Salut !

Vous ne l'attendiez plus je sais, mais le voici le voilà ! Un chapitre très, trop, long que j'ai mis plusieurs semaines à écrire bout à bout. u_u

Un grand merci à vous, qui me lisez, commentez, alertez ou autre, vous êtes toujours là, et je vous aime. voilà. u_u

Et un ÉNORME merci à mamie Croupton pour la correction de ce loooong chapitre et pour ses suggestions. Normalement il ne devrait pas, ou peu, y avoir de fautes.

Bonne lecture !


Rosier pose une tasse de café devant moi et s'installe à mes côtés. Je hausse les sourcils, Wilkes ricane dans le col de sa robe.

Je jette un coup d'œil sceptique à ma boisson et me recale contre mon siège dans une posture clairement hostile.

- Tu ne veux pas boire ? me demande Rosier avec une moue vexée.

- Tu as mis du poison dedans ? Ou une drogue du viol ?

- Non ! Où tu vas chercher un truc pareil ? Je t'offre mes petites attentions c'est tout.

- ...

- Tu devrais arrêter d'être aussi méfiante. Regarde.

Il bois une gorgée et repose ma tasse avec un sourire avenant.

- Qui me dit que tu n'as pas pris de l'anti-poison avant ?

On ne me la fait pas. Je rappelle que je vie entourée de Mangemort. Il y a de quoi se poser des questions. Alors que Jugson passe près de moi, je me retourne avec rapidité, l'agrippe par sa cape tandis qu'il pousse un cri aigu et le force à boire à son tour une gorgée.

Il ouvre de grands yeux et recule doucement afin de s'éloigner de moi.

J'attends quelques secondes mais rien ne vient.

- T'as fini ? râle Rosier, les bras croisés.

Mes yeux sont attirés par un magazine qui dépasse de sa poche. Je le lui arrache et n'ai le temps que de lire le titre qu'il me le reprend déjà et y met le feu.

- Depuis quand tu lis des revues féminines ?

- Très bien, nous coupe Rookwood, si je vous ai convoqué aujou-

- Convoqué, rouspète Bellatrix, si nous sommes venu c'est que nous le voulions bien, ne va pas te prendre pour ce que tu n'es pas, sous-fifre.

Lucius opine du chef, satisfait de l'intervention de sa belle soeur pour une fois.

- Justement, pourquoi t'es venu dans ce cas ? rétorque Rookwood.

Il a l'instinct de survie de se jeter à plat ventre sous la table. Après quelques soupirs de ma part et plusieurs minutes à calmer Bellatrix, il reprend sa place, sa robe de sorcier trouée à certains endroits, la lèvre inférieur gonflée et ensanglantée.

Je ne comprends pas pourquoi certains continuent à essayer de braver son autorité.

Notre victime de la journée se racle la gorge et tente de reprendre contenance ; non sans avoir au préalable jeté un regard craintif en direction de notre sorcière bien aimée.

- Reprenons. J'ai lu un article intéressant sur l'oniromancie. C'est-à-dire, pour ceux qui n'ont pas suivis les cours de divination, l'art de lire l'avenir dans nos rêves.

En voilà un qui a dû lire le magazine de Rosier. Je jette un regard de reproche à mon voisin de table qui fait semblant de m'ignorer.

- Pourquoi faire ? On n'a pas assez de trucs chiants à faire ? proteste Rodolphus, les mains croisées derrière la tête.

- J'ai dans l'idée que nous pourrons mieuxappréhender notre rôle dans cette société et le futur de notre organisation si nous savons où nous mettons les pieds.

- Développe, lui ordonne Bellatrix, tout à coup intéressée.

Je lorgne ma tasse de café, sentant déjà l'ennui poindre le bout de son nez mais dans le doute, je ne le bois pas. Cinq places à ma gauche, Dolohov s'est préparé un petit oreiller douillet avec sa cape.

- Eh bien si nous réussissons à lire l'avenir, nous pourrons mener des actions beaucoup plus précises et prendre en compte ce que nos rêves nous disent.

Certains bougonnent, d'autres acquiescent. Rosier fait des petits trous sous la table avec un couteau alors que Wilkes joue au morpion avec Rabastan. Je sens que cette réunion va être longue.

- Qui se souvient de son rêve de cette nuit ?

Je me tasse sur ma chaise et cherche à m'y enfoncer dans l'espoir d'être devenue invisible. Rabastan pouffe, les yeux brillants, un sourire ironique aux lèvres.

- Rabastan ? proprose Rookwood, satisfait de voir qu'il y a de la participation.

Alors que ce n'est pas comme s'il avait levé la main mais bon.

- Je ne suis pas sûr de pouvoir en parler, répond-il, ses yeux dirigés vers son frère qui fronce les sourcils.

- Tout ce qui sera dit ici, restera entre ces murs.

- Je ne pense pas que nous puissions lire dans l'avenir avec un truc pareil mais pourquoi pas, hausse-t-il des épaules. J'ai rêvé que Rodolphus partait en formation en vue de devenir un lémurien qui chiait des pommes.

Plusieurs Mangemorts ricannent dans la pièce alors que Rodolphus se redresse, outré.

- Non mais ça va pas espèce de timbré ! Où tu vas chercher des trucs aussi débiles ?

Rabastan lève les mains, toujours le sourire aux lèvres.

- Je ne contrôle pas mes rêves.

- Eh bien tu devrais essayer !

Rookwood lève les yeux de son bloc note, le visage sérieux.

- Les pommes étaient de quelle taille ?

- De grosses pommes vertes.

Travers hurle de rire, d'autres se marrent mais plus discrètement. Rookwood note frénétiquement.

- Bon si on part du principe qu'il faut lire dans l'avenir, tu devrais attention. Il se pourrait que t'ai une irritation à l'anus dans les prochains jours, ajoute Wilkes, sarcastique.

Le frère Lestrange pousse des jurons bien sentis et agite le poing devant lui. Plus personne ne l'écoute.

- Bien, on va faire le tour de table. Thorfinn, à ton tour.

Rowle redresse la tête de son journal, l'air perdu.

- De quoi ?

- Ton rêve de cette nuit.

Il y a un instant de flottement.

- Je ne me souviens jamais de mes rêves.

- Oh avoue, lui fait Jugson, tu ne dois pas avoir honte mon bichon. On t'écoute.

- Je ne mens pas, je ne m'en souviens jamais, insiste-t-il, agacé.

Michelle décide de ce moment pour entrer avec tout le bruit dont elle est capable et s'assoit à ma droite en faisant grincé les pieds de sa chaise contre le sol. Lucius la fusille du regard, mâchoires serrées.

Nous attendons que la nouvelle venue s'installe correctement et Rookwood reprend avec un air réprobateur.

- Bien. Dans ce cas c'est au tour de Dolohov.

Silence.

- Dolohov ? Antonin !

Notre dormeur se réveille en sursaut et lance des regards interrogatifs autour de lui.

- Oui ?

- Ton rêve, grince Rogue, impatient d'en terminer.

- Quoi mon rêve ?

- Dis-nous de quoi tu as rêvé ! s'énerve Rookwood en tapant du pied comme un gamin.

Mais il se reprend vite sous le regard glacial de Dolohov.

- Cette nuit j'ai rêvé, commence-t-il froidement, que deux gars m'avaient énervé et que je fracassais leur crâne avec une bouteille de vin. Comme ils étaient plutôt résistant il a fallut que je persiste, de plus en plus fort. Mais j'ai fini par y arriver, j'en suis arrivé à bout et il ne restait plus que leur cervelle en bouillie sur le sol.

- ...

- ...

- Ça mérite d'être noté, approuve Bellatrix.

- ... Avery, la parole est à toi.

- Alors moi j'étais chez ma mère, nous étions en train de boire un thé tranquillement quand un moldu s'est amené avec un chiot très mignon. Le moldu s'est tout à coup mis à m'attaquer, il a réussi à voler ma baguette et mes pouvoirs alors que le chien grandissait de seconde en seconde. Quand j'ai compris qu'il avait terminé sa croissance, j'étais immobilisé au sol et le moldu avait ouvert le ventre de ma mère et y avait servi des croquettes. Le chien était en train de se nourrir dans le corps ma mère et je ne pouvais rien faire à part la regarder agoniser, sanglote-t-il. Je ne sais pas trop ce que tout ça peut signifier mais depuis je ne me sens plus le même homme. La première chose que j'ai fait après m'être levé est d'aller voir ma maman et lui faire un bisou pour la remercier d'être là.

- Merci Avery, le coupe Rookwood en prenant note.

- Il y avait du sang partout, j'espère que ça ne va pas arriver. Ces moldus ne sont que des voleurs cruels et des psychopathes nous ne pouvons pas laisser cela arriver !

- Évidemment. Alors c'est au t-

- Il m'a fallut longtemps avant que je ne me réveille en sursaut, le corps en sueur. Mon elfe a dû changer mes draps. J'ai cru que je m'étais pissé dessus. C'était horrible.

- Épargne-nous les détails. Au tour de Tr-

- Vous ne comprenez pas mon désarrois ? Si c'est de l'omancie ou un truc comme ça, alors j'ai du soucis à me faire pour ma famille. Qu'est ce que je vais devenir si -

- TA GUEULE ! hurle Rookwood, les mains tremblantes et le visage rouge.

Nous l'observons, bouches bées, reprendre son souffle et attendons patiemment qu'il se calme. La première fois qu'il s'énerve le pauvre. Il m'étonne parce qu'habituellement c'est quelqu'un de très gentil et patient. Je pense que c'est parce que pour une fois qu'il préside une réunion, il aimerait bien que tout se passe comme il le souhaite.

J'avise du coin de l'œil Rosier sortir sa baguette et réchauffer mon café, le regard sombre et me tendre la tasse. Je secoue la tête, il roule des yeux et c'est avec stupeur que je remarque sa baguette se diriger vers moi, menaçante.

- Tu sais où tu peux te les carrer tes petites attentions ? je siffle, la tasse aux lèvres.

Je bois deux gorgées pour qu'il arrête et repose brutalement la boisson, éclaboussant un peu la table.

Pas besoin de lever les yeux pour savoir que Lucius me fixe avec son air de psychopathe, de la fumée lui sortant presque par les narines. De toute façon la seconde d'après Wilkes passe un coup d'éponge à la vitesse de la lumière avant de se rasseoir tout aussi rapidement. Et il s'imagine que personne n'a remarqué son geste.

Rowle ricane et marmonne quelque chose à propos des elfes, moqueur. Après quoi Wilkes rétorque autre chose qui n'arrive pas à atteindre mes oreilles. Dommage, c'est bien plus intéressant que de regarder Rookwood s'adonner tout seul à des séances de yoga : « inspirations, expirations ».

La dispute continue entre Rowle et Wilkes. Rabastan, qui par malheur est installé entre les deux, tourne la tête de droite à gauche à chaque réplique.

- Travers c'est à toi, finit par dire Rookwood, la voix dure.

- C'est assez flou mais il me semble bien que j'étais en train de voler.

- Rien de bien folichon, commente Rosier.

Travers fronce les sourcils.

- Il y avait une autre personne avec moi...

- Un moldu ! panique Avery.

Rookwood le fusille du regard et il rentre sa tête dans ses épaules.

- A un moment ça s'est mal passé et je me suis mangé le plafond avant de me rétamer méchamment au sol.

Avery hoche vigoureusement de la tête, persuadé que c'est la faute à son moldu imaginaire.

- Rogue ?

Il y a un silence pendant lequel nous observons les joues de notre jeune professeur prendre une teinte rose.

- Alors, insiste Rowle.

- ... Je préfère ne pas en parler.

Ses yeux nous fusillent, prêt à nous jeter un sort de son cru s'il y en a un seul qui aurait l'audace de le faire chier là-dessus.

- Bah, se croit bon de dire Rosier, qu'il ait rêvé qu'une coccinelle lui fasse des papouilles ne m'étonnerait qu'à moitié.

- C'était pas toi ça ? le rabroue Wilkes, hilare.

- TA GUEULE ! Tu avais dis que tu n'en parlerais à personne !

- C'est toi qui l'a dit je te signale.

Rookwood ne perd pas de temps pour noter. Et notre duo continue de se disputer comme un vieux couple.

Normalement c'est au tour de Lucius mais ce cher monsieur décide tout à coup que la réunion est chiante et il se lève sans demander l'autorisation à personne puis s'en va.

Ballatrix le suit du regard, les lèvres pincées. Ce qui m'étonne, c'est qu'elle ne le suit pas. Elle tape du plat de la main sur la table.

- S'il y en a un seul qui se lève je lui tranche la gorge, c'est compris ? Pour une fois que Rookwood propose potentiellement quelque chose qui peut être utile aux missions, vous n'allez pas vous en sortir aussi facilement que l'autre pleutre ! WILKES RASSIED-TOI OU JE FAIS MANGER TES TESTICULES A TON CHAT !

Wilkes ouvre la bouche, outré, avant de se réinstaller sur sa chaise. Inutile de l'écouter babiller sur la sensibilité et l'innocence de son amour de chat. Vieille fille.

- Pourquoi Lucius il a le droit lui ? geint Travers.

- J'ai mis du laxatif dans son verre de lait, ricane diaboliquement Rodolphus, avec un air de psychopathe.

- Par Merlin ! s'écrie tout à coup Jugson comme une vache qu'on viendrait d'égorger.

Je me tourne vers lui, étonnée par son enthousiasme soudain. Ses yeux brillants sont fixés sur moi.

- Tu viens de sourire ma petite Véro.

- Ça arrive de plus en plus souvent, ajoute Avery. C'est bien.

Ils me prennent pour une dépressive anonyme ?

- Je sens que notre Véronique s'épanouit, soupire de contentement Michelle.

- Mais je vous emmerde, je bougonne.

- Des activités sexuelles enrichissantes ? me demande Rabastan.

Je serre les dents, agacée.

- Vous allez me lâcher avec ça à la fin ?

- Réponds à la question, Moroz, insiste Rosier, la voix sèche.

- J'espère que c'est avec Pettigrew, me fait Bellatrix, les yeux plissés.

- ..No... Non ! je bégaie, au comble de la gêne.

Et je ne mens pas, mais je n'aime pas trop l'idée que des Mangemorts me demandent des comptes sur ma vie sexuelle. Ça ne regarde que moi.

Rabastan soupire, déçu.

- Pour un coup que la réunion devenait intéressante.

- Est-ce qu'on peut, s'il vous plaît, EN REVENIR A NOS RÊVES ?! perd patience Rookwood dont la voix part dans les aiguës.

Nous nous tournons tous vers lui tandis qu'il donne un coup de pied au buffet de Malefoy.

Ah s'il était là, il nous aurait encore pompé le cerveau avec son histoire de meuble en acajou avec ses finitions en or de la baguette d'un artisan renommé en France et blablabla. Avery se lève de sa place et passe un bras réconfortant sur les épaules de son ami.

- Quelque chose ne va pas Augustus ? On voit bien tu as du chagrin. Tu veux en parler ? Assied-toi à ma place je vais te préparer un bon chocolat chaud avec des biscottes au miel.

- Merci, lui dit Rookwood, les yeux brillants et les lèvres tremblotantes. C'est... C'est juste que... Je me faisais une joie de mener la réunion d'aujourd'hui, j'avais plein de projet ! J'espérais tellement que tout se passe comme prévu, sanglote-il.

Avery lui tapote le dos avec un air compatissant.

- Ça va aller, ça va aller. C'est normal, tu n'as pas l'habitude.

- Et puis je ne comprends pas pourquoi tu chiales comme une gonzesse, ajoute Rodolphus avec tout le tact dont il est capable. Tu nous vois Bellatrix et moi pleurer dès que vous êtes dissipés durant les réunions ? On aurait pas fini.

Bellatrix renifle de dégoût et observe Rookwood avec une moue méprisante. Il essuie ses larmes avec un mouchoir généreusement offert par Avery.

- Bon maintenant que Fleurette a terminé son caprice, on va peut-être pouvoir reprendre, cingle-t-elle.

- Apporte-moi un verre d'hydromel tant que t'y es ! pépie Rosier à l'égard de Avery qui sort de la pièce.

- Whisky pur malt pour moi ! braille Rodolphus en se penchant sur sa chaise.

- Un verre de Xérès pour bibi ! commande Wilkes en levant à peine les yeux de son jeu de morpion.

- Ah je ne serais pas contre une petite tisane pour ma part. Et du vin d'ortie c'est possible pour Rogue ? fait Travers. Michelle tu veux quelque chose ?

- Oui du lait de poule !

- VOUS ME PRENEZ POUR UN BARMAID ?! Meugle Avery à travers la porte.

- ...

- N'oublie pas les biscottes au miel !

- Vous. Allez. Fermer. Vos. Gueules, grince Bellatrix.

Tout le monde se tait, tout à coup moins enthousiastes. L'hystérique attend d'être certaine que le calme soit revenu et reprend, le visage sombre :

- J'ai rêvé que j'accouchais de cinq marmots, frissonne-t-elle de dégoût.

- Ah ! s'intéresse Rodolphus, impatient d'avoir des gosses.

Qu'il n'aura probablement jamais mais bon. Bellatrix n'est pas réellement du genre à procréer. Et heureusement pour la potentielle progéniture.

- Deux d'entre eux étaient très très moches. Ils avaient de longs doigts, très fins, on aurait dit des pattes d'araignées. Leurs visages étaient plats, longs et larges. Ils gigotaient plus que les autres dans des mouvements étranges et étaient beaucoup plus pâles.

- Le Maître, me chuchote Rosier, comme s'il détenait le scoop du siècle. Bellatrix va avoir des bébés avec le Maître..

Rodolphus, tassé sur sa chaise, marmonne des mots indéfinissables, mécontent.

- Et une vieille chose moche, s'amène et me dit venir d'une autre planète. Cet enflure avait profité de mon sommeil pour faire des expériences sexuelles sur mon corps, siffle-t-elle. Je préviens si je le retrouve, ses gosses je les mange et je les vomis sur ses pieds !

Elle nous regarde, les yeux injectés de sang, baguette en poing, prête à en découdre. Personne ne souffle mot, attendant la suite. Seul le bruit de la plume de Rookwood qui gratte son bloc note brise le silence.

- Une fois les présentations faites, il me fait comprendre que l'expérience a été fluctuante et qu'il souhaiterait récupérer ses choses ! AH AH AH AH ! S'il a cru que j'allais le laisser faire. Il m'a menacé étouffer les trois autres. MAIS QU'IL LE FASSE ! Et moi je m'en ferais un joli collier de leurs tripes à ses marmots !

- ... Merci Bellatrix. Rodolphus ?

- Je dormais, nous dit-il simplement.

De son côté Bellatrix continue de fulminer sur son extra-terrestre de malheur. Il faudrait vraiment qu'il vienne d'une planète bien lointaine pour oser s'en prendre à cette femme. Je ne serais pas étonnée qu'elle passe toute la journée à comploter pour une vengeance.

Rosier, ayant terminé de faire des trous sous la table, soupire et croise les bras derrière la tête, les yeux dans le vague, les manches de sa chemise moulant à la perfection les muscles de ses bras.

N'allez pas croire que je passe mon temps à le regarder pour remarquer des trucs aussi basiques. Je suis juste une femme observatrice. C'est tout.

- Oui, le principe de la nuit c'est de dormir. Mais ton rêve ? s'impatiente Jugson.

- Justement, dans mon rêve, je dormais, insiste Rodolphus. C'était sympa.

- ...

- Jugson ? demande Rookwood, le nez dans son bloc note.

- J'organisais une vente illégale de pélicans sauvages au marché noir.

- Hun hun.

- Bah quoi, nous agresse-t-il en croisant nos regards, vous pensez être mieux avec vos rêves pourris et vos partouzes avec des coccinelles ?

- Hé ! C'était juste des papouilles, rien de plus innocent ! se défend Rosier en agitant les mains dans tous les sens.

Je pouffe de rire, l'image en tête.

- Manque d'affection ? je raille.

- Qu'est-ce que t'as ? Jalouse ?

- Oh non je ne voudrais pas gâcher ta romance idyllique avec tes insectes.

- Alors moi, s'incruste Michelle qui n'attend pas qu'on lui demande son rêve, c'est parti d'une dispute entre un phoque et un hippopotame.

- Je ne me laisserais pas me faire humilier par une vieille fille frigide et aussi attractive sexuellement qu'une commode, grince Rosier, pivotant son corps vers moi, le visage penché sur le mien.

Wilkes s'étouffe avec sa salive.

- C'est que je n'ai pas les courbes d'une jeune coccinelle en chaleur, j'en suis navrée.

Il tape du plat de la main sur la table.

- ... croire ! Un hippopotame c'est très agressif ! Le phoque n'avait aucune chance, continue Michelle, imperturbable.

- Tu n'as aucune courbes, c'est bien ça ton problème.

- ... bouffé la moustache. Mais il a rétorqué en lui plantant ses deux dents dans le derrière et ah ! Il n'aurait pas dû parce que non seulement l'hippopotame ét-

- Ça ne t'empêche pas de me harceler quotidiennement.

Rosier plisse les yeux et inspire longuement par les narines, comme pour me montrer à quel point il est à bout de patience et qu'il essaie de se contrôler. S'il croit me faire peur.

- Je fais ça pour ton bien.

C'est nouveau ça.

- ... l'os. De la chair partout. Et de la boue aussi. Parce qu'il a fallut qu'ils se battent dans une marre de boue ces abrutis. C'était très salissant !

- Pour mon bien, je répète avec un sourire goguenard. Tu sais où tu peux te le mettre ?

- En tout cas j'ai un bien que je peux te carrer où je pense, réplique-t-il d'une voix sifflante.

J'adopte une grimace écœurée.

- Me parle pas d'horreur.

- ... sang part plus facilement à l'eau froide comme vous le savez et-

- Crois-moi, tu seras bien contente de la voir cette horreur quand tu l'auras sous ton nez, ricane-t-il.

J'écarquille les yeux, étonnée qu'il soit à ce point rentre-dedans en s'imaginant que j'allais lui faire une turlute. Remarquez c'est de Rosier dont on parle. Même si je sais qu'il fait exprès pour me vexer, je ne peux m'empêcher de voir rouge.

- Tu n'es qu'un être répugnant, je lui fais avant de renverser mon café sur la tête de Wilkes qui se marre derrière et de balancer ma tasse à la gueule de Rosier.

- Ça colle ! crie Wilkes.

- AIEUH !

- Pervers dégueulasse ! je crie avant de claquer la porte de la salle de réunion comme une furie.

- Connasse !

XXXXXX

- A chaque fois que tu viens me voir, t'as une sale tête, commente Elisa en mordant à pleines dents son sandwich préparé à la va vite avant de venir.

Elle est assise sur son bureau, les jambes se balançant dans le vide.

Je m'allonge confortablement sur son lit, les bras derrière la tête et les jambes croisées. Je soupire.

- Et à chaque fois que je prends de mon temps pour venir te voir, tu me rappelles que je ressemble à un épouvantail, change de disque.

Surtout que je devrais être au travail à l'heure qu'il est mais il n'a qu'à me virer.

- Qu'est ce que t'as?

- Rien. Un abruti qui me pourri la vie c'est tout.

Elle hoche mollement la tête, pas franchement intéressée. Je ferme les yeux, quand même apaisée d'être auprès d'une personne à peu près normale.

- Tu as fouillé dans les cartons alors ?

Je sens à sa voix qu'elle sourit.

- Oui. D'ailleurs tu aurais pu me dire que tu savais que nous étions sœurs. Enfin demi-sœurs.

Ça m'aurait évité d'avoir à mentir.

- Je te retourne le reproche.

Je ne réponds rien mais souris quand même. Un silence s'installe entre nous sans pour autant que nous nous sentions gênées toutes les deux.

J'en profite pour faire un bilan mental de ma journée mais un seul nom me vient : Rosier. Ce qu'il m'énerve à être ce gros lourdeau ! S'il n'était pas aussi con nos relations seraient beaucoup plus simples. Quand on voit le temps que je perds à accorder mon attention à ce babouin mal-luné. Surtout que je me demande comment il arrive à se faire des filles avec un système de drague pareil. Ou alors il ne réserve ce privilège qu'à moi.

J'en suis honorée...

Je soupire une énième fois, agacée de penser à lui, et me tourne face au mur en position fœtale. Je vais tenter de dormir.

- Au fait, me coupe Elisa dans mon honorable initiative.

J'ouvre les yeux mais ne bouge pas.

- Oui ?

- Qu'est ce qu'on va faire maintenant ?

- C'est-à-dire ?

- Bah tu ne vas tout de même pas me laisser vivre ici ! râle-t-elle.

Je me redresse et pivote vers elle. Je penche la tête.

- Comment ça ?

- Tu es ma grande sœur, tu es majeur, tu pourrais très bien devenir ma tutrice légale.

Face à mon scepticisme, elle me fait les grands yeux.

- Je ne sais pas...

- J'en ai marre de vivre dans cet orphelinat moisi, sois pas égoïste !

- J'ai une vie bien trop compliquée.

Et dangereuse pour une moldue. Elle lève les yeux au ciel.

- Oh je t'en prie, tu es le genre de fille à tricoter tous les soirs en écoutant de vieilles musiques à la radio.

Non, je suis plus le genre à tuer des moldus dans ton genre, gamine. Je plisse les yeux.

- J'y réfléchirais.

- Tu vas où ? me demande-elle en s'apercevant que je remets mes chaussures.

- J'ai des choses à faire.

- Vieille courge, m'insulte-elle alors que je passe une jambe par-dessus la fenêtre.

XXXXXXX

Au moment où je m'apprête à retirer ma robe, on toque à ma porte de chambre. Étonnant, ce n'est pas le genre de Michelle. J'ouvre donc, curieuse.

...

Ce n'est pas non plus le genre de Rosier. Mais voilà qui est surprenant. Je lui claque la porte au nez.

- Vas-t-en !

Je m'assois sur mon lit, attendant qu'il se barre mais c'est à croire que ses nouvelles bonnes résolutions d'attendre le consentement d'autrui avant de s'incruster se sont vite évanouies puisqu'il entre quand même.

Je fronce les sourcils, par avance agacée qu'il prenne ses aises chez moi.

- Écoute j-

- C'est Michelle qui t'a laissé venir ici ?

Ça ne m'étonnerait pas d'elle, sachant qu'elle peut faire preuve d'autant de jugeote qu'une courgette.

- Non. Elle n'est pas là. Il faut dire aussi qu'on entre comme dans un moulin chez vous. Tu es au courant que Jugson dort sur ton canapé depuis deux nuits ?

Vaguement. Mais c'est pas le premier clodo à venir squatter alors à force de faire les bonnes œuvres, je ne compte plus les jours de chaque visiteurs plus ou moins invités. A vrai dire le seul que je remarque en général c'est Rosier avec sa manie de venir me chercher des noises. S'il pouvait devenir aussi silencieux qu'une cuvette, ce serait le top !

- Là n'est pas la question, je reprends après quelques secondes de flottement. Qu'est ce que tu viens faire là ?

Je croise les bras, lui signifiant bien qu'il n'est pas le bienvenu.

- J'ai peut-être abusé quand nous nous sommes disputés, commence-t-il, un brin hésitant.

- C'est probable, j'ironise.

- Disons que je devrais faire preuve de plus de respect envers ta personne, souffle-t-il.

Et je sens qu'il se retient de lever les yeux au ciel pour ne pas foirer sa bonne parole. Le connaissant il doit se donner l'impression d'être niais ou trop mature. Il faudrait que je le rassure, Rosier et le mot mature n'ont rien à faire dans la même phrase.

Est-ce que je lui dis que ça se sent à dix milles lieux qu'il est en train d'écouter les conseils de Rookwood ? Ou peut-être de Wilkes, je ne suis pas sûre.

- Tu es venu pour t'excuser ? je demande avec perfidie.

Il se tend légèrement, gêné et légèrement contrarié. Ses sourcils se rejoignent en une seule et même ligne. J'ai bien envie de me payer sa tête. Evan Rosier s'excuser pour son comportement. Ah ! Pourquoi n'y-a-t-il pas de témoins ? Quoique tout n'est pas encore joué.

- Je... J... C'est plus compliqué que ça, grince-t-il. Je viens te voir pour discuter.

Je lâche un rire sarcastique.

- Alors bon. C'est très simple en vérité. Il suffit de répéter après moi : "Véronique, excuse-moi pour mon comportement misogyne. J'avoue que mon cerveau très limité ne me permet pas de réfléchir avant de parler." Tu peux y arriver.

Il me transperce du regard, irrité.

- Tu prends ton pied en plus ! Espèce de-

- Oui ?

- V... Véronique.

- Oui c'est mon prénom, je le raille.

Il marmonne des mots incompréhensibles dans sa barbe, me fusille des yeux et se balance d'un pied sur l'autre.

Ah que c'est jouissif. J'ouvre la bouche pour continuer à l'asticoter mais il finit par parler.

- Veroniqueexcusemoic'esttoutjesuispaslamèreMichellenonplus et mon cerveau n'est pas limité.

Je prends un instant de fausse réflexion avant de secouer la tête, insatisfaite.

- Ce n'est pas suffisant. Je ne te montre pas la porte. Mais si tu préfères que je te jette par la fenêtre, ça peut s'arranger.

- Oh ça va je me suis excusé qu'est ce qu'il te faut de plus ?! s'énerve t-il en s'agitant.

Je me lève, parce que je trouve que ce n'est pas aisé de se faire gueuler dessus quand on est assit. Ça donne l'impression à cet imbécile qu'il m'est supérieur.

- Peut-être que tes excuses sont nulles et qu'on sent que tu n'as aucune conviction, arriéré mental !

- Pourquoi faut-il toujours que tu me fasses chier ? DÉSOLÉ D'ÊTRE UN MISOGYNE CA TE CONVIENT OU IL FAUT QUE JE T'ENVOIE MON POING DANS TA GUEULE POUR PLUS DE CONVICTIONS ?!

Il brandit justement son poing dans l'air et je sors ma baguette.

- Essaie pour voir et je t'émascule espèce de débile !

- Même une chèvre ferait plus peur que toi grosse frigide !

- Macho !

- Coincée !

- Casse-toi !

- C'EST CE QUE J'ALLAIS FAIRE FIGURE-TOI !

- Bah qu'est ce que t'attends au lieu de venir me faire chier !

- Justement ! J'attends de t'avoir bien fait chier !

Sans qu'il ne s'y attende je lui saute à la gorge et lui envoie un coup de coude dans le nez. Il pousse un grognement, les mains sur son visage.

- Putain, jure-t-il.

Il me foudroie du regard et alors que je pensais avoir gagné il m'attrape par les cheveux et me jette au sol. Je roule et me redresse avant de lui donner un coup de pied dans le genou, ce à quoi il rétorque en frappant de son poing dans le ventre avec une force que je ne lui soupçonnais pas. Je me plie en deux, visage contre le sol et ne bouge plus, le souffle coupé. Je crois même que j'en ai les larmes aux yeux.

Rosier stop tout mouvement.

- Merde, désolé, désolé, désolé, panique-t-il. Moroz ! Ça va ?

Je reprends doucement une inspiration, une côte douloureuse, et alors que je vois du coin de l'œil qu'il est penché vers moi je lève vivement la tête et frappe de toutes mes forces son menton avec mon front.

... Puis je le regrette.

- Pu. Tain, fait-il encore une fois alors que j'ai les mains plaquées contre mon front, un peu sonnée. Je crois que tu m'as pété la mâchoire.

Un éclat de rire nous sort de notre pause souffrance et nous observons Jugson, à l'embrasure de la porte, pété comme une huître.

- Mais vous êtes de gros malades ! se marre-t-il, ses bras enserrant son ventre. Ahahah ! J'en peux plus ! Deux tarés ! Ah j'ai mal ! J'ai mal au ventre, glousse-t-il.

Rosier et moi échangeons un regard et nous concertons sur la chose à faire. La seconde d'après nous avons tous les deux repris nos baguettes en mains et ricanons à l'image de Jugson qui court en hurlant, les pieds brûlés par des flammes.

- Tu fais vraiment ressortir le pire de moi-même, je lui fais part, la voix légèrement absente.

Je finis par tourner la tête et remarque qu'il est fixé sur moi, pensif.

Je plisse les yeux.

- Tu complotes quelque chose ? je lui demande avec méfiance en le visant de ma baguette.

Il se braque et lève à son tour la sienne vers moi.

- Toi tu cherches à me nuire ?

Ça ne se terminera donc jamais ?

XXXXXXX

- Bon tu vas arrêter d'hésiter et étaler la lotion oui ? perd patience Rosier en gesticulant sur mon lit.

C'est que de le voir torse nu sur mes draps me gêne assez alors le toucher. Par Merlin. M'apprendra à faire un duel de sorciers contre lui dans ma propre chambre.

- Mais c'est quoi ce truc ? je demande la voix sifflante en avisant le liquide violet dans la fiole.

Je crois bien qu'il m'a cassé une côte cet abruti. Ça me lance, j'ai pourtant pris une potion anti-douleur.

- C'est ce que j'ai demandé à Jugson de m'amener pour nettoyer nos blessures, marmonne-t-il en replaçant sa tête dans mon coussin.

Je suis sûre qu'il en profite pour renifler l'odeur ce pervers malsain !

- Tu es certain qu'on peut avoir confiance en lui après ce qu'on lui a fait ?

- ...

Alors qu'il cherche à se redresser ayant changé d'avis, j'étale la lotion sur son dos.

- T'es folle ! Et si c'était dangereux ?!

- Bah maintenant nous sommes fixés, je ricane.

Je badigeonne du bout du doigt sur le haut de son dos, n'osant toujours pas toucher sa peau.

- Je ne vais pas te manger. Mets-y un peu plus du tien s'il te plais, râle-t-il. On croirait que je suis un pestiféré.

Je laisse un sourire m'échapper et décide de continuer les soins avec un peu plus de confiance. Il reste silencieux et se laisse tranquillement faire. Cette atmosphère me met légèrement mal à l'aise. Quand on pense qu'il y a une heure à peine nous étions en train de nous étriper à même le sol !

Je me racle la gorge.

- Tu me donnes des frissons, me dit Rosier, la voix lointaine.

- Oui j'ai l'impression de caresser la peau d'une poule, je ne peux m'empêcher de lui retourner en lâchant un rire moqueur.

- ...

Alors qu'il s'enferme dans un silence boudeur, l'image d'Evan Rosier se transformant en poule plumée effarouchée s'impose à moi. Je pouffe de rire.

- Bon t'as gagné, grince Rosier en se redressant vivement.

Je bascule sur la côté du lit en poussant un petit cri de surprise et le regarde se lever et me lorgner d'un œil noir.

- Mais je n'ai pas terminé.

Il me désigne mollement du menton.

- A ton tour.

- Qui me dit que tu ne vas pas en profiter pour me peloter ?

Je me méfie, il a des tendances perverses.

- Personne, justement parce que je vais en profiter.

Et avec ça il s'attend à ce que je me laisse faire. C'est pas possible, ce mec doit vivre dans de ses monde idéaux où la femme est et restera à jamais l'objet malléable de l'homme. Sauf que non Mesdames et Messieurs, nous vivons une époque où la femme commence à se libérer et ce n'est certainement pas un péquenot dans son genre qui va me forcer à faire quoique ce soit !

Je me contente donc de lui jeter un coussin à la figure pour lui montrer ma désapprobation. Il râle pour la forme et alors que je m'attend à ce qu'il m'attaque à son tour il s'assoit à côté de moi, ses yeux m'étudient et me clouent sur place. Je m'interroge sur ses intentions quand sa main glisse doucement sur mon épaule. Un peu dans l'embarras, mon regard descend bien malgré moi sur son torse avant de remonter aussi vite à son visage. Son sourire suffisant m'apprend qu'il a constaté la manœuvre. J'ouvre la bouche pour lui dire de dégager sa main de moi mais il ne me laisse pas le temps que ses lèvres se sont posées sur les miennes. Je reste figée avec une expression étonnée sur le visage alors que j'aurais dû m'y attendre. Son attitude était claire.

Remarquant mon inaptitude à réagir il exerce une légère pression de son corps sur le mien et je bascule doucement sur les oreillers. Ses lèvres caressent doucement les miennes et j'essaie d'ignorer mon cœur qui tambourine dans ma poitrine. Il faudrait peut-être qu'il la mette en veilleuse. Après de longues secondes à m'interroger dans le vide il s'écarte légèrement pour me dire de l'embrasser. Avec un temps de retard je réponds à son baiser et passe une main caressante le long de son dos et finit sur son torse. Je ne l'aurais jamais cru mais effleurer sa peau de cette façon me procure des sensations que je n'avais plus sentie depuis longtemps. Sa respiration s'accélère légèrement, il m'embrasse avec plus d'empressement. D'un coup de hanche je le renverse à côté de moi et me place au-dessus de lui. Les visages séparés, ses yeux brillants me sondent. Il n'y a pas à dire, Evan Rosier est un bel homme. Ses mains remontent de mes avant bras jusqu'aux épaules et redescendent avec douceur de ma poitrine à mon ventre -m'arrachant une grimace de douleur dû à l'hématome que je dois avoir- avant de se caler sur mes hanches. Dans la minutes qui suit je suis en soutien-gorge.

La porte s'ouvre sur un Jugson tout sourire. Dans un gros méli-mélo de jambes nous nous extirpons de mon lit, l'air de ceux qui n'ont rien à se reprocher alors que nous sommes à moitié nus.

- Quand vous aurez terminé de niquer les deux cinglés, il y a une petite fille dans le salon qui attend Véro.

- Qui ça ? je demande, les yeux fixés sur Rosier et son pull à la main.

- Où sont mes bretelles ? marmonne-t-il justement.

- Je ne suis pas agent d'accueil non plus. Je ne lui ai pas demandé pour ce que j'en ai à faire, cingle Jugson. Au fait, chez les gens normaux, on ne se tabasse pas avant de baiser. C'est la base d'un couple sain.

- On est pas un couple, nous entonnons d'une même voix.

- C'est ça. Vous devriez en discuter avec Wilkes, il est très à l'écoute et sait aider les couples en difficultés, nous conseille-t-il avant de claquer la porte.

- ...

- ...

- Pourquoi il vit chez moi lui déjà ? je râle finalement.

Je cherche des yeux mes habits et les trouve pratiquement cachés sous le lit complètement défait. Par Merlin je n'avais même pas remarqué le bordel que nous avons fait rien qu'en nous embrassant.

- Sinon... On peut reprendre là où nous en étions. Je suis sûr que ton invitée surprise saura attendre, tente Rosier de sa voix grave.

- Non.

- Mais pourquoi !

XXXXXX

- Elisa, je m'exclame, au comble de la surprise en apercevant ma sœur sur mon canapé.

Son regard moqueur me dit clairement qu'elle sait ce que j'ai faillit faire dans ma chambre. J'ai bien envie de lui dire que ça ne la regarde pas. Bon sang, pour la deuxième fois de ma vie, j'ai été à deux doigts de coucher avec Rosier. Ce dernier est d'ailleurs tranquillement installé dans un fauteuil, scrutant des yeux Elisa les mains posées innocemment sur les genoux.

A son air, je comprends qu'il a bien envie de brandir une pancarte avec écrit "SALE MOLDUE DE MES DEUX" dessus. Ou de l'étrangler.

- Comment as-tu eu mon adresse ? je lui demande.

Elle sourit, mystérieuse.

- Disons que j'ai mes sources. Je viens vivre ici.

- Eh ben tu ne doutes de rien !

Elle se contente de m'ignorer et lève le nez vers le lustre.

- Il faudra refaire ta déco, c'est glauque, grimace-t-elle.

J'avise les doigts des victimes de Michelle et le tableau nu du Maître. Et dire qu'elle voit ça !

- Ce ne sont pas de véritables doigts, je m'explique en vitesse.

- Je me doute, rit-elle. Tu n'es pas une meurtrière.

Rosier se retient difficilement de rire et je le fusille du regard.

- Ma colocataire a des goûts particuliers.

- C'est ce que je constate.

- Tu ne peux pas dormir ici.

- Je vais me préparer une omelette, nous apprend Jugson avec ennui.

Alors qu'on s'en fiche un peu.

- Je ne veux pas retourner à l'orphelinat !

- C'est pourtant ce que tu vas faire.

Je croise les bras pour montrer ma détermination et elle tape du pied. Alors qu'une dispute est sur le point d'éclater, quelqu'un sonne à la porte.

Quelques secondes plus tard Jugson arrive dans le salon en panique, sur la pointe des pieds et fais de grands gestes des bras.

- Pettigrew, c'est Pettigrew, chuchote-il en me postillonnant à la figure.

Ni une ni deux Rosier attrape Elisa, sonnée, par le bras et ils courent tous les trois dans la salle de bain. J'ouvre la porte, le cœur battant et la mine faussement réjouie.

- Peter ! Quelle bonne surprise. Tu avais envie de me voir ?

Il ne semble pas remarquer le tremblement nerveux de ma main et me sourit.

- C'est tout à fait ça.

D'un coup de baguette je prend ma cape et pousse avec précipitation Peter. Cette fois il est étonné.

- Je te dérange ? demande-t-il avec hésitation.

- Du tout ! Mais j'avais pensé à profiter de ta présence pour qu'on aille se promener ensemble. Et comme j'en ai marre d'être chez moi ça va me faire du bien de prendre l'air.

Explication bancale mais tant pis.

- D'accord.

Je marque un temps d'arrêt en me demandant s'il n'est pas un petit peu dangereux de laisser ma moldue de sœur avec deux Mangemorts. Curieusement j'ai confiance en Rosier mais Jugson ?

- Tu viens ?

Je croise le regard de Peter et acquiesce.

Rosier saura quoi faire.

XXXXXX

- Je t'avoue que j'avais besoin de discuter avec une personne d'un avis extérieur, me dit Peter, la voix incertaine.

- Comment ça ?

J'essaie de rester concentrée sur ce qu'il dit alors que mes pensées vagabondent vers ma sœur. J'ai un mauvais pressentiment. J'espère que j'ai eu raison d'avoir confiance en Rosier. Il sait depuis un moment que je me suis rapprochée d'elle. Il ne ferait tout de même rien qui lui ferait du mal. N'est ce pas ?

Oui mais c'est de Rosier dont on parle. De sa part, je peux m'attendre à tout et n'importe quoi !

A cette pensée je passe discrètement ma main sur mon abdomen douloureux. Il va falloir que je fasse quelque chose d'ailleurs, ça me lance par moment.

- ... moments de doutes.

- Oui je vois, je commente en tentant de me sentir concernée par ce qu'il me dit.

Je n'ai qu'une envie, retourner chez moi pour vérifier qu'Elisa va bien. Jugson s'est rendu compte dès le début qu'elle est moldue, par ses vêtements. Il ne doit pas apprécier sa présence. Je savais bien qu'il ne fallait pas qu'elle vienne chez moi, c'est bien trop risqué avec toutes mes fréquentations. Je ne suis pas une personne stable. Il ne peut rien lui arriver de bien avec moi. Ma vie n'est faite que de mauvais choix.

- ... impression... mauvais...

Mais qui a bien pu lui donner mon adresse ? Quelqu'un qui me connaît, assurément. Ça ne m'étonnerait même pas que ce soit Michelle, sachant que c'est elle qui m'a enjoint à la rencontrer. Bon à la tuer aussi, mais je ne suis pas toujours obligée d'écouter cette folle. Au bout d'un moment il faut que j'apprenne à prendre mes propres décisions. Jusqu'à aujourd'hui, à chaque fois que j'ai suivi les idées de quelqu'un, ça m'a mise dans la merde.

Il faut que je rentre.

Je ne peux pas laisser Elisa avec deux Mangemorts.

Oui mais Peter. Si jamais Bellatrix apprend que je l'ai vu et que je n'ai rien fait pour mener à bien ma mission, je vais retrouver avec une hystérique aux fesses. Et j'ai eu bien assez de soucis pour aujourd'hui.

... Et dire que je me suis battue avec Rosier pour me retrouver pratiquement nue avec lui ensuite. Mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez moi ?

Jugson a raison, il n'y que les tarés qui sont comme ça.

Il me manque une case. Et dire qu'Elisa veut vivre avec une cinglée. Deux si on compte Michelle. Non vraiment, il faut que je l'éloigne de nous. De moi surtout.

- ... pas à ma place...

- Je comprends, j'acquiesce mollement, le nez dans le col de ma cape.

Je ne fais même plus attention à regarder où on va il faut que je me concentre. Suis la conversation, suis la conversation Véronique.

Elisa n'est clairement pas heureuse à l'orphelinat. Et je pense qu'elle ne l'a jamais été. Il lui faut une famille. Est-ce que je peux être une famille pour elle ? Moi qui ne veux pas d'enfants je vais me retrouver à élever une gamine de... 8 ans je crois ? C'est beaucoup de responsabilités et je ne m'en sens pas capable.

En plus je ne pense pas que les autorités me laisseraient faire. Bon de toute façon je suis une sorcière, avec l'aide ma baguette, je peux bien essayer de la faire disparaître de leurs esprits.

- ... matin... Sirius...

Je ne vois pas pourquoi je me prends la tête avec ça, je suis une Mangemort. Pourquoi ne pas présenter ma sœur directement à Bellatrix tant que j'y suis ? Ou même au Seigneur des Ténèbres ?

La conclusion est là, elle ne peut pas vivre avec moi.

- ... et j'ai parfois la sensation que je n'ai rien à faire avec eux !

Mon regard se fixe sur Peter, touché dans son propre récit. Et la première phrase qui me vient à l'esprit est :

- Je suis sûre que tu trouveras ta place.

- Pas avec eux, renifle-t-il.

Je hausse les sourcils, tout à coup intéressée par sa déclaration. J'aurais peut-être dû l'écouter.

- Tu sais, il est normal que tu sois très attaché à tes amis. Mais tu devrais peut-être commencer à vivre par toi-même et surtout pour toi-même. Tu restes effacé derrière eux mais je suis certaine que beaucoup de gens ne demandent qu'à découvrir le véritable Peter. On gagne énormément à te connaître, je lui souris, les yeux brillants.

XXXXXXXX

Rookwood relit une derrière fois son compte rendu avant de lever la tête vers nous.

- Ce que j'ai à dire ne va pas plaire à certains, assène-t-il. Certains rêves étaient intéressants, d'autres n'avaient rien à voir avec nos missions.

Son regard se fixe sur Rodolphus qui se lève avec une grimace douloureuse, les jambes flageolantes et la démarche pantelante.

- Qu'est ce qu'il a ? demande Wilkes, curieux.

Lucius ricane, le visage caché derrière son journal.

- Il se trouve que mon frère chie des pommes depuis ce matin, nous apprend Rabastan avec un air réjouit. Mon rêve était prémonitoire, se marre-t-il.

- ... Bien ! Euh... Oui voilà donc. Avant de vous annoncer la conclusions de notre dernière réunion. Véronique, tu veux bien nous partager ton dernier rêve ? Tu n'as pas eu le temps de nous le dire la dernière fois.

Un silence s'installe, et je m'aperçois avec gêne que toute l'attention est centrée sur moi.

- Vas-y, m'encourage Rookwood avec un sourire avenant.

- Je ne l'ai pas dans les détails mais j'étais entourée de personnes dangereuses et je n'arrivais pas à les fuir. Je n'avais plus ma baguette. Puis on m'a envoyé le don d'être un ange, j'ai eu des ailes et j'ai réussi à les éviter en volant.

- Intéressant.

- C'est à peu près ça en tout cas, je lui dis, hésitante.

Je n'aime pas trop partager mes rêves. J'ai l'impression de divulguer quelque chose de personnel.

- Il semblerait que tu vas réussir quelque chose, acquiesce Rookwood.

- Ou alors tu vas bientôt mourir, m'annonce Travers l'air de s'en fiche comme de son premier slip.

- ... merci.

Rookwood tape dans ses mains, enthousiaste.

- Alors j'ai demandé l'avis d'un professionnel et il semblerait que nous allons vivre quelques difficultés en général mais il y aura quelques victoires à la clé. C'est émoustillant tout ça !

- Au fait où est Rosier ? demande Rowle avec une moue faussement concernée.

Je lui ai demandé de garder un œil sur Elisa.

- Il fait du baby-sitting, ricane Jugson, son regard me transperçant de part en part.

Je me tends imperceptiblement.

Quelques minutes plus tard la réunion se termine. Je sursaute quand je sens une main m'agripper le bras. Le cœur battent et devinant déjà qui c'est je me retourne. Je déglutis.

- Oui ?

- T'en fais pas. Je ne dirais rien à personne. Par contre j'ai besoin d'un service.

Je hausse les sourcils tandis qu'il vérifie que personne n'épie la conversation.

- J'ai réfléchis à propos de mon rêve. Tu sais la chasse au pélican et le marché noir, m'explique-t-il face à mon incompréhension visible.

- ... Et alors ?

- Je veux que tu viennes chasser des pélicans avec moi.


Qu'en pensez-vous ?

Je tiens juste à dire que je donne peut-être l'impression de faire l'apologie de la violence conjugale mais ce n'est pas le cas, même pas du tout ! La majorité d'entre vous le savent déjà mais quand même :

Non non et NON, la violence dans un couple n'est pas une preuve d'amour passionnel. Un homme qui vous bat ne vous respecte pas. Si vous pensez pouvoir le changer, c'est IMPOSSIBLE. Vous risquez une énorme perte de temps et vous perdrez la véritable occasion d'être heureuse. Ou heureux. N'oublions pas qu'il existe des homme battus. Bref. Véronique et Evan sont des personnages fictifs, je ne les supporterai probablement pas dans la vie réelle. Enfin surtout Evan en fait. J'ai hésité à laisser ce passage. Et puis je me suis dis. Allons bon.

Qui voudrait de leurs vies à ces deux pignoufs de toute façon ? Pas moi ! Enfin ça dépend. J'aimerai bien avoir un Avery chez moi, toujours prêt à me préparer un bon lait de poule les soirs d'hiver.

u_u

Et sinon la majorité des rêves sont les miens. Oui mon cerveau est salement atteint.

Non non le rêve avec la coccinelle qui fait des papouilles n'est pas de moi ! JE VOUS LE JURE ! JE SUIS INNOCENTE ! Par contre je plaide coupable pour le lémurien qui chiait des pommes...

...