Le Reiseigers arrivait sur la plate-forme prévue à cet effet. Les médecins se précipitèrent pour récupérer leur colis. Un brancard se positionna devant la porte arrière de l'engin, porte ouverte dès l'atterrissage.

- « Faîtes attention, c'est un sujet important pour nos recherches ! » vociféra un chercheur avec un mannequin de la taille de sa main dans sa poche.

- « Oui, Akio-sama. » acquiesçèrent les médecins chargés de descendre le colis.

Un jeune homme blond, avec des marques de naissance sur les joues, était désormais sur le brancard. Il fut immédiatement transféré sur l'ordre du chercheur au mannequin. Puis ce furent deux personnes qui descendirent du véhicule, mais par les portières avant.

- « Vous en avez mis du temps ! Il vous a fallu deux jours pour arriver ici ! » cria Akio.

- « C'est bon, tu l'as, ton cobaye, donc lâches-nous les basques ! » rétorqua un homme.

Kagi Inuzuka avait répondu à Akio d'un ton sombre et qui se voulait tout de même tranchant. Akio ne releva pas quand il aperçut la deuxième personne. Une jeune femme, avec de longs cheveux noirs attachés en une tresse descendant le long de son dos, avec deux yeux rouges ayant trois tomoe chacun.

- « Mina-chan, cela faisait longtemps ! » s'exclama avec enthousiasme le chercheur aux cheveux bruns.

Akio s'approcha tranquillement de Mina Uchiha, mais au moment où il était à deux mètres d'elle, il s'arrêta, suspicieux. Il ne fallait pas chercher une Uchiha, surtout quand il s'agissait de Mina Uchiha. Dieu seul savait à quel point ses genjutsu pouvaient être terrifiants.

- « Tu m'approches, manigances dans mon dos, me touches, je te mets dans le genjutsu le plus horrible et le plus long que t'auras jamais vu. » prévint la brune. « C'est clair ? » demanda-t-elle.

- « Très clair, Mina-chan. » répondit Akio, tout sourire.

Le chercheur s'éloigna de leur chemin en repartant vers son laboratoire, dans lequel l'attendait beaucoup de travail, tandis que Mina et Kagi partaient vers leurs chambres.

- « Quel chef d'œuvre, cette Uchiha ! » s'enthousiasma Akio. « Si seulement je pouvais travailler une nouvelle fois sur un chef d'œuvre comme ça, ce serait un régal ! » rigola-t-il ensuite.

Akio entra dans son laboratoire. Sur la porte, quelques affiches étaient collées, celle qui était au-dessus des autres avait d'écrit dessus : Expérience n°134 : Néo-Génèse. Le chercheur aux yeux noirs ferma brutalement la porte. Sur le lit d'hôpital, présent en plein milieu de la pièce, se trouvait un corps recouvert d'une couverture. Le chercheur regarda son bureau, bordélique comme jamais. Et dire qu'il comptait le ranger avant la guerre, mais avec ce gamin, il aurait un travail suffisant pour un petit moment.

- « Voyons voir, mon petit cobaye… que nous réserves-tu ? » murmura d'un air sadique Akio, saisissant un scalpel trainant sur un plateau en métal.

En plein milieu de l'après-midi, dans le bureau de l'Hokage, un ninja chargé de la surveillance des entrées et des sorties du village fit son rapport. Il avait constaté une entrée non-autorisée dans le village, mais il avait clairement distingué trois chakra, dont un relativement faible. Si ça n'avait été que ça, rien de très grave pour aller prévenir l'Hokage. Cependant, Chisato Kubaya, Nijû-nidaime Hokage, avait reçu, quelques minutes auparavant, un message plutôt inquiétant d'Azami Haruno. Et le message avait été clair.

- « Base d'Onhsaï, trois survivants. Uzumaki Naruto enlevé. Un assassin encore en vie, le deuxième est mort. » étaient les informations données par Azami Haruno, descendante de Sakura Haruno.

- « Donc nous n'avons aucune information relatant du ninja qui a disparu. » finit le ninja au rapport. « Mais pourquoi s'inquiéter plus de ce nouveau ninja que des morts à la base ? » demanda le ninja.

- « Tais-toi. Ne dis rien de ce que tu sais. Il en va de ta vie. C'est clair ? » demanda l'Hokage, d'un ton froid.

L'homme ne put qu'acquiescer aux paroles de Chisato, avant de sortir aussi rapidement qu'il put. La femme aux longs cheveux noirs frappa sur son bureau avec son poing. Le daimyô actuel l'avait bien eue. Il savait qu'elle serait obligée de l'envoyer en mission à l'extérieur, car aucun ninja n'échappait aux règles communes, même s'il était dans les petits papiers de l'Hokage. Puis il suffisait d'envoyer des pions assez forts pour battre le blond après qu'il ait déjà livré un combat.

- « Quel connard ! Il a vraiment bien calculé son coup ! » vociféra la femme aux cheveux noirs. « Dire qu'à six jours de la guerre, il arrive à faire ça ! » pensa la Nijû-nidaime Hokage de Konoha.

L'Hokage souffla un grand coup. Il n'y avait pas beaucoup d'endroit où le daimyô pouvait cacher quelque chose. Ses appartements personnels dans la plus haute tour de la ville n'étaient pas assez discrets, une cachette dans son bureau, n'en parlons même pas. Le seul endroit où Naruto pouvait être enfermé était le second lieu le plus sécurisé de tout Konoha, après le domicile du daimyô, cela va de soi. Une véritable forteresse, protégée vingt-quatre heures sur vingt-quatre, toute l'année, par des soldats de niveau Anbu.

Mais de toute manière, Chisato n'avait pas le choix. Perdre un élément de choix comme Naruto dans cette guerre serait en sa défaveur. Elle se moquait de l'avenir de ce gamin après la guerre, mais il était indéniable qu'elle avait actuellement besoin de cet adolescent. Mais l'Hokage de Konoha était maintenant acculée. Elle devait réagir dans les quelques heures qui venaient, afin de reprendre la main. Et son choix serait vite fait.

- « Kazuya ! » s'exclama l'Hokage.

Aussitôt appelé, le jeune demi-frère de l'Hokage rentra dans la pièce, prêt à obéir aux ordres de sa supérieure hiérarchique. Elle l'observa longuement, et put lire dans les yeux de Kazuya une certaine appréhension de ce qui allait suivre.

- « Préviens les Uchiha. Je suis d'accord avec leurs conditions, et je veux voir leur chef. » ordonna Chisato.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le demi-frère de Chisato Kubaya partit en direction de la demeure du clan Uchiha, le clan le plus craint de tout Konoha, avec les Kubaya et les Haruno.

Quelques minutes plus tard, dans un des plus grands immeubles de Konoha, un homme était assis à son bureau, épluchant quelques dossiers se trouvant sur celui-ci. Il devait avoir la quarantaine. De plus, il était grand, avec un bas noir, et un haut de ninja blanc, avec à l'arrière de celui-ci le symbole tant connu des Uchiha, leur éventail qui avait fait trembler tant de personnes. Ses Sharingan n'étaient pas activés. Il avait également des cheveux noirs lui arrivant au niveau du cou, avec des mèches retombant sur les côtés de son visage, visage marqué par quelques rides.

- « Sasuke-dono, un représentant de l'Hokage est là. » dit alors une voix, venant d'un interphone.

Le dénommé Sasuke leva un sourcil à cette phrase, s'étonnant que l'Hokage n'ait envoyé qu'un représentant. Il pensait que la jeune Chisato Kubaya viendrait directement le voir, pour avoir toutes les chances de son côté. Mais elle ne semblait pas être si attachée que ça à la victoire.

- « Fais le rentrer. » dit alors Sasuke d'une voix grave.

La porte face au bureau de Sasuke s'ouvrit alors sur Kazuya Kubaya. Kazuya avait, comme à son habitude, ses cheveux noirs en pétards, avec des lunettes pour la vue, et sa tenue habituelle de ninja. Le jeune demi-frère de l'Hokage s'inclina devant Sasuke pour lui montrer son respect, tandis que le chef du clan Uchiha ne s'était pas levé.

- « Que me-veux Chisato Kubaya ? » demanda Sasuke, d'un ton inquisiteur.

- « Elle m'a demandé de vous dire que nous étions d'accord avec vos conditions, et qu'elle voudrait vous voir pour finaliser l'alliance entre nous. » expliqua d'une traite Kazuya.

Sasuke était surpris. Ce n'était pas peu dire. Il ne s'attendait pas à avoir une réponse aussi rapide et aussi claire de la part du clan Kubaya. Il n'appréciait pas les parents de Chisato, ne les trouvant pas dignes de diriger leur clan, il n'avait pas la stature à la base. Mais leur fille, et accessoirement l'héritière du clan, serait parfaite pour diriger leur clan. Sasuke sourit et se leva, tout comme Kazuya.

- « Nous verrons ça demain, je suis fatigué. » déclara Sasuke, un peu pâle, comme à son habitude ces derniers jours.

- « Dans ce cas, je me retire pour prévenir Hokage-sama. Merci d'avoir pris le temps de me recevoir, Uchiha-dono. » remercia poliment Kazuya avant de sortir.

Sasuke soupira. Il savait déjà que la Kubaya allait lui demander quelque chose en plus. L'Uchiha en était bien conscient. Mais bon, Sasuke voulait le voir. Vérifier si c'était bien lui. Vérifier si elle avait dit vrai, s'il n'était pas mort quand il avait affronté ce fameux dieu.

Le chef du clan Uchiha traversa l'ensemble de la demeure Uchiha, et nota un élément qui pouvait paraître anodin à n'importe qui, mais pas lui. Le terrain privé d'entraînement aux katas du taijutsu des Uchiha était vide. Cela faisait plusieurs semaines déjà qu'elle avait disparue. Mina Uchiha, héritière du clan Uchiha, et également la fille de Sasuke Uchiha.

Dans tous les cas, celui ou celle qui lui avait ravi sa fille allait subir le courroux des Uchiha, le seul clan capable de faire trembler toute la péninsule du monde shinobi. Le clan maudit auparavant est revenu à son ancienne gloire. Mais pourrait-il aller encore plus haut ? Seul le temps comptait le dire.

- « Je t'avais dit MAINTENANT ! » vociféra la voix de l'Hokage aux oreilles de Kazuya.

- « Ouais mais n'oublies pas qu'on ne peut rien dire. Si l'on se met les Uchiha à dos, il sera impossible de gagner cette guerre. » déclara le demi-frère de Chisato.

- « Je m'en fous, mais à un point ! » s'exclama une nouvelle fois l'Hokage, faisant trembler de peur son demi-frère. « Cette histoire ne peut attendre demain ! »

Chisato s'assit sur son fauteuil. Elle avait les choses en main, mais venait de perdre la main. Elle ne débutait plus la partie. Elle était, littéralement dans la merde. Portant sa main gauche à son front, elle souffla. Elle devait relativiser, désormais elle savait que le clan Uchiha serait avec elle, et c'était un avantage de choix. Enfin, si on veut.

Dans son laboratoire, Akio observait le corps du jeune homme blond. Il avait le choix de la recherche. Soit sur le chakra du blond, ou plutôt celui du bijû, ou encore étudier les conséquences de plusieurs siècles dans un état complètement latent, congelé. Et pourquoi pas…

- « Allons-y, mon petit cobaye. On va voir combien de temps tu peux tenir face à Sagin. » déclara le chercheur aux cheveux bruns.

L'homme fit quelques mudras, avant de placer ses deux mains en direction de son petit mannequin. Un sourire sadique naquit sur son visage. Il espérait que cela deviendrait amusant, comme ça l'avait été avec Mina Uchiha.

- « Ninpô, Karada no dôga (animation des corps). » murmura le chercheur.

La poupée de la taille de la main du chercheur se leva d'elle-même. Akio le regarda se mouvoir avec stupéfaction. Il trouvait ça tellement amusant de voir cette poupée se remuer dans tous les sens.

- « Tu vas faire comme d'habitude, n'est-ce pas Sagin ? » demanda Akio à la poupée.

Celle-ci acquiesça. Le chercheur sourit d'un air de grand psychopathe, avant de faire une quinzaine de mudras, avant de diriger ses mains vers Naruto, toujours inconscient.

- « Ninpô, Seishin tôsha (projection mentale). » murmura une nouvelle fois Akio.

Le mannequin arrêta de bouger. Puis il se fit comme aspirer dans le crâne de Naruto. Akio sourit, il avait, comme à son habitude, hâte de voir ce que pourrait faire le blond contre son arme favorite.

Naruto ouvrit ses yeux. Que se passait-t-il ? Le blond se savait dans son esprit, de plusieurs faits. D'abord, il était sur une étendue d'eau, puis les murs étaient blancs, mais ce qui ne trompait pas, c'était cette odeur de mort nauséabonde, cette sensation de chaud et froid, et surtout, cette atmosphère oppressante, produite par la présence de Kyûbi.

- « Qu'est-ce que je fout ici ? » demanda à voix haute Naruto.

Puis le blond se rappela de ce qu'il s'était passé. Le combat contre Zetsu blanc et noir, et ce moment pendant lequel il ne se rappelait plus de rien, pour retrouver ensuite son corps complètement meurtri par le combat, et le corps sans vie du monstre blanc de l'Akatsuki. Et enfin, ce Sharingan…

- « Sasuke… » murmura le blond. « Etait-ce toi ? » se demanda le blond.

Le sol se mit à trembler à intervalle régulier, faisant réagir Naruto, qui se leva immédiatement. Derrière lui se trouvait la seule pièce que personne ne devait jamais voir, au péril de sa vie, la salle du sceau. Devant lui, le blond put apercevoir une sorte de poupée immense, sans doute de plusieurs mètres de haut, en train de s'approcher de lui. Rapidement, le blond se trouvait à environ quatre mètres de la poupée.

Le blond, sur ses gardes, se demandait ce qu'il se passait pour qu'une sorte de poupée, sans doute contrôlée, puisse rentrer ainsi dans son esprit. Quand soudain, une voix émana de la poupée, faisant presque sursauter Naruto de surprise.

- « Bonjour à toi, Uzumaki Naruto ! » s'exclama une voix enjouée. « Je m'appelle Akio, et je suis chercheur. Ton corps et surtout ton chakra m'intéresse énormément. » expliqua gentiment Akio à travers la poupée.

- « Que veux-tu ? » demanda Naruto.

- « C'est évident. Je veux tout savoir de toi. Ton passé, ton chakra, tout. » expliqua Akio.

- « … » le blond gardait le silence.

- « Je vais te briser. Tu me supplieras d'en finir avec toi, comme tous les autres auparavant. » murmura d'une voix rauque Akio avant d'éclater de rire.

Naruto avait écouté attentivement les paroles d'Akio. Les paroles d'un fou qui ne semblait pas savoir ce qu'il faisait. Le blond se mit à sourire, avant de se préparer au combat face à la poupée contrôlée.

Mentalement, le blond souriait. Il savait tout de la nature de son esprit, rempli de pièges en tout genre. Son corps à lui était un piège en soi. Détenteur de Kyûbi no Yoko, il ne pouvait s'empêcher de s'approprier cette aura meurtrière appartenant au bijû.

- « Tu m'as l'air d'être à point ! » cria Akio avant de lancer le mannequin à l'assaut.

Naruto fut surpris de la vitesse incroyable à disposition de Sagin, le mannequin d'Akio. Le blond se demandait comment un être manipulé pouvait aller aussi vite. Sagin frappa à l'endroit où se trouvait Naruto, mais frappa uniquement le sol. Naruto avait esquivé en passant sur le côté.

- « Rapide et puissant… C'est bien ma veine… » soupira intérieurement le blond.

Les assauts se répétèrent pendant une petite minute, Naruto se contentant uniquement de décrypter la technique d'attaque de son adversaire pour le moins particulier.

- « Il fait toujours les mêmes mouvements. » remarqua Naruto.

Au moment où le poing de Sagin heurta le sol, Naruto créa un Rasengan dans sa main droite et monta sur le bras de Sagin, qui le remonta dans un énième mouvement identique.

- « Bouffe ça ! Rasengan ! » hurla le blond, approchant son orbe tourbillonnant du visage de Sagin.

Mais au dernier moment, Sagin tomba tout seul en arrière, faisant ainsi revenir son pied vers Naruto, qui le prit de plein fouet à une vitesse ahurissante, le faisant voler sur un mur, avant de s'écraser au sol.

- « Comment il a fait ça ? » se demanda Naruto, frustré.

Mais à peine le blond avait relevé les yeux, que le mannequin essaya de le frapper à nouveau. Le blond, pour s'échapper, roula sur le côté, avant de se remettre sur pieds et contrattaquer. Sagin fonçait sur lui. Le blond ne pouvait qu'admirer la puissance, la vitesse, la technique que ce mannequin avait, mais avant tout, le blond voulait surtout en finir avec ce combat et ne pas prendre de risque concernant sa situation de Jinchuriki.

- « Kyûbi, files-moi du chakra. » murmura le blond.

Aussitôt, une fine couche de chakra rouge fit son apparition sur le blond, surprenant Akio, toujours aux manettes du mannequin nommé Sagin. Le blond aussi était étonné. Kyûbi n'avait jamais été un grand fournisseur de chakra par rapport à son capital, mais là, il devenait franchement radin ! Naruto constata qu'il n'avait qu'une seule queue de chakra.

- « C'est quoi ce bordel ! » pensa le blond. « Mais bon, ça suffira pour lui. » murmura le blond en souriant.

Le blond pouvait voir arriver son ennemi, contrairement à précédemment, puisqu'il se contentait d'écouter, en quelque sorte, son instinct. Mais maintenant, la différence était énorme. Le blond pouvait se battre à égalité avec Sagin.

Pendant ce temps, dans la salle du sceau du démon renard à neuf queues, Kyûbi observait les mouvements du chakra de Naruto. Son esprit était plutôt mitigé. Une partie du démon souhaitait plus que tout sortir de cette prison, et une autre partie de ce démon sans pitié voulait voir jusqu'où irait ce gamin, fils du Yondaime Hokage.

Mais pour voir la suite de ce jeune homme qui n'était pas dans son époque, Kyûbi voulait limiter son influence. Les démons sont immortels, contrairement aux humains. Même si le démon renard influait directement sur les capacités de Naruto, qu'elles soient physiques, comme son endurance, soit sur la réserve de chakra du blond, le démon renard voulait voir ce qu'il pouvait faire avec le minimum d'aide. S'il pouvait vivre, et surtout survivre.

- « Naruto… montres-moi quel genre de Jinchuriki tu es ! » murmura Kyûbi.

Soudainement, une ombre apparut devant la cage de Kyûbi. Le démon regarda avec intérêt l'ombre qui venait de s'installer en tailleur devant la cage, hors de portée des griffes du démon-renard.

- « Que fais-tu ici ? » demanda avec agressivité Kyûbi.

- « Eh bien, tu es as des manières envers moi. » rigola l'ombre. « C'est ta faute si je suis ici. » décréta l'ombre.

- « J'y peux rien, je n'avais pas prévu que Naruto allait utiliser le Nagare Hanten sur lui-même. D'ailleurs, il faut être fou pour le faire. » maugréa le démon.

- « S'il n'était pas un Jinchuriki, de toi par-dessus le marché, il en serait mort. » déclara l'ombre sur un ton très sérieux, contrastant amèrement avec le ton hilare d'auparavant.

- « Je sais, et c'est bien pour ça que je lui ai enseigné. » répondit d'un ton cinglant le renard.

- « Si tu lui as enseigné, alors tu dois, soit avoir péter les plombs, soit être enfermé ici depuis belle lurette. » décréta l'ombre, cherchant à comprendre le pourquoi.

- « Ca fait cinq cent soixante-treize ans, sept mois et vingt-quatre jours que je suis enfermé ici. » déclara Kyûbi, observant la réaction de l'ombre.

- « Dis donc, il te tiens en laisse ! » rigola l'ombre, dont le rire montrait bien qu'il s'agissait d'un homme. « Comment ? » reprit-il, sérieux comme jamais.

- « Il faut que tu lui demandes, Shûra. » répondit simplement le démon renard à neuf queues, fermant les yeux, pour faire mine de dormir.

L'homme camouflé se leva et se dirigea vers la porte, mais s'arrêta avant de la franchir. Shûra voulait laisser Naruto s'occuper de ses affaires. Il n'interviendrait uniquement si Kyûbi et l'existence de Naruto était mise en danger.

- « Shûra, tu penses que je pourrais, un jour, sortir d'ici ? » demanda Kyûbi.

- « Je n'en sais rien. Je sais que tu sortiras dès que tu le pourras. » sourit Shûra derrière son camouflage.

- « Hum. » acquiesça Kyûbi.

- « J'ai une question cependant. Tu lui as montré ? » demanda Shûra d'une voix grave, sonnant presque comme un démon.

- « Non. Et je ne le ferais jamais. Ca m'a coûté déjà assez cher par le passé. Je la garde pour moi. » répondit Kyûbi, avec une certaine amertume dans sa voix.

- « Je vois. » soupira Shûra avant de s'allonger au sol, et faisant mine de s'endormir.

Kyûbi l'imita, replongeant dans ses pensées. Il n'y avait rien à faire pour le moment, car seuls Naruto et Shûra connaissaient son existence en ce bas monde.

En parlant de Naruto, celui-ci se battait avec la gangue de chakra à une queue de Kyûbi depuis quelques minutes déjà. Et pourtant, rien n'était à faire, il n'arrivait pas à surpasser la puissance et la vitesse de cette marionnette d'Akio, ou peu importe comme il s'appelait.

- « Ce combat est intéressant, mais que protèges-tu au fond de toi-même ? Qu'est-ce qui te rend aussi hargneux dans ce combat ? Qu'est-ce que tu ne veux pas montrer au monde ? » demanda la voix d'Akio, le chercheur.

- « C'est pas tes affaires ! Alors tu dégages de mon esprit ! » ordonna le blond.

Durant le combat, les deux protagonistes s'étaient approchés de la porte menant au sceau de Kyûbi, le démon enfermé dans le corps du blond. Et ils allaient recommencer jusqu'à ce que l'un des deux gagne. Naruto se battrait jusqu'à la mort s'il le fallait, et la marionnette d'Akio ne ferait pas moins.

- « Plus le temps passe, et plus j'ai envie d'en savoir plus ! » rigola Akio.

- « Tu ne sauras rien ! » cria Naruto, fou de rage.

Les deux corps se foncèrent dessus, enchaînant des attaques au corps à corps, des techniques de ninjutsu, se frappant, se rapprochant et s'éloignant de la porte de Kyûbi.

Pendant ce temps, dans la demeure Uchiha, Sasuke, toujours à son bureau, regardait une enveloppe froissée qu'il tenait dans ses mains. Il avait juré l'emmener à son destinataire. Il n'avait pas oublié qu'il s'agissait de son devoir. Une Hokage s'était sacrifiée pour lui permettre la fuite.

- « Naruto Uzumaki, j'espère vite te voir. Nous avons tant à nous dire. » murmura Sasuke. « J'ai promis, une seule fois dans ma vie. A celle qui ne pouvait vivre sans moi, qui m'a permis la fuite vers cette époque, au péril de sa vie. Juste pour ça, pour une lettre. » pensait le chef du clan Uchiha, posant la lettre sur son bureau.

Plus de cinq-cent trente ans plus tôt, la guerre faisait encore rage. Madara n'avait toujours pas dit son dernier mot. Il se battait jusqu'au bout, toujours accompagné par des mercenaires, ainsi que ses fidèles membres d'Akatsuki, et les ninjas ressuscités par l'Edo Tensei de Kabuto. C'est pendant cette bataille que tout a changé.

Sasuke rangea la lettre dans un tiroir du bureau, puis se leva, décidant que prendre l'air ne lui ferait que du bien. Il se posta sur le balcon de son bureau, regardant Konoha à travers tous les niveaux, son Sharingan scrutant toutes les zones possibles.

Sagin avançait en faisant reculer Naruto. Il ne restait plus qu'un petit mètre avant de franchir la porte menant au démon renard à neuf queues. Quand soudainement, un mur de chakra noir se dressa à la place de l'ouverture de la porte, faisant trembler tout ce qu'il se trouvait dans l'esprit de Naruto.

- « Qu'est-ce que… ? » commença Naruto.

- « Incroyable ! Ce qui se trouve là se défend automatiquement à la moindre approche ! » sourit Akio, l'air fasciné se faisant sentir dans sa voix.

Naruto put sentir une présence sortir de la salle du sceau. Il se demanda immédiatement si son démon était sorti, mais c'était très peu probable, puisqu'il ne subissait aucun changement. Finalement, Naruto et Sagin, la marionnette d'Akio, purent apercevoir une ombre, ayant la forme d'un corps humain, se diriger vers eux.

- « Voyons, monsieur-la-poupée, c'est pas sympa de me déranger pendant ma sieste. » déclara l'ombre d'une voix rauque, faisant trembler Naruto.

L'aura de l'ombre était impressionnante. Naruto n'en avait jamais senti de pareille. Même Kyûbi, lorsqu'il voulait faire horriblement peur avec son aura, n'en avait pas une comme celle-ci.

- « Qui… » commença la voix d'Akio.

Aussitôt, le bras gauche de Sagin tomba au sol. Akio décida de se taire, histoire de ne pas aggraver le cas de sa marionnette.

- « On parle quand j'autorise. » décréta Shûra. « Je m'appelle Shûra. » continua l'ombre, en répondant à la question qu'Akio voulait poser.

- « Intéres… » commença Akio.

Encore une fois, Akio se fit trancher, mais cette fois-ci, se fut au tour de la tête de la marionnette de se faire décrocher du reste.

- « De toutes… façons… » commença Akio, d'une voix brouillée. « C'est trop tard ! » rigola Akio.

Shûra écrasa la tête de la marionnette à l'aide de son pied, réduisant le rire fou d'Akio au silence. Naruto tremblait encore un peu, avant de sentir une très faible douleur dans la nuque qui s'estompa très vite.

- « Qui êtes-vous ? » demanda Naruto.

- « C'est toi qui m'a emmené ici. Avec le Nagare Hanten. » expliqua Shûra.

- « Pourquoi vous êtes une ombre ? » demanda Naruto, avide d'en savoir plus.

- « Ca ne te concerne pas, et tu n'as pas à le savoir, tant que je ne jugerai pas cela comme étant important. » décréta Shûra.

- « D'acc… » commença Naruto.

Sans qu'il ne sache pourquoi, le corps de Naruto se mit à bouger tout seul, dirigeant son poing vers Shûra. Celui-ci, ayant le dos tourné vers le blond esquiva au dernier moment, en sentant une présence très proche.

- « Que fais-tu ? » cria Shûra, plein d'incompréhension.

- « Je sais pas, mon corps bouge tout seul ! » se justifia Naruto.

Naruto commença un combat au taijutsu avec Shûra, celui-ci se contentant d'esquiver les attaques les unes après les autres. Après une petite minute, Shûra s'éloigna de quelques mètres.

- « Je vais te stopper, mais pour ça, je risque de devoir t'amocher un peu. » déclara Shûra, puis en voyant l'expression craintive de Naruto, il le rassura. « On est dans ton esprit, tu auras beau avoir mal, tu ne peux pas mourir ici, sauf si tu disparais complètement. » expliqua l'ombre.

- « Et c'est sensé me rassurer ? » s'alarma le blond.

- « Ben un peu ! » vociféra en retour Shûra, plus amusé qu'énervé.

Le corps de Naruto fonça vers Shûra, qui se mit à l'attaque, arrivant à une vitesse inimaginable devant le blond, et lui explosa littéralement le ventre avec un coup de poing. Naruto cracha du sang, malgré que la douleur ne soit pas vraie, mais le plus inquiétant était ce bouillonnement de chakra sur le ventre déjà meurtri du blond. Ce fut une véritable bombe de chakra qui lui arracha un hurlement de douleur. Mais il était encore vivant. Et c'était l'essentiel. Inconscient dans sa propre conscience, mais vivant, et sans danger.