Bonne lecture!


Dans une autre partie de la ville, Sun maternait un Lucas pratiquement endormi, il avait tout du petit animal adorable... Non...Retenir son envie de glisser les mains sous son haut... Se sentir comme un délinquant sexuel devant son petit ami? Fait...
Si Lulu aurait pu, il aurait pu ronronner. Il aimait les câlins, du moment qu'il était en confiance avec la personne et que ce n'était pas une fille. Oui, il avait vraiment un problème dans ses relations avec la gente féminine... Mais là, il était juste heureux. Autant en profiter.

- Lucas... Si tu savais comme tu es mignon là...
Oui, songeait-il honteusement, un petit ange dans lequel j'adorerais croquer...Je me fais encore l'effet d'un maniaque devant un môme... Sûrement parce que j'ai peur de le souiller... Il est encore si Pur comparé à moi...
Voilà ce qui tournait en permanence dans sa tête.

Complètement détendu, il ignorait ce à quoi pensait son compagnon mais sa voix attira son attention.
- Hm? Merci... chuchota le brun tout en rougissant doucement.
Il n'était pas habitué aux compliments mais tentait de s'y faire tant bien que mal puisque Sun semblait apprécier lui en faire. Mais il était tellement bien en sa présence...

Bientôt il se pencha pour déposer un baiser sans pour autant vraiment l'approfondir.
- Désolé si tu sens un truc mais j'ai tellement envie de toi...Murmura-t-il au creux de son oreille à la fin de leur échange. Oui, il aimait lui faire des compliments, il trouvait plaisir à lui dire qu'il l'aimait aussi.
Il eut un petit soupir de bonheur quand leurs lèvres s'unirent. Il flottait sur son petit nuage de coton... dont il redescendit un peu en l'écoutant.
- Si je sens un truc...? interrogea le collégien tout en rouvrant les yeux, fixant son vis à vis en attendant la réponse désirée.
- Bah oui...Un truc dur... J'vois pas comment dire ça autrement... Comme bah tu m'plais...J'te désire énormément. Ecoute j'veux pas être cru, j'ai pas envie d'te gêner... T'es mon Ange...Je...j'veux pas t'pervertir.

Oui, leur relation commençait à peine ne cessait-il de se répéter dans le fond de son esprit.
Lucas laissa entendre un petit "Oh" avant de rougir tel une tomate extra mûre. Bon dieu qu'il pouvait être bête parfois, évidemment qu'il pensait à ça... Être si désiré était une expérience toute nouvelle et il ne savait pas bien comment y faire face. Par contre, cette histoire de perversion le fit froncer les sourcils.
- L'amour n'est pas pervers que je sache ou alors tu m'as menti sur ledit amour...

Il lui caressa tout doucement la joue, rajoutant un baisemain car ça lui venait si naturellement avec Lucas, comme si ce geste ne semblait exister que pour lui.
- Non... Je...J'm'en veux juste... Un peu parce que... J'ai pas envie d'te salir... Sauf que t'es mignon, t'es super attirant...Alors...Enfin bon tu comprends quoi.

L'intéressé précisa que Oh grand Jamais il ne mentirait sur ses sentiments, il n'avait pas cette bassesse d'esprit.
Ces petits gestes tout doux le rassurèrent de suite et lui tirèrent même un léger sourire. Cependant, cette affaire de salir ou non...
- Tu ne vas pas me salir. Tu m'aimes alors ce n'est pas sale selon moi, je veux dire, c'est pas comme si on était pas ensemble, que je n'avais aucun intérêt pour toi ou quoique ce soit...

Ca l'aidait à relativiser, si son petit ami disait les choses de la sorte, alors il se pouvait qu'il se prenne la tête pour rien. Or, il tenait tellement à leur relation qu'il craignait de la désacraliser avec ses pulsions qu'il qualifiait d'indécentes.
- Oui je t'aime...Mon Ange, mon Amour, ma Muse...mon Etoile... Je deviens complètement mielleux quand t'es là... J'oublie l'temps qui passe quand je m'perds dans tes yeux... Et j'ai tout un tas de niaiseries digne des pires bouquins à l'eau de rose qui me viennent.

Il gloussa: Je suis sous ton charme...Complètement...
Lucas rit avec légèreté, amusé de toute cette liste de qualificatifs à son égard. Les Muses, il les connaissait bien et avait largement besoin d'elles... Lui aussi appréciait leur relation, peut-être pas encore de la même façon mais le moindre geste, le moindre mot, tout était différent, prenait une dimension unique.
- Toi aussi tu me charmes, déclara doucement le dessinateur, sur un ton de secret.

Cela le fit sourire trois fois plus, suivi d'un nouveau bisou, content de voir qu'il n'était pas une espèce de gros lourd à la drague pathétique, il le craignait par moments.
- J'vais m' chercher de l'eau gazeuse, tu veux quelque chose? Un chocolat?
Petit clin d'œil complice, Sun avait toujours été du genre exclusif mais surtout, il avait ce coté exalté, quand il s'attachait à ce point à quelqu'un cela devenait pour lui aussi vital que la course, un besoin spirituel et psychique.
- De l'eau ça ira bien, merci.

Son petit péché mignon du moment était en fait la canne à sucre liquide mais peu de personnes en avaient chez eux alors il demandait au plus simple. Il pourrait en boire chez lui de toute façon,. Quand le jeune aimait quelqu'un, il lui arrivait souvent de l'intégrer dans ses œuvres personnelles, de façon plus ou moins visible.

Il revint avec une bouteille ainsi qu'un verre, il posa tout cela sur la table puis l'embrassa à nouveau ne cachant plus tellement ce que le petit brun lui inspirait, il osa même lui passer la main dans le dos, ce qui était pour lui, un gros effort car il se retenait en permanence, ce garçon tellement tentateur sous les yeux.
- Tiens mon Cœur...
- Merci...
Il se servit à boire et le bu presque d'une traite, ayant vraiment soif. Il laissa échapper un petit son de satisfaction une fois fini. Ça faisait du bien mine de rien. Il ne cherchait pas à plaire spécialement mais était heureux que ça soit le cas avec Sun.

Il entoura sa taille de ses bras pour un nouveau baiser lui susurrant des mots doux , il appréciait de le voir aussi à l'aise et détendu en sa présence. Unissant leurs lèvres, caressant sa langue de la sienne, cette alchimie entre eux prenait une tournant...Surnaturel , c'était plus que tout ce dont il avait pu rêver, hormis dans ses fantasmes mais, là... ça jouait dans une toute autre catégorie.
- Tu dois être rentré à quelle heure, je veux te raccompagner.
Il se laissa fondre entre ses bras, ses mains croisées sur la nuque de l'autre pour mieux se rapprocher et profiter de ce baiser. Lucas profita un moment de leur étreinte, aimant cette ambiance chaleureuse.
- Hm, bientôt.
D'ailleurs son père serait sûrement déjà rentrer depuis un moment.

Il le garda donc contre lui, l'inondant de câlins, de bisous, multipliant les marques d'affection ne cessant de lui répéter combien il comptait à ses yeux. Quand vint le moment de se quitter devant la porte familiale, il échangea encore avec lui un ultime baiser tendant bien son petit Ange dans ses bras.
- Bonne nuit mon Amour... Tu vas me manquer, à demain.
Suivi du dernier baisemain de la journée.
Le jeune dessinateur en profita longuement et si il ne lui rendait pas les mots doux, il n'hésitait pas à lui rendre tous les câlins et bisous. Ça, il savait faire. Une fois devant chez lui, il ne pensa même pas à la possibilité que son père les voit. Guy justement, qui ouvrit la porte au moment du dernier baiser et eut droit à la dernière scène romantique en prime.
- Bonne nuit Sun.
- Te voilà Lulu, pile à l'heure.
- Oh, depuis quand t'es là Papa?
- Un petit moment en fait mais votre bulle doit être assez épaisse...
- Bonsoir Monsieur La Vallière, je ne restais pas, au revoir.

Il quitta les lieux se disant qu'il faudrait clarifier la situation avec lui demain, afin d'éviter tout malentendu stupide. De retour dans sa chambre, il se mit en boxer puis direction les bras de Morphée, un jour il tiendrait le corps gracile de Lucas en plus...Ce serait merveilleux... Ah qu'il bêtifiait!
- Pressé ton ami.
- Hm. On dirait...
Sur ce, l'adolescent rentra chez lui et après avoir câliner leur gros chien de compagnie, une race de montagne et appelé Galen, il monta se coucher. Il crayonna un moment avant d'aller de réellement dormir, son carnet et ses crayons étalés sur le lit.

Dès la première heure, avant même d'aller voir son petit ami, le jeune sprinter se présenta en salle des enseignants, il fallait expédier cela au plus vite avant que les cours ne commencent, il aurait l'esprit tranquille. Il demanda à voir le professeur précité tout en gardant en mémoire le magnifique petit visage de son artiste adulé. Le professeur d'histoire-géographie abandonna donc ses collègues, emmenant avec lui sa tasse multicolore où il venait tout juste de verser de l'eau chaude pour son thé du matin. Il sourit aimablement au jeune homme, attendant patiemment qu'il s'exprime.

- Bonjour Monsieur. Écoutez ma relation avec Lucas c'est du sérieux, je l'aime et je veux que vous sachiez que jamais je le ferais souffrir, il compte beaucoup trop pour moi... C'est quelqu'un de tellement gentil...D'adorable...Je voulais juste éviter tout...toute confusion...
Après ce discours il respira un grand coup, ça faisait un peu débit de mitraillette mais, zut!

Guy affichait une expression relativement sévère alors que cette déclaration l'amusait assez en vérité. Il se doutait qu'ils avaient une relation consentie, son Lulu savait largement se défendre mais il était satisfait de l'initiative du garçon de venir le voir. Finalement, il se décida à lui sourire gentiment.
- Tant que tu fais bien ce que tu dis, il n'y a pas de soucis ~ Mais soit prudent, mon Lulu est ce que j'ai de plus précieux au monde...
Et tout ce qui lui restait depuis la mort d'Hélène... De sang, ils n'étaient pas père et fils mais c'était lui qui l'aimait et l'élevait depuis des années.

Ca il savait que le professeur tenait plus que tout à son fils d'où la raison de sa démarche. Il promit de tenir parole, de toujours faire passer Lucas avant, de prendre soin de lui, de l'aimer, de se montrer digne de cette confiance. De la mériter.
- Merci Monsieur, je vais pas vous déranger plus longtemps. Bonne journée!
Loris lui faisait face à un autre problème, celui d'un garçon qui s'intéressait à lui de bien trop près justement. Officiellement, il n'avait personne alors

comment le repousser? Dire qu'il s'était juré de n'impliquer Thomas en aucune façon: la tuile!
Il soupira doucement puis sourit et fit un petit signe de la main à l'étudiant quand il parti avant de retourner dans la salle des profs. Guy ne pourrait s'empêcher de surveiller tout cela encore un peu mais en les laissant respirer tout de même.

Loin de le savoir, Thomas était au milieu du groupe formé par les membres de l'équipe de basket ball, parlant de tout et rien. Bon, lui écoutait surtout parce qu'il n'était pas bavard mais c'était sympa quand même. Quelques filles étaient vers eux, sans doute attirées par "la gloire du sportif" mais à part ça...
- Allez... Tu veux pas juste essayer?
- Non! L'arrêta le petit blond que l'exaspération commençait à saisir, il allait se mettre en colère s'il continuait...Vraiment.
- Loris...T'es mignon...Tu m'plais...J'ai envie...Une fois...
- Arrête de supplier, pauv' mec j'ai dit NON!

Quelques élèves s'étaient même approchés attirés par la scène. Alix regarda Elisabeth, la questionnant en silence : devrait-elle intervenir?
La main de l'inconnu prit le poignet du jeune hacker de telle sorte à le faire basculer, il lui vola alors un baiser profond, vorace. Non content de cette victoire, il laissa sa main descendre le long des reins du concerné qui se libéra profitant de ce temps mort pour lui offrir une gifle.
- Salope...Grinça l'intéressé avant de l'embrasser de nouveau, puis le repousser.

Miguel avait un peu meilleure presse qu'Esteban, il se dit qu'il pouvait aller prévenir le jeune basketteur sans que cela ne dérange trop.
- Excusez moi...Thomas, c'est ça non? Un de tes ami a quelques problèmes.
Furieux, le petit blond fit tomber son adversaire, essuyant sa lèvre saignant en partie, il l'avait mordu ce malade...Putain...

Élisabeth qui ne répondit pas, cherchant du regard si le grand brun était dans le coin. Probablement non, sinon, il serait déjà intervenu depuis longtemps pour aider son "ami" et envoyer valser l'impudent pervers et sans gêne. Elle espérait tout de même que ça ne finirait pas trop mal... Quelqu'un avait-il prévenu un surveillant?

Thomas fronça les sourcils. Un ami avait un problème? Il n'en avait pas beaucoup, Marianne, Élisabeth un peu ou alors... Loris. La lumière se fit d'un coup. Il récupéra son sac à ses pieds en vitesse et fit avancer Miguel pour qu'il le conduise sur les lieux. Une fois arrivé, il analysa vite fait la situation et se rangea immédiatement vers son petit-ami, le faisant passer derrière lui et toisant de toute sa hauteur le fauteur de troubles.
- Excuse toi et dégage espèce de sous-merde avant que je te démonte la gueule...
Le ton n'était pas colérique en soi mais si froid, sec et coupant qu'il donnait quasiment le même effet que de se prendre une violente baffe. Il était d'ailleurs près à en venir aux poings.

Du genre un peu tête brûlée, celui ci se releva.
- Pourquoi, t'es pas son mec... Et puis toi, il s'adressait au second garçon: on m'avait dit que t'étais du genre Salope Reine des Glaces j'comprends pourquoi...
- Il est suicidaire ou quoi? s'affola Manoli sidérée par autant d'inconscience.
Ute hésitait, aller chercher un surveillant? Ca allait mal se conclure, Sedna serait un très bon choix...
- C'est toi qu'est en tord tu sais ce qu'ça veut dire NON?

Le meilleur élève de l'académie retenait ses envies de meurtres, des rumeurs couraient dans son dos, il le savait, du genre qui entraînait ces situations aberrantes. La Reine ne perdait pas une miette du spectacle souriant en coin, elle avait entendu dire que ce lutteur était stupide, or, il dépassait toutes ses prévisions. Principe de la Lettre Volée, ainsi elle allait pouvoir ourdir ce qu'elle voulait dans son petit coin: d'abord Louis, où se cachait-il donc?

Le coup de poing parti directement, un bon direct dans la mâchoire en pleine poire. Thomas le rattrapa par le col avant de lui remettre un coup. Oh le bougre se défendait mais fils de rue, il avait connu assez de bagarres pour ne pas s'effaroucher de si peu. Son caractère sanguin refaisait surface et sans bonne conscience pour l'arrêter avant qu'il ne soit satisfait de l'état de son adversaire, il finirait en pâté. Là c'était certain, le grabuge allait attirer des pions mais il s'en foutait.
- Ne lui parle pas comme ça! Tu ne l'approche pas, ne le regarde même pas ou je te pète les rotules c'est clair?!

Un bon coup à l'endroit cité, parfait pour faire plier l'autre et illustrer son propos, le serrant pour éviter qu'il se débatte trop alors qu'il lui parlait tout près.
- Il a compris le débile ou pas?
Oh, il allait sûrement se taper des heures de colle ou même une interdiction de matchs mais à ce moment précis, il s'en fichait.
Louis pour sa part, avait donné les sujets d'examen demandés et se tenait donc le plus loin possible de cette détestable fille.

- Ho, dit une voix, alors il semblerait que Thomas Ozanne ressente bien plus que de l'amitié envers Loris Julia...
Les élèves s'écartèrent pour laisser passer sa Majesté en personne. La jeune Suisse intervint, demandant à quelqu'un d'envoyer la loque humaine à l'infirmerie, coup de chance, ils tombaient sur Kai, alerté par le bruit.
- Ho les gosses, il se passe quoi ici?

Alix repoussa un sbire de la Reine qui essayait justement de la faire taire.
- Ce gars a pas été correct avec Loris, Thomas n'a fait que le défendre.
- Oui! Appuya Lucia qui ne pouvait pas voir son Altesse (Bassesse) en peinture.

Ute en tant que membre du conseil des élèves ne pouvait pas prendre à ce point parti, elle demeura alors silencieuse.
Le premier visé par l'histoire aida juste son petit ami officieux à se relever, lui tendant un mouchoir pour ses quelques blessures. Le jeune surfeur souffla, il ne fallait quand même pas déranger monsieur Cohen pour si peu... Il devait régler cela de son propre chef, or, il manquait d'éléments et une partie de la petite foule se divisait assez nettement en deux camps distincts.

Ozanne justement cracha par terre pour se débarrasser un peu du goût du sang. En attendant, il avait juste réagit de façon logique. Loris avait un problème, il l'avait défendu. Point.
- Explique ce qu'il sait passé Loris... ronchonna-t-il de mauvaise humeur.

Dans ce genre de situations, il avait juste envie d'embarquer son Blondie avec lui et de se tirer loin de la mini-foule qui s'était agglutinée autour d'eux. Manque de bol, ils ne pouvaient pas. N'ayant pas grand chose à dire, il se décida à rester silencieux en attendant que son compagnon ne donne sa version des faits.

Il raconta avec une pointe de colère la manière dont le concerné l'avait abordé, puis plus ou moins dragué de la façon la plus lourde possible, dit non, l'autre insista, finit par l'embrasser, il lui colla une gifle, il l'attrapa, l'intervention ensuite de Thomas. Le surveillant analysa tout ce témoignage.
- Je vois... Bon pour le harceleur, il va avoir au conseil de discipline et sans doute au renvoi, l'académie a une politique de Tolérance Zéro envers ce type de comportement.
La Reine prit la parole.
- Je comprends oui, mais n'est pas un peu exagéré pour si peu?
- SI PEU! S'étrangla Ute: alors là, je sais pas ce qu'il te faut Ange pour que ce soit grave...

- Calmez vous mesdemoiselles!

Son regard se dirigea vers le jeune basketteur: comme tu t'es battu, je vais te coller deux heures mercredi après midi, quant à la décision de ton entraîneur, elle leur revient. Il n'y a plus rien à voir: dispersez vous!
Kai pouvait avoir de l'autorité quand il voulait.

Il se contenta de répondre un simple «OK» concernant ses heures de colle. Il s'en foutait de toute façon, sachant par avance qu'il allait en avoir. Quand à l'entraîneur, si il lui expliquait la situation correctement, c'était possible d'arrondir les angles et de ne pas trop en pâtir. Une fois les gens séparés, il fit signe que tout allait à bien aux filles les connaissant puis il récupéra ses affaires et emmena Loris vers un coin plus calme.
- Ce connard... Si je le revois près de toi, je lui défoncerai sa gueule si fort que même si sa mère le reconnaissait elle voudrait plus de lui...

Oui, il était toujours bien sur les nerfs, autant dire que ce n'était pas le moment de le contrarier.
La Reine s'approcha de Élisabeth ignorant la jeune Crétoise dont le regard l'aurait tuée si elle avait pu.
- Bonjour, pourrions avoir une conversation en Privé s'il te plait?

Loris avait, au pire, prévu un petit numéro si jamais le responsable du club de basket pénalisait trop son petit ami, une façon de donner à son geste une grande portée sans pour autant dévoiler leur relation. Désormais seuls, il le remercia par un sourire, envisageant d'aller voir ce que donnait la morsure de l'autre espèce d'obsédé en manque. Ils étaient dix en tout parmi la gente masculine à l'académie à affronter ce genre de soucis, mais un garçon, de ce qu'il savait, à la lumière de son style attirait déjà un peu les convoitises, il avait un prénom Nordique...Soren... Toujours accompagné d'une personne désignée comme son frère, d'un an de plus. Enfin tout était bon pour oublier ce moment qu'il souhaitait chasser à tout jamais de sa mémoire...Pffffffff!

Une fois tranquilles, il prit en coupe le visage de Loris et prit doucement sa lèvre entre ses doigts pour voir l'étendue des dégâts. Heureusement, il ne l'avait pas trop abîmé mais il risquait d'avoir mal quelques temps...
- Ce salaud...

Babeth s'étonna de la voir s'adresser à elle. Qu'est-ce qu'elle lui voulait?
- Ça dépends de ce que tu me veux. Je n'ai rien à te dire moi.
Et vlan. Elle ne l'appréciait pas et n'avait pas envie d'être en sa compagnie. La charmante et aimable jeune fille restait froide avec son interlocutrice. Au placard la politesse.
Il posa sa tête sur son épaule.
- Merci d'avoir été là... Je commençais à plus savoir comment m'en sortir...Si j'avais eu un bout de verre à lui planter dans la main...

Ils avaient retrouvé la tranquillité, celle qui leur convenait si bien à tout les deux, enfin les paroles de la Reine le firent tiquer, allait-elle exposer leur relation à tout le monde? Si oui, son petit ami en pâtirait, pas lui parce que bon, soit disant que son physique explicitait ses préférences... Encore une belle ânerie, ce mot faisait par ailleurs injures à ces pauvres bêtes.
- Oh...Dommage j'avais des choses pouvant t'intéresser mais tant pis... Un moyen de protéger les gens qui te sont chers ici...
Océanie accueillit Louis avec un sourire bienveillant, sur la demande de son professeur principal, elle devait passer un peu de temps avec le jeune garçon.
- Bonjour, je comprends qu'être ici ne te plaise pas trop mais quelqu'un dans l'établissement s'inquiète beaucoup pour toi.

Thomas aurait préféré être venu plus tôt mais au moins, il n'était pas venu trop tard. Quand à savoir si leur relation s'ébruiterait... Eh bien, ce n'était pas son option favorite mais ses parents savaient déjà qu'il était avec Loris. Qu'il se tape un mec ne changeait pas son habilité avec un ballon orange après tout.
La demoiselle blonde soupira et se décida à suivre l'autre, davantage pour savoir ce qu'elle avait dans la tête plutôt que pour lui céder d'une quelconque façon.
- Allons discuter alors, répondit-elle platement un peu je-m'en-foutiste.

Louis qui était assit sur le fauteuil face à cette bonne femme qu'on lui avait dit d'aller voir. Plutôt forcé d'ailleurs. Mais à elle ou à quelqu'un d'autre, il ne dirait rien. Jamais il ne décocherait un mot à propos de son amour interdit et pourtant si profond à son frère. Il était amoureux de Johan, indéniablement. Mais savait que ça n'irait jamais nulle part et que le bonheur de son aîné dépendait de son silence. Quelqu'un s'inquiétait pour lui? Foutaises. Il n'avait même pas d'amis.

- J'aimerais t'éviter d'avoirs des problèmes, que tu sois mis à l'écart...Enfin...C'est compliqué tout ça...
S'il le fallait pour préserver l'avenir sportif de Thomas, il sortirait son odieux mensonge, cela le désolerait un peu d'avoir à manipuler ainsi son entraîneur, mais s'il interdisait à son amour de jouer, il devrait y recourir... Sa main alla à la rencontre de sa jumelle pour qu'elles se lient en silence.

Europe roula des yeux devant la proposition: une classe pour les jeunes gens en retard mental et une pour les adolescents perturbés? Qu'est ce que c'était que ce projet! Houlà houlà vite, un tour au bureau de Henri s'imposait avant que cela n'échappe à leur contrôle. De qui venait cette proposition? Leur donatrice principale avec les Ioannis... Décidément, elle aurait dû rester couchée, ce que son éternuement lui confirma. Il allait bondir de joie, le pauvre...
Son Altesse conduisit la blondinette jusqu'à ce qu'elle nommait son Bureau, une salle vide, à laquelle s'octroyait de multiples usages en fonction des besoins immédiats.
- Alors je crois savoir que tu es très amie avec Antoine De Beauce, ai-je raison?

Pure formule de rhétorique, elle n'avait pas hérité de ce surnom pour la déco, elle savait à peu près tout ce qui se passait entre ces murs, les relations des gens, parfois jusqu'aux plus intimes et honteuses.
Ah, un mur, Océanie se retrouvait souvent dans cette position, de loin celle qui revenait le plus souvent, pour autant pas sa préférée.
- Je vois, je ne m'attendais pas à ce que tu me fasses des confidences en tout cas pas directement. Si cela t'intéresse tu es ici sur la demande de ton professeur de chimie, lequel t'apprécie assez pour se faire du soucis en ce qui te concerne.
- Pas grave.
Le type qui gérait leur équipe n'était pas mauvais alors il ne s'en faisait pas trop. Il sourit légèrement en sentant cette main dans la sienne. Profiter un peu avant de devoir se séparer.

Comme d'habitude, une idée en soit pas mauvaise mais souvent mise en place de façon maladroite et du coup, ça ne faisait rien de bien et s'attirait pas mal d'ennuis. Henri devrait en discuter, certes avec Europe, mais aussi avec le conseil d'administration. Oui, les heures en plus. Oui, les débats chiants. Et oui, les lèche-bottes! Ah, joie...

Élisabeth la suivit et l'écouta puis haussa un sourcil en croisant les bras, laissant voir clairement qu'il valait mieux en venir au fait. Oui, elle était amie avec Antoine et elle savait déjà sa vie et ses soucis, qu'est-ce qu'elle pourrait bien lui apprendre de plus?
- Venons en au fait.

Le lycéen s'interrogea une minute sur le fait que le prof de chimie lui voue un intérêt quelconque, il ne se dégageait pas du commun des élèves pourtant. Bof, peu importait. Quant aux confidences, elle n'en aurait pas directement ou indirectement, fallait pas y compter.
- Vous perdez votre temps, j'espère juste que vous vous en rendez compte.

La proviseur adjoint lui montra un document expliquant de quoi il en retournait.
- Vous le savez sûrement mais Saint Ignace ou la Maison du Dernier Recours vient de fermer ses portes et l'institut De la Croix a décidé de sociabiliser certains de ses pensionnaires, c'est à nous qu'on offrait donc la Joie de s'occuper tout ce petit monde.

Elle tendit les dossiers des candidats / candidates: oh une pyromane condamnée pour avoir mis le feu à la cuisine de ses parents et la petite entendrait des voix, formidable, au moins leur psychologue avec tout ces diplômes pourrait enfin utiliser ses connaissances. Quoi d'autre? Un gamin qui avait été Enfant Soldat...Magnifique...Elle sentait la migraine poindre...

Le sourire de la Reine s'élargit à cette réponse, elle n'en attendait pas moins de Élisabeth.
- Sais tu ce qu'est une Dette d'Honneur, ma Chère?
Ses yeux de chats brillaient dans l'obscurité, il se dégageait d'elle une aura proprement inquiétante.