Bonjour bonjour !
TT_TT
Désolée, désolée pour le retard ! C'est totalement de ma faute ! Je n'avais pas prévu le coup, et j'ai oublié de vous prévenir…
Il y avait la Japan expo ce week-end à Paris. J'y suis allé ! XD Et c'était franchement gé-ni-al.
Mais…
Je n'avais pas de connexion internet ! Et comme j'y suis allé les trois jours… Je n'étais pas en ligne Vendredi…
Voilà la raison de mon retard ! ^^'
Je vous présente de nouveau mes excuses, et espère que vous allez apprécier d'autant plus ce chapitre où l'on retrouve Tsuna ! X3
Bonne lecture !
Chapitre 14 : Fuite et Repos
Quand Tsuna raccrocha, il resta un long moment à contempler le téléphone. Il l'observa, l'observa et l'observa, visiblement déchiré par une puissante envie de rappeler immédiatement sa famille, d'être avec eux, enfin. Mais il ne pouvait pas faire ça. Il ne le devait pas.
Il sursauta quand on posa une main sur son épaule. Tsuna se retourna pour rencontrer deux yeux profonds qui le regardaient. Il hocha la tête, et tendit le téléphone. Sans un mot, l'homme le prit et repartit dans se rassoir dans un coin de la pièce. Tsuna se retourna et s'adossa au mur, remontant ses genoux jusqu'à son menton, laissant simplement dépasser les yeux.
Il observa la maison où ils avaient trouvé refuge. C'était un simple chalet en bois, fait d'une seule pièce. Ce qui leur servait de chambre était à l'étage, qui était séparé du rez-de-chaussée par une mezzanine. Il y avait une cheminée qui diffusait une chaleur agréable dans toute la petite maison, et une simple table en bois. Ce qui servait de salle de bain était en dessous de l'escalier, et la cuisine était isolée par un simple comptoir, qui contenait le peu de vaisselle qu'ils possédaient.
L'homme avait dit à Tsuna que s'était une des retraites que l'homme avait prévu, au cas où… Il n'avait pas précisez ce qu'il craignait. Et Tsuna n'était alors pas en état de s'en inquiéter. Il avait un toit et en était simplement reconnaissant.
Il était tombé malade, plutôt sérieusement lors de leur fuite. Tout c'était passé comme prévu, ils avaient réussi à s'éclipser à la tombée de la nuit aussi discrètement que possible. Quand Tsuna s'était étonné de l'absence de sentinelle, l'homme n'avait rien répondu, ni fait le moindre geste. Mais Tsuna avait immédiatement comprit le destin funeste qui les avait frappé. Il n'avait alors plus posé de question, et s'était borné à suivre son guide, essayant de l'imiter dans ses gestes.
Il savait que son geôlier était quelqu'un d'exceptionnel, mais c'est seulement en l'observant pendant leur fuite qu'il comprit à quel point il était encore loin du compte. Cet homme ne marchait pas, il glissait. Il se fondait dans le paysage avec une aisance surnaturelle, et la précarité de sa situation lui sautait alors aux yeux. Jamais il n'aurait pu s'en sortir seul.
Quand l'homme jugea qu'ils étaient assez loin de la base ennemie, ils s'arrêtèrent cinq minutes, seulement le temps de mettre les vêtements chaud qu'il avait préparé pour eux deux. Tsuna était déjà bleu, et tremblait de tous ses membres. Heureusement, il n'y avait pas de vent, mais la neige et le froid glaciale de la nuit était largement suffisant pour le geler sur place. Il avait enfilé ses vêtements avec soulagement, et avait murmuré quelques mots de remerciement. L'homme avait hoché la tête, et ils étaient repartit.
Il semblait que ça faisait des heures qu'ils marchaient dans la forêt, bataillant avec la neige et les embûches du chemin, quand le vent se leva. L'homme s'était arrêté quelques secondes avant de jurer entre ses dents. Tsuna n'eu pas besoin d'explication, il l'avait senti lui aussi.
Une tempête de neige arrivait droit sur eux.
Ils avaient marché, marché, marché sous le vent glacial, se battant pour simplement rester debout. La neige et le vent les aveuglaient, et Tsuna ne savait pas comment l'homme pouvait savoir où il allait. Mais il n'était déjà plus en état de s'inquiéter. Les vêtements qu'ils portaient étaient certes chauds, mais pas assez pour les isoler efficacement d'une tempête de neige. Il n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose que sur la silhouette floue de l'homme devant lui.
Il ne devait pas ralentir, il ne devait pas gêner l'homme. C'était les seules pensées qui tournaient en une boucle infernale dans sa tête en fusion. Les seules pensées qui le faisaient avancer alors qu'il n'avait plus qu'une envie, c'était se coucher et dormir, dormir, enfin dormir et tout oublier.
Tsuna se battit contre sa fièvre jusqu'à l'aube, quand, par chance ou par pitié, la tempête commença à faiblir pour disparaitre. Quand le soleil se leva, l'éblouissant de ses rayons qui se reflétaient sur la neige trop blanche, le jeune garçon ne pu s'empêcher de sourire. Le spectacle était magnifique. Et il avait toujours adoré la neige.
Il s'évanouit.
L'Ombre était en train de chercher dans son sac les lunettes protectrice pour lui et le gamin quand il entendit un bruit de chute étouffée. Il se retourna pour trouver la forme gisante du gamin. Pestant, il se précipita, et le retourna.
Le gosse semblait énormément souffrir. Il avait la respiration sifflante, et son visage était d'une grande pâleur, avec pourtant ses joues d'un rouge vermeil. Il ne mit qu'une seconde pour enlever son gant et mettre sa main sur son front avant de la retirer. Il était brûlant.
Il était contrarié, et en même temps, sincèrement impressionné. Il connaissait l'état de faiblesse du garçon, et même les trois jours de récupérations n'avaient pas pu effacer deux mois de maltraitance. Mais le garçon ne s'était pas plaint, jamais. Et depuis combien de temps avait-il cette fièvre ? Malgré ça, il avait continué sans un mot, pendant toute la nuit, sans un seul moment de repos.
Il installa le garçon sur son dos, et l'attacha, pour qu'il puisse avoir ses mains de libres, sans que le garçon ne risque de tomber. Heureusement, grâce à cette persévérance du gamin, ils étaient bien plus près de leur objectif qu'il ne l'avait initialement prévu.
Il repartit.
Ils arrivèrent quelques heures plus tard, et il s'occupa aussitôt du gamin. Il l'installa dans l'unique lit à l'étage, le borda avec plusieurs couvertures avant d'aller allumer un bon feu. Il mit ensuite en route le gaz de ce chalet, vérifia que les tuyaux d'alimentation en eau n'étaient pas gelés. Il chassa quelques animaux de la réserve de bois avant de ramener plusieurs brassés pour entretenir le feu. Et il remonta voir le gamin.
Il était en sueur, et la fièvre avait encore augmenté. Commençant à s'inquiéter, l'homme prépara une bassine d'eau froide, et installa un gant humide sur le front. Il alla ensuite fouiller dans sa boite de secours pour trouver un remède qui casse la montée de fièvre. Il prit une pilule de ce qui avait le plus de chance de marcher, remplit un verre d'eau et lui fit avaler le tout.
Le gamin s'étrangla un peu avant de replonger dans le délire de sa fièvre. Ayant fait tout ce qu'il pouvait, il redescendit pour mettre de l'eau à chauffer et se préparer une soupe. Il n'avait pas autre chose pour lui, et le gamin ne pouvait pas avaler plus. En attendant que l'eau se mette à bouillir, il alla se faire couler un bain, et s'installa sur le rebord de la fenêtre, avec l'intention de réfléchir sur leur situation.
Il avait sous-estimé les conditions météorologiques de cette région. En montagne, et en hiver, ce n'était vraiment pas la meilleure époque pour faire de la randonné… Autant la tempête d'hier avait dû supprimer les rares traces qu'ils avaient dû laisser, autant la vitesse à laquelle elle était apparut le laissait inquiet. Sans parler de son comparse de mauvaise fortune, même lui aurait dû mal à survivre à plusieurs incidents de ce genre. Aujourd'hui, ils avaient eu la chance qu'il connaisse l'existence de ce chalet. Mais dans une région déserte…
Et puis il avait le gamin. Autant il savait que le plus simple était d'abandonner le gamin à son sort, autant il ne pouvait pas s'y résoudre. La vie n'était jamais une chose simple, après tout. Et quelle aurait été l'utilité de le sauver si c'était pour le laisser tomber après ?
Il entendit alors un petit cri, qui se transforma en une quinte de toux avant d'évoluer en gémissement plaintifs. Il se précipita à l'étage. Le ragazzo était en train de s'agiter dans son sommeil, et des flots de larmes coulaient de son visage effrayé. Il ne fallut pas longtemps pour deviner qu'il faisait un mauvais rêve, sûrement empiré par sa fièvre. Par une habitude maintenant bien prise, il caressa gentiment la chevelure du garçon en fredonnant la berceuse.
Le résultat fut immédiat. Il se calma aussitôt, et la tête se tourna du côté où était la main, cherchant le contact rassurant. Le gant de toilette tomba du front, mais l'homme était trop choqué par la soudaine paix qui était descendu sur le malade, au simple contact entre eux. Il comprit alors la totale confiance que ce garçon avait en lui, et un sentiment amer monta en lui. Il ne comprenait pas cette confiance aveugle, alors qu'il était un des principaux coupables de l'état du garçon.
Il entendit à ce moment le bruit de l'eau qui s'était mis à bouillir. Il réinstalla le gant, et des yeux embués papillonnèrent. Il s'immobilisa, et entendit un souffle rauque :
- O…Ji-san…
Avant qu'il n'ait pu réfléchir, les mots passèrent ses lèvres. En essuyant les larmes qui restaient sur les joues rouges, il murmura doucement :
- Ne t'inquiète pas, ça va aller.
L'adolescent eut un faible sourire, et se rendormit aussitôt. L'homme resta quelques secondes à ses côtés avant de se souvenir de son repas, et repartit. Il arrêta le bain de couler, et versa la soupe asséché dans la casserole. Il remua sans y faire attention, baissa le feu pour laisser mijoter, avant de retourner dans la salle de bain, et de se glisser dans l'eau chaude à souhait avec un soupir de bien-être.
Il s'autorisa un instant de détente complet avant que ses pensées ne se dirigent d'elles même vers le malade au dessus lui. Il grogna et s'immergea entièrement dans la baignoire.
Il devenait vraiment trop doux… Ça ne lui ressemblait pas… Mais, à chaque fois qu'il pensait au jeune garçon pâle et terrorisé, il voyait une forme à ses côté. Bien plus jeune, avec les cheveux aussi noir que les siens, et les yeux-
Il se redressa soudainement, et se jeta de l'eau au visage. Il resta ainsi, les mains à plat sur sa figure. De telles pensées sont inutiles. Elles sont inutiles.
Il sortit sans un bruit.
Une fois propre et sec, habillé de nouveau vêtements, il prépara un bol de soupe, et le grimpa à l'étage. Son malade était toujours aussi mal, mais son état ne semblait pas s'être détérioré. C'était déjà ça. Il redressa le gamin, et, là aussi par une habitude bien prise, l'installa contre lui pour pouvoir le nourrir sans qu'il ne s'étouffe ou qu'il ne tombe. Ce n'était pas la première fois qu'il le soignait ainsi, et l'enfant, de lui-même trouva sa position contre la poitrine de son gardien. Il ouvrit difficilement les yeux. L'Ombre lui ordonna doucement.
- Mange.
Tsuna frissonna. C'était toujours cette voix basse, et chantante. Rassurante. Sans une seconde pensée, il ouvrit la bouche et se laissa faire. L'homme, avec une patience infinie lui fit boire toute l'assiette avant de le réinstaller. Tsuna le regardait avec ses yeux toujours voilé par la fièvre. Mais il trouva la force de sourire de nouveau, et de croasser un faible "Merci…".
Il ne pu s'en empêcher. Il y avait quelque chose chez ce garçon qui était unique, et l'attirait inévitablement. Il sourit. Lui caressa la tête.
- De rien. Rétabli-toi vite.
Tsuna hocha paresseusement la tête avant de replonger dans le sommeil. L'homme l'observa, l'expression indéchiffrable avant de redescendre pour se nourrir. Il mangea rapidement, remit quelques bûches dans la cheminée pour qu'elle ne s'éteigne pas. Une dernière fois, il remonta et installa un lit de camp. Il se coucha tout habillé, et s'endormit sans chercher le sommeil.
Il était brûlant.
Il faisait chaud.
Si chaud.
Il était malade.
Son univers se réduisait à la chaleur et au sang qui battait à ses tempes douloureusement, comme si un batteur existait dans sa tête.
Il avait soif.
Si soif.
Sa gorge était tellement douloureuse, et desséchée…
Il en avait assez.
Il voulait que ça cesse.
Il voulait que ça cesse.
Il voulait que ça cesse.
Il voulait-
L. ..el…
Il ouvrit les yeux, mais ne vit que le noir. Il cligna plusieurs fois des yeux, mais sa vue ne s'améliora pas. Il avait toujours aussi chaud, se sentait toujours aussi malade. Mais il trouva la force de se redresser avant de se lever.
Il avait entendu quelque chose. Il tourna doucement sur lui-même, pour ne pas perdre son équilibre déjà précaire. Tremblant, il observait les environs, sans rien distinguer.
Le Ciel…
Il sursauta et se retourna d'un seul coup. La voix avait été, cette fois d'une clarté incroyable. Tout comme la Flamme du Ciel qui venait d'apparaitre. Elle flottait en l'air, à la hauteur de sa poitrine et avait simplement la taille d'un poing. Quand Tsuna s'approcha, Elle vacilla, comme si elle avait peur de lui. Il recula la main, un peu désappointé, sans comprendre pourquoi.
Le Ciel…
Il tressaillit. Il aurait juré que la voix venait de…
Le Ci… …
La Flamme devint de plus en plus floue. Tsuna sentait ses yeux se fermer malgré lui. Il vit vaguement la Flamme se mettre à pulser, comme si elle s'affolait, voulant qu'il reste avec Elle. Mais il était trop fatigué… Et jamais l'inconscience ne lui paru si alléchant.
Il replongea dans son état de faiblesse, dévoré par sa fièvre et sa souffrance.
Quand il se réveilla cette fois, il était dans un lit, avec plusieurs couvertures, et trempé de la tête au pied. Il tourna la tête pour rencontrer la silhouette de l'homme, en train de dormir sur une chaise.
Il cligna plusieurs fois des yeux. Il ne savait pas pendant combien de temps il était resté dans les vapes, et la fenêtre en face de lui ne lui donnait pas beaucoup d'information, mis à part qu'il faisait jour, et que la tempête avait dû finir par se terminer. Il se souvenait vaguement s'être réveillé plusieurs fois, mais sans grand détails. Il se força à se mettre sur ses coudes, et gémit en bougeant ses muscles endoloris par l'immobilité et la fatigue.
Il n'avait pas été très bruyant, mais son simple gémissement suffit à réveiller son gardien, qui se leva aussitôt et l'aida à se redresser. Il murmura un mot de remerciement avant de se mettre à tousser, la gorge sèche. Il trouva aussitôt ses mains tenant un verre d'eau agréablement fraîche. Il hocha la tête et s'abreuva doucement. Le liquide dans sa gorge irrité lui fit l'effet d'un coup de fouet, et il retrouva enfin tous ses esprits.
- O-Où, réussit-il à croasser avant de se tenir la gorge difficilement.
- En sécurité.
Tsuna acquiesça, reconnaissant à l'homme de lui répondre.
- Tu peux te lever ?
Tsuna resta immobile. Il ne savait pas. Mais il se tourna dans le lit et essaya. Il dû s'y reprendre à plusieurs fois, mais finit par trouver la force de se redresser et de s'assoir. Il soupira, soulagé. L'homme lui tendit alors quelque chose. Quand Tsuna regarda de plus prêt, il remarqua que c'était les deux boites armes du Ciel. Il haussa un sourcil, n'ayant toujours pas assez confiance en sa voix pour vocaliser ce qu'il voulait savoir.
L'homme haussa les épaules.
- Elles n'arrêtaient pas de gigoter la nuit dernière.
- Les deux ? Réussit-il à dire d'une voix rauque.
Hochement de tête. Tsuna les prit, curieux. Il savait que l'une d'entre elles contenait Natsu, qui avait dû s'inquiéter pour lui. Mais c'était la première fois que l'autre réagissait aussi. Il se rassit sur le lit, et observa la boite inconnue. Elle ne bougeait plus, maintenant.
Sans se soucier du regard scrutateur de l'homme, il ouvrit la première boite, et gratifia Natsu de quelques caresses. L'homme, intérieurement, était toujours aussi fasciné par ce phénomène. Il trouvait ça, et on peut le comprendre, totalement incroyable.
Ensuite, Tsuna essaya d'ouvrir l'autre boite. Les deux personnes retinrent leur souffle, mais la boite resta totalement immobile. Déçu, Tsuna releva les yeux pour rencontrer ceux, qu'il aurait juré railleur de l'homme, avant que ce dernier ne se lève, et ne lui propose de descendre. Tsuna acquiesça, mais dû tout de même prendre appuie sur lui pour arriver sans encombre en bas des escaliers.
Il s'assit avec un soupir de soulagement et se détendit alors que l'autre remontait pour redescendre avec la deuxième chaise et une couverture. Il l'installa sur les épaules du plus jeune qui l'ajusta avec un frisson, avant de retourner vers la cuisine. Il apporta deux assiettes, des plats plus consistants que les repas léger qu'avaient été forcé de prendre Tsuna. L'odeur appétissante réveilla son estomac qui fit connaitre sa présence par un sourd gargouillement.
Tsuna devint rouge, cette fois d'embrassement, alors que l'homme continuait sans prendre en compte l'interruption. Mais il avait un sourire en coin, qui n'échappa pas à Tsuna. Décidément… Cet homme lui rappelait de plus en plus Reborn…
Il murmura un sourd "Bon appétit" tandis que l'autre hochait simplement la tête, avant de commencer à manger. Ou du moins d'essayer. Il ne s'était jamais servi d'autre couvert que ses baguettes. Enfin, si une fois. Reborn avait demandé à sa mère de préparer un plat Italien, et il avait exigé de Tsuna qu'il mange avec des couverts occidentaux.
À la fin du repas, Reborn jura de ne plus demander autre chose que des plats asiatiques tant qu'il ne s'était pas débarrassé de cette maladresse qui était la sienne, et fit nettoyer les murs et les sols par Tsuna. Inutile de dire que le reste de la journée avait été un enfer pour le pauvre boss en apprentissage.
Il avait donc un très mauvais souvenir de la dernière fois qu'il avait utilisé des fourchettes et des couteaux. Il darda un regard rancunier aux couverts étrangers. Il ne sentit pas le regard à la fois curieux et amusé de l'homme. Il soupira, pris son courage à deux mains et essaya.
C'était une chose que l'on ne pouvait pas lui enlever. Il n'abandonnait jamais. Que se soit dans un combat à mort, ou dans un combat contre des couverts.
Ironiquement, il semblait être sincèrement plus doué dans les combats à mort que dans le domptage de couverts récalcitrant.
L'Ombre, heureusement, ne quittait pas des yeux ce que le jeune homme faisait, ou plutôt ce qu'il essayait de faire. C'est pourquoi il ne fut pas surpris, et pu éviter sans problème la fourchette volante allant dans sa direction. Elle se planta dans le mur en bois, et le bruit qu'elle fit en vibrant résonna longtemps dans le silence pesant qui s'était installé.
L'homme ne savait pas comment réagir. Il n'était pas en colère, et ça l'étonnait lui-même. Non, il n'était pas en colère, mais c'était pire. Il avait une furieuse envie de rire, et devait lutter de toutes ses forces pour rester aussi impassible que possible. Tsuna, lui, ne savait pas où se mettre. Il aurait donné vraiment n'importe quoi pour que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'avale sur le champ.
Quand enfin il osa relever la tête pour s'excuser, il rencontra un visage neutre, mais des yeux rieurs. Son rougissement augmenta encore, pouvant rendre jaloux une cerise bien mûre, et il rabaissa la tête précipitamment en gémissant. Il ne bougea pas quand il entendit le raclement de la chaise, et les bruits de pas presque silencieux s'éloigner. Il tressaillit en entendant la fourchette être extraite d'un coup du mur. Il ferma les yeux, ne souhaitant rien de plus que s'évanouir dans l'instant. Sa gêne était vraiment insupportable.
- Utilise plus la force de tes poignets et de tes bras plutôt que celle de tes épaules. Ça sera sûrement plus efficace.
Un léger tintement suivit cette phrase, faisant ouvrir les yeux à Tsuna. Sa fourchette lui avait été rendue, et il avait eu droit à un conseil ! Pas de coup de pied dévastateur ou de tape meurtrière sur le crâne…
Finalement, il ne ressemblait pas autant que ça à Reborn…
Décidé, il essaya. Il surveilla le moindre de ses gestes. L'homme le vit regarder son coude, le baisser, pour le relever de nouveau, mais pas à la même hauteur. Tout en mangeant, il observa discrètement de plus prêt, sa curiosité piqué au vif. Sa main, qui avant tenait la fourchette comme on empoigne une main, avait modifié sa tenue, presque d'elle-même. Son couteau ne forçait plus comme un forcené mais commençait à se débrouiller.
C'était encore loin d'être des mouvements naturels, mais c'était déjà mieux que ceux désordonnés du début. Il s'étonna de cette vitesse d'adaptation. Il avait remarqué que le gamin lançait de curieux regard de son côté, pour voir comment il fallait faire, mais il restait étonné.
Il capta alors un grommellement qui le surprit assez pour l'arrêter dans ses mouvements.
- Pourquoi Reborn ne m'a pas tout simplement dit ça au lieu de se borner à me frapper…
L'homme reposa le morceau de viande qu'il s'apprêtait à avaler avant de demander sans pouvoir le contrôler :
- Parce que ce n'était pas la première fois ?
La rougeur qui attaqua les oreilles de son pauvre convive lui répondit assez clairement.
Le reste du repas se passa dans un silence agréable, que les deux personnes avaient mutuellement décidé de respecter.
Voici un petit chapitre qui informe certain sur la fuite de Tsuna ! J'espère que vous aimez ! ^^
À la prochaine !
