/!\ Ceci est un avertissement : j'écris souvent du blabla inutile avant et après mes fictions, mais là c'est plus important : ce chapitre est violent, et mérite plus que largement le rating M. Et quand je dis violent, j'insiste, c'est sans doute la chose la plus horrible que j'ai écrite. Donc si jamais vous êtes sensible ou ce genre de choses, passez-le, je fournirais un résumé édulcoré dans le prochain chapitre.

Pour les tarées qui vont le lire malgré l'avertissement... Je vous adore xD

Très bonne lecture !


Newt devait avouer qu'il était sur un petit nuage. Les deux derniers mois avaient été on ne peut plus parfaits.

Bon, Minho avait pété son câble en apprenant qu'il allait être père, il avait même voulu quitter Sonya pendant un moment, pas parce qu'il lui en voulait, mais parce qu'il était terrifié à l'idée d'être responsable de la vie d'un bébé. Gally lui en avait mis une, et tout était rentré dans l'ordre. Minho était retourné s'excuser auprès de Sonya, qui lui avait déboîté la mâchoire – sautes d'humeurs, tout ça – avant de s'en vouloir tellement qu'elle l'avait elle-même emmené chez Aris.

Thomas et lui… Bon Thomas et lui, c'était à peu près au point mort, mais au moins, ils se parlaient. Ils échangeaient, Newt avait l'impression de rougir toutes les trois minutes. C'était sans doute le cas, d'ailleurs, car Gally, Minho, Teresa et Aris – même Aris, le gentil Aris, putain ! – se foutaient de lui environ toutes les trois minutes.

Ah, oui, et il avait une sœur. Ça c'était quand même du changement. Sonya. La belle et rayonnante Sonya, qui avait pris au moins dix kilos ces deux derniers mois, était sa sœur jumelle.

Évidemment, il avait fallu que tout le monde le sache, pour qu'on s'aperçoive de leur ressemblance. Leurs yeux étaient identiques, leur peau avait le même teint, et ils avaient les mêmes expressions.

Bon, il fallait supporter les hormones de Sonya, ce qui n'était pas une mince affaire. La jeune fille tentait de se contenir, mais en tant que proches, Minho, Newt, et plus occasionnellement, Aris, devaient subir chacun des caprices de la future mère.

Mais le pire, c'était quand même qu'ils le faisaient avec plaisir.

Bordel, Gally avait raison, ils étaient masos.

Malgré ça, Newt ne pouvait s'empêcher de sourire. Parce qu'il adorait la dernière demande de Sonya.

La jeune femme voulait s'éloigner de la ville, au calme… Avec pour seule compagnie son frère.

Bon, il ne se faisait pas au terme « frère », mais ça lui faisait super plaisir de passer du temps avec Sonya. Et puis, c'était son neveu qui grandissait dans le ventre de sa sœur, et il voulait en prendre soin autant que Minho et Sonya (et à peu près tous les Blocards et tous les Jobards).

Newt sourit.

Depuis six longues années, jamais il ne s'était senti aussi heureux que maintenant.

Il avait une sœur, un neveu à venir, une meilleure amie géniale, un meilleur ami qui était également son beau-frère, et encore un groupe de proches en qui il avait une totale confiance, et il avait Thomas.

Bon, il ne s'envoyait pas en l'air avec lui non plus, mais il faut croire que dans la vie on ne peut pas tout avoir. Actuellement, Newt s'en foutait.

Il était au Paradis.


Ils organisèrent leur escapade dans la soirée, et comme deux adolescents inconscients, s'enfuirent pendant la nuit comme des gamins fugueurs.

C'était stupide, ils avaient à peine prévenu Aris, histoire que personne ne s'inquiète, et ils étaient partis.

S'ils n'avaient pas prévenu Minho, c'était pour une raison : ce dernier était encore plus insupportablement protecteur depuis qu'il savait que sa petite amie était enceinte.

Ils étaient à une demi-douzaine de kilomètres de la ville quand Sonya se mit à rire. Surpris, Newt la regarda : ses cheveux lumineux brillaient dans le clair de lune, et sa peau pâle semblait luire. Une fois de plus, elle avait l'air d'une foutue déesse.

Riant toujours, une main posée sur son ventre, elle lui tendit l'autre pour entrelacer leurs doigts. Sonya avait besoin de contacts, il l'avait rapidement compris. Lui n'aimait pas beaucoup ça, mais il n'avait jamais de problème avec elle. Alors il se laissa faire, et la laissa l'entraîner jusque dans cette maison, où il avait retrouvé les Blocards pour la première fois.


Ils étaient tous deux euphoriques en arrivant, sans pouvoir s'expliquer pourquoi. Ils n'arrivaient pas à aligner trois mots sans rire, tous deux épuisés par une nuit à marcher dans les prés et le désert.

_ On va se coucher ? Proposa Sonya en entrant dans la maison.

Newt allait rire, mais fut interrompu par un long bâillement.

_ Ouais, ca… Carrément, répondit-il.

Il alluma la lumière, le temps de trouver une chambre.

_ Tu veux dormir avec moi ? Interrogea-t-il, baillant à plusieurs reprises.

_ 'vec plaisir, marmonna-t-elle.

Ils s'effondrèrent tous deux sur le canapé, lui sur le ventre, elle sur le dos, et s'endormirent avant même de l'avoir réalisé.


Newt fut réveillé par un cri strident. Il se redressa en sursaut, pour croiser un regard clair. Très clair. Le type aux yeux clairs avait le visage à peine à quelques centimètres du sien, et des dents sales et cariées.

_ Bordel, qu'est-ce qui se…

Le bras épais du type se posa soudain sur sa gorge, l'étouffant, l'empêchant de respirer. Haletant, il fouilla la pièce du regard, pour enfin trouver l'origine du cri : Sonya était à l'autre bout, par terre, recroquevillée contre un mur, et solidement maintenue par deux autres types.

Newt se débattit, tentant désespérément de se libérer. Une corde épaisse lui coupa soudain la circulation sanguine au niveau des poignets, lui maintenant les bras dans le dos.

_ Non ! Qui êtes-vous ?! Qu'est-ce que vous foutez ici ?

Il ne détacha pas son regard de Sonya, qui ne se débattait même pas. Il ne voulait pas attirer l'attention sur elle en lui suppliant de fuir.

_ On est personne, nous, grinça le type aux yeux clairs à son oreille. Personne… Et vous, vous êtes qui ?

Newt ne répondit pas. Un coup de poing dans la figure le fit gémir.

_ Arrêtez ! supplia Sonya. S'il vous plaît…

_ C'est le père de ton futur gosse, gamine ? demanda le type. S'il est pas crevé d'ici la fin de la nuit, bien sûr… Ça fait longtemps que j'ai pas mangé du bébé…

Newt cru qu'il allait vomir, et à voir la tête de Sonya, elle n'en était pas très loin non plus. Il tenta de lui communiquer du réconfort, sans un mot, juste en priant pour qu'elle lise dans ses pensées, qu'elle comprenne que ça irait, qu'ils allaient tous les deux s'en sortir.

_ Ne le touchez pas… Je vous en prie… murmura Sonya. Ne faites pas de mal à mon enfant…

_ Bien sûr que non, promit Yeux-Clairs. Ça va aller, princesse.

Il lâcha Newt, et d'un geste envoya l'un des gorilles qui encadrait Sonya pour le maintenir.

_ On ne fera pas de mal à ton enfant, ma belle…

Il caressa la joue blanche de Sonya, qui frissonna de dégoût. S'il avait pu, Newt se serait jeté sur ce type pour lui faire sa fête, et l'éloigner de sa sœur. Sonya était sa sœur, sa sœur ! Personne n'avait le droit de la toucher contre son gré !

Yeux-Clairs se tourna vers celui qui maintenait Newt, et au passage lui faisait un mal de chien.

_ Assures-toi qu'il regarde. Je veux qu'il voit tout.

Ces mots glacèrent Newt. Sonya parut comprendre également, et le regarda avec de grands yeux stupéfaits :

_ Non, je vous en prie…

Newt le voyait. Ce foutu flingue, qu'il avait pris, au cas où, et que, voyant qu'il n'y avait personne dans la maison, l'avait laissé sur la table. Pourquoi ne l'avait-il pas gardé sur lui ?!

Il ne pouvait pas regarder ça. Il savait ce qui allait arriver.

Ces hommes, qui n'attendaient plus rien de la vie, prenaient ce qu'ils voulaient, quand ils le voulaient. Et ce que voulait ce type, c'était Sonya.

Très calmement, Yeux-Clairs fit un signe au gorille resté à côté de Sonya. Sans hésitation, celui-ci allongea la jeune femme sur le sol, et lui maintint les épaules clouées par terre.

_ Sonya ! hurla Newt. Sonya ! Merde ! Arrêtez ! Sonya !

Ses hurlements étaient inutiles, et il en était conscient, mais il ne pouvait s'arrêter de crier.

_ Arrêtez, bande de salopards de merde ! Lâchez-la !

Sonya hurlait, elle aussi. Elle se débattait comme elle le pouvait, tout en gardant ses mains crispées sur son ventre, pour défendre son bébé. Ses jambes battaient dans tous les sens, jusqu'à ce que Yeux-Clairs pose ses mains sales sur le haut des cuisses de la jeune fille. Comme paralysée par la terreur, Sonya s'immobilisa.

Elle sanglotait, silencieuse.

_ Je vous en supplie…

Il déboutonna son jean. Newt avait également cessé de hurler. Vaincu. Il savait ce qui allait arriver.

Très calmement, Yeux-Clairs débarrassa Sonya de son pantalon, la laissant au milieu de la pièce en culotte et t-shirt. Newt tremblait. Il ne voulait pas voir ça. Il ne pouvait pas voir ça.

_ Je vous en supplie…

Ses sanglots étaient déchirants. Il pleurait aussi.

Bordel, ce type avait une érection. Newt était gay, mais il était certain que même s'il avait aimé les filles, jamais une jeune femme enceinte, plaquée de force au sol et suppliant qu'on la lâche ne l'aurait excité.

Il ne pouvait pas voir ça.

Le type ouvrit son pantalon, baissa son caleçon.

_ Newt…

Le murmure suppliant de Sonya lui parvint, et se débattit, prêt à tout pour la sauver. Maîtrisé comme un gamin, il se laissa tomber en pleurant.

_ Sonya…

Il vit le type enfoncer ses ongles dégueulasses dans les cuisses de Sonya. Elle cria, mais ce ne fut rien en comparaison du hurlement déchirant qu'elle poussa moins d'une seconde plus tard. Quand le type la prit violemment et la pénétra.

_ NEWTTTTTTTT ! AIDE-MOI ! JE T'EN SUPPLIIIIIIIIIE !

Il la regardait, impuissant. Elle hurlait, se débattait, et il la regardait. Incapable de l'aider.

_ AIDE-MOIIIIIIII !

_ Sonya…

Le type paraissait prendre du plaisir à la forcer ainsi. Il y avait sur son visage un bien-être malsain. Il poussait des grognements couverts par les hurlements de Sonya.

Et tout à coup, le silence. Elle cessa de hurler, d'appeler à l'aide. Elle pleurait, et c'était tout. Comme vide. Du sang coulait le long de ses cuisses. Elle resta silencieuse, le regard perdu dans le vague.

Et Newt entendait le claquement de la peau du type contre les cuisses de Sonya, il entendait ses râles de plaisir, et il entendait les légers sanglots de sa sœur.

Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas.

Newt détourna la tête, ferma les yeux.

_ Hans !

Le dénommé Hans devait être celui qui gardait Newt, car il lui attrapa le menton, et l'obligea à tourner la tête vers la scène.

_ Tu regardes, ou elle meurt, grinça-t-il à son oreille. Ça l'a jamais gêné, Jo, de faire ça avec des cadavres !

Horrifié, Newt rouvrit les yeux. Le type, Yeux-Clairs, Jo, s'il avait bien compris, jouit. Et ce fut le spectacle le plus dégueulasse qu'il ait jamais vu.

Mais c'était fini.

Comme une vague de soulagement, un soulagement dégueulasse, qui faisait de lui un monstre, mais du soulagement tout de même. C'était fini. Ils avaient violé Sonya, mais c'était fini, et ils allaient partir, et…

_ Bon, les gars, à qui le tour ?

Non. Non, non, non, non… Il ne pouvait pas… Il ne pouvait juste pas…

Son flingue était là, sur la table. En se précipitant, malgré ses mains dans le dos, il pouvait y arriver. Il ne pouvait pas rester là. Il ne pouvait pas regarder Sonya se faire violer une seconde fois.

_ Et si on demandait à Blondinet de le faire à notre place ?

Le monde s'écroula. Non. Impossible.

_ Allez, Blondinet, elle est bandante, ta copine… Et puis, tu la traiteras mieux que nous… Comment elle t'a appelé, déjà ? Newt, hein ? Bah alors, Newt… Baise-la comme tu le fais d'habitude… Tu l'as bien engrossé, tu sais comment on fait !

_ C-c'est mon frère, balbutia Sonya. C'est mon frère, s'il vous plaît…

_ Ton frère, hein ? Encore plus intéressant.

Yeux-Clairs se leva, sans prendre la peine de refermer sa braguette, et s'approcha de Newt.

_ Allez, mon petit Blondinet. Viens baiser ta charmante petite sœur.

_ Non mais vous êtes taré ! hurla Newt.

Bien sûr qu'il était taré, il venait juste de violer Sonya sous ses yeux.

_ Debout.

Yeux-Clairs l'empoigna par les cheveux, l'obligea à se relever et à se rapprocher de Sonya. Newt ne pouvait pas. Il préférait mourir que de la toucher. Il se jeta sur la table où trônait le flingue, mais une douleur fulgurante envahit son crâne et le fit tomber à terre.

_ Bah alors, il est mignon, le petit blondinet.

Un violent coup de pied dans ses côtes. Dans sa tête. Dans ses jambes. Il restait conscient malgré tout. Il aurait préféré que ça se passe comme avec Thomas, songea-t-il dans un brouillard de douleur. Qu'il soit assommé d'un coup et qu'il n'ait mal qu'au réveil.

Il entendait les hurlements de Sonya. Elle hurlait son nom, suppliait qu'ils arrêtent.

Ils arrêtèrent, mais les cris de Sonya reprirent. Ce fut sur ce son que Newt laissa les ténèbres prendre la place de tout le reste.


Il avait mal partout.

Newt se demanda s'il allait mourir.

Quelqu'un hurlait son nom.

Il était de retour en ville. Teresa allait le sauver, il le savait. Et puis, il verrait Tommy.

Tommy…

Mais ce n'était pas la voix de Thomas, ni celle de Teresa, ni même celle d'Aris. C'était la voix de sa sœur.

Et elle hurlait, encore et encore.

Il avait du mal à ouvrir les yeux, mais se força.

La pièce semblait vide à l'exception de Sonya, qui était assise par terre, avec le mur pour dossier, et qui hurlait.

_ Newt ! Il va…

Elle se tenait le ventre. Il tenta de se redresser, et y parvint avec difficulté. Ses mains étaient toujours liées dans le dos.

_ Newt, j'ai besoin de toi, je peux pas faire ça seule…

Ce fut un électrochoc. Son esprit fatigué et douloureux fit le lien entre les paroles de Sonya, sa position, ses hurlements de douleur et ses mains posées sur son ventre.

Elle allait accoucher.

Ça ne faisait que six mois, c'était trop tôt.

_ Je t'en supplie…

Elle pleurait.

Il s'approcha comme il pu, à moitié sur les genoux, à moitié en rampant.

_ Tu peux pas…

_ La p-poche des eaux est r-rompue, expliqua-t-elle en tentant de garder un semblant de calme. Newt, il faut que tu m'aide…

Elle essayait de se calmer, lui essayait simplement de rester conscient. Ça allait être compliqué.

Newt vit ça dans un semi-brouillard, faisant simplement acte de présence, incapable d'aligner trois mots et à peine capable de se tenir assis.

Petit à petit, quand la douleur s'éclaircit enfin, après dix minutes, une petite tête pointa le bout de son nez. Il encouragea sa sœur, lui ordonna de pousser plus fort, jusqu'à ce qu'enfin, après des hurlements de douleurs et beaucoup trop de sang s'écoulant de son entrejambe, le bébé sortit.

Ils se dévisagèrent, soudain soulagés. Comme si la naissance de l'enfant signait la fin de leur souffrance. Dans un silence réparateur, ils se sourirent.

Mais il ne devait pas y avoir de silence. Sonya parut le réaliser en même temps que Newt. Aris leur avait expliqué qu'à la naissance, le bébé devait pleurer un bon coup, c'était ce qui prouvait qu'il respirait.

_ Non…

Le cordon ombilical n'était pas coupé mais Sonya ne s'en soucia pas en prenant son bébé dans ses bras. Newt avait toujours les mains attachées, mais lui ordonna :

_ Donne-lui des tapes dans le dos !

Elle obéit, le frappant, d'abord doucement, puis plus vigoureusement.

Newt parvint enfin à se détacher, et se pencha pour prendre la place de sa sœur. Il hésita quelques instants, avant de poser sa bouche sur celle du bébé pour lui insuffler de l'air.

Il était minuscule.

Elle était minuscule.

Une petite fille, à la peau presque bleue, aux yeux fermés et à la bouche grande ouverte, cherchant de l'air mais incapable d'en trouver.

Beaucoup trop jeune pour être née.

_ Non… Non, non, non…

Très délicatement, il tenta le massage cardiaque sur la petite fille, sur sa nièce, sur ce bébé. Couvert de sang, trop immobile. Newt posa son oreille contre la poitrine du bébé, cherchant un battement de cœur derrière les hurlements de la mère.

Rien. Le silence. Le néant.

Non…

Il ne pouvait pas… Ça ne pouvait pas…

_ Non !

Elle pleurait. Elle avait déjà compris depuis longtemps, l'instinct maternel sans doute.

Il se tourna vers elle.

_ NON !

Les poings serrés, elle se mit à frapper Newt, qui gémit.

_ Sonya…

Ça faisait mal. Elle frappait sur des blessures, tantôt vieilles, causées par Thomas, tantôt plus récentes, causées par l'autre enfoiré qui s'était déjà cassé.

_ Sonya !

_ Ramène-la moi ! RAMÈNE-LA MOI !

_ SONYA !

_ NOOOOON ! C'EST PAS POSSIBLE ! RAMÈNE-LA MOI !

Elle s'écroula dans ses bras, tremblant si fort qu'on aurait cru qu'elle convulsait. Ses sanglots roulaient sur ses joues, et elle continuait de le frapper, mais mollement, comme si toute son énergie avait disparue.

_ Je t'en supplie, Newt… Ramène-la moi… Je t'en supplie…

Il pleurait aussi, la serrant dans ses bras comme il pouvait.

Le bébé, la petite fille était toujours sur le sol, mais Newt ne pouvait pas se résoudre à la toucher à nouveau.

Et elle sanglotait toujours.

_ Ramène-la moi… Ramène-la moi…


Newt ne laissa Sonya seule que pendant une demi-heure. Le temps pour lui de récupérer le bébé, et de le déposer doucement, soigneusement, dans un carton. C'était tout ce qu'il avait comme tombe, un foutu carton !

Il enterra l'enfant à l'arrière de la maison, prit à peine le temps de lui faire une pierre tombale en plantant un bâton à l'endroit où elle était enterrée.

Les hurlements de Sonya hantaient ses oreilles.

Aris lui avait dit que le corps de Sonya était fragile, que trop de stress risquait de déclencher l'accouchement. Du stress. Elle avait été violée à plusieurs reprises, cette nuit, alors c'était un euphémisme de parler de stress.

D'horreur et de terreur, plutôt.

Il avait peur de la laisser seule. Peur qu'elle fasse une bêtise.

Quand il rejoignit Sonya, elle n'avait pas bougé. Prostrée dans un coin, elle se griffait l'intérieur des cuisses comme si cela la dé sang coulait déjà, mais c'était des griffures vieilles de plusieurs heures, et faites par un autre.

_ Sonya…

Elle releva la tête vers lui, l'air absent.

_ Newt…

Elle pleurait.

Ce bébé mort, à l'arrière de la maison, n'avait même pas de nom.

Il hésita, puis tendit les bras vers elle. Elle s'y jeta. Ses sanglots ne cessèrent pas pendant plus d'un heure.

Newt essayait de ne pas la brusquer, mais il n'avait pas envie de rester dans cet endroit une minute de plus.

Quand elle se calma, il n'hésita pas.

La prenant dans ses bras, alors qu'il laissait enfin libre cours à ses larmes, il lui murmura en sortant de cette maison de l'enfer :

_ Je te ramène chez nous…


Voilà. Bon, je sens bien que ce n'est pas le moment de faire des blagues, alors je vous demande juste votre avis : je suis peut-être une folle, mais ce chapitre est sorti tout seul, d'un coup, c'est d'ailleurs le seul chapitre que j'ai écrit en une seule fois, sans interruption...

Vous en pensez quoi ?