Bonsoir à tous !
Vous devez avoir l'habitude de mes excuses, mais autant continuer sur la lancée n'est-ce pas ? Navrée de ne pas avoir posté ce chapitre dans les délais que je m'étais fixé, mais j'ai eu un début d'année plutôt difficile. J'espère que ça s'améliorera, mais en tout cas vos reviews m'ont fait très plaisir. Une pensée pour Saint Angel et Ange Noir à qui je ne peux répondre directement, merci beaucoup à vous deux pour vos messages :)
Je dédie ce chapitre à ma Zumelle préférée et unique, car je pensais au départ le poster pour son anniversaire. Bon anniversaire en retard Alexis :)
Bonne lecture à tous et merci à Camhyoga pour sa correction ^^ Enjoy !
Mafia Blue II – Chapitre 14
Eaque posa le pied sur le quai avec soulagement la traversée s'était relativement bien passée, si on omettait l'incroyable capacité de Minos à se plaindre de la moindre chose. Heureusement, son ami avait un charisme tellement impressionnant que personne n'avait osé lui faire la moindre remarque sur ses commentaires désobligeants, faits avec une pointe de mépris que lui seul pouvait doser. Le Népalais ne savait pas comment faisait Rune pour supporter ça en privé. Il aurait préféré s'isoler, mais ils avaient décidé d'un commun accord de ne pas trop s'éloigner les uns des autres et d'avoir toujours un contact visuel entre eux. Manquerait plus qu'ils se perdent…
D'un coup d'œil, il vit Rhadamanthe et Kanon descendre à leur tour, un sac à la main. Le Grec avait sorti des lunettes de soleil noires et son incroyable chevelure suscitait encore des murmures ravis de la part de la gent féminine, au grand dam de l'Anglais qui semblait prêt à tuer ces charmantes demoiselles. Eaque esquissa un sourire moqueur, s'attirant un regard foudroyant de la part de son ami. Minos et Rune les rejoignirent quelques instants plus tard, et ils se dirigèrent vers la salle d'accueil.
« Bien, pour le moment tout se déroule comme prévu, souffla Minos.
-Je ne vois pas Kagaho, rétorqua Eaque en regardant autour de lui avec attention. Il devrait être là…
-Nous avons cinq minutes d'avance, le rassura Rhadamanthe. Il est très ponctuel, attendons-le dans le hall des arrivées.
-Comme si on avait que ça à faire » soupira le Norvégien en fronçant les sourcils.
Rune lui lança un regard désapprobateur. Minos fit une moue d'excuse tandis que le Népalais sortait son téléphone portable. Kagaho décrocha presqu'aussitôt :
« Où es-tu ? demanda Eaque.
-Je viens juste d'arriver, j'ai été retardé. Je vous rejoins à l'intérieur. »
Il raccrocha avant que son amant ait pu ajouter quoi que ce soit. Minos lui fit un sourire moqueur et déclara :
« Tu vois, tu n'avais pas à t'inquiéter. Il tient trop à toi.
-Tu peux parler, grommela le Népalais sans s'empêcher de sourire à son tour.
-Veuillez nous suivre s'il vous plaît. »
Le petit groupe se retourna, pris par surprise. Ils se retrouvèrent face à six hommes, dont les costumes camouflaient à peine les porte-revolvers attachés à leurs côtés. Ils se dévisagèrent quelques instants, mais qui parurent durer une éternité. Ce fut Kanon qui réagit le premier, en toisant les inconnus avec une morgue digne de celle de Minos :
« Vous êtes ?
-Nos noms ne vous intéressent pas, monsieur Gemini. Ne nous obligez pas à utiliser nos armes au beau milieu d'un lieu public.
-Il en manque un, fit soudain l'un d'eux en se tournant vers celui qui semblait être le chef.
-Où est-il ? cracha ce dernier en se tournant vers les cinq compagnons.
-Qui ? demanda innocemment Minos avec un sourire insolent.
-Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi » menaça l'homme.
Eaque jeta un coup d'œil autour de lui : pour la première fois de sa vie, il espérait ne pas apercevoir son amant.
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Ce fut un coup de téléphone qui retarda l'Egyptien au moment où il allait partir rejoindre son amant au débarcadère. Il avait hésité un instant à répondre, mais il s'agissait du numéro d'Anna. Sa décision n'avait pas été longue à prendre :
« Bonjour mon chéri, salua la Grecque. Comment vas-tu ?
-Très bien, et toi ? D'ordinaire tu n'appelles que le soir.
-Disons que j'ai eu une nouvelle à t'annoncer et que je ne devais pas plus repousser le moment de te la dire. Aldébaran Constelação cherche à te joindre, Kagaho.
-…Il t'a dit pourquoi ?
-Il souhaitait seulement que tu lui téléphones. Je t'en prie, dis-moi que tu n'es mêlé à aucune affaire dangereuse, souffla Anna.
-Je te promets que je ne sais pas ce qu'il me veut. Merci de m'avoir tenu au courant.
-Sois prudent » conclut-elle en raccrochant.
Le jeune homme resta un instant sans bouger, réfléchissant à ce qu'il devait faire. Sans aucun doute, l'inspecteur voulait le voir à propos de l'attentat. Il devait espérer qu'il lui tirerait des informations, il ne voyait que ça. A moins qu'il ne s'agisse d'un piège pour tenter d'attraper Hadès, encore une fois ? Kagaho jeta un coup d'œil à sa montre et poussa un juron : il était en retard.
Il arriva en trombes au port, agacé par la nouvelle que lui avait donnée Anna et d'avoir fait attendre son compagnon. Il entra dans le bâtiment à grands pas et repéra aussitôt Eaque et les autres. Seulement, ils se trouvaient entourés par des hommes qu'il n'avait jamais vus. Le jeune homme se décala derrière un pilier, continuant de s'approcher du groupe avec précaution. Les expressions figées de Rhadamanthe et Eaque achevèrent de confirmer ce qu'il craignait : ces hommes étaient là pour eux. Soudain, ses yeux croisèrent ceux de son amant et il vit le Népalais tressaillir. La peur qu'il lut dans ses yeux le figea. Un regard qui lui criait de fuir et de les abandonner. Kagaho sentit sa poitrine se serrer et il secoua la tête, mâchoires crispées. Eaque fronça les sourcils, essayant d'insister sans se faire remarquer. L'Egyptien se détourna et observa les alentours, cherchant une échappatoire. Ces inconnus devaient être armés, sinon ses camarades ne resteraient pas ainsi les bras croisés. Et qu'attendaient-ils, au juste ? La réponse le frappa soudain, le faisant se retourner vers Eaque : ils voulaient l'attraper lui aussi. Le Népalais hocha doucement la tête, le forçant du regard à partir. L'Egyptien se mordit les lèvres, résigné malgré l'envie d'aller tordre le cou à ces salopards. Seulement, il était à mains nues, et ses amis prisonniers.
« Putain il est là ! »
Kagaho fila comme le vent, sans se soucier si c'était bien de lui dont le cri faisait allusion. Mais au bruit de course dans son dos, il comprit que oui. Le jeune homme se rua vers la sortie et enfourcha sa moto, qu'il fit démarrer en catastrophe. Un coup de feu retentit, qui se perdit sur le bitume, près de l'endroit où se trouvait sa jambe quelques secondes plus tôt. Des cris s'élevèrent tandis qu'il quittait le parking en coupant la route des voitures qu'il croisait. Il fonça, les pensées focalisées sur une seule chose : Eaque avait été fait prisonnier. Une rage sourde l'envahit progressivement, et lorsqu'il arriva à son appartement, il était dans une fureur noire. Ceux qui avaient osé faire ça allaient amèrement le regretter.
Sa colère s'évanouit cependant quand il vit que la porte d'entrée était entrouverte. Son entraînement reprit alors le dessus, laissant place au soldat qu'il avait été des années auparavant. Il entra à pas de loup, les oreilles attentives au moindre bruit. Il entendit un bruissement de feuilles et des grommellements : quelqu'un fouillait ses affaires.
« Bon sang, mais où est-ce qu'il cache son carnet d'adresse, celui-là ? » s'écria l'intrus en lâchant au sol une pile de papiers.
Des adresses ? Kagaho plissa les yeux, avant de surgir dans la pièce, faisant sursauter le garçon qui s'y trouvait :
« Mais… Mais tu ne devais pas…
-Revenir ? Désolé d'avoir contrecarré tes plans, grinça l'Egyptien en s'avançant vers lui, le regard mauvais.
-Mes… Mes plans ? Holà, pas si vite ! protesta-t-il en levant les mains comme pour se déculpabiliser. Moi je suis qu'un sous-fifre, d'accord ?
-D'accord, alors qui tire les ficelles ?
-Je… Je sais pas qui c'est ! balbutia le jeune homme. Je le jure !
-Le problème avec ce genre de promesses, c'est qu'elles sont fausses. Alors soit tu me dis ce que je veux savoir, soit tu ne sors pas de cette pièce vivant.
-Quoi ?! glapit-il. Mais puisque je te dis que…
-Mauvaise réponse, siffla Kagaho en se jetant sur lui pour le plaquer au sol.
-Attends ! Attends, me tue pas ! Je sais juste que c'est quelqu'un qui veut la peau des Juges, c'est tout ce que je sais !
-C'est tout, vraiment ? ironisa l'Egyptien.
-Je… Je crois…
-Menteur. »
D'un coup sec à la tempe, il l'assomma et le laissa retomber sur le sol. L'assassin se redressa avant de promener son regard autour de lui : il devait réagir vite et bien. Il partit dans la cuisine où il récupéra un morceau de ficelle, dont il se servit pour attacher le piètre voleur à un pied de chaise. Ensuite, préparer des affaires indispensables : arme, munitions, nourriture, eau. Il s'empara de son annuaire, trouva rapidement l'adresse de l'inspecteur Constelação et arracha la page concernée avant de mettre le livre dans le four. Il tapa ensuite un numéro sur son téléphone et attendit quelques instants avant d'entendre la voix aimable de la directrice de l'établissement de son frère :
« Bonjour, vous êtes bien au lycée…
-Bonjour madame, l'interrompit-il poliment. Je suis Kagaho, le frère aîné de Sui qui est en section arts. Pourriez-vous lui transmettre un message je vous prie ?
-Bien sûr, de quoi s'agit-il ?
-Dites-lui que notre mère ne rentrera pas ce soir.
-Que votre mère ne rentrera pas ? répéta la femme, un peu surprise. A-t-elle eu un accident ?
-S'il vous plait, dites-lui juste ça » conclut le jeune homme en raccrochant.
Il retira ensuite la carte SIM de son portable, et enfourna le tout aux côtés de l'annuaire. Il fit le tour de sa chambre, retira l'unique photo de lui et Sui puis ferma son sac. Il attacha à sa cheville la lanière qui retenait son couteau de chasse l'arme blanche lui serait sans aucun doute utile. Un gémissement lui appris que le garçon reprenait ses esprits. Il le rejoignit et lui versa un verre d'eau sur la tête pour achever de le réveiller.
« Hé ! protesta-t-il. T'es complètement cinglé ma parole !
-Dit celui qui volait mes affaires. Je te laisse une dernière chance de répondre à mes questions. Qui t'a envoyé ici ?
-Je te dis que je ne sais pas ! »
Vidé de toute patience, Kagaho attrapa son couteau et le planta dans le bois de la chaise, à quelques centimètres de l'endroit où se trouvaient les mains de son prisonnier.
« Est-ce qu'il faut que je te tranche un doigt pour que tu arrêtes de te payer ma tête ou tu te décides à être un peu plus coopératif ? murmura-t-il.
-Une femme ! cria le garçon en se trémoussant. C'est une femme !
-Son nom.
-Je le connais pas ! pleurnicha-t-il d'une voix aigue. Elle voulait que je surveille ta ligne téléphonique, c'est tout ! »
Kagaho plissa les yeux : c'était donc de cette façon que cette femme avait appris que les Juges revenaient sur Athènes.
« Que veut-elle ?
-Hein ?
-Pourquoi eux ? Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?
-Parce que tu crois que je suis dans la confidence ? railla le garçon.
-Tu es un peu plus convainquant, se moqua l'Egyptien en se redressant. Dommage que tu ne l'aies pas été un peu plus tôt. »
Le jeune homme tressaillit et balbutia :
« Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Il est très dangereux de mettre un instrument électronique dans un four, j'espère que tu le sais, sourit méchamment l'assassin. Surtout quand quelqu'un s'amuse avec un briquet juste à côté.
-Qu… Quoi ?
-Avec de la chance, tu échapperas à l'explosion. Mais d'ici à ce que les pompiers arrivent, je doute que l'incendie t'épargne.
-Tu détruirais ton propre appartement ? murmura le garçon avec un air paniqué.
-Quand on s'attaque à quelqu'un, on cherche d'abord jusqu'où il est prêt à aller pour sauver sa peau. Première et dernière leçon.
-Attends ! s'écria Cheshire en le voyant tirer un briquet d'un tiroir. Ne fais pas ça ! Laisse-moi une chance !
-Pourquoi je le ferais ? siffla le jeune homme.
-Ma mort restera sur ta conscience, ça ne te fait rien ? glapit-il.
-Une de plus ou une de moins, qu'est-ce que ça change ? »
Kagaho se désintéressa des cris de protestation du garçon et mis le feu à l'annuaire, avant d'allumer le four.
« Je t'en supplie, arrête ! hurla son prisonnier en tirant sur ses liens. Pandore, elle s'appelle Pandore !
-Pandore ? répéta l'Egyptien. Qu'est-ce qu'elle a l'intention de faire ?
-Je ne sais pas, j'ai juste compris qu'elle voulait se venger des Juges ! paniqua Cheshire en voyant de la fumée commencer à sortir du four. C'est tout ce que je sais !
-Tu vois quand tu veux. »
D'un même mouvement, il trancha les liens du garçon et l'assomma de nouveau, avant de ranger son couteau, de mettre son sac sur le dos et d'emporter le corps inanimé dans le couloir. Il l'abandonna sur le sol et partit sans se retourner, un sifflement strident s'élevant dans son dos. A présent, il lui fallait retirer l'argent de son compte et disparaître dans la nature. Et surtout, trouver le moyen de protéger Sui et de retrouver Eaque.
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« Bon sang, je sais pas ce qu'ils ont tous à tirer des coups de feu partout à Athènes, mais ça commence à bien faire ! » grommela Aldébaran en tournant sur lui-même.
En compagnie de Milo et Egidio, il s'était rendu au port, d'où une vendeuse terrifiée les avait appelés en criant qu'un tireur tuait tout le monde. Il n'y avait en réalité que deux blessés superficiels : deux garçons qui avaient voulu se cacher derrière la vitrine d'un magasin mais qui n'avaient réussi qu'à traverser la vitre et s'écorcher. Mais les tirs étaient bien réels, ils avaient retrouvé des impacts de balle à divers endroits. Malheureusement, personne n'avait vu qui étaient les tireurs ou même s'il y en avait plusieurs. Et évidemment, la police ne faisait pas son travail convenablement, sinon ça ne serait pas arrivé.
« A ton avis, on a affaire à un règlement de compte entre gangs ? demanda Milo en refermant le sac des douilles.
-Possible, mais après l'attentat sur Kido mieux vaut être trop prudent que pas assez, marmonna le Brésilien.
-Bah, mon pote de la balistique va mettre la main sur le propriétaire de ton KV chose.
-KS140*, le rabroua Egidio.
-C'est pareil. Et sinon, comme ça tu es en couple ?
-Va brailler ailleurs, siffla l'Italien. Ça te regarde pas.
-Bien sûr que si ! On se connaît depuis assez longtemps pour que je sois un minimum concerné quand même ! C'est qui ?
-Milo…
-Allez, c'est qui ? insista le Grec avec un sourire amusé. Que je sache qui a réussi à faire fondre ton cœur de pierre…
-Tu vas pas me lâcher, commenta placidement l'ancien tireur.
-Ouaip. Alors ?
-Mu.
-Ah ! J'en étais sûr ! s'écria Milo.
-Oh ça va !
-Taisez-vous un peu » les coupa Aldébaran en décrochant son portable, qui venait de se mettre à sonner.
Milo continua à rire silencieusement, sous les regards assassins de son coéquipier du jour. Un juron de leur chef les arrêta dans leurs pitreries, et les fit aussitôt redevenir sérieux. Le Brésilien raccrocha et déclara sèchement :
« Incendie criminel dans un immeuble, Dokho et Shura sont sur le coup.
-Tu penses que ça a un rapport ? s'étonna Egidio.
-Je sais pas du tout, soupira Aldébaran en secouant la tête. Tout ce que je vois, c'est que les problèmes se multiplient et qu'on a intérêt à régler ça le plus vite possible !
-Pour le port on ne va pas pouvoir faire grand-chose à part analyser les balles, remarqua Milo. Pas de description, pas de suspect, pas de cadavre. Affaire classée.
-Je veux quand même la liste des passagers qui sont arrivés ou partis dans un laps de deux heures précédant les tirs. On ne sait jamais. »
Les deux policiers acquiescèrent de concert, tandis que leur chef repartait vers son véhicule. Ce n'était sans doute qu'une impression ridicule, mais il sentait que ce n'était que le début des ennuis…
*Le KS140 n'existe pas, ou alors j'ai un 8ème sens moi aussi… :D
à suivre...
