Bonjour,
Je ne vais pas vous raconter ce qui se passe dans ce chapitre, vous laissant vous poser des questions avec le titre de ce dernier.
Bonne lecture et à la semaine prochaine
12ème partie – retour brutal à la réalité
22 octobre 2012
Baltimore, Etat du Maryland
Regina et Arizona avaient eu un voyage tranquille jusqu'à Baltimore. Elles avaient lu un moment chacune de leur côté, avaient discuté de sujets variés. Les deux femmes profitaient toutes deux de cette amitié naissante. En temps normal, ni l'une, ni l'autre, n'auraient passé autant de temps avec une inconnue, ni ne se serait autant confié sur sa vie. Mais en ce moment le temps normal n'existait plus pour ces deux femmes, se retrouvant seules, sans amis, sans famille, n'ayant personne avec qui converser. Pour elles, l'autre avait été une bouée de sauvetage, une bouffée d'air frais, le début d'une ère nouvelle. Ces derniers jours elles avaient apprit à ce connaitre, à s'apprécier et étaient ravies de passer encore quelques jours ensembles.
Arizona avait choisi un hôtel situé à Inner Harbord. Elle savait que le quartier était sympa et qu'elles trouveraient facilement un restaurant où de quoi s'occuper. De plus elles n'étaient qu'à 10 minutes à pied d'une station de métro, métro qui allait jusqu'à l'hôpital Johns Hopkins. Elles arrivèrent donc à l'hôtel peu avant 13 heures, récupérèrent les clés de leurs chambres, y déposèrent leurs affaires, puis se retrouvèrent pour aller manger. Arizona connaissait très bien la zone pour y être souvent venue durant ses années passées à Baltimore. Elle leur trouva un petit resto sympa où elles furent vite servies. Après le déjeuner, Arizona indiqua à Régina le « American Visionary Art Museum » et l'abandonna à sa visite, car elle voulait se rendre au plus vite à l'hôpital afin d'essayer de récupérer un travail. Il lui fallut une demi-heure avant de se retrouver devant l'entrée de ce bâtiment qu'elle avait laissé derrière elle quelques années plus tôt.
Elle entra d'un pas décidé et se dirigea vers le service chirurgie de l'hôpital. Dans un premier temps elle ne croisa aucune tête connue, puis elle arriva dans le service pédiatrique et un sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle aperçu son ancien mentor le docteur Rick Peterson.
_ Bonjour Rick !
_ Arizona ? Ben ça alors, mais qu'est-ce que tu fais ici ? Ça me fait plaisir de te voir.
_ Moi aussi je suis contente de te voir.
_ Qu'est-ce qui t'amène ?
_ Je cherche du travail.
_ Tu n'es plus à Seattle ?
_ Eh non, longue histoire ! Tu crois que j'ai moyen d'avoir un poste ici ?
_ Euh… je ne sais pas, après ça ne te coute rien de demander.
_ Hum, il n'y a pas de poste de libre n'est-ce pas ?
_ Je ne vais pas te mentir, on n'est même un peu trop déjà en pédiatrie. Mais aucun n'a ton talent. Alors…
_ Je vois, tu sais où je peux trouver le chef du service de chirurgie ?
_ Il a finit d'opérer il y a 20 minutes, il doit certainement se trouver vers la salle de repos ou la salle de réunion.
_ Ok je vais aller jeter un coup d'œil par là-bas.
_ Tu passes me voir avant ton départ ?
_ Ok pas de soucis.
Arizona laissa son mentor à son travail et se dirigea vers la salle de repos des titulaires. Elle frappa à la porte et l'ouvrit, trois médecins se trouvait là, elle demanda alors après le chef. Un homme de la cinquantaine s'approcha alors avec un grand sourire et lui tendit la main, qu'elle serra.
_ Bonjour, je suis le docteur Herbert, chef du service de chirurgie. Et vous êtes ?
_ Bonjour, docteur Arizona Robbins.
_ Robbins ? La meilleure élève que Peterson n'ait jamais eu ?
_ Il exagère toujours un peu. Mais oui c'est ça.
_ Eh bien ravi de vous rencontrer docteur Robbins, que puis-je pour vous ?
_ J'aurais aimé m'entretenir avec vous, si c'est possible.
_ Bien sûr, on va aller dans mon bureau, nous y serons plus tranquilles.
Arizona suivit alors le docteur Herbert jusqu'à son bureau, il s'assit à sa place et l'invita à s'assoir.
_ Alors qu'est-ce qui vous amène à Baltimore ?
_ Le travail, enfin plutôt le non travail.
_ Pardon ?
_ Je ne vais pas vous mentir, je viens au culot, je suis à la recherche d'un travail.
_ Vraiment ? Vous n'étiez pas à Seattle ?
_ Etiez est le bon mot en effet, j'ai du quitter mon poste pour raisons personnelles, et je suis donc à la recherche d'un nouveau poste, et je me demandais si à tout hasard vous n'auriez rien à me proposer.
_ Vous êtes chirurgienne-pédiatre c'est bien ça ?
_ Tout à fait.
_ Peterson ne tari pas d'éloge sur vous, très bonne interne, chef des résidents, lauréate d'une bourse prestigieuse. Pourquoi avoir quitté Hopkins ?
_ Je suis devenue titulaire très jeune et il y avait déjà beaucoup de titulaires brillants ici, mes possibilités d'avancement étaient assez faibles.
_ Vous étiez chef de service au Grey-Sloan Memorial Hospital.
_ C'est exact.
_ Vous savez, je n'ai rien d'équivalent à vous proposer.
_ Je me doute bien, et je ne vous ai rien demandé de tel.
_ Je vais être sincère avec vous, vous êtes tout ce que cet hôpital recherche, la jeunesse, le dynamisme, la réussite… et j'en passe, mais je suis déjà en sureffectif, et je n'ai pas les moyen d'embaucher quelqu'un avec votre CV.
_ Je comprends, moi aussi je vais être sincère, je cherche juste un travail, n'importe lequel, j'ai mis presque tout ce qui me restait dans le train et l'hôtel pour venir jusqu'ici, je pensais que c'était ma meilleure chance.
_ Je vois. Ecoutez, est-ce que vous restez quelques jours à Baltimore.
_ Oui, je dirais au moins la semaine.
_ Très bien, je vais passer quelques coups de téléphone, voir si certains de mes homologues, recherche un chirurgien pédiatre, et je vous appelle maximum dans une semaine pour vous dire si j'ai quelque chose, mais je ne vous promets rien.
_ Pourquoi faites-vous ça ?
_ Peterson est l'un de mes amis, et si lui a placé sa confiance en vous, c'est qu'il a vu quelque chose en vous. J'ai envie de vous aider, c'est tout.
_ Merci de m'avoir reçu en tout cas. Voici une carte de l'hôtel où je suis descendu, je vous note mon numéro de téléphone dessus.
_ Très bien, je vous tiens au courant… Docteur Robbins ?
_ Oui ?
_ Je ne sais pas ce qui vous est arrivée, mais vous n'avez plus le sourire radieux de la jeune femme que Peterson a en photo. J'espère que je pourrais vous aider un peu à le retrouver.
_ Merci pour tout ce que vous faites. Bonne fin de journée et à bientôt.
_ Au-revoir, à bientôt.
Arizona quitta le bureau d'Herbert, le cœur lourd, elle avait mis beaucoup d'espoir dans cet entretien, et ça n'avait rien donné. Elle passa saluer son mentor avant de partir, lui expliqua les grandes lignes de son entretien, puis quitta l'hôpital. Elle prit le métro tel un automate, descendit à son arrêt et marcha jusqu'à l'hôtel, là elle regagna sa chambre, se déshabilla et se glissa sous la douche. Sa mélancolie était revenue, elle ne s'était plus sentit aussi mal depuis son départ de Seattle.
Régina avait passé un bon moment dans le musée, puis c'était un peu promener sur le port. En fin d'après-midi elle regagna tranquillement sa chambre. Elle se déchaussa, retira sa veste qu'elle posa sur un cintre dans l'armoire se trouvant à sa disposition, elle déboutonna son chemisier et le retira. Elle avait juste le temps de prendre une douche avant de retrouver Arizona pour le repas. Elle se dirigea vers la salle de bain et en passant près de la porte communicante de leurs deux chambres, elle s'arrêta et tendit un peu plus l'oreille et entendit des sanglots. Elle toqua à la porte, mais n'eut pas de réponse. Elle abaissa alors la poignée, la porte n'était pas verrouillée. Elle pénétra dans la chambre et trouva Arizona assise à même le sol contre son lit, les genoux repliés contre elle, la tête entre ses mains, elle pleurait à chaudes larmes.
Régina s'approcha doucement de la blonde et s'assit auprès d'elle, elle posa une main sur son épaule pour lui signifier sa présence. Arizona releva la tête et s'encra dans son regard, sans un mot de plus elle vint se blottir dans ses bras. Régina la serra contre son torse, et commença de petits mouvements apaisant sur le dos de son amie. Elle ne savait pas ce qui l'avait mise dans cet état, mais elle serait là pour elle quel que soit la raison. Elles restèrent un moment comme ça sur le sol, Régina préférait ne rien dire et laisser Arizona reprendre son calme toute seule. Finalement les larmes s'arrêtèrent de couler et Arizona se redressa, être dans les bras de la brune lui avait fait de bien. Elle avait craqué, c'était la première fois depuis son départ de Seattle, elle en avait besoin, il fallait que ça sorte.
_ Ça va mieux ?
_ Oui, merci. Je suis désolée pour…
_ Ne soyez pas désolée, ça arrive à tout le monde d'avoir un coup de blues. Vous voulez m'en parler ?
_ Je veux bien, si ça ne vous dérange pas ? Mais vous devriez peut être mettre quelque chose avant.
Régina la regarda en leva un sourcil, ne comprenant pas ce qu'Arizona voulait dire. Arizona le comprit et eut un petit rire.
_ Vous êtes en soutien-gorge.
Régina devint alors toute rouge et ne sut plus où se mettre, elle se leva en quatrième vitesse et alla récupérer son chemisier qu'elle avait posé sur son lit. Elle revint quelques secondes plus tard dans une tenue plus appropriée.
_ Je suis désolée, je… j'allais à la douche quand je vous ai entendu pleurer.
_ Ce n'est rien. Vous m'aider à me relever.
Régina tendit son bras à Arizona pour qu'elle y prenne appuie afin de se relever.
_ Vous voulez descendre pour discuter autour d'un verre ?
_ Ça vous dérange si on reste ici plutôt ?
_ Non, c'est comme vous voulez.
_ Dites ? Maintenant que je vous ai vu en petite tenue et que vous m'avez ramassé à la petite cuillère, on pourrait peut-être se tutoyer ?
_ Oui, on pourrait. Allons nous assoir dans les fauteuils on sera plus à l'aise pour discuter.
Elles se dirigèrent vers un coin de la chambre où se trouvait une petite table et deux fauteuils. Régina au passage se saisi de deux verres et de deux bouteilles dans le minibar. Elle servi Arizona et se servi également.
_ Alors, qu'est-ce qui t'a mise dans cet état ?
_ Je n'ai plus rien. J'espérais tellement récupérer un travail ici.
_ Ton rendez-vous ne s'est pas bien passé ?
_ Il a été très gentil avec moi, mais n'a aucun poste à me proposer, il va se renseigner dans d'autres établissements pour voir si quelqu'un aurait un poste à pourvoir, mais je n'ai pas beaucoup d'espoir. Ma vie est devenue un beau merdier.
_ Il ne faut pas perdre espoir, tu es jeune, belle et je suis sûre que tu es un bon médecin.
_ Facile à dire, mais ma vie d'avant me manque, ma fille surtout.
_ Tu veux en parler ?
_ Je ne veux pas t'embêter avec mes histoires. Je suis sûre que tu as toi aussi des soucis.
_ On ne parle pas de moi là ! Tu ne vas pas bien, tu as besoin de parler, je pense qu'on peut dire qu'au jour d'aujourd'hui on est amies, et en tant qu'amie je suis là si tu as besoin.
_ Merci. C'est un peu compliqué. Comme je te l'ai dit ma vie est partie en vrille depuis mon accident. J'aimais ma femme plus que tout au monde, on a eu nos hauts et nos bas comme tous les couples. Je lui ai même pardonné d'avoir couché avec son meilleur ami et d'être tombé enceinte.
_ Donc ta fille c'est la fille biologique de ton ex et son meilleur ami c'est ça ?
_ Oui c'est ça.
_ Et elle t'a quitté pour lui ?
_ Non, pas du tout, il est mort dans le même accident que moi.
_ Ta vie est une vraie tragédie grecque.
_ Et encore… tu ne sais pas tout. Donc après mon accident, je n'étais plus la même, je lui en voulais d'avoir pris la décision de me couper la jambe, et je n'arrivais pas à effacer cette colère qui était en moi. Il nous a fallu presque un an avant de communiquer à nouveau normalement. On a alors décidé de déménager et elle a émis le souhait d'avoir un deuxième enfant. Au début je n'étais pas très chaude, puis l'une de nos amies a eu un enfant et là j'ai senti que c'était le bon moment pour essayer. Après avoir envisagé plusieurs options, on a décidé que c'est moi qui porterais notre enfant. Je…
_ Arizona ça va ? Tu veux qu'on arrête ?
_ Non ça va aller, c'est juste que c'est difficile de repenser à tout ça. On a donc fait une insémination et je suis tombée enceinte, on était alors heureuses à ce moment-là, je me sentais enfin revivre. Mais j'ai fait une fausse couche, et là ça a été trop pour moi, elle n'était pas là quand je l'ai appris, et quand je lui ai dit, ça lui a fait de la peine, elle a vu ma tristesse, mais pas ma détresse, elle m'a dit que ce n'était pas grave, qu'on allait très vite réessayer. Mais moi je ne voulais pas, je ne voulais pas encore une fois perdre un bout de moi et j'ai dit non. Pour elle avoir une grossesse était trop risqué, elle avait failli mourir la première fois. Du coup elle a vu tous ses espoirs s'évanouir avec mon refus.
_ Ça a vraiment dû être difficile pour vous deux.
_ Oui, malgré ça, j'ai réussi à remonter un peu la pente et on a voulu adopter. On a eu une violente dispute devant l'assistante sociale et encore une fois c'était de ma faute. Je ne sentais plus que les reproches et la compassion dans ses regards au lieu de l'amour et le désir que je faisais naitre en elle avant. Et là j'ai fait ce que je pouvais lui faire de pire, je l'ai trompé. Je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai fait, je pense qu'inconsciemment c'est la seule façon que j'ai trouvé pour nous sortir toutes les deux de cette impasse qu'était devenu notre couple.
_ Donc vous vous êtes séparés. Mais pourquoi tu me disais que tu avais aussi perdu ta fille. Beaucoup de parents se séparent et …
_ Elle a joué sur le fait que je n'avais aucun lien de parenté avec ma fille et le juge à statuer en sa faveur. Elle a également obtenue une ordonnance restrictive à mon encontre.
_ Je… je ne sais pas quoi te dire, moi qui pensais avoir une vie de merde, je me rends compte aujourd'hui que…
_ Non ne dis pas ça, je crois qu'on a tous nos soucis, et qu'on ne devrait pas comparer.
_ Mais je me pose tout de même une question, pourquoi tu n'as plus de travail ?
_ Ma femme est médecin dans le même hôpital que moi et notre fille a sa garderie également à cet endroit.
_ Oh, et du fait de l'ordonnance, tu ne pouvais pas rester travailler là-bas.
_ Tu as tout compris.
_ Ce n'est pas vraiment juste, ni équitable comme décision. Tu te retrouves donc sans rien. Tu étais tellement joyeuse ces derniers jours, jamais je n'aurais pensé que…
_ Eh, je n'ai pas besoin d'une personne supplémentaire qui ait pitié de moi, ok ? Ces quelques jours à New York m'ont fait du bien, j'ai complètement vidé mon esprit et profité du moment présent grâce à toi. Ça m'a fait du bien de discuter avec toi ce soir, de te dire tout ça. Je me sens proche de toi, je ne sais pas pourquoi, peut-être justement parce que tu n'as pas ce regard de pitié qu'on tous les autres avec moi.
_ Ok, bon il est tard, je crois que tu as eu une journée assez longue comme ça, je vais te laisser te reposer.
_ Bonne nuit Régina et merci d'avoir été là.
_ Bonne nuit Arizona, et je suis là si jamais ça va pas.
Arizona lui fit un signe de tête pour la remercier, puis la porte entre les deux chambres se referma derrière Régina. Un cap venait d'être passé, et elle se sentait plus sereine. Elle avait certes perdu beaucoup de choses, mais ce qu'elle avait gagné ces derniers jours n'avait pas de prix. Elle se déshabilla, enfila un pyjama et gagna son lit. Epuisée, elle s'endormi à l'instant où elle posa sa tête sur l'oreiller.
