Et un nouveau chapitre ! Encore un grand grand merci à Khalya !

ENJOY !


Sirius entra dans l'infirmerie et se dirigea vers le lit de James. Remarquant qu'il dormait profondément, il hésita à repartir mais finit par s'asseoir à coté de lui. Depuis qu'il était revenu, il ne supportait plus de le perdre de vue. Il savait que James était là, sain et sauf, et définitivement hors de danger même s'il devait encore se reposer. Mais, dès qu'il sortait de l'infirmerie, la même image de son meilleur ami dans le coma, entre la vie et la mort, recommençait à le narguer. Alors il restait avec lui dès qu'il avait un moment de libre. James ne pouvait jamais discuter longtemps. Même s'il était sorti du coma, il était assailli en permanence par de violentes migraines qui obligeaient Mme Pomfresh à lui faire boire des potions de sommeil pour l'empêcher d'en souffrir. Si l'infirmière restait confiante sur le fait que ces migraines disparaîtraient progressivement, elle continuait à chercher un remède qui lui permettrait d'être sur pieds le plus rapidement possible.

Le corps de James se tendit brusquement, faisant sursauter Sirius. Il se débattit violemment dans son sommeil et Sirius posa une main sur son épaule.

- James ? James !

James se réveilla en sursaut, ses yeux se posant immédiatement sur Sirius, ce qui sembla le calmer. Prenant une longue inspiration, il murmura :

- Désolé… Je me suis endormi sans potions et j'ai fait un cauchemar.

- C'est pas grave. Comment tu vas ?

- Pour l'instant, très bien. J'ai juste… Des moments avec et des moments sans.

Sirius hocha la tête et aida James à s'asseoir contre la pile d'oreillers.

- Alors ? demanda James. On a pas mal parlé de moi ces derniers jours, mais je suppose que tu as aussi des choses à raconter ? Qu'est-ce qui s'est passé depuis que j'ai pris ce cognard ?

- Je… Les filles m'ont demandé de te remplacer comme capitaine de l'équipe. Jim et Kevin ont été renvoyés donc j'ai dû sélectionner deux autres batteurs. J'ai pas pu me résoudre à choisir un nouvel attrapeur, je voulais voir comment ton état allait évoluer.

James acquiesça lentement avant que son regard ne parcoure toute l'infirmerie. Constatant qu'ils étaient absolument seuls, James demanda :

- Sirius… Depuis que je suis réveillé, tout le monde me parle de Jim et Kevin, en me disant de ne pas m'inquiéter, que ça ne se reproduira plus, mais… Qu'est-ce qui s'est passé, avec eux ? Qu'est-ce qu'ils ont fait ?

- Tu… Tu ne te souviens de rien ?

- Non. Mes derniers souvenirs remontent à… A quelques jours avant le match, termina-t-il précipitamment. Les médicomages m'ont dit que j'avais pris deux frappes de cognard, c'est tout. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Pendant que vous étiez au coude à coude avec l'autre attrapeur, Jim a envoyé un cognard vers vous. Il visait tellement bien, on était tous persuadés qu'il allait obliger l'attrapeur de Serpentard à dégager… Mais c'était toi, qu'il visait. Tu n'as pas réussi à dévier à temps, le cognard t'a percuté en pleine poitrine et t'as cassé plusieurs côtes avant de repartir vers le batteur de Serpentard. Il te l'a renvoyé dans la tête. Ils préparaient ça depuis des semaines, Peter et toi vous les aviez même vus s'entraîner à frapper un mannequin pour gérer la façon dont le cognard allait rebondir sur tes côtes. Ce n'était pas un accident, James. Ils voulaient te tuer et ils ont été à deux doigts de réussir.

James acquiesça lentement avant de reprendre :

- Et le match ? On l'a perdu ?

- Il a été annulé après que tu sois tombé. Mme Bibine essaye encore de voir comment elle va organiser les prochains matchs pour terminer la saison, elle doit nous tenir au courant d'ici une semaine. Je suppose que tu voudras reprendre la direction de l'équipe quand tu sortiras de l'infirmerie ?

James esquissa un sourire.

- Je suis incapable de rester éveillé plus d'une heure avant d'avoir l'impression que ma tête explose, je ne sais même pas si je pourrais remonter sur un balai avant la fin de l'année. Reste le capitaine de l'équipe.

- Comme tu veux. Je t'ai pris tes cours pendant ton absence, tu voudras que je te les amène ? Tu penses pouvoir travailler ?

- Par petites tranches, ça devrait aller. De toute façon, il faut que je m'y remette. J'ai déjà raté trop de cours, ce serait un miracle si j'arrivais à avoir mes ASPICS avec le retard que j'ai pris.

- Je te les amène demain, n'hésite pas si tu veux qu'on bosse ensemble, proposa Sirius.

- Merci, sourit James.

Son sourire se transforma en légère grimace et il plaqua une main contre sa tempe.

- Ça ne va pas ?

Sirius l'aida à se rallonger contre ses oreillers, mais James se mordait férocement les lèvres pour ne pas crier, les yeux fermés, la main plaquée sur la tempe, à l'endroit où le cognard l'avait frappé.

- Mme Pomfresh ! appela Sirius.

L'infirmière arriva en courant et, voyant James se tordre de douleur, sortit une potion ambrée de son armoire avant de se diriger vers le lit et de la faire avaler au Gryffondor. Ses yeux fermés se décontractèrent légèrement sous l'effet de la potion et il tendit la main vers Sirius. En sentant celui-ci la prendre, James parut se détendre un peu plus et, quelques secondes avant de sombrer dans le sommeil, il murmura :

- Reste avec moi, frangin… Reste avec moi.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Sirius finissait de classer les cours qu'il avait pris pour James, vérifiant grâce à un rappeltout qu'il les avait bien tous. Malgré la requête de James, Mme Pomfresh avait fini par le jeter hors de l'infirmerie dix minutes avant le couvre-feu, en lui promettant toutefois de le faire réveiller si James demandait à le voir.

- Excuse-moi, Black ?

Il leva les yeux vers Lily et Maria.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Lily s'avança et demanda :

- J'ai entendu dire que James était encore très fatigué, alors je préfère te demander plutôt que d'aller l'embêter à l'infirmerie. Je… Je suppose qu'il aura besoin d'aide pour rattraper les cours qu'il a manqués et… Avec tout le temps qu'il a passé à m'aider en métamorphose au début de l'année… Enfin, je me disais que ce serait la moindre des choses et que… Tu pourras lui dire que s'il a besoin d'aide, il ne doit pas hésiter à me demander ?

- Bien sûr, je lui transmettrai le message.

- Merci.

Maria demanda :

- Tu sais si on peut quand même aller le voir à l'infirmerie ? Ou est-ce que Mme Pomfresh ne laisse entrer que toi ?

- Vous devriez pouvoir mais pas longtemps, c'est tout. Il a encore besoin de dormir énormément et Mme Pomfresh jette dehors quiconque essaye de l'en empêcher. Elle me laisse rester parce qu'elle sait que je ne le réveillerai pas.

- OK, sourit Maria. J'essaierai de passer demain. Merci !

Deux élèves de première année passèrent en trombe à coté d'eux, bousculant la table et faisant rouler le rappeltout de Sirius. Celui-ci tomba mais Maria l'attrapa d'un geste au vol avant qu'il ne s'écrase par terre. Lily partit réprimander les deux élèves et Maria tendit le rappeltout à Sirius.

- Tu as de sacrés réflexes, sourit-il. Merci.

- Je volais souvent avec James pendant les vacances d'été, expliqua-t-elle. On s'entraînait à se lancer des balles de tennis et à les attraper au vol. Je suppose que j'ai fini par prendre quelques uns de ses réflexes d'attrapeur. Allez, je te laisse, je vais essayer de convaincre Lily de ne pas mettre ces deux gamins en retenue pour les six prochaines années.

Maria repartit et Remus et Peter, qui revenaient tout juste de la bibliothèque, vinrent s'asseoir à coté de lui.

- Comment il va ? demanda Remus.

- Pas d'améliorations. Il a toujours autant de migraines.

- On commençait à s'inquiéter, avoua Peter, d'habitude tu descends quand même manger… On se doutait que Mme Pomfresh ne nous laissera pas être tous les trois dans l'infirmerie mais on se demandait s'il n'était pas arrivé quelque chose…

- Il… On discutait et il a eu une nouvelle migraine. Pomfresh lui a fait boire une potion de sommeil et… Avant qu'il s'endorme, il m'a demandé de rester avec lui. Je ne sais pas pourquoi mais… Enfin, je ne voulais pas qu'il se réveille sans moi après m'avoir demandé ça. Pompom m'a jeté dehors il y a vingt minutes.

- James a horreur d'être vulnérable, et il est incapable de bouger de son lit, nota Remus. Après ce qui s'est passé, il pense peut-être que quelqu'un va encore essayer de l'attaquer ?

- Je ne sais pas… Il m'a dit qu'il ne se souvenait pas du tout du match…

- Tu lui as manqué, souligna Peter. Vous avez passé les derniers jours avant le match à ne plus vous adresser la parole. Ça il s'en souvient peut-être. Je peux t'assurer que tu lui manquais. Ça se voyait.

- C'est vrai, renchérit Remus. Depuis l'été dernier, tu avais besoin de lui pour te reconstruire, pour réapprendre à faire face aux Serpentards… Il était là, pas seulement parce qu'il tenait à t'aider, mais parce que lui aussi avait besoin de toi. Tu n'imagines pas à quel point il a souffert de ton absence et de son impuissance à t'aider. Il ne le montre pas, mais il a besoin de toi. Si les Serpentards avaient pris le temps d'étudier les faiblesses de James, ils auraient su que la solitude l'aurait tué bien plus facilement qu'un cognard.

- Il ne supportait pas de te savoir chez Rogue, cet été, compléta Peter. Il était prêt à débarquer là-bas pour te faire sortir de force, il se fichait de se faire prendre lui aussi. Tout ce qu'il voulait, c'était être avec toi et pouvoir te protéger.

Sirius acquiesça et réfléchit deux secondes avant de se lever.

- Je retourne avec lui. Je me fiche de ce que Pomfresh dira.

- Sirius ! Tu ne l'aideras pas en te privant de sommeil… Il a pris une potion pour dormir sans faire de cauchemars, il ne se réveillera certainement pas avant demain matin… Il n'a pas besoin de toi pour dormir.

- Mais s'il se réveille… Je veux être là. Je veux être là s'il a besoin de moi.

- Ça ne sert à rien de passer une nuit blanche à attendre qu'il se réveille, fit remarquer doucement Remus.

- Si tu as peur qu'il ait besoin de toi, amène-lui juste son miroir à double-sens, proposa Peter. Il pourra t'appeler à tout moment, si tu gardes ton miroir avec toi, sa chaleur te réveillera.

Il dut admettre que la proposition de Peter était la plus raisonnable. Il ne pourrait pas passer des nuits entières auprès de James, sans dormir.

- OK. Je vais le lui amener tout de suite et le laisser à coté de son oreiller. Je reviens.

Il monta dans le dortoir, saisit le miroir et la cape de James, ainsi que la carte du maraudeur et redescendit avant de partir vers l'infirmerie, soigneusement dissimulé par la cape.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

La cloche sonna et Sirius fourra ses cours au fond de son sac avant de se lever de sa chaise. Il attendit Remus et Peter à la sortie de la salle et leur dit :

- Je monte voir James.

- OK ! Je devais passer à la bibliothèque chercher un bouquin pour mon cours de runes, l'informa Remus. Je vous rejoins après.

- Je vais venir avec toi, Lunard, dit Peter, j'avais aussi besoin de vérifier un truc pour le devoir de potions.

- OK alors à tout à l'heure ! lança Sirius.

Il monta rapidement vers l'infirmerie mais se figea en arrivant devant la porte. Lily faisait les cent pas devant le domaine de Mme Pomfresh, jetant des regards anxieux à l'intérieur.

- Un problème, Lily ?

La jeune fille sursauta et se retourna vers lui.

- Je t'avais pas entendu arriver. Je… Comme tu avais dis hier soir que je pouvais, je voulais aller voir James pour lui proposer mon aide pour les cours, mais… Mme Pomfresh doit être dans son bureau et je ne sais pas si je peux entrer, je voudrais pas déranger James.

Sirius éclata de son rire semblable à un aboiement de chien.

- Lily, tu oublies qui tu es… James est raide dingue de toi depuis sept ans, même si tu débarquais dans l'infirmerie avec une armée de pétards explosifs, il serait content de te voir ! Allez, viens !

Ils entrèrent tous les deux et se dirigèrent vers le lit de James, Lily restant un peu en retrait derrière Sirius. Le Gryffondor était appuyé contre une pile d'oreillers, lisant un magasine de Quidditch. Levant les yeux vers eux, il passa précipitamment une main dans ses cheveux en voyant Lily et esquissa un sourire.

- Si j'avais su qu'il fallait être à l'agonie pour que tu viennes me voir, je me serais pris un cognard plus tôt, lança-t-il à l'adresse de la jeune fille.

- Ce n'est pas drôle, James, soupira-t-elle avec l'ombre d'un sourire. Je… Je m'inquiétais pour toi. Je voulais savoir comment tu allais.

- A merveille !

Sirius soupira intérieurement. Il était persuadé que s'ils avaient été tous les deux, James n'aurait jamais affirmé aller à merveille. Il sortit les cours qu'il avait pris pour James et lui tendit.

- Tiens, tes cours. Je te les ai classés par matière et par ordre chronologique. Et il me semble que Lily avait une proposition à te faire…

James interrogea la rouquine du regard et celle-ci reprit :

- Oui. Je me disais… Avec toute l'aide que tu m'as apportée au début de l'année, le moins que je puisse faire, c'est de t'aider en retour… Alors, si tu veux un coup de main pour travailler et rattraper ton retard, n'hésite surtout pas.

- Merci beaucoup de la proposition. Ce sera beaucoup plus agréable de travailler en charmante compagnie ! Non pas que tu ne sois pas charmant, Sirius, reprit-il en levant les yeux vers l'autre Gryffondor qui soupirait d'exaspération.

Lily releva les yeux vers Sirius et reprit :

- Je ne vous dérange pas plus longtemps, je vous laisse tous les deux. Du coup, tu voudras que je passe pour t'aider à réviser ? Demain soir, ou dans la semaine ? A moins que tu ne veuilles encore te reposer ?

- Demain soir, pourquoi pas, proposa James. J'ai cru comprendre que Sirius m'abandonnait lâchement pour aller entraîner l'équipe. Mme Pomfresh a trouvé une potion qui me réussit bien ce matin, je devrais pouvoir lire les cours dans la journée et te demander dans la soirée de repasser sur les points que je ne comprends pas ?

- OK c'est parfait ! A demain alors ! Repose-toi bien.

Elle s'éloigna vers la sortie de l'infirmerie et, avant de franchir la porte, se retourna vers eux.

- James ?

- Oui ?

La rouquine sembla réfléchir quelques secondes à ce qu'elle allait dire avant de sourire :

- Je suis franchement contente que tu t'en sois tiré. Tu n'imagines pas à quel point je me suis inquiétée pour toi.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Sirius entra dans le hall et regarda sa montre. 21 heures. Étirant ses muscles endoloris suite à l'entraînement, il décida de monter directement dans la salle commune sans manger. Il était trop tard pour aller voir James, Mme Pomfresh ne le laisserait jamais rentrer. Il monta rapidement les escaliers et arriva dans la pièce bondée. Soupirant en constatant qu'il n'y avait plus un seul siège libre, il se faufila en direction de son dortoir mais fut intercepté par Lily.

- Ton entraînement s'est bien passé ?

- Très bien. Du coup, tu as été voir James ce soir ?

- Oui, je l'ai aidé à bosser les cours de sortilèges. Il m'a demandé si tu pouvais l'appeler quand tu rentrerais… Je n'ai pas trop compris, mais il a dit que tu comprendrais de quoi il parle…

- OK, je te remercie.

Sirius fila dans son dortoir, enleva sa robe et se glissa sous sa couverture avant de sortir son miroir à double-sens.

- James Potter.

Aussitôt, son reflet devint flou quelques secondes avant que le visage de James n'apparaisse à la place.

- Salut Patmol, sourit-il.

- Salut. Ta dulcinée m'a dit que tu voulais me parler ? Comment ça s'est passé avec elle ?

- Très bien ! Il faudra que je bosse la pratique des sorts, mais je pense être pas mal en théorie sur ceux de la première semaine…

- Tu arrives à travailler, tu n'as plus de migraines ?

- Mme Pomfresh m'a donné des potions, j'ai juste à en prendre une quand je commence à avoir mal à la tête. Du coup elle pense qu'elle va pouvoir me laisser sortir avec un stock de ces potions pour que je puisse suivre les cours.

- C'est super ! Elle t'a dit quand exactement ?

- Demain soir si tout se passe bien. Tu… Ça te dérangera de venir me retrouver à l'infirmerie avant qu'on redescende manger ?

- Bien sûr que non ! Je te rejoins dès la sortie des cours !

- Merci, sourit James.

Il regarda au-dessus du miroir et murmura :

- Je te laisse, j'entends Pomfresh revenir. J'ai pas envie qu'elle me garde une semaine de plus pour me faire passer l'envie de discuter.

- OK, bonne nuit. Hésite pas à m'appeler si tu as besoin.

- Ça marche, merci. Bonne nuit à toi aussi.

Le miroir redevint flou avant que Sirius ne voie son propre reflet réapparaître.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

- Bon, tu as bien compris ? demanda Mme Pomfresh pour ce qui paraissait être la cinquième fois.

- Une potion calme-nerfs à chaque repas pendant deux semaines, et une potion anesthésiante dès que j'ai mal à la tête, mais pas plus de dix par jour, répéta James.

- Parfait ! Reviens me voir s'il y a le moindre problème. Et toi, ajouta-t-elle à l'adresse de Sirius, tu ne le lâches pas d'une semelle ! S'il recommence à avoir des migraines, il risque d'être incapable de prendre une potion seul, verse-la lui dans la gorge s'il le faut !

- Compris ! acquiesça Sirius.

Ils sortirent de l'infirmerie et rejoignirent Remus et Peter à la bibliothèque.

- Comment tu vas, James ? demanda Peter.

- De mieux en mieux !

Ils s'assirent à coté d'eux et, pendant que Remus aidait Peter à réviser son histoire de la magie, Sirius entreprit d'expliquer à James les cours qu'il avait ratés.

- En métamorphose, il n'y a pas de problèmes. On est passés à la transformation du corps humain en animal, donc il n'y a rien que tu ne saches pas déjà.

- McGonagall a dit s'il y aurait une épreuve pratique là-dessus aux ASPICS ? s'inquiéta James. Je connais la théorie mais je ne me suis plus jeté de sort de métamorphose depuis notre quatrième année…

- Elle a dit que non. Des questions théoriques, certainement, mais la transformation en animal n'est pas exigée à la pratique.

- OK donc ça ira pour la métamorphose. Ensuite ?

- Sortilèges, il me semble que tu avais commencé à voir avec Lily ?

- Elle m'a expliqué la théorie, mais là encore, je n'ai pas pu m'entraîner.

- On pourra retourner dans la salle vide qu'on utilisait pour les duels pour t'entraîner à l'edificum, et le reste, on peut le pratiquer dans la salle commune. Je ne pense pas que ça te posera beaucoup de problèmes mais on verra en temps voulu. Je pense que c'est en potions que tu vas avoir le plus de mal à rattraper. On a passé trois semaines sur les poisons et on vient de passer aux antidotes généraux, ceux capables de contrer n'importe quel poison et pas seulement un spécifique. Cette partie est assez difficile à comprendre si on ne maîtrise pas bien les poisons.

- Alors autant commencer par ça, décida James.

Sirius passa deux heures à lui expliquer la théorie de la préparation et du choix des ingrédients avant que l'estomac de Peter ne leur fasse remarquer qu'il était l'heure de manger. Ils rangèrent rapidement leurs livres et descendirent dans la Grande Salle. En les voyant entrer, de grandes exclamations retentirent à la table des Gryffondors et tous les regards se tournèrent vers eux. Ils rejoignirent la table le plus rapidement possible mais James dut répondre à une vingtaine d'élèves qui le saluaient ou lui souhaitaient un bon rétablissement avant de réussir à s'asseoir.

- Bien cru qu'on n'arriverait jamais à manger, souffla James une fois assis.

- Mes oreilles me tromperaient-elles ? demanda Lily, assise un peu plus loin avec un sourire. James Potter se plaint d'être le centre d'intérêt de tous les élèves de Gryffondor ? Ce cognard t'a franchement bien amoché…

Sirius ricana et James se passa une main dans les cheveux avant de répondre :

- Même si c'est agréable, je ne demande rien d'autre que d'être ton centre d'intérêt Lily, répondit-il avec un clin d'œil. L'attention que tu me portes me suffit largement !

- Ne t'emballe pas. Je paye la dette que j'avais envers toi en t'aidant à rattraper tes cours, point. Il t'en faudra plus pour m'enlever de la tête l'image du crétin prétentieux que tu as été ces six dernières années.

Le sourire en coin de Lily lui laissait comprendre qu'elle le taquinait plus qu'autre chose. Glissant sur le banc, James répondit :

- Dans ce cas, que dois-je faire pour te convaincre, Lily jolie ?

- Arrêter de m'appeler Lily jolie serait un bon début. Plus sérieusement, mon offre tient toujours même si tu n'es plus cloué au lit et que tu peux reprendre les cours. N'hésite pas à me demander si tu as besoin d'aide dans quoi que ce soit.

James sembla sur le point de répondre quelque chose mais Lily le coupa :

- Dans quoi que ce soit qui ai un rapport avec les cours, Potter !

James haussa les épaules avec un semblant de sourire triste :

- J'aurais essayé… Je te remercie, Evans.

Ils mangèrent rapidement et James remarqua que le brouhaha des conversations faisait renaître un début de migraine. Il prit la potion que Mme Pomfresh lui avait donnée et Sirius demanda :

- Ça va aller ?

- Oui oui… Le bruit me fatigue un peu. Ça ira mieux quand on sera dans le dortoir.

Ils finirent de manger et repartirent vers la salle commune mais, alors qu'ils atteignaient le hall d'entrée, ils firent face à Rogue et Lestrange qui sortaient des cachots. Rogue haussa les sourcils :

- Tiens… Content de voir que tu vas mieux, Potter.

James se crispa légèrement et Sirius devina aisément qu'il aurait préféré éviter une confrontation avec eux. Tirant sa baguette, il se plaça devant lui, faisant face à Rogue.

- Qu'est-ce que tu veux, Servilus ?

- Je préférais quand tu m'appelais Maître, nota Rogue avec une moue ennuyée. Il était temps que tu reviennes, Potter, ton chien commençait franchement à prendre de l'assurance en ton absence. J'espère que tu sauras le mater à nouveau…

La voix de James trahissait sa fatigue mais il s'efforça de répondre d'un ton assuré :

- Sirius fait ce qu'il veut. Et s'il décide de te jeter un sort, je ne pourrais rien faire pour l'en empêcher, donc je te conseille de ne pas trop nous chercher.

- La dernière fois que ton esclave m'a jeté un sort, il a passé le reste de la soirée à genoux devant moi à me tailler une pipe pour me supplier de lui pardonner son affront. Je ne pense pas qu'il ait envie de réessayer de sitôt. Qu'est-ce que tu en penses, Black ?

- Ne me tente pas, grogna Sirius. Je serais curieux de voir lequel de nous va finir à genoux devant l'autre cette fois.

Rogue allait répondre mais une voix les coupa :

- Severus !

Les maraudeurs et les Serpentards se retournèrent vers Lily. Sirius rangea rapidement sa baguette mais Lily se dirigea vers Rogue et Lestrange :

- Je peux savoir ce que c'est, ton problème, Severus ? Qu'est-ce que tu cherches, exactement ?

Ce fut Lestrange qui répondit :

- On souhaitait juste un bon retour à Potter. Il y a quelque chose de mal à ça ?

- Ne vous foutez pas de moi, souffla Lily. Tout le monde sait pertinemment que vous êtes à l'origine de l'accident de Quidditch, donc je vous conseille de vous faire discret.

Lily resta silencieuse quelques secondes avant de se retourner vers Rogue.

- Tu sais ce qui me déçoit le plus, dans ton attitude ? J'ai passé six ans à essayer de convaincre James de te foutre la paix, à essayer de le convaincre que tu n'avais rien fait, que tu ne méritais pas ce qu'il te faisait subir. Je réalise seulement maintenant à quel point j'avais tort. James attaquait en premier, c'est vrai, mais j'ai été idiote de penser que tu n'essayais que de te défendre. Les vermines dans ton genre méritent d'être attaquées en premier, avant qu'elles n'aient le temps de faire du mal autour d'elles. Je regrette franchement d'avoir passé six ans à essayer de te défendre. Tu ne le mérites pas. Personne ne mérite de perdre du temps avec le futur mangemort pourri que tu es devenu. Et nous encore moins, ajouta-t-elle en direction des maraudeurs.

Lily s'éloigna de quelques pas avant de lancer à l'adresse de James :

- Si vous décidez de l'attaquer, soyez aimables d'attendre que je sois partie, mon devoir de préfète m'obligerait à intervenir.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Une fois remontés dans leur dortoir, James s'assit sur son lit. Sirius demanda :

- Tu veux d'autres oreillers ? Tu en avais plus à l'infirmerie…

- Non non, ça ira. Sirius ? Qu'est-ce qui s'est passé avec les Serpentards ? Pendant que j'étais dans le coma ?

- Rien d'exceptionnel. J'étais décidé à prouver qu'ils étaient derrière l'attaque contre toi alors… J'ai dû mettre ma trouille de côté et me décider à les affronter. Sans toi. Tu avais peut-être raison, à Noël… Il suffisait juste que tu ne sois pas là pour me rattraper et que je n'ai pas d'autre choix que de leur faire face.

James acquiesça en silence avant de reprendre :

- Sirius… Je n'ai jamais pris le temps de m'excuser. Pour ce que je t'ai dit devant eux un peu avant le match. Je ne t'ai jamais considéré comme mon esclave. Et… Et je veux que tu fasses ce que tu veux. Que tu me renvoies balader quand tu n'es pas d'accord avec moi, que tu prennes des décisions par toi-même… Tu n'es pas mon esclave. A mes yeux, tu ne l'as jamais été.

Sirius s'assit à coté de lui, commençant à comprendre. L'envie de James d'être avec lui, les vagues descriptions de ses souvenirs d'avant l'accident…

- C'était ça ? Ton dernier souvenir… C'était ce que tu m'avais dit en face d'eux ?

- Oui, avoua James. Ce que je t'avais dit, et le fait de t'avoir vu partir. Je… Je me suis réveillé à Sainte Mangouste en n'ayant aucune idée d'où en étaient les choses entre nous. Et… J'ai réalisé à quel point je ne voulais pas te perdre. Quand je suis revenu, j'ai compris que tu étais passé à autre chose mais dès que tu t'éloignais de moi, ce souvenir me revenait en tête, il tournait en boucle dans mes rêves… C'est pour ça que je voulais que tu restes. Pour essayer de me convaincre que tu n'en voulais pas au connard que j'ai été quand je t'ai balancé cette phrase.

- On était tous les deux sur les nerfs, James, tu as dit ça sous le coup de la colère et de l'épuisement. Bien sûr, que je ne t'en veux pas.

- Tu aurais des raisons, pourtant.

- Oublie ça. Ça n'a plus d'importance.

Sirius se leva et rejoignit son propre lit.

- N'hésite pas à me réveiller s'il y a quoi que ce soit.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Sirius poussa la porte du vestiaire de Quidditch et laissa entrer James qui fut aussitôt accueilli par des cris de joie. Miranda et Aelita sautèrent du banc pour le serrer dans leurs bras et James éclata de rire :

- Décidément, ça a l'air de bien marcher auprès de la gent féminine de se faire fracasser le crâne…

- Espèce de crétin… soupira Miranda. Tu nous as fichu une de ces trouilles ! Alors ça y est ? Tu recommences l'entraînement avec nous ?

- Ne mets pas le char avant les hippogriffes, la coupa James. Je ne suis pas sûr de pouvoir voler. Je viens juste assister à l'entraînement et j'essaierai de remonter sur mon balai à la fin. Si je dois me vautrer lamentablement après avoir décollé de trois mètres, je préfère ne pas avoir de public.

- Et pour ton poste de capitaine, comment ça se passe ?

- Que je reprenne les entraînements comme attrapeur ou non, Sirius restera capitaine jusqu'à la fin de l'année. Avec le retard que j'ai pris en cours, j'aurais d'autres soucis en tête.

- Bon, résuma Sirius. J'ai eu une note de Mme Bibine, elle veut voir les quatre capitaines dans son bureau lundi de la semaine prochaine pour nous annoncer le déroulement de la fin de la saison. Donc à partir de lundi, on saura qui on doit se préparer à affronter, et pour quelle date on devra être prêts. Et en fonction de cette date et des performances de James ce soir, on verra si on doit prendre un nouvel attrapeur ou pas. Et j'aimerais vous demander votre avis sur ce sujet…

- On t'écoute ? demanda Aelita.

- On est unanimes sur le fait que, peu importe le nombre de postulants qu'on fera passer, aucun d'eux ne nous paraîtra arriver à la cheville de James. Faire passer des sélections ne m'enchante franchement pas. L'autre jour, j'ai vu Maria Siswati rattraper une balle avec une rapidité se rapprochant de celle de James et elle m'a dit qu'ils s'entraînaient ensemble l'été. J'aimerais lui proposer de se préparer à prendre la place de James si ça s'avérait nécessaire, mais avant de désigner quelqu'un comme ça, je voulais vous demander votre avis.

Amanda haussa les épaules :

- Comme tu le sens…

Miranda interrogea James du regard :

- Elle est si bonne que ça ?

- Elle aurait besoin d'un véritable entraînement d'attrapeur dans son agilité à voler. Mais avec un bon balai et un bon capitaine – le mien et Sirius en l'occurrence, je suis sûr qu'elle sera prête beaucoup plus rapidement que n'importe qui d'autre.

William, qui était resté silencieux jusque là, nota :

- Elle est légère. Je pense qu'on peut affirmer qu'on ne ré-affrontera pas Poufsouffle vu le score que vous leur avez mis au dernier match, et les attrapeurs de Serdaigle et Serpentard sont tous les deux des gros balaises. Elle volera plus vite et les rattrapera facilement, surtout si elle a le balai de James. Si vous l'avez vue attraper des balles et que vous en êtes satisfaits, on peut dire qu'elle a tous les avantages qu'un attrapeur doit avoir.

- Si tu penses qu'elle conviendra, alors c'est OK pour moi ! affirma Aelita.

Les autres acquiescèrent d'un rapide hochement de tête et Sirius sourit :

- OK, alors va pour Maria. Je lui proposerai ce soir.

Ils ressortirent du vestiaire et James alla s'installer dans les tribunes pendant l'entraînement. Il les regarda jouer pendant deux heures avant qu'ils ne se posent et il redescendit les retrouver. Tous les joueurs repartirent dans les vestiaires à l'exception de Sirius qui demanda :

- Alors, prêt ?

- Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir.

Ils enfourchèrent leurs balais et décollèrent lentement, les pieds de Sirius pouvant presque frôler le sol. Ils firent lentement un tour de terrain avant de prendre de l'altitude. Aussitôt, une rafale de vent frappa James et celui-ci se sentit partir en arrière. Accrochant fermement son balai, il ferma les yeux, s'attendant à un choc mais il sentit Sirius poser une main sur son épaule.

- Ça va ?

Il rouvrit les yeux. Il n'avait pas bougé, le vent lui avait juste donné un vertige lui donnant l'impression de perdre l'équilibre. Il cligna plusieurs fois des yeux avant d'essayer d'avancer à nouveau mais il abandonna rapidement, sentant ses vertiges reprendre de plus belle. Incapable d'ouvrir les yeux, il sentit Sirius prendre le manche de son balai et l'aider à atterrir.

- Ça va mieux ? demanda-t-il une fois posés.

- Un peu, souffla-t-il. Je vais laisser couler quelques jours avant de réessayer.

- Tu as encore besoin de te reposer. Viens, on rentre au château.

James avala une potion contre la migraine avant de le suivre dans les vestiaires déjà vides. Se laissant tomber sur un banc, il esquissa un sourire.

- J'aurais au moins eu la confirmation que je voulais… souffla-t-il. Tu es un bien meilleur capitaine que moi.

- Pourquoi tu dis ça ? s'étonna Sirius.

- J'étais incapable de me faire respecter à part en aboyant des ordres à tout le monde. Je me fichais des membres de l'équipe, tout ce que je voulais c'était remporter la coupe.

- C'est faux… Tu nous as toujours écoutés…

- Quand vous parliez, oui… Tu veux un exemple concret ?

- Dis toujours…

James soupira légèrement avant d'avouer :

- Ça ne me serait même pas venu à l'idée, dans de telles circonstances, de leur demander leur avis avant de désigner Maria comme remplaçante.


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