Bonjour tout le monde! Alors, dans ce chapitre, il y aura un peu de tout. Un mélange de violence, de calme et d'amouuuur. (Nan, ils vont pas copuler, bande de coquins!). Pas maintenant tout du moins, ce sujet est à prendre avec des pincettes, surtout avec Michelangelo!

Encore un grand merci à Miss homme enceinte 2, LaFaucheuse, Shakyla et WolfJade (Hey, little wolf :D) pour leur reviews et leur soutien, ça me touche!

Bonne lecture!


CHAPITRE 14 : REPRISE

Cela faisait maintenant trois semaines que Mélody était en repos forcé. Son genou la faisait beaucoup moins souffrir et elle avait d'ores et déjà repris l'entraînement avec Casey. Maître Splinter avait accepté qu'ils utilisent le dojo. La jeune fille avait appris à connaître les quatre frères, car durant sa convalescence, Michelangelo l'amenait souvent au repaire, afin qu'elle ne passe pas la journée seule. Et elle s'était aperçue qu'elle vénérait Donatello, pour sa brillante intelligence et surtout, son humilité. Elle adorait quand il lui racontait ses projets et ses inventions, telles des comptines pour enfant. Quant à Raphael, ils passaient la plupart de leur temps à raconter leurs expériences au combat, leurs plus belles performances. En fait, Léonardo était la tortue avec qui elle passait le moins de temps. Elle ne savait pas pourquoi, mais il était toujours assez distant la concernant. Il ne l'aimait pas ? Pourquoi il ne l'aimait pas ? Elle avait fait quelque chose de mal ? Trop de questions, pas le temps d'y répondre. Ou plutôt, elle ne voulait pas prendre la peine d'y répondre. En tout cas, cette fois, elle avait pensé à lui parler de Hun et de Stockman, il allait établir un plan pour en venir à bout.

Les deux partenaires de combat s'entraînaient au dojo, et autant dire qu'ils n'y allaient pas de main morte. Ils n'avaient même pas encore recommencé les rondes que Mélody était déjà couverte de bleus.

-Calmes-toi un peu, Bruce Lee, je vais repartir plus abîmée que je ne l'étais !

Casey déposa sa crosse sur son épaule, un sourire narquois sur les lèvres.

-Tu crois que les Dragons vont se retenir, eux ?

Pour toute réponse, Mélody avait abaissé ses battes sur la tête de son équipier, qui les avait stoppés net en un coup de crosse. Alors qu'ils se trouvaient face à face, les dents serrées, Casey retenant les battes d'acier de sa partenaire et Mélody forçant pour qu'elles atterrissent sur sa tête, le joueur de hockey ne put s'empêcher de souffler :

-Peut-être qu'on devrait demander à Mikey, lui il serait peut-être moins brutal avec toi !

Surprise par son ton moqueur, la jeune fille abandonna toutes forces, se retrouvant alors propulsée sur le sol dans un cri douloureux. Le souffle haletant, les joues rougies, elle transperça son équipier du regard.

-Pourquoi Mikey ?

Casey roula des yeux, un sourire en coin sur les lèvres.

-Tu passes le plus clair de tes journées avec lui, j'me suis dis que vous étiez... proches ? Ajouta-t-il dans un haussement de sourcils.

Mélody souffla sur une mèche rebelle avant de remettre son élastique qui maintenait ses cheveux noirs en place, puis enchaîna par un croche-pied qui fit lourdement tomber le justicier sur le dos.

Elle se releva et se pencha sur le joueur de hockey, le regard perçant.

-Mikey est un bon pote. Point barre.

Elle tourna les talons et se dirigea dans le laboratoire de Donatello. Elle avait grandement besoin de se changer les idées. Elle frappa deux coups à la porte, signalant ainsi sa présence et pénétra dans l'enceinte de son atelier.

-Tiens, Mélody, tu as terminé ton entraînement avec Casey ?

-Oui ! Tu bosses sur quoi ?

C'est avec un sourire fier qu'il invita la jeune femme à s'avancer. Elle se pencha sur ce qui semblait être... une crosse en métal ?

-Elle n'est pas terminée, je dois encore façonner l'embout.

-Mais, qu'est-ce que c'est ?

-C'est pour Casey. Je vais lui fabriquer une crosse de hockey en acier ! J'me suis dit que comme notre principal ennemi était un robot, il aurait bien besoin d'une arme avec un minimum de solidité.

Mélody leva des yeux admiratifs vers le génie.

-Ouah, mais c'est génial ! Et elle est super classe !

-Oui, mais ce n'est pas tout ! Poursuivit Donatello en fouillant son bureau. Il extirpa un croquis de taille admirable pour le brandir au nez de la jeune fille.

-Tu vois ? L'embout de sa crosse sera équipée d'une lame de patin à glace ! Ça rendra son arme encore plus efficace !

Mélody resta fascinée face au plan de la tortue au bandeau violet. Il était à la fois d'une simplicité enfantine, mais également d'une complexité étrange vis-à-vis de ses équations. Cependant, la jeune fille pensa immédiatement aux rondes qu'ils allaient effectuer. Casey aurait intérêt à ne pas utiliser cette crosse lors de leurs combats avec les malfaiteurs, où alors ça risquerait d'être sanglant...

-Tu m'épates, c'est du super boulot ! Casey est au courant de ça ?

-Non, pas encore, je lui annoncerais quand j'aurais besoin de lui pour les essais.

-D'ac, donc bouche cousue ! J'te laisse travailler tranquillement !

Après avoir quitté le labo, Mélody se retrouva nez à nez avec le joueur de hockey.

-On a fait une bonne session, Bloom. On rentre ?

-Ok, j'te suis !

La jeune fille se dirigea d'abord dans le salon afin de saluer Raphael.

-Salut, gros lard !

-Tire-toi, mocheté.

Elle se rua ensuite vers la porte de Michelangelo. Après trois petits coups frappés, elle pénétra dans l'enceinte de la chambre du mutant, qui lisait une de ses nombreuses bandes dessinées.

-Tiens, ma p'tite banane flambée ! Tu repars déjà ?

-Ouais, on a fini l'entraînement. Tu sais que tu as de la chance de ne pas avoir de nez, autrement, j'te l'aurais déjà fracassé avec un surnom pareil !

Mikey ria ouvertement avant de fixer la jeune humaine de ses yeux turquoise.

-Dis plutôt que tu adores, oui !

Mélody cligna des yeux, interdite.

-Ça te plairait, toi que je t'appelle petit cornichon aigre-doux?

Le mutant se tint le menton, faussement pensif.

-C'est pas très romantique comme surnom...

-Parce que petite banane flambée, c'est romantique ? Se moqua-t-elle.

-Ben oui ! Ça colle super-bien à ton caractère ! Si tu préfères, je peux t'appeler petite banane brune ? ajouta-t-il avec un clin d'œil entendu.

-Mec, t'as un problème avec les bananes, dit-elle dans un sourire. On se voit plus tard!

Elle se dirigea enfin vers la salle de méditation. Léonardo était en position du lotus. Ne voulant pas le perturber davantage, elle s'apprêta à tourner les talons.

-Vous partez ? Demanda-t-il, gardant toujours ses yeux fermés.

-Euh, ouais, on en a fini pour aujourd'hui.

-Parfait.

Mélody ne comprenait pas. Pourquoi était-il toujours aussi froid envers elle ? Ça en devenait gênant... Elle se jura de lui poser la question le moment voulu. En attendant, Casey patientait à la sortie du repaire.

-Tu te grouilles, mocheté ? C'est ce soir qu'on reprend les rondes j'te rappelle !

Léonardo soupira, les yeux toujours clos. Il devait arrêter sa comédie. Cela faisait plusieurs semaines maintenant que Mélody les côtoyait, et tout se passait parfaitement bien... Michelangelo et Mélody étaient très proches, un peu trop par moments, tout de même, cela déstabilisait parfois le leader de la famille, il se demandait s'ils étaient ensemble ou s'il c'était juste un flirt... Dans les deux cas, la jeune fille ne semblait pas le repousser, et cela réconfortait Léonardo dans un sens. En ce qui concernait Donatello, elle l'aimait beaucoup et était fascinée par son intelligence, surtout depuis qu'il s'était occupé d'elle alors qu'elle était blessée. Et pour Raph... Il supposait qu'ils s'entendaient bien étant donné le nombre d'insultes qu'ils pouvaient s'envoyer à tour de rôle. Il devait cesser de se montrer distant et s'excuser auprès de la jeune fille.


Enfin. Enfin ils étaient de nouveau réunis. Le fanatique de l'autodéfense et la briseuse de mâchoires, ensemble. Ils savaient que c'était de la provocation, mais c'était le but : les déstabiliser, leur montrer qu'ils n'avaient pas faibli. Tel était le plan élaboré par Léonardo. Mélody s'était séparée de son masque inexpressif, montrant ainsi qu'elle ne craignait plus de montrer son visage, qu'elle allait les affronter. Elle trépignait d'impatience, tout comme Casey.

Il fallut attendre une heure et demie avant d'enfin tomber sur une troupe de Dragons Pourpres. Neuf, précisément. La jeune fille extirpa les battes de son sac en silence, tout comme Casey saisit sa crosse de hockey.

-À toi l'honneur, Bloom, lui souffla Jones.

Mélody se mordit la lèvre inférieure avant de bondir de l'escalier de secours, pour atterrir en douceur derrière le petit groupe, qui se retourna instantanément.

-Mais c'est... Commença l'un d'eux.

-CHOPEZ-LA !

Après s'être abaissée pour éviter le poing de l'un d'eux, la jeune fille asséna son tout premier coup de batte depuis des semaines sur le crâne de celui qui lui faisait face, qui se broya instantanément. Elle ne put que s'accroupir l'instant d'après pour fracasser les genoux de deux d'entre eux, qui s'étaient jeté à corps perdu sur elle, l'un d'eux tombant en avant. Mélody freina sa chute d'un puissant coup de genou dans la mâchoire, désormais brisée. La jeune fille avait dû prendre quelques kilos, car elle se sentait moins fluide dans ses mouvements.

-Jones, j'ai besoin d'un coup de main, là ! Appela-t-elle, tandis qu'elle bloquait de ses battes, un gourdin qui s'abattait sur elle avec force.

-Tu t'en sors très bien, j't'assure ! Cria-t-il indifféremment.

-Joues pas aux cons, ça fait plus d'un mois que j'me suis pas battue ! Fulmina-t-elle.

En effet, à peine eut-elle le temps de finir sa phrase qu'elle reçut un violent coup de poing dans la figure. Folle de rage, elle avait fait chuter son assaillant et l'avait rué de coups, l'acier de ses battes se teintant petit à petit d'une couleur pourpre nauséabonde.

Après un rire sarcastique, Casey atterrit maladroitement sur le sol, brandissant sa crosse, prêt à attaquer. Il pulvérisa le crâne de l'un d'eux dans un craquement sonore, et enchaîna par un coup porté à l'estomac de l'autre.

Mélody élança son bras dans le but de percuter le visage d'un autre homme, qui s'effondra, assommé, puis se retourna avant de propulser son pied sur le sternum d'un autre, lui faisant percuter le mur, sa tête cognant durement sur les briques désormais teintées de sang.

La jeune fille se retourna, dévorant d'un regard avide le dernier membre, le leader du groupe, qui reculait maladroitement en essayant de ne pas quitter cette folle des yeux.

Mélody extirpa son couteau de son fourreau avant de l'élancer sur la poitrine du Dragon, qui s'écroula de douleur. Elle s'avança, jusqu'au corps tourmenté avant de poser son pied sur sa poitrine, tentant ainsi d'immobiliser sa proie. Tandis que le malfaiteur suffoquait, la jeune fille le transperçait de son regard de bronze, avant de déclarer d'une voix froide et sans appel :

-Petit Dragon, transmets ce message au cher docteur Stockman...

Elle fit tournoyer une de ses battes avant l'abattre sur la mâchoire de l'homme, un craquement sonore perçant les ténèbres de la ruelle.


Une fois rentrée au repaire, Mélody se hâta de se diriger dans la salle d'eau, dans le but de nettoyer le sang séché sur ses mains.

Casey, lui, se dirigeait d'un pas confiant vers Léonardo.

-Alors ? Demanda celui-ci.

-Je crois qu'ils ont compris le message.

Le leader fit un signe de tête, son plan se déroulait comme prévu.

-Hun attend notre arrivée, maintenant. Il ne va plus prendre le risque de nous envoyer ses hommes. Tu te souviens de la procédure, Casey ?

Le joueur de hockey acquiesça silencieusement.

-Vous êtes sûrs de vouloir vous occuper du robot seuls ?

-Oui, nous sommes plus solides que vous, nous résisterons mieux au combat. Toi, tu t'occuperas de Hun et Mélody s'occupera de Stockman.

À ces mots, Casey laissa apparaître un léger sourire amusé.

-Tu sais que Mélody va te vénérer pour ça ? Elle rêve de lui régler son compte, à ce connard.

-Je sais, répondit simplement le leader.

Tandis que la jeune fille se débarbouillait le visage et nettoyait le sang séché sur ses mains, la tortue au bandeau orange pénétra dans la salle d'eau, un regard inquiet envers le liquide rougeâtre se mélangeant à l'eau qui souillait le lavabo.

-Comment ça s'est passé ?

-Ça été, je crois qu'ils ont compris la leçon.

-Tu... t'as pas été blessée, hein ? Ajouta-t-il avec un demi-sourire.

Touchée, la jeune fille se retourna avant de saisir la serviette que lui tendait Michelangelo.

-Nan, Mikey, je vais bien, j'te remercie.

Mais le regard bleu inquiet de la tortue se posa sur sa mâchoire, qui commençait à tourner au bleu.

Il décolla les mèches rebelles qui s'étaient plaquées sur ses joues pâles, ses yeux turquoises dévorants ceux de Mélody. Il voulait la serrer dans ses bras potelés, lui offrir un moment de confort. C'est donc tout naturellement qu'il l'amena à lui, son corps percutant le plastron de Michelangelo, ainsi que ses lunettes de soleil. Il serra ses bras autour de sa taille, un peu trop fort, peut-être. Ses bras étaient fermement maintenus le long de son corps, immobilisant ainsi la jeune femme dans un câlin sincère et enjoué.

-Arrgh, Mikey, j'suis pas un nounours en peluche ! Se plaignit-elle,

Mais ses gémissements de protestation l'attendrissaient. Aussi, il déposa ses lèvres sur sa joue avant de l'embrasser à plusieurs reprises sur tout le visage, en prenant soin tout de même d'éviter ses petites lèvres, sous les rires frénétiques de Mélody.

-Mi... Mikey arrêtes, tu me chatouilles ! Ria-t-elle, désespérée.

C'est avec un rire enfantin qu'il déposa la jeune humaine, admirant ses yeux de bronze humidifiés par les larmes enjôleuses.

-VOUS ALLEZ LA FERMER ! Tonna Raphael, Y'A DES CHAMBRES POUR CE GENRE DE CHOSES !

Les deux camarades se figèrent. Mais il pensait qu'ils faisaient quoi, au juste ?

Jamais Mélody n'aurait songé à ce que quelqu'un la toucherait comme ça un jour. Mieux : jamais elle n'aurait pensé à laisser quelqu'un la toucher.

-Tu vas m'le payer, ça, j'te le garantis ! Lança-t-elle avant de quitter la salle d'eau, le sourire aux lèvres.

Alors que la jeune fille rejoignait son équipier, Léonardo l'interpella.

-Mélody, est-ce que tu pourrais venir me voir, s'il te plaît ?

Troublée par l'intonation de sa voix, mais encouragée par son sourire bienveillant, elle se rapprocha, curieuse. Une fois arrivée à sa hauteur, Léonardo la félicita.

-Bravo, vous avez fait du bon boulot avec Casey, il ne reste plus qu'à cueillir le chef. Un peu brutal, mais efficace.

Agréablement surprise et touchée par ses paroles, Mélody s'osa à un sourire en coin, flattée.

-Merci, Léo, c'est sympa !

Le leader se frotta l'arrière du crâne, gêné.

-Dis, je tenais à m'excuser de m'être montré aussi distant envers toi... Tu sais, c'est dur, de faire confiance quand on est une tortue mutante, s'excusa-t-il.

-Y'a pas de soucis, Léonardo, vraiment ! Répondit-elle sincèrement, soulagée d'enfin mettre les points sur les « i ».

-Passe une bonne soirée, et n'oublie pas : dans quelques jours, on passe à l'action ! N'hésite pas à venir t'entraîner avec Casey.

-Pas de problèmes, merci !

Après un hochement de tête et un sourire satisfait, Léonardo se dirigea vers les écrans de télévision.

-Bon Mélo, on rentre ? J'suis claqué, moi !


Hun se tenait droit, les mains derrière le dos et le regard acide face à ses six hommes en piteux état. Le scientifique se tenait à ses côtés, peu assuré, il voulait déglutir, mais sa gorge était trop serrée pour ça. Le leader du groupe se tenait face à Stockman, sa mâchoire paralysée maintenue par une main sanglante. Il se rappelait alors des dernières paroles de la jeune fille avant de la livrer au robot : « Ouais, c'est moi la briseuse de mâchoires. Et j'espère pour toi que je vais bel et bien mourir, parce que je te jure que si j'arrive à m'en sortir, tu seras le premier sur ma liste. »

Pour la première fois, Stockman avait vraiment peur. Autant Hun allait le tuer d'un coup, il n'aurait pas le temps de souffrir, autant cette cinglée avec ses battes allait prendre le temps de lui faire regretter ses actes. Il allait en baver.

-Vous... vous devez l'arrêter ! Balbutia le scientifique à l'adresse de Hun.

Froissé de l'intonation de sa voix, le guerrier chinois saisit l'inventeur par le cou.

-Vous n'avez pas à me dire ce que j'ai à faire, Stockman ! Je m'en moque que cette fille veuille votre peau, de toute manière, elle sera morte avant d'avoir eu le temps de prononcer votre nom.

Au fil de ses paroles, il resserrait douloureusement son étreinte, privant le scientifique de tout oxygène.

-Nous allons attendre patiemment leur arrivée, et quand le moment sera venu, ce sera votre « Next Machine » qui s'occupera de leur cas.


Enfin de retour chez elle, la jeune serveuse balança son sac de sport sur le canapé, avant de retirer hâtivement ses bottes. Une fois à la salle de bain, elle retira avec précaution sa combinaison en tissu qu'elle laissa glisser le long de sa peau chaude et lésée et laissa couler l'eau dans la douche avant d'y pénétrer. L'eau chaude la débarrassa de toute frustration, de toute douleur, de toute fatigue. Elle se sentait bien. Et cette histoire allait bientôt prendre fin. Mais le pire était à venir, elle allait devoir s'accrocher.

Alors qu'elle était en train de se sécher les cheveux, habillée de son pantalon de pyjama presque trop petit pour elle et d'un débardeur délavé, tout se coupa et la jeune serveuse se retrouva dans le noir. Il eut un moment de silence avant qu'elle ne s'exclame, furieuse :

-Merde !

Avec tout ce qui s'était passé, elle n'avait même pas pensé à régler ses factures d'électricité...

-'Fait chier ! Maugréa-t-elle, tandis qu'elle était à la recherche d'une lampe de poche dans un de ses nombreux tiroirs.

-Merde, merde, merde ! Poursuivit-elle, tandis qu'elle se ruait à présent dans le dressing à la recherche de piles.

Après quelques minutes, la jeune fille abdiqua et s'effondra dans le canapé, harassée.

-Bordel ! Grogna-t-elle avant de croiser les bras, furieuse.

Après un long soupir de désappointement, elle entendit un bruit métallique provenant de l'escalier de secours.

-Mikey, c'est toi?

Après un « aïe » douloureux, elle entendit une voix bien familière s'élever de la fenêtre.

-Bon sang, Mélo, elle est ou la lumière ?

-Y'a plus de lumières... pas pour le moment.

-Ahhh, ma p'tite banane flambée n'a pas payé ses factures hé hé, AÏE !

-Bien fait, maugréa-t-elle.

-T'es où ?

-Là.

-Où ça là ?

-Attends, j'arrive.

-Tu arrives de où ?

-Tais-toi un peu, j'arrive !

-Ooooh, toi tu me cherches !

Mélody laissa s'échapper un rire amusé, ce qui eut le don de bercer la tortue au bandeau orange.

-Arrête un peu, dis-moi ou tu es ? Se plaignit-t-il de sa voix boudeuse.

Alors qu'il regardait de tous les côtés, désemparé, il senti une petite main serrer la sienne.

-Je suis là, gros crétin !

Avec le très faible halo de lumière qui illuminait la pièce, il put apercevoir les yeux de bronze briller à travers l'obscurité.

-Le coup de la panne électricité, très ingénieux ! S'exclama-t-il dans un grand sourire enfantin que la jeune fille ne pouvait malheureusement apercevoir.

-Ça, c'est sûr que tu tombes pas au bon moment... Bon, maintenant que tu es là, dis-moi pourquoi tu es si bizarre !

Mélody put clairement entendre le mutant déglutir avant de serrer sa petite main. Comment allait-il s'y prendre ? Ce n'était vraiment pas évident pour lui de déclarer sa flamme à travers l'obscurité, il ne pourrait pas voir la réaction de la jeune humaine, et observer son regard à cet instant précis était primordial pour lui.

-Ben, en fait...

Michelangelo se mordilla les lèvres, anxieux. Comment allait-elle réagir ? Bon, assez, pensé, il devait agir !

-... Tu me plaîs ! Voilà ! Lâcha-t-il, le souffle court.

Mélody haussa un sourcil, un sourire taquin au bord des lèvres.

-Comment ça ?

-Ben... t'es mignonne quoi.

-Moi, mignonne ?

-Ouais. Et j'aime bien ton sale caractère, aussi...

Il y eut un moment de calme. Que se passait-il ? Comment avait-elle réagi face à sa déclaration ? Elle semblait en rire, mais ce silence qui pesait commençait à oppresser le mutant. Allait-elle le repousser, avec toute la délicatesse dont elle était capable ? Michelangelo baissa ses yeux bleus, déçu. Cependant, il sentit quelque chose frôler son visage. Mélody caressait du bout de ses doigts la joue écailleuse du mutant, essayant de distinguer son emplacement précis. Lentement, prudemment, elle se rapprocha, la tortue commençant à sentir le souffle chaud mais léger de celle-ci. Avant même qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, il sentit les lèvres de l'humaine frôler les siennes avec douceur. Michelangelo restait pétrifié. Que devait-il faire à présent ? Pris au dépourvu par ce geste inattendu, il hésita, puis déposa lentement ses mains caoutchouteuses sur les hanches de la jeune fille, resserrant petit à petit son étreinte. Ils étaient collés l'un à l'autre, le souffle coupé. Le mutant prit l'initiative de renforcer le baiser, que l'humaine accueillit avec fougue, passant ses bras contus autour du large cou de la tortue. Après un dernier petit instant, Mélody recula son visage, ne se détachant pas pour autant de Michelangelo. Après tous ces instants passés ensemble, les moments de flirts, de coups d'œil aguicheurs, il lui avait avoué ses sentiments. Elle se rapprocha subtilement de la tortue, la main sur le plastron, avant de susurrer d'une petite voix, un sourire radieux sur les lèvres :

-Enfin, tu te décides à me le dire.


Le coup de la panne d'électricité... Honte à moi ! N'empêche que ça se tient : avec tous ses petits imprévus, ben elle a pas pensé à payer ses factures ! Et voilà ce que ça donne : des séances d'apnées avec une tortue mutante, dans le noir. La fin de ma fic se rapproche tout doucement, je suis du genre à faire des histoires assez courtes, je tenais vraiment une fois de plus à vous remercier de votre fidélité, ça me touche de voir autant de vues par chapitre, je vous aime de tout mon cœur, qui que vous soyez ! Lorsque j'ai publié mon tout premier chapitre, je me demandais si je n'allais pas abandonner, car elle n'avait vraiment pas beaucoup de succès... Et au fil des chapitres, vous êtes arrivés, de plus en plus nombreux, et ça, ça me fait plaisir ! Merci à vous !

Je sais qu'il n'y a pas beaucoup de Raph dans ce chapitre, même dans mes chapitres en général, il est moins présent que les autres, mais rassurez-vous: je travaille actuellement sur un Raph x OC, que je publierais à la seule condition d'avoir achevée cette fic-ci :)

J'espère qu'il n'y a pas trop de fautes d'orthographes, c'est dur de se relire quand son voisin joue de la tronçonneuse -_-"

Autrement, j'espère que ce chapitre vous aura plu, il y a eu un peu de tout dedans (du sannnngggg!) Je vous dis à la semaine prochaine pour le chapitre 15 !

À vos marques... prêts ? REVIEWS :D