Umbris: Je pense, mais je ne peux pas le garantir, que si un loup s'imprégnai d'elle (c'est possible de s'imprégner d'un vampire? Je sais pas, Nessie etant a moitié humaine) ca serait de sa réelle apparence. passqueuh elle prends l'apparence de qui elle veut, ca serait trop simple d'eviter quelqu'un s''étant imprégné d'elle si elle l'aime pas^^

Et oui, etant de bonne humeur, je poste un deuxieme chapitre aujourd'hui. Je l'ai beaucoup aimé, a écrire, celui là. Mais moins que le suivant.


Chapitre quatorzième : Deuxième Chance.

Ding. Dong. Voilà la quinzième fois que la sonnette m'avertissait que quelqu'un était à la porte. J'ouvris la fenêtre, et hurlais à plein poumons (enfin, façon de parler.)

-Je ne veux voir personne !

-Mademoiselle Change ! C'est pour vous avertir que vous pouvez passer prendre votre voiture, voilà tout !

Je dévalais quatre à quatre les marches pour ouvrir la porte au père de Ben.

-Excusez-moi, Jonathan. Je suis juste quelque peu frustrée, ces derniers temps.

-Ecoutez, quoiqu'ait fait mon fils, ne rejetez pas la faute sur les autres. Et sachez qu'il regrette amèrement, même si j'ignore quoi.

-Pourquoi être venu ? Un simple coup de fil et j'arrivai.

-C'est ce que j'ai fait. Je me suis fait raccrocher au nez deux fois et après, il n'y avait même plus de sonnerie.

C'était vrai. J'avais débranché le téléphone, de toute façon, rien n'était important, Enzo ne donnait plus aucun signe de vie. Et je reprenais les cours demain.

-La boutique est ouverte le dimanche ?

-Normalement non, mais votre voiture me suppliai pour venir vous chercher…

Il sourit.

-Et puis, avec l'ambiance à la maison, mieux valait trouver une excuse pour sortir. Oh, excusez-moi de raconter ma vie.

-Ce n'est rien, je vous le promets. J'ai besoin de réapprendre ce qu'est une famille.

Il me jeta un regard plein de pitié. Ce n'était pas de la pitié, que je voulais. En réalité, je ne savais même pas ce que je désirai. Ou plutôt si : Enzo.

-Je suis venu à pied, marcher ne vous dérange pas ?

-Non, j'ai besoin de me dégourdir les jambes. Hier, je n'ai pas bougé du canapé, alors j'ai réellement envie de bouger.

Nous entamâmes une marche silencieuse, quand Jonathan pris la parole.

-Je ne sais vraiment pas ce que Ben vous a fait. Mais je pense qu'il est sincèrement désolé. Je l'ai entendu deux ou trois fois marmonner comme s'il cherchait comment s'excuser, et j'ai trouvé dans sa poubelle des lettres qui vous sont destinées, qui expliquent qu'il est navré.

-La voiture est comme neuve ?

-Comme quand vous l'avez achetée, du moins. Votre… frère, si ce que Ben m'a dit est juste, n'y verra que du feu. Mais, par pitié, cessez de détourner l'attention quand j'évoque mon fils. C'est la deuxième fois. Pourrai-je savoir ce qu'il vous a fait ?

-Il a annoncé au et fort, mais dans mon dos, qu'il regrettai d'être ami avec moi.

Mon ton sec mit fin à la conversation. Le reste du trajet se fit sans un mot. Je rentrai dans la boutique à sa suite, quand j'entendis sa voix, dans l'arrière boutique où il était parti chercher les clés.

-Oui, elle est là.

Alors des pas timides se firent entendre. Ben arriva, son père derrière lui. Ce dernier avait un sourire de conspirateur. Moi, j'ignorai totalement Ben, et tendis la main pour avoir les clés. Jonathan me les donna à contrecœur.

-Je suis désolé. Tu me pardonnerai comme tu l'as déjà fait ?

Les mots marmonnés étaient à peine compréhensibles. Je fixai durement Ben en inventant dix façons de le tuer avec mes clés.

-Non. Au revoir, Jonathan ! M'écriai-je dans un sourire forcé, avant de rentrer dans ma voiture, garée devant la boutique.

Ignorant le regard choqué du père et celui bouleversé du fils, je conduisis doucement jusqu'à la maison.

-Pub, pub, à brûler, et… ah ! M'exclamai-je ne triant le courrier que je venais de prendre. Une lettre d'Emma.

Le Canada, c'est super. J'ai pu caresser des écureuils, et je connais même quelques mots de français ! J'espère que tu t'amuses bien avec tes amis. Bises. Emma.

Courrier bref, mais qui suffit à réchauffer le trou béant de mon cœur. Emma. Je la verrai demain, et tout ira mieux. Elle était comme un calmant, une sorte d'aspirine anti-soucis qui m'apaisait à chaque fois. Elle se pliait en quatre pour me faire rire et pour que je me sente bien. Et elle me manquait.

-Zut. Des maths à faire.

Je m'étais parlé à moi-même, habitude que j'avais depuis quelques temps.

Devoirs faits, je réalisais que j'avais quatre heures à tuer avant la tombée de la nuit.

Assise sur le canapé, à fixer le téléviseur qui diffusait une émission pour enfants totalement stupide, je repensais aux excuses de Ben. Avais-je eu tort de les refuser ?

Oui. Murmura une voix en moi. Comme ma conscience.

Non. Susurra une autre voix. Ma raison.

J'écoutai cette dernière. Ben était un hypocrite de la pire espèce. Un type tout gentil qui allait balancer dans votre dos les pires méchancetés du monde. Mon amour-propre en était blessé, mon ego vexé. Si Emma ne l'aimait pas autant, je me serait fait un plaisir de lui briser le nez, ce qui semblait être devenu ma spécialité.

La nuit tomba enfin. Je pu aller me coucher. Ce n'était que dans le noir le plus complet que je pouvais me perdre dans mes pensées.

Une fois allongée, je tombais dans une sorte de dépression dont je n'étais aucunement maîtresse. Je savais que c'était l'œuvre perfide de ce vampire, mais je n'avais pas la force de résister.

Quand mon réveil sonna, j'étais en boule, la couverture entortillée autour de moi comme un étau, et je sanglotai en étant victime de violents tremblements.

-Que t'est-il arrivé, Emy ? Me demanda Emma à mon arrivée.

-Ben est arrivé ?

-Non, pourquoi ? Me demanda-t-elle, perplexe.

-Pour rien. Je me renseignais, voilà tout.

- Alors, dis-moi. Racontes à Tata Emma ce qui s'est passé, tu n'as pas l'air dans ton assiette.

-Rien. Justement. Enzo ne donne aucune nouvelle.

-Allez, dans vingt-et-un jour, ce sont les vacances de Noël. Tu le reverra bientôt.

-C'est vrai. Merci, Em'.

Je lui fis un des plus beaux sourire que j'avais en réserve. Ma mine s'assombrit presque aussitôt, quand Ben se jeta sur Emma pour la serrer dans ses bras. Elle, elle riait aux éclats, et ne remarqua, comme toujours, pas les tensions.

Mais cette fois-ci, sa naïveté ne dura pas longtemps.

-Bon, ça suffit. Qu'avez-vous, tous les deux. J'ai bien remarqué que vous vous regardez bizarrement depuis tout à l'heure, mais les regards assassins quand on croit que je ne vois pas, stop. Quelqu'un daignerait-il m'expliquer ?

-Les dames d'abord.

Emma me jeta un regard noir, que je retournais dans sa direction.

-Juste une petite dispute de rien du tout, je te le promets.

-Emeline ?

-Il a dit à sa mère, pensant que je n'entendais pas, qu'il regrettait qu'on soit amis.

-Ben, des explications ?

-Vu le comportement puéril que nous offre Emeline, non, aucune. Je pense qu'on comprendra vite pourquoi elle m'énerve.

-J'ai envie de vous gifler tous les deux. On dirait des maternelles. Regardez-vous ! Vous n'avez pas honte ?

-Non. Répondîmes en chœur.

Et la journée passa ainsi : Emma ne s'adressait qu'à l'un de nous à chaque fois, histoire de combler les blancs.

Le lendemain fut encore pire. Lassée d'avoir à faire la conversation pour trois, elle ne parla plus du tout.

Et le surlendemain, elle fut malade. J'étais condamnée à passer la journée avec Ben. Heureusement, nous n'avions aucun cours en commun. Quand un professeur décida de prendre un congé maladie, toute la classe fut heureuse. Une heure de vide. Pour moi, c'était une punition, presque.

J'ouvrai mon casier, histoire d'enlever un peu de mes affaires, quand un mot s'échappa et tomba à terre. Il était bref et rédigé à la main.

Devant chez toi. Tout de suite.

J'ignorai qui était l'auteur, car je réalisais ne pas me souvenir l'écriture d'Emma. Mais ces lettres soignées devaient être d'elles. Suivant mon instinct, je rentrais chez moi.

Assis sur le pas de la porte, Ben guettait mon arrivée. Je l'entendis avant de le voir. Prudente, je restais à une dizaine de pas en arrière, émettant un grognement furieux depuis ma gorge.

-Que fais-tu là ?

-Je suis venu m'excuser.

-Tu sais que je refuserai.

-Et m'expliquer.

Je me radoucis : j'étais bien trop curieuse pour l'envoyer dans les roses.

-Tu es arrivée trop tard. Tu n'as pas eu le début de la conversation.

-J'ai compris l'essentiel, on dirait.

-Non. Vois-tu, les loups sont en meutes. Et dans la mienne, nous ne sommes que deux. Ma mère et moi. Et elle est l'Alpha, la chef, si tu veux. Nous entendons nos pensées, et elle peut fouiller ma mémoire. Si j'ai dit que je regrettai notre amitié, c'était dans un sens bien différent que celui qu'elle a compris. Et que toi aussi, malheureusement.

-Je regrette qu'on soit amis parce que j'ai manqué de te tuer. J'en avais l'envie, à n'importe quel instant j'aurai pu le faire. Et ce n'est que quand tu as évoqué Emma que j'ai eu la force de reprendre le dessus sur l'animal.

-Tu penses que je ne t'attirerais que des ennuis.

-Non, pas exactement. Disons que tu m'attireras des ennuis vis-à-vis de ma mère. Et de mon père. Il t'aime bien, mais est très alerte. Il a un très grand sens de l'observation. Il a remarqué que ma mère et moi sommes différents, même s'il ne sait pas en quoi. Il m'aime parce que je suis son fils, mais il l'aime parce qu'elle lui fait peur. Et qu'il n'ose pas fuir. Mais surtout, il remarquera que tu n'es pas humaine. Et ça entraînera des soucis. Parce que si tu ne déménages pas, nous devrons le faire, pour s'assurer qu'il ne comprenne pas.

-Et tu voulais remédier à quoi ?

Il rougit violemment.

-Je ne sais plus.

-Menteur.

Il haussa les épaules.

-Je suis excusé ?

-Je l'ignore, Ben. J'ai tendance à te pardonner rapidement alors que je vois que tu me mens. Alors disons que oui. Mais ne t'avises même pas de recommencer ça, ou même de faire souffrir Emma. Sinon…

Il déglutit, comprenant que j'étais sérieuse.

-Il te reste quoi, comme cours ?

-Maths. Et toi ?

-Moi, j'ai fini.

Cette phrase anodine coupa court à la conversation. Il se leva, et me jeta un regard perplexe.

-Est-ce qu'être à moitié pardonné me donne la permission de te dire au revoir ?

-Attends, il reste encore un moment avant que mes cours recommence. Tu veux entrer ?

-J'ai toujours rêvé d'entrer dans une maison de vampires.

Je levais les yeux au ciel et lui fit visiter le rez-de-chaussée.

-J'ai le droit de voir ta chambre ?

-Si tu veux. Soupirai-je.

Il grimpa les escaliers rapidement, ouvrit la porte face à lui et ouvrit la porte.

-Ouah ! Ta chambre est gigantesque ! Mais… J'ignorai que tu t'intéressais tant que ça aux poupées. Remarqua-t-il en montrant la grande collection de Barbies.

-Non en fait c'est… A mon frère. Ricanai-je nerveusement.

-Pourquoi ton frère range-t-il ses affaires dans ta… Attends un peu. Ton frère ? Enzo ? Il a des Barbies ?

-Oui.

-Ces poupées ont cinquante ans, et vous quatre cents. Tu m'as dit qu'il était figé à l'âge de vingt-cinq ans ? Et il joue encore aux… Euh… Rappelle-moi de ne plus me plaindre de ma famille, veux-tu ?

-Tu ne voulais pas voir ma chambre ?

-On n'y est pas ?

-Non. Pas du tout, c'est celle d'Enzo.

Je lui montrais donc mon espace, le vrai, et il regarda le lit, visiblement surpris.

-Attends. Tu as un frigo et des placards remplis dans la cuisine, et dans ta chambre, un lit ?

-Et alors ? J'aspire à une vie normale. La nuit, je peux faire passer le temps en me perdant dans mes pensées, et une haleine sanguine le matin ce n'est pas sup… Tu m'écoutes ?

Il était obnubilé par mon serpent. Je lui présentais, et à son regard, je compris immédiatement : il était effrayé par ses bestioles ! Un adorable reptile lui donnait la chair de poule alors qu'il atteignait la masse d'un ours. L'hôpital se moquait de la charité.

-Déjà cette heure là ? Désolée, Ben, je ferme boutique, je dois aller en cours. Au revoir.

-Donc la réponse est affirmative ? Je suis autorisé à te dire au revoir ?

Je hochai la tête, et il me serra dans ses bras en murmurant :

-Je ne te décevrai jamais. Et je ne ferais jamais de mal à Emma. Promis.

J'ignorai, et lui aussi, à quel point il ne tiendrait pas sa promesse.


Mwahaha. Mais z'en faites pas, Ben est surement gentil. Quelque part au fond de lui^^ Au fait, histoire que vous le haissiez quelque peu, quand il s'excuse auprès d'Emeline, il invente des raisons, et il sait qu'il y a de grandes chances pour qu'il ne tienne pas sa promesse...