Et non, je ne suis pas décédée ! Mais pour tout avouer, la recherche d'appart, et tout ce petit bazarre, ça prend du tout. J'ai également beaucoup travailler à mes cosplays. Enfin, voici donc le chapitre 14. J'espère qu'il vous plaira !
Chapitre 14 : And the show must go On !
- Il faut la tuer, je vois pas d'autres solutions ! On doit la mettre en pièce, et la cacher dans un placard ! Ou mieux, la jeter d'un clocher !
J'entre ouvris la bouche en rentrant dans la chambre, avant de pousser un profond soupire en comprenant que les cris à peine humains et emplis d'une panique effroyable que je percevais depuis l'autre bout du couloir n'étaient en vérité que les plaintes et indignations féroces d'Aqua. Cette dernière était debout sur le lit de Terra, échevelée, le poing serré vers le ciel, semblant tenir son auditoire composé de notre bande habituelle à la seule force de son discours, tel un homme politique fraîchement élu chef des armées.
- Non mais, Aqua, qu'est ce que tu fous, là ?ne pus-je m'empêcher de marmonner en me passant une main sur le visage, fermant la porte d'un coup de pied.
- Je te défends, je pense à ta survie, pardis !s'expliqua la jeune fille en sautant au sol. T'imagine même pas ce qu'il te demande, ce fou de prof de philo !
Je pinçai les lèvres alors que toutes les paires d'yeux de la pièce se posaient sur moi avec un air compatissant plutôt lourd.
- Si j'imagine, je te rassure, grommelai-je en posant mon sac.
- A partir de maintenant, c'est un combat à mort !reprit alors Aqua. Il faut prendre la furie par les cheveux, lui plaquer la tête sur la table, rejouer la scène de batman avec le stylo, et …
- Oh, du calme !
J'avais haussé la voix et levé les mains pour la faire taire, refusant tout de même d'imaginer Axel avec un crayon dans l'oeil, bien que je me sente plus que maussade à l'idée de travailler avec elle. Enfin, travailler avec elle. C'était bien vite dit. Encore fallait il qu'elle fasse ses devoirs, ce qui serait en soit un miracle aussi épatant qu'a été à son époque le premier pas de l'homme sur la lune.
- Tu sais, on a regardé tellement de séries que maintenant, on sait cacher un corps sans que ça se voit, répliqua la jeune fille aux cheveux, insatiable, et supportée par tous les autres derrières. Tu vois, on pourrait juste l'empoisonner, ou même la harceler comme A, ou même...
- Oui, alors Pretty Little Liars, je veux bien, mais je ne suis pas prêt à la manger pour imiter Hannibal, non plus, intervint rapidement Demyx, assis sur le bureau.
Je ne pus retenir une grimace de déformer mes lèvres. Mes amis étaient devenus fous. Je les regardais sans pouvoir rien ajouter discuter du meilleur moyen de supprimer quelqu'un à la manière d'un polar américain.
- Mais on va pas tuer Axel, enfin, un peu de bon sens !criai-je pour m'élever au dessus de leurs voix.
- Mais, si vous ratez ce travail de philo, vous aurez une mauvaise note, une mauvaise appréciation, et si t'as cette mauvaise note et cette mauvaise appréciation, les écoles d'ingénieurs que tu vises ne voudrons jamais de toi, contra Xion, ayant visiblement parfaitement oublié qu'elle était fâchée contre moi. Tu vas rater tes études, ta vie, vivre dans un logement HLM, rester célibataire et avec des chats, virer dépressif et mettre fin à tes jours un soir de nouvel an en solitaire ! Elle va te faire rater ton existence !
La petite brune avait les yeux sauvagement écarquillés, et lorsqu'elle acheva sa tirade démente, elle poussa jusqu'à se lever pour me saisir par les épaules et me secouer comme un prunier pour que je réagisse.
- Xion, ce que tu dis n'a aucun sens.
Ce fut la seule chose que je parvins à articuler. Mon amie était comme possédée en face de moi, des larmes commençant à perler dans le coin de ses yeux. Alors, sans que je ne m'y attende, elle m'attrapa par la taille, et m'enlaça puissamment.
- Je veux pas qu'elle te fasse de mal, gronda-t-elle d'une petite voix.
- Mais, elle me fera pas de mal !contrai-je, déstabilisé.
Coincé entre les bras de Xion, je pus voir Kairi lever les yeux au ciel, Sora la tenant gentiment par les épaules.
- Mais oui, et ton coquard, il vient d'où ?ironisa-t-elle en montrant mon visage du doigt.
Je me sentis rougir.
- Mais, qu...quel coquard ?bredouillai-je, pourtant persuadé de l'avoir vu presque disparu dans le miroir le matin même.
- Nous prend pas pour des cons, on l'a bien remarqué, ces derniers jours, rétorqua Aqua. On ne t'a rien dit par pure politesse. Et aussi parce qu'on sait parfaitement qui t'a fait ça ! Autant te dire qu'il n'y a plus grand chose qui me retient d'aller me la faire, cette salope !
Définitivement, Aqua sembla avoir déchirer son contrat de paix avec Axel. Sa violence me surprit un instant. Elle souhaitait sincèrement me venger en allant faire bouffer ses bottes à la rouquine.
- Personne ne tuera personne, et personne ne va taper personne, finis-je par plaquer assez durement, écartant quelque peu Xion.
Je gardai néanmoins ma main serrée autour de la sienne, sentant sa nervosité grandir.
- Alors tu proposes quoi ?m'attaqua Terra. C'est quoi ton plan pour qu'elle accepte de travailler avec toi ?
- Et ben, je...marmonnai-je en me grattant l'arrière de la tête. Je pense que je vais aller la voir comme quelqu'un de civilisé, et que... 'Fin, je dois poffiner les détails, quoi.
En face de moi, Aqua fut prise d'un rire nerveux.
- C'est pas un plan, ça !s'exclama-t-elle. C'est une ébauche de plan, et encore, je suis gentille !
- Bon, je vais me débrouiller, ça vous va ?m'agaçai-je finalement, me pinçant l'arrête du nez.
Toujours dans son coin de bureau, Demyx commença à se limer les ongles d'un air parfaitement détaché, des plus snobe.
- On peut fuir à l'étranger, proposa-t-il avec un sérieux implacable.
Le silence se fit dans la chambre, tandis que tout le monde le regardait d'un air blasé et relativement déprimé.
- Sinon, j'ai des contacts à l'Elysée, enchaîna-t-il sur le même ton.
Une nouvelle série de regards s'abattit sur lui.
- Oh, vous êtes vraiment déprimants quand vous vous y mettez, soupira-t-il en descendant de son piédestal. Détendez votre slip ! Happy Halloween and Merry Christmas guys !
- Ouais, je penche plutôt pour un sympathique Happy Hunger Games version Game of Thrones, soufflai-je en levant les yeux au ciel.
Je crus que Demyx allait m'arracher les yeux lorsqu'il s'approcha de moi en grimaçant comme un serial killer en manque de victime, mais il se contenta d'effectuer un fabuleux demi tour accompagné de grands gestes de bras désarticulés.
- Mais vous ne comprenez vraiment rien !s'agaça-t-il finalement. Ce que je veux vous dire, c'est dédramatisez, mes enfants. Dé-dra-ma-ti-sez ! On ne te demande pas non plus de régler le conflit Israelo-Palestinien, ni de faire pousser les seins de Xion !
- Eh !se défendit un instant la petite brune en rougissant.
Il n'avait pas réellement tort. Autant pour les seins de Xion que pour Axel. C'était un être humain. Une fille. Juste une fille. Une plutôt jolie fille, qui me faisait tourner la tête depuis quelques temps. Mais une fille tout de même. Alors j'allais aller lui parler, et lui demander de travailler avec moi comme cela nous était demandé.
- C'est pour ça que je maintiens qu'il ne faut pas la tuer, conclus-je donc, appuyant mon regard sur l'unique fille aux cheveux bleus de la bande.
Cette dernière détourna les yeux en sifflotant, l'air de rien, me faisant doucement sourire.
- Okay, c'est fabuleux, on va manger ?trancha-t-elle d'ailleurs immédiatement pour éloigner le sujet.
Je hochai doucement la tête, bientôt suivi par le reste de l'équipe. Kairi entreprit d'ouvrir la porte, et râla comme toujours après Sora qui lui passa devant en ricanant. Aqua, puis Xion, et Terra finirent à leur tour dans le couloir, alors que Demyx vint placer ses deux mains sur mes épaules, inspirant profondément.
- Le dernier repas du condamné, lâcha-t-il d'une voix faible, des larmes perlant dans le coin de ses yeux.
Cet homme aurait fait un dramaturge absolument parfait. Hollywood se serait arrachée sa présence sur les plateaux.
- C'est pas toi qui parlais de dédramatiser, toute à l'heure ?grognai-je en écartant ses mains de ma chemise.
Il souffla un rapide « je ne vois pas du tout de quoi tu parles » tout à fait faut, avant de tourner les talons et de passer à son tour la porte, me la claquant au nez pour la forme. Chercher à me priver d'une portion de achi de cantine n'était pas une solution formidable pour me torturer.
ooo
- Je pourrais l'aborder comme une personne normale ?
- Non.
- Alors, peut être en lui proposant de venir manger avec nous ? Ou même moi tout seul.
- Encore moins.
- Et bien, je peux l'inviter à boire un café, comme le font les grandes personnes matures et responsables ?
- Tu n'es ni mature, ni responsable, et elle, elle est totalement désaxée. C'est non.
- Bon, je l'aborde en lui demandant de l'aide pour les cours ?
- C'est même pas sûr qu'elle sache dans quelle filière elle est.
- Arrête, elle est quand même un minimum attentive !
- Cherche pas, Roxas, tes idées sont nulles.
Je restais de marbre face à une Larxène tout à fait hautaine, se remaquillant d'une main d'experte devant les vitres du couloir du hall. Comme c'était devenu le cas assez régulièrement, nous déambulions comme de bons amis au milieu de l'établissement après manger, ou durant les intercours. La plupart du temps, la blonde se retartinait pendant que je lui contais les troubles de mon existence, chose dont elle ne semblait pas avoir grand chose à foutre. Alors qu'en réalité, elle les écoutait avec la plus grande attention, y réagissant chaque fois de manière à m'aider à mettre les choses au clair et résoudre mes problèmes relationnels, sans pour autant en devenir aimable. Aujourd'hui encore, je n'avais pas attendu une seule seconde pour lui faire part du plus gros point noir de ma semaine, et la manière dont j'allais en venir à bout. Pour tout avouer, je n'étais pas plus avancer malgré son intervention, étant donné que chaque piste que j'évoquais pour pouvoir enfin approcher à moins de trois mètres ce diable roux était immédiatement rejeté d'un coup d'oeil dédaigneux et d'une remarque type de pétasse prétentieuse.
- T'abuses, tu m'aides pas là, marmonnai-je alors en traînant le bout de ma chaussure par terre, cherchant avec désespoir à attirer le regard de la blonde pour obtenir d'elle un soutient un peu plus éclairant.
Cette dernière ne broncha même pas, appliquant avec délicatesse son rouge à lèvre sur ses jolies lèvres fines. Il me sembla un instant que c'était la seule chose en ce monde pour laquelle elle avait un réel respect. Cette constatation légèrement excessive me poussa au meurtre, et sans lui permettre une quelconque réplique défensive, je lui arrachai son tube de rouge à lèvre rose des mains, pour le jeter par la fenêtre grande ouverte donnant sur la rue. Je plaçai ma main en visière pour mieux le voir ricocher sur la route, un demi sourire amusé au coin des lèvres. Le sourire de Larxène était quant à lui quelque peu moins prononcé, alors qu'elle passait de moi à son rouge à lèvre avec une colère et une outrance non feints.
- Mais enfin, mais pourquoi t'as fait ça ?s'offusqua-t-elle. Mais pourquoi tu l'as jeté ?!
- Il était moche et ne t'allait pas du tout, me contentai-je de répondre en haussant des épaules innocentes.
- Mais t'es complètement con !s'écria la jeune fille.
Je soupirai, lui signifiant clairement que cela m'était égal.
- Bon, et sinon, maintenant que tu m'écoutes, tu peux m'aider ?repris-je, à peu près autant intéressé par ses problèmes de maquillage que par la reproduction des méduses.
Larxène ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose de certainement particulièrement acerbe, mais se stoppa au dernier moment. Un instant, elle plissa les yeux comme un chat sur le point de commettre la plus belle connerie de sa carrière de destructeur de canapé, et m'attrapa par le bras, chose qui me fit grandement peur.
- Tu veux parler à Axel, hein ?raya-t-elle, diabolique.
Elle me tira si soudainement avec elle que je ne pus répliquer, et avant même que je ne réalise ce qu'elle faisait, elle me poussait en avant.
- Je vous souhaite beaucoup de bonheur, grinça-t-elle en tournant les talons, me laissant vaciller comme un débile sur le carrelage du hall.
Larxène devint le cadet de mes soucis la seconde d'après. Mon sang venait de se glacer dans mes veines. Et je ne comprenais très clairement pas comment j'avais pu faire pour ne pas la voir arriver, vu notre position stratégique près des fenêtres. Car j'étais face à Axel, à présent, et si proche d'elle que je pouvais sentir son souffle chaud et empli de tabac.
