Alors, avant de commencer, je dois vous dire une chose. Après m'être rendue compte de ma bétise, j'ai changé le nom de la fille de Madara. J'avais déjà utilisé ce prénom pour un personnage dans cette fic (personnage secondaire, certes mais quand même !). Du coup, je l'ai renommée Akiko ! Voila et désolée pour la confusion ! Et autre chose .. Plus qu'une review et la fiction en a 100 ! Yay !
Sayatsukiyomi : Voila enfin la suite ;)
Angel : Enfin une review ! Ralala, si on peut même plus compter sur toi ! :p Oh, tu trouves que j'écris si bien ? :o Je vais rougir ! Ou c'est peut etre le tragique, oui. Attends de lire .. une autre fic ;)
Zombie : HAHAHA mais au moins, tu l'as mise, ma review ! Parle pas comme ça à Mada-chou, il pourrait te sharinganner ! :D
KuroNeko : Nooon, me griffe pas :x Je suis un monstre ? Tu trouves ... ? Attends la fin d'Anges et Démons ;) Oh, ils vont se revoir ;)
Cherry : Ah mais Madara le sait parfaitement ! Mais tu sais, les hommes et leur égo ! Ca promet un peu d'action tout ça, non ? ^^
Mist Scarlett : Désolée, j'avais pas pu répondre à ta review la dernière fois, elle était arrivée au moment où je mettais mon chap en ligne ^^ Alala, comprendre les hommes est parfois délicat ! Moi même, je ne m'y risquerais pas mais après tout, Kagami s'était tirée dans un mot et Madara ne sais pas comment gêrer ses émotions. Donc, il a fait ce qui lui venait en tête, à savoir blesser Kagami autant qu'elle l'avait blessé ! Ah, les zombies m'ont donné une idée ! :D
La première chose que Madara avait faite, quand Akiko s'était réveillée, était de l'emmener à l'infirmerie pour la faire examiner. Lui aussi s'était aperçu que la fillette n'était pas au meilleur de sa forme, qu'elle dorme autant, qu'elle soit aussi calme ne faisait que le prouver, et malgré ce qu'elle était, la première préoccupation de Madara était de la savoir en bonne santé.
Alors, il l'emmena, la confia aux médics qui l'examinèrent au mieux pendant plusieurs minutes avant de lui annoncer le verdict.
Akiko était faible. Pas en danger de mort, parce que Kagami avait pu la nourrir et l'avait réchauffée au mieux mais elle allait avoir besoin d'une attention constante et de calme. Plusieurs petites blessures, étaient apparentes sur son corps et les médecins avaient indiqué qu'ils venaient de coups, ou de chocs. Un transport brutal, peut être, avaient-ils proposés et Madara leur avait expliqué la fausse histoire qu'il avait inventée avec Kagami.
Que Akiko était une orpheline de guerre et que la maitresse de clan n'avait pas voulu l'abandonner quand ils avaient croisé son chemin.
En remarquant le regard approbateur de ses hommes, Madara nota dans un coin de sa tête qu'ils avaient eu là une bonne idée, qui permettrait peut être au clan de regagner un certain respect envers sa femme et, après s'être assuré qu'Akiko n'avait pas besoin de médicaments ou d'attention particulière, il retourna dans son bureau, où son frère attendait, assis sur le bureau. Mais l'homme ne demanda pas, à propos de sa nièce, il ne questionna pas Madara et celui ci fronça les sourcils.
Si même son petit frère dénigrait Akiko …
Cependant, l'ainé Uchiha n'allait pas se laisser faire et avec douceur, il donna sa fille à son frère, qui lui lança un regard mauvais avant de soupirer, réajuster la couverture sur Akiko et sourire en la regardant dormir.
- Qu'est ce que tu as fait de sa mère ? Demanda-t-il, sans émotion.
- Tsukuyomi et je lui ai tranché la gorge, répondit seulement Madara.
- Et as-tu parlé des sharingans à Kagami..?
- Elle a déjà assez de chose sur les épaules.
Kagami s'était levée qu'une seule fois, durant la nuit. Pas qu'elle n'eut pas envie de le faire plus souvent, mais à chaque fois, Madara l'avait prise de vitesse. Cherchait-il à se faire pardonner de cette façon ? En tous cas, la jeune femme évitait sa présence.
Comme convenu, elle avait pris leur chambre habituelle, alors que lui s'était contenté du futon dans la pièce adjacente mais ça ne l'avait pas gêné de venir, alors qu'elle lisait en caressant distraitement Aiji, en serviette parce qu'il sortait de la salle de bain pour enfiler un caleçon. Il ne pouvait plus dormir nu, depuis qu'il avait pris son rôle de père au sérieux mais Kagami aurait peut être apprécié ne pas voir ses fesses dénudées alors qu'ils étaient officiellement séparés. Ni son dos musclé, ni .. son corps, pour faire simple. Essayait-il de la tenter, de cette façon ? Elle ne l'aurait jamais avoué mais Kagami savait que la faire céder ne serait pas difficile. Malgré tout, Madara restait un homme attirant, et il lui avait prouvé, par le passé, qu'elle lui résistait difficilement.
Voir Kazuki et Akiko dormir dans le même berceau apaisait un peu Kagami. C'était peut être stupide, mais la fillette semblait tellement faible. Au diner, Madara avait dit qu'il l'avait faite examinée, et qu'à part quelques détails, elle restait en bonne santé, mais en les voyant ensemble, Kagami avait l'impression que Kazuki la protégeait. Il ne semblait même pas dérangé à l'idée de partager son lit mais Kagami savait que ça ne durerait pas. Elle même avait longuement supplié son père pour avoir sa propre chambre, quand elle avait trouvé Keiko un peu trop envahissante. Oh, elle adorait sa petite soeur, mais avoir son espace à soi était gratifiant.
Étant donné qu'elle avait été plusieurs fois trop lente, à répondre aux pleurs des bébés, Kagami s'était, une fois, surprise à observer Madara depuis la porte de la chambre. Il l'avait remarquée, ça ne faisait aucun doute mais il n'avait rien dit. Avec douceur, il avait donné le biberon à Akiko, Kazuki ne pleurant que parce que sa demie soeur pleurait et il l'avait bercée, avec la même douceur qu'il s'était toujours occupé de son fils. Lui qui pourtant avait été prêt à la tuer, à lui trancher la gorge, voilà qu'il montrait de l'amour pour la gamine.
Puis, après les avoir recouchés, et avoir donné un baiser sur le front à chacun de ses enfants, Madara était sorti de la chambre, faisant reculer Kagami d'une main douce sur l'épaule pour pouvoir fermer la porte alors que la jeune femme s'était perdue dans ses pensées.
À son contact, il la sentit pourtant se raidir et Madara, à voix basse, avait murmuré :
- Tu es gelée, Kaga ..
- Je sais.
- Je pourrais …
- Je ne dormirais pas avec toi, grogna Kagami en repoussant sa main. Et encore moins …
Madara l'interrompit, en secouant la tête.
- J'allais dire te sortir une couverture et chercher du bois pour ton poele mais …
- O-oh, souffla la jeune femme.
Il y eut un silence mal à l'aise entre eux. Éclairés par une simple bougie, ils se tenaient, face à face. Kagami la tête basse devant sa stupidité mais Madara avait les yeux rivés sur la jeune femme, comme s'il cherchait à déterminer s'il devait dire quelque chose d'autre mais, Kagami se détourna la première.
- Un couverture serait parfaite.
Et elle retourna dans leur chambre, alors que Madara se demandait vaguement s'il n'aurait pas du dire quelque chose. Quelques minutes plus tard, Kagami, le dos vers la porte, sentit Madara poser la couverture sur le lit, l'ayant dépliée pour elle et il posa une main sur sa hanche, en détournant les yeux.
- Pouvons-nous parler de la mission que j'ai reçue … ?
- Au milieu de la nuit ? Souffla Kagami d'une voix fatiguée.
- Dans le bureau, demain matin ? Proposa-t-il.
- Je viendrais.
Les lèvres pincées, Madara observa encore un instant sa femme et se détourna.
- Ne te lève plus, fit-il sérieusement. Tu as besoin de repos.
- À qui la faute, grogna Kagami.
Elle ne l'avait pas dit pour qu'il l'entende, mais c'était sans compter sur les aptitudes de shinobi de Madara, qui ne rata pas le murmure et le sentit poignarder son coeur.
La reconquérir serait peut être plus difficile que ce qu'il avait imaginé.
Au petit matin, quand Kagami ouvrit les yeux, le jour qui filtrait dans la chambre lui indiqua qu'il était déjà tard, dans la matinée. Et pour cause, elle avait mis des heures à s'endormir, mais dès qu'elle fermait les yeux, elle revoyait le visage d'Akisa. Elle la voyait dans les bras de Madara, en train de faire l'amour avec lui dans leur propre lit. Bien sûr, Madara lui avait raconté ce qui s'était réellement passé, et jamais la mercenaire n'était venue au village Uchiha, il n'aurait plus manqué que ça, avait alors pensé Kagami, mais elle ne pouvait effacer l'image de son esprit. Elle imaginait les lèvres de Madara embrasser le corps musclé de la femme, le parcourir pour trouver ses points sensibles, elle l'imaginait en train de la toucher, de la posséder, comme il l'avait un jour prise.
Oh, Kagami n'était pas dupe. Madara avait eu des femmes dans son lit, dans ce lit qu'elle occupait, bien avant elle et l'histoire avec Makina ou Ayama. Même pendant qu'elle était au service du shinobi, qu'elle s'occupait de son habitation, Madara avait eu des aventures assez folles, vu l'état dans lequel elle avait retrouvé son lit mais ça, elle ne pouvait pas l'accepter.
Finalement, le sommeil l'avait rattrapée et elle n'était plus fatiguée. Après un bain mérité, Kagami rejoignit le rez de chaussée où elle trouva Chieko en train de s'occuper des bébés, Kazuki installé contre Aiji et Akiko dans ses bras alors qu'elle lisait d'un air décontracté.
Sans un mot, la jeune femme alla se servir une tasse de thé à la cuisine vu que Ume était sûrement parti faire la lessive et rejoignit la tante de Madara à table.
- Madara m'a demandé de vous assister, avec les bébés.
- Je ne …
- Vous avez dix-huit ans et vous avez deux enfants à charge. Vous avez besoin d'aide et le nier serait stupide.
- Madara pense-t-il que j'ai besoin d'aide pour m'occuper des bébés, ou vous a-t-il confié notre sécurité ?
Une lueur étrange brilla un instant dans le regard de l'ainée mais elle eut un sourire en coin.
- Je comprends mieux pourquoi il vous aime autant.
- Pourtant, il a de drôles de façons de me le montrer …
- D'après ce que je sais, vous n'avez pas été totalement vertueuse non plus, et je me demande vaguement comment Madara réagirait s'il apprenait avec qui vous avez fricoté chez les Senju …
Immédiatement, Kagami sentit un poids tomber dans son estomac. Elle ne pouvait pas savoir, n'est ce pas ? Non, ça n'était pas possible. Izuna n'aurait rien dit, il n'était pas du genre à colporter les ragots et il y avait peu de chance pour que cette femme soit en contact avec des Senju. Cependant, avant qu'elle ne puisse répliquer, Chieko reprit, avec un sourire.
- C'est mon travail, de savoir. Je sais qui est l'homme qui vous a courtisée, là bas, comme je savais que Madara vous avait trompée.
- V-vous allez le lui dire .. ? murmura Kagami, en baissant les yeux.
- Non. Je ne suis pas là pour prendre parti. J'aurais pu vous dire ce qu'il avait fait, et que sa maitresse était enceinte mais je ne suis qu'une simple observatrice, à présent. Madara a décidé de m'écarter du clan, quand il a jugé que les femmes ne devaient aller au combat. Et j'ai préféré ne pas revenir dans la course. Je suis bien trop vieille pour ça.
- Mais vous ..
- Mais, sourit Chieko, mes oreilles sont toujours ouvertes et je sais exactement ce qui se passe dans ce village, et dans d'autres clans shinobi. Les Senju ont toujours eu mon attention particulière aussi.
- Pourquoi est ce que vous me dites tout ça .. ?
- Parce que vous posez des question, et que vous êtes la maitresse du clan. Je n'ai rien le droit de vous cacher.
- Alors pourquoi …
- Pourquoi je n'ai rien dit, sur l'infidélité de mon neveu .. ? Vous n'avez pas demandé.
Kagami sentait déjà le mal de crâne s'installer et, les sourcils froncés, elle se frotta doucement le front.
Cette Chieko était évidemment pleine de secrets mais la maitresse de clan ne voyait pas une menace en elle, pour la simple et bonne raison qu'elle avait pris soin de Kazuki, et qu'elle avait entrainé Aiji. C'était peut être une ruse, pour lui faire abaisser ses défenses mais de toutes façons, Kagami resterait sur ses gardes.
Et puis, Chieko avait raison. S'occuper seule de Kazuki avait été un enfer, et exténuant, mais avoir à présent deux bébés sur les bras serait un défi et elle n'était pas sûre d'être capable de le relever. Mais elle le ferait, seulement pour montrer à Madara qu'elle n'était pas aussi faible que ce qu'il avait imaginée. Ainsi, quand elle releva les yeux vers Chieko, celle ci eut un sourire en coin en y voyant autant de détermination.
- Vous voyez .. ? murmura-t-elle en reportant son attention vers Akiko. C'est aussi pour ça qu'il vous aime beaucoup.
- Je ..
- Il m'a demandé de vous rappeler qu'il aimerait s'entretenir avec vous.
- Il vous l'a demandé, ou vous avez eu vent de notre conversation .. ?
Le sourire mystérieux que lui adressa Chieko fit lever les yeux de Kagami au ciel et la maitresse de clan s'empressa de terminer sa tasse de thé pour se lever, ajuster sa tenue et aller saluer son fils. Même Akiko reçut une petite caresse, du bout des doigts sur la joue avant que la jeune femme ne sorte de la maison, pour marcher avec fierté vers le bureau de Madara.
Elle n'avait plus peur, à présent. Avec une alliée comme Chieko à ses côtés, Kagami avait l'impression que cette femme là lui dirait exactement ce qu'elle aurait besoin de savoir, à condition qu'elle lui pose les bonnes questions. Ainsi, elle saurait de qui se méfier, en qui avoir confiance et Kagami ne laisserait pas cette chance passer. Pouvoir monter au clan qui semblait la regarder de haut qu'elle n'était pas qu'une gamine.
Pouvoir lui montrer qu'elle n'avait pas été promise au trône du Pays de la Pluie pour rien.
Cependant, il n'y avait personne dans le bureau quand Kagami y entra et, avec un soupir, elle prit place dans le grand fauteuil de Madara. En passant devant la porte de la grande salle de briefing, elle avait entendu plusieurs voix et peut être son mari était-il en train d'exposer leur mission à venir à ses généraux.
Plusieurs parchemins avaient été posés en vrac sur le bureau mais ne semblaient en aucun cas intéressants et, pour s'occuper, Kagami les rangea avec lassitude, jusqu'à ce que le chef de clan daigne enfin la gracier de sa présence.
Quand Madara referma la porte derrière lui, pour y poser un sceau qui leur assurerait une certaine tranquillité, Kagami se redressa dans son fauteuil pour croiser les bras sur le bureau, le regard accroché à celui de l'homme qui lui faisait face.
- Tu as parlé à Chieko, déclara-t-il avec un sourire en coin. Oh, elle sait toujours exactement quoi dire …
- En effet.
- Elle était sur la liste que je t'avais donnée, la première fois que je t'ai laissé ma place. Si tu savais à quel point elle a été déçue que tu ne la choisisses pas pour t'assister.
- Je ne la connaissais pas. Je ne connaissais personne à part Hotaru.
Madara émit un léger grognement, en s'approchant, contourna le meuble sous le regard de sa femme et posa les fesses contre le bureau.
- Les généraux ont approuvé la mission. Nous partons demain soir, informa-t-il.
- Si tôt ?
- La mission l'exige.
- Qui allez-vous combattre .. ? questionna Kagami.
Mais Madara savait exactement ce qu'elle voulait dire et décroisa les bras pour appuyer ses mains sur le bureau.
- Pas les Senju.
Kagami détourna un instant le regard et Madara continua :
- Un clan de mercenaires attaque continuellement la citadelle, et détruisent leurs ressources. Notre but est de leur permettre de se refaire avant que la population ne se révolte à cause des impôts et de la faim …
- Vous serez partis pendant combien de temps … ?
- Plusieurs mois.
- C'est à dire .. ?
- Peut être plus d'un an.
Ces mots ajoutèrent un poids sur les épaules de Kagami. Un an. Elle allait devoir occuper cette place pendant une année et faire en sorte que le clan respecte ses décisions pendant tout ce temps. Ça semblait tellement loin, tellement long mais elle n'avait d'autre choix, n'est ce pas ? Si elle voulait prouver qu'elle pouvait être plus qu'une princesse qui fuyait à la moindre contrariété …
De son côté, Madara observait les réactions de sa femme avec attention. Il savait que ça serait long, pour elle, qu'il lui faudrait un temps d'adaptation. Certaines journées seraient longues, d'autres beaucoup trop rapides et elle allait devoir faire face à un clan qui ne la considérait plus que comme une étrangère. Mais avec l'aide de Chieko, elle s'en sortirait sûrement.
Ils restèrent un instant silencieux, comme perdus dans leurs pensées, jusqu'à ce que Kagami relève la tête.
- Autre chose ? Demanda-t-elle.
- Les rumeurs courent déjà à notre propos, indiqua Madara. Alors, demain soir …
- J'assisterai à ton départ, avec ton fils.
- Si .. tu as envie que Mito viennent, pour quelques jours, je ne m'y opposerai pas. Les visites entre maitresses de clan ne sont pas rares et prouvent une certaine civilité. Sois seulement sûre qu'elle ne se montre pas trop familière.
- Mito n'est pas comme ça.
- Et .. Si elle est accompagnée, ajouta Madara en fronçant les sourcils, par ton .. Fais en sorte que vous ne soyez pas vus dans une position trop intime.
À ces mots, Kagami leva les yeux au ciel. Tobirama n'aurait jamais la stupidité de revenir au village Uchiha après ce qui avait pu se passer.
Mais, que Madara lui donne vaguement l'autorisation de voir un autre homme lui donnait la nausée et Kagami ne put s'empêcher d'y répondre.
- Je ne suis pas une sorte de .. putain, Madara. Ne …
- Je ne dis pas ça pour toi, murmura l'homme avec un ton menaçant. Mais les hommes ne sont pas aussi vertueux.
- Oh, je sais, grogna-t-elle.
Ça y est, à présent, il l'avait mise en rogne et Madara soupira longuement en grattant sa nuque avec agacement.
- Tout ce que je veux dire, Kagami, c'est .. Fais attention à toi. Je ne veux pas revenir et apprendre que tu as été blessée ou pire. Je veux que tu sois en sécurité.
- Puis-je .. inviter Keiko ? Demanda-t-elle, préférant changer de sujet.
- Ça ne serait pas bien vu. Ta soeur est d'un rang supérieur au tien et même recevoir un chef de clan seule n'est pas poli. Si tu veux la voir, tu devras attendre que je sois de retour.
- C-ça n'est pas juste ! C'est ma soeur !
- Je ne fais pas les règles ..
- Tu as toujours été le premier à ne pas les suivre ! Répliqua la jeune femme.
- Mais notre position actuelle ne nous le permet plus.
La réplique fit hoqueter Kagami, qui fronça les sourcils en refermant la bouche et Madara continua :
- Ce clan est en pleine déchéance à cause de notre vie privée, à commencé par notre mariage. Des shinobis désertent nos rangs, tous les jours et clament partout que leur chef de clan est un incapable, qui préfère s'occuper de son fils, comme une femme au foyer alors que sa femme a passé des mois dans un autre clan. Et nous devons faire attention, si nous ne voulons pas perdre le peu de respect que les autres clans ont pour nous.
- J-j'ai toujours pensé que … Tu …
- Je suis peut être craint, Kagami, reprit Madara, d'un ton plus posé, mais je me suis montré beaucoup trop faible, sur certains points. J'ai montré à quel point ton absence m'insupportais et j'ai laissé mes sentiments me guider trop longtemps. Nous avons besoin de montrer à la fois à nos hommes et au reste du monde que les Uchiha ne sont pas en perdition. Notre mission sera le commencement de notre reconstruction. Et j'espère avoir raison de pouvoir te faire confiance pour la suite.
La gorge nouée, Kagami sembla à court de mots, pendant un instant.
- Madara, souffla-t-elle, après un temps. Dis moi ce que je dois faire.
- Pour l'instant, tu dois reprendre ton rang, et l'honorer. Chieko t'y aidera. Une année ne sera pas de trop, pour ça mais tu n'auras pas le droit à l'erreur.
- Je sais.
- Ensuite, ensemble, nous montrerons au monde que les Uchiha n'ont pas perdu de leur mordant. Nous irons en campagne, comme nos ancêtres le faisaient, nous accepterons les missions dont personne n'aurait voulu et nous écraserons ceux qui s'opposent à nous.
Il y eut un léger silence, jusqu'à ce que Kagami se redresse, se lève en pouffant de rire et croise le regard offensé de son mari.
- J'ai une meilleure idée, sourit-elle. La guerre est dans ton sang, et je le sais, Madara mais … Quand Mito était ici, nous avions la même image en tête ...
- Je t'écoute.
- Nous pensons toutes deux que .. que la paix entre les Senju et les Uchiha est possible. Et si les clans réussissent à s'allier, à s'entendre, alors personne n'osera plus jamais les attaquer.
Madara était impassible et Kagami n'aimait pas ça, mais après une petite minute, il releva les yeux vers elle, les sourcils froncés et croisa les bras.
- Les femmes sont trop idéalistes, parfois.
- Penses-y, Madara. Fais le pour moi.
Avec un soupir, et à contre coeur, Madara hocha la tête et la jeune femme lui adressa un sourire.
- Je vais retourner auprès de tes enfants, dit-elle en s'éloignant.
- Kagami ?
- Mh .. ? murmura la jeune femme en se retournant vers lui.
- Tu as l'air beaucoup plus sereine …
Sans le vouloir, la jeune femme eut un sourire qui n'échappa pas au regard de Madara et elle répondit, amusée :
- Je n'ai pas le choix, je suppose. Mais … ne crois pas que je t'ai pardonné. Ça n'arrivera pas.
Cependant, le sourire de Madara ne faiblit pas, et tandis qu'il regardait sa femme sortir du bureau, avec la candeur d'une reine, il n'avait qu'une pensée à l'esprit.
Nous verrons, Kagami-chan.
Prenant place à son bureau, Madara inspira un instant le parfum que la jeune femme avait laissé là avant de grogner :
- Izuna, tu peux sortir, à présent.
Un léger craquement se fit entendre et, passant par une trappe invisible au plafond, le jeune homme se laissa tomber sur le parquet, très souplement.
- Qu'est ce que tu en penses .. ? demanda Madara en l'observant.
- Kagami n'est pas stupide, elle prendra pas le risque de faire quelque chose avec lui, ici.
- Je sais, mais ...
- Tu ne connais pas le nom de l'homme qui la convoite.
Immédiatement intéressé, Madara se redressa, le regard dur et Izuna eut un sourire :
- J'ai souvent eu envie de te le dire, Madara mais …
- Mais .. ?
- Je n'accepte pas que tu te sois comporté comme notre père avec elle. Alors, ne rien te dire n'est qu'un juste retour des choses.
- Es-tu de son côté .. ?
- Je ne suis d'aucun côté. Je t'aime beaucoup, Madara, et j'aime aussi cette gamine que tu as épousée. J'espère de tout mon coeur que vous serez un jour de nouveau ensemble, mais j'ai fait une promesse, et je compte bien la tenir.
- Une promesse … ?
- Avec son .. amant. Il ne la convoitera plus, tant que je garderai le secret de son identité.
- Est-il seulement un homme de parole ? Grogna Madara, n'appréciant pas les cachotteries.
- Je crois oui, murmura Izuna, appuyant ses mots d'un hochement de tête. C'est un shinobi puissant, et il a de l'honneur.
Il y eut un léger silence, jusqu'à ce que Madara, n'y tenant plus, demande :
- Comment peux-tu garder le secret .. ?
- Comment as-tu pu la tromper et lui faire un gamin dans le dos … ? Tu m'as dit que tu l'aimais.
- Je ne ..
- Je n'attends pas de réponse, Madara. Je ne souhaite pas entendre les excuses qu'avaient notre père. Mais .. lui a toujours été assez intelligent pour ne pas faire de bâtard.
- Ça n'était pas ..
- Pas prévu .. ? Je sais, Madara, souffla le cadet, plus calme. Je sais que ça n'était pas ton intention et que les regrets te rongent. Mais tu ne peux pas revenir en arrière, et à présent, tu dois assumer tes choix. Kagami assumera les siens, et moi les miens, dont celui de garder ce prénom secret. Je ne veux pas croire à l'effondrement du clan.
- Moi non plus.
- Dans ce cas, nous devons nous préparer. La mission sera longue et difficile, les hommes manquent de discipline et nous aurons du fil à retordre, avec toi.
L'ainé acquiesça, et eut un sourire en coin.
- Rappelle moi pourquoi ça n'est pas toi, le chef de clan .. ?
- Tu as toujours été le plus puissant. Et je hais la paperasse …
Madara secoua la tête et Izuna eut un petit rire en accueillant, d'un air enjoué, un des généraux qui venait demander des détails sur leur mission, sur le rôle qu'aurait son escouade durant les mois à venir.
Le lendemain, Kagami s'était levée tôt. La veille était passée rapidement, parce qu'elle avait pris soin des bébés, sous l'oeil de Chieko qui n'avait dit un mot. Vaguement, la maitresse de clan eut l'impression que sa gardienne savait déjà exactement ce qui s'était dit dans le bureau mais elle ne voulait pas en parler. Elle voulait garder l'impression que sa conversation restait entre elle et Madara, sans savoir que le Madara en question avait demandé à Izuna de les écouter pour avoir des conseils.
Mais, Kagami avait pris une décision importante, et elle allait s'y tenir.
Chieko était déjà arrivée, quand Kagami descendit, alors que Madara s'était levé des heures plus tôt. En la voyant arriver, la tante de Madara servit le thé à sa maitresse de clan, Kazuki confortablement installé contre elle alors qu'Akiko dormait toujours à l'étage et Kagami entama sa boisson.
- Vous .. lui avez déjà donné le biberon .. ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Il y a quelques minutes, oui, sourit Chieko.
Les sourcils froncés, la maitresse de clan reposa sa tasse avec lentement et releva la tête.
- J'ai accepté votre aide, Chieko, mais je n'accepterais pas que vous preniez ma place auprès de mes enfants.
- Akiko n'est pas …
- Je la considère comme ma fille. J'ai sauvé sa vie, elle est sous ma responsabilité maintenant.
Une lueur étrange brilla un instant dans le regard de la femme avant qu'elle n'acquiesce.
- Bien, Kagami-sama. Pourriez-vous alors m'indiquer quel est mon travail ici .. ?
- Je .. ne peux pas vous dire exactement quoi faire. Mais .. s'il vous plait, je sais que vous me comprenez.
Chieko se racla la gorge, en croisant le regard de la gamine qui lui faisait face.
- Ne vous méprenez pas. Je sais quelle est ma place. Madara souhaite que je vous aide à retrouver votre réputation et je ferais ce que je peux, pour ça. En la mémoire de sa mère. Mais je sais que cela sera fatigant, autant physiquement que mentalement et bientôt, vous me remercierez de m'occuper de vos enfants à votre place.
- Mais ça n'est pas encore le cas, et j'aimerais pouvoir profiter d'eux au maximum.
Un sourire sincère étira les lèvres de l'ainé, qui pencha la tête sur le côté.
- Et c'est une grande qualité, en tant que mère, de faire passer vos enfants avant le reste. Mais ça n'est pas forcément compatible avec votre rang.
- Que me conseillez-vous, dans ce cas .. ?
- Déléguer les tâches n'est pas une mauvaise chose. Je pourrais m'occuper de vos enfants, comme une gouvernante, sans vous quitter d'une semelle et Hotaru-chan se fera sûrement une joie de reprendre son rôle de bras droit. Et, peut être un homme serait-il bien vu dans ce que vous pourriez appeler votre conseil.
Si Kagami apprécia l'idée, elle n'en montra rien et Chieko savait que la jeune femme n'était pas stupide. Au contraire, la maitresse de clan était quelqu'un de très réfléchi, qui savait juger les choses et les gens avec attention. Elle voulait réellement l'aider, par amour pour son filleul, et parce que Kagami lui rappelait la mère de Madara.
Une force de la nature, discrètement cachée derrière une façade d'innocence et elle se disait que Madara avait bien choisi sa femme, malgré les critiques. Kagami n'avait jamais eu l'allure d'une servante.
À midi, Madara revint du bureau pour déjeuner et en voyant Kagami et Chieko côte à côte, Akiko dans les bras de sa femme et Kazuki contre Aiji, il trouva l'image assez incertaine. Mais la maitresse de clan avait ce sourire qui lui faisait chaud au coeur, celui qui lui montrait qu'elle ne déprimait pas vraiment, à propos de leur séparation. Il ne voulait pas la voir pleurer, il ne le supporterait plus.
Respectueuse, et souhaitant leur donner un peu d'intimité, Chieko s'excusa en quittant la maison mais alors que Madara allait s'asseoir à table, bavant déjà devant les plats que Ume apportait, Izuna l'interrompit en toquant à la porte.
- Madara, appela-t-il avec douceur. Un message vient d'arriver.
Grognant de lassitude, le chef de clan grommela une excuse à sa femme qui haussa une épaule en le regardant partir et Izuna, sous l'ordre informulé de son frère, s'approcha en se raclant la gorge et prit place près d'elle, prenant Akiko avec douceur contre lui pour que Kagami puisse commencer son repas.
- Commence sans lui, fit-il en douceur. Il m'a demandé de te tenir compagnie.
- Comme si j'en avais besoin …
Visiblement blessé, Izuna baissa la tête et Kagami se mordilla la lèvre inférieure.
- J-je suis désolée, Izu. Je ne voulais pas dire ça.
- Non, je sais. Mais … Tu lui en veux.
- Bien sûr que je lui en veux ! C'était .. une journée horrible …
- Il ne m'a pas vraiment expliqué, tu sais, indiqua Izuna en chatouillant le ventre rond de sa nièce.
- J'ai .. rencontré Ayama. J'ai vu comment il se comportait avec elle.
- … Serais-tu jalouse … ?
Kagami leva les yeux au ciel, en commençant son repas et grogna :
- Plus maintenant.
- Mais tu l'étais ..
- Elle le voit comme un ange !
- Oh, Madara ne s'est jamais montré que comme un ange, devant elle, sourit Izuna. Il voulait protéger son innocence.
- Et il m'a …
- Il n'a pas été juste avec toi, affirma Izuna, en croisant son regard. Mais, il n'a jamais été amoureux, avant toi non plus. Il ne savait pas comment agir.
- Ça ne l'excuse pas. Et ne crois pas lui faire gagner des points.
- J'ai besoin de te parler franchement, Kaga. Tu me fais confiance .. ?
Sans comprendre, la jeune femme regarda son beau frère dans les yeux et celui ci activa ses sharingans pour la plonger dans une illusion puissante. Kagami reconnut immédiatement ce sentiment d'impuissance et se retint tout juste de la briser, par réflexe. Toka lui avait enseigné quoi faire, sur des techniques beaucoup moins puissantes que ça mais la façon de s'en sortir était la même. Pour tous les genjutsu.
Intriguée, elle prit quand même le temps de regarder autour d'eux, dans ce vaste espace blanc et Izuna fit apparaître un fauteuil pour elle tandis qu'il s'installait dans une méridienne, comme un pacha.
- Ne te méprends pas, Kaga, murmura-t-il en la regardant s'asseoir. Je ne cautionne pas ce que Madara t'a fait, et je t'admire quant à ta capacité à t'occuper de sa bâtarde.
- Mais …
- J'ai .. un accord avec Tobirama. Nous l'avons fait le jour où nous sommes repartis de chez les Senju. Il m'a abordé. Il voulait te protéger.
- Quel accord .. ?
- Tobirama ne te fera plus d'avances et en échange, je ne donne pas son nom à Madara. Je crois que c'est Hashirama qui lui a demandé de négocier avec moi.
- Et qu'est ce que ça a à voir avec ton frère .. ?
- Madara le sait, je le lui ai dit, hier. Et je l'ai insulté pour qu'il ressente un peu plus de culpabilité. Il pense réellement te reconquérir.
Kagami ne répondit pas à cela, préférant attendre la réponse à sa question.
- Mais, j'aimerais ajouter une condition, à cet accord.
- Quelle condition .. ?
- Ne quitte jamais mon frère pour un autre. Que ce soit pour ce chien de Senju ou n'importe quel homme. Madara ne le supporterait pas.
- Et qu'est ce que j'obtiens, en échange .. ?
- Je garderai un secret pour toi. Quelque chose que tu souhaiterais peut être cacher à Madara, ou n'importe quoi.
- Oh, dans ce cas, il y a bien une chose …
Intrigué, Izuna leva un sourcil devant l'air amusé de sa belle soeur et l'illusion fut brutalement coupée.
Les yeux écarquillés, le jeune Uchiha dévisagea Kagami, qui avait levé une main, deux doigts tendus devant ses lèvres et la regardait d'un air à la fois ingénu et plein de malice. Ça .. n'était pas possible, n'est ce pas ? Kagami ne pouvait pas … Elle n'avait pas été capable de mettre fin à son genjutsu. … si ?
- Où as-tu appris ça .. ? grogna Izuna, en détournant ses yeux de nouveau ébènes.
- J'ai été entrainée, murmura la jeune femme au plus bas. Chez les Senju.
- Je ne …
- Personne ne le sait. Je ne l'ai jamais dit à Madara. Et je veux que ça reste comme ça.
Les lèvres pincées, alors qu'il pensait déjà que ça aurait pourtant fait peut être plaisir à Madara de le savoir, Izuna acquiesça, avant de sourire devant sa nièce qui agitait doucement les bras vers lui et l'embrasser sur le front alors que Kagami reprenait son repas, comme s'il ne s'était rien passé.
Madara revint quelques minutes plus tard, marmonnant quelques menaces envers son frère qui l'avait fait se déplacer pour quelque chose d'aussi futile que les remerciements aimables d'un seigneur qu'ils avaient aidé des mois auparavant et prit place en face d'eux, pour se jeter sur la nourriture avec envie. Ça ne faisait que quelques jours et pourtant, prendre un repas avec sa femme lui avait manqué. Comme d'autres choses aussi simples que le fait de l'embrasser pour lui souhaiter une bonne nuit, la tenir contre lui quand il dormait, la voir lui sourire simplement parce qu'elle l'aimait.
Cependant, il les trouvait bien silencieux, les deux devant lui. Izuna gazouillait avec Akiko, en lui murmurant certaines paroles stupides et Kagami observait Kazuki qui, un grand sourire aux lèvres, se tenait presque assis, les poils d'Aiji en main.
- Kagami, appela doucement Madara. Passe moi Kazuki.
À l'entente de son nom, le petit Kazuki tourna le regard vers son père, semblant vaguement se demander ce qu'il lui voulait et Kagami s'exécuta entre deux bouchées, sourit en voyant Aiji en profiter pour sortir et eut un regard tendre sur Madara quand celui ci souleva son fils contre lui pour le serrer dans ses bras.
Les mains de Kazuki allèrent même serrer les cheveux de son père, qui ferma un instant les yeux, en savourant l'étreinte avant de l'installer assis entre ses cuisses. La tête du bébé dépassait tout juste de la table mais à peine Madara eut-il détourné les yeux pour se resservir que son fils tirait son assiette et manqua de la faire tomber. Mais Madara, grâce à ses réflexes de shinobi, l'attrapa à temps et la poussa hors de portée de son fils.
Puis, avec douceur, il trempa son doigt dans la soupe tiède et la fit gouter à son fils qui sembla beaucoup aimer ce nouveau goût, et l'exprima d'un petit rire.
Kagami était hypnotisée devant le spectacle que lui offrait son mari et son fils. Mais elle n'était pas dupe, et quand elle croisa le regard de Madara, qui avait tenu à observer sa réaction, elle y décela une sorte de malaise. Lui qui s'en voulait déjà de ne pas avoir été présent pendant sa grossesse allait rater des mois, dans la vie de son fils, mais il ne pouvait rien y faire. Il espérait seulement que le bébé le reconnaitrait, quand il reviendrait.
Qu'il ne le traiterait pas comme un étranger.
À la fin du repas, Madara monta à l'étage, pour commencer à préparer son sac, emmenant Kazuki avec lui pour passer un peu plus de temps avec son fils et Izuna partit en faire de même, après avoir rendu Akiko à la maitresse de clan.
Celle ci profita alors du beau temps pour aller s'installer sur le couloir extérieur de la maison et, une main posée sur le ventre de la fillette qui appréciait ce genre de contacts, la jeune femme observa un instant le ciel.
D'épais nuages approchaient, et les températures avaient baissées mais la moitié de l'automne avait déjà passé. Les dernières chaleurs avaient été exceptionnelles, d'après les anciens qui avaient prédit un hiver très froid et Kagami se demandait comment elle allait pouvoir prendre soin de ses enfants au mieux. Peut être devrait-elle commander des peaux de mouton auprès d'Hotaru ? Ou installer le lit des bébés dans sa chambre, qu'elle pourrait chauffer en continu, et en maitriser la température ?
En tous cas, elle espérait vaguement que la saison froide ne serait pas aussi rude que prévu. Après tout, l'année précédente, non loin de cette même époque, Kagami avait appris qu'elle était enceinte, après une journée de neige au village. Un an. Tout ça lui semblait pourtant tellement loin, à présent.
Le jour tombait rapidement et Madara la rejoignit dehors, Kazuki dans les bras, son sac sur le dos mais en tenue de voyage. À son uniforme d'entrainement, il avait ajouté une épaisse cape, du genre que Kagami aimait réellement voir sur lui et le sabre qu'elle lui avait fait faire fabriquer. Celui à propos duquel elle avait menti en disant qu'elle l'avait elle même produit.
Comprenant le message, la jeune femme confia la fillette à son père pour aller rapidement, avec l'aide de Ume, enfiler un kimono beaucoup plus formel et coiffer ses cheveux en quelque chose d'élégant, puis elle installa un hamac, comme Madara avait utilisé, à ses épaules.
De nouveaux aux côtés de son mari, Kagami plaça Akiko dans le hamac, prit Kazuki dans ses bras et ensemble, ils se dirigèrent lentement et sans parler vers l'entrée du village.
Plusieurs shinobis étaient présents, déjà. Même Izuna se trouvait à l'écart, un peu à l'abri des regards et embrassait Katsuki avec douceur, en la tenant dans ses bras. Curieuse, Kagami les observa avec discrétion pendant un moment et eu chaud au coeur en voyant Izuna embrasser la jeune femme sur le front et la laisser, ayant visiblement du mal à lâcher la main de sa belle.
En silence, Madara attendit que l'armée, ainsi que tous les civils qui voulaient assister au départ soient réunis et jeta un regard vers Izuna qui hocha la tête, les bras croisés. Puis, il posa les yeux sur sa femme, qui frissonna devant son regard incertain mais, sans montrer de gêne, la jeune femme s'approcha lentement, posa une main sur le torse de son mari et se redressa sur la pointe de ses pieds afin de l'embrasser avec douceur, repoussant les images horribles qui apparaissaient dans son esprit. Ces mêmes images qui l'empêchaient parfois de dormir, et qui montraient, en général, le visage d'Akisa.
Voyant là une chance inespérée, et surtout parce qu'il savait qu'il allait encore devoir attendre un moment pour avoir un nouveau baiser, Madara en profita longuement, une main dans le bas du dos de sa femme mais maudissant presque ses bébés de l'empêcher de la tenir contre lui et posa ensuite le front contre le sien, le souffle court et les yeux clos.
- C'est .. plus que ce que j'avais espéré, chuchota-t-il sur ses lèvres.
- C'est plus que ce que je comptais te donner.
Avec un sourire en coin, Madara se redressa avec lenteur, pour la regarder dans les yeux, arrogant devant l'air impassible de sa femme et caressa en douceur la joue de son fils, qui semblait comprendre ce qui arrivait et n'était pas loin de pleurer alors qu'Akiko s'était profondément endormie dans ce lit confortable que lui avait installé Kagami et il retrouva son air habituel en observant son armée.
Lentement, il s'écarta, le coeur lourd alors qu'il pensait qu'il ne les reverrait pas avant longtemps et fit signe à ses hommes de se mettre en route, prenant leur tête avec rapidité, laissant les civils sous l'unique protection des équipes permanentes du villages.
Incertaine, par rapport à ce qui allait ensuite se passer, Kagami regarda les portes du village se fermer, avant de se tourner. Seule, elle faisait face au clan entier, comme dans ses pires cauchemars. Les regards sur elles n'avaient plus rien d'amicaux, ni de respectueux. Elle sentait leur mépris envers elle mais Kagami ne fit pas l'erreur de baisser les yeux. Après sa conversation avec Madara, elle avait compris qu'elle ne devait rien lâcher, qu'elle devait le faire pour lui, comme elle avait dit qu'elle le ferait, malgré leur séparation et c'est ce qui la poussa à prendre la parole.
- J'ai été une très mauvaise maitresse de clan, avoua-t-elle avec fermeté. Une mauvaise femme et une mauvaise mère. J'ai réussi à changer ces deux derniers points, en apprenant de mes erreurs et en faisant en sorte de ne pas les reproduire. Et j'en ferais de même quant à ma place de maitresse de clan. J'écouterai chaque critique, j'accepterai chaque conseil et j'écouterai tous ceux d'entre vous qui voudront me parler, comme je l'ai toujours fait. Je vous demande simplement de me laisser une seconde chance, comme Madara m'en a laissé une, alors que je ne la méritais certainement pas. Laissez moi une chance d'être humaine.
Aucun son ne s'élevait de la foule. Ni applaudissement, ni acclamation, mais pas de critiques non plus, personne ne proposa de la tuer sur place et Kagami s'en sentit rassurée. Au moins, elle n'était pas morte. Pas encore, en tous cas.
Dans la foule, elle croisa le regard de Chieko, qui souriait de cette manière à la fois agaçante et mystérieuse. Celui de Katsuki qui l'avait soutenue, à son retour, et Kagami se demandait si elle pourrait compter sur elle. Les deux femmes n'avaient jamais vraiment parlé et Kagami ne la connaissait pas. En tous cas, si Izuna aimait cette femme, il avait sûrement une bonne raison de le faire.
Puis, alors que Kazuki posait la tête sur son épaule en suçant son pouce, Kagami décida que rester plantée là ne servirait à rien et, d'un pas lent, la tête haute, elle fendit la foule pour rejoindre sa maison. Il était déjà tard, personne ne viendrait la voir au bureau à cette heure ci, de toutes façons, et demain serait certainement chargé alors pouvoir se reposer n'était sûrement pas du luxe.
Mais, sans le savoir, la jeune femme n'avait aucune idée de la journée qui l'attendait, le lendemain.
