Je vous publie la suite rapidement pour me faire pardonner d'avoir coupé comme ça la dernière fois... et aussi d'avoir mis si longtemps à me remettre à écrire ! Bonne lecture :)
Elle demanda son chemin à une bonne douzaine d'infirmière avant d'enfin trouver le bureau de son amie et, pour ne pas perdre ce bel élan qu'elle s'était créé, elle poussa la porte sans frapper. Bien mal lui en pris.
UNE SCÈNE APOCALYPTIQUE !
Hermione referma la porte sans un bruit, mortifiée, dévastée, abasourdie. Le sort s'acharnait. Elle se plaqua les mains sur le visage, essayant de ne pas laisser la panique la gagner. Cette image… Elle n'arriverait jamais à la sortir de sa tête.
Affolée, elle s'éloigna à grandes enjambées du bureau et ne songea tellement pas à regarder autour d'elle qu'elle atterrit dans le jardin de la maison de retraite de Sainte Mangouste. Désorientée, prise de bouffées de chaleur, elle sprinta jusqu'à un banc et s'y laissa tomber brutalement. Sa respiration était complètement hiératique. Cette paire de fesses blanches et poilues qui s'agitaient sous son nez, c'était déjà beaucoup trop à gérer. Les jambes de Ginny de part à d'autre de ces fesses, c'était carrément ingérable. Mais alors la tête qui appartenait à ces fesses !
La chauve-souris. Le professeur Rogue. Dans le bureau de Ginny. Le pantalon sur les chevilles.
C'était un cauchemar.
SEVERUS ROGUE et GINNY WEASLEY.
Le cerveau d'Hermione refusait de traiter l'information. Elle hyper ventilait, ça n'allait plus du tout. Rogue avait une vie sexuelle, avec une de ses anciennes élèves. Cette élève avait 30 ans de moins que lui. Et cette élève était GINNY. Qui était mariée à Harry. Impossible. Rogue ne ferait pas ça. Elle avait dû mal voir. Mais elle ne pouvait quand même pas remonter vérifier !
Elle se tourna vers le vieux monsieur immobile à côté d'elle et lui posa une question qu'elle n'aurait jamais pensé poser de sa vie.
« Excusez-moi, vous auriez une cigarette ? »
Surtout pas à un vieux monsieur. Mais en un jour comme aujourd'hui, Hermione Granger n'était plus elle-même. Elle n'avait ni principe ni morale. Toutes ses convictions s'étaient effondrées.
Rogue et Ginny.
ROGUE et GINNY.
« Non mais j'ai un joint si tu veux. Je te le laisse pour deux gallions, lui répondit le vieux monsieur d'une voix chevrotante. »
Hermione le regarda d'un air choqué pendant une demi-seconde, avant de hausser les épaules. Bien sûr. Ginny couchait avec le professeur Rogue, les pensionnaires de la maison de retraite fumaient des joints, et bientôt elle allait se réveiller. C'était forcément un mauvais rêve. Ou des hallucinations. Drago avait raison, c'était elle la folle !
« Tu le veux ou pas ? la pressa le vieil homme. »
Hermione lui tendit une poignée de pièces sans même en regarder la valeur et attrapa l'objet de sa convoitise. Le monsieur la remercia chaleureusement, et s'éloigna aussi rapidement que son déambulateur le lui permettait avant qu'elle ne change d'avis.
Ginny et Rogue.
Hermione sortit sa baguette et alluma d'un sort le joint du vieillard, tirant aussitôt dessus. Un poil trop fort puisqu'elle se mit instantanément à tousser. C'était… Une sensation étrange. D'abord elle ne sentit strictement rien et se dit qu'elle s'était faite arnaquer, mais très vite elle sentit sa tête tourner un peu. Elle se sentait déjà plus légère. Pourquoi n'avait-elle jamais fait ça avant ?
« Mademoiselle, excusez-moi, mais vous ne pouvez pas fumer ici, l'avertit une infirmière en passant dans l'allée, poussant un fauteuil roulant devant elle.
- Oh, bien sûr. Je m'en vais, dit Hermione en riant, sans trop savoir pourquoi.
- Et vous ne devriez pas fumer ça ni ici, ni ailleurs…
- Oui c'est vrai, vous avez raison. Merci ! »
Hermione éteignit l'objet de discorde d'un sort et le rangea précautionneusement dans son sac. Juste au cas où. Au cas où elle penserait de nouveau aux fesses blanches et poilues de Severus Rogue. Et voilà ! Elle accéléra le pas vers la sortie et transplanna directement dans son appartement, où elle se précipita vers la terrasse.
C'était vraiment pas mal, ce truc. Elle ne savait pas exactement comment s'en procurer, mais ça la détendait. Tout devenait plus drôle et plus léger.
Sauf les fesses de Severus Rogue, ça restait tout de même un problème de taille.
« Non mais je rêve là, c'est absolument pas possible ! s'étrangla Drago en pénétrant à son tour sur la terrasse.
- Ah, bah je ressens exactement la même chose.
- Mais t'as trouvé ça où ?! Écrase ça ! lui ordonna Drago, les poings sur les hanches.
- Ginny et Rogue couchent ensemble, lâcha Hermione. »
Blafard, Drago la regarda sans comprendre, croyant sans doute qu'elle délirait.
« Je plaisante pas. Je suis extrêmement lucide là. Je suis allée dans son bureau en sortant de ta chambre. Elle était là avec Rogue. Il avait pas de pantalon. Ses fesses sont blanches et poilues, énuméra Hermione en tapotant sa cendre au-dessus d'un hibiscus offert par Ginny.
- Hermione tu déconnes là. Tu déconnes complètement. Tu peux pas m'annoncer un truc pareil comme ça, comme si tu présentais la météo, protesta Drago d'une voix haut-perché, signe qu'il était en train de perdre le contrôle de ses nerfs.
- Aujourd'hui, de grosses perturbations arrivent par les enfers et vont vous frapper de plein fouet. Sur votre gauche, les fesses blanches et poilues de Séverus Rogue, et…
- TA GUEULE HERMIONE ! TA GUEULE ! hurla Drago.
- Oui d'accord. T'en veux ? »
Drago s'assit brusquement à côté d'elle et saisit ce qu'il restait du joint. Puis il regarda Hermione pour essayer de la sonder.
« T'as encore l'espoir que j'ai raconté n'importe quoi, pas vrai ?
- Oui, avoua Drago en recrachant de la fumée par le nez, agacé.
- J'aimerais vraiment sortir cette image de ma tête et revenir en arrière pour ne jamais, jamais avoir ouvert cette porte. Mais je ne peux pas.
- Il a vraiment les fesses poilues ? demanda Drago d'un air dégouté. »
L'immense fou-rire qui les saisit leur fit du bien à tous les deux. C'est pour ça qu'ils n'arrêtèrent pas de rire jusqu'au milieu de la nuit, bien aidés par les réserves personnelles que Drago cachait non pas chez lui, mais dans l'appartement d'Hermione. Il prétendait que c'était à cause de la souris, mais Hermione pensait surtout qu'il voulait éviter les descentes d'aurors.
« Tu te rends compte que c'est toi qui a surpris Harry et la grande blonde en train de se bécoter, et maintenant tu surprends Ginny en train de faire la même chose ? remarqua Drago à une heure avancée de la nuit.
- C'est vrai ! s'exclama Hermione, interloquée. J'ai vraiment pas de chance !
- Tu frappes vraiment pas aux portes, aussi.
- Attends tu crois que dès qu'on frappe pas à une porte, on fait apparaitre un couple illégitime derrière ? Non, moi je crois que c'est un signe si c'est moi qui les ai surpris tous les deux.
- Un signe de qui ? Du dieu de l'adultère ? Sainte Hermione Granger, tu dois intervenir et sauver ce couple ! psalmodia Drago en roulant des yeux. Franchement, je doute qu'un dieu t'aurait obligée à voir les fesses de Rogue en vrai.
- Me reparle pas de çaaaa ! couina Hermione en enfouissant sa tête dans un coussin du canapé. Je ne crois pas qu'un jour j'accepterai cette information. C'est presque de la pédophilie ! Il a connu Ginny quand elle avait 10 ans…
- Il va bien falloir qu'on l'intègre, parce qu'on va pas rester toute la vie tous les deux sur ce canapé à manger de la pizza. On va devoir sortir et voir Ginny, Harry, Ron... il fit une pause, semblant réfléchir, et reprit finalement : Enfin, sinon, on peut aussi rester là quelques jours. »
Prise d'une inspiration subite, et certainement aidée par toutes les substances qu'elle avait consommées au cour de la soirée, Hermione se déplaça à quatre pattes sur le canapé et posa sa tête sur le torse de Drago, qui referma naturellement ses bras autour d'elle.
« Tu crois qu'on va devoir en parler ? Je crois pas qu'ils m'aient vue. On a qu'à faire semblant de ne rien savoir.
- Tu pouvais pas le garder pour toi dès le début, dans ce cas ? rouspéta Drago, la tête renversée en arrière, une main dans les cheveux d'Hermione.
- Je peux en parler qu'à toi. Ron aurait fait une rupture d'anévrisme immédiate, Harry est concerné, Pansy aurait probablement imaginé des trucs encore pires, et puis Blaise c'est quand même mon collègue, ça se fait pas de parler des fesses de Rogue avec lui…
- Parce qu'avec moi, tu penses vraiment que ça se fait ? »
Hermione se tut et réfléchit un instant. Après tout, Drago était resté la personne qu'elle détestait le plus au monde pendant des années, et depuis son retour dans sa vie il ne lui arrivait que des choses affreuses.
« Franchement, je t'aurais jamais dit ça en temps normal, mais je me suis jamais sentie aussi vivante que depuis que t'es là.
- D'où ça sort, ça ? demanda Drago en se redressant, soulevant le menton d'Hermione du doigt pour la forcer à relever la tête.
- Je t'explique pourquoi c'est à toi que je l'ai dit. C'est parce qu'en fait, je t'aime bien. T'es prétentieux, arrogant, sûr de toi, agressif, égoïste, pervers et manipulateur. Mais je t'aime bien.
- …
- Quoi ? demanda Hermione d'une petite voix, se sentant un peu à l'étroit entre le visage de Malefoy et sa main qui soutenait sa tête. »
Et ce qui devait arriver arriva. Drago combla les centimètres qui les séparaient et se jeta sur ses lèvres. Et Hermione répondit de toutes ses forces, comme si sa vie en dépendait. Plus elle pensait à ce qu'elle était en train de faire (oh mon dieu Drago Malefoy m'embrasse et j'embrasse Drago Malefoy ! Hiiii !), plus elle en voulait. C'était comme s'ils avaient vécu toute leur vie pour ce moment-là, pour arriver sur ce canapé ensemble, secoués mais ensemble. Comme si tout s'était enchaîné pour les rapprocher ici et maintenant. C'était évident. Et ils le savaient tous les deux.
Mais Drago et Hermione ne faisaient pas preuve de beaucoup de chance ces derniers temps, et on sonna à la porte. Le retour à la réalité fut brutal. Leurs lèvres se décollèrent et ils se regardèrent, hébétés, sans se détacher vraiment l'un de l'autre.
La sonnette retentit de nouveau.
« Tu devrais aller ouvrir, suggéra Drago.
- Oui, je devrais, confirma Hermione. »
Comme aucun des deux ne bougeaient, Drago sourit et débloqua la situation en déposant un baiser chaste sur les lèvres d'Hermione. Et c'était ce qu'il fallait pour la rassurer, et lui prouver qu'en se levant et en quittant les bras de Drago, elle ne brisait rien de manière définitive.
« J'arrive, ça va, souffla-t-elle alors que la sonnette retentissait une troisième fois.
- Bah sympa l'accueil, je dérange ou quoi ? Pour une fois que je sonne ! râla Pansy. Bon vu ta tenue t'as oublié qu'on sortait ce soir.
- Comment ça on sort ce soir ?
- T'as pas reçu mon hibou ? Accessoirement, tu peux me laisser entrer. A moins que tu caches un homme tout nu dans ton appartement, auquel cas signale-le moi en me faisant un clin d'œil et je m'en vais tout de suite. Oui ? Non ? Pas de clin d'œil ?
- Ça va Pansy, entre…
- Cache ta joie ! Oh, salut Drago ! Vous faites quoi ?
- On cache des hommes tout nus, et toi ? »
Pansy se laissa tomber à côté de Drago pour le serrer dans ses bras, et se retrouva pile à la place qu'occupait Hermione quelques secondes plus tôt. Celle-ci le remarqua et se surprit à en vouloir à Pansy, ce qui était stupide puisqu'elle ne pouvait pas deviner.
« Je rêve ou ça sent grave le pétard ici ? nota Pansy en reniflant de manière peu élégante.
- Tu peux pas penser sérieusement ce que tu dis, on est chez moi ici Pansy, asséna Hermione de son air le plus autoritaire.
- Exact, je sais pas à quoi je pensais. Haha ! s'esclaffa Pansy, qui continuait à renifler plus discrètement.
- Tu devais pas sortir ? lui rappela Drago d'un air naturel.
- Si, mais puisqu'Hermione m'a lâchée, je vais rester avec vous. Qu'est-ce qu'on fait ? »
Drago soupira, regarda brièvement Hermione, et haussa les épaules. Signaux qui, une fois rassemblés, auraient dû indiquer à Pansy qu'elle devait partir.
« Finalement ça tombe bien qu'on reste là, j'aimerais bien qu'on parle, poursuivit Pansy, imperturbable.
- De quoi ? demanda distraitement Hermione, tout en grimaçant en direction de Drago.
- De Ron. Il devait m'emmener au restau, vous vous souvenez ?
- Mmm, confirma Drago en répondant à la grimace d'Hermione par un sourire désolé.
- Et ben il m'a toujours pas proposé ! Alors, je sais bien qu'il a du boulot en ce moment, et qu'avec les problèmes d'Astoria il a pas trop de temps libre, mais quand même une soirée c'est quoi ?
- Oui, c'est sûr, dit Hermione en souriant à son tour à Drago.
- Voilà, j'étais sure que vous seriez d'accord avec moi. Il ne m'a pas invitée parce qu'il a changé d'avis, et qu'en fait je lui plais pas, c'est la seule explication !
- Oui, c'est sûr, répéta Drago sans quitter Hermione des yeux.
- AH BEN SYMPA MERCI LES POTES QUOI ! beugla Pansy en se retournant vers Drago, qui n'avait rien écouté et se trouvait donc bien embêté face à la fureur de la jeune femme.
- Désolé ? tenta-t-il.
- Non mais t'as raison de dire ce que tu penses, après tout. Faut que je voie la réalité en face. C'est mort avec Ron et puis voilà ! C'était mort dès le départ en même temps, comment j'ai pu croire que ça allait marcher. Il est trop bien pour moi. »
Devant la détresse de Pansy, Hermione et Drago se sentirent coupables. Surtout Hermione, parce que Drago avait beaucoup de mal avec le sentiment de culpabilité, et qu'il souhaitait vivement que Pansy aille pleurnicher ailleurs ce soir.
« Pans', Ron est maladroit et timide, mais si il t'a dit qu'il t'emmènerait au restau, il le fera. Peut-être qu'il ose pas, ou qu'il est surmené, mais il finira par le faire, la rassura Hermione en lui tapotant le dos.
- Ouais c'est vrai qu'il a plein de problèmes au ministère, avec cet affreux Rogue… »
Hermione déglutit avec difficulté à la mention de ce nom et entendit Drago qui se raclait la gorge. Pendant quelques minutes, elle avait presque oublié ce qu'elle avait découvert dans l'après-midi.
« C'est scandaleux, marmonna Hermione pour elle-même.
- Mais je suis totalement d'accord avec toi ! s'excita Pansy d'un coup, martelant la table basse du plat de la main. Ce mec est un putain de taré ! Il mériterait de finir avec les psychopathes de Sainte-Mangouste !
- Tiens, c'est marrant que tu parles de ça, parce que… commença Hermione, ravie de changer de sujet.
- On n'est pas obligés de tout lui raconter quand même ! hurla Drago, qui se mit en chanter à tue-tête en bouchant les oreilles de Pansy en même temps.
- Mais Drago arrête ! protesta Pansy en se remettant sur ses pieds.
- Je me tais, gloussa Hermione.
- Qu'est ce qui se passe ? Drago, t'as eu des aventures à Sainte Mangouste ? ».
Drago se rassit dignement dans le canapé et entreprit de raconter ses déboires à Pansy, en omettant la partie ou Hermione était rentrée en contact visuel avec le fessier de Rogue.
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« J'ai rêvé de Drago cette nuit ! déclara Pansy en s'étirant dans le lit d'Hermione. »
Celle-ci, à peine réveillée, encaissa l'information sans broncher. Pansy avait fini par passer la nuit-là, tuant dans l'œuf les prémices d'une potentielle relation entre Drago et Hermione.
« Ah oui ? marmonna-t-elle.
- Il avait un entonnoir sur la tête et il courait dans un hôpital avec plein de trolls. C'était bizarre. »
Hermione rit de bon cœur, rassérénée qu'aucune connotation sexuelle n'entre en jeu. Elle aussi avait pensé à Drago cette nuit-là, elle avait même hésité à se lever pour aller le rejoindre sur le canapé. Oui, parce que la souris était toujours dans son appartement et qu'il refusait d'y retourner. Mais finalement elle s'était dit que ce n'était pas raisonnable, et qu'il n'y aurait aucun moyen de revenir en arrière. Ils devaient s'occuper des problèmes par ordre de priorité, et la priorité, c'était le livre de Narcissa.
« Tu me prêtes ton hibou ? J'ai la flemme d'aller au boulot. Vous êtes beaucoup plus rigolos tous les deux. On se marre bien non ? Je trouve qu'on a de la chance, quand on y pense, parce qu'il y a quelques années on se détestait cordialement. D'ailleurs, c'est moi qui avais mis des grenouilles dans ta penderie en quatrième année.
- Pansy il est huit heures du matin, tu parles beaucoup trop, râla Drago depuis le salon.
- HUIT HEURES DÉJÀ ? s'écria Hermione en repoussant les draps d'un coup de pied.
- Quelle énergie ! l'admira Pansy en tapotant son oreiller.
- On a du travail aujourd'hui, expliqua Hermione en se précipitant dans la salle de bain.
- Quel travail ? l'interrogea Pansy depuis l'autre côté de la porte. »
Hermione ouvrit à fond les robinets de la baignoire, étouffant les questions de Pansy.
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« Drago, t'es pas prêt encore ? remarqua Hermione en arrivant toute pimpante dans la cuisine, trouvant les deux serpentards en grande discussion devant leurs cafés.
- J'expliquais à Pansy mon idée géniale. Elle aussi, elle la trouve géniale. Pas vrai ?
- Ouais… Vachement ingénieux ! Je peux venir avec vous voir les moldus ? Ron les aime bien, je devrais m'y intéresser. Ça pourrait nous faire un point commun. »
L'engagement désintéressé de Pansy n'arrangeait pas du tout les affaires d'Hermione. Elle espérait aller seule à la rencontre des éditeurs moldus, évitant ainsi tout impair que pourraient commettre des sorciers totalement incultes comme Pansy et Drago.
Et en plus, elle avait envie de se retrouver seule avec Drago.
« C'est d'accord alors ? insista Pansy, un sourire extatique plaqué sur le visage.
- C'est-à-dire que… commença Hermione, à la recherche d'une idée.
- En fait, on s'était dit que… poursuivit Drago, qui n'avait lui non plus aucune piste.
- Quoi ? les coupa Pansy, irritée.
- Ron, dit Hermione tout simplement.
- Oui, voilà. Ron, confirma Drago comme si c'était évident.
- Vous pensez qu'il va mal le prendre, que je vous aide ? Qu'il va se sentir à l'écart, ou quelque chose comme ça ? C'est possible… Je devrais peut-être aller lui parler. Pour lui demander son avis. Vous avez raison. »
Pansy avait une logique particulière qui, pour une fois, leur était bien utile. Drago adressa un sourire vainqueur à Hermione, mais ce fut de courte durée.
« On n'a qu'à passer au ministère avant d'aller voir les moldus ! Comme ça, pas de malaise, suggéra Pansy.
- On est très pressés, malheureusement. Il faut faire vite, avant que Lucius ne comprenne ce qu'on prépare, réfuta Hermione.
- Oh. Bien. Je parlerai très vite alors ! On y va ? »
Hermione soupira, et hocha la tête en signe d'abandon.
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Curieusement, les couloirs du ministère étaient bondés de si bon matin. Pansy, qui était stressée, et qui n'avait pas l'air de se rendre compte que venir ici pour parler à Ron des moldus n'avait aucun sens, n'arrêtait pas de percuter des agents du ministère sur son passage. Drago avait l'air plutôt amusé par la situation, mais Hermione elle, ne riait pas du tout. Ils perdaient du temps et le temps était précieux.
Ils arrivèrent devant le bureau de Ron sans trop d'encombres et le trouvèrent en grande conversation avec Harry, ce qui encore une fois, tombait plutôt mal. Hermione et Drago se serrèrent imperceptiblement l'un vers l'autre, en signe de compassion pour les images qui passaient dans leurs têtes.
« Euh… Salut ! Qu'est-ce que vous faites là tous les trois ? demanda Ron, un peu surpris.
- On vient pour te parler, Ron, attaqua Pansy, toute rose.
- Et à toi aussi, Harry, ajouta Drago pour ne pas faire de jaloux.
- Bien… et de quoi ? s'enquit Harry, légèrement inquiet cette fois ci.
- On va aller voir les moldus, dit Pansy. »
Ron et Harry échangèrent un regard d'incompréhension, attendant la suite. Mais Pansy avait l'air d'avoir dit tout ce qu'elle avait à dire, et regardait Ron avec un regard plein d'admiration.
« Drago a eu une idée, en fait, expliqua Hermione en refermant la porte du bureau de Ron derrière eux.
- Une idée géniale, précisa Drago.
- On va faire éditer son livre par des moldus, compléta Hermione.
- Mais c'est une idée géniale ! s'écria Ron, ce qui fit très plaisir à Drago.
- C'est vrai… C'est simple mais personne n'y avait pensé. Et ça met Lucius sur la touche, il n'a aucun moyen d'empêcher ça ! poursuivit Harry, impressionné.
- Vous avez trouvé un moldu qui est d'accord ?
- Pas encore, on y va justement, répondit Pansy. Voir les moldus. »
Ron hocha la tête poliment, mais regarda quand même Hermione pour essayer de comprendre dans son regard l'attitude de Miss Parkinson.
« Les moldus vont trouver ça bizarre, une autobiographie écrite par une sorcière et qui parle d'une guerre magique dont ils n'ont aucune connaissance, intervint Harry.
- Mais t'as raison… On n'y avait pas du tout pensé à ça ! s'alarma Pansy, qui se tirait les cheveux dans un geste angoissé.
- Si, on s'était dit qu'on présenterait l'ouvrage comme un roman. Dans un monde imaginaire, avec des phénomènes extraordinaires et de la magie. Et du coup cette sorcière serait un moyen de parler de la guerre en général, sous couvert de fiction, expliqua Hermione.
- Mais la guerre, les moldus ils savent pas ce que c'est, si ? s'enquit Pansy naïvement. »
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Et c'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous les trois assis dans la voiture de Drago, garés devant une maison d'édition moldue.
« C'est bien compris ? Vous devez bien faire attention à tout ce que vous dites ! N'oubliez pas que les sorciers n'existent pas, répéta Hermione pour la énième fois aux deux serpentards, qui étaient pressés de sortir de l'habitacle.
- Oui c'est bon, on n'est pas idiots ! la rabroua Pansy.
- Laissez vos baguettes ici, ça sera plus prudent.
- JAMAIS ! s'écria Malefoy, interloqué qu'on songe à lui demander une telle chose.
- Je me sens nue sans elle ! pleurnicha Pansy, agrippée à sa baguette comme si sa vie en dépendait.
- D'accord, mais elle ne sort de vos poches sous aucun prétexte, c'est bien compris ? »
Les deux autres hochèrent la tête et purent enfin sortir de la voiture. Ils voulaient tellement avoir l'air de moldus qu'ils essayaient de calquer leurs mouvements sur ceux des moldus qu'ils croisaient dans la rue, ce qui était complètement stupide puisque chaque moldu avait sa propre démarche.
« Détendez-vous, et laissez-moi parler, répéta Hermione encore une fois.
- Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas leur jeter un petit sort pour les influencer un peu… ça nous ferait gagner du temps. Et puis quand même, supplier des moldus… râla Drago.
- On en a déjà parlé et c'est non ! C'est illégal ! pesta Hermione en le fusillant du regard.
- C'est quoi cette chose que les moldus mettent dans leur oreilles, Herm' ? intervint Pansy en pointant du doigt un homme d'affaire qui parlait dans son kit mains-libres.
- Ne montre pas du doigt, on n'est pas au zoo ! râla Hermione en souriant au monsieur pour s'excuser de l'attitude cavalière de Pansy. »
Tout ça ne présageait rien de bon pour la suite. Ils étaient incapables de se tenir correctement. Ils allaient tout faire rater ! Hermione respira un grand coup et pénétra dans le hall d'accueil par les portes automatiques, qui semblaient perturber les deux autres. Comment des portes pouvaient bouger toutes seules sans magie ?
« Bonjour, nous souhaitons soumettre un manuscrit à votre maison d'édition, expliqua Hermione à la secrétaire.
- Vous avez rendez-vous ?
- Euh… pas exactement, mais c'est très urgent. Y-a-t-il quelqu'un qui peut nous recevoir ?
- Si vous n'avez pas de rendez-vous, je suis désolée mais je ne peux rien faire. Je peux vous en fixer un. Le mois prochain ? proposa la secrétaire en regardant vers Pansy d'un air soupçonneux, se demandant sans doute pourquoi la jeune femme fixait ainsi un poster de contes pour enfants sur le mur.
- Mais si, on a rendez-vous Hermione voyons, où as-tu la tête ! intervint Drago qui s'était jusqu'alors tenu tranquille.
- Vraiment ? lui demanda Hermione d'un ton glaçant.
- C'est à quel nom ? s'enquit la secrétaire, qui cherchait dans son registre.
- Euh… Dumbledore, répondit Drago après une brève hésitation. »
Hermione lui lança son regard le plus méprisant et le plus furieux qu'elle put mettre au point. Il avait désobéi et ce au bout de quelques secondes, ensorcelant le carnet de rendez-vous de la jeune fille. Et en plus, il se servait du nom de Dumbledore pour on ne sait quelle raison obscure.
« Herm', les moldus savent qu'on existe, regarde le mur ! Il y a une sorcière sur un balais… l'informa Pansy en chuchotant, roulant des yeux. »
Ils étaient désespérants. Hermione ne prit même pas la peine de lui répondre et décida de ne plus écouter les inepties des deux autres.
« Ah oui, Dumbledore, je vous ai trouvés. Je vais vous demander de patienter, quelqu'un va venir vous chercher.
- Merci beaucoup, madame, dit Pansy en articulant exagérément comme si elle s'adressait à une parfaite idiote. »
Hermione soupira et traîna ses deux acolytes sur des chaises, les obligeant à s'asseoir. Puis elle prit son ton le plus sévère possible et se mit à chuchoter :
« Ecoutez-moi bien tous les deux, vous arrêtez ça tout de suite. On rigole plus là, tenez-vous comme il faut ou le livre, il sera jamais publié. Cessez de regarder les moldus comme si c'était les derniers représentants d'une espèce en voie d'extinction ! Ils sont intelligents et ils comprennent très bien quand on leur parle. C'est clair ? »
Pansy et Drago hochèrent la tête, penauds. Surtout Pansy, Drago lui ne voyait pas le problème d'avoir jeté un sort qui ne faisait de mal à personne.
"Pourquoi Dumbledore ? demanda Pansy à Drago.
- Aucune idée, ça m'est venu comme ça. Je n'allais pas donner nos vrais noms, on sait jamais."
Ils patientèrent en silence jusqu'à ce qu'un petit monsieur dégarni vienne les chercher.
« Messieurs-dames, bonjour ! Je m'appelle Charles et c'est moi qui vais vous recevoir. La procédure habituelle pour les manuscrits c'est de les soumettre à un comité de lecture, mais j'ai cru comprendre que votre cas était particulier puisque vous avez obtenu un rendez-vous !
- Hmm… Oui, en effet, confirma Hermione. C'est un manuscrit très particulier.
- Je vois… Vous allez m'expliquer ça, suivez-moi dans mon bureau, répondit l'homme en cheminant vers une porte, suivi par les trois autres. Mais qui êtes-vous exactement ?
- Qui nous sommes ? sursauta Drago, qui n'était pas habitué à ce qu'on lui pose cette question.
- Oui, je suppose que vous n'êtes pas les auteurs. A moins que ce soit écrit à six mains ?
- Les moldus ont plus de mains que nous ? s'étrangla Pansy en se penchant à l'oreille d'Hermione, qui leva les yeux au ciel.
- Nous représentons les intérêts de l'auteur, à vrai dire, finit-elle par dire, ce qui n'était pas un mensonge. »
Le monsieur hocha la tête et leur indiqua de s'asseoir sur des chaises en face de son bureau. Pansy, toujours préoccupée par cette histoire de six mains, étudiait le pauvre homme sous tous les angles, ce qui semblait le mettre un peu mal à l'aise. Drago mit un léger coup de pied dans la chaise de Pansy, ce qui la ramena momentanément à la raison.
« Racontez-moi tout. De quoi ça parle ? »
Hermione se racla la gorge pour parler, mais Drago la devança, ce qui n'était pas prévu du tout.
« C'est un livre unique, un style vraiment nouveau. C'est une fausse autobiographie, celle d'une femme qui a des pouvoirs magiques et qui vit dans un monde parallèle au vôtre. Au nôtre, je veux dire. C'est un monde où tout le monde a des pouvoirs magiques. On y circule en balais, il y a des écoles de magie, on fait des potions…
- C'est un peu farfelu comme histoire, remarqua le monsieur, ce qui choqua profondément Pansy.
- Je vous l'accorde, intervint Hermione. Mais cette histoire de monde magique c'est très secondaire. C'est un prétexte pour parler de notre monde à nous, au fond. Sous le couvert de la fiction, l'auteur peut aller plus loin dans l'exploration de l'âme humaine. Tout est permis puisque c'est un monde fictif.
- C'est très intéressant… Poursuivez ! »
Drago se détendit un peu, remerciant Hermione du regard. Pansy avait recommencé à fixer les mains du moldus pour voir si d'autres risquaient d'apparaitre, mais il ne semblait plus s'en apercevoir.
« Ce monde a été bouleversé par une guerre terrible, et cette femme, elle s'est retrouvée du côté des méchants. Elle explique pourquoi, et comment elle l'a vécu, reprit Drago, qui tentait de prendre de la distance et parlait lentement pour ne pas faire de gaffe.
- On adopte le point de vue des gens qu'on rejette et qu'on juge sans forcément essayer de les comprendre. Tout criminel a une intention derrière ses gestes, vous voyez ? Ce livre ne cherche pas à justifier, mais à expliquer, à témoigner en quelque sorte.
- Je devine qu'il est écrit par un criminel, n'est-ce pas ? C'est un sujet qui ne peut qu'être traité par quelqu'un qui a quelque chose sur la conscience. »
La perspicacité du moldu prit tout le monde au dépourvu, et Hermione regarda Drago pour vérifier qu'il ne se sentait pas offensé par les propos de l'éditeur. Mais il n'en avait pas l'air. Il le regardait très respectueusement, et finit par lâcher :
« En effet. L'auteur est une criminelle. »
Les yeux du monsieur se mirent à briller d'une excitation mal contenue.
« Une criminelle ! Une femme ! Et si vous ne me dites pas son nom, c'est parce qu'elle est connue, n'est-ce pas ?
- Oh oui, confirma Pansy d'un air entendu.
- Elle veut rester anonyme, et elle a pris un pseudo. C'est non négociable, ajouta Hermione, qui songeait que le nom de Narcissa Malefoy pouvait facilement passer pour un pseudo aux yeux des moldus.
- Je me doutais que c'était une affaire de ce genre. Pour qu'on vous accorde un rendez-vous, que vous veniez à trois pour représenter quelqu'un qui souhaite rester dans l'ombre… C'est incroyable. Je suis ravi que vous soyez venus.
- Nous vous remercions beaucoup de nous accorder du temps, monsieur, dit Pansy en se penchant pour regarder de plus près les bras du moldu. »
Drago mit de nouveau un coup de pied dans sa chaise, un peu trop fort cette fois-ci puisque la chaise de Pansy dériva sur quelques centimètres, sous le regard étonné de l'éditeur.
« Ecoutez, je vais appuyer ce projet auprès du comité, soyez-en sûrs. Mais je dois lire le manuscrit avant. Est-ce que vous l'avez ? »
Drago hocha la tête et sortir une liasse de papiers du sac de Pansy, faisant par la même occasion tomber sa baguette par terre.
« Vous avez échappé un bout de bois, leur fit remarquer l'éditeur sans y prêter plus d'attention.
- Hahaha, comme je suis distraite ! gloussa Pansy en ramassant prestement sa baguette.
- Vous n'avez qu'un exemplaire ? Il en faut trois normalement… »
Et Pansy, qui avait sa baguette à la main, lança un sort sans y réfléchir plus que ça et dupliqua le manuscrit en trois exemplaires.
Comme ça. Sous les yeux d'un moldu.
Drago ouvrit la bouche, Hermione écarquilla les yeux, mais le moldu ne releva pas les yeux de la première copie et attrapa les doubles que lui tendait Pansy.
« Le style est excellent ! fit –il remarquer.
- Nous allons vous laisser lire, alors, dit Hermione, qui voulait rapidement sortir pour étrangler Pansy.
- Laissez vos coordonnées à ma secrétaire, je vous recontacte d'ici quelques jours. »
Tous saluèrent le monsieur, qui était très pressé de lire, et quittèrent à toute vitesse les locaux après avoir fait une halte à l'accueil. Sitôt les portes passées, Pansy se mit à sautiller dans tous les sens, pleine d'allégresse, sous le regard désapprobateur d'Hermione.
« T'as failli tous faire rater Pansy, et avoir des problèmes avec le ministère ! Jeter un sort devant un moldu ! la morigéna Hermione en secouant la tête, dépassée par tant d'inconscience.
- C'était un réflexe ! Mais il a rien vu, alors… se défendit Pansy tout en sautillant autour de Drago, toujours aussi heureuse. Mon Drago ! lança-t-elle en encerclant son cou de ses bras. T'es content hein ?
- Oui très, enfin surtout soulagé, répondit Drago en s'autorisant un petit rire.
- On a réussi ! chantonnait Pansy en plaquant plein de bisous sur le front de Drago, qui riait bêtement.
- Oui bon le livre est pas encore publié alors ne vendons pas la peau du troll avant de l'avoir tué, marmonna Hermione et accélérant le pas.
- Qu'est-ce que t'as, t'es fâchée ? demanda Pansy d'une petit voix, arrêtant son cirque autour de Drago.
- Je vais au bureau. Ne touchez pas à la voiture, aucun de vous ne sait conduire. »
Et Hermione fonça dans une ruelle adjacente, transplannant dans un pop discret.
