Nouveau chapitre qui est très loOong! Je vous avouerai que je l'aime plutôt bien!

Bonne lecture et merci à celles qui commentent!


Chapitre 14 : Rapprochement intensif

POV Bill

Bientôt 19h, Manu ne devrait pas tarder à arriver. Ah, ben tiens ! Quand on parle du loup !
J'attrape ma veste en cuir noir, que j'avais posée sur le lit, fourre mon portable dans mon sac et vais le rejoindre dans le couloir. Il me lance un petit regard appréciateur et m'embrasse. Du bout des lèvres de ma propre volonté.

Je sens que la soirée ne s'annonce pas terrible.

Pas à cause de lui. Lui il parle avec entrain de tout et de rien en me serrant fortement contre lui. Plutôt à cause de moi. Pourtant cinq minutes avant qu'il n'arrive, j'étais plutôt heureux à la perspective de cette soirée. Mais dès que je l'ai vu, je me suis comme braqué. Il faut quand même que j'essaye de faire un effort. Il à l'air réellement enthousiaste à l'idée de passer sa soirée avec moi. Pff, s'il croit que tout ça va se finir au lit, il se trompe lourdement. S'il compte que je reste avec lui, il va devoir faire une croix sur le sexe pendant un petit bout de temps, c'est moi qui vous le dit.

Nous montons dans sa voiture et il est toujours le seul à parler. Je pose ma tête contre la vitre en fermant les yeux, ne l'écoutant que d'une oreille distraite.
Quand nous arrivons, il se gare et vient rapidement ouvrir la portière de mon côté, avant que je n'ai eu le temps de le faire. Je le regarde un peu surpris.

-Je sais être galant aussi tu sais ? se justifie-t-il.
-Je vois ça ! je lui réponds, ne pouvant m'empêcher de lui sourire.

Je sais qu'il ne faut pas mais c'est ce genre de petites attentions qui me fait fondre. M'ouvrir la portière, m'emmener au restaurant où nous avions eu notre premier rendez-vous. Non, vraiment il sait vraiment bien s'y prendre. Mais il ne faut surtout pas que je me fasse avoir. Ce soir va être décisif pour notre couple. Ou ça passe ou ça casse. A lui de passer le test !

Nous sommes en plein milieu du repas et j'essaye tant bien que mal de m'immerger dans la conversation. Je ne m'en étais jamais rendu compte jusqu'à présent mais il a autant de conversation qu'une huitre morte. Parler pour draguer et faire le joli cœur, il sait faire mais pour le reste, c'est pas terrible.

Il me parle joyeusement de sa famille. A première vue il est très proche d'eux. C'est une famille très soudée et je l'envie un peu sur ce point là. J'aurais bien aimé que mes parents restent ensemble mais il est vrai qu'il était certainement mieux pour le bien de tout le monde qu'ils se séparent.

Pendant les quelques mois qui ont précédé leur séparation, je me souviens que c'était dispute sur dispute et qu'à la fin, ma mère finissait toujours en larmes. Mélange de tristesse et de colère, je crois bien.
Ils s'étaient connus très jeunes, à l'âge de quinze et ils se sont tout de suite aimé, d'après ce que m'a raconté ma mère. Ca devait donc lui faire beaucoup de mal de voir que l'amour qu'elle partageait avec son mari, était en train de s'effriter petit à petit. Ils ont pris la sage décision de se séparer.

Mais je crois qu'ils ont attendu trop longtemps. S'ils s'étaient séparés aux premiers signes d'essoufflements, ça aurait été certes dommage de ne pas se donner une seconde chance mais au moins ils seraient toujours en de bons termes. Parce qu'aux jours d'aujourd'hui, ils se détestent. Même s'ils ne me le disent pas et qu'aucun des deux n'a jamais essayé de me monter contre l'autre, je le sais bien, je ne suis pas bête.

-Tu es bien rêveur, dis moi, constate Manu, me tirant ainsi brusquement de mes pensées.
-Oui...pardon, je pensais à mes parents, je lui réponds en m'excusant sincèrement.

Il attrape ma main gauche posée sur la table et la serra affectueusement. Je le regarde et essaye de le sonder. Il est tellement étrange dans tout ce qu'il fait. Ses petits gestes, ses attentions alors que d'un autre côté, il va certainement voir ailleurs. Pourquoi il se donne tant de mal à vouloir rester avec moi alors que visiblement, il n'apprécie pas assez ma compagnie pour m'être fidèle. Je ne le comprends pas.

-Pourquoi tu es comme ça avec moi ? je lui demande doucement, en retirant ma main de son étreinte.
Il fronce les sourcils, sans comprendre de quoi je veux parler.
-Pourquoi est-ce que tu es si gentil et attentionné avec moi alors que tu vas voir ailleurs ? je lui demande toujours sur le même ton neutre.
-Je ne vais pas voir ailleurs Bill ! Arrêtes avec ta parano, tu m'énerves, gronde-t-il et quelques têtes se tournent vers nous.
Je me redresse sur la chaise et lui jette un regard noir mais préfère changer de sujet.
-Bon...il arrive quand le serveur avec la note, j'ai envie de rentrer, je me plains.

Il souffle et se lève en me disant qu'il va aller au comptoir pour payer. Ca fait cinq minutes qu'il est partit et son portable, qu'il a laissé sur la table, se met à vibrer. Je jette un œil et vois que quelqu'un lui a envoyé un message. La curiosité l'emporte et après avoir vérifié qu'il était toujours à la réception, je m'empare du téléphone et ouvre le message.

Je palis à vu d'œil et mes yeux s'agrandissent de stupeur. Ca va encore bien plus loin que ce que je pensais.

-Loulou, sois prêt vers 11h00 demain matin, je te réserve une journée mémorable pour nos trois ans ! Bisous, je t'aime-

Le salaud. Moi qui pensais qu'il me trompait, en fait il trompe le mec avec qui il sort depuis trois ans. Je sens une boule se former dans ma gorge. Je décide de regarder un peu ses autres messages. Quelques uns de moi et d'autres d'hommes que je ne connais pas. Ces messages se ressemblent tous. –je t'aime- -c'était bien hier soir- -je languis de te revoir-. Putain, ça me fout la gerbe, tiens. Il est complètement con en plus, il les garde tous dans la mémoire de son portable...

Alors que j'allais en ouvrir un nouveau, je sens que l'on me l'arrache des mains. Je vois Manu qui me regarde d'un œil noir.

-Vas-y fais comme chez toi, surtout ! s'énerve-t-il.
Je prends la serviette sur mes genoux et la balance sur la table en me levant. Je récupère mon sac et lui fais face.
-Je ne crois pas que tu sois en position de te mettre en colère ! je le préviens en le repoussant et en me dirigeant vers la sortie à grands pas énervés.
-Bill, tu te calmes et tu changes de ton avec moi, gronde-t-il, en me rattrapant.

Il essaye de me faire arrêter en me tirant par le bras mais je ne me laisse pas faire et me dégage de son emprise. Les autres clients ont arrêté de manger et nous fixent silencieusement.

-T'es juste un bel enfoiré Manu, je m'énerve alors que nous sortons enfin du restaurant. J'arrive pas à croire que tu aies un mec...Je le plains même plus que moi. Trois ans que tu te fous de sa gueule. Et environ deux mois que tu te fous de la mienne.

Il ricane narquoisement et me rétorque froidement :

-Non mais t'as cru que c'était le grand amour ou quoi ? Arrêtes de rêver éveillé, hein !

Je sens les larmes me monter aux yeux. Il me dégoûte.

-Tu sais pourquoi je suis avec toi ? me demande-t-il en agrippant mon bras et en approchant son visage du mien. Tu veux le savoir ? Parce que t'es bonne, voilà pourquoi.

Je sanglote pitoyablement et baisse les yeux. Tout à coup, j'entends Manu pousser un petit cri de stupeur et la voix froide d'un homme résonner. Je relève alors la tête et vois mon père qui tient Manuel par le col de sa chemise. Les quatre garçons sont là aussi, bien qu'un peu déguisés, pour ne pas être reconnus.

-Comment tu parles à mon fils espèce de petit con ?

Et l'autre bafouille comme un con. Il se la ferme sa grande gueule là.

-Je te préviens ne t'approche plus de lui ou alors tu auras à faire à moi...le menace-t-il.

Manu arrive à se libérer de la poigne de mon père et s'éloigne vers sa voiture après l'avoir bousculé. Ils se retournent alors tous vers moi, et j'ai honte de pleurer devant eux comme ça. Mon père s'approche et me prend dans ses bras. Je profite un petit moment de son étreinte et me détache doucement de lui.

-Ca va mieux, me demande-t-il très gentiment.
-Non, les mecs sont tous des cons...des gros cons, je sanglote.
Il rigole et j'entends les garçons faire de même pas très loin de nous. Je ne peux pas m'empêcher un petit sourire de se former sur mes lèvres.
-Tu veux venir dormir au studio avec nous ?
-Tu ne vas pas chez Miranda ?
je lui demande curieusement, la voix entrecoupée de sanglots en m'essuyant le visage, en prenant garde de ne pas trop étaler le noir de mon maquillage sur mes joues.
-Pas ce soir. Demain, journée chargée qui commence de bonne heure, m'explique-t-il. Alors ?
-Je voudrais pas vous déranger.
-Non, non mais tu ne nous dérange pas,
s'écrie Tom précipitamment.

On se tourne tous vers lui et le regardons d'une façon bizarre. Il prend une moue gênée devant nos regards inquisiteurs.

-Enfin, je veux dire, il y a de la place...donc ça nous dérange pas, explique-t-il d'une petite voix.

J'accepte alors en faisant un petit sourire à Tom. Ca fait bizarre de le voir habillé comme ça. Un jean droit serré, un t-shirt noir avec une veste à carreaux par-dessus et une paire de basket blanche. Il est vraiment charmant comme ça aussi. Nous nous dirigeons donc tout les six vers la voiture, grosse et grande voiture, mon père. Je monte côté passager et me perd dans les conversations des autres. A un moment, Georg dit quelque chose de drôle et je le regarde à travers le rétro en lui faisant un petit sourire. Mais au moment de tourner la tête, je capte le regard de Tom. Nous nous fixons l'espace de quelques secondes, jusqu'à ce que je détourne la tête, gêné.

Je suis allongé sur le divan, qui me sert de lit pour la nuit, depuis environ une heure et je ne dors toujours pas. Je tourne, je vire et je réfléchis. Qu'est-ce que ça peut faire mal de s'entendre dire que le seul intérêt que l'on a, c'est d'avoir un beau cul. En plus, il a dit ça devant mon père...la honte !

Je ne suis vraiment qu'une petite andouille quand on y réfléchit bien. Je le savais en plus.
Comment j'ai fais pour me laisser embobiner comme ça ? Et surtout pourquoi ? Je me rappelle l'état dans lequel j'étais après ma rupture avec Jérémy. Des jours passés enfermé dans ma chambre, à pleurer à chaudes larmes sur mon oreiller. Je ne suis pas allé en cours pendant dix jours. Après, j'ai été obligé d'y retourner par ma mère. Merci pour le soutient.

Bon ce qui me rassure d'un côté, c'est que ça ne devrait pas se passer comme ça ce coup-ci. D'une parce que ça ne faisait pas longtemps que j'étais avec lui et de deux parce que je n'étais pas autant attaché à lui, que je l'étais à Jérémy.
Bon allez, ce n'est pas la peine, je ne vais à arriver à dormir. Peut-être que le bruit de la télé va réussir à me bercer.

[...]

POV Tom

Putain, de le savoir, juste là à quelques mètres, en train de dormir paisiblement, seulement vêtu d'un boxer et d'un t-shirt...

Bon, je sens que je ne vais pas arriver à dormir. Je vais aller me chercher un verre d'eau, ça va peut-être m'aider. Enfin, c'est surtout que pour aller à la cuisine, je dois passer à côté du canapé sur lequel il dort et du coup je vais le voir. Coquin que je suis !

Je me lève en douce et sors de la chambre à pas de loups. Je n'ai pas envie que quelqu'un me prenne sur le fait, en train de jouer au pervers.

Oh, ben il dort pas lui non plus...De là où je suis, je le vois assis sur le côté droit du canapé, les genoux remontés contre son torse, la tête posée dessus et le plaid entourant ses épaules. Les reflets bleutés de la télé éclairent de temps à autre son visage, qui je dois dire, maquillé ou non est extrêmement plaisant à regarder.

Je m'approche de lui sans être trop discret, pour ne pas l'effrayer et effectivement, il se retourne en m'entendant approcher.

-Hey, chuchote-t-il, un petit sourire se formant sur ses lèvres.
-Hey, toi non plus, t'arrives pas à dormir ? je lui demande en m'asseyant à mon tour sur le canapé.

Il secoue la tête en haussant les épaules. Nous restons silencieux quelques instants, aucun de nous deux ne sachant quoi dire. Enfin pour ma part, la seule chose dont j'aimerais lui parler, c'est de son ex mais je ne suis pas sûr que lui en ai très envie.

Je tape de mes doigts sur mes genoux...sa présence me trouble !
C'est pas possible, normalement je ne suis pas autant empoté quand il s'agit d'une fille. Allez Tom reprend toi !
Et alors que j'allais parler, je l'entends sangloter. Oh non pas ça, je ne sais pas consoler les gens. Je tourne très lentement la tête vers lui et vois de grosses larmes rouler sur ses joues. Je fais la seule chose qui me semble raisonnable sur le moment, je m'approche de lui et l'enlace. J'appuie sa tête dans mon cou et il se laisse complètement aller, ses mains agrippent mon t-shirt.

Ok, alors présentement, je sers dans mes bras mon fantasme...oui disons les choses comme elles sont. Physiquement, il me plait vraiment beaucoup. En plus, j'ai le nez enfouit dans ses cheveux et je ne sais pas ce qu'il utilise comme shampooing mais Dieu, que ça sent bon.

Par contre, j'ai un peu l'air d'un âne là. J'ai l'impression de ne servir à rien et qu'il se console tout seul dans mes bras. Genre, c'est pas loin qu'il se murmure des mots réconfortants à lui tout seul.
Je porte une de mes mains sur sa tête et fais glisser mes doigts dans ses cheveux, les caressant doucement.

Ca fait trois quart d'heure que nous sommes comme ça et je sens sa prise sur moi se relâcher et sa tête s'affaisser un peu plus sur mon épaule. Je n'entends plus ses pleurs, je suppose donc qu'il a dû s'endormir.
Je vais le faire se recoucher parce que je ne crois pas qu'il soit mieux installé que moi. J'ai vachement mal au dos.

Je me penche en avant, en le tenant toujours contre moi et dépose sa tête sur son oreiller. Je fais mine de me relever et sens qu'il resserre ses mains sur mon t-shirt. J'essaye de le faire lâcher sans le réveiller mais ce n'est pas facile. Il s'accroche le bougre !

-Bill...lâche moi. Oui je sais je suis nul et en plus ça ne marche pas.
-Bill allez...donne moi tes mains, je lui chuchote et il le fait. Je les serre un instant dans mes mains, attrape la couverture, le couvre avec et fais glisser ses mains en dessous. Il grommelle un peu et fais une grimace en respirant fort.
-Rendors toi...je lui murmure en caressant une dernière fois son visage.

Il se tourne sur le côté droit et se pelotonne en soupirant de bien-être. Je le contemple encore un instant et me lève pour aller me coucher à mon tour.

Je suis carrément dans le pâté. Normal, je me suis couché à 2h00 du matin et ce matin réveil aux aurores. Je ne suis pas habitué et je n'ai pas envie d'y être habitué.

Je m'affale comme une larve sur une des chaises de la cuisine, un bol de café fumant devant moi. Je le touille lentement en fermant les yeux.

-T'es au courant que tu n'as pas mis de sucre, hein ? me demande Gustav, me tirant ainsi de mon semi coma.
Je lui fais une tête de déterré et le supplie du regard de m'en passer un. Il le fait en souriant moqueusement.
-On s'est couché en même temps hier soir pourtant...c'est pas normal que tu sois fatigué, constate-t-il d'une voix qui me fait comprendre qu'il sait quelque chose.
-Ah oui, je me souviens ! T'avais plutôt l'air bien sur le canapé avec Bill dans tes bras.
-C'est pas ce que tu crois, je le consolais simplement,
je lui explique.

Juste à ce moment là, Bill débarque dans la cuisine à son tour, vêtu de la même façon qu'hier sauf que cette fois il n'est pas maquillé.
Studio de mec oblige, le maquillage ne cours pas les rues. On se fait un petit sourire, presque timide.

-Tu veux un café ou quelque chose ? lui propose Gus.
-Vous avez du nesquick ? demande-t-il d'une petite voix.

C'est mignon, ça me fait rigoler doucement. Tout les deux se tournent vers moi et je me sens bête.
Heureusement que Gustav est un vrai pote et qu'il me sortirait de n'importe quel pétrin.

-Fais pas attention au crétin assis à table, il est pas du matin.

Merci mon pote, je t'aime moi aussi ! Au moins ça a l'avantage de faire rire Bill. Il se prépare son petit chocolat et s'assois face à moi, aucun de nous n'ose regarder l'autre. C'est une ambiance bizarre pour moi, je n'y suis absolument pas habitué. Ce n'est pas que ça me déplait, cette petite tension dans l'air mais ça me fait me sentir comme une gonzesse.

Enfin, en même temps, je suis attiré par un homme donc, je n'ai pas vraiment de commentaire à faire.
D'un coup, Gus nous dit qu'il va se préparer et une fois dans le couloir, il me hurle qu'il faudrait que j'en fasse autant parce qu'aujourd'hui, pas le temps de traîner.

Nous sommes maintenant seuls dans la cuisine et le silence commence à être un peu pesant. Chacun de nous boit son petit déjeuner en silence. Et comme par réflexe alors que je me perds dans mes pensées, je touille encore mon café.

-Euh, Tom ? m'interpelle-t-il. Je voulais d'abord te dire pardon pour hier soir et ensuite, merci...pour hier soir ! me dit-il en souriant grandement.
-Oh c'était rien ne t'en fais pas, je le rassure.

Il hoche la tête visiblement rassuré. Je m'excuse auprès de lui, même pas deux minutes plus tard, en lui disant que je dois aller me préparer.

-Ok, ben à ce soir alors.
Ah oui...la soirée ! Je l'avais oublié celle-là. Vivement.

[...]

POV Bill

J'ai passé ma journée à regarder la télé dans ma chambre d'hôtel étalé comme une pauvre loque sur mon lit, à regarder des débilités.
Ah oui...et j'ai pleuré aussi ! Encore. Puis j'ai pensé à Tom. Je me suis excusé ce matin parce que j'ai le vague souvenir d'avoir pleurer dans ses bras pendant assez longtemps. Quand j'y repense. J'étais bien là. Il sent bon et je pouvais deviner les formes de son corps à travers son grand t-shirt. C'est quelque chose que même mon esprit embué par le chagrin ne peut visiblement pas oublier.

Dans la journée, mon père m'a appelé pour me proposer de laisser ma chambre d'hôtel et d'aller dormir au studio à partir de maintenant. Ils ont une chambre d'ami, dans laquelle il a dormi cette nuit, et ça ne les dérangerait pas que la leur pique. J'ai accepté car si je reste ici, je risque de croiser Manu et je n'ai pas envie de le croiser.
Mais ça ne sera que pour quelques jours. Lundi, je dois aller voir mamie à l'hôpital et je lui demanderais si ça ne la dérange pas que j'aille habiter chez elle. Je pense qu'elle n'aura aucun problème avec ça.
Il est 18h00, quelqu'un doit venir me chercher dans une demi-heure. Il serait peut-être bien que je commence à préparer mon sac.

Oh, ben ça va, pour une fois je suis presqu'à l'heure. A peine cinq petites minutes de retard. Je me dirige guilleret vers le comptoir où je rends mes clés et règle ma note. Je salue l'homme derrière le comptoir et me dirige vers la sortie.

Mes yeux s'écarquillent quand je vois qui est venu me chercher. Tom. Il est dehors, en train de fumer, adossé au mur. Il est habillé dans le même style qu'hier soir pour ne pas se faire remarquer.

-Alors comme ça tu as été embauché pour jouer au chauffeur perso ? je lui demande avec un petit ton moqueur.
Il se tourne rapidement vers moi et me fais un petit sourire en haussant les épaules.
-Ca paye bien, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? me répond-il en recrachant sa fumée et en jetant son mégot à terre.

Avant que je n'ai eu le temps de protester, il s'empare de ma grosse valise et la hisse à son épaule. Ca m'arrange un peu, elle est vachement lourde.

Alors que nous ne sommes plus qu'à quelques pas de sa voiture, un truc énorme bien voyant, j'entends quelqu'un qui m'interpelle.

-Ca servait vraiment à rien de faire ta mijorée hier soir ! C'est lui mon remplaçant qui à le droit de profiter d'ton cul maintenant ?

Tom et moi nous retournons comme un seul homme et faisons face à Manu. Je n'arrive pas à répondre à son attaque, tellement cela me laisse sur le cul. Alors que j'allais continuer ma route en l'ignorant, faute de mieux, j'entends Tom qui élève la voix.

-Vas-y ferme ta gueule espèce de con ou c'est moi qui vais te la faire fermer.
Manu se rapproche dangereusement de lui à grands pas. Très vite, il se retrouve à quelques centimètres à peine de lui. Moi je suis un peu décalé sur le côté et je les regarde à tour de rôle avec appréhension.
-Ta gueule toi tu me fais pas peur, répond Manu en le poussant violemment.
Tom lui réplique, Manu réplique à Tom, très vite le ton monte, sans qu'aucun coup n'ait été échangé encore, Dieu merci.
J'ai parlé trop vite, je vois Manu qui fait le geste d'en coller une à Tom. Je me place donc entre eux deux et appuies mes mains à plat sur le torse de mon ex pour l'empêcher.
-Manu, arrêtes et fous nous la paix ! je m'écris.
Mais il me repousse sans ménagement sur le côté et je manque tomber par terre.
-Toi, dégage et fais pas chier ! Sur ça Tom lui fout son poing dans la figure et Manu trébuche.
-Casse toi et je te préviens, lui parle pas comme ça, le menace-t-il.
Tom récupère ma valise et déverrouille sa voiture.
-Vas-y monte Bill, me dit-il doucement.

***

Nous n'avons pas parlé de tout le trajet. Pourtant en général, je suis plutôt pipelette en voiture, je ne supporte pas que le silence s'installe. D'abord à cause de ce que Manuel m'a dit. J'en reviens pas qu'il pense ça de moi. Et ensuite pour la réaction de Tom, qui a été assez virulente. Puis le coup du « je te préviens, lui parle pas comme ça » m'a rendu plutôt confus. Qu'est-ce que cette phrase peut bien cacher. Est-ce qu'il l'a dit comme ça, juste pour nous débarrasser de lui ou parce qu'il voulait me protéger ?

La deuxième option me plairait bien mais je préfère ne pas me faire trop d'illusions. Puis en plus, Monsieur est hétéro ET coureur par-dessus le marché. Ca ne va pas pouvoir coller à ce niveau là. Mais bon, j'avoue qu'il est plutôt mignon.
Je jette un regard en coin dans sa direction...ouais, il est même carrément sexy !

Je rentre dans le salon, où sont installés les garçons et j'entends quelqu'un qui me siffle...mon père. Et maintenant, il rigole. J'vous ai déjà dit que mon père était limite ?

-Qu'est-ce qu'il te prend ? je lui demande d'un ton blasé.
-Tu t'es fait beau, voilà tout ! explique-t-il. Tu comptes faire chavirer les cœurs ce soir ?
-Non, je n'ai pas vraiment la tête à ça...Et tu apprendras que je suis toujours beau, merci bien.
-Tu dis ça mais, crois en mon expérience,
je lève les yeux au ciel, quand tu trouveras la personne qui va tout changer dans ta vie, que tu aies la tête à ça ou pas, tu fonceras sans te poser de questions.

Je le regarde franchement perplexe. Il a bu ou quoi ? En même temps c'est beau ce qu'il a dit. Et puis il a peut-être raison. En tout cas, je l'espère. Je n'aimerais pas passer à côté de l'homme de ma vie. Faut avouer que ça serait con.

Oh et puis remarque il a raison. Ca fait deux fois coup sur coup, que je tombe sur un mec qui me fait un sale coup, alors que j'essaye de les choisir avec soin et que je me pose plein de questions. Je vais peut-être essayer de changer de stratégie et faire confiance à mon instinct...ou à mon cœur ? Je ne sais pas. Bref, je verrais bien ! Et si jamais avec le prochain ça se passe mal, j'me fais bonne sœur...enfin, curé.

POV Tom

C'est vrai qu'il est beau ! Un jean moulant, pour pas changer une équipe qui gagne, un pull noir col roulé, ses yeux lourdement maquillé de noir et ses cheveux tout lisses.

Je soupire longuement en fermant les yeux. Je ne sais vraiment pas ce qu'il m'arrive. Si je me souviens bien, la première fois où je me suis attardé sur lui, c'était le jour où il nous a accompagné pour le photoshoot. Mais, je ne crois pas que c'est à ce moment là que j'ai commencé à me poser des questions. Je crois que c'est venu au fur et à mesure et que mercredi dernier après avoir discuté longuement avec lui et avoir put l'observer à ma guise, j'ai compris qu'il m'attirait.

-Tu dis ça mais, crois en mon expérience, quand tu trouveras la personne qui va tout changer dans ta vie, que tu aies la tête à ça ou pas, tu fonceras sans te poser de questions.

C'est profond ce qu'il dit là David. Moi qui ne pense pas arriver à trouver la bonne personne, ça m'émeut. Je ne sais même pas ce qui est mon idéal féminin. J'ai tout essayé : les blondes, les brunes, les rousses, cheveux courts ou longs, grandes, petites, minces, voluptueuses...La seule chose qu'elles ont en commun, c'est d'écarter les cuisses assez facilement ! Pas que ça me dérange...

-Bon on y va les gars ? s'écrie joyeusement Frank, carrément surexcité à l'idée d'aller faire la fête. Il adore ça.

Et nous voilà partit. En route pour une soirée de folie ! Et ça commence tout de suite. Je marche derrière Bill et je peux le voir dandiner ses jolies petites fesses parfaitement moulées en rythme. Pas mal...

Nous sommes tous assis dans l'alcôve qui nous est réservée. Ca fait une heure et demie qu'on est arrivés et on vient à peine de s'asseoir. D'abord on a dû parler avec tout plein de gens, avec qui il est bon de nous montrer. Maintenant que ça c'est fait, on va pouvoir commencer à vraiment profiter de la soirée. Pour ma part, je n'aime pas trop danser, alors je vais profiter de la banquette mais je sais que Frank et Georg sont des danseurs nés. Sans rire c'est vrai. Surtout pour Georg, ce mec a vraiment le rythme dans la peau, ça me rendrait presque jaloux. Parce que moi quand je danse, je perds tout mon côté sexy et je récupère tout mon côté « gros gland » !

Tiens d'ailleurs qu'est-ce que je disais ? Frank se lève de la banquette en tapant des mains après avoir descendu cul sec sa boisson. Il se dirige en se trémoussant sur la piste de danse en nous lançant un « qui m'aime me suive » et disparaît dans la masse. Georg le suit pratiquement dans la seconde qui suit.

-Bon les jeunes, je vous laisse, il faut que j'aille parler avec le directeur du magasine « Bravo », nous informe David en se levant. Avant de partir, il se retourne vers nous et en nous désignant du doigt chacun notre tour à Gus et à moi, nous dit :
-Vous faites gaffe à mon fils, ok ? nous prévient-il le plus sérieusement du monde.
-Papa ? Vas t'en...lui dit Bill.

Sur ce coup là je suis tout de même plus ou moins d'accord avec David. Depuis qu'on est arrivé, Bill a toujours un verre d'alcool dans les mains et il ne mange presque rien pour éponger. Puis, je peux vous dire qu'il y en a un paquet qui pourrait en profiter. Il a un de ces succès ! Les hommes, les femmes, tout le monde le reluque...

-Je vais danser, vous venez ? nous propose-t-il avec un grand sourire, en se levant avec un peu de difficulté et nous refusons gentiment.

***

Il revient vingt minutes plus tard, complètement essoufflé et un peu rouge.

-Il fait trop chaud là bas, nous explique-t-il en s'asseyant à côté de moi et en retirant son pull. En dessous, il porte un simple t-shirt noir à motif.

Il attrape son verre de tout à l'heure qu'il n'avait pas finit et le finit d'une traite. Moi pendant ce temps là, je l'observe très attentivement. Son verre qui touche ses lèvres, sa langue qui récupère une goutte qui s'était échappée de sa bouche, sa main fine, joliment manucurée qui repose son verre sur la table. J'aperçois vaguement du coin de l'œil Gustav qui se lève et part je ne sais où.

-Dis Tom ? Tu dragues pas ce soir ? Me demande Bill à quelques millimètres de mon visage et je peux sentir son haleine fortement alcoolisée se répercuter sur mon visage.
Je me recule en grimaçant légèrement.
-Pas ce soir non. Il n'y a personne qui m'intéresse.
-T'es sûr ?
demande-t-il d'un air innocent tout en rapprochant son torse de moi. Il fait glisser ses doigts sur ma cuisse en me regardant droit dans les yeux avec un petit air aguicheur.
-Oui, je suis sûr...alors arrête ! je lui commande, tout de même assez gentiment, en lui repoussant sa main.
-Allez, viens danser, m'ordonne-t-il en me tirant à sa suite sur la piste de danse.

Immédiatement, il passe ses mains derrière ma nuque, en se rapprochant un maximum de moi. Ne sachant trop comment agir, je pose mes mains sur ses hanches et le laisse me guider, tout en essayant de contenir mes ardeurs et en tentant de calmer les siennes.

Ca fait déjà cinq minutes que l'on danse et je dois avouer que si je me laisse guider par Bill, je m'en sors pas trop mal. Même que je commence à me lâcher et faire mes propres mouvements. Je me détends de plus en plus et Bill aussi, il pose sa tête sur mon épaule. Oula, là il se détend un peu trop même. Il commence à m'embrasser dans le cou. Je me détache alors de lui.

-Bill, je soupire, arrêtes ! Tu fais n'importe quoi !
Il secoue la tête négativement en me faisant un petit sourire niais. Il est complètement fait lui. Je le vois dans ses yeux qui sont vitreux.
-Je fais pas n'importe quoi...bégaie-t-il, j'ai envie de t'embrasser parce que toi t'es...il réfléchit, le doigt en l'air devant son visage, gentil ! Tu veux pas m'embrasser toi ? me demande-t-il tristement.

Et voilà, je réponds quoi moi à ça ? Si je lui dis non, dans l'état dans lequel il est, ça le ferait chialer et en plus ça serait pas tellement vrai, mais si je lui dis oui et que je l'embrasse et profite de son état, il y a une chance sur deux pour qu'il s'en souvienne demain matin. Allez va, je vais trancher.

-Pas quand tu es dans cet état là !

J'aperçois les gars qui ne sont pas loin de moi et leur fais un signe de main pour leur faire comprendre que Bill ne va pas bien et qu'il serait temps de rentrer. En chemin vers la sortie, un de mes bras autour de la taille de Bill pour l'aider à marcher, nous tombons sur David et quand il voit l'état de son fils, il comprend que nous le ramenons au studio. Lui il reste.
***

-Bon les gars, je vous dis à demain. Je vais le coucher et ensuite je vais au lit aussi, dis-je aux gars dans le couloir qui mène aux chambres.

Ils hochent la tête et se dirigent vers leurs chambres respectives après m'avoir souhaité la bonne nuit à moi aussi. Bill est toujours affalé contre moi, marmonnant des trucs incompréhensibles de temps à autre. J'ouvre avec difficulté la porte de la chambre d'ami et nous dirige à tâtons vers le lit. Au moment où je le couche et le lâche, lui resserre ses bras autour de mon cou.

-Non, Tom, gardes moi dans tes bras encore, chuchote-t-il en gémissant presque.

Je peux vous dire que je suis vraiment un mec bien quand même hein ! Si ça avait été une fille à sa place et que je ne la connaissais pas, ça fait longtemps qu'elle aurait été à poil. Pourtant avec lui, quelque chose m'empêche de le faire. Pas parce que c'est un homme. Pas parce qu'il est bourré, mais quelque chose au fond de moi. Je ne saurais dire quoi. Quoiqu'il en soit, je tente de me dégager de ses bras pour pouvoir partir aussi loin que possible de la tentation.

-Bill, tu es fatigué, je suis fatigué, il faut qu'on aille se coucher maintenant, je lui explique en chuchotant à mon tour.
-Dors avec moi, me supplie-t-il presque.
-J'ai dit non Bill ! lui dis-je fermement et enfin il me lâche en se laissant tomber sur son oreiller.

Je soupire de soulagement et vais lui retirer ses chaussures. Alors que je me relève pour enfin partir, je l'entends qui m'appelle mais il parle tellement doucement que je suis obligé de m'approcher de lui.

-Quoi ? je lui demande en m'agenouillant près de lui.
Il ouvre les yeux lentement puis me fait un joli sourire.
-Bonne nuit, murmure-t-il en posant délicatement ses lèvres sur les miennes, puis en se recouchant aussitôt, fermant les yeux presque instantanément.
-Ouais...bonne nuit Bill, je soupire avant de me lever et de sortir de la chambre.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. La rupture est un abrupte mais je sentais que le personnage de manuel commençait à devenir lourd, donc je l'ai fais dégager!^^

Et aussi j'espère que vous ne trouvez pas que l'histoire va trop vite! Enfin du côté de Tom et Bill j'entends.

PS : Draya Felton, je crois qu'il y a quelques jours, je suis tombée par hasard sur ton skyblog. Juste comme ça, ça m'a fait bizarre...mais quand même plaisir. Enfin c'est pas une grande découverte mais j'avais envie de le dire! ^^