Okay, j'suis une connasse, j'avais complètement oublié cette fic. Je n'ai aucune excuse. Voici la suite après 2 ans, sa mère.

Bonne lecture.


Si Vanitas peut dire quelque chose, c'est qu'il est rancunier.

Il est tellement rancunier qu'il a préféré effacer sa sœur de sa mémoire quand elle l'a abandonné. Il s'en est pris à Ventus pendant un an parce qu'il l'avait battu à un jeu. Il a essayé d'empoisonner Larxene la première fois qu'elle l'a habillé en fille. Il a remplacé le contenue des shampoings de Marluxia de nombreuses fois. Les pots de gel d'Axel sont d'excellentes armes de vengeance.

Personne n'échappe à sa vengeance.

Ce n'est donc pas une surprise si Vanitas décide de se venger de Terra. En soit, il n'a rien fait de grave. Il ne l'a même pas trompé, ni abusé de lui. Leur relation aurait été parfaite si Aqua n'existait pas ; mais elle est en vie et Terra n'a jamais jugé bon de ne pas le draguer en étant en couple.

L'heure de la contre-attaque a sonné. Vanitas a ignoré le problème pendant un mois, il est temps de se bouger le cul. Terra a peut-être essayé de lui parler à son insu, mais peu importe. La vengeance, c'est bon.

C'est sur ces belles pensées qu'il ouvre les yeux pour commencer la journée. Encore une fois, il ignore où il est. Bien, bon début Vanitas. Excellent départ.

Le point positif, c'est qu'en sentant les draps, il reconnaît l'odeur. Le point négatif, c'est qu'il reconnaît l'odeur. En plus, un poids lourd le garde sur le lit et l'empêche de bouger. Sans déconner, comment il est arrivé là ? Il a envie de pleurer.

Vanitas se retourne, pour confirmer ce qu'il craint.

Vanitas se retourne. Ouais, en théorie. En pratique, c'est une autre histoire. Une histoire qui s'appelle Terra et qui le tient en petite cuillère, vraiment trop serré contre lui. Même ses jambes sont collées aux siennes ; impossible de bouger ou quoique ce soit.

Il soupire, envahi par l'essence de Terra. C'est reposant. Voilà pourquoi il a bien dormi ; il n'a plus l'habitude des bonnes nuits de sommeil.

-Tu m'as manqué, Vanitas.

Comment est-il censé se venger d'un mec pareil ? Sa volonté vient de partir en courant par la fenêtre.

-Ta fiancée n'est pas là, c'est tout.

Il sent Terra se raidir derrière lui. Tant mieux, qu'il sache qu'il n'est pas pardonné. Si Vanitas est là, ce n'est pas volontaire.

-Vanitas, ce n'est pas ce que tu crois.

Il soupire et lui met un coup de coude là où il peut. Touché.

-La ferme, gâche pas notre trêve. Crois pas que tu ne vas pas prendre cher.

Pendant encore quelques minutes, ils ne disent rien. Vanitas profite de ce temps calme, se rappelant à quel point c'est bon d'avoir Terra avec lui. Dire qu'il a réussi à s'en passer pendant un mois. Tu m'étonnes qu'il ait eu l'impression qu'il manque quelque chose.

Tiens, Terra s'est relâché. Son étreinte est moins étouffante, moins prisonnière. Vanitas bouge très vite, prêt à sortir du lit, mais s'arrête avant.

-T'as flippé, hein ?

Terra soupire alors que Vanitas rigole en se rallongeant sur lui. Bien sûr qu'il a flippé de le voir s'enfuir en courant. Ce n'est que le début des hostilités.

-C'était pas drôle. Tu parles d'une trêve…

Terra le bascule à côté de lui pour se servir de lui comme d'un doudou. Vanitas sait qu'il adore recevoir des câlins, mais plutôt que de lui en offrir un, il lui caresse la tête.

-Pendant cette trêve, on parle pas du reste. On oublie, d'accord ? On fête notre onzième anniversaire aujourd'hui, ici, maintenant.

Terra acquiesce, sans le lâcher. Ils sont bien tous les deux ensemble, c'est ainsi qu'ils auraient dû rester pour le reste du temps. Juste eux deux. Mais Aqua existe et Vanitas est rancunier.

-Tu m'as manqué.

Vanitas soupire et lui tire les cheveux.

-J'ai dit quoi ? La dernière fois qu'on s'est vus, c'était quand je partais voir mes potes. Je t'ai dit à lundi.

Terra sourit contre son torse et finit pour lui :

-Et on est lundi. Bon retour à la maison.

Cette douce chaleur qui envahit ses entrailles lui avait manqué, tiens. C'est vrai que Terra a le don de le rendre fou, c'est même le seul à pouvoir le mettre dans tous ses états.

Il ricane en sentant des baisers contre sa peau. Du Terra tout craché, ce type aime les papouilles au petit matin. Vanitas a des périodes où il ne supporte pas ça, mais aujourd'hui c'est bon. Il adore ça, mine de rien.

Terra attrape sa main libre pour jouer avec. Il referme ses doigts entre les siens à plusieurs reprises ; leur façon de dire ce qu'ils ressentent. Ils n'ont jamais mis de mots sur leur relation ou leurs sentiments, commencer maintenant n'aurait aucun sens. Ce serait même malvenu.

Après quelques baisemains, Terra remarque quelque chose qui cloche sur le bout des doigts de Vanitas.

-T'as du vernis !?

Vanitas ne réagit pas plus que ça et répond d'une voix paresseuse :

-Je m'habille en fille deux ou trois fois par mois, je ne vois pas pourquoi ça te choque.

Terra l'observe avec plus d'attention. Vanitas ne comprend pas sa surprise, il en a toujours eu depuis qu'il le connaît. Larxene essayait ses trucs de filles sur lui d'abord, avant de les appliquer sur elle. Marluxia s'est entraîné à la manucure sur ses ongles et ceux de Néo.

Le transparent, ça passe. Couleur ongle, aussi. Le reste ? Banni. Il ne peut pas être pris au sérieux avec des ongles peinturlurés de toutes les couleurs. Par égard pour cette excentrique (et pour sa propre sécurité), il a fini par attendre deux jours pour l'enlever.

-Je pensais pas que t'étais autant impliqué dans ton rôle, Vanie. Comment tu peux être hétéro et aimer ça ? Tu me fascines.

Vanitas renifle fièrement.

-C'est normal Terra : je suis hyper fascinant.

Il adore ne pas être un cliché et pourvoir faire chier tout le monde avec sa super personnalité. Terra rigole, puis s'appuie sur son torse de sorte à le regarder dans les yeux.

-C'est vrai, mais ton mauvais côté est plutôt sexy.

-Je suis sexy de tous les côtés.

Vanitas lui lance un regard séducteur, puis rigole, en guise de réponse.

-On a chopé la grosse tête ?

-Tais-toi. Au fait, t'as toujours ma brosse à dents ?

Terra soupire, mais finit par rouler sur le côté. Vanitas émet un son satisfait, puis se redresse et se rend dans la salle de bain. À peine a-t-il ouvert la porte que son nescient lui saute dessus, excité comme toujours. Vanitas se baisse pour laisser la créature violette grimper sur son épaule et lui frotte la tête. Avec ce mois compliqué et brumeux Vanitas a carrément oublié qu'il avait donné un nescient à Terra…

Passons. Tiens, il est en tee-shirt et caleçon, Terra a dû le déshabiller en le couchant. Et dire qu'il a réussi à ne pas lui laisser des suçons pour une fois, leur relation s'est vraiment dégradée. Vanitas souffle, avant d'attraper sa brosse à dents. Alors qu'il effectue son rituel matinal, il remarque à travers le miroir que Terra s'est étiré pour prendre son portable sur son bureau.

Il envoie des messages à qui ? C'est leur journée, aujourd'hui. Encore cette Aqua de malheur ?

Évitons toutes confusions : Vanitas n'est pas jaloux. Mais ça le fait clairement chier qu'une fille empiète sur ses plates-bandes.

Il soupire. Pas la peine de s'agacer, elle était là bien avant lui. Il devrait même s'estimer content que Terra ait autant insisté pour qu'ils continuent de se voir. Il n'a rien à envier à Aqua. Il faudra mettre cette histoire au clair plus tard, même si la finalité reste inchangée. Ce n'est pas lui qu'il va épouser…

Après s'être rincé la bouche et lavé la figure, il constate que Terra est appuyé sur le chambranle de la porte. Le nescient en a profité pour aller dans le lit.

-Tu faisais quoi ?

Il n'y a aucune hostilité dans sa voix, mais Terra sait qu'il n'a pas intérêt à lui mentir.

-J'envoyais un message à Luxord, je lui ai dit de ne pas rentrer parce que t'étais là jusqu'à minuit.

Terra et Vanitas n'ont pas souvent l'occasion d'être tous seuls. La chambre 304 est commune au dortoir, tout le monde passe quand il veut. Luxord est un connard qui organise souvent des soirées poker pour empêcher toute intimité. Dans la journée, impossible qu'ils commencent à s'embrasser au milieu du couloir. Le soir non plus, ils ne s'appellent pas Sora et Riku.

Mais là, pas de stress d'être découverts, ni de devoir se presser. Ils lâchent toutes leurs barrières et tout va bien. Le monde s'arrête de tourner. Les engrenages ralentissent, pour cesser. Les cris ne parviennent plus à leurs oreilles. Ils sont enfin seuls.

Terra est prévoyant, c'est bien. En plus, il le mate ouvertement. Vanitas lui offre un sourire ironique.

-Toucher n'est pas interdit.

Le brun lui rend son sourire et ferme la porte. « C'est proposé si gentiment…» Qu'il s'avance vers lui avec une démarche prédatrice. Il s'arrête derrière Vanitas et ils se regardent via la glace.

Merde. Merde, merde, merde.

Vanitas connaît ce regard. Ça fait un petit moment qu'ils n'ont pas fait leur truc, alors Vanitas avait un peu oublié, mais il connaît ce rictus. Il se souvient de toutes les délicieuses sensations et son corps frissonne de plaisir.

Frisson qui renforce le sourire de Terra. D'un mouvement lent, il apporte sa main droite sous la mâchoire de Vanitas et la caresse lascivement, comme pour le forcer à relever la tête.

-Vanitas, je suis content que tu sois revenu.

Dominant Terra.

Ses épaules s'abaissent par instinct et la lueur méprisante de ses yeux s'éteint. Il respire doucement pour cacher son plaisir, parce qu'il a compris que Terra avait compris qu'il aimait l'humiliation. Même si c'est vrai, il préfère tout nier en bloc. Personne ne doit savoir pour ses drôles de penchants.

-Bien, le félicite Terra.

Il peine à respirer. Ses poils se hérissent sur sa nuque, là où Terra s'amuse à souffler. Est-ce qu'il a le droit de se retenir contre le lavabo ? Il n'a pas reçu d'ordres pour l'instant…

-Tu vas être sage pour moi ?

Il doit obéir aux ordres. Ne pas déplaire à Terra. Satisfaire Terra.

-Vanitas, tu aimes tellement ta propre voix d'habitude.

Il déglutit. D'habitude, il n'a pas Dominant Terra en face de lui, aussi !

-Oui. Oui, je le serai.

Terra l'observe pendant qu'il souffle contre son oreille. Vanitas ferme les yeux, sans bouger, mais sent Terra sourire dans son cou. Une main se glisse sur son ventre, alors qu'une pression derrière les genoux lui fait comprendre de se laisser tomber.

En suivant le geste, il se retrouve assis par terre, contre le torse de Terra, lui-même appuyé contre un mur.

-J'aime quand t'es sage et propre. Tu vas bien te tenir pour moi ?

Comme s'il pouvait dire non.

-Oui.

-Ça c'est un bon garçon, le félicite-t-il.

Il dépose des baisers dans sa nuque, coupés par des souffles chauds. Ses mains caressent doucement son ventre et son torse, remontant parfois plus haut pour toucher ses joues ou incliner son visage.

-Terra, je…

Vanitas plante ses dents dans sa lèvre inférieure et son corps se raidit. Il s'appuie encore plus contre le ventre de Terra. Le message est plus que clair.

Terra monte sa main sur le visage chaud de Vanitas et caresse sa bouche pour qu'il cesse de se mordre. Quand il arrête, il le félicite avec un bisou contre le cou.

-Je m'occupe de toi, Vanitas. Je suis là pour ça.

Terra couvre ses yeux avec sa main et utilise l'autre pour passer la frontière de son boxer. Il entend le souffle de Vanitas accélérer, bien qu'il ne tienne pas encore son membre. Vanitas a vraiment conscience de lui, c'est indéniable et c'est pour son plus grand plaisir. Gentiment et lascivement, il caresse ses bourses sur son boxer, accélérant le souffle de Vanitas pour son plus grand plaisir.

Terra cesse de cacher les yeux de Vanitas pour venir taquiner ses tétons trop longtemps délaissés, parce qu'il sait qu'il aime ça.

-C'est ça que tu attendais, Vanitas ?

Le garçon hoche la tête, se retenant de faire le moindre bruit ; il n'a pas eu d'autorisation.

-Des mots, Vanitas, ordonne Terra avant de croquer son cou.

Vanitas lâche un râle de plaisir, son corps entier a un frisson, mais il s'acharne à ne pas bouger.

-Oui. Oui, c'est ce que je voulais.

Sa respiration se bloque dans sa gorge, cependant il se reprend bien vite, son corps chauffe à cause des pressions aux endroits stratégiques, et à cause des paroles. Il ne l'assumerait peut-être jamais, mais Vanitas aime réellement quand Terra agit ainsi, même s'il a beaucoup de mal et n'y va jamais à fond.

-Terra, geint-il en sentant son téton être pincé.

Au début, ce n'était pas agréable, mais force est de constater qu'il s'y était habitué et que ça lui plait à présent. Il aime le gentil Terra, mais dominant Terra ne lui déplaît absolument pas.

-Ter… Terra…

Terra est en train d'écarter ses cuisses autant que possible, pour avoir une meilleure vue, même s'il sait que c'est surtout pour l'embêter. Il accompagne son geste d'une morsure dans le cou, qui fera sûrement place à un suçon dégueulasse plus tard. Cette pensée suffit à lui retourner l'estomac et qu'une flopée de papillon s'amuse à l'intérieur. Bon sang, Terra.

Vanitas sent les soubresauts de son membre, qui ne demande qu'à être libéré de la prison que forme son boxer, mais Terra adore le taquiner. Il ne peut pas jouir dans ce genre d'entrave, mais merde, Terra l'y a déjà contraint à tellement de reprises, dans tellement de circonstances, que les souvenirs le rendent plus dur qu'il n'est déjà.

-Terra, pleurniche-t-il.

Il sent Terra sourire contre sa nuque, puis enfin passer aux choses sérieuses : il agrippe le membre de Vanitas en passant sous le tissus. Oui, oui. Vanitas lâche un soupir de plaisir en sentant ce qu'il attendait depuis le début, mais Terra accélère sans perdre de temps, lui coupant le souffle.

Dans son dos, Vanitas sent le membre de Terra dur et ferme, n'attendant que d'être libre à son tour, mais ce n'est pas à lui d'y penser. Il se contente de ce que lui donne Terra, de sa cadence, de ses morsures, de ses baisers, de ses suçons, de ses mains…

Vanitas se cambre contre Terra en le sentant ralentir d'un coup, alors qu'il était si près de la jouissance. Bordel.

-Terra, le supplie-t-il.

-Vanitas.

Aussitôt Vanitas cesse de mettre des coups contre la main de l'autre garçon, et se calme, malgré sa respiration haletante. Terra lâche son membre qui ne demande que son attention, puis retourne Vanitas face à lui, le mettant sur ses jambes croisées, pour que leurs verges se frottent.

-Terra, gémit-il en plaçant ses bras derrière sa nuque pour le rapprocher de lui.

Terra dévore son cou découvert, le garde en place d'une main agile, tandis qu'il utilise l'autre pour les branler d'une lenteur calculée.

-Tu vas jouir pour moi, Vanitas ?

Il hoche la tête avec frénésie, mais une main ferme agrippe sa mâchoire et il rencontre les yeux sévères de Terra.

-Des mots, ordonne-t-il encore.

Un délicieux frisson le traverse et sa bouche s'assèche.

-Oui. Oui.

-Bien, affirme Terra.

Terra accélère ses doigts expérimentés une dernière fois pour le faire venir. Une décharge de plaisir le traverse quand il jouit enfin, lâchant un long râle peu audible, qu'il ignorait retenir. La quiétude dans l'âme et un grésillement dans les oreilles, il halète doucement en sentant Terra toujours secouer son membre à présent délicat. Le front appuyé contre le sien, il lèche ses lèvres, avant de déposer un baiser sur le visage de l'autre garçon.

Une nouvelle vague de plaisir le traverse quand Terra jouit à son tour, dans le creux de son oreille, sa voix à peine audible, mais le souffle tellement chaud. Oui. Vanitas se laisse glisser entre les jambes de Terra, restant autant collé à lui que possible, encore sur son petit nuage, de sorte à se retrouver dans son giron.

-C'est bien Vanitas, tu as été un bon garçon.

Terra caresse affectueusement son dos de sa main propre en déposant de temps à autre des baisers dans ses cheveux, susurrant des « Si bon pour moi. » ou « T'es parfait. » sans jamais le lâcher ou s'éloigner. Vanitas adore cette sensation, de savoir qu'il a rendu Terra fier de lui, de lui plaire malgré tout ce qu'il fait de travers. Bon sang, il n'avait pas senti cette chaleur dans ses entrailles depuis tellement longtemps.

Enfin Vanitas rigole contre le torse de Terra et frotte son front dans le creux de son cou. Bon sang, cette odeur qui le rend dingue lui avait tellement manqué. Il se déhanche contre lui, suivant un rythme imaginaire pour l'aguicher encore plus.

-Douche ? Propose-t-il avec un rictus.

Terra tente de l'embrasser, mais il se recule jusqu'à se retrouver dos contre le sol. Il a toujours été agile de son corps et ne manque jamais une occasion pour surprendre Terra avec ses nombreux talents cachés. Sa position étrange déstabilise Terra, qui hausse un sourcil.

-D'accord, douche, dit-il toujours décontenancé.

Il ramène Vanitas à lui, d'un mouvement un peu brusque qui augmente son rictus, et lui vole un baiser rapide. Ils se redressent et Vanitas se dépêche d'aller sous l'eau. Pour se laver ? Non, cela aurait été beaucoup trop simple, il préfère allumer le jet et viser l'autre garçon avec.

-Putain, Vanitas !

Vanitas ne répond qu'avec un rire mesquin, clairement amusé par la tournure des événements. Terra se protège le visage tout en avançant vers lui et tente d'attraper le pommeau quand il est assez proche. C'est cependant mal connaître Vanitas de penser que la tâche allait être aussi facile : il esquive et contre Terra sans le moindre problème.

Terra essaye une nouvelle approche en l'acculant contre le mur et l'embrasse. Son plan marche pendant quelques secondes, le temps que Vanitas savoure le contact, avant de se rappeler qu'emmerder Terra est beaucoup plus jouissif.

-Putain, Vanitas !

Il obtient un simple rire en réponse à son exclamation, puis Vanitas coupe le jet pour pouvoir se faire entendre :

-Tu te répètes Terra et tu n'as pas encore saisi le concept d'une douche ou ça se passe mal dans ton cerveau ? Eau, se mouiller…

Merde, taquiner Terra lui avait vachement manqué. Se rappeler de tant de choses après un mois d'oubli est réellement étrange, mais aussi agréable dans une autre mesure. C'est comme la mémoire musculaire, il le fait naturellement, sans se poser de questions, savourant un savoir maîtrisé mais refoulé.

Terra le fout tellement en vrac qu'il ne sait pas quoi faire de lui-même.

-Va chier Vanitas.

-Me tente pas, tu sais que j'ai rien contre la scatophilie.

Bien sûr qu'il n'est pas adepte, mais Terra n'a pas besoin d'être au courant et son air presque dégoûté vaut de l'or. Il adore le faire marcher, ce type est salement crédule ; comment est-ce seulement possible ? Il traîne suffisamment avec Vanitas pour arriver à discerner ses mensonges et ses sarcasmes. Peut-être devrait-il songer à lui dire la vérité autrement que crue ou sur le coup de l'émotion… Non, non, il va oublier cette stupide idée.

Terra finit par rigoler. « T'es dingue. » Il s'approche pour venir claquer un rapide baisé contre le haut de sa tête. « Je vais nous chercher à manger. » Vanitas acquiesce avec un sourire en coin et le laisse partir sans rien dire de plus.

Il replace le pommeau en hauteur et ferme le rideau pour finir de se laver en paix, oubliant toute pensée qui n'a pas lieu d'être. Il attrape le shampoing de Terra, puis son gel-douche. Il fait ce qu'il a à faire et dix minutes plus tard, il est frais comme un sous neuf, prêt à faire chier le monde entier. Alors qu'il ouvre la porte en se frottant encore les cheveux avec la serviette de Terra, il note son absence. Naŭ vient se frotter contre ses jambes.

-Au moins un qui n'est pas parti.

Il se baisse pour le laisser monter sur son épaule, songeur, avant de se diriger vers le bureau de Luxord où se trouve sa précieuse chaîne hifi qu'il ne veut pas qu'ils utilisent. Et bah, va chier hein, Vanitas ne va pas se priver de l'emmerder un peu plus, toutes les occasions sont bonnes pour lui rappeler qu'il est né pour pourrir sa vie ; parmi celle de beaucoup d'autres.

De la musique en fond, il se dirige vers le placard de Terra qu'il espère rempli de plein de cochonneries, et n'est pas déçu. Son intérêt se pose sur le paquet de brioches planqué tout derrière, qu'il ne perd pas une seconde à ouvrir. Il s'en prend ensuite au frigo, l'ouvre et observe les restes placés dans des Tupperware. Après une longue réflexion interne, il décide de les ouvrir et de les poser sur la table basse. Naŭ couine de joie et s'empiffre sans attendre. Vanitas ricane, puis s'assoit par terre, appuyé contre le lit de Terra.

Deux minutes s'écoulent avant que la porte ne s'ouvre sur un Terra avec des sachets de courses. Il le laisse entrer avec un sourire aux lèvres, tout en prenant le nescient entre ses mains. « Naŭ, à l'attaque ! » Et la petite bête saute sur le pauvre étudiant qui n'a rien demandé, se faufilant jusqu'à son épaule pour le déranger, puis redescend, sans se faire attraper.

Ha, Terra va tellement se venger plus tard. Il adore tout ce qu'ils vivent.

Lorsqu'il juge l'avoir assez embêté, Vanitas rappelle le nescient qui vient se réfugier dans son giron. Terra lui lance un regard noir, pas amusé du tout, alors il lui répond avec un sourire malicieux.

-Allons, ne fais pas la tête pour si peu, ce n'est pas ma faute s'il aime autant te tourmenter.

Il lâche un gros soupir, puis se met aux fourneaux. Terra a toujours cédé à ses caprices, encore plus aujourd'hui, après un mois sans s'être vus. Peut-il réellement profiter de sa gentillesse sans le moindre scrupule ? Oui, bien sûr que oui, l'inverse serait une honte pour le tyran qu'il a été.

Vanitas repousse Naŭ pour aller auprès de l'autre étudiant ; il ne peut certes pas préparer, mais il adore voir Terra s'agiter autour de casseroles et de poêles. Il s'appuie contre le mur pour pouvoir l'observer.

-C'est extrêmement rare de te voir sécher, que t'est-il arrivé ?

Terra lui offre un sourire en coin, amusé par ses paroles. « T'es venu… et c'est notre journée. » Ceci explique tout et lui coupe le souffle. Un repli stratégique s'impose de toute urgence. Il hoche la tête avec un "hum", avant d'aller s'allonger dans le lit, le nescient contre lui. Est-ce que son visage est bouillant ? Il n'en est pas sûr.

La musique couvre le bruit de la cuisson, pendant qu'il observe tranquillement le bas du dos de Terra. Il ignore complètement l'heure qu'il est, mais vu qu'il ne fait pas de petit-déjeuner, il peut en déduire qu'il va être midi ou peut-être treize heures. Il n'avait plus l'habitude de manquer les cours, il doit avouer que ça lui manque.

Ce qui le manque le plus est de venir dans cette chambre presque tous les week-ends. Il a bien conscience que la fin approche et malgré ses efforts pour ne pas y penser, il ne peut s'en empêcher. Ils se sont cherchés pendant un an avant que Vanitas ne décide à faire le grand saut (parce que vu comment Terra n'était pas confiant à ce moment, ils y seraient encore). Puis les voici sans savoir si quelque chose va continuer.

Terra ne peut-il pas simplement annuler ses fiançailles pour lui ? À moins qu'il ne l'aime pas tant que ça, finalement. Bon sang, tout est injuste.

-À table Vanitas ! J'ai rien fait de compliquer, mais c'est déjà ça.

Vanitas se force à sortir du lit pour récupérer deux assiettes dans le placard avec des couverts, avant de s'installer à la table basse. Naŭ se déplace pour s'installer sur lui. Quand ils sont servis, Vanitas donne une bouchée sur deux à son nescient, attentionné qu'il est.

-Comment fais-tu pour qu'il t'obéisse ? On est obligé de le mettre pour la salle de bain pour éviter qu'il pisse partout.

Vanitas fronce les sourcils, parce que Naŭ est propre sur lui. Je veux dire, il l'a gardé deux semaines avant de le donner à Terra et aucun incident ne s'est produit pendant tout ce temps. « C'est-à-dire ? ». Naŭ sait se tenir, il l'a très bien élevé.

-On l'a surnommé Inondeur, si ça peut te donner une idée de la chose.

Vanitas rit d'un air désabusé. Il a appelé le nescient qu'il lui a donné pour leur neuf mois 'Inondeur' alors qu'il s'appelait déjà 'Naŭ' (signifiant neuf), de manière évidente ? Il a renommé son cadeau avec un synonyme de pisseur, sérieux ?

Ouais, Vanitas va le larguer en fin de compte.

-C'est ridicule comme surnom et il est propre, Terra. Tu crois que je t'aurais offert un truc aussi important s'il était encore sale ?

Vanitas adore avoir l'air agacé, parce qu'il sait qu'actuellement, Terra est tiraillé entre lui répondre franchement ou laisser couler pour ne pas qu'ils se disputent. Ce pouvoir qu'il a sur lui, c'est presque jouissif.

Comme tout à l'heure, tiens.

« Non, bien sûr que non. » Visiblement Terra a opté pour la deuxième option. Sage décision. « Mais toujours est-il qu'il pisse partout et qu'il écoute personne d'autre que toi. »

Vanitas a définitivement bien formé et dressé Naŭ. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

-Déjà, il nous laisse jamais le caresser ou lui donner à manger. Il était invivable au début.

Danse de la victoire mentale. Naŭ était un cadeau empoisonné en fait, c'est ça le truc. Bon nescient.

-Parce qu'il me reconnaît comme son maître, alors que toi apparemment… T'as des progrès à faire, monsieur le vétérinaire en herbe.

Terra lui lance un bout de pain, grand immature qu'il est, Vanitas ne serait pas lui s'il ne réagissait pas. Un sourire sardonique aux lèvres, il n'attend pas une seconde pour répondre à son attaque. Leur complicité lui avait beaucoup manqué aussi.

Sur les coups d'une heure aléatoire, Vanitas se retrouve à apprendre des tours à son nescient bien adoré, tandis que Terra révise sur son lit, les observant d'un moment à l'autre. Naŭ est si bien dressé, qu'il s'étonne sincèrement que Terra et Luxord aient eu autant de mal, malgré ce qu'il a dit plus tôt.

En toute honnêteté, ce n'est même pas son problème. Naŭ est une créature qui a choisi de lui obéir, qui est Vanitas pour oser s'en plaindre ?

Un peu plus tard, alors que le soleil commence doucement à se coucher, Vanitas se retrouve appuyé contre le lit de Terra, tête baissée, assis sur le tapis, comme bien souvent, son nescient entre ses jambes, alors que Terra dessine sur sa nuque. Au départ, Vanitas avait trouvé les marqueurs super chers de Luxord et comptait les finir pour bien lui casser les couilles, puis il a vu la joue de Terra.

Au début, Vanitas a essayé de faire un cœur (qu'il a raté), puis a tenté de se rattraper en faisant l'insigne d'un nescient (qu'il a aussi raté), puis a fait une boite qu'il a réussi sans mal.

Après ça, Terra a attrapé sa cheville pour faire une arabesque allant de son pied jusqu'au bas de son mollet. Vanitas ne s'est pas senti de faire une bite sur son front en réponse, alors il a fait plein de flèches stylées sur ses bras.

Terra est donc en train de répondre à son dessin, sans qu'il ne puisse vraiment voir ce dont il s'agit.

Une fois fini, Vanitas a pris les feutres, avant d'écrire ses initiales partout sur Terra. Il ne sait pas (a juste clairement la flemme) dessiner, d'accord ?

Alors que la nuit tombe dehors, ils branchent l'ordinateur de Terra à une enceinte pour mettre un film d'action et drôle, des assiettes sur les jambes, collés l'un à l'autre, se marrant. Ils n'ont pas besoin de se toucher autant, mais Vanitas est tellement content de ne pas avoir de blocage qu'il en profite comme pas permis avant un long moment.

Naŭ endormi dans un coin de la chambre et le film oublié, Vanitas et Terra chuchotent tranquillement dans l'oreille l'un de l'autre, ricanant, comme pour se murmurer des secrets qui ne doivent rester qu'entre eux et ne tomber dans l'oreille de personne d'autre.

Les jambes entremêlées, ils continuent de se taquiner, beaucoup trop proche l'un de l'autre pour se laisser respirer et tellement éloignés en même temps. Terra est presque accroché à Vanitas, tandis que Vanitas se noie volontairement en Terra.

Quand ils se laissent tomber dans le lit, il est toujours difficile de dire quelle partie d'un corps appartient à qui.

La trotteuse reprend doucement sa course, à moins que le bruit lui parvienne enfin ? Les engrenages se s'enclenchent à nouveau, alors que les sons extérieurs percent à nouveau à travers leur bulle. Le monde se remet à tourner pour suivre sa course.

Les barrières tombées pour la journée se reconstruisent, plus fortes qu'avant, prêtes à tenir contre vents et marées. Ils ne sont plus seuls, ce n'est plus Terra et Vanitas comme un lot unique, du deux en un, seulement Terra et Vanitas, deux personnes à part entière.

Comme un voleur, Vanitas se glisse hors du lit réconfortant et confortable, s'habille lentement, sentant des frissons de dégoût traverser son corps, alors qu'il refoule ses larmes. Un dernier baiser sur le front de Terra, il quitte cette chambre si chaude pour affronter la froide morsure de la nuit et les ténèbres qu'est la traversée jusqu'à sa misérable chambre.