Bonjour bonjour. Me revoici avec le chapitre 14. J'ai décidé de le poster plus tôt que prévu car les vacances sont finies pour moi ;( (et je ne sais pas encore quand la suite sera à peu près postée)

Mais bon, c'est pas grave ! Aujourd'hui nous suivons toujours Wendy et ses problèmes.

Je tiens à tous vous remercier de lire ma fiction et de laisser par moment des commentaires (que j'adore lire et relire), ou de mettre mon histoire en favori et la suivre. Cela fait très plaisir :) merci beaucoup.

Gaelle: Merci beaucoup. C'est sûr que garder un secret pareil c'est compliqué XD. J'ai mis du temps à réfléchir pour la famille d'adoption mais je suis assez satisfaite du résultat :) Et oui, on ne peut s'empêcher d'imaginer des coups tordus. Tout ce que je peux promette, j'ai du suspens.

Disclaimer : Je ne possède pas Peter Pan.

La sélection de musiques : Abraham's daughter (Arcade Fire), Comatose (Skillet), What about now (daughtry) et Ready for anything (Landon Austin)

Sur ce, BONNE LECTURE !


Chapitre 14 : Quand on dépasse les limites

Trois mois plus tard…

Le fait que Wendy ait réussi à cacher à son entourage le fait qu'elle soit enceinte relève du miracle. Heureusement, grâce à des robes que Johanna lui avait dégoté, le ventre volumineux semblait « normal » – dû aux plis des robes. Pourtant cela ne suffisait pas. En effet, Wendy était de plus en plus fatiguée. Elle essayait de passer le plus clair de son temps allongée ou assise, limitant son contact avec sa famille aux repas. Les éventuelles visites de prétendants étaient un supplice. Heureusement que la liste se réduit considérablement.

D'après Johanna, le bébé se porte bien vu l'état de santé de Wendy. Mais cette dernière a de plus en plus de mal à mentir. Il ne lui restait plus qu'un mois à tenir avant le terme et l'arrivée de l'enfant. Un mois… Trente jours de patience…

Pendant trois mois, Wendy avait rendu visite à de nombreuses reprises aux O'Malley, pour mieux les connaitre, se confier à eux, mais aussi pour voir où son enfant vivrait. Charles et Victoria habitent une belle maison qui ressemble un peu à celle de Wendy. Une chose est sûre l'enfant ne manquera de rien question financière. Mais Wendy fera tout pour que chaque dimanche soit magique. Et un heureux hasard, la maison des O'Malley n'est qu'à quelques rues de chez elle.

Même si elle s'entendait bien avec Charles, Wendy arrivait à mieux parler avec Victoria. En effet, elle arrivait à se confier à elle quant à ses craintes, ses prétendants, ses sentiments mais aussi ses pensées sans cesse tourner vers Peter. Bien évidemment, la seule chose que Victoria connait de Peter est son nom.

Aujourd'hui en cette fin d'après-midi, la famille Darling était au complet dans le salon. Mary et Gloria discutaient sur le canapé des dernières actualités du quartier. Et George, John, Michael et Wendy étaient à la grande table en train de jouer aux cartes. Ces petits moments de partage faisaient du bien à la jeune fille car ainsi, elle oubliait dans quelle situation fâcheuse elle se trouvait. Et puis, elle cache plus facilement son ventre avec la table. Mais comme chaque jour, elle porte plusieurs couches de vêtements pour le dissimuler encore plus. Et avec la chaleur d'un mois de juillet, cela était un véritable calvaire ! « Un mois… un mois… » se disait-elle pour tenir le coup.

Fais attention, papa, dit John en regardant ses cartes. Il ne reste que trois tours et ton paquet n'est pas rempli.

John, tu dois savoir depuis le temps que le tarot est un domaine dans lequel j'excelle.

Peut-être, mais Wendy aussi elle est très forte, fit Michael. On sait jamais ce qu'elle va jouer.

Ça Michael, c'est l'art de cacher ses émotions, lui dit sa sœur. Il est vrai qu'à chaque partie de tarot, la victoire se joue entre Wendy et son père. Aller, jouons.

A cet instant, Wendy sentit une contraction. S'était devenu habituel ces derniers mois. Johanna lui avait expliqué qu'elles préparaient son corps pour l'accouchement. Il était normal d'en avoir quelques mois avant. Mais là, la sensation était légèrement différente de d'habitude.

Tout va bien, Wendy ? demanda son père.

Euh, oui ! Juste un vertige passager. A qui le tour ?

Alors que les quatre joueurs continuaient à lancer les cartes, le téléphone sonna et ce fut Mary qui partit répondre. Elle revint peu après : malheureusement pour elle, sa fille était bien trop concentrée sur la partie de tarot.

Wendy, c'était le père d'Edward au téléphone.

Ah, fit Wendy sans rien ajouter, plus préoccupée par le jeu des autres.

Edward devrait passer dans une heure. Il voulait juste nous prévenir. Ça te fait plaisir de le voir ?

Très bien, répondit-elle une fois de plus sans avoir vraiment écouté sa mère.

Wendy, tu vas bien ?

Oui j'essaye juste de gagner contre papa avec John et Michael. Sinon tout va bien.

Les deux frères rirent suite à la remarque de leur sœur. C'était l'heure du dernier tour. John posa sa dernière carte, puis Michael. Ce fut au tour de George. Comme c'est lui qui a pris sur cette partie, il fallait qu'il fasse ce dernier pli. Il montra sa carte et les deux frère Darling étaient bouche-bée.

Le petit au bout ! cria presque Michael.

Eh oui, commença George. Comme tous les atouts sont tombés, je gagne et j'ai un bonus de 50 points ! Aller, Wendy. Montre ta carte. C'est peine perdu de toute manière pour vous trois.

Tu es sûr, papa ? fit-elle avec un sourire narquois.

Quand Wendy posa sa dernière carte, les trois autres joueurs n'en revinrent pas. Encore plus surpris qu'avec la carte de George.

Le 2 d'atout ! dit George d'un ton triste, comprenant qu'il avait perdu la partie. Mais je les ai tous comptés !

Justement, dit sa fille. On oublie trop souvent les plus petits atouts.

Je propose de dire que Wendy est officiellement la reine du tarot, proposa John tout en applaudissant. On a gagné grâce à toi. C'était chaud.

John, au lieu de parler, compte nos points. Ou ceux de papa plutôt, il en a beaucoup moins. Tu n'avais qu'un bout et j'ai réussi à te le voler. Tu seras très loin des 56 points.

Alors que George protestait contre la victoire de ses enfants et que John et Michael le charriait, Wendy sentit une nouvelle contraction. Beaucoup plus violente. Et certainement pas normale. Elle avait bien plus mal qu'habituellement. Est-ce que … ? Johanna lui avait dit que les contractions qui précédaient l'accouchement étaient les plus difficiles à supporter. Et là, Wendy aurait tout donné pour crier à cause de la douleur. Elle se contentait seulement de se retenir. Elle devait à tout prix voir Johanna. Le travail était sur le point de commencer elle le sentait au plus profond d'elle-même.

Wendy se leva précipitamment et partit dans le couloir de l'entrée. Elle avait préparé un sac avec quelques affaires comme le lui avait conseillé Johanna. Il fallait juste qu'elle le retrouve. Quand cela fut fait, elle s'arrêta juste devant le salon, où sa famille la regardait bizarrement, surprise de son comportement soudain et inhabituel.

Euh, j'avais oublié que… j'ai promis à Elizabeth de passer chez elle. Avec les préparatifs de sa soirée, elle n'a pas le moral et je lui avais promis de lui rendre visite.

Tu n'aurais pas pu nous prévenir avant ?! gronda tante Gloria.

Je suis désolée mais… Wendy fut coupée par une nouvelle contraction. Parler était un vrai supplice. Je dois y aller.

Qu'y a –t-il dans ce sac ? demanda Mary.

Oh juste des affaires… de filles ! Pour se détendre. Il faut vraiment que j'y aille.

D'accord, dit son père. Mais quand penses-tu rentrer ?

Je ne sais pas. Ça dépendra si elle va mieux… Peut-être demain.

Wendy ne laissa pas le temps à sa famille de protester qu'elle fonça vers la porte et sortit. Dehors, la chaleur était bien plus qu'insoutenable. Wendy s'autorisa à respirer plus fort, exprimant ainsi sa douleur. Elle devait se dépêcher mais marcher jusqu'au cabinet du Dr Stuart semblait impossible dans son état. Alors qu'elle venait de s'engager sur le trottoir, la chance semblait lui sourire.

Taxi ! appela-t-elle en faisant un grand signe.

La voiture s'arrêta à son niveau et Wendy s'engouffra sur la banquette arrière.

Alors, mademoiselle, où est-ce que je vous dépose ?

4 Wych Street, s'il vous plait.

Pas de problème.

Et la voiture démarra. Wendy essayait à nouveau de se contenir – elle n'allait tout de même pas crier de douleur devant un inconnu ! Et à son grand désespoir, le taxi avançait plutôt lentement.

Vous ne pourriez pas aller plus vite ?

Ha ma p'tite dame, ce n'est pas de ma faute si tout le monde a décidé de sortir sa voiture aujourd'hui.

Je vous en prie. Il faut que j'y sois le plus tôt possible.

Aller donc parler aux autres conducteurs. Et puis ça ne doit pas être une question de vie ou de mort.

Oh que si c'est une question de vie : figurez-vous que je vais très certainement accoucher dans peu de temps ! hurla Wendy sur le coup de la colère, de la douleur et des harmones toujours montantes.

Le chauffeur tourna la tête vers la jeune fille et constata le ventre volumineux. Traduction : il devait se dépêcher.

Mais pourquoi vous ne l'avez pas dit plus tôt ! Je connais un raccourci mais ça risque de secouer un peu.

Du moment que j'y arrive, soupira Wendy avec un petit sourire.

Ni une ni deux, le chauffeur appuya sur le champignon. Si fort qu'il surprit Wendy. Si elle mettait trente minutes à pied et que cet homme lui dégotait un raccourci, elle arriverait avec un peu de chance dans quinze minutes.

Pendant le trajet, les contractions jouèrent aux montagnes-russes. Tantôt insupportables pour Wendy, tantôt absentes lui offrant un moment de répit.

Quand la voiture s'arrêta enfin, le chauffeur annonça à Wendy qu'ils étaient arrivés.

Merci beaucoup.

Vous avez besoin d'aide ?

Non ça ira. Je vous remercie.

Et c'est le moment que choisit une nouvelle contraction pour se manifester. Le chauffeur n'écouta pas la jeune fille et l'aida à descendre.

Quel étage ?

Le premier.

Wendy ne résista pas face à la détermination de cet inconnu à l'aider. Il prit son sac, l'épaula et l'aida à monter les escaliers. Sur le pallier, Katherine fut sous le choc.

Oh mon Dieu, Wendy ! Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Je crois que ça a commencé, Kate, dit l'intéressée avec beaucoup de mal.

Katherine ne broncha pas. Elle remercia le chauffeur et le paya vite pour qu'il parte. La secrétaire épaula Wendy et elles entrèrent dans le bureau de Johanna sans prévenir, qui étaient en train de discuter avec une patiente.

Mais qu'est-ce passe-t-il ?

Wendy va sûrement accoucher.

– … Très bien. Merci d'être venu madame et nous nous revoyons dans un mois, dit le médecin en chassant littéralement sa cliente. Kate, annulez tous mes rendez-vous du week-end. Je vais m'occuper d'elle.

Bien docteur.

Kate partit rapidement et ce fut au tour de Johanna d'aider Wendy. Cette dernière avait beaucoup de mal à respirer maintenant à cause de la douleur. Johanna l'emmena dans une chambre et elle lui intima de s'assoir sur le lit. Le médecin s'agenouilla devant elle.

Wendy, je veux que tu te calmes et que tu me dises ce qui se passe. Tout.

Je… j'étais assise et tout d'un coup j'ai senti une contraction. Plus violente que les précédentes. Puis il y en a eu deux, trois, quatre ! Et je n'arrive plus à les compter !

D'accord, ne t'inquiète surtout pas. Ça devrait bientôt se calmer. Tu vas te changer et je vais t'examiner pour voir où on en est.

Mais est-ce qu'on peut ouvrir la fenêtre avant ? Je meurs de chaud.

Oui bien sûr. En plus avec ces épaisseurs, ça ne doit pas être facile.

Johanna alla ouvrir la fenêtre et cet air fit tout de suite du bien à Wendy. Le Dr Stuart l'aida ensuite à troquer ses vêtements pour une chemise de nuit légère bien plus confortable. Elle examina ensuite Wendy. Apres l'examen, Johanna alla chercher une serviette trempée dans l'eau froide pour la mettre sur le front de Wendy. A son contact, la jeune fille se détendit.

J'ai deux nouvelles plutôt bonnes pour toi, commença Johanna.

Allez-y.

Tout est en ordre. Il n'y a aucun problème.

Parfait. Et l'autre ?

Tu n'es pas encore assez dilatée. Il va falloir attendre une heure ou deux avant de commencer. Au moins, les contractions vont s'espacer.

D'accord. Wendy ne revenait toujours pas de la situation. Elle avait des mois pour se préparer mentalement à l'accouchement, et ce n'est qu'au dernier moment qu'elle essayait de se calmer. Je pensais que ça ne serait que dans un mois.

Ah mais la nature est capricieuse et ne fais jamais deux fois la même chose.

C'est vous la professionnelle, dit-elle ironiquement.

Wendy, j'aimerais que tu te détentes un maximum.

Plus facile à dire qu'à faire.

Je suis sérieuse. Cela ne sert à rien de t'en faire. Dis-toi que des millions de femmes sont passées par là et elles s'en sont toutes sorties. Penses à de belles choses. Aller, qu'est-ce qui te vient à l'esprit ?

Peter, répondit-elle sans réfléchir. Après, elle se dit que Johanna devait en avoir marre de l'entendre parler de lui. Pardon, hum… je…

Chut, ne t'en fais pas. Très bien : pense à lui, à tous les plus beaux moments que vous avez partagés.

D'accord.

Je vais te préparer quelque chose à boire. As-tu besoin de quoi que ce soit en attendant ?

– … Un téléphone.

Donc avant de partir, Johanna amena un téléphone à Wendy. Mais avant qu'elle ne puisse s'en servir, le médecin ordonna à Katherine de veiller sur la jeune fille. A aucun moment, elle ne voulait qu'elle soit seule.

Puis-je savoir qui veux-tu appeler alors que tu es sur le point d'accoucher ? demanda Kate.

Mon alibi.

Wendy resta allongée, prit le combiné et composa un numéro. Elle voulait profiter du calme des contractions pour parler de façon presque normale. Après quelques sonneries, on lui répondit.

Henry Collins, que puis-je pour vous ?

Bonsoir monsieur Collins. C'est Wendy Darling.

Oh Wendy, comment vas-tu?

Hum… plutôt bien, dit-elle en hésitant à cause de la situation dans laquelle elle était. Est-ce que vous pouvez me passer Elizabeth, s'il vous plait ?

Mais bien sûr. Wendy entendit Henry appeler sa fille. Après quelques secondes, elle eût son amie au bout du fil.

Wendy ! Ça me fait plaisir que tu appelles.

Oui moi aussi je suis heureuse de te parler.

C'est vrai qu'on n'a pas pu se voir ces derniers mois.

Disons que… je n'étais pas en très grande forme.

Tu vas bien ?

Oui… Wendy hésita à ajouter un « Pour le moment » mais elle se ravisa. Elizabeth, il faut que tu me rendes un service de la plus haute importance.

Oh si c'est si important, je ne peux pas refuser ! Wendy rit à la réponse enthousiaste de son amie. Que veux-tu que je fasse ?

En fait… à l'heure actuelle, je ne suis pas chez moi…

Quoi ?! la coupa Elizabeth. Mais où es-tu ?!

Sache seulement que je vais très bien. Mais laisse-moi terminer. J'ai dit à ma famille que je suis partie chez toi pour le week-end ; ils vont certainement appeler pour avoir confirmation. Je veux que tu leurs dises que je suis avec toi.

Tu veux que je mente à tes parents ?!

Exactement !

Mais… qu'est-ce que je leur dis ?

Je n'en sais rien. Tu n'as qu'à dire que je me change, que je ne suis pas disponible. Mais que je vais bien, rassure-toi !

Je n'aime vraiment pas ça.

Elizabeth, tu as promis.

Mais qu'est-ce qui me dit que tu vas vraiment bien ?

Ecoute, vendredi je passerai réellement te voir et tu verras à quel point je suis en forme. A cet instant, Wendy sentit une nouvelle contraction. Il faut que je te laisse.

Très bien. Mais jure-moi que tu vas bien !

Je te le jure. Et tâche de décrocher avant ton père.

D'accord. Je te laisse alors. Au revoir.

Au revoir.

Toutes les deux raccrochèrent. Katherine ramassa le téléphone et le posa sur une table un peu plus loin.

Ton alibi, hein ?

Il fallait bien que je me sauve. Je n'allais pas accoucher chez moi sous les yeux de ma famille.

C'est normalement ce qui se passe.

Sauf si la famille n'est pas au courant qu'ils seront grands-parents, ou oncles, ou encore grand-tante.

Wendy retint un cri de douleur, alors que Katherine alla s'assoir près d'elle. La jeune fille se calma à nouveau. Kate lui prit la main.

Il y a une chose que je n'ai toujours pas comprise : pourquoi ne leur as-tu pas dit dès le début que tu étais amoureuse de ce garçon ? Tout se serait bien passé, j'imagine, dit Kate en essayant de rester optimiste.

Oh ils ne m'auraient simplement pas cru. Peter est… un garçon très spécial. Personne ne m'aurait cru. Je pensais que j'emporterai ce secret dans ma tombe. Cela ne m'a pas semblé si grave… C'était avant d'apprendre que j'étais enceinte. Cela serait un scandale et ma famille en serait victime.

Nuance Wendy ; tu en serais la première victime.

Oui mais… ce serait comme si je n'étais plus digne pour eux. Et puis qui est-ce qui a inventé ces règles stupides ? Le mariage, soupira-t-elle avant de continuer dans l'ironie. Quelle belle invention ! Partager les moments les plus intimes avec une personne qu'on peut ne pas supporter : c'est génial ! J'ai rêvé de ça toute ma vie !

Chut, Wendy, tenta Kate pour la calme. Elle lui caressa alors les cheveux dans l'espoir de faire tomber sa rage. Comme elle ne veut pas crier à cause de la douleur, Wendy se défoulait à l'aide des mots. Qui sait, peut-être que tu aimeras ton futur mari…

Avec un enfant du seul qui m'a aimée pour celle que je suis et par pour la richesse de ma famille ? Certainement pas. J'aimerai toujours Peter, ça je ne peux pas le nier.

Bon, alors tu apprécieras ton futur mari…

Un de ces garçons de bonne famille qui se croient supérieurs aux autres : non merci !

Allons Wendy, je vois bien que tu dis tout ça sur le coup de la colère.

Mais c'est la vérité, finit-elle par avouer avant que les larmes n'arrivent. Je ne suis pas assez forte, avoue-t-elle toujours dans les larmes.

S'en était trop ! La comédie avait assez duré. Wendy était en train de craquer. La pression des derniers mois avait été trop forte. Et étant enceinte, ça ne faisait que lui porter un coup plus fort au moral. Elle pensait que cela serait passager mais finalement, c'est toujours là. Tout était réel. Combien de fois a-t-elle pensé que c'était un rêve plaisantin ?

Alors que Kate tentait en vain de consoler Wendy, Johanna réapparut dans la chambre.

Kate, qu'as-tu encore fait ?!

Je n'y suis pour rien, madame. Elle s'est énervée contre sa famille et… elle a craqué.

Bon, allez dans mon bureau, je m'occupe d'elle.

Katherine suivit les ordres de Johanna et partit. Johanna s'assit alors sur la chaise où sa secrétaire se trouvait. Elle prit la main de Wendy et la regarda droit dans les yeux. Cette dernière avait bien du mal à les garder ouverts à cause des larmes dont le débit commençait à ralentir.

Je vous avais dit de penser à Peter, commença Johanna très doucement pour ne pas brusquer Wendy.

C'est ce que j'ai fait. Mais j'ai ensuite pensé à ma famille. Si jamais ils apprenaient ce qu'il s'est passé. Si jamais ils apprenaient l'existence de mon enfant. Si…

Allons, arrêtez d'imaginer le pire, continua le médecin, toujours sur un ton assez maternel.

– …

Wendy décida de respirer plus profondément pour se calmer. Johanna avait raison sur un point : ressasser le passé ne l'aiderait pas à avancer. Et penser au pire ne l'aidera pas à mettre au monde son enfant.

Excusez-moi. Mais… c'est toute cette histoire de mariage. La pression. Les prétendants. La pression ! Je n'en pouvais plus.

Et c'est tout à fait compréhensible. Vous vous dîtes que vous trahirez Peter si vous en épousez un autre. Mais regardez cette bague, dit Johanna en désignant l'anneau doré avec la pierre bleu que Peter avait justement offert à Wendy, juste avant de partir pour toujours. Même si vous ne le revoyez jamais, il sera toujours avec vous. Et votre enfant ? Il est autant une part de lui qu'une part de vous. Votre mari ne remplacera en aucun cas la place que Peter a dans votre cœur. Ni celle de votre enfant.

Wendy s'autorisa à sourire suite aux belles paroles de Johanna.

Et puis franchement, recommença le Dr Stuart. Dans tout le lot de prétendants que vous avez rencontré, aucun ne vous a fait de l'œil.

Non, soupira Wendy.

Mais, il y en a forcément un avec qui vous vous entendez plus que les autres. Un dont vous n'êtes pas exaspérée des visites. Un ami ?

Eh bien… Wendy dut réfléchir un bon moment pour ne pas répondre une ânerie. Elle essayait de repasser dans sa tête la liste des hommes qu'elle a rencontrés à cause de sa tante… Et un nom se détacha malheureusement du lot. Il y en a bien un… mais je ne ressens rien pour lui. Juste de l'affection.

Bien. Mais je suppose que vous préférez un ami comme mari, où vous êtes sûre qu'il prendra soin de vous et ne vous brusquera pas plutôt qu'un homme que vous connaissez à peine et dont vous ne voulez franchement rien savoir.

Ça c'est sûr. Wendy sentit à nouveau une contraction et le Dr Stuart sortit de son rôle de psychologue.

Bon, tenez, je vous ai préparé ceci pour la douleur, dit le médecin en tendant une tasse chaude à la jeune fille.

C'est du thé ?

Hum, il ne vaut mieux pas que vous le sachiez. Mais cela vous aidera à supporter la douleur.

Wendy ne se fit pas prier et elle but le contenu entier de la tasse. Même si cela avait un goût plus qu'amère, elle se força et ne broncha pas. Elle se rallongea ensuite.

Bien. Je reviendrai t'examiner dans dix minutes. Puis je viendrai tous les quarts d'heure pour te surveiller. Si tu sens quoique ce soit de bizarre, ou si tu as besoin de quelque chose je suis juste à côté avec Kate.

D'accord. Merci.

Maintenant, essaye vraiment de te détendre.

Quand elle se retrouva seule, Wendy se mit à respirer profondément et assez lentement. Cela la calma même si elle se crispait à chaque contraction ; au moins cela lui fit moins mal. En même temps, elle appliqua le conseil de Johanna et elle songea à tous ses plus beaux souvenirs avec Peter. Le fait de penser à son visage l'apaisa également. Ses pensées dérivèrent alors vers leur enfant. Wendy essaya d'imaginer comment il serait. Des yeux bleu glacé comme elle. Ou les yeux noisette et chauds de Peter. Des cheveux roux ou châtains ? Et le visage ? Cela devrait dépendre s'il s'agit d'un garçon ou une fille. A ce sujet, Wendy n'avait aucune préférence. Il est vrai que petite, elle rêvait d'avoir une fille qui serait son portrait craché. Aujourd'hui, le plus important concernant cet enfant était le fait qu'il soit celui de Peter Pan, le garçon qui devait éternellement rester un enfant… « Quelle ironie » se dit Wendy.

Comme les contractions ne la faisaient plus atrocement souffrir, la jeune fille essaya d'imaginer son caractère. Sera-t-il plutôt calme ou actif ? Joueur ? Hostile ? Créatif ? Une infinité de combinaisons qui pourtant détendait Wendy de plus en plus. Tellement qu'elle ne remarquait pas Johanna et ses contrôles toutes les quinze minutes.

Wendy fut sortie de ses songes car Johanna l'avait appelée. Elle releva la tête et remarqua Johanna et Kate sur le pas de la porte avec des regards étranges.

Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, commençant un peu à s'inquiéter.

Tu es arrivée il y a exactement une heure et demi et… Johanna s'interrompit pour ne pas montrer qu'elle était visiblement émue. Nous allons pouvoir commencer.

Oh…

Ce fut tout ce que Wendy pouvait répondre. Elle qui avait réussi à ne plus penser à l'accouchement en luttant contre les contractions, voilà que le devoir la rappelait à l'ordre juste quand il fallait. Elle hocha la tête et tout se mit en place : Johanna prête à tout contrôler et à « réceptionner l'enfant », et Kate juste à côté de Wendy. Elle lui offrit une main, mais Wendy était dubitative.

Si tu en as besoin pour exprimer ta douleur, tu peux me briser la main. Tu peux même déchirer les draps si cela te fait du bien.

Je ne crois pas que j'irai jusque-là.

Es-tu prête, Wendy ? demanda inutilement Johanna. Ne t'en fais pas, je te guiderai. Mais il va falloir commencer. Et essaye de te détendre un maximum cela sera moins douloureux. C'est vraiment très important.

Wendy resta allongée quelques instants, prenant le temps de respirer en attendant les instructions du Dr Stuart. Cette dernière avait anticipé une nouvelle contraction et avait intimé à la jeune fille de pousser. Ce qu'elle fit.

Johanna avait bien dit que si Wendy arrivait à se détendre, la douleur serait moindre… Avait-elle seulement averti à quel point cela serait douloureux pour elle ?! En effet, Wendy n'avait pas mesuré les conséquences. Elle fut ravie d'avoir la main de Kate pour se défouler. La secrétaire ne risquait pas de revoir sa main entière avant très longtemps.

Wendy ne pouvait retenir ses cris. Cela était vraiment très difficile et elle ignorait depuis combien de temps Johanna et Kate l'encourageaient en vain. Elle avait l'impression de ne rien faire. Que ses efforts étaient vains. Et exprimer sa douleur ne servait aussi à rien. Elle était réellement énervée, elle n'en pouvait plus, elle était fatiguée. Des millions de femmes avant elle… Il fallait juste que son corps soit capricieux.

Wendy ne pouvait être plus désespérée…

Allez-y, continuez Wendy ! encouragea Johanna. J'ai enfin aperçu la tête!

« Miracle ! Oh mon Dieu, merci ! » pensa Wendy un bref instant. Enfin une lueur d'espoir qui lui intimait de ne pas lâcher si près du but. La jeune fille reprit le travail toujours sous les instructions du Dr Stuart. Kate encourageait aussi. Toutes les deux étaient derrière elle ; elle ne pouvait pas flancher maintenant.

Avant chaque nouvelle contraction, Wendy voyait le visage de Peter. Il lui disait de ne rien lâcher, d'aller jusqu'au bout. Elle le voyait éveillée, et cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Cela la motiva encore plus.

Elle entendit Johanna dire quelque chose mais elle n'y prêta pas attention. Elle sentait bien que ce n'était pas fini, mais la fin était proche.

Quand des cris nouveaux arrivèrent sans crier gare.

C'est bon Wendy ! Je le tiens ! se réjouit Johanna.

Félicitation ! lui dit Kate.

Wendy se laissa tomber sur le lit et un sourire illumina son visage. Elle avait réussi. Son enfant était né. Et l'entendre pleurer est un signe qu'il était en bonne santé.

Kate vint avec une serviette humide essuyer le visage de Wendy qui était déshydratée. L'eau fraiche lui fit aussi du bien. Mais ce qu'elle désirait vraiment, c'était de pouvoir tenir son enfant. Johanna était justement à côté d'elle. Wendy se redressa pour être assise, un oreiller dans le dos.

Félicitation, Wendy. C'est un garçon.

Et Wendy put enfin tenir son enfant. Johanna l'avait quelque peu débarrassé des résidus de l'accouchement et l'avait aussi emmitouflé dans un linge. Lui qui pleurait jusqu'à présent, il se calma au simple contact avec sa mère.

Wendy ne put contenir des larmes de joie. Elle était fascinée par son fils.

Comme tu es beau, mon ange, dit-elle tout en le caressant du bout des doigts.

L'enfant avait l'air assez réceptif aux gestes de sa mère. Il émettait des petits sons adorables dignes d'un bébé. Et il ouvrit les yeux. Et Wendy put contempler deux adorables prunelles bleues. « Il a mes yeux, on dirait » se dit-elle. Pourtant, en regardant plus attentivement son visage, elle ne pouvait s'empêcher de voir Peter. Comme une certaine ressemblance…

Comment vas-tu l'appeler ? lui demanda Kate.

Voilà bien une chose à laquelle Wendy n'avait pas pensé. Elle avait bien en réserve quelques idées de prénoms… de filles. Wendy voulait un prénom peu commun mais pas non plus trop original. Et il était hors de question de lui donner le même prénom que son père puisque dans l'esprit de la jeune fille, il n'y avait qu'un seul Peter.

En pensant à lui, Wendy songea à toutes les histoires qu'elle racontait à ses frères… et il y avait bien un personnage qu'elle adorait qui lui faisait penser à Peter.

Arthur, souffla-t-elle. Il s'appelle Arthur.

Pourquoi ce choix ? la questionna Johanna avec un sourire.

A cause de la légende. Le roi Arthur… Wendy ne pouvait s'empêcher de contempler son fils ; elle répondait à Johanna sans même lui adresser un regard. Il me rappelle Peter. Il est fort, intrépide. Il n'a peur de rien. Il fonce tête baissée. Mais il peut aussi être doux et attentionné, tout en menant à bien ses projets. J'ai envie qu'il ressemble à son père…

En tout cas, dit Kate. Je trouve que ça lui va très bien.

Oh oui, ça lui allait comme un gant.

Kate, allez téléphoner aux O'Malley, s'il vous plait, lui demanda le Dr Stuart.

Mais il est assez tard. Je ne crois pas qu'ils voudraient venir à dix heures du soir. Même pour leur futur enfant.

Dites-leur juste qu'il est né et qu'ils pourront le voir demain à la première heure.

Wendy fut prise d'un pincement au cœur : elle ne voulait certainement pas l'abandonner. Masi elle devait s'y résoudre.

Tout ce travail en valait la peine… Mais pas pour elle. Demain, elle dira simplement au revoir à son nouveau-né qu'elle ne peut quitter du regard. La comédie allait continuer tous les dimanches… Mais elle n'aurait plus à se cacher entièrement.


Eh voilà c'est la fin. J'espère que ce chapitre vous aura plu. Laissez un petit commentaire, c'est toujours plaisant (même le traditionnel "J'adore ta fic!" est le bienvenu)

Le petit Arthur est donc né. J'ai du réfléchir pendant des semaines pour trouver son nom (sachant que j'imagine l'histoire depuis l'année dernière) ! Et j'ai longtemps hésité entre une fille ou un garçon -' donc...

Partagez votre avis en commentaire sur ce qu'il s'est passé et sur ce que vous attendez de la suite. La critique (positive ou négative) est souhaitée si vous le pouvez. On se revoit bientôt pour le chapitre 15 ;)