costaud.

« Tu disais à qui d'attendre ? » demanda-t-il d'une voix dure.

« P… personne. Je rêvais, c'est tout. »

Charles pointa un doigt menaçant vers elle.

« Ne me mens pas, sorcière ! »

Il la gifla violemment. Kylie tomba du lit où elle était allongée. Elle plaqua la main sur sa joue en feu. Elle sentit la main de Charles attraper son bras, l'obligeant à se lever.

Kylie essaya de le repousser, mais ce fut une mauvaise idée. Il se mit à serrer de toutes ses forces, puis il la poussa violemment contre le mur de sa chambre vide.

« Tu me déçois, ma fille. Je t'imaginais plus forte que ça, avec tous tes pouvoirs. »

« Je ne suis pas ta fille, tu ne sais rien de moi ! »

« Allons, allons ! » dit l'homme d'une voix sucrée. « Je suis ton père, et l'un des rares êtres sur cette planète à connaître ton secret. Si tu savais tout le mal que je me suis donné pour te retrouver… »

« Tu n'es pas mon père ! Qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi m'avoir enlevée ? » gémit Kylie.

Soupirant, l'homme s'assit à même le sol devant elle.

« Eh bien… »

XxXxXxXxXxXxX

Tous assis à la grande table de la cuisine, la mère de Kylie commença son explication.

« Vous savez tous que Kylie possède des pouvoirs. Elle a une étonnante main verte et peut soigner des blessures, autant physiques que mentales. Ces pouvoirs, en fait… c'est moi qui les avais, au départ. Parce que je suis une nécromancienne. »

Kadaj fronça les sourcils.

« Une nécroquoi ? »

La jeune femme allait continuer de parler, mais le grand-père lui prit gentiment la main et reprit la parole :

« Nécromancienne, qui tire son pouvoir des morts. Isabelle et moi venons d'un autre monde, nous aussi. Là-bas, autrefois, existait un puissant magicien nommé Hyne. À sa mort, il dispersa ses pouvoirs et les donna à plusieurs personnes, des femmes de préférence, elles étaient plus réceptives à sa magie que les hommes. Elles furent appelées sorcières et contrôlèrent le monde pendant un temps. Mais… beaucoup d'erreurs ont été commises, et le monde est tombé sous le contrôle d'une puissance incarnée par des mercenaires que l'on nomme Seeds. J'étais sorcier au départ et Marisa, ma femme aussi. Elle a utilisé sa magie pour nous permettre de quitter ce monde, alors que des Seeds nous attaquaient. J'ai fui avec Isabelle, en laissant ma femme morte derrière moi. Elle a légué ses pouvoirs à notre fille, j'ai moi-même donné les miens, je n'avais plus le goût de la magie. Nous nous sommes remis à vivre ici, sur Terre. »

Hochant la tête, Isabelle reprit la parole :

« J'ai rencontré Charles à la fac, pendant mes études à Londres. J'avais seize ans. Il venait de finir ses études et débutait en tant qu'avocat. Je suis tombée amoureuse de lui. Notre relation avait l'air si forte, je n'ai pu supporter de garder mon secret, j'ai décidé de lui en parler, je lui ai même fait quelques démonstrations de magie. Il a eu du mal à y croire au début, mais il l'a plutôt bien pris. Nous nous sommes mariés, puis un an plus tard, je suis tombée enceinte. Pendant ma grossesse, le comportement de Charles a changé. Il semblait plus… distant, il me regardait d'une manière étrange, qui me faisait peur, comme un prédateur. Il m'a convaincue de donner mes pouvoirs à Kylie avant sa naissance, au cas où je mourrais. J'étais choquée par cette idée, j'ai commencé à me méfier. J'ai fini par utiliser mes pouvoirs pour lire dans ses pensées. Ce que j'ai découvert m'a terrifiée. Charles voulait… vendre notre fille. »

« QUOI ? » dirent Kadaj, Sora et Sylvain en chœur. Lucrécia ne réagit pas. Cela lui rappelait étrangement sa propre relation avec Hojo, avant qu'elle mette Sephiroth au monde.

« Charles voulait vendre Kylie aux scientifiques de la Terre, il jugeait que ses pouvoirs faisaient d'elle une future guerrière qu'il vendrait pour les avantages du gouvernement du pays qui offrirait le plus. Il a tout de même attendu qu'elle ait neuf ans pour mettre son projet à exécution. Neuf ans à la regarder grandir, à l'étudier pour voir si elle avait bien reçu mes pouvoirs. »

« Mais alors… pourquoi n'avez-vous pas gardé vos pouvoirs pour arrêter Charles ? Vous auriez pu fuir avec elle et grand-père ! » dit Sylvain.

Isabelle baissa la tête.

« J'ai failli mourir en mettant Kylie au monde. Sur le coup, je lui ai donné mes pouvoirs. Et après, je ne pouvais plus les lui reprendre. Une sorcière ne peut donner ses pouvoirs à quelqu'un que si elle en a conscience et y consent. J'ai tout fait pour éloigner Charles d'elle, j'ai essayé de le convaincre d'abandonner cette idée folle, mais il… il ne voyait Kylie que comme une future arme humaine ! Alors je n'ai rien dit à ma fille, j'ai tout fait pour l'élever comme une enfant normale, et Charles a même fini par douter, il se demandait si je lui avais vraiment donné mes pouvoirs. J'ai eu Tommy, plus tard, pour que Charles hésite entre l'un des deux. Tout cela a bien embrouillé mon mari, j'ai ensuite entamé une procédure de divorce et nous avons tous déménagé en France, à Paris. Charles a disparu et n'a plus donné signe de vie, enfin… jusqu'à aujourd'hui. »

Tout le monde fit silence, assimilant ces nouvelles.

« Il faut la sauver. Il faut faire quelque chose, avant que ce fou la livre aux scientifiques d'ici », déclara Kadaj en frappant du poing sur la table.

« Comment ? On n'a aucune piste ! » dit Sylvain.

Soudain, Tommy se leva et hurla vers sa mère : « Je te déteste ! »

Puis il s'enfuit. Isabelle voulut le poursuivre, mais Lucrécia l'arrêta.

« Laissez, je m'en occupe. »

Elle monta jusque dans la chambre du petit garçon et le vit assis sur son lit, en larmes.

« Tommy ? C'est moi. »

Le petit garçon leva des yeux ruisselants de larmes vers elle puis remit sa tête dans ses bras. Fermant la porte, la scientifique s'assit près de lui.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? »

« Maman… elle m'aimait pas, hein ? Elle me voulait pas ! Elle m'a juste fait venir au monde pour sauver Kylie, tu l'as entendue ! »

Lucrécia fit « non » de la tête, l'air affolé.

« C'est faux, voyons ! Essaie de la comprendre, c'était très dur pour elle, tu sais ? Elle était avec un homme qui ne l'aimait pas et qui se servait d'elle ! Mais tu crois qu'elle t'aurait gardé avec elle, si elle ne t'aimait pas ? Elle aurait fui avec Kylie seulement ! »

Tommy cligna des yeux, l'air ahuri.

« Tiens, c'est vrai, ça… »

Avec un sourire réconfortant, Lucrécia le prit dans ses bras. Le petit garçon lui rendit son étreinte.

« Crois-moi, je sais ce que ta mère a vécu, je connais ce genre d'épreuve. »

« Ah bon ? Tu as vécu ça aussi ? »

La jeune femme se crispa, mais fit tout pour ne pas afficher sa peine. Tommy perçut pourtant sa douleur. Se mettant debout sur le lit, il se pencha… et embrassa Lucrécia sur la joue.

« Pardon, tante Lucrécia, je n'en parlerai plus ! Merci de m'avoir remonté le moral. Maman est toujours dans la cuisine ? »

« Heu… oui », dit Lucrécia, émue.

« Alors je vais me réconcilier avec elle, merci ! »

Tommy sortit en coup de vent.

Tante Lucrécia… Il m'a appelé tante Lucrécia ! pensa la jeune femme en caressant sa joue rouge d'émotion.

Sylvain apparut dans l'entrebâillement.

« Lucrécia, vous venez ? On sort, on va mener notre enquête. »

Acquiesçant, la jeune femme descendit avec le Cetra dans la cuisine. Mené par Kadaj, le groupe sortit et se dirigea vers la place Gambetta.

Il commençait à faire nuit dehors, le ciel prenait une teinte violette. Beaucoup de gens continuaient de marcher sur la place.

Kadaj ne put s'empêcher de comparer cette place avec celle d'Edge, où se dressait autrefois le mausolée. La seule différence était que sur cette place se dressait une fontaine. Et il y avait beaucoup d'arbres et de boutiques diverses tout autour. Tout était plus coloré, plus vivant.

Une fois arrivés sur la place, tous regardèrent autour d'eux. Par où commencer ? Et que chercher, au juste ?

Soudain, Sora courut vers un mur et revint avec un sac à dos.

« C'est celui de Kylie, ce sont ses affaires de classe ! » dit Lucrécia en fouillant dedans.

« Elle était donc là, pile à cet endroit quand son père l'a enlevée », dit Sylvain.

Soudain, un bruit de sonnerie retentit. Le jeune Cetra sortit son portable et lut qu'il s'agissait d'un appel inconnu.

« Allô ? » dit-il en décrochant.

« Allô ? Vous m'entendez ? » dit une voix d'homme.

Soudain, Kadaj vint placer son oreille près du combiné, suivi de Lucrécia et Sora.

« Eh, mais ! Faut pas vous gêner ! » dit le Cetra.

« Chut ! » dit Kadaj.

« J'ai repris ma fille. J'ai pris son portable, il y avait votre numéro dessus. Vous êtes un de ses amis ? »

Sylvain n'eut pas le temps de répondre. Kadaj lui arracha le portable et prit la parole.

« C'est vous, Charles Stevens ? »

« Heh, heh ! Un autre est là ? Vous êtes plusieurs, non ? » dit la voix, amusée.

« Rendez-nous Kylie ! Vous n'avez aucun droit sur elle. »

« Bien sûr que si, je suis son père ! »

« Rendez-la nous, ou je vous jure que vous le regretterez ! Pourquoi l'avez-vous enlevée ? »

« Elle ne vous a jamais communiqué son secret ? Isabelle avait pourtant fait cette bêtise. »

« Peu importe, rendez-la nous ! »

« Hum… Vous semblez fort déterminé… Je suis curieux, je vais vous défier, je veux voir si vous êtes plus dignes d'elle que moi. »

« Un défi ? »

« Oui. Primo : rendez-vous devant l'école Riblette, dans le vingtième arrondissement. Trois minutes chrono, dès que j'aurai raccroché. À plus ! »

Et sur ces mots, il raccrocha. Le choc passé, Kadaj raccrocha et fit signe à tout le monde de courir avec lui.

Surpris, tous obtempérèrent, tant son ordre était autoritaire. Ils se mirent tous à courir au bas de la rue des Pyrénées, une des rues reliées à la place, puis prirent une rue à gauche, une autre à droite et débouchèrent sur la rue donnant à l'école primaire Riblette.

« On a réussi ! » dit Lucrécia, les joues rosies par l'effort.

« Mais y'a pas un chat dans cette rue ! » dit Sylvain.

« EH ! On est arrivé en moins de trois minutes ! Montrez-vous ! » cria Kadaj.

Tout le monde attendit, aux aguets. Soudain, le téléphone de Sylvain se remit à sonner. Kadaj décrocha.

« Allô ? »

« Défi n°1 gagné ! Maintenant, défi n°2… »

« EH ! MINUTE ! Nous avons gagné, alors rendez-nous Kylie ! »

« Non, non, non ! Si vous ne passez qu'un défi, ce serait trop simple ! Ma fille aurait-elle peu d'importance, à vos yeux ? Heh ! Heh ! Heh ! »

« Espèce de sale… » grinça Kadaj.

« Défi n°2 : rendez-vous devant le supermarché Auchan de la station de métro Gallieni. Trois minutes chrono, une fois de plus. »

« Hein ? Mais… minute ! C'est trop loin, en trois minute, ça ! »

« Oh, quel dommage ! Je risque d'avoir déjà vendu ma fille, d'ici là. On vient déjà de m'offrir différentes sommes, de la part de plusieurs sociétés… Heh ! Heh ! »

Puis il raccrocha.

« ON FONCE ! » hurla Kadaj.

Le groupe courut au bout de la rue, prit une autre en haut vers la gauche, puis tout droit, vers une autre place qu'ils contournèrent sur la droite et longèrent une autoroute.

« On va y arriver ! » dit Lucrécia.

En effet, le bâtiment du supermarché apparut dans leur champ de vision. Deux minutes et cinquante secondes s'étaient écoulées quand ils gravirent les marches menant à l'entrée.

Ils entendirent soudain une sonnerie de téléphone. La cabine téléphonique à gauche de l'entrée sonnait !

« C'est là ! » dit Kadaj.

Il courut vers l'endroit, quand un passant le devança. Il décrocha.

« Allô ? »

Kadaj poussa un cri, catastrophé. Sylvain prit de la vitesse et fonça sur le passant.

« POUSSEZ-VOUS ! Y'a urgence, navré ! » dit-il au pauvre type qui recula, effrayé en voyant ce fou foncer vers lui.

Kadaj rattrapa le combiné qui pendait dans le vide, et dit :

« Allô ? »

« Défi n°2 : perdu. »

Lucrécia et Sora rejoignirent les garçons. Elles étaient essoufflées.

« Hein ? ! Mais attendez ! On est arrivé en moins de trois minutes ! » dit Kadaj.

« Quelqu'un d'autre a répondu. Donc vous avez perdu ! Vous n'aurez jamais ma fille. »

« Mais… vous n'avez pas dit que vous iriez aussi vite dans vos jugements ! » gémit Kadaj, désespéré.

« Trop tard, je m'en fiche ! N'espérez pas recevoir un autre appel. J'appelle le meilleur acheteur, Kylie est vendue, j'empoche l'argent. Adieu ! »

Puis il raccrocha.

« Hein ? ! ATTENDEZ ! Mais… EH ! EEEEEEEEEEEEEEEEH ! ALLÔ ? ALLÔ ?! »

Sylvain, Lucrécia et Sora échangèrent un regard découragé. Kadaj resta immobile.

Le combiné collé contre l'oreille, la sonnerie retentissait en écho dans ses oreilles.


Je sais, je suis ignoblement sadique, désolée !

Mais vous avez pu constater dans ce chapitre que je fais la liaison avec le monde de Final Fantasy VIII. Ouais, c'est volontaire.

Envoyez-moi des reviews, s'il vous plaît, ça m'aidera pour la suite, parce que je sèche un peu, là, j'avoue. Et les reviews donnent un coup de fouet incroyable, j'avoue.

Bon, à plus !