Chapitre 13 La promesse que je reviendrais pour toi

Point de vue d'Harry :

Le lendemain de notre conversation d'avec Sirius dans la salle commune et par l'intermédiaire de la cheminée, nous nous réveillâmes de bonne heure, mangeâmes notre petit déjeuner dans la grande salle et nous allâmes en cours. La plupart de ceux-ci étaient en commun tandis que pour d'autres, Ron et moi étions dans des cours séparés qu'Hermione parce qu'elle avait choisi d'autres options différentes que nous deux.

Au milieu de la journée, nous nous dirigeâmes tous les trois dans une classe presque vide excepté pour quelques élèves ayant eu la même idée que nous, profitant de notre moment de libre plutôt rare à l'intérieur du château à cause de la forte pluie tombante à l'extérieur des murs de Poudlard. Nous entrâmes dans la salle de cours presque déserte et nous marchâmes vers un coin isolé de la pièce. En regardant autour de moi une fois que je fus installé à une table avec Ron et Hermione, je remarquai immédiatement que Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard flottait autour de la pièce en jetant des boulettes de papier et des bouteilles remplies d'encre, bref… il avait encore décidé de jouer des tours sur les élèves. À chaque fois qu'il visait notre groupe, nous essayions de l'esquiver avec nos livres et la plupart du temps les boulettes et bouteilles s'écrasaient contre les murs. Le problème avec les bouteilles d'encre, c'était de l'encre momentanément indélébile de couleur rose bonbon, une invention des jumeaux.

Hermione était plongée dans ses pensées et dans son propre monde, surement réfléchissant à quelque chose qui la troublait fortement. Ron regardait par l'une des fenêtres de la pièce où on pouvait voir une fine couche de buée recouvrant la vitre, des filets de pluie coulaient le long de celle-ci. Quant à moi, j'observais du coin de l'œil les tentatives de Peeves pour bombarder les quelques élèves dans la classe avec nous. Certains qui étaient chanceux parvenaient à repousser les projectiles tandis que les autres… Eh bien, disons qu'ils étaient recouverts de couleur rose partout sur eux. Un sourire amusé se dessina sur le bout de mes lèvres en voyant le résultat. On dirait que cette invention allait marcher pour les jumeaux après tout.

« J'espère que ça va rapidement se lever parce que t'imagine quand même pas que je vais aller à l'entrainement de Quidditch avec un temps pareil… » Dis Ron avec un air dégouté en regardant dehors. « Qu'est-ce qu'il y a, Hermione ? » demanda Ron quand il se fut retourné et se rendit compte qu'Hermione était bien trop silencieuse.

Hermione contemplait également la fenêtre luisant de pluie, mais elle ne semblait pas la voir. Elle avait le regard perdu ailleurs ainsi qu'absent avec des yeux vides de toutes émotions et les sourcils froncés. Elle m'inquiétait de plus en plus de ne pas agir comme à son habitude quand elle n'arrêtait pas de parler sans cesse et sans te laisser le temps de répondre à quoi que ce soit.

« J'étais seulement en train de penser… » Dit-elle sans quitter des yeux la fenêtre ruisselante d'eau après une minute ou deux de silence.

« À propos de Patmol et ce qu'il a dit ? » demandais-je en devinant et en connaissance de cause.

« Non, pas exactement… » Répondit lentement Hermione en tournant sa tête quand même pour me regarder dans les yeux et pour ensuite baisser ses yeux sur ses mains aussi rapidement en commençant à les tortiller ensemble.

Un signe qu'elle était nerveuse et inquiète au sujet de quelque chose qui la tracassait.

« Je me demandais seulement si -… J'imagine que nous avons raison de faire ce que nous faisons… à propos de vouloir donner des cours de défense aux autres… Pas vrai ? » Demanda-t-elle en relevant la tête timidement pour regarder au-dessus de mon épaule en évitant à tout prix mes yeux.

Ron et moi, nous échangeâmes un bref regard avec l'autre avant de regarder Hermione avec confusion, mais Ron ignora toutefois celui-ci et décida de prendre la parole.

« On comprend mieux maintenant pourquoi tu étais si silencieuse et si calme… » Commença Ron. « … ça nous aurait déçus si tu ne t'étais pas expliqué clairement sur cela. » Acheva-t-il.

Pourquoi fallait-il qu'à chaque fois, il m'implique dans ses explications ?

Hermione se tourna vers lui comme si elle venait tout juste de remarquer sa présence. Pas une nouveauté en soi, j'avais remarqué récemment qu'elle prenait de plus en plus ses distances avec lui et cela depuis un bon moment maintenant. Si je devais être tout à fait honnête, j'avais remarqué que son changement d'attitude envers Ron avait commencé en plein milieu de notre quatrième année, plus dans la période de Noël. Surement après son altercation qui avait été assez violente avec Ron au bal pendant le tournoi des trois sorciers.

« J'étais en train de me demander… » Dit-elle d'une voix plus assurée et déterminée. « … si nous avons raison d'organiser ce groupe de défense contre les forces du mal… Que faire si nous nous faisons prendre ? Nous risquons gros là-dedans cette fois-ci. C'est que je ne veux pas être renvoyé… C'est tout… » Continua-t-elle avec franchise et en haussant les épaules à la fin de son explication.

« Quoi ? » nous exclamâmes-nous avec Ron aussitôt d'une même voix dans l'incrédulité même si dans un sens je comprenais son point de vue et son raisonnement.

« Hermione… C'est toi qui as eu cette idée en premier lieu je te le rappelle ! » S'indigna Ron avec reproche.

« Je sais… » Admit-elle en se tortillant les doigts.

« Hermione, je veux savoir une chose très importante… » Commençais-je avec détermination et un visage grave en la regardant droit dans les yeux.

« Est-ce plus important pour toi de réussir Poudlard et d'avoir une carrière comme celle que tu désires tant ou bien… Préfères-tu risquer tout cela au profit de ta propre vie, mais aussi de celles des autres ? Réfléchis un peu… Ce n'est pas avec ce que nous apprenons avec Ombrage ou avec les professeurs de défense que nous avons eu jusqu'à présent hormis Remus que nous allons avoir une chance de survivre une fois en dehors de ces murs… Il est important de savoir se défendre pour nous, mais aussi pour protéger les autres ainsi que les personnes qui nous sont proches comme la famille et les amis. Je sais que je n'ai plus de famille à part pour Sirius et Remus. Je ne sais ce que c'est d'en avoir une, mais crois-moi quand je te dis que si mon père ou ma mère étaient encore vivants, je ferais tout en mon pouvoir pour les protéger quoi qu'il puisse m'en couter. Ne ferais-tu pas la même chose pour tes parents ? Tes parents qui sont non-magiques et qui n'ont pas la chance de se défendre contre des mangemorts ou Voldemort lui-même… » Dis-je avec fougue et passion.

En regardant Hermione, je pus la voir avec des yeux remplis de larmes. Je savais que j'avais touché un point sensible en mentionnant ses parents, mais il fallait qu'elle comprenne que nous étions en guerre et que c'était tout ce qui comptait. C'était soit te retrouver mort parce que tu n'avais pas les bonnes connaissances et assez de formation ou alors tu avais une chance de t'en sortir vivant. Je jetai un rapide coup d'œil vers Ron pour le voir avec des yeux abasourdis et la bouche grande ouverte comme un poisson pour qu'ensuite, il la referme et que ses yeux deviennent réfléchit.

« Whoa compagnon… Je ne pensais pas que c'était comment, tu voyais vraiment les choses, mais je suis tout à fait d'accord avec toi. Il n'est pas important si nous réussissons Poudlard ou non, ce qui importe c'est de sortir de là en un seul morceau ainsi que de sauver autant de vies que possible. » Dit-il d'une voix très sérieuse.

Je souris doucement à cela, ce Ron-là me manquait. Peut-être qu'il y avait un espoir que finalement je n'avais pas complètement perdu mon meilleur ami. Qui sait… Seuls le temps et l'avenir nous le diront…

« Je comprends ton point de vue, Harry… Crois-moi, je le fais vraiment… mais après avoir parlé à Patmol… » Commença-t-elle d'une voix inquiète et mal assurée.

« Il est tout à fait d'accord avec ce sujet. » Fis-je remarquer d'un ton grave et avec des yeux plissés.

« Oui, en effet. » Dis Hermione en regardant à nouveau par la fenêtre. « C'est justement pour cette raison que je me demande si c'est une bonne idée après tout… » Tenta-t-elle d'expliquer, mais je l'interrompis avant qu'elle ne puisse aller plus loin.

« Alors c'est ça, hein ? Explique-moi un peu ton raisonnement… Peut-être que ça va m'éclairer ! » Dis-je avec colère tandis que je fis tomber d'un geste brusque un de mes livres sous ma fureur. « Sirius est d'accord avec nous et approuve ce que nous avons l'intention de faire pour permettre aux autres d'avoir une chance si les choses se terminent mal et donc, pour cette raison, tu crois que nous devrions plus le faire dans ce cas ? Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que Sirius a une bonne idée, presque tout le monde doute de lui ou est contre lui? » Demandais-je de façon exaspérée et en me sentant trahi ainsi que blessé de ses mots pour Sirius.

Merde quoi ! Il n'avait jamais rien fait pour qu'on le juge de cette façon. Peu importe ce qu'il faisait, il était constamment jugé que ce soit dans ses paroles franches ou dans ses gestes et mouvements. Je pensais qu'Hermione était différente des autres, mais apparemment, je me trompais. Au moins, je savais que je pouvais compter sur les jumeaux et Gin.

Hermione parut tendue et bouleversée que je m'énerve de la sorte et surtout contre elle ainsi que d'avoir réussi à me mettre en colère. Ses yeux étaient à présent fixés sur ses mains se tenant l'une à l'autre en se resserrant comme une ligne de vie ou que c'était la seule chose qu'il restait, la chose la plus importante.

« Tu as vraiment confiance en son jugement ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix sans oser croiser mon regard.

« Comment oses-tu me poser une telle question ! Absolument que j'ai confiance en son jugement et en lui ! Il nous a toujours donné de bons conseils ! » Répondis-je aussitôt en me levant de ma chaise dans laquelle j'étais assis depuis le début de la conversation provoquant des regards curieux s'adressant à notre table par les autres élèves présents dans la même pièce que nous. « S'il y avait bien une personne que je pensais qui ne le jugerait pas comme les autres, c'était toi, Hermione, mais tu me prouves que je me trompais… » Murmurais-je amèrement en secouant la tête dans la déception pour ensuite me retourner et sortir de la classe en claquant la porte derrière moi dans un bruit sonore.

Je savais que je faisais une scène, mais pour le moment, je m'en fichais complètement. Je savais aussi que les élèves avaient leurs yeux fixés sur notre groupe et sur moi en particulier lors de mon départ, mais franchement ça me préoccupait peu. Je savais aussi que les rumeurs de ce qui s'était passé et de mon emportement allaient très vite circuler à travers le château surtout qu'il était rare que je me dispute ou m'énerve contre l'un de mes meilleurs amis surtout Hermione, mais là, elle avait été trop loin. Je pensais vraiment qu'elle était différente des autres et que je pouvais compter sur elle, mais apparemment c'était une erreur de penser de cette façon et c'était aussi trop demander qu'elle me soutienne dans tout cela.

« HARRY ! » cria la voix troublée d'Hermione de derrière moi quand je fus presque au bout du couloir, mais je ne me retournais pas pour lui montrer que je l'avais entendu.

Je ne répondis pas préférant l'ignorer et je continuai à marcher le long du couloir. J'étais en colère et j'avais besoin de me calmer, pour ce faire je devais être seul. Mais je la connaissais, je savais qu'elle n'allait pas abandonner aussi facilement.

Au bout de quelques minutes, j'entendis le bruit de pas précipités se rapprocher de moi de plus en plus. Un instant plus tard, Ron et Hermione m'arrivèrent et ils s'installèrent tous les deux sur chaque côté de moi. Je ne dis rien. Après un moment de silence pesant, je jetai un coup d'œil sur le côté sur Ron et Hermione pour voir cette dernière avec une expression réfléchie. Surement en train de choisir soigneusement les bons mots pour ne pas me froisser et m'énerver une nouvelle fois.

« Tu ne crois peut-être pas qu'il est devenu un peu… Comment dire… Téméraire depuis qu'il est enfermé dans cette maison et qu'il n'a pas le droit de sortir à l'extérieur de ces murs ? Tu ne crois pas que… il aurait tendance à vivre à travers nous, à travers toi… Par nos expériences que nous vivons ? » Dit-elle d'une voix calme et posée tout en restant prudente.

« Qu'est-ce que tu veux dire par vivre à travers nous ? » s'étonna soudainement Ron en la regardant avec confusion par-dessus mon épaule. C'était bien ce que je voulais savoir moi aussi.

« Je veux dire par là que je pense qu'il aimerait beaucoup fonder lui-même une société secrète de défense ou quelque chose comme ça juste sous le nez de quelqu'un du ministère… Je crois qu'il se sent très frustré, voire agacé de ne pas pouvoir faire grand-chose de là où il est au risque de se faire prendre… J'ai l'impression qu'il nous pousse à agir à sa place. » Déclara-t-elle d'une voix sereine et informative.

Ron sembla abasourdi des observations d'Hermione, je ne lui en voulais pas. Au contraire, j'étais dans le même état d'esprit que lui pour un changement. C'était vrai que Sirius était très souvent une personne irréfléchie, il agissait avant de penser. Pour cela, j'étais parfois comme lui, mais c'était qui nous étions, nous étions des personnes d'actions.

« Et alors… Que faire si c'est le cas ? Je pense qu'il a le droit de le faire après avoir été enfermé pendant toutes ces années pour un crime qu'il n'a même pas commis… Tu imagines un peu ce qu'il doit ressortir… Il a été enfermé dans une cellule où il ne pouvait rien faire et là, maintenant qu'il avait réussi à être libre… Dumbledore l'oblige à rester cloitrer dans les murs d'une maison qu'il déteste plus que tout et qu'il a toujours méprisée depuis son enfance... Même s'il essaie de vivre à travers nous, à travers moi, c'est encore une bonne idée de faire ces cours particuliers ! » M'exclamais-je vexé de ses paroles. « Où est ton courage de Gryffondor à moins que le choixpeau magique se soit trompé… » Ajoutais-je d'une voix un peu plus dure que je ne l'aurais voulu quand je vis Hermione tressaillir.

« Harry a raison et tu le sais, Hermione… C'est une bonne idée. Tu sais… Sirius a raison aussi à propos d'une chose… » Murmura Ron après un court silence en rompant la tension et mon humeur massacrante.

« À quel sujet ? » demanda Hermione confuse en le regardant avec sa tête tournée vers lui de façon dubitative avec des sourcils froncés.

« Tu parles exactement comme ma mère. » Répondit-il dans un ton de reproche avec une expression horrifiée sans doute en imaginant une autre madame Wesley sur son dos.

À ce commentaire, Hermione le regarda de façon meurtrière et elle se mordit dangereusement la lèvre sans rien dire pour ne pas répliquer quelque chose.

Trois jours plus tard, Angelina avait reçu l'autorisation pour l'équipe de Quidditch de Gryffondor à s'entrainer à nouveau. Avec Ron, nous étions dans les vestiaires après l'entrainement. Il me regardait de façon inquiète, car j'avais mal à ma cicatrice une nouvelle fois et c'était vraiment très douloureux. D'ailleurs, j'avais émis un cri lors de l'entrainement, mais très vite, je l'avais couvert en trouvant une excuse banale en ayant mis mon doigt dans l'œil.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Ron dès qu'Alicia avait franchi la porte des vestiaires après m'avoir vu grimacer une énième fois de douleur et en frottant l'endroit sur mon front qui me faisait tant de mal.

« C'était la cicatrice… N'est-ce pas ? » Poussa-t-il quand je ne répondis pas.

J'acquiesçai d'un signe de tête dans la confirmation pas vraiment envie de m'attarder sur cela, mais connaissant Ron, je savais qu'il n'allait pas laisser passer si facilement.

« Mais-… » Commença-t-il d'un air terrifier ne sachant pas quoi dire d'autre.

Le visage effrayé, Ron s'approcha de la fenêtre près de laquelle il était et regarda au-dehors la pluie battante qui continuait à tomber.

« Il ne peut pas se trouver à proximité ? Pas vrai ? » Demanda-t-il anxieusement en dardant ses yeux un peu partout en examinant frénétiquement par la fenêtre à l'extérieur après quelques minutes de silence.

« Non, il n'est pas là ou proche de nous. » Répondis-je en grommelant. Je le saurais si c'était le cas.

Après avoir dit cela, je me laissai tomber sur un des bancs en bois du vestiaire avec lassitude et épuisement puis je frottai ma cicatrice machinalement avec ma paume. J'étais si fatigué de tout cela.

« Il est probablement à des kilomètres lumières loin d'ici. Ça me fait mal parce que je pense qu'il-… je pense qu'il est en colère et de mauvaise humeur. » Tentais-je d'expliquer vainement en ne sachant pas comment le mettre en mot ou comment je le savais. J'avais juste cette sensation au fond de moi que c'était ça, peut-être s'agitait-il d'une intuition… Qui sait…

Je n'avais pas eu l'intention de dire cela à Ron, mais avant que je puisse réfléchir, ils étaient sortis. J'entendis mes propres paroles comme si elles venaient d'un étranger et non de ma propre bouche. Je ne comprenais pas. Pourtant, malgré cela, je sus tout de suite que ces paroles étaient vraies. J'ignorais comment je le savais cependant, mais c'était le cas. Voldemort était d'une humeur massacrante.

« Tu l'as vu ? » demanda Ron de façon horrifiée. « Tu as eu une sorte de vision ou un truc dans ce genre ? » poursuivit-il en se tournant vers moi brusquement dans l'inquiétude.

Je restai assis immobile, les yeux fixés sur mes chaussures boueuses laissant mon esprit et ma mémoire se détendre après l'intensité de la douleur que j'avais subit plus tôt.

« Il veut que quelque chose soit fait et ça ne se passe pas comme il le voudrait, ni assez vite à son goût. Je pense que ça à voir avec la fameuse arme qu'il veut et dont Sirius a parlé au début de l'été » dis-je enfin tout en relevant la tête pour observer Ron qui était une nouvelle fois dos à moi et toujours en examinant le moindre changement à l'extérieur comme il l'avait été à la recherche plus tôt.

À nouveau, je fus surpris d'entendre ces mots sortir de ma bouche sans mon consentement. Pourtant, j'étais sûr que ces informations qui débitaient de ma bouche étaient vraies malgré moi. Je ne savais pas d'où cette connaissance venait et c'était très bizarre comme truc.

« Mais… comment le sais-tu ? » S'étonna Ron en se tournant avec de grands yeux me regardant fixement avec surprise et confusion.

« Je ne sais pas vraiment en fait… Je ressens en quelque sorte son humeur comme dans une sorte d'éclair ou plutôt comme un flash. Dumbledore a dit que quelque chose de ce genre-là s'était produit l'année dernière. Lorsque Voldemort était près de moi ou qu'il ressentait de la haine ou de la colère, je le savais juste. Eh bien… Maintenant, je sais aussi quand il est de bonne humeur même si c'est quelque chose de rare chez Voldemort… » Tentais-je d'expliquer.

Ron tressaillit au son du nom. Je roulai simplement les yeux à cela. Depuis le temps qu'il me côtoyait et qu'il me connaissait, il devrait être utilisé et habituer à ce que j'avais aucune crainte à prononcer ce nom.

« Merde Ron ! Grandi un peu ! » Répliquais-je vivement à son comportement peureux.

« Il faut vraiment que tu en parles à quelqu'un… ça devient grave… » Suggéra Ron avec inquiétude et appréhension tout en ignorant ma remarque cinglante que je venais de faire.

« J'en ai parlé à Sirius la dernière fois. » Me contentais-je de l'informer pour démontrer mon point de vue.

« Parle en lui encore alors ! » insista Ron avec un regard suppliant.

« Je voudrais le faire… Crois-moi, je le voudrais, mais c'est impossible avec Ombrage. Je ne peux plus le faire et tu le sais bien. Le vieux crapaud surveille les hiboux et toutes les cheminées de l'école ainsi que les moindres mouvements que nous faisons. Nous sommes tous sous surveillance… » Répondis-je tristement à l'idée de ne pas pouvoir contacter d'un moyen ou d'un autre Sirius et de ne plus avoir de nouvelles de lui à cause de cette vieille mégère.

« Dans ce cas… Vas à Dumbledore, je suis sûr qu'il a la solution… » tenta une fois de plus Ron en venant s'asseoir à côté de moi sur le banc en regardant les différents portraits animés des joueurs ainsi que des capitaines les plus connus qui avaient joués à Poudlard dont mon père qui agitait vivement son vif d'or en étant sur son balai tout en me regardant fixement.

Si seulement il était encore là… J'étais sûr qu'il aurait eu une idée brillante pour ma situation assez compliquée.

« Tu sais… La ressemblance entre toi et ton père est vraiment flippante. J'ai l'impression de voir des jumeaux. » Commenta-t-il avec son regard fixé sur le portrait de mon père.

« À quoi bon de toute façon que j'aille voir Dumbledore ? Il est déjà au courant d'ailleurs de ce qui se passe… En plus, j'en ai marre de devoir toujours courir après lui quand je sais qu'il fait tout en son pouvoir pour m'éviter. Il est clair qu'il ne veut pas de ma présence. S'il ne veut pas m'aider et bien tant pis, je trouverais une autre solution. » Soupirais-je en tirant une poignée de mes cheveux dans la frustration et dans l'agacement tout en veillant à ignorer sa dernière déclaration au sujet de mon père.

« Oui, je sais, mais réfléchis un peu… Je pense personnellement que Dumbledore préfèrerait le savoir… » Répliqua aussi vite Ron d'une voix forte en désaccord à mon obstination de ne pas mettre au courant le directeur, car celui-ci m'ignorait totalement depuis quelque temps ou préférait tout simplement ignorer ma présence.

Je ne réagis pas à sa remarque et me contentai de hausser les épaules puis je me levais du banc après un long moment de silence pour ensuite me diriger vers la porte des vestiaires avec un dernier regard pour le portait de mon père accompagné d'un sourire triste et mélancolique. Enfin, je sortis dans l'air froid, venteux et pluvieux de fin de soirée en faisant attention de rester bien au chaud dans ma cape et qu'aucun courant d'air ne la traverse. Sans dire un mot supplémentaire, Ron et moi, nous traversâmes le parc qui était plongé dans l'obscurité afin que nous puissions rejoindre le château et sa chaleur plus que bienvenue.

Quelle était donc cette chose qui ne se faisait pas assez rapidement au gout de Voldemort ? Ça, c'était la question que je me posais et qui me trottait dans l'esprit.

Tout en marchant vers le château, je songeais alors aux paroles que Sirius m'avait dites quand je l'avais revu quelques temps avant mon audience disciplinaire au ministère avant la reprise des cours.

« Il a d'autres projets… Des projets qu'il peut mettre en œuvre très discrètement sans que personne ne le sache… Des choses qu'il ne peut obtenir que dans le plus grand secret… Une arme par exemple. Une arme nouvelle dont il ne disposait pas la dernière fois… »

À présent, ces mots me revenaient en tête et ils me faisaient réfléchir très sérieusement à la possibilité de ce que pourrait bien être cette mystérieuse arme secrète… La colère que Voldemort ressentait avait un sens maintenant. S'il n'avait pas progressé dans la recherche de l'arme en question, quelle qu'elle soit. L'ordre avait-il réussi à le freiner, à lui compliquer les choses et à découvrir quelle était vraiment cette arme ? À quoi consistait-elle ? Où était-elle conservée ? Qui la possédait ?

Une fois rentrés dans le château, Ron et moi allâmes vers la tour Gryffondor et dans la salle commune pour nous apercevoir qu'Hermione était déjà monter aller se coucher et ne nous avait pas attendu comme elle le faisait tous les soirs, elle était surement trop fatiguée pour le faire avec la tonne de devoirs que nous avions pour le moment surtout pour les cours d'Ombrage et de potions. À croire que ce vieux crapaud malodorant empestant de parfum puant faisait exprès de nous donner du travail plus que nécessaire afin de nous empêcher de nous entrainer pour le Quidditch et donc pour être moins préparé pour les futurs matchs à venir. Ron alla lui-même se coucher ne se préoccupant pas des devoirs qu'il devait finir pour le lendemain, me laissant seul dans la salle commune. J'allai rapidement prendre une douche puis je me contentai de me mettre sur mon devoir de sortilèges en prenant mes livres pour me concentrer sur eux, mais hélas, je ne parvins pas à le faire correctement parce que j'étais bien trop fatigué d'épuisement dû à l'entrainement et au manque de sommeil à cause des cauchemars répétitifs que je faisais au sujet de Voldemort, mais aussi en revivant la mort de Cédric ou alors en visualisant ce maudit couloir dans le département des mystères au ministère de la magie.

Finalement, au bout de ce qui me semblait une très longue période, mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes, ma tête retomba sur mon livre ouvert et je m'endormis d'épuisement, mais pas avant qu'une dernière pensée aléatoire me traversa l'esprit pour qu'enfin je perde complètement conscience.

Pour quelle raison savais-je ce que Voldemort ressentait précisément ? Quelle était donc la nature de ce lien étrange qui existait entre nous deux qui nous reliait d'une façon ou d'une autre sans le vouloir et dont jamais Dumbledore ne m'avait donné une explication satisfaisante et m'ignorait quand je lui demandais plus d'informations ? Pourquoi faisait-il donc ça ?

Quelques jours avant Noël, c'était le temps qu'il nous restait avant les vacances. J'étais en train de marcher seul le long du couloir de la tour de Gryffondor ayant pour objectif de rejoindre la grande salle afin d'aller prendre mon petit déjeuner quand j'entendis un cri venant de derrière moi. Curieux de ce qui se passait, je me retournai et je réalisai bien vite qu'il s'agissait de Neville courant dans ma direction essayant de me rattraper. Je le regardai avec des sourcils froncés et j'attendis patiemment sur place jusqu'à ce qui me parvienne. Très vite, il arriva près de moi essoufflé et d'une respiration difficile ainsi que haletante.

« Harry… Je te cherchais… J'ai trouvé un endroit pour les réunions… Un endroit parfait pour ce que nous comptons faire.» Murmura-t-il en regardant les alentours s'assurant que personne n'écoutait notre conversation.

Il aurait pu jeter un sort de silence, mais Neville manquait de confiance en lui et donc il ne parvenait toujours pas à réussir ce genre de sorts. Il allait falloir que je travaille avec lui là-dessus.

« Super, Nev… Où ça ? » Demandais-je intrigué, mais aussi excité tout en fronçant les sourcils dans la confusion me demandant où était cet endroit.

« C'est au septième étage… Je ne savais pas que cet endroit existait jusqu'à ce que je le voie de mes propres yeux. Toute à l'heure, je voulais un endroit pour fuir Malfoy et sa bande d'imbéciles quand aussi rapidement que je l'ai pensé, une porte est apparue de nulle part dans le mur. Je vais aller prévenir les autres… Toi, vas-y… Il faut juste que tu penses très fort à ce que tu veux ou à ce dont tu as besoin et la porte apparaitra… » Expliqua-t-il.

Je le regardai un instant avec des yeux choqués et surpris, mais je ne dis rien. Neville me dépassa et partit en direction de la grande salle à la recherche des élèves qui s'étaient inscrits pour les cours particuliers de défense contre les forces du mal. Avec un dernier regard autour de moi, j'allai vers les escaliers et montai jusqu'au septième étage. J'espérais seulement qu'ils n'allaient pas en faire encore qu'à leurs têtes comme ça arrivait le plus souvent, bien trop souvent. Tout en grimpant les escaliers, je réfléchis brièvement en essayant de visualiser dans ma tête la carte des maraudeurs à la recherche de cet endroit mystère, mais je ne parvins pas à m'en souvenir. Soit il n'était pas sur la carte ou alors c'était moi qui ne m'en souvenais pas.

Enfin, après quelques minutes, j'arrivai au niveau du septième étage et je décidai d'attendre les autres devant l'endroit où avait mentionné Neville. Finalement, ce sont Ron et Hermione accompagnés de Ginny, Luna et Neville qui se présentèrent les premiers. Sans attendre plus longtemps, je réfléchis durement à ce que Neville m'avait expliqué de faire pour faire apparaitre l'entrée.

Il nous faut un endroit pour appendre à nous battre et à nous défendre… Donnez-nous un lieu pour nous entrainer et nous former convenablement… Quelque part où on ne pourra pas nous trouver et nous entendre… Pensais-je avec force et détermination en me concentrant et en faisant les cent pas de long en large à travers le couloir et devant le mur.

Brusquement, une porte de bois en chêne massif apparut dans le mur. Ron la regarda d'un air méfiant et douteux. Prudemment, je tendis ma main avec lenteur, je saisis la poignée en cuivre, ouvris la porte dans un grincement et je pénétrai en premier dans une pièce spacieuse et vaste, elle était très grande et illuminée par des torches suspendues les longs des deux murs latéraux. Des bibliothèques s'alignaient le long des murs et jusqu'au haut des plafonds de la pièce. De grands coussins rouges et or des couleurs Gryffondor ainsi que celles de Serdaigle et Poufsouffle étaient posés sur le sol en guise de sièges. Au fond de la pièce, des étagères étaient chargées de divers instruments et une glace à l'ennemi était placée debout dans un coin et dans le fond de la grande salle qui allait nous servir d'espace d'entrainement et de formation.

« Je pense que nous devrions nous donner un nom. Ça serait plus agréable… » Dis Hermione d'une voix joyeuse à l'attention des autres élèves présents après qu'ils soient tous arrivés en venant se mettre de mon côté gauche tout en regardant avec attention chaque personne dans la pièce.

Un silence suivit sa proposition laissant à tout le monde un moment de réflexion afin de nous permettre d'envisager les meilleures possibilités de noms pour notre groupe de défenseurs. Au bout de plusieurs minutes, ce fut finalement Angelina qui brisa le long silence.

« On a qu'à s'appeler la ligue des champions anti-Ombrage. » Proposa la capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, avec optimisme et un grand sourire.

« Ou alors… Le front de libération contre les crétins du ministère. » Interrompirent Fred et George d'une même voix comme à leur habitude en suggérant leur propre idée avec de grands sourires moqueurs et en frappant la main de l'autre.

« Moi, je pensais plutôt à un nom qui ne dévoilerait pas tout de suite ce que nous faisons véritablement. Comme ça, on pourra en parler sans risque d'être entendu en dehors des réunions. » Reprit Hermione en fronçant les sourcils à Fred et George tout en leur adressant à tous les deux un regard noir dans la désapprobation face à leur idée.

« Bah quoi… Je trouve que c'est une bonne idée… » Dis Fred dans un ton désinvolte en haussant les épaules et en faisant un sourire narquois à George et à moi-même.

Un nouveau silence se fit où tout le monde réfléchissait intensément à un nom approprié qui comme l'avait dit Hermione ne dévoilerait pas trop d'informations, car nous devions quand même rester discrets et cela devait impérativement être gardé secret. Je n'avais pas vraiment envie de me faire prendre ou de risquer non seulement mon renvoi, mais aussi celui des autres pour enfreindre les règles du ministère quant à la formation de groupes de ce genre qui était une chose illégale du point de vue du ministère de la magie. Tous les élèves dans cette pièce croyaient en moi et je ne voulais pas les décevoir. Je ne voulais pas non plus les trahir. En plus, j'avais déjà assez le ministère sur mon dos comme il l'était déjà, je ne voulais pas empirer les choses.

« Peut-être… L'association de défense ? » Risqua Cho. « Ça donnerait l'AD en abrégé et personne ne saurait ou ne pourrait deviner la signification réelle à moins d'être un des membres intérieurs du groupe. » Finit-elle brillamment avec un sourire timide tout en me fixant et en rougissant par la même occasion.

À cela, Hermione se rapprocha de plus près de moi et se colla contre mon côté tout en ne quittant pas Cho des yeux en lui envoyant un regard noir. Intéressant…

« C'est pas mal du tout… L'AD… » Intervint Ginny en approuvant d'un signe de tête avec un visage réfléchi. « Mais… ça serait mieux si ça voulait dire autre chose… C'est trop flagrant pour les autres et ça révèlerait ce que nous faisons. Je ne sais pas… Peut-être que ça sonnerait mieux si nous nous nommons l'Armée de Dumbledore. En plus, c'est la pire crainte du ministère que Dumbledore créer sa propre armée et ça, tout le monde le sait… » Termina-t-elle en regardant chacun d'entre nous pour s'arrêter enfin sur moi avec un sourcil relevé dans le questionnement en me demandant silencieusement mon avis ainsi qu'avec un sourire narquois planté sur son visage.

J'hochai la tête avec approbation, Ginny sourit largement avec des yeux pétillants de fierté due à son idée. Il y eut alors un mélange d'éclats de rire au commentaire de Ginny ainsi que des murmures excités à l'idée géniale du nom de notre groupe.

« Tout le monde est d'accord avec cette suggestion ? » demanda Hermione en regardant autour d'elle pour la confirmation.

Chacun et chacune se trouvant dans la pièce et s'ayant inscrit pour les cours de défenses contre les forces du mal hocha la tête dans l'approbation du nom de notre groupe. Ensuite, Hermione s'agenouilla sur un grand coussin de grande taille et commença à compter toutes les mains levées de tout le monde.

« Donc… Ce qui nous fait une majorité… Le nom l'Armée de Dumbledore est adopté à l'unanimité et avec succès ! » Déclara Hermione avec enthousiasme en faisant un grand sourire rayonnant.

Après cette déclaration, elle épingla par la suite le parchemin qui portait tous les noms et signatures des élèves des cours particuliers sur le mur près de la glace à l'ennemi où se trouvait déjà la photo de l'ordre du phénix original lors de la première guerre contre Voldemort ainsi que la photo de Cédric Diggory que j'avais mise là-bas en hommage, c'était l'une de ses dernières photos qui avait été prise lors du tournoi des trois sorciers. Puis, Hermione écrivit en grosses lettres majuscules sur le haut du document l'intitulé du groupe.

…ARMEE DE DUMBLEDORE…

Cela fait et le parchemin bien installé, Hermione fit quelques mouvements discrets sur celui-ci en jetant un sort. Je ne pouvais pas entendre la formule qu'elle prononçait, car j'étais trop loin. Hermione revint après cela sur mon côté et les élèves qui étaient arrivés en dernier lieu regardèrent tout autour d'eux dans la stupéfaction et dans l'émerveillement. Il était vrai que ce n'était pas tous les jours que nous avions affaire à un tel endroit.

« Whoa ! C'est quoi cet endroit en fait ? » Demanda Dean Thomas en regardant autour de lui avec des yeux choqués et incrédules.

« C'est la salle sur demande… » Répondit simplement Hermione en marchant en avant et en allant vers la glace à l'ennemi afin d'observer la représentation de l'ordre au complet de la Première Guerre.

« La quoi ? » demanda Ron sans comprendre la signification ou le moindre mot que disait Hermione pourtant ce n'était pas si compliqué que ça à comprendre. Il observait autour de lui d'un air perdu et paumé.

« D'après un des livres sur l'histoire de Poudlard… On appelle cet endroit, la salle sur demande ou bien la pièce va-et-vient ou encore la salle sur exigence, elle porte plusieurs noms. La salle sur demande n'apparait seulement que si on en a vraiment besoin. Elle contient et nous apporte toujours ce que nous cherchons et ce qui peut nous aider. » Expliqua Hermione sans bouger ou se retourner.

« Du genre… Si on a besoin d'aller aux toilettes ? » Demanda Ron.

Aussitôt, la salle sur demande se transforma en salle de bain. Je roulai des yeux à cela. C'était vraiment typique de Ron d'envisager un truc dans ce genre.

« Charmant, Ronald… Vraiment très charmant… Mais en gros, c'est ça l'idée. » Répliqua-t-elle en se tournant, mais son attention était sur moi avec une expression de curiosité. Je me demandais bien ce qui la rendait si curieuse.

« C'est génial ! C'est comme si Poudlard voulait que l'on puisse se défendre… » M'exclamais-e avec espoir et excitation en me frottant les mains énergiquement dans l'enthousiasme après quelques secondes.

Tout le monde hocha la tête dans l'accord à ma déclaration et ils se perdirent dans leurs propres pensées. Bien vite, la salle commença petit à petit à se vider pour finalement me laisser seul avec Hermione car Ron voulait aller s'entrainer dehors pour son poste de gardien de Quidditch, il voulait s'améliorer encore plus parce que pour être honnête ce n'était pas vraiment ça. Hermione me sourit puis elle se retourna et examina une nouvelle fois la photo avec attention. Me demandant ce qui lui trottait dans la tête et ce qui la troublait, je m'avançai et me dirigeai vers l'endroit où elle se tenait debout face à la glace à l'ennemi.

« Qui est-ce ? » demanda-t-elle en désignant la femme à côté de mon père sur la photo du premier ordre du phénix une fois que je m'immobilisai sur son côté.

En regardant de plus près, je reconnus tout de suite la jeune femme en question, c'était celle dont m'avait parlé Sirius. Il m'en avait parlé quand nous étions à la gare avant que je prenne le train pour Poudlard.

« Ça, c'est Isabella… Potter… » Dis-je en jetant un coup d'œil vers Hermione.

Hermione tourna la tête dans un geste brusque et me regarda avec des yeux écarquillés où on pouvait y lire de la confusion, mais aussi de la surprise.

« Potter… mais-… Je ne comprends pas. » Murmura-t-elle en me regardant de façon réfléchie en cherchant une réponse elle-même à cette question.

« Rappelle-toi… J'en ai parlé avant notre retour ici, à Poudlard. Je l'ai mentionné dans le train… à toi, Gin, George et Fred… à ce qui semble, d'après ce que Sirius m'a dit… Elle était la sœur jumelle de mon père. Par contre, je ne sais pas si elle est toujours vivante ou non. » Murmurais-je avec des yeux perdus et fixés sur la photo.

« Je ne savais pas que tu avais une tante… » Dit-elle au bout de quelques minutes. « J'avais oublié à son sujet en toute honnêteté. Tu sais… avec tout ce qui s'est passé depuis cette conversation dans le train, il y a eu tellement de choses qui se sont produites. C'est quand même étrange que tu n'aies jamais entendu parler d'elle ou que personne ne l'ait jamais mentionné. Si ce n'était pas pour le fait que Sirius t'en ait parlé, tu n'aurais jamais su à son sujet… » Déclara-t-elle avec une légère note de reproche à la fin de son petit discours.

« Je ne savais pas non plus jusqu'à ce jour-là. Tu sais, il y a beaucoup de choses que Dumbledore a oublié de mentionner concernant ma famille, mais aussi sur d'autres choses et je ne comprends pas pourquoi il le fait. J'ai quand même le droit de savoir si j'ai encore de la famille. Tu imagines un peu ce que je dois ressentir… D'abord, il l'a fait avec Remus et Sirius quand il m'a caché leur existence pendant toutes ces années, pendant tout ce temps que je pensais que je n'avais plus personne à part une soi-disant famille avec les Dursley, une famille qui me déteste parce que je suis un sorcier et puis maintenant, il fait la même chose avec Isabella. Je n'en peux plus de ses manigances et de ses manipulations ainsi que de ses mensonges. J'avais confiance en lui, je le voyais comme un mentor, un guide. Mais en réfléchissant bien, je vois que je me trompais à son sujet. Il a réduit la confiance que j'avais en lui à néant. » Soupirais-je amèrement au fait que l'on m'ait caché un grand nombre de choses importantes surtout celle au sujet de ma tante qui était ma chair et mon sang.

« Elle est si belle… » Murmura-t-elle dans la crainte après avoir hoché la tête dans la compréhension pour ce que je venais de lui dire.

« Ouais. » Me mis-je d'accord en observant ma tante sur la photo ainsi que le comportement de Sirius sur la photo qui lui jetait des regards de côté toutes les dix secondes. « Je pense même que c'est elle, la femme mystère que Sirius aime… » Déclarais-je en me souvenant tout d'un coup de l'épisode qui avait eu lieu avec madame Wesley chez Sirius avec l'épouvantard.

« Que veux-tu dire ? » demanda Hermione en se retournant totalement vers moi pour me regarder dans les yeux avec attention et intérêt.

« Tu te souviens de ce que Ron nous a dit sur la conversation qu'il avait entendue entre Remus et Sirius ? » la questionnais-je ce qui lui valut de hocher la tête dans l'affirmation. « Eh bien… » Dis-je avec hésitation ne sachant pas comment le mettre en mot en me frottant l'arrière de mon cou et en glissant une main dans la poche arrière de mon pantalon.

« Bien sûr que je me souviens, il était sujet d'une femme et des sentiments de Sirius pour elle. » Répondit-elle en fronçant les sourcils sans comprendre vraiment où j'allais avec ça.

« Bien… Le soir où il y a eu la fête pour célébrer ta nomination en tant que préfet ainsi que celle de Ron, madame Wesley a dit qu'elle allait s'occuper de l'épouvantard du salon au square Grimmaurd avant d'aller se coucher. Quand je suis monté à l'étage pour aller moi-même dormir, j'ai entendu en passant devant le salon des pleurs venant de la pièce et donc je suis entré afin de vérifier ce qui se passait et si tout allait bien. Madame Wesley était adossée contre l'un des murs, elle était complètement tétanisée. Je ne comprenais pas ce qui se passait vraiment, c'est jusqu'à ce que je voie devant mes yeux un corps sur le sol prenant la forme des Wesley moi y compris, je savais alors qu'il s'agissait d'un épouvantard. En m'entendant crier à madame Wesley de sortir et que j'allais m'en occuper moi-même, Sirius et Remus accompagné de Fol œil sont entrés dans le salon pour constater mon corps sans vie au milieu de la pièce. Au premier abord, Sirius est resté figé sur place jusqu'à ce qu'il comprenne que j'étais bien en vie et dans la même pièce que lui à quelques mètres. En résumé, quand il a fait le contre sort sur l'épouvantard, celui-ci a pris la forme de quelqu'un d'autre, un corps sans vie appartenant à Isabella Potter… ma tante. À en croire les faits, c'est la pire crainte de Sirius avec moi étant mort… Et à la gare, il a plus ou moins mentionné sans vraiment entrer dans les détails qu'il l'aimait. » Expliquais-je comme je le pouvais sans tourner autour du pot.

« Et c'est pourquoi il est si morose… » Devina Hermione en tournant une nouvelle fois son attention sur la photo.

Pour toute réponse, j'hochai la tête et ne prononçai aucun mot pour la contredire ou quoi que ce soit d'autre parce qu'honnêtement, je ne savais pas trop quoi dire.

« J'ai une idée… Vu que tu ne sais rien sur ta tante, je pourrais -… Enfin, nous pourrions faire des recherches dans les archives de la bibliothèque. Pratiquement tous les élèves y sont archivés, mais pour l'instant, nous allons commencer par ces livres qui sont dans cette salle. Il doit bien y avoir quelque chose à son sujet… » Déclara Hermione avec enthousiasme et excitation en se retournant et en marchant vers le coin où étaient installés plusieurs coussins près des diverses étagères de livres.

« C'est une très bonne idée même… Si Dumbledore a cru bon de me cacher l'existence de la sœur de mon père… Très bien… mais je vais en apprendre davantage sur elle, d'un moyen ou d'un autre je vais en découvrir plus sur elle. J'ai le droit de savoir. J'espère seulement qu'elle est toujours vivante et qu'elle va bien… Je suis sûr que si elle n'est pas ici, c'est qu'elle a une bonne raison. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que le vieux fou est responsable de cette situation d'une façon ou d'une autre… C'est quand même bizarre qu'elle ait été absente de ma vie ou celle de Sirius depuis si longtemps. D'après lui, elle a disparu du jour au lendemain. C'est encore plus bizarre, car il m'a révélé que c'était ma tante qui m'avait trouvé en premier lieu et qui m'a confié à Sirius afin qu'elle puisse aller parler à Dumbledore… Tout cela est vraiment très étrange et il y a beaucoup trop de coïncidences… » Murmurai-je à moi-même d'une voix réfléchie.

Nous restâmes dans un silence paisible et confortable pendant un long moment après notre conversation au sujet de ma tante. Hermione rechercha activement dans les centaines de livres des informations, mais je savais que même si nous en trouvions, ça serait uniquement sur son parcours scolaire et rien d'autre. Maintenant, j'avais un objectif clair… En savoir plus sur elle et j'allais tout faire pour l'atteindre même si cela consistait à ce que je demande personnellement à Sirius ainsi qu'à Remus des informations sur Isabella Potter.

Finalement, Hermione et moi ne vîmes pas le temps passé. Malgré l'effort qu'elle mettait en œuvre, elle n'avait toujours rien trouvé de concret. Dans l'ennui, je m'étais décidé à l'aider, mais c'était sans succès. Il y avait tellement de livres dans cette salle que c'en était désespérant et sans espoir. Il nous faudrait vraiment un coup de chance ou autre chose afin de nous aider dans notre recherche.

« Ça fait des heures et nous n'avons toujours rien trouvé… », marmonnais-je en me levant de mes recherches et en faisant le tour de la salle tout en regardant autour de moi dans le désespoir en glissant une main dans mes cheveux et en tirant légèrement une poignée de ceux-ci dans la frustration et l'irritation. « Il doit bien y avoir un moyen… » Ajoutais-je dans l'exaspération en observant Hermione qui était toujours occupé avec ses propres livres et recherches.

« Je sais, Harry… ça fait des heures. » Dis Hermione sans lever les yeux de son bouquin qu'elle était en train de survoler à la recherche de la moindre information.

« Attends une minute… » Dis-je avec un sourire rempli d'espoir en m'approchant et en me réinstallant dans une position assise près d'elle après avoir réfléchi longuement pendant une dizaine de minutes à la recherche d'une solution. « J'ai peut-être une idée qui pourrait nous aider dans notre recherche… » Continuai-je dans la contemplation. « Tu as dit que la salle sur demande nous donne ce dont nous avons besoin… C'est exact ? » Demandais-je avec un sourcil relevé dans le questionnement.

« Oui, c'est bien ça, mais je ne te suis pas du tout là… Où vas-tu avec cela ? » Répondit-elle de façon dubitative.

« Eh bien… Si on demandait à la salle de nous fournir les archives regroupant uniquement ma tante… Peut-être qu'elle nous les fournirait… Parce que là, ce n'est pas demain qu'on trouvera quelque chose si on continu comme ça… » Proposais-je d'une voix réfléchie remplie d'espoir.

Hermione resta silencieuse pendant un long moment avant qu'elle hoche la tête vigoureusement dans l'accord et en montrant son acceptation à l'idée que je lui avais fournie.

« C'est même une excellente idée, Harry. Tu es un génie d'avoir pensé à cela ! » S'exclama-t-elle dans la joie et dans la fierté.

Cela dit, je fermai les yeux et me concentrai sur ce que je voulais de la salle.

Donnez-moi ce dont j'ai besoin… fournissez-moi toutes les informations disponibles au sujet d'Isabella Potter afin que je puisse en apprendre davantage sur elle. Aidez-moi à connaitre comme je le peux ma tante.

Je ré ouvris les yeux pour voir plusieurs livres et albums empilés dans des tas autour de l'endroit où je me trouvais avec Hermione. Avec un sourire soulagé, je pris un livre de la pile et commençai à le feuilleté avec attention et un intérêt renouvelé. Hermione m'imita quand elle vit ce que je faisais.

« Eh bien… On dirait qu'elle était aussi brillante que toi et cela pour beaucoup de matière… » Commentais-je après une heure ou deux supplémentaire de recherche en voyant les notes élèves de ma tante ainsi que les rapports et les dissertes qu'elle avait faites.

« En effet. Elle est également autant douée que toi pour les défenses contre les forces du mal. D'après ce bouquin, elle faisait partie d'un club de duel et elle était l'uns des élèves les plus doués avec Sirius et ton père» Consentit Hermione avec un petit sourire.

À la fin de plusieurs heures consécutives de recherches dans cette pièce, nous sortîmes pour constater que la journée s'était écoulée à grande vitesse sans que nous nous en rendions compte. Une fois sortis de la salle sur demande, nous nous dirigeâmes vers les cuisines pour nous nourrir d'un petit quelque chose puis aussi discrètement que possible en essayant d'éviter les professeurs, mais surtout Rogue parce que le couvre-feu réglementaire s'était depuis longtemps écoulé, je n'avais pas particulièrement envie de me taper encore une détention, nous fîmes notre chemin vers la salle commune des Gryffondor et une fois dedans, nous nous séparâmes avec une dernière étreinte pour nous rendre chacun vers notre dortoir respectif. Enfin… Après cette journée épuisante, j'allais pouvoir me reposer et dormir… J'espérais seulement que cette nuit n'allait pas être peuplée de cauchemars encore une nouvelle fois comme bien trop souvent à mon goût…