Voici le dernier chapitre. Merci à ceux qui m'ont encouragée tout au long de cette fic, en particulier ceux qui m'ont lue sur le forum de House addict ^^
Chapitre 14 : The war is over
Bien sûr, House n'avait pas du tout modifié ses habitudes. Ce matin là, comme tous les autres depuis toutes ces années, il était arrivé en retard et s'était installé dans une salle de consultations vide, devant General Hospital. Il avait regardé son soap en souriant, songeant avec amusement à Cuddy qui allait encore le chercher partout. Et en apparences, il était resté le sale con qui ne pouvait pas changer. Mais au fond de lui-même, il savait que tout était différent. A commencer par sa relation avec Wilson, qui avait été renforcée dans l'épreuve. House n'avait jamais cru à grand chose. Mais il croyait à cette amitié qu'il entretenait depuis si longtemps avec l'oncologue. Oui. Il y croyait dur comme fer. Encore plus depuis la mort du frère de Wilson. Puis il songea à Cuddy, à l'étrange regard qu'ils avaient échangé la veille. Il songea à la tête qu'elle ferait lorsqu'elle le découvrirait ici, à ne rien faire alors que la salle d'attente était pleine à craquer. Il songea à beaucoup de choses ce matin-là, avant que Wilson n'arrive pour l'arracher à sa paresse.
Wilson : Cuddy te cherche !
House : Je sais ...
Wilson soupira. House tourna la tête vers lui, et planta ses yeux bleus dans ceux chocolat de son ami, un sourire en coin accroché à ses lèvres. L'oncologue lui rendit son sourire, restant un moment silencieux alors que leurs regards s'exploraient mutuellement. Puis, Wilson brisa le silence, conscient qu'ils n'avaient guère le temps pour un échange silencieux. La doyenne était déjà assez furieuse comme cela. Et puis, quoiqu'on en dise, ils ne pouvaient se passer de lui.
Wilson : Quand tu auras finis de jouer avec les nerfs de maman, tu pourras peut être aller voir le cas qu'elle veux te proposer …
House : Un cas intéressant ?
Wilson haussa les épaules pour montrer son ignorance du sujet. House le regarda un instant, puis lui lança un sourire en coin avant de reporter ses yeux sur la fin de son épisode. Wilson soupira, constatant qu'il n'avait pas la moindre intention d'aller la voir. Du moins, pas tant qu'il n'aurait pas achevé sa série. Il attendit quelques minutes, l'épisode s'achevant sur un House triomphant qui s'était écrié « Je le savais ! » en entendant les révélations finales. C'était parfois inquiétant de voir jusqu'où son engouement pour ce soap télévisé pouvait aller. Il se leva ensuite, et regardant Wilson droit dans les yeux, un sourire au coin des lèvres.
House : Tu m'escortes ? Maman a peur que je me perdes dans les couloirs ?
Wilson sourit à cette remarque et s'écarta pour le laisser passer. Puis ils marchèrent côte à côte, jusqu'au bureau de Cuddy où cette dernière l'attendait apparemment. Durant le trajet, des regards soutenus glissaient sur eux sans discrétion, engendrés par les informations qui avaient circulé dans l'hôpital depuis quelques jours. Info ou intox, ils n'en savaient pas davantage. Mais aucun ne s'enhardirait à poser les questions, craignant bien trop House pour lui demander directement, et respectant bien trop Wilson pour raviver sa douleur. Tout n'était alors fais que de chuchotements, de regards échangés, et de suppositions évoquées sur leur passage. Puis, comme par magie, les rumeurs s'estompèrent à l'approche du bureau de la doyenne. Peut être le regard sombre lancé par House y avait été pour quelque chose. En tout cas, les infirmières vaquèrent à leurs occupations sans ajouter un mot de plus. Wilson le regarda un instant, le remerciant silencieusement pour son intervention. House lui sourit et frappa doucement à la porte. Une invitation à entrer perça les vitres et le bois pour parvenir jusqu'à leurs oreilles. House abaissa la poignée alors que Cuddy relevait les yeux sur le visage du diagnosticien, croisant leurs deux regards bleus avec intensité.
Cuddy : House ! Enfin ! Ca fait trois heures que je vous cherche … Mais qu'est ce que vous fichiez ?
House : J'étais en salle de consultations voyons.
Elle le regarda d'un air excédé, devinant aisément le mensonge qui se terrait derrière ces paroles, ou du moins l'omission, si on en croyait la réplique qui suivrait.
Cuddy : Vous mentez House ! La salle d'attente est pleine à craquer.
House leva un doigt pour émettre une objection à l'affirmation de Cuddy.
House : J'ai dit que j'étais en salle de consultations, pas que j'y étais avec un patient, nuance ! Je n'ai pas menti !
Elle s'offusqua légèrement, bien qu'habituée aux manières de son subalterne. Elle le sermonna, plus par devoir que parce qu'elle le souhaitait, puis lui remis un dossier, lui ordonnant de s'occuper de ce cas en priorité. House fit quelques remarques bien senties sur l'argent qu'il donnait à l'hôpital, assimilant subtilement sa patronne à une fille de joie, et s'en fut, fier de l'avoir fais enrager une fois de plus.
Le reste de la journée se déroula comme toutes les autres, entre diagnostics et traitements, erreurs de jugement et leurs réparations. House dirigeait son petit monde avec une aisance décuplée, se comportant exactement de la même manière que si rien n'avait jamais eu lieu. Bien sûr, certains doutaient de sa bonne foi, et cherchèrent à sonder son esprit qu'ils pensaient torturé. Mais en vérité, House affirmait aller bien, justement parce que cela était le cas. Il n'y avait rien à sonder, rien à découvrir au-delà de ce qu'en disaient ses yeux bleu. Cameron avait essayé de le confronter à une douleur invisible, sans succès. Pour une fois, il ne dissimulait rien, ne se cachait de rien. Et l'inquiétude de certains restait infondée.
La journée s'acheva sans trop d'encombres, emportant avec elle les rumeurs d'une douleur effacée. Il sorti dans l'atmosphère hivernale frissonnante, humant l'air qui portait avec lui l'assurance des fêtes traditionnelles en approche. Puis il se dirigea vers sa moto à grand pas, en s'appuyant sur sa canne. Une silhouette masculine le rattrapa, lui arrachant un sourire chaleureux. Arrivé à l'emplacement de parking désiré, ils se séparèrent, l'un prenant sa moto, l'autre sa voiture. Ils échangèrent un regard complice, assurance qu'ils se retrouveraient plus tard. Quelques instants plus tard, les deux engins disparaissaient dans un vrombissement apaisant, empruntant la même direction.
***
Les deux médecins étaient tranquillement installés dans le salon du diagnosticien, buvant le contenu d'un verre transparent qui avait pris des teintes ambrées. Un silence emplit de sérénité flottait entre eux. Ils s'observaient sans rien dire, conscient d'avoir échappé à un orage tumultueux. Les suspicions des autres leur importaient peu. Ils étaient dans leur bulle, confortés dans l'idée que leur amitié n'était pas quelque chose que l'on pourrait briser, et ce quoiqu'il advienne. Ils étaient sortis d'une épreuve douloureuse victorieux, et il leur semblait que leurs blessures se résorbaient à mesure que leurs liens se renforçaient encore et encore. Mais pouvaient-ils être plus puissant qu'actuellement ? Il leur semblait déjà avoir atteint le summum.
Wilson : Tu y vas quand ?
House marqua un temps avant de répondre. Non seulement la voix de son ami lui avait arraché un sursaut, mais il essayait surtout de se rappeler de quoi il pouvait bien parler. Et l'alcool qu'ils avaient ingéré pour fêter leur victoire sur eux-mêmes n'aidait pas beaucoup. Puis, après quelques minutes, il comprit enfin de quoi traitait la question de l'oncologue.
House : Demain soir …
Wilson acquiesça pendant que le silence reprenait peu à peu ses droits, les plongeant dans une atmosphère de grande connivence.
***
Le lendemain, la nuit était déjà bien avancée lorsque House se retrouva en face d'une grande porte en bois. C'était une porte qu'il avait longtemps redouté de franchir, l'évitant quand il le pouvait, la maudissant lorsqu'il était forcé d'y frapper. Une porte qui représentait tout ce qu'il avait toujours fui, au-delà de laquelle se tenait son passé, son présent, et aussi peut être maintenant un petit bout de son futur … Du moins, c'était ce qu'il osait espérer, bien que conscient des difficultés qu'il allait rencontrer à mettre tout cela en œuvre.
Il inspira profondément, tentant de se redonner un peu de contenance. Avant tout, il ne voulait céder ni à la peur, ni tomber dans l'insupportable engrenage de celui qui ne sait comment se comporter. Il devait rester naturel, quoiqu'il arrive. Mais que dire à quelqu'un qu'on n'avait pas vu depuis tant d'années ? Avec qui l'on n'avait échangé que quelques mots furtifs pendant les trois quarts de sa vie ?
Il secoua la tête, refusant de se laisser submerger par la vague de panique qui déferlait en lui. Puis il inspira de nouveau, et frappa trois coups fermes à la porte. Celle-ci s'ouvrit sur le visage radieux de sa génitrice, qui l'invita à entrer. Puis, derrière elle, il aperçu un visage non moins familier, qui l'observait avec sévérité. Une dureté qui disparu bien vite, pour laisser place à un sourire en coin, ce même sourire qu'House offrait toujours autour de lui. Il lui rendit la même expression, et s'avança dans le hall. Celui qui lui faisait face tendit la main dans l'espoir d'une poignée chaleureuse. House approcha la sienne et la serra vigoureusement.
House : Bonsoir ….
Il hésita un instant, un mot restant coincé au fond de sa gorge, figé dans la douleur d'un passé qu'il tentait pourtant d'effacer. Puis il secoua la tête, se sentant ridicule d'émettre encore des scrupules face à la situation. Fournissant un effort incommensurable, il lâcha enfin ce surnom dans un souffle.
House : … Papa !
***
